Le point sur l’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

drapeau francaisL’éruption du Piton de la Fournaise continue et la stabilité des mesures montre qu’elle a trouvé une certaine vitesse de croisière. A noter que la croissance du cône qui s’est édifié sur les fractures éruptives et la fermeture de ces dernières engendrent une augmentation logique du tremor. Le cône atteint maintenant une trentaine de mètres de hauteur
Un point est assez remarquable : Depuis le début de l’éruption, on n’a pas enregistré de déflation significative de l’édifice volcanique, comme c’est habituellement le cas après l’ouverture des fissures. Les mesures montrent que l’édifice est maintenu sous pression depuis le début de l’éruption.

Piton 02

Le débit de lave s’est stabilisé entre 5 et 10 mètres cubes par seconde. Les fontaines sont beaucoup moins fréquentes et moins hautes. Les coulées de dirigent essentiellement vers le rempart sud et vers l’est où la coulée la plus longue est inférieure à 3 km,
Si l’on regarde les images de la webcam, on se rend compte qu’un panache blanc est émis par le site éruptif. Il révèle une forte teneur en vapeur d’eau.

Piton 01

L’Observatoire précise que « pour l’heure la vaporisation est passive mais que certaines éruptions de la Fournaise ont connu par le passé une activité explosive locale de type phréato-magmatique ».
Source : OVPF.

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drapeau anglaisThe eruption of the Piton de la Fournaise continues in a stable way. The growth of the cone that is being built on the eruptive fractures and the closing of this fissures generate a logical increase in the tremor. The cone is now about thirty meters high
One point is quite remarkable: Since the beginning of the eruption, there has been no significant deflation of the volcanic edifice, as is usually the case after the opening of cracks. The measurements show that the Piton ishas been kept under pressure since the beginning of the eruption (see graph above).

The lava ouput has stabilized between 5 and 10 cubic meters per second. The fountains are much less frequent and less high. The lava flows are mostly heading toward the southern rampart and east where the longest flow is less than 3 km long.
Looking at the webcam images (see above), one can observe that a white plume is emitted by the eruption site., with a high content of water vapour.
The Observatory states that « for the time being, vaporisation is passive but some past eruptions of the Piton de la Fournaise went through a local explosive phreato magmatic activity.
Source: OVPF.

La fonte du pergélisol en Alaska et en Russie // The melting of permafrost in Alaska and Russia

drapeau francaisL’une des principales craintes liées au réchauffement climatique actuel est le dégel du pergélisol (aussi appelé permafrost) dans les contrées nordiques. Jusqu’à récemment, les modèles climatiques ont largement ignoré le permafrost, même s’il représente l’une des plus importantes zones de stockage de carbone de la planète. La raison est que les données sur la température du pergélisol et l’épaisseur de la couche active du sol qui se trouve au-dessus du sol gelé n’étaient ni centralisées ni disponibles dans le format généralement utilisé pour les modélisations. La situation est en train de changer. La semaine dernière en Alaska, une équipe internationale de chercheurs sur le pergélisol a annoncé la naissance d’une nouvelle base de données exhaustive sur la température du sol et son dégel.
Dans le même temps, en Russie, les scientifiques mettent en garde contre la menace d’explosions de méthane, aussi soudaines que spectaculaires, qui pourraient créer de nouveaux cratères géants dans le nord de la Sibérie. Ils utilisent les satellites pour surveiller au moins un monticule fait de glace et de terre – connu sous le nom de pingo – qui pourrait exploser dans un avenir très proche. Un pingo est un monticule de glace recouvert de terre dont la hauteur peut atteindre 70 mètres et le diamètre 600 mètres.
Selon les scientifiques de l’Institut Trofimuk de géologie et de géophysique pétrolière de Novossibirsk, le risque est particulièrement élevé dans la péninsule de Yamal, là où se trouvent les plus grandes réserves de gaz naturel du monde.
Cette mise en garde fait suite à une étude détaillée de l’un parmi des dizaines de nouveaux cratères repérés dans les régions reculées de la Sibérie au cours des 18 derniers mois. Le plus célèbre – connu sous le nom B-1 – se trouve à 29 km de champ gazier de Bovanenkovo. Il a provoqué une vague d’intérêt dans le monde entier et des spéculations sur la cause de son apparition, depuis les météorites jusqu’aux OVNI, en passant par les missiles.
Les scientifiques pensent que ces cratères se sont formés à la suite de la fonte de la glace sous la surface et la libération des gaz dans le vide laissé derrière. Au fur et à mesure de l’augmentation de la température et de la quantité de gaz, le gaz naturel s’est échappé violemment à la surface.
Selon les scientifiques, si le réchauffement se poursuit au même rythme, les villes situées dans la région de Yamal seront en réel danger.
Sources: Alaska Dispatch News and The Voice of Russia.

