Des promesses pour l’Arctique // Promises for the Arctic

drapeau francaisLa semaine dernière, lors d’une visite à la Maison Blanche du Premier Ministre canadien, Justin Trudeau et Barack Obama ont annoncé un plan commun visant à réduire les émissions de méthane de l’industrie pétrolière et gazière, ainsi qu’une série de mesures pour protéger l’environnement dans l’Arctique. Cependant, la délégation de l’Alaska au Congrès a critiqué la timidité des mesures et regretté le manque de concertation avec la partie arctique des États-Unis.
Les deux dirigeants ont dit qu’ils voulaient réduire 40 à 45 pour cent des émissions de méthane de l’industrie pétrolière et gazière d’ici 2025, que ce soit au niveau des puits existants et ceux qui seront forés. Aux États-Unis, l’Environmental Protection Agency (EPA) va dès à présent commencer à définir les nouveaux critères d’exploitation.
Trudeau et Obama ont rappelé que les émissions de méthane représentent environ 10 pour cent des émissions de gaz à effet de serre en Amérique du Nord, à côté d’autres émissions, comme le dioxyde de carbone, qui constituent la majeure partie de ces gaz. Toutefois, le méthane a un impact beaucoup plus important sur le climat, environ 25 fois supérieur à celui du CO2 sur une période de 100 ans.
Il faudra au moins deux ans à l’EPA pour définir les normes concernant le méthane, ce qui signifie que la gestion de la situation incombera probablement au prochain président. Il est fort probable que les candidats démocrates à l’élection présidentielle choisiront de continuer la politique d’Obama alors que les candidats républicains n’accepteront pas les nouvelles réglementations pétrolières et gazières qu’aura définies l’EPA.

Le Canada prendra des mesures similaires, en proposant de nouveaux critères d’exploitation au début de l’année prochaine, et les deux pays prévoient de collaborer. Ils ont promis d’accélérer leur politique en matière d’énergie éolienne solaire et hydroélectrique dans les réseaux électriques. Ils désirent également harmoniser les normes d’économie énergétique pour les produits de consommation et encourager l’innovation énergétique.
En ce qui concerne l’environnement, Obama et Trudeau ont réaffirmé leurs objectifs de protection de 17 pour cent des terres et 10 pour cent des zones marines dans l’Arctique d’ici 2020, avec des plans pour travailler avec les communautés autochtones de la région afin d’élaborer «une économie de l’Arctique durable ». Mais « durable », pour les deux hommes, sous-entend des activités commerciales, y compris la navigation, la pêche et l’exploitation pétrolière et gazière qui devront s’effectuer avec les plus hautes normes de sécurité et de protection de l’environnement. Obama et Trudeau veulent conserver des couloirs maritimes dans l’Arctique pour limiter l’utilisation excessive de carburant et réduire les émissions de carbone provoquées par la navigation dans la mer de Beaufort.
Les représentants de l’Alaska au Congrès ont regretté la timidité des plans concernant leur Etat et affirment qu’ils ne seront pas d’une grande utilité pour les populations arctiques. Ils sont persuadés que la plupart des mesures préconisées par les deux présidents ne protègeront guère les Alaskiens. Elles ne feront que saper encore davantage une économie déjà en difficulté et ne réduiront malheureusement pas les  pertes d’emplois.
Néanmoins, les groupes écologistes ont salué les annonces faites par Obama et Trudeau et pensent qu’elles ont ouvert « la voie à un avenir dans lequel les ressources de l’Arctique seront gérées en respectant une forte éthique environnementale. »
Source: Alaska Dispatch News.
Les annonces faites par Trudeau et Obama montrent bien les difficultés des deux présidents à trouver un équilibre entre les intérêts économiques et la protection de l’environnement. Je suis sûr que les deux hommes sont sincères dans leurs intentions de réduire le méthane et les autres gaz à effet de serre, mais ils doivent faire face à la pression des lobbies industriels qui sont très puissants aux États-Unis et au Canada.

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drapeau anglaisLast week, during a visit to the White House, Canadian Prime Minister Justin Trudeau and President Barack Obama announced a joint plan to cut methane emissions from the oil and gas industry and a suite of plans to protect the environment in the Arctic. However, Alaska’s congressional delegation criticized the statement as myopic and lacking in input from anyone from the United States Arctic.

