Volcans du monde // Volcanoes of the world

Plusieurs événements ont été signalés depuis ma dernière note sur l’activité volcanique dans le monde.

En Islande, une grande fracture s’est ouverte il y a quelques jours dans la partie sud du Grímsfjall, près du volcan sous-glaciaire Grímsvötn. Les images montrent qu’il y a beaucoup d’activité hydrothermale dans cette fracture, mais il n’y a pas d’éruption pour le moment.
La fracture s’est ouverte entre les points de conduite A1 et A2, il est donc conseillé aux voyageurs de conduire un peu plus au sud de l’itinéraire traditionnel. La fracture est peut-être en train de s’agrandir et on observe des trous dans le glacier suffisamment grands pour engloutir de grosses voitures.
Il est intéressant de noter que la fracture s’est ouverte moins de deux semaines après le début d’une crue glaciaire du Grímsvötn, ce qui a conduit les autorités à relever la couleur de l’alerte aérienne au Jaune et le niveau d’alerte volcanique à « Uncertainty » (Incertitude).

 

Fissure sur le Grimsfjall (Crédit photo: Andri Gunnarsson / Facebook)

Toujours en Islande, un essaim sismique incluant environ 1 400 événements a été enregistré dans les environs du Herðubreið à partir du 22 octobre 2022. Hormis un séisme de M 4,1, deux ont présenté des magnitudes supérieures à M 3,0.
Selon le Met Office islandais, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Bien que le dernier essaim sismique ait été plus intense que d’habitude, les secousses sont fréquentes dans cette zone.

 Herðubreið et Odadahraun au premier plan (Photo: C. Grandpey)

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Le 24 octobre 2022, le satellite Copernicus Sentinel-2 a pris une superbe photo d’Alaid, le volcan le plus haut et le plus septentrional des îles Kouriles. On peut voir une coulée de lave descendre le versant sud du volcan.
L’Alaid est en éruption depuis plusieurs semaines. Une forte anomalie thermique a été détectée le 15 septembre 2022, indiquant le début d’une nouvelle éruption strombolienne, après plusieurs années de calme. La couleur de l’alerte aérienne est passée du Vert au Jaune le 15 septembre et du Jaune à l’Orange le 18 septembre, car les cendres peuvent causer des problèmes aux avions survolant la région. L’activité éruptive s’est intensifiée le 15 octobre, avec un panache de cendres s’élevant jusqu’à 5 km au-dessus du niveau de la mer
Source : Copernicus, KVERT.

Source: Copernicus EU/Sentinel-2

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Comme cela se produit de temps en temps, une forte éruption explosive a eu lieu sur le Bezymianny (Kamtchatka) le 23 octobre 2022. Le panache de cendres s’est élevé jusqu’à 10 km au-dessus du niveau de la mer. L’éruption s’est accompagnée de coulées pyroclastiques sur le versant sud-est du volcan. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge pendant l’événement, puis a été abaissée à l’Orange.

En ce qui concerne les autres volcans de la région, la couleur de l’alerte aérienne pour l’Alaid, l’Ebeko et le Sheveluch est également Orange. Elle est Jaune pour le Karymsky.

Source : KVERT.

 

Evénement explosif sur le Bezymianny (Crédit photo: KVERT)

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A la Martinique, l’OVSM a enregistré 31 séismes de type volcano-tectonique d’une magnitude inférieur à M 0.3 sous la Montagne Pelée entre le 14 et le 21 octobre 2022, soit 22 de plus que la semaine précédente. Selon l’Observatoire, ces séismes se produisent à l’intérieur de l’édifice volcanique, à environ 1 km de profondeur sous le sommet. Ils sont liés à la formation de micro-fractures dans l’édifice volcanique.

Aucun de ces séismes n’a été ressenti par la population. Le niveau d’alerte reste JAUNE : Vigilance.

