Prévention sismique en Alaska: il reste beaucoup à faire // Insufficient seismic prevention in Alaska

drapeau-francaisLorsque la Maison Blanche a tenu un sommet sur la préparation aux séismes la semaine dernière, l’Alaska était aux abonnés absents. Le 49ème Etat n’a pas été convié, même si les 10 séismes les plus puissants aux États-Unis ont été enregistrés en Alaska, et même si les habitants d’Anchorage venaient de subir une secousse de M 7.1 la semaine précédente.
Cependant, il convient de noter que, même si l’Alaska n’a pas été invité à participer au sommet, le bureau du gouverneur a contacté la Maison Blanche et demandé à participer aux futures réunions traitant de la préparation aux séismes.
La raison la plus importante de cette absence à la Maison Blanche est que l’Etat d’Alaska n’est pas prêt. Son réseau sismique aurait besoin d’être modernisé pour pouvoir prétendre à un système d’alerte précoce.
Le Japon est la référence dans ce domaine. Dans le pays, les portes des casernes de pompiers sont connectées à des capteurs et s’ouvrent automatiquement. Les trains ralentissent automatiquement pour éviter les déraillements. Les usines peuvent arrêter de fonctionner ou désactiver les conduites de gaz. Pendant le séisme de M 9 qui a secoué le Japon en 2011, une alerte a été émise et les trains à grande vitesse qui roulent à plus de 320 km/heure ont ralenti, évitant tout déraillement.
L’Alaska ne possède pas le type d’infrastructure nécessaire qui permettrait de mettre en place un système d’alerte précoce efficace. Contrairement à la Californie et à l’Etat de Washington, les équipements de détection alaskiens ne répondent pas aux normes nationales.
Anchorage est certainement l’une des villes qui devraient déployer en priorité un système d’alerte. En outre, il devrait y avoir suffisamment de stations de détection à travers l’Alaska, ainsi que des sismomètres et des systèmes informatiques performants capables de diffuser un message dès que la terre commence à trembler.
Aucune estimation du coût de l’extension de la surveillance sismique n’a été formulée pour Anchorage, Las Vegas ou d’autres villes sujettes aux séismes, mais qui ne font pas partie des projets de systèmes d’alerte précoce à l’échelle nationale. Le respect des normes officielles coûterait probablement à l’Alaska quelque 7 millions de dollars par an. Il faudrait déjà que l’Etat réponde aux normes du système sismique national, ce qu’il ne fait pas. En ce moment, la National Science Foundation conduit un programme de 40 millions de dollars, avec l’installation de 260 capteurs à travers l’Alaska, à des fins de recherche. Le problème est que ces capteurs seront retirés dans cinq ans, sauf si l’Etat peut trouver de l’argent pour les acheter et les entretenir, au moins dans certaines régions.
Adapté d’un article du journal Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisWhen the White House held a summit on earthquake preparedness last week, Alaska was conspicuously absent. Nobody invited Alaska, even though the 10 largest earthquakes in the United States have been in Alaska and even though the residents of Anchorage had just felt an M 7.1 event the week before.
However, it should be noted that, even if the state of Alaska was not invited to participate in the White House meeting, the governor’s office has been in touch with the White House to express interest in participating in any future earthquake preparedness efforts.
The most important reason for this absence is that Alaska is simply not ready. Its seismic network would need considerable upgrading to be at a position where it could contemplate an early warning system.
Japan is the reference as far as warning systems are concerned: Firehouse doors connected to sensors open automatically. Trains automatically slow down to prevent derailments. Factories can halt operations or turn off gas lines. During Japan’s M 9 earthquake in 2011, the alert went out and bullet trains travelling more than 320 km per hour slowed, avoiding derailment.
Alaska doesn’t have the kind of infrastructure onto which it could build an efficient early warning system. Unlike California and Washington, the state’s detection equipment is not up to national standards.
Anchorage is certainly one of the cities that would need future deployment of an alert system. Besides, there should be enough sensor stations across the state, as well as seismometers and computer systems that operate without any delay, to get the message out when the earth starts moving.
No cost estimate is available yet for expanding earthquake monitoring to Anchorage, Las Vegas or other earthquake-prone cities that are not part of the current plans for early warning systems. Meeting national standards would probably cost Alaska about 7 million dollars annually. But that’s if the state already met the standards of the Advanced National Seismic System, which it doesn’t. Currently, the National Science Foundation is carrying out a $40 million program installing 260 sensors across Alaska for research purposes. The problem is that these sensors will be removed in five years unless the state can find the money to buy and maintain them, at least in part of the state.
Adapted from an article in Alaska Dispatch News.

