Ubinas (Pérou)

drapeau francaisL’Institut Géophysique du Pérou vient de me faire parvenir le dernier bulletin d’activité de l’Ubinas avec une vidéo du cratère réalisée le 18 octobre 2015. On peut voir que la bouche éruptive émet des panaches de vapeur et de gaz. La couleur bleutée des émanations trahit la présence de gaz magmatiques. Ils s’échappent à la fois de la bouche éruptive et de fissures sur les parois du cratère. Les scientifiques de l’Institut font remarquer que, contrairement à la visite de décembre 2014, aucune lave n’est présente au fond du cratère.
Voici la vidéo : https://youtu.be/jB7JNfPT_LA

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drapeau-anglaisThe Geophysics Institute of Peru has just sent me the latest activity bulletin for Ubinas Volcano, with a video of the crater shot on October 18th 2015. One can see that the eruptive vent is emitting plumes of gas and water vapour. The bluish colour betrays the presence of magmatic gases that come out both of the eruptive vent and from fissures on the crater walls. Contrary to the visit of December 2014, no lava can be seen at the bottom of the crater.
Here is the video: https://youtu.be/jB7JNfPT_LA

Le lent glissement du flanc sud du Kilauea (Hawaii) // The slow slip of Kilauea’s south flank (Hawaii)

drapeau francaisAu cours de l’éruption actuelle du Kilauea, le flanc sud du volcan avance lentement dans la mer et la sismicité enregistrée par les instruments le prouve régulièrement. Ainsi, à la mi-octobre 2015, une partie du flanc sud du Kilauea a glissé lentement dans l’océan. Ce mouvement fait partie d’un phénomène récurrent appelé «séisme lent » (« slow earthquake » en anglais) dont la dernière manifestation avait eu lieu à la fin du mois de mai 2012.
Au premières heures de la matinée du 14 octobre 2015, un tiltmètre installé près de Ka’ena Point, sur la côte au sud du sommet du Kilauea, a commencé s’incliner en s’éloignant de la côte. Les inclinomètres et les GPS ont continué à détecter ce glissement pendant 2 ou 3 jours. Au final, le flanc sud a glissé d’environ 3 cm vers le sud-est.
Les séismes lents à Hawaii se produisent le long d’une faille qui se situe à la limite entre le Kilauea et le fond de l’océan. Le glissement associé au séisme lent de la mi-octobre s’est produit si progressivement qu’il n’a pas généré d’ondes sismiques. Toutefois, si le glissement avait eu lieu rapidement, il aurait probablement provoqué un séisme de M 6 ou plus.
Les séismes lents sur le flanc sud de la Grande Ile d’Hawaii sont périodiques et surviennent généralement environ tous les 26 mois. Le précédent ayant eu lieu le 28 mai 2012, les scientifiques étaient sur le qui vive depuis juillet 2015. Il est intéressant de noter que ces événements ont tendance à se produire dans la même partie du flanc sud. C’est pourquoi des instruments ont été installés stratégiquement dans cette zone pour bien les enregistrer.
Une conséquence intéressante du séisme lent de la mi-octobre a été une intensification de l’activité sismique dans les zones de rift du Kilauea. Depuis cet événement, la Rift Zone Est et celle du Sud-Ouest connaissent une augmentation du nombre de petits séismes, avec un événement de près de M 3 dans le secteur de Pu’ukou, sur le Rift Sud-Ouest où la sismicité est en hausse depuis mars 2015. Le lien entre les séismes lents et l’augmentation de l’activité sismique dans les zones de rift est mal connu ; il fait actuellement l’objet de recherches. Les scientifiques aimeraient savoir quel effet les séismes lents peuvent avoir sur le risque volcanique et si des séismes plus puissants et donc destructeurs sont susceptibles de survenir pendant un épisode de séisme lent.
Les gens se demandent parfois si le flanc sud du Kilauea pourrait s’effondrer dans l’océan et déclencher un tsunami dévastateur dans l’Océan Pacifique. J’ai abordé le sujet avec Jim Kauahikaua, alors directeur de l’Observatoire, lors d’une visite à Hawaii il y a quelques années. Il m’a dit que, selon lui, un tel risque est très faible. Ce qui est beaucoup plus probable qu’un effondrement majeur du flanc sud de Kilauea, c’est un séisme provoqué par un déplacement de 5 à 10 mètres du flanc sud vers l’océan. Le séisme de 1975 à Kalapana était un événement de ce type et le tsunami qu’il a provoqué a tué deux personnes. Un séisme plus puissant avait déjà eu lieu dans le secteur de Ka’u en 1868 et il avait entraîné la mort de 47 personnes.
Source: Observatoire des Volcans d’Hawaii.