 

Photo: C. Grandpey

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Une activité éruptive mineure est observée sur le Cotopaxi (Equateur) avec des émissions de gaz et de cendres. De petites retombées de cendres et une odeur de soufre ont été signalées par des randonneurs. Le VAAC de Washington a indiqué que les 21 et 22 octobre 2022, les panaches de cendres ont atteint 7,6 à 8,5 km au-dessus du niveau de la mer. Le niveau d’alerte a été élevé au Jaune (le deuxième niveau sur une échelle de quatre couleurs) le 22 octobre.
Les données sismiques et des rapports des médias montrent que de petits lahars secondaires générés par la fonte de la glace sous les dépôts de cendres ont parcouru de courtes distances sur les flancs du volcan.
Source: Instituto Geofísico.

Emission de cendre sur le Cotopaxi en août 2015 (Source: IG)

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Des panaches de vapeur et de cendres du Kerinci (Sumatra / Indonésie) se sont élevés jusqu’à 750 m au-dessus du sommet entre le 18 et le 24 octobre 2022. La couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.
Source : CVGHM.

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Le Popocatepetl (Mexique) montre ses émissions habituelles de vapeur et de gaz, contenant parfois de petites quantités de cendres. Le réseau sismique enregistre quotidiennement des épisodes de tremor. Une petite explosion a été observée le 25 octobre 2022. Selon un article de presse, un nouveau dôme de lave, d’environ 60 m de diamètre, serait apparu au fond du cratère depuis le 7 octobre. Le niveau d’alerte reste à Jaune, Phase 2.
Source : CENAPRED.

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L’activité du Villarrica (Chili) est en hausse régulière depuis quelques jours. Le nombre et l’amplitude des séismes longue période ont augmenté en octobre 2022. Le 14 octobre, des images satellites ont montré que le lac de lave actif couvrait une superficie de 36 mètres carrés dans la partie E du fond du cratère. Des fontaines de lave et des explosions stromboliennes étaient visibles sur les images de la webcam le 18 octobre. L’anomalie thermique la plus intense au-dessus du cratère depuis septembre 2019 a été détectée sur les images satellites le 23 octobre et l’incandescence du cratère était visible sur les images de la webcam. Ce même jour, des touristes ont décrit des projections de lave émises depuis une profondeur de 80 m et ils ont entendu de forts bruits de dégazage. Des dépôts de tephra éjecté étaient visibles sur la lèvre du cratère et sur les flancs supérieurs le 24 octobre. Une intense incandescence au niveau du cratère était visible sur les images le 25 octobre. Le niveau d’alerte reste toutefois au Vert, le plus bas.
Source : SERNAGEOMIN.

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Une hausse de l’activité éruptive a été observée sur l’Anak Krakatau (Indonésie) ces derniers jours. 7 explosions ont été enregistrées du 24 au 26 octobre 2022, portant à 78 le nombre total d’événements depuis le début de l’année.
Lors des éruptions, les panaches de cendres sont montés jusqu’à environ 150 – 300 m au-dessus du cratère
Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4), et le public est invité à rester à au moins 5 km du cratère.
Source : PVMBG.
Vous verrez une galerie d’images de la webcam sur cette page :

https://watchers.news/2022/10/26/renewed-activity-at-anak-krakatau-volcano-indonesia/

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L’éruption sommitale du Kilauea (Hawaii) se poursuit dans le cratère de l’Halema’uma’u. Aucun changement significatif n’a été observé au sommet ou dans les zones de rift.
La lave est émise par une bouche dans la partie ouest du cratère. Elle de déverse ensuite dans le lac de lave actif et se répand aussi sur le plancher du cratère. Les mesures effectuées lors d’un survol le 5 octobre 2022 ont révélé que le fond du cratère s’était élevé d’environ 143 mètres et que 111 millions de mètres cubes de lave avaient été émis depuis le début de l’éruption actuelle le 29 septembre 2021. Les émissions de SO2 atteignaient environ 700 tonnes par jour le 22 octobre 2022.
Source : HVO.

En lisant le dernier livre de Dominique Decobecq et Claude Grandpey, « Histoires de Volcans – Chroniques d’éruptions » (Editions Omniscience), vous rencontrerez Jules Tavernier, le peintre du Kilauea….