Seisme anchorage

Sismogramme du séisme de mars 1964 à Anchorage (Source: IRIS)

Les effets négatifs du tourisme de masse en Islande (suite)

Ma note à propos des effets négatifs du tourisme de masse en Islande a déclenché bon nombre de réactions dans le même sens que mes propos. J’ai choisi de vous faire partager le point de vue de Patrick Marcel – responsable du secteur pédagogique de de L.A.V.E. – paru dans le bulletin de la Société de Volcanologie Genève (SVG) au retour de l’été 2013 passé en Islande.
L’Islande se mérite, disait-on. On l’imaginait réservée à quelques courageux baroudeurs prêts à sacrifier des journées de soleil et beaucoup de confort dans leurs vacances estivales pour accéder à des paysages extrêmes uniques au monde. On avait tort… C’était compter sans l’avidité d’une civilisation prête à sacrifier son âme pour faire de l’argent. Et c’est ainsi que le tourisme devint une industrie, et les beautés islandaises des marchandises. Certes la crise est passée par là, mais est-ce une excuse ? Les islandais eux-mêmes sont partagés sur ce qui arrive à leur pays, et les affrontements idéologiques au sein de cette communauté de 300 000 âmes répercutent des préoccupations qui nous concernent tous, entre préservation de l’environnement et exploitation des ressources. Constat amer de celui qui a connu l’Islande autrement ? Sans aucun doute. C’est vrai «qu’avant», on n’était pas obligé de faire la queue pour essayer d’apercevoir le Strokkur ni d’attendre une heure pour pouvoir photographier les glaçons du Jokulsarlon sans la pollution visuelle des grosses embarcations amphibies jaunes… Alors quitter la N1 pour s’enfoncer dans les montagnes du centre peut sembler une bonne chose pour retrouver un peu de calme… sauf que beaucoup ont la même idée ! Et quand on est très nombreux au même endroit à chercher la solitude… Le trek Landmannalaugar – Thorsmork – Skogar est devenu une véritable autoroute. Et quand on s’écarte un peu des sentiers battus, c’est pour être survolé pendant plusieurs minutes par un hélicoptère vrombissant et sa cargaison de touristes volants. Alors, pourquoi retourner en Islande, me demanderez-vous avez raison ? Parce que la première goulée d’air islandais a un goût de paradis. Parce que la lumière y est plus belle qu’ailleurs. Parce que quand j’y pose les pieds, j’ai comme l’impression d’être en symbiose avec cette terre. Parce que j’ai autant d’attirance pour ses paysages que les nuées de mouches du lac Myvatn en ont pour mes trous de nez…

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L’Islande possède de superbes paysages, comme dans le Landmannalaugar.