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drapeau francaisWith the current eruption of Kilauea, the south flank of the volcano is slowly moving into the sea and the seismicity recorded by the instruments regularly proves it. By mid-october, a portion of Kilauea’s south flank slowly slipped seaward. This movement is part of a recurring phenomenon called a “slow earthquake,” which last occurred at the end of May 2012.
Beginning in the early morning hours of October 14th, a tiltmeter near Ka‘ena Point on the coastline south of Kilauea’s summit began to tilt away from the coast. A combination of tiltmeter and GPS networks continued to detect slip for the next 2–3 days. In total, the south flank slipped about 3 cm southeastward.
Slow earthquakes in Hawaii happen along a fault at the boundary between Kilauea volcano and the old ocean floor. The slip associated with the mid-October’s slow earthquake was so gradual that it did not generate seismic waves. But if the slip had occurred rapidly, it might have resulted in an M 6 or so earthquake.
Slow earthquakes on the south flank of Hawaii Big Island are periodic, typically occurring about every 26 months. The previous one was on May 28th 2012 so that scientists had been expecting another one since July 2015. Interestingly, these events tend to occur in the same part of south flank, so instruments have been strategically placed to capture them when they happen.
An interesting effect of last week’s slow earthquake was the additional seismic activity within Kilauea’s rift zones. Since the slow earthquake, both the East Rift Zone and the Southwest Rift Zone have experienced an increase in the number of small earthquakes, including an M 3 earthquake near Pu‘ukou, an area of the Southwest Rift Zone that has had enhanced seismic activity since March 2015. The exact process that might tie the slow earthquake to increased seismic activity in the rift zones is the topic of ongoing research. Scientists would like to know what effect slow earthquakes have on the volcanic hazard and if larger, more destructive, earthquakes are more likely during a slow earthquake.
People sometimes wonder whether Kilauea’s south flank might collapse into the ocean and trigger a devastating tsunami around the Pacific Ocean. I happened to talk about this with Jim Kauahikaua during a visit at the observatory some years ago. He told me that, in his opinion, such a risk is very low. What is much more likely than a major collapse of Kilauea’s south flank is an earthquake in which a large part of the south flank lurches seaward by 5 – 10 metres. The Kalapana earthquake of 1975 was such an event and the local tsunami it generated killed two people. A previous earthquake in Ka’u in 1868 was similar but larger. The tsunami it triggered killed 47 people.
Source: Hawaii Volcano Observatory.

Hawaii littoral

Arrivée de la lave dans l’océan sur le flanc sud du Kilauea (Photo: C. Grandpey)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Vers une nouvelle éruption?

drapeau francais10 h00: Dans son édition du lundi 26 octobre, le Journal de l’Ile de la Réunion se demande si le Piton de la Fournaise ne va pas se réveiller pour la troisième fois. En effet, depuis l’arrêt brutal de l’activité éruptive samedi sur le coup de 15 heures, l’OVPF enregistre à nouveau des signes qui montrent que le volcan ne s’est pas endormi définitivement : La sismicité reste présente avec des événements superficiels, accompagnés de quelques effondrements dans le cratère Dolomieu. Un séisme plus profond (à 6 km en dessous du niveau de la mer) a également été détecté.
Il faut se souvenir que la deuxième phase de l’éruption a démarré après 4 jours de demi-sommeil du volcan ; elle a duré moins de quarante-huit heures et s’est achevée presque aussi brutalement que la première, en quelques minutes. Au total, le Piton de la Fournaise est en éruption depuis plus de deux mois.
Bien malin serait celui qui pourrait prévoir la suite des événements. A l’issue de l’épisode éruptif qui avait débuté le 24 août, on pouvait penser (moi le premier) que la sismicité en profondeur correspondait à des réajustements de la chambre magmatique suite à l’évacuation de la lave en surface. L’hypothèse était fausse ! Que signifie la sismicité actuelle ? Est-elle provoquée par la pression des gaz encore présents sous le volcan ? S’agit-il d’une nouvelle montée de magma ? Aucun instrument (sismo, tiltmètre) n’étant mis en ligne par l’OVPF, le pronostic est très difficile. Le mieux est d’attendre ce qu’a décidé le Piton. La situation prête à rire car aucune population n’est menacée. Ce serait bien différent si des zones habitées étaient exposées à la lave!