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Several events have been reported since my previous post about volcanic activity around the world.

In Iceland, a large fissure opened up a few days ago in the southern part of Grímsfjall, near Grímsvötn subglacial volcano. Pictures show that there is a lot of hydrothermal activity in this fissure, but there is no eruption at this moment.

The fissure opened between driving points that are often called A1 and A2, so it is advisable for travellers to drive a little south of the traditional route. The fissure is possibly growing and has made holes in the glacier large enough to swallow large cars.

It is interesting to notice that the fissure formed less than two weeks after a glacial flood started at Grímsvötn, prompting authorities to raise the Aviation Color Code to Yellow and the Volcanic Alert Level to Uncertainty.

Still in Iceland, a seismic swarm with about 1,400 events occurred in the vicinity of Herðubreið since October 22nd, 2022. Apart from the largest M 4.1 earthquake, two have registered magnitudes greater than M 3.0.

According to the Icelandic Met Office, there is no need to worry. lthough the latest seismic swarm was more intense than usual, earthquakes are frequent in this area.

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On October 24th, 2022, the Copernicus Sentinel-2 satellite took a great photo of Alaid, the highest and northernmost volcano of the Kuril Islands. One can see a lava flow travelling down the southern slope of the volcano.

Alaid has been erupting for several weeks. An intense thermal anomaly was detected on September 15th, 2022, signaling the beginning of a new Strombolian eruption after several years of quiescence. The Aviation Color Code was raised from Green to Yellow on September 15th and from Yellow to Orange on September 18th, as the ash can cause problems to aircraft flying over the region. Eruptive activity increased on October 15th, with an ash plume rising up to 5 km above sea level

Source: Copernicus, KVERT.

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As this happens from time to time, a strong explosive eruption took place at Bezymianny (Kamchatka) on October 23rd, 2022. The ash plume rose up to 10 km above sea level. The eruption was accompanied by pyroclastic flows along the southeastern slope of the volcano. Thé Aviation Color Code was raised to Red during the event and later lowered back to Orange.

As far as the other volcanoes of the region are concerned, the aviation colour code for Alaid, Ebeko and Sheveluch is Orange too. It is Yellow for Karymsky. 

Source: KVERT.

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In Martinique, OVSM recorded 31 volcano-tectonic earthquakes with a magnitude of less than M 0.3 under Mount Pelee between October 14th and 21st, 2022, This means 22 more events than the previous week. According to the Observatory, these earthquakes occur inside the volcanic edifice, about 1 km deep beneath the summit. They are linked to the formation of micro-fractures in the volcanic edifice.
None of these earthquakes were felt by the population. The alert level remains YELLOW: Watch.

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Minor eruptive activity is observed at Cotopaxi (Ecuador) with gas-and-ash emissions. Minor ashfall and a sulfur odour were reported by mountaineers. The Washington VAAC reported that on October 21st and 22nd, 2022 ash plumes rose to 7.6-8.5 km a.s.l. The Alert Level was raised to Yellow (the second level on a four-color scale) on October 22nd.
Based on seismic data and media reports, small secondary lahars generated from the melted glacier beneath the ash deposit and traveled short distances down the flanks.

Sources: Instituto Geofísico.

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Steam and ash plumes from Kerinci (Sumatra / Indonesia) rose as high as 750 m above the summit between October 18th and 24th, 2022. The Aviation Color Code was raised to Orange. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked to remain outside the 3-km exclusion zone.

Source: CVGHM.

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Popocatepetl (Mexico) is showing its usual steam-and-gas emissions, sometimes containing minor amounts of ash, The seismic network records daily periods of tremor. A small explosion was recorded on October 25th, 2022. According to a news article a small new lava dome, about 60 m in diameter, had been growing on the crater floor since October 7th. The Alert Level remains at Yellow, Phase Two.

Source: CENAPRED.