(Photo: C. Grandpey)

Mont Io (groupe volcanique Kirishima) / Japon

drapeau-francaisL’Agence météorologique du Japon (JMA) a émis une alerte éruption pour le Mont Io dans le sud du Japon. Le volcan fait partie de l’ensemble volcanique Kirishima et est à cheval sur les préfectures de Miyazaki et Kagoshima. Selon les volcanologues japonais, le Mont Io pourrait émettre des gaz toxiques ou même connaître une petite éruption. Ils ont observé une augmentation du nombre de séismes d’origine volcanique sur le complexe volcanique Kirishima et conseillent aux touristes et randonneurs d’éviter une zone de danger de 800 mètres de rayon autour du cratère du Mont Io.
Au moins 37 séismes d’origine volcanique avaient été enregistrés sur le volcan ce dimanche à la mi-journée. Une augmentation de l’activité a été observée depuis juillet 2015. Une alerte similaire concernant la zone du cratère a été émise en octobre 2014, puis levée en mai l’année dernière, mais la sismicité a repris en juillet
Le 19 février 2016, la municipalité d’Ebino a interdit l’accès aux zones autour du cratère après que des niveaux élevés de H2S aient été détectés.
Source: JMA & The Japan Times.

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drapeau anglaisThe Japan Meteorological Agency (JMA) has issued an eruption warning for Mount Io in southern Japan where the volcano (part of the Kitishima volvanic group) straddles Kyushu’s Miyazaki and Kagoshima prefectures. Mount Io might emit toxic gas or even experience a small eruption. Experts observed an increase in volcanic earthquakes in the Kirishima mountain range, urging tourists and hikers to avoid an 800-metre danger zone around Mt. Io’s crater.
At least 37 volcanic earthquakes were recorded at the site by mid-Sunday. Increased activity has been observed on the volcano since July 2015. A similar warning for the crater area was issued in October 2014 and lifted in May last year, but seismicity resumed in July
On February 19th 2016,the Ebino Municipal Government banned entry to areas around the crater after high levels of H2S were detected.
Source: JMA & The Japan Times.

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Localisation du Mont Io (Source: Google Maps)

Les effets négatifs du tourisme de masse en Islande // The negative effects of mass tourism in Iceland

drapeau-francaisCeux qui ont visité l’Islande récemment savent que le tourisme a connu un plein essor en 2015. Quelque 1,3 millions de touristes sont arrivés dans le pays l’année dernière, soit près de 30% de plus qu’en 2014, et ce chiffre ne comprend pas les 100 000 passagers descendus brièvement de 108 navires de croisière qui ont fait étape en Islande. Les Britanniques et les Américains ont été les touristes les plus nombreux. Ils sont suivis par les Allemands (8,2%), les Français (5,2%) et les Norvégiens (4,1%). Les plus fortes augmentations par rapport à 2014 concernent les visiteurs en provenance des États-Unis, du Royaume-Uni, de Chine et d’Allemagne.

Cependant, on peut se demander si ce tourisme de masse est une aubaine pour l’Islande, pays où la Nature est très fragile. Certains conducteurs étrangers ont été surpris en train de faire du hors-piste au volant de leurs 4 X 4, au milieu d’un environnement qui demande à être protégé.

Avec autant de visiteurs, la sécurité est de plus en plus difficile à assurer. Le nombre de touristes imprudents est en hausse lui aussi. Ces derniers jours, les équipes de secours ont été appelées quand un groupe de onze étrangers a ignoré les panneaux de fermeture d’une route et leur minibus s’est retrouvé prisonnier des congères. Les autorités avaient fermé cette route de la Langadalur à cause du mauvais temps, et les secouristes furent surpris de recevoir un appel de détresse en provenance de cette région.

Un autre exemple de désobéissance est apparu à la chute d’eau de Gullfoss où le sentier inférieur est fermé pendant l’hiver. En effet, les embruns en provenance de la chute se transforment en une glace dangereusement glissante qui pourrait provoquer des accidents graves. Malgré cette précaution des autorités, les traces sur la neige révèlent que de nombreux touristes ignorent l’interdiction et veulent s’approcher de la chute d’eau pour faire de meilleures photos. L’un d’eux a déclaré froidement qu’il avait voyagé depuis l’autre côté de la planète pour voir la chute d’eau. Selon lui, « vous voulez aller au plus près, c’est normal, c’est humain ».