Both leaders said they will aim to cut 40 to 45 percent of the oil and gas industry’s methane emissions by 2025, from both existing and new wells. In the U.S., the Environmental Protection Agency (EPA) will begin drafting regulations immediately.

Trudeau and Obama reminded that methane emissions account for only about 10 percent of U.S. greenhouse gas emissions, with other emissions like carbon dioxide making up the bulk of greenhouse gases. But methane has a far greater impact on climate, about 25 times that of carbon dioxide over a 100-year period.

Getting final methane regulations would take the EPA at least two years, which means the outcome is most certainly up to the next president. It’s very likely that current Democratic presidential candidates would choose to continue Obama’s methane charge whereas Republican candidates are likely to put a stop to new oil and gas regulations.

Canada will take similar action, proposing new regulations by early next year, and the two countries plan to collaborate on policies and strategies. The two also promised to work on integrating more wind, solar and hydro power into electrical grids, align energy-efficiency standards for consumer products and other efforts to support energy innovation.

As far as the environment is concerned, Obama and Trudeau reaffirmed existing goals of protecting 17 percent of land and 10 percent of marine areas in the Arctic by 2020, and plans to work with Native communities in the region to craft “a sustainable Arctic economy.” But “sustainable”, for Trudeau and Obama, means commercial activities, including shipping, fishing, and oil and gas exploration and development” that can only happen under the highest safety and environmental standards. The pair wants to keep Arctic shipping corridors to limit risks posed by heavy fuel oil use and black carbon emissions from shipping in the Beaufort Sea.

The representatives of Alaska said the plan was short on Alaskan input and charged that it wouldn’t do much for the state’s Arctic people. They believe that a lot of the policies that both presidents are laying out aren’t going to do anything to protect Alaskans. They’re going to further undermine a struggling economy and the further loss of jobs.

Nevertheless, environmental groups quickly lauded the announcements and said they set “the stage for a future in which our nation’s shared Arctic resources are managed under the strongest environmental ethic.”

Source: Alaska Dispatch News.

The announcements made by Trudeau and Obama show the difficulties of both presidents to strike a balance between economic interests and the protection of the environment. I’m sure both of them are sincere in their intentions to reduce methane and other greenhouse gases, but they have to face the pressure of industrial lobbies which are very powerful in the US and Canada.

Arctic

Vue de l’Arctique (Source: NASA)

Les volcans à Rochefort (Charente Maritime) !

Je présenterai le lundi 21 mars 2015 une conférence intitulée « Volcans et risques volcaniques » dans le cadre de l’Université du Temps Libre de Rochefort (Charente Maritime). Elle aura lieu à 14 h 30 à la l’Auditorium du Forum des Marais Atlantique – Quai aux Vivres.

Le but de cette conférence est de faire le point sur la situation en volcanologie. Les statistiques montrent que les volcans ont souvent été meurtriers dans le passé. Les techniques modernes permettent-elles d’en savoir plus sur les humeurs des monstres de feu ? Sommes-nous capables aujourd’hui d’éviter que les volcans tuent ? Ce sont quelques unes des questions auxquelles j’essaierai de répondre.

Mon exposé se poursuivra avec deux diaporamas (une vingtaine de minutes chacun) en fondu-enchaîné sonorisé destinés à illustrer deux grands types de volcans. « La Java des Volcans » conduira le public auprès des volcans gris d’Indonésie tandis que « Hawaii le Feu de la Terre » fera côtoyer les coulées de lave rouge du Kilauea.

A l’issue de la séance, les spectateurs pourront se procurer les ouvrages Terres de Feu et Mémoires Volcaniques. Pour rappel, Volcanecdotes et Killer Volcanoes sont épuisés.

Les conférences de l’UTL de Rochefort sont ouvertes à tous, adhérents et non-adhérents. Pour ces derniers, l’entrée est à 5 €.