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Activity at Villarrica (Chile) has been gradually increasing in the past few days. Both the number and amplitude of long-period earthquakes increased during October 2022. On October 14th, satellite images showed the active lava lake covering an area of 36 square meters in the E part of the crater floor. Lava fountaining and Strombolian explosions were visible in webcam images on October 18th. The most intense thermal anomaly over the crater since September 2019 was detected in satellite images on October 23rd and crater incandescence was visible in webcam images. That same day tourists described seeing splashes of lava ejected from a depth of 80 m and hearing loud degassing sounds. Deposits of ejected tephra were visible around the crater rim and on the upper flanks on October 24th, and intense crater incandescence was visible in images on October 25th. The Alert Level remains at Green.

Source: SERNAGEOMIN.

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An increase in eruptive activity has been observed at Anak Krakatau (Indonesia) in the past few days. 7 explosions were recorded from October 24th to October 26th, 2022, bringing the total number of eruptions since the start of the year to 78.

During the eruptive events, the ash plumes rose up to about 150 – 300 m above the crater

The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1 – 4), and the public is asked to stay at least 5 km away from the crater.

Source: PVMBG.

You will see a gallery of webcam images on this page:

https://watchers.news/2022/10/26/renewed-activity-at-anak-krakatau-volcano-indonesia/

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The summit eruption of Kilauea (Hawaii) continues within Halemaʻumaʻu crater. No significant changes have been observed at the summit or in the rift zones.

Lava is erupting from the western vent into the active lava lake and onto the crater floor. Overflight measurements from October 5th, 2022, indicated that the crater floor had seen a total rise of about 143 meters, and that 111 million cubic meters of lava had been effused since the beginning of this eruption on September 29th, 2021. SO2 emissions were measured at about 700 tonnes per day on October 22nd, 2022.

Source: HVO.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Nouvelles données sur le volcanisme lunaire // New data on lunar volcanism

Une analyse d’échantillons lunaires fournis par la mission lunaire chinoise Chang’e 5 apporte peut-être une nouvelle réponse au volcanisme récent sur la Lune.
Les échantillons obtenus grâce aux missions Apollo et Luna ont tous été datés à environ 3 milliards d’années, mais les échantillons rapportés par la mission Chang’e 5 fin 2020 montrent que les roches de la région où le vaisseau spatial s’est posé étaient relativement jeunes, âgées de seulement 2 milliards d’années.
La mission Chang’e 5 a permis de collecter 1,73 kilogrammes de poussière et de roches lunaires dans une région appelée Oceanus Procellarum sur la face la plus proche de la lune en décembre 2020. Les scientifiques chinois avaient ciblé cette zone d’alunissage en raison de la densité apparente plus faible de cratères. Cela laissait supposer que la zone était nettement plus jeune que les zones échantillonnées par les missions Apollo américaine et Luna soviétique.

Voir vidéo de l’alunissage de Chang’e 5:

https://youtu.be/VS9zr6MrCiM

Image agrandie d’un échantillon de roche lunaire collecté lors de la mission chinoise Chang’e 5 en décembre 2020. (Source : CNSA/GRAS/NAOC)

Plusieurs équipes scientifiques ont essayé de savoir ce que les roches peuvent nous apprendre sur la Lune et l’histoire de notre système solaire.