Il y a quelques jours, j’ai écrit une note à propos d’un groupe de 40-50 touristes qui est resté coincé sur un iceberg qui s’était éloigné de la rive à Jokulsarlon. Quelques jours avant cette mésaventure, on avait vu d’autres touristes sauter d’un iceberg à l’autre, avec le risque évident de tomber dans l’eau glacée!

La police a arrêté la surveillance de la plage de Reynisfjara et neuf panneaux de mise en garde en plusieurs langues ont été installés sur le site. Malgré cela, la semaine dernière,  six personnes d’origine asiatique se sont retrouvées en grave danger lorsqu’une vague les a jetées au sol. Le groupe avait décidé de faire des photos de mode sur la plage avec le modèle debout à côté des orgues de basalte de la falaise, tandis que les autres se tenaient plus loin sur la plage. Une vague a happé six personnes qui furent en danger de mort avec une eau à zéro degré. Elles ont eu la chance d’être secourues par un guide local qui les a tirées de l’eau glacée.
Il convient de noter que ces gens étaient encore plus près du bord de l’eau qu’un touriste chinois qui s’est noyé il y a deux semaines.

La zone des geysers et sources chaudes de Geysir est actuellement recouverte d’une couche de glace très glissante qui a causé plusieurs chutes. Les guides locaux ont peur que leurs clients se blessent grièvement. Ils ont proposé à l’Agence Islandaise de l’Environnement de sabler la zone pour la sécuriser, mais cette idée a été rejetée car le secteur est protégé et le sable est interdit.

J’aime la Nature, mais pas avec des foules de gens bruyants, indisciplinés, voire stupides, autour de moi. J’adorais l’Islande, mais ce n’est plus un endroit pour moi. Un de mes amis qui a visité le pays cet hiver a confirmé tout ce qui est écrit ci-dessus. Cet été, je vais faire escale à l’aéroport de Keflavik pendant mon voyage vers l’Alaska, mais je n’en profiterai pas pour passer quelques jours en Islande comme je l’ai fait il y a une vingtaine d’années en allant à New York!
Source: Iceland Review.

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drapeau anglaisThose who visited Iceland recently know it : Tourism has been booming in 2015. Some 1.3 million tourists arrived in the country last year, almost 30% more than in 2014. This figure does not include the 100,000 passengers stepping briefly ashore from the 108 cruise ships that also visited the country. Brits and Americans were the most numerous visitors. They are followed by visitors from Germany (8.2%), France (5.2%) and Norway (4.1%). The biggest year-on-year increases from 2014 were in tourists from the USA, the UK, China and Germany.

However, we may wonder whether this mass tourism is a godsend for Iceland, a Country where Nature is very fragile. Some foreign drivers have been caught driving off-track with their 4-wheel vehicles in the middle of an environment that needs to be protected.

With so many visitors, safety is more and more difficult to ensure. The number of reckless tourists is growing too. In recent days, rescue teams were called when a group of eleven foreign visitors ignored road closure signs and got mired in deep snow. Authorities had closed off the road in Langadalur because of poor weather, and were therefore rather surprised to receive a distress call from the area.

Another example of people disobedience is obvious at Gullfoss waterfall where the lower footpath is closed during the wintertime. Indeed, the spray of water from the falls causes dangerously slippery ice which could lead to serious accidents. However, the footsteps on the snow reveal that many tourists ignore the interdiction and want to get closer for better shots.
One of them said he had travelled from the other side of the planet to see the waterfall: « You want to get closer, it’s normal, it’s human ».