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drapeau anglaisOne of the main fears related to the current global warming is the thawing of the permafrost in the northern countries. Until recently, climate models have largely ignored it, although it is one of the largest stores of carbon on the planet. That’s because data on the temperature of permafrost and the thickness of the active layer of soil that lies above the frozen ground were neither centralized nor available in a format modelers use.
The situation is about to change. Last week in Alaska, a global team of permafrost researchers announced a new comprehensive database on ground temperatures and thawing.
Meantime, in Russia, scientists are warning of the threat of sudden and dramatic methane explosions creating new giant craters in northern Siberia. They are using satellites to monitor at least one ice and soil hump – known as a pingo – which they fear can soon erupt. A pingo is a mound of earth-covered ice that be as high as 70 metres and up to 600metres in diameter.
According to scientists from the Trofimuk Institute of Petroleum Geology and Geophysics in Novosibirsk, at special risk is the Yamal Peninsula, the location of the world’s largest natural gas reserves.
The warning follows detailed study of one of dozens of new craters spotted in remote regions of Siberia in the past year and a half. The most famous – known as B-1 – is 29 km from Bovanenkovo gas field. It caused a flurry of interest around the world and speculation on how this phenomenon was caused, ranging from meteorites, to stray missiles, to UFOs from outer space.
Scientists believe these craters formed as a result of ice beneath the surface melting and releasing gas into the void left behind. As temperatures have warmed and gas levels have increased, the natural gas erupted out of the ground with violent results.
According to the experts, if the warming continues at the same pace, northern cities located close to the Yamal region are in real danger.
Sources: Alaska Dispatch News and The Voice of Russia.

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Photo du célèbre cratère B1  (Crédit photo: The Siberian Times)

Drunken-forest

« Forêt ivre » en Alaska. Les racines des arbres ne sont plus maintenues par le pergélisol.

(Photo: C. Grandpey)

Nouvelles du Sakurajima et de l’Aso (Japon) // News of Sakurajima and Aso volcanoes (Japan)

drapeau francaisEntre le 14 et le 21 septembre, de petites explosions se sont produites dans le cratère Minamidake du Sakurajima. Le 16 et le 18 septembre, une explosion dans le cratère Showa a projeté des téphra jusqu’à 800 mètres de distance et l’incandescence était parfois visible de nuit au niveau du cratère Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 5).

L’éruption de l’Aso se poursuit au niveau du cratère Nakadake, avec des panaches de cendre qui peuvent atteindre environ 900 mètres de hauteur. Lors d’un survol, les scientifiques ont observé que les dépôts pyroclastiques produits par l’explosion du 14 septembre s’étendaient sur 3 km sur le versant SE du volcan. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 5).
Source : Japan Meteorological Agency.

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drapeau anglaisBetween September 14th and 21st, small explosions occasionally occurred at Sakurajima’s Minamidake Crater. On September 16th and 18th, an explosion from Showa Crater ejected material as far as 800 metres, and incandescence from the crater was occasionally visible at night. The alert level remains at 3 (on a scale of 5).

The eruption of Aso continues at Nakadake Crater, with ash plumes that may rise about 900 metres high. During an overflight, scientists observed that pyroclastic-flow deposits from the September 14th explosion extended down the SE flank as far as 3 km The alert level remains at 3 (on a scale of 5).
Source : Japan Meteorological Agency.

Aso

Eruption de l’Aso le 14 septembre (Crédit photo: JMA)

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Séquence éruptive sur le Sakurajima le 6 novembre 2014 (Crédit photo: JMA)

Visite ministérielle à la Mer de Glace

Manuel Valls et Ségolène Royal étaient aujourd’hui à Chamonix. Une visite à la Mer de Glace leur a permis de voir à quel point le glacier était victime du réchauffement de notre planète. Au cours de cet événement qui avait lieu en marge de la prochaine conférence sur le climat, le Premier Ministre a déclaré : « Cette Mer de glace est le révélateur des effets du réchauffement climatique. » A noter que les ministres et autres officiels ne sont guère allés plus loin que la gare du Montenvers. Si, comme je l’ai fait il y a quelques jours, ils avaient survolé l’ensemble des glaciers du Mont Blanc, ils auraient eu une vue beaucoup plus révélatrice de la catastrophe qui se profile à l’horizon.
Voir mon article du 11 septembre intitulé « La lente agonie des glaciers du Mont Blanc » ainsi que la galerie de photos sur ce même sujet dans la colonne de droite de ce blog.

Mer de Glace blog 2

Vue de la Mer de Glace le 9 septembre 2015.

On aperçoit en bas de la photo la gare du Montenvers.

(Photo: C. Grandpey)