Des chercheurs avaient précédemment émis l’hypothèse qu’une teneur en eau relativement élevée ou la présence d’éléments radioactifs producteurs de chaleur à l’intérieur de la Lune était susceptible de provoquer du volcanisme à un stade avancé de la vie de la Lune, dans certaines régions. Cependant, de nouvelles données fournies par la mission Chang’e-5 et publiées dans la revue Nature semblent écarter cette hypothèse.
Des chercheurs de l’Institut de géologie et de géophysique de l’Académie chinoise des sciences ont découvert qu’un point de fusion plus bas de certaines parties du manteau lunaire pourrait être dû à la présence de composants fusibles donnant naissance à un jeune volcanisme lunaire. L’étude a été publiée dans la revue
Science Advances le 21 octobre 2022.
Un des scientifiques auteurs de l’étude a expliqué que « la fusion récente du manteau lunaire peut être obtenue soit en augmentant la température, soit en abaissant le point de fusion. Pour mieux comprendre ce problème, nous devons évaluer la température et la pression dans lesquelles le jeune volcanisme a été créé ».
Les chercheurs ont mené une série de simulations de cristallisation fractionnée et de fusion du manteau lunaire afin de comparer 27 échantillons de clastes de basalte issus de la mission Chang’e 5 avec des basaltes fournis par les missions Apollo. Ils ont découvert que le jeune magma collecté par Chang’e 5 avait des teneurs en oxyde de calcium et en dioxyde de titane plus élevées que les magmas Apollo plus anciens. Ce sont des cumulats océaniques de magma lunaire de stade tardif, riches en calcium et en titane, qui fondent plus facilement que les cumulats plus anciens.
L’étude présente des preuves du premier mécanisme viable susceptible d’expliquer le jeune volcanisme sur la Lune, compatible avec les derniers échantillons rapportés par la mission Chang’e 5. Cela pourrait aider à comprendre l’évolution thermique et magmatique de la Lune.
Source : space.com.

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An analysis of lunar samples returned by China’s Chang’e 5 moon mission has produced a new possible answer for recent volcanism in the moon’s history.

Lunar samples returned by the Apollo and Luna missions are all older than about 3 billion years, but samples returned by Chang’e 5 in late 2020 showed that rocks in the area were relatively young, at only 2 billion years old.

China’s Chang’e 5 spacecraft collected 1.73 kilograms of lunar dust and rocks (see sample above) from a region called Oceanus Procellarum on the near side of the moon in December 2020. The mission team targeted this landing area because of its apparent lower density of craters, suggesting it was significantly younger than areas sampled by the Apollo and Soviet Luna missions.

See video of Chang’e 5’s landing:

https://youtu.be/VS9zr6MrCiM

Various teams of scientists have been working to learn what the rocks can tell us about the moon and the history of our solar system. The researchers previously speculated that either a relatively high water content or the presence of radioactive, heat-producing elements in the lunar interior might have driven volcanism in a late stage of the moon’s life in some areas. However, new Chang’e-5 data published in the journal Nature appears to have ruled out these hypotheses.

Researchers from the Institute of Geology and Geophysics at the Chinese Academy of Sciences found that a lower melting point for portions of the lunar mantle could be due to the presence of fusible components, leading to young lunar volcanism. The study was published in the journal Science Advances on October 21st, 2022.

One of the sientists explained that « recent melting of the lunar mantle can be achieved by either raising the temperature or lowering the melting point. To better understand this problem, we should estimate the temperature and pressure in which the young volcanism was created. »

The researchers conducted a series of fractional crystallization and lunar mantle melting simulations to compare 27 samples of Chang’e 5 basalt clasts with Apollo basalts. They found that the young magma collected by Chang’e 5 had higher calcium oxide and titanium dioxide contents than older Apollo magmas. These are calcium-titanium-rich late-stage lunar magma ocean cumulates are more easily melted than early cumulates.

The research presents evidence for the first viable mechanism to account for young volcanism on the Moon that is compatible with the newly returned Chang’e 5 samples and could help understand the Moon’s thermal and magmatic evolution.

Source : space.com.

En cas d’éruption du Mauna Loa (Hawaii)…. // Should Mauna Loa erupt….