A few days ago, I wrote about a group of 40-50 tourists who got stuck on an iceberg which has drifted away from the shore at Jokulsarlon. A few days before the mishap, other tourists had been seen hopping between icebergs!
Police have stopped surveillance of Reynisfjara beach and instead brand new warning signs in several languages have been put up on the site. However, six foreign individuals of Asian origin were in grave danger as a wave knocked them down. The group had decided to do a fashion shoot on the beach with a model standing next to the basalt pillars in the cliffs with others standing further down the beach. A wave hit six people who were in extreme danger with zero degree water and were lucky to get the help of a local guide who helped to drag them from the ice-cold water.
It should be noted that these people were considerably closer to the water’s edge than a Chinese tourist who drowned two weeks ago.

The Geysir hot spring area is now covered with a coat of very slippery ice that has caused several visitors to fall down. Local guides are afraid their clients might get seriously injured. They have complained to The Environment Agency of Iceland and proposed to sand the area, which was denied as the area is under environmental protection and sand is not allowed.

I love Nature but not with crowds of noisy or stupid folks around me. I used to love Iceland, but this is no longer a place for me. A friend of mine who visited the country this winter confirmed all that is written above. This summer, I will make a stop in Keflavik airport on my way to Alaska but I will not spend some days in Iceland like I did some twenty years ago!
Source: Iceland Review.

Islande-pour-blog

Photo: C. Grandpey

Le Mauna Loa (Hawaii) continue à gonfler et à frémir // Mauna Loa (Hawaii) keeps inflating and stirring

drapeau-francaisBien qu’il ne fasse pas la une des journaux, le Mauna Loa continue à s’agiter. C’est ce que révèlent les sismographes et les inclinomètres du HVO qui surveille en permanence le volcan sous l’égide de l’USGS.
Le réseau sismique du HVO a commencé à détecter de petits séismes de plus en plus fréquents sur le Mauna Loa en 2013, tandis qu’un regain d’inflation était détecté par le réseau GPS et par interférométrie radar à synthèse d’ouverture (InSAR) en 2014. Au vu de l’augmentation persistante de la sismicité et de l’inflation, le niveau d’alerte du Mauna Loa est passé de « Normal » à « Advisory » (premier niveau de vigilance) le 15 septembre 2015. Cela indique que sismicité et inflation sont au-dessus de la normale, mais ne signifie pas forcément qu’une éruption va se produire. Le Mauna Loa a connu une période semblable en 2004-2005, avec des anomalies d’inflation et de sismicité, mais il n’y a pas eu d’éruption.
Les 33 éruptions qui ont secoué le Mauna Loa depuis 1843 ont eu lieu au niveau de la caldeira sommitale, ou le long des deux zones de rift (Nord-Est et Sud-Ouest), ou quand des bouches radiales se sont ouvertes sur les flancs nord et ouest du volcan. Si l’on fait un bilan, on se rend compte que la moitié des éruptions ont eu lieu dans la zone sommitale, tandis que l’autre moitié a migré vers une zone de rift.
L’inflation et la sismicité actuelles se situent dans la partie supérieure de la zone de rift sud-ouest et dans la partie sud de la zone sommitale. Toutefois, si une éruption se produit, on ne sait pas si elle restera au sommet ou si elle se déplacera vers l’une des zones de rift du volcan. L’activité actuelle du Mauna Loa ne suit pas une évolution constante et prévisible, ce qui traduit probablement une montée irrégulière du magma vers la partie sud-ouest de la caldeira sommitale qui est en cours de gonflement. L’afflux de magma est probablement plus important au moment où l’on observe une hausse de la sismicité.
A l’automne 2015, les mesures ont révélé que la principale source d’inflation sur le Mauna Loa avait quitté la caldeira sommitale pour se diriger vers une zone située un peu plus au sud-ouest. Suite à cette modification de déformation, la sismicité sous la caldeira sommitale a cessé. À l’heure actuelle, la majorité de la sismicité sur le Mauna Loa se situe dans la partie supérieure de la zone de rift sud-ouest du volcan. Cette évolution montre qu’il est impossible de prévoir avec certitude si ou quand le volcan entrera en éruption.
La population sur les pentes du Mauna Loa croît rapidement et plusieurs lieux de villégiature de plusieurs millions de dollars sont apparus à Waikoloa, dans la ville de Hilo, et surtout dans les Hawaiian Ocean View Estates. Depuis la dernière éruption du Mauna Loa en 1984, quelque 2,3 milliards de dollars ont été investis dans de nouvelles constructions sur les flancs du volcan
Si une éruption du Mauna Loa se produit, l’une des principales préoccupations concernera la zone de rift sud-ouest du volcan, là même où la lave pourrait jaillir du sol carrément sous les maisons ! Aujourd’hui, des grottes et des vestiges de tunnels rappellent un passé destructeur. Les gens qui vivent à Hawaiian Ocean View Estates savent que la prochaine éruption peut venir très rapidement. Beaucoup d’habitants dans cet endroit tranquille sont sans électricité et sans téléphone. S’il y a une éruption, les autorités feront retentir les sirènes, mais les habitants disent qu’ils ne sont pas sûrs de les entendre.
Hawaiian Ocean View Estates n’est pas le seul endroit où les coulées de lave rappellent la force destructrice de la nature. En 1984, lors de la dernière éruption, la lave s’est arrêtée à seulement 6,5 km de Hilo !
Un danger volcanique indirect existe sur le Mauna Loa ; c’est la menace de puissants séismes. Lorsque le magma s’élève à l’intérieur du Mauna Loa et fait gonfler l’édifice volcanique, ce dernier devient instable, ce qui peut générer de violents séismes. Plusieurs événements extrêmement destructeurs ont eu lieu au cours des périodes d’inflation du volcan, comme le séisme de M 8 du 2 avril 1868 sur le Mauna Loa et, plus récemment, celui de M 7.2 du 29 novembre 1975 sur le Kilauea. Même si les séismes sont imprévisibles, les autorités peuvent inciter la population à édifier des constructions parasismiques et à protéger les objets de valeur.
Sources : HVO & Protection Civile.

