Manam (Papouasie-Nouvelle-Guinée): L’île de la misère // The island of misery

drapeau francaisCela fait 11 ans que les habitants de l’île de Manam attendent d’être relogés suite aux éruptions dévastatrices qui les ont fait fuir en 2004. Au mois de jillet de cette année, une nouvelle éruption a infligé encore plus de souffrances aux milliers de personnes qui étaient retournées sur l’île après avoir quitté des camps plus en sécurité sur le continent. Une nouvelle zone de relogement leur a été attribuée dans la région d’Andarum sur le continent, mais la situation est actuellement au point mort. En effet, un accord a bien été signé avec les propriétaires fonciers d’Andarum en 2013, mais il faut attendre qu’une loi de réinstallation soit adoptée par le Parlement avant que la terre puisse être définitivement acquise.
Plus de 100 000 personnes ont été contraintes de quitter leurs habitations à l’intérieur de la Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG) en raison de catastrophes naturelles et de guerres tribales. D’une manière générale, le risque de déplacement de la population pour des raisons climatiques et/ou géophysiques (séismes et volcans, par exemple) a augmenté de quelque 60 pour cent au cours des 40 dernières années. Les chiffres devraient être revus à la hausse car les changements démographiques (avec l’urbanisation) et les événements météorologiques extrêmes liés au changement climatique exposent de plus en plus les populations à des catastrophes. Il y a 44 volcans en PNG, qui menacent la vie de 250 000 personnes.
L’éruption du volcan Manam continue et les insulaires vivent dans des camps rudimentaires où règnent la pauvreté, le chômage et la faim alors que le pays est en proie à une grave sécheresse. Les gens sont confrontés à des pénuries d’eau et ils doivent faire des pieds et des mains auprès des populations locales pour obtenir les matériaux nécessaires à la construction de logements décents. La plupart des enfants ne vont pas à l’école. Il n’y a pas assez de terres dans les camps pour faire des cultures de subsistence. Cela signifie que de nombreuses familles ne peuvent pas payer la scolarité de leurs enfants et n’ont pas les moyens d’acheter de la nourriture alors que leurs jardins ravagés par la sécheresse ne parvienent pas à produire de légumes.
La lutte pour la survie conduit à des conflits avec les propriétaires fonciers locaux pour l’accès aux terres arables et à la nourriture. Cette situation a empiré car la population déplacée a presque doublé au cours de la dernière décennie et atteint maintenant le chiffre de 15 000. En PNG, la terre est principalement détenue par les particuliers et non par l’État. En conséquence, si le gouvernement veut réinstaller les personnes déplacées, il doit négocier avec les propriétaires fonciers, ce qui peut prendre beaucoup de temps.
Aujourd’hui, 60 000 hectares de terres à Andarum attendent d’être occupés par une nouvelle population, avec les services de base qui vont de pair. Ce sera une zone de réinstallation non seulement pour les habitants de Manam, mais aussi pour les personnes qui ont été déplacées dans d’autres régions de la province en raison du changement climatique et de l’élévation du niveau de la mer. Il est prévu de réinstaller les insulaires en plusieurs fois. Les jeunes auront la priorité, avec mission de travailler à la construction d’habitations et d’infrastructures.
Source: Reuters.

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drapeau-anglaisFor 11 years, the people of Manam Island have waited to be resettled after fleeing devastating eruptions in 2004. In July this year, another eruption inflicted more suffering on several thousand people who had returned to the island from displacement camps on the mainland. A new home has been found for the islanders in the remote area of Andarum on the mainland, but efforts to move them there have stalled. Indeed, an agreement had been signed with Andarum landowners in 2013, but a Manam Resettlement Act must be passed by parliament before the land can be purchased.
More than 100,000 people are internally displaced in Papua New Guinea (PNG) due to natural disasters and tribal warfare. Globally, the risk of displacement due to climate and geophysical hazards, including earthquakes and volcanoes, has increased by some 60 percent over the past 40 years. The numbers are expected to increase as demographic shifts, including urbanisation, and extreme weather events linked to climate change increase people’s exposure to catastrophes. There are 44 volcanoes in PNG, which threaten the lives of 250,000 people.
The Manam volcano continues to erupt and islanders are stranded in poorly equipped « care centres » where poverty, unemployment and now hunger prevail as the country is gripped by a severe drought. People are facing water shortages and fighting with the local people to get the materials to build proper shelter. Most of the children don’t go to school. There is not enough land in the camps to grow cash crops. That means many families cannot pay for their children’s schooling nor afford to buy food when their gardens, now parched by drought, fail to produce vegetables.
The struggle for survival has led to conflicts with local landowners over access to arable land and food. This situation has worsened as the displaced population has nearly doubled in the past decade to an estimated 15,000. In PNG, land is mostly owned by the people and not the state. Therefore, if the government wants to resettle displaced people it has to negotiate with the landowners, which can be a lengthy process.
Now 60,000 hectares of land is reserved in Andarum for a new community and basic services. This will be a provincial resettlement area for not only the Manam Islanders, but also people who have been displaced in other parts of the province due to climate change and sea-level rise. The plan is for islanders to be relocated in phases, with young people moved first and assigned to work on building dwellings and infrastructure.
Source: Reuters.

Manam

Panache éruptif du Manam en juillet 2009  (Crédit photo: ESA)