Comme je l’ai écrit précédemment, le Mauna Loa montre des signes de réveil sur la Grande Ile d’Hawaii. Les scientifiques s’attendent à une éruption, mais ils sont incapables de dire quand elle se produira. Par précaution, une première rencontre vient d’être organisée avec les habitants d’Ocean View, une localité située à 600 mètres d’altitude sur le flanc SO du volcan. Le principal message reçu par les habitants d’Ocean View au cours de cette réunion à propos du Mauna Loa est : Tenez vous prêts!
Les personnes présentes à la réunion ont été informées de la situation sur le Mauna Loa et ont eu l’occasion de parler et de poser des questions à des responsables de la Protection Civile, du HVO et d’autres organisations locales.
Les géologues du HVO ont expliqué que le volcan est en niveau d’alerte Jaune – surveillance conseillée – depuis 2019. La hausse récente d’activité, avec un pic de sismicité et une augmentation de l’inflation sommitale, est due à un nouvel apport de magma à 3 – 8 km de profondeur sous le sommet du Mauna Loa. C’est une source d’inquiétude pour les personnes qui vivent sur les pentes du volcan. La dernière éruption du Mauna Loa remonte à 1984 et les scientifiques sont certains qu’il entrera à nouveau en éruption.
Au cours de la réunion publique, le HVO et la Protection Civile ont fait de leur mieux pour répondre aux questions des habitants à propos du Mauna Loa, volcan bouclier qui occupe 51% de la superficie de la Grande Île. Au final, il a été conseillé à la population de se préparer.
Bien que les scientifiques disposent aujourd’hui de plus d’instruments susceptibles de les informer du comportement du volcan, ils sont toujours incapables de prévoir avec précision quand le volcan entrera en éruption. Cela signifie qu’ils ne pourront pas dire si la lave est en train de dévaler l’une des zones de faille du Mauna Loa tant qu’elle n’aura pas percé la surface.
Heureusement, l’histoire du Mauna Loa montre que les éruptions commencent et restent limitées à la caldeira sommitale. La moitié des 33 éruptions passées sont restées confinées à la région de la caldeira. Un quart se sont produites dans la zone de rift nord-est du volcan, qui comprend des localités telles que Hilo, Volcano et Keaʻau. La majorité des autres éruptions se sont produites dans la zone de rift sud-ouest. C’est là que se trouvent Ocean View et d’autres localités telles que Pāhala.
Si une éruption devait se déplacer vers d’autres secteurs du volcan, ce serait une autre histoire. Lorsque la lave sort des fractures, les coulées peuvent se déplacer rapidement. Lorsque le Mauna Loa est entré en éruption en 1950 dans la zone du rift sud-ouest, la lave a atteint l’océan en seulement trois heures.
Le niveau d’alerte du volcan restera le même tant que le HVO ne saura pas avec certitude qu’une éruption va se produire. C’est pourquoi les gens doivent se tenir prêts à une possible évacuation car le temps de réaction dans cette situation peut être très court.
De nombreux organismes seront sur le terrain pour aider les habitants en cas d’éruption. Leur rôle sera de tenir les gens informés, leur indiquer toutes les voies de communication disponibles, ouvrir des abris d’urgence, aider les évacuations, ouvrir des voies d’évacuation supplémentaires, etc.
La diffusion d’informations durant une éruption est essentielle pour s’assurer que les gens savent ce qu’ils doivent faire. Les scientifiques et les autorités locales présents à la réunion ont fait de leur mieux pour répondre aux questions des habitants, les informer où ils doivent aller en cas d’évacuation et quelle est la meilleure police d’assurance à choisir pour protéger leurs biens.
La prochaine réunion d’information est prévue le 27 octobre 2022 au Kaʻū District Gym de Pāhala.
Source : Big Island Now.

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As I put it before, Mauna Loa is showing signs of unrest on Hawaii Big Island and scientists think an eruption might happen, although they are unable to say when. As a precaution, a first meeting has just been organised with Ocean View residents, a community that lies 600 meters above sea level on the SW flank of the volcano. The message Ocean View residents were told about Mauna Loa was : Be prepared.

Residents at the meeting got an update about Mauna Loa’s status and had a chance to speak with and ask questions of officials from Civil Defense, HVO and other local authorities.

HVO geologists explained that the volcano has been at the Yellow, or advisory, alert level since 2019. Recent increase in activity, including a spike in earthquake activity and inflation at the summit, is being driven by renewed input of magma 3 to 8 km below Mauna Loa’s summit. It has been a cause for concern for residents who live on the volcano’s slopes. The last time Mauna Loa erupted was in 1984 and scientists say it will erupt again.

HVO and Civil Defense did their best to answer the community’s questions about the shield volcano which takes up 51% of the Big Island’s surface area. In the end, the population was advised to be prepared.