A noter que le titre du journal anglais The Express de ce matin – « Fears of IMMINENT eruption of LARGEST active volcano on Earth » – n’est absolument pas justifié, mais nous sommes habitués à de telles sottises de la part de la presse à sensation d’outre-Manche.

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drapeau anglaisDespite not being in the headlines, HVO indicates that Mauna Loa continues to be in “a state of unrest based on seismic and deformation monitoring data”.
HVO’s seismic network began to detect increasingly frequent, small earthquakes on Mauna Loa in 2013. Renewed inflation of the volcano was detected by the GPS network and also with Interferometric Synthetic Aperture Radar (InSAR) in 2014. Based on the elevated rates of earthquakes and persistent inflation, the alert level for Mauna Loa was elevated from Normal to Advisory on September 15th, 2015. This indicates that the volcano is showing signs of unrest above known background levels, but does not mean that an eruption certain. Another period of Mauna Loa unrest in 2004–2005 included inflation and anomalous seismicity, but did not result in an eruption.
Mauna Loa’s 33 eruptions since 1843 occurred within the volcano’s summit caldera or along one of its two rift zones (Northeast and Southwest), or from radial vents located on the north and west flanks of the volcano. All in all, about half remained within the summit area and about half moved down a rift zone.
The current focus of inflation and seismicity is within the uppermost parts of Mauna Loa’s Southwest Rift Zone and the southern summit area. However, should an eruption occur, it is not clear if it would remain in the summit or move into one of the volcano’s rift zones.
The current activity at Mauna Loa has not followed a steady, predictable trend, which may point to an unsteady influx of magma into the inflating area southwest of the summit caldera, with more magma intruding during times of higher seismicity. However, in autumn 2015, measurements revealed that the main source of inflation on Mauna Loa had moved from beneath the summit caldera to an area slightly farther southwest on the volcano. Along with this change in deformation, earthquakes beneath the summit caldera ceased. Currently, most of the earthquakes occurring on Mauna Loa are within the volcano’s uppermost Southwest Rift Zone region. This shows that it is not possible to forecast with certainty if or when the volcano will erupt as a result of the current unrest.
The population on the slopes of the Mauna Loa is growing rapidly and includes several multi-million dollar resorts in Waikoloa, in the city of Hilo, and in Hawaiian Ocean View Estates. Since the last eruption of Mauna Loa in 1984, approximately $2.3 billion dollars have been invested in new construction on the flanks of the volcano
Should an eruption of Mauna Loa occur, one of the biggest areas of concern would be on the volcano’s southwest rift zone, where people have built homes and where lava could erupt right from the ground. Today, caves and archways are reminders of a destructive past. The people who live in Hawaiian Ocean View Estates know the next eruption may come with little warning. Many in this quiet community are without power and phones. If there is an eruption, authorities will sound the sirens, but residents say they are not sure to hear them.
Hawaiian Ocean View Estates is not the only place where lava flows are visible reminders of the powerful force of nature. Just outside of Hilo is another, where lava from the 1984 eruption stopped just 6.5 km from the town.
