Taal (Philippines)

drapeau francais.jpgLe PHILVOCS vient de ramener – ce mardi matin – à 1 le niveau d’alerte sur le Taal. En effet, depuis le début du mois de juin on enregistre une nette baisse de la sismicité ainsi qu’un déclin des émissions gazeuses sur les flancs N et NE du cratère principal. Le CO2 est en baisse lui aussi.

Il est toutefois rappelé que l’accès au cratère principal reste interdit et que toute l’île de Volcano Island est une Zone de Danger Permanent. Il est donc fortement déconseillé de s’y établir définitivement.

 

drapeau anglais.jpgThe Philippine Institute of Volcanology and Seismology (PHIVOLCS) has lowered the alert status of Taal Volcano to level 1 on Tuesday morning. Indeed, there has been a net decline of seismicity since the beginning of June. Hydrothermal and steaming activities in the northern and northeast sides of the main crater have also abated. CO2 emissions have shown de decreasing trend too.

However, PHILVOCS is reminding the public that the main crater will remain strictly off-limits and that the entire Volcano Island is a Permanent Danger Zone so that permanent settlement in the island is discouraged

 

 

 

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

drapeau francais.jpgLa situation reste stationnaire sur le Kilauea avec une évolution cependant au niveau du Pu’uO’o. On observe toujours un lac de lave en surélévation d’environ 5 mètres au-dessus du plancher du cratère. Toutefois, depuis le matin du 3 juillet, la partie méridionale du plancher ainsi que le lac de lave ont commencé à se soulever avant que le phénomène ralentisse pendant la nuit. Le HVO pense qu’il peut s’agir d’une montée en pression dans le système d’alimentation. Dans la soirée du 4 juillet, une brèche s’est ouverte dans la lèvre nord du lac, entraînant un épanchement important au pied de la paroi du cratère où se trouvent les webcams. Affaire à suivre attentivement car je pense que cette situation ne va pas s’éterniser.

 

drapeau anglais.jpgThe situation is stable on Kilauea. However, an evolution has been observed in Pu’uO’o. There is still a perched pond about 5 metres higher than the surrounding crater floor. The new event is that the crater floor and perched lake rim in the southern half of Pu’u ‘O’o Crater started to rise on July 3rd in the morning, with a rate slowing during the night. According to HVO, this may suggest a pressure buildup in the magma plumbing that feeds the lake. In the evening of July 4th, a breach opened in the northern rim of the lake with lava spreading profusely on the crater floor, at the bottom of the wall where the webcams have been installed. The situation should be watched carefully as I do not think it will not last permanently.

Les humains émettent beaucoup plus de CO2 que les volcans!

Il y a quelque temps, un blogonaute m’interrogeait sur la quantité de gaz carbonique émise par les volcans et sur son impact environnemental comparé aux quantités de CO2 rejetées par les activités humaines.

 

Une réponse vient d’être donnée par Terrence Gerlach, volcanologue américain maintenant à la retraite qui travaillait au Cascades Volcano Observatory. Selon lui, il n’y a pas photo : si l’on compare les émissions de CO2 des volcans terrestres à celles de nos activités, le résultat est sans équivoque. En moyenne, nous émettons 135 fois plus de gaz carbonique que les volcans. Autrement dit, en une année les activités humaines émettent en moins de trois jours l’équivalent des rejets de CO2 de tous les volcans terrestres pendant une année !

 

Pour arriver à cette conclusion, Terrence Gerlach a travaillé sur cinq études publiées sur les émissions planétaires de CO2 d’origine volcanique. Ces estimations ont été réalisées par l’intermédiaire de mesures à distance, de vols dans les nuages de gaz, et en mesurant un certaines concentrations d’isotopes à proximité des volcans sous-marins, en sachant que le CO2 se dissout dans le magma à grande profondeur et se trouve libéré quand le magma atteint la surface.

Les résultats de ces études varient entre 100 millions et 500 millions de tonnes de CO2 d’origine volcanique par an. Gerlach a donc choisi d’utiliser le nombre intermédiaire de 250 millions de tonnes de CO2 par an pour réaliser ses comparaisons. Or, les émissions anthropiques – d’origine humaine – étaient de 35 milliards de tonnes en 2010, soit 140 fois plus !

 

Terrence Gerlach donne plusieurs exemples pour illustrer ses propos. Ainsi, il aurait fallu, en mai 1980, que le Mont St Helens entre en éruption toutes les deux heures et demie pour rattraper son retard sur les humains en matière de CO2 émis. En juin 1991, l’éruption du Pinatubo aurait dû avoir lieu toutes les 12 heures et demie pour atteindre un niveau semblable !

Autre exemple très révélateur : Au plus fort de son activité en avril 2010, le volcan islandais Eyjafjöll a émis entre 150 000 et 300 000 tonnes de CO2 par jour. Pourtant, la quantité de CO2 émise par ce volcan et les volcans en général est négligeable si l’on pense qu’en 2007, la Chine émettait déjà 18 millions de tonnes de CO2 par jour, ce qui est l’équivalent d’environ 80 éruptions de l’Eyjafjöll en même temps !

 

Beaucoup de gens ont du mal à réaliser que les volcans polluent moins que les humains car les images d’éruptions montrées à la télévision sont très impressionnantes. Pourtant, il ne faudrait pas oublier que le paroxysme éruptif ne dure que quelques heures, voire quelques jours, alors que les activités humaines polluantes sont quasi permanentes !  

Les calculs de Gerlach suggèrent que nos émissions actuelles de CO2 pendant une année dépasseraient même celles liées à l’éruption d’un ou plusieurs supervolcans par an.  

 

Marie Edmonds, volcanologue à l’Université de Cambridge, est d’accord avec l’étude de son collègue. Selon elle, « même si les volcans sont la principale source naturelle de CO2 dans l’atmosphère, les résultats montrent sans doute possible que la quantité de CO2 qu’ils émettent est 100 à 150 fois moins importante que les quantités anthropiques ».