La fonte des glaciers (suite) // Glacier melting (continued)

drapeau-francaisSelon une nouvelle étude publiée dans la revue Frontiers in Earth Sciences, il est très probable que continue dans les prochaines années le recul des glaciers observé au cours des dernières décennies en Alaska et ailleurs dans le monde. En l’an 2100, les glaciers pourraient avoir perdu 25% à 48% de leur volume et leurs eaux de ruissellement pourraient faire s’élever de 7,5 à 15 centimètres le niveau des océans.
La situation en Alaska sera pire que la moyenne mondiale, avec la fonte prévue de 30% à 60% du volume glaciaire. Cette fonte sera particulièrement visible en Alaska du Sud-Est où le climat est plus tempéré.
L’étude met en relation une analyse du comportement de la glace et les prévisions concernant la hausse des températures et les niveaux de précipitations, en se référant à 14 modèles climatiques dans le monde. La fonte des glaciers donne lieu à trois scénarios correspondant aux futures émissions de gaz à effet de serre. Dans le meilleur des cas – ce qui est assez peu probable – il est prévu que notre planète perde un quart de son volume glaciaire.
Grâce à l’acquisition de nouvelles données, les nouvelles projections marque une amélioration significative par rapport aux études antérieures. Par exemple, jusqu’à maintenant, le vêlage des glaciers côtiers n’avait pas été inclus dans les calculs du futur recul global des glaciers. La nouvelle étude montre que, avec 10% de la perte globale de glace, le vêlage doit être pris en compte. L’Alaska est particulièrement concerné par ce problème car de nombreux grands glaciers – le Columbia, par exemple – se terminent dans l’eau de l’océan en y déversant des icebergs. La dynamique de ces glaciers côtiers est très différente de celles des glaciers qui terminent leur course sur la terre ferme. Des données plus fiables sur la proportion de glace immergée ont permis aux chercheurs de faire des projections plus précises sur la façon dont la fonte aurait une incidence sur l’élévation du niveau de la mer.
L’esprit général de l’étude est pessimiste. Les glaciers alpins en Europe et en Amérique du Nord et les glaciers côtiers de l’ouest du Canada pourraient disparaître presque entièrement. Beaucoup n’existent déjà plus. Comme je l’ai écrit après ma visite en juillet, le Glacier National Park ne plus mérite plus son nom.
Toutefois, l’étude indique que la situation restera plus stable près du Pôle Nord où il fait si froid que, même si la température augmente de quelques degrés, elle se maintiendra bien en dessous de zéro.
La fonte prévue des énormes calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique n’est pas prise en compte par l’étude.
Adapté d’un article dans l’Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisAccording to a new study published in the journal Frontiers in Earth Sciences, the retreat of glaciers in Alaska and worldwide over recent decades is expected to continue. By the year 2100, glaciers could lose 25% to 48% of their volume and the resulting runoff could contribute 7.5 – 15 centimetres to sea-level rise
The situation for Alaska’s glaciers will be worse than the global average, with 30% to 60% of glacial ice expected to melt away. Increased melting in Southeast Alaska, where the climate is more temperate.
The study combined an analysis of glacial behaviour with predicted temperature increases and levels of precipitation, using 14 global climate models. The range of possible melting reflects three different scenarios of future greenhouse gas emissions. Under the best case scenario – which is quite unlikely – the world is expected to lose one quarter of its glacier volume.
Thanks to the acquisition of more data, the new projection marks a significant improvement over the prior attempts to quantify likely future melting. Besides, up to now, the calving of coastal glaciers was not included in the calculations of future glacial retreat. The new study shows that at 10% of the overall ice loss, calving is a significant source of future glacial loss.
Alaska is more particularly concerned as many big glaciers – the Columbia Glacier, for instance – terminate in the ocean discharging icebergs into the water. Their dynamic is very different from land terminating glaciers.
At last, better data about the proportion of ice located under water allowed the researchers to more accurately project how melting would affect sea-level rise.
The general spirit of the study is pessimistic. Alpine glaciers in Europe and North America and the coastal glaciers of western Canada could vanish almost entirely. Many have disappeared already. As I put it after my visit in July, Glacier National Park does not deserve its name anymore.
However, the study indicates that the situation will remain more stable closer to the North Pole, where it is so cold that a few degrees of change will keep temperatures well below freezing.
The expected melting of enormous ice sheets in Greenland and Antarctica were not part of the study.
Adapted from an article in the Alaska Dispatch News.

Glaciers

Photo: C. Grandpey