Although scientists now have more instrumentation to tell them what the volcano is doing than during any prior period of unrest or eruption, there is still no way to accurately forecast when the volcano will erupt. That means scientists won’t be able to say if lava is coming down one of Mauna Loa’s rift zones until it is already advancing.

Fortunately, eruptions historically begin and stay confined to the volcano’s summit caldera. About half of Mauna Loa’s 33 past eruptions have remained confined to the caldera region. About a quarter have happened in the volcano’s Northeast Rift Zone, which includes communities such as Hilo, Volcano and Keaʻau, while the majority of the rest happened in the Southwest Rift Zone. This is the area where Ocean View and other communities such as Pāhala are located.

Whether an eruption moves to other locations on the volcano is a different story. But when lava breaks out of fissures, those flows can move rapidly. When Mauna Loa erupted in 1950 in the Southwest Rift Zone, lava made it to the ocean within three hours.

The volcano’s alert level won’t be changed until HVO knows with certainty an eruption is going to happen. This is why people need to be prepared as the amount of time to react in that situation can be very short.

A host of agencies will be on the ground to help residents when an eruption happens. That includes keeping people informed and updated via all available avenues of communication, opening emergency shelters, helping evacuation efforts, opening additional evacuation routes and more.

Messaging during an eruption will include as much information as possible to make sure people know what they need to do. Scientists and local authorities at the meeting did their best to answer the community’s questions, including where people should go if they have to evacuate to what is the best insurance to get to protect their property.

The next information meeting is scheduled on October 27th, 2022 at the Kaʻū District Gym in Pāhala.

Source: Big Island Now.

Zones de failles (rift zones) sur le Mauna Loa (Source: USGS)

Coulée de lave sur le flanc SO du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)

Système d’alerte sur le versant SO du volcan (Photo: C. Grandpey)

Les coulées de lave de Lanzarote (Iles Canaries) // Lanzarote lava flows (Canary Islands)

À l’extrémité nord-est des îles Canaries, Lanzarote est une destination touristique populaire. L’île contient la plus grande concentration de volcanisme juvénile des Canaries. On peut admirer des cônes de scories datant du Pléistocène et de l’Holocène ou encore des coulées de lave émises par des fractures orientées NE-SO dans toute l’île et sur la petite île de La Graciosa au nord.
La plus grande éruption historique des îles Canaries a eu lieu entre 1730 et 1736, lorsque des éruptions le long d’une fracture ont formé les Montañas del Fuego et émis de volumineuses coulées de lave couvrant environ 200 km2. Les coulées ont atteint la côte ouest avec un front de 20 km de large. Les villages de Maretas et Santa Catalina ont été détruits, ainsi que les vallées et les domaines les plus fertiles de l’île.
Une éruption en 1824 a produit une coulée de lave beaucoup plus petite qui a atteint la côte sud-ouest.
Une équipe internationale de chercheurs a utilisé des données satellitaires pour mesurer la vitesse à laquelle certaines parties des champs de lave de Lanzarote se tassent près de trois siècles après l’éruption de 1730-1736 qui a reçu un VEI 3. Leurs résultats montrent que lorsque plusieurs coulées de lave superposées deviennent très épaisses (à Lanzarote elles sont estimés à plus de 100 mètres d’épaisseur), elles sont susceptibles de continuer à se déformer des siècles plus tard.