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Photos: C. Grandpey

8ème anniversaire de l’éruption sommitale du Kilauea // 8th anniversary of Kilauea’s summit eruption

drapeau francaisAujourd’hui, 19 mars 2016, marque le 8ème anniversaire de l’éruption sommitale du Kilauea. Le 19 mars 2008,  une nouvelle bouche s’ouvrait dans le cratère de l’Halema’uma’u. Avec les années, cette bouche a grandi et elle héberge maintenant un lac de lave incandescent qui attire tous les soirs des centaines de visiteurs sur la terrasse du Jaggar Museum. Le spectacle fut particulièrement impressionnant lorsque le lac de lave a brièvement débordé et recouvert le plancher du cratère en avril et mai 2015.
Ce 8ème anniversaire est l’occasion de se demander ce que nous a appris l’éruption sommitale du Kilauea. L’aspect le plus remarquable et le plus spectaculaire de l’éruption est sans aucun doute le lac de lave. Il y a très peu de lacs de lave sur Terre, et celui de l’Halema’uma’u est le deuxième par la taille, juste derrière celui du Nyiragongo, en République Démocratique du Congo.
Le lac de lave du Kilauea donne l’opportunité d’étudier le système magmatique dynamique du volcan. Il offre une sorte de « fenêtre » dans les profondeurs du volcan. Ainsi, des phénomènes comme les modifications dans l’alimentation ou les variations de pression ont de bonnes chances d’apparaître également dans le lac de lave à la surface.
La plupart du temps, le lac de lave donne un aperçu du système magmatique qui se cache en profondeur. Si l’on se réfère aux mises à jour quotidiennes du HVO, ou aux images fournies par les webcams au sommet, on peut voir que le niveau du lac de lave change fréquemment en fonction des épisodes d’inflation et de déflation qui affectent l’édifice volcanique. Ainsi, lorsque les inclinomètres montrent une tendance au dégonflement, le niveau du lac de lave baisse, tandis qu’une tendance au gonflement se traduit par une hausse du niveau de la lave. Le rôle des inclinomètres est essentiellement de mesurer la pression dans la chambre magmatique sommitale ; ainsi,  un épisode de gonflement indique une pression plus élevée et un dégonflement une pression plus basse.
La relation étroite entre le niveau du lac de lave et les mouvements de l’édifice volcanique est remarquable car elle démontre que le lac se comporte comme une jauge de pression de la chambre de magmatique profonde, un peu comme un baromètre liquide géant. En ce sens, le lac de lave représente effectivement une fenêtre sur l’état de la chambre magmatique.
La surface de la lave se déplace constamment d’un côté du lac, là où le magma monte des profondeurs, vers l’autre côté du lac, où il s’enfonce dans les profondeurs. Cette convection semble traduire directement le processus de circulation du magma entre la chambre magmatique profonde et la surface du lac.
Combien de temps l’éruption sommitale est-elle susceptible de durer ? Malheureusement, les scientifiques du HVO sont incapables de répondre à cette question. L’histoire récente nous montre qu’un lac de lave a souvent été présent au sommet du Kilauea pendant plus de cent ans, entre le début des années 1800 et le début des années 1900. Cette persistance laisse supposer que les lacs de lave au sommet du Kilauea ont le potentiel pour durer des décennies.
Avec l’éruption du Pu’uO’o qui a fêté son 33ème anniversaire  sur l’East Rift Zone en janvier 2016, le Kilauea est remarquable parmi les volcans du monde car il possède deux éruptions simultanées de longue durée.
Source: HVO.

A noter que la terrasse du Jaggar Museum est le seul lieu autorisé pour observer la lueur produite par le lac de lave. Contrairement à ce que peuvent le laisser croire les photos illustrant certaines  revues volcanologique, l’accès à l’ancienne plateforme d’observation est interdit, pour des raisons évidentes de sécurité. Il arrive que des parois du cratère s’effondrent dans le lac en produisant de fortes explosions dont  les projections « arrosent » les abords du cratère.

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drapeau anglaisToday March 19th 2016 marks the 8th anniversary of the ongoing eruption at Kilauea’s summit.  On March 19th 2008, a new vent opened within Halema’uma’u Crater. With the years, the vent grew wider and wider and today it harbours a glowing lava lake that draws hundreds of visitors to the terrace of the Jaggar Museum every night. The show was especially great when the lava lake briefly rose and spilled onto the floor of Halema’uma’u Crater in April and May 2015.