An indirect volcanic hazard on Mauna Loa is the threat of large earthquakes. As magma enters and inflates Mauna Loa, the volcano becomes unstable, setting the stage for large earthquakes. Extremely destructive earthquakes have occurred during times of inflation, like the M 8 quake of April 2nd 1868 on Mauna Loa and, most recently, the M 7.2 event of November 29th 1975 on Kilauea. While earthquakes cannot be predicted, authorities can warn people to be prepared through sound construction of buildings and by protecting valuables from damage.
Sources: HVO & Civil Defence.

It should be noted that the headline of today’s English paper The Express – « Fears of IMMINENT eruption of LARGEST active volcano on Earth » – is not justified at all, but we are used to such nonsense from the yellow press over the Channel.

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Caldeira sommitale du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)

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Coulée de lave sur le versant sud-ouest du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)

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Système d’alerte sur le versant SO du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)

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Sismicité comparative sur le Mauna Loa (Source: USGS)

La fonte inquiétante de la glace de mer // The worrying melting of the sea ice

drapeau-francaisJe n’insisterai jamais assez sur ce qui se passe dans les régions arctiques, où la fonte de la glace de mer et des glaciers est en train de devenir une catastrophe pour la planète. J’ai pu observer à plusieurs reprises la situation de mes propres yeux et les articles qui paraissent régulièrement dans les journaux de l’Alaska ne font que confirmer que l’avenir est très sombre. J’aurai l’occasion de donner plus de preuves de la fonte des glaciers cet été quand je reviendrai d’Alaska.
S’agissant de la glace de mer* arctique, l’eau de l’océan continue normalement à geler pendant tout l’hiver, avec une couche de glace qui atteint son maximum juste avant la fonte qui commence au printemps, mais pas cette année ! Nous sommes dans la quatrième semaine de février et cela fait deux semaines que la glace de mer a cessé de progresser. Selon le National Snow and Ice Data Center dans le Colorado, la surface couverte par la glace de mer – autrement dit, les zones où la couverture de glace représente au moins 15 pour cent – a atteint un maximum hivernal de 14,2 millions de kilomètres carrés le 9 février, et n’a pas progressé depuis cette date. Si la situation n’évolue pas, les relevés du 9 février établiront un double record. Ce serait à la fois la fonte de glace la plus précoce et la plus faible quantité jamais observée.
Jusqu’à présent, le minimum hivernal de glace de mer depuis le début des observations satellitaires en 1979 a été atteint le 25 février 2015, avec une étendue de glace de 14,54 millions de kilomètres carrés. Le premier maximum hivernal avait été atteint le 24 février 1996. Normalement, la glace de mer atteint son étendue maximale au début ou au milieu du mois de mars; entre 1981 et 2010, le maximum était atteint en moyenne le 12 mars.
Il est encore trop tôt pour affirmer que de nouveaux records ont été établis. L’hiver n’est pas terminé et la glace pourrait se reformer si les conditions météorologiques changent et que cesse la douceur hivernale actuelle dans l’Arctique. Cependant, même si la glace recommence à se former cet hiver, ce sera seulement une couche mince qui disparaîtra rapidement dès que la saison de fonte aura commencé.
L’absence la plus flagrante de glace de mer cet hiver se trouve dans la partie atlantique, près de l’île norvégienne du Svalbard. La glace s’est faite également discrète dans la mer de Béring et dans certaines zones du Pacifique.