À l’aide d’interférogrammes fournis par les satellites Sentinel-1 et ENVISAT, les chercheurs ont détecté un tassement des coulées sur plusieurs décennies. Ce tassement pouvait aller jusqu’à 6 mm par an sur une zone d’environ 20 km2 dans la partie centrale et occidentale de Timanfaya, sur des coulées mises en place il y a près de 300 ans. Le tassement le plus significatif correspond au refroidissement de coulées de lave de 100 à 150 mètres d’épaisseur.
L’éruption de 1730 à 1736 à Lanzarote a été l’une des plus importantes des îles Canaries. Si l’on prend en compte le volume de lave émis, il s’agit de la troisième plus grande éruption fissurale basaltique subaérienne identifiée au cours des 1 100 dernières années.
Dans leur rapport sur les coulées de lave de Lanzarote, les chercheurs écrivent que « les séries chronologiques établies à l’aide d’interférogrammes à intervalles courts du satellite Sentinel-1 ont montré par le passé des erreurs systématiques. En réalisant des interférogrammes de plus longue période, ces erreurs peuvent être atténuées. Nos observations sont cohérentes avec le refroidissement de laves d’une centaine de mètres d’épaisseur, donc deux fois plus épaisses que les estimations précédentes, ce qui montre que le volume global de lave émis par l’éruption de 1730-1736 a probablement été sous-estimé. Cela indique également que ces coulées épaisses qui se sont superposées peuvent continuer à se déformer de manière significative même trois siècles après leur mise en place. »
Les auteurs de l’étude rappellent que la dernière éruption des îles Canaries, celle de la Cumbre Vieja à La Palma a émis beaucoup moins de lave que l’éruption de Lanzarote, même si les dégâts ont été plus importants car elle a dévasté une zone densément peuplée. L’éruption a laissé des champs de lave d’une épaisseur allant jusqu’à 60 mètres.
Source : Source : Nearly three centuries of Lava Flow Subsidence at Timanfaya, Lanzarote – AGU Geochemistry, Geophysics, Geosystems – October 8, 2022 – https://doi.org/10.1029/2022GC010576.

Ces informations ont été obtenues par l’intermédiaire de l’excellent site web The Watchers.

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At the NE end of the Canary Islands, Lanzarote is a popular tourist destination. It contains the largest concentration of youthful volcanism in the Canaries. Pleistocene-and-Holocene cinder cones and lava flows erupted along NE-SW fissures can be seen throughout the island and on the small island of La Graciosa to the north.

The largest historical eruption of the Canary Islands took place during 1730-1736, when eruptions from a fissure formed the Montañas del Fuego and produced voluminous lava flows that covered about 200 km2. The lava flows reached the western coast along a 20-km-wide front. The villages of Maretas and Santa Catalina were destroyed, along with the most fertile valleys and estates on the island.

An eruption in 1824 produced a much smaller lava flow that reached the SW coast.

An international group of researchers has used radar satellites to measure how fast parts of the lava fields in Lanzarote are sinking nearly three centuries after the 1730-1736 eruption which was given a VEI 3. Their results show that when multiple stacked lava flows get very thick (here they are estimated at over 100 meters in thickness), they are still able to continue deforming centuries later. Using Sentinel-1 and ENVISAT interferograms, the researchers detected multi-decade subsidence of up to 6 mm per year associated with an area of about 20 km2 within the central and western portion of the Timanfaya lava flows emplaced almost 300 years ago. Peak subsidence is consistent with the cooling of 100 – 150 meter thick lava flows.

The 1730 – 1736 eruption on Lanzarote was one of the most significant volcanic eruptions to occur on the Canary Islands, with lava covering over 200 km2.. It is volumetrically the third largest known subaerial basaltic fissure eruption in the past 1 100 years.

In their report about Lanzarote lava flows, the researchers write that “time series constructed using Sentinel-1 short interval interferograms have previously been shown to suffer systematic biases. By making longer period interferograms, these biases can be mitigated. Our observations are consistent with the cooling of lavas on the order of one hundred meters, twice as thick as previous estimates, which suggests overall lava volume for this eruption may have been underestimated. This is also evidence that these cumulative thick flows can continue to deform significantly even three centuries after emplacement.”

As the authors themselves recall, the last eruption in the Canary Islands, that of Cumbre Vieja, of much lesser importance (although with greater damage, because it devastated a densely populated area) left lava fields with thicknesses of up to 60 meters.

Source : Nearly three centuries of Lava Flow Subsidence at Timanfaya, Lanzarote – AGU Geochemistry, Geophysics, Geosystems – October 8, 2022 – https://doi.org/10.1029/2022GC010576.

This information was obtained through the excellent website The Watchers

Photos: C. Grandpey