While noting its 8th anniversary this month, it’s also worth reflecting on what Kilauea’s summit eruption has taught us. One remarkable aspect of the eruption is the lava lake. There are only a few lava lakes on Earth, and the one within the pit crater is the second largest, only slightly smaller than that in Nyiragongo Volcano in the Democratic Republic of the Congo.

Kilauea’s lava lake is a rare opportunity to study the volcano’s dynamic magma system. It is a kind of “window” into the volcano’s deep magma system. Thus, what happens in the deep magma system – like changes in magma supply rate or internal pressure- should be reflected in the lava lake at the surface.

Most of the time, the summit lava lake provides insights into the unseen magma system below. Referring to HVO’s daily eruption updates, or to the images provided by the summit webcams, one can see that the summit lava lake level changes frequently according to the inflation and deflation episodes that affect the volcanic edifice. Thus, when summit tiltmeters show deflationary tilt, the lava lake drops, while inflationary tilt corresponds to a rising lava lake. Tiltmeters essentially measure the pressure within the summit magma chamber, and so, inflationary tilt means higher pressure and deflationary tilt indicates lower pressure.

The close relationship between the summit lava lake level and ground tilt is remarkable, because it demonstrates that the lake behaves like a pressure gauge of the deeper magma chamber, akin to a giant liquid barometer. This is an important example of how the lava lake is, indeed, a window into the state of the deep magma chamber.

The lava lake surface constantly flows from one side of the lake, where magma rises from depth, to the opposite side of the lake, where it sinks. This convection seems to directly show the process of magma circulating between the deep magma chamber and the lake surface.

A remaining question is how long the summit eruption will last. Unfortunately, HVO scientists are unable to answer this question. Recent history tells us that a lava lake was frequently present at Kilauea’s summit for over a hundred years, from the early 1800s into the early 1900s. This persistence suggests that Kilauea’s summit lava lakes have the potential to last for decades.

With the East Rift Zone’s Pu’uO’o eruption reaching its 33rd anniversary in January 2016, Kilauea is remarkable among the world’s volcanoes for having two long-term, concurrent eruptions.

Source: HVO.

It should be noted that the terrace of the Jaggar Museum is the only authorised place to observe the glow of the lava lake. Contrary to the impression given by some photos to be seen on some volcanological reviews, the access to the ancient observation platform is prohibited, for obvious safety reasons. Chunks of the crater’s inner walls sometimes collapse into the lake, producing violent explosions whose materials are ejected around the crater rim.

Halemaumau-juillet-2007

Portion du cratère de l’Halema’uma’u en septembre 2007, là-même où allait s’ouvrir la nouvelle bouche éruptive le 19 mars 2008. (Photo: C. Grandpey)

Halemau janvier 2016

Vue du lac de lave de l’Halema’uma’u en janvier 2016. A cette époque le niveau de la lave était relativement haut, à une trentaine de mètres sous la lèvre. (Crédit photo: USGS / HVO).

Halemau-fevrier

Lueur du lac de lave vue depuis la terrasse du Jaggar Museum.

(Photo: C. Grandpey)

De nouveaux détecteurs de cendre volcanique pour le VAAC de Toulouse // New ash detectors for the Toulouse VAAC

drapeau francaisMétéo France vient d’acquérir six nouveaux « radars » chargés de détecter avec précision les nuages de cendre en cas de nouvelles éruptions volcaniques. Tout le monde a encore en mémoire l’éruption de l’Eyjafjallajökull d’avril 2010, avec la paralysie des trois quarts de l’espace aérien européen et 1,2 milliard d’euros de pertes économiques. Le principe de précaution avait alors prévalu mais les conséquences auraient certainement pu être moins lourdes si les autorités aériennes avaient eu une connaissance plus fine du déplacement des nuages de cendre islandais.