* L’expression « glace de mer » fait référence à la glace qui se forme au cours de chaque hiver à la surface de l’océan. Contrairement à la banquise qui est permanente, la glace de mer disparaît au début du printemps.

Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisI will never insist enough about what is happening in Arctic regions where the melting of the sea ice and the glaciers is turning into a disaster for the planet. I could see the situation with my own eyes and the articles that regularly appear in the Alaskan newspapers do confirm that the future will be quite dark. I will have the opportunity to give more evidence of the melting of Alaskan glaciers in the summer.
As far as the Arctic sea ice* is concerned, the ocean water normally keeps freezing through the entire winter, creating ice that reaches its maximum extent just before the melt starts in the spring. Not this year ! We are in the fourth week of February and the sea ice has stopped growing for two weeks. Sea ice extent – the areas with at least 15 percent ice coverage – hit a winter maximum of 14.2 million square kilometres on February 9th, and has stalled since, according to daily reports from the National Snow and Ice Data Center in Colorado. If there is no more growth, the February 9th total extent would be a double record. It would be both the earliest melt and the lowest maximum ever observed.
Up to now, the lowest winter ice-extent maximum in the satellite record dating back to 1979 was hit last year, when ice extent reached 14.54 million square kilometres on February 25th. The earliest seasonal winter maximum was reached in 1996, on February 24th. Normally, ice extent reaches its maximum in early or mid-March; between 1981 and 2010, the average maximum date was March 12th.
It might be too early to affirm that new records have been established. Winter is not over yet and the ice might come back if weather conditions change from what has been a pattern of unusual Arctic warmth. However, even if ice starts growing again this winter, that will be only thin ice that disappears quickly once the melt season starts.
The most notable lack of winter ice has been on the Atlantic side, near Norway’s island of Svalbard. Ice is also low for this time of year in the Bering Sea and Pacific regions.

* Sea ice refers to the ice that forms during every winter at the surface of the ocean. Contrary to the icefield which is permanent, sea ice disappears at the beginning of spring.

Source: Alaska Dispatch News.

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Photo: C. Grandpey

Eruption du Shiveluch (Kamchatka / Russie) // Eruption of Sheveluch volcano (Kamchatka / Russia)

drapeau-francaisLe Shiveluch a connu aujourd’hui 24 février un nouvel épisode éruptif, avec un panache de cendre qui est monté jusqu’à environ 6,4 km d’altitude avant d’être poussé vers le NO par le vent. Selon ;e KVERT, l’éruption est liée à la croissance continue du dôme sommital qui s’accompagne d’avalanches pyroclastiques, d’une activité fumerolienne et d’incandescence au sommet de ce même dôme. Les données satellitaires montrent une anomalie thermique quasiment permanente sur le Shiveluch dont le niveau d’alerte est maintenu à l’Orange.

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drapeau anglaisSheveluch erupted again today February 24th, with an eruption plume that rose to about 6.4 km a.s.l. and drifted northwest. According to KVERT, the eruption is to be linked with the continuous growth of the lava dome. The process is accompanied by hot avalanches, fumarole activity and incandescence of the dome summit. Satellite data showed a thermal anomaly over Sheveluch. The Aviation Colour Code is kept at Orange.