18h00: Les instruments de l’OVPF semblent indiquer que la seconde phase éruptive est maintenant terminée (l’expérience montre qu’il faut éviter d’être trop affirmatif). En conséquence, ce lundi à 18 heures la Préfecture a annoncé qu’elle abaissait l’alerte du niveau 2-2 du dispositif ORSEC à la phase de sauvegarde.
L’interdiction d’accès à la partie haute de l’Enclos et le poser d’hélicoptère dans la zone du volcan restent toutefois en vigueur jusqu’à nouvel ordre.
Source : Journal de l’Ile.
http://www.clicanoo.re/496644-la-deuxieme-phase-eruptive-terminee-le-dispositif-volcan-en-phase-de-sauvegarde.html

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drapeau-anglais10:00: In its latest issue of Monday, October 26th , the Journal de l’Ile de la Réunion wonders whether the Piton de la Fournaise is not going to wake up for the third time. Since the abrupt stop of eruptive activity on Saturday at 15:00, OVPF again records signs that the volcano has not fallen asleep for good: Seismicity is still present with superficial events accompanied by some collapses within the Dolomieu crater. A deep earthquake (6 km below the sea level) has also been detected.
One should remember that the second phase of the eruption began after 4 days of half-sleep of the volcano; it lasted less than forty-eight hours and ended almost as abruptly as the former episode, in a few minutes. In all, the Piton de la Fournaise has been erupting for over two months.
It is impossible to predict the next course of events. At the end of the eruptive episode that began on August 24th, one could have thought that deep seismicity corresponded to readjustments of the magma chamber after the evacuation of the lava at the surface. The hypothesis was wrong! What causes the current seismicity? Is it the pressure of gases still present under the volcano? Is it a new magma ascent? As no instrument (seismometer, tiltmeter) has been put online by OVPF, a prognosis is very difficult. The situation looks quite funny because no population is under threat. It would be far more serious if populated areas were exposed to lava flows!

18:00: The OVPF instruments suggest that the second phase of the eruption is now over for good (experience shows that we must avoid being too affirmative). As a result, today Monday at 18:00 the Prefecture announced that it had lowered the ORSEC alert level from 2-2 to Watch.
However, the interdiction of access to the upper part of the Enclos and helicopter landing in the volcano area remain in force until further notice.
Source: Journal de l’Ile.
http://www.clicanoo.re/496644-la-deuxieme-phase-eruptive-terminee-le-dispositif-volcan-en-phase-de-sauvegarde.html

Japon : Un séisme artificiel pour mieux prévoir les éruptions // Japan : An artificial earthquake to better predict eruptions

drapeau francaisDes chercheurs de l’Université du Tohoku au Japon, ainsi que des responsables de l’Agence Météorologique Japonaise, ont déclenché artificiellement un séisme sur le Mont Zao (1841 m) qui se dresse à cheval sur les préfectures de Miyagi et Yamagata au nord du Japon. C’est un volcan actif dont la sismicité est en hausse depuis le puissant séisme de mars 2011.
Au cours d’une expédition sur le site la semaine dernière, l’équipe scientifique a fait exploser environ 200 kg de dynamite à l’intérieur d’un puits de 40 mètres de profondeur creusé sur le flanc de la montagne. Les chercheurs ont versé de l’eau à l’intérieur de l’orifice. Cette eau a ensuite été rejetée avec force par le blast provoqué par l’explosion.
Quelque 150 sismomètres positionnés sur le mont Zao ont mesuré les ondes produites par le séisme artificiel. Les ondes sismiques voyagent plus lentement au travers de l’eau, ce qui a permis aux scientifiques d’analyser des données au niveau des poches et voies d’eau chaude jusqu’à environ 2 km de profondeur. Ils ont déclaré qu’il est essentiel de trouver les emplacements d’eau chaude sur le volcan afin de prévoir où la prochaine explosion de vapeur aura probablement lieu.
Source: Tech Times.

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drapeau-anglaisResearchers from Japan’s Tohoku University, along with officials from the Japan Meteorological Agency, triggered an artificial earthquake on Mount Zao (1,841 m) which straddles Miyagi and Yamagata prefectures in northern Japan. It is an active volcano exhibiting more tremors since the powerful earthquake of March 2011.
Conducting a site survey last week, the team detonated about 200 kilograms of dynamite inside the 40-metre-deep hole dug on the side of the mountain. They poured water inside the hole, which was then spewed out with equal force from the simulated blast.
Around 150 seismometers positioned on Mount Zao measured the seismic waves produced from the artificial quake. Through water, seismic waves travel more slowly, enabling scientists to analyze data via hot water pools and pathways of up to around 2 kilometres underground. They said that it is key to find out the locations of hot water in order to predict where the next steam-blast explosion will likely take place.
Source: Tech Times.

Zao

Partie nord du Mont Zao  (Crédit photo: Wikipedia)