L’un des principaux centres mondiaux de contrôle des cendres volcaniques se trouve à Toulouse. Ce VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) est régi par Météo France. Il fonctionne 24 heures sur 24 et surveille l’Europe, l’Afrique et le Proche-Orient. Pour traquer les nuages de cendre volcanique, il utilise son propre modèle de dispersion mais aussi des données satellitaires qui manquent de précision en termes d’épaisseur des nuages.

Pour pallier cette incertitude, le VAAC vient de dévoiler sa dernière acquisition, unique en Europe : Il s’agit de six « renifleurs » de cendre, et d’aérosols en général, de très haute technologie. Ces six LIDAR (acronyme de l’expression en langue anglaise « light detection and ranging » sont des boîtiers bardés d’informatique ; ils sont dotés de lasers qui émettent un faisceau de lumière verte (uniquement visible en cas de brume) jusqu’à 15 kilomètres d’altitude.

En fonction de la façon dont les particules réfractent la lumière, le VAAC peut déterminer s’il s’agit d’un nuage de pluie, de pollution ou donc de cendre volcanique, ainsi que son altitude exacte. Cinq de ces LIDAR vont être déployés sur le territoire français, dont le premier à Lille. Le sixième, mobile, restera à Toulouse pour les cas d’urgence.

Selon un responsable de la direction de la sécurité de l’Aviation civile sud,  « Météo France va désormais nous fournir des informations précises et précieuses qui nous permettront de maintenir une partie de l’espace aérien ou des aéroports ouverts. »

Source : 20 Minutes.

Il est fort probable que ce nouvel équipement sera testé en grandeur nature un jour ou l’autre. En effet, si les volcans d’Auvergne sont inoffensifs pour le moment, il n’en va pas de même de leurs homologues islandais, voire de l’Etna. Les « renifleurs » de Météo France permettront de gérer la situation plus efficacement qu’en 2010, mais la décision finale de faire voler ou de maintenir au sol les avions dépendra toujours des compagnies aériennes. Même si l’arrêt des vols a un coût non négligeable, ce sera toujours le principe de précaution qui prévaudra. Il s’agit avant tout de ne pas mettre en danger les centaines de passagers qui ont pris place à bord d’un aéronef.

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drapeau anglaisMeteo France has just acquired six new « radars » destined to accurately detect ash clouds in case of new volcanic eruptions. Everyone still remembers the eruption of Eyjafjallajökull in April 2010, with the paralysis of three quarters of the European airspace and 1.2 billion euros in economic losses. The precautionary principle had prevailed but the consequences certainly could have been less severe if the aviation authorities had had a more detailed knowledge of the movement of the Icelandic ash clouds.
One of the main world centers of volcanic ash control is located in Toulouse. This VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) is managed by Météo France. It works round the clock and monitors Europe, Africa and the Middle East. To track the clouds of volcanic ash, it uses its own model of dispersion but also satellite data that lack precision in thickness of the clouds.
To overcome this uncertainty, the VAAC has unveiled its latest acquisition, unique in Europe: Six high tech « sniffers » of ash and aerosols in general. These LIDAR (acronym of « light detection and ranging » are cases teeming with computer technology; they are equipped with lasers that emit a beam of green light (only visible in fog) up to 15 km a.s.l.
Depending on how the particles refract light, the VAAC may determine whether there is a rain cloud, pollution or a cloud of volcanic ash, as well as its exact altitude. Five of the LIDAR will be deployed on the French territory: the first device will be set up in Lille. The sixth, a mobile one, will remain in Toulouse for emergencies.
According to an official of the Directorate of Security of the Southern Civil Aviation, « Meteo France will now provide accurate and valuable information that will allow us to maintain part of the airspace or airports open.  »
Source: 20 Minutes.

It is likely that this new equipment will be tested in full-scale one day or another. While the volcanoes of Auvergne are safe for the moment, it is very different for their Icelandic counterparts, or even Mount Etna. The Météo France « sniffers » will manage the situation more effectively than in 2010, but the final decision to fly or ground planes will always depend on the airlines. Although stopping the flights has a significant cost, the precautionary principle will always prevail. Companies will never want to jeopardize the lives of hundreds of passengers who boarded the aircraft.

Eyjafjallajokull-blog

Eruption de l’Eyjafjallajökull en 2010

Crédit photo: Wikipedia