Simulation d’évacuation à Vulcano (Iles Eoliennes / Sicile)

Comme prévu, une simulation d’évacuation vient d’avoir lieu sur l’île Eolienne de Vulcano. A 9 heures du matin, l’alarme s’est déclenchée sur les téléphones portables des personnes présentes sur l’île. L’exercice d’évacuation « Vulcano2022 » des habitants et de la centaine de touristes, dont des étrangers, a pu commencer. Les gens ont été invités à se diriger vers la zone portuaire de Porto Levante où attendait le ferry, ainsi que vers les ports alternatifs de Porto Ponente et Gelso où ils ont embarqués sur des bateaux et aliscaphes. Les navires se sont arrêtés en pleine mer. Les personnes à bord ont été informées par les responsables de la Protection Civile et les chercheurs de l’INGV de l’ensemble du plan qui serait mis en plan en cas de danger volcanique. Les volcanologues ont également présenté une image synthétique de l’état actuel des émissions de gaz sur l’île de Vulcano. Le préfet de Messine et les autorités locales assistaient à l’évacuation qui était contrôlée par la police. Il faut espérer que tout se déroulera aussi bien en cas de situation d’alerte volcanique réelle et non annoncée….

Source: presse sicilienne.

Simulation d’évacuation de la population à Vulcano (Iles Eoliennes)

Le 1er avril 2022, le journal La Sicilia titrait : Eruption à Vulcano, l’île doit être évacuée. Ce n’était pas un poisson d’avril, mais l’annonce d’un exercice de sécurité à venir, suite à la hausse d’activité volcanique observée ces dernières semaines dans le cratère de La Fossa.

Le scénario de l’exercice simulera, à partir du 7 avril, la modification des paramètres de surveillance du volcan, avec l’apparition de phénomènes justifiant le passage du niveau d’alerte Jaune actuel à une situation d’intense crise hydrothermale profonde, avec niveau d’alerte Orange. La situation culminera le samedi 9 avril avec un état d’activité éruptive imminente ou en cours et le déclenchement du niveau d’alerte Rouge.
La journée du 9 avril sera notamment consacrée à des exercices d’évacuation de la population en respectant les voies d’évacuation et les zones d’urgence. Grâce aux panneaux qui seront installés sur l’île, les participants atteindront l’un des deux points de rassemblement : le port de Levante ou la jetée de Gelso . Ensuite, la population sera inviter à une simulation d’embarquement à bord des ferries affrétés par la Région Sicile. Elle participera également à une séance d’information sur les thèmes de l’exercice, avant de débarquer sur le même quai.
Au cours de l’exercice, le système d’alarme IT-Alert à l’attention du public sera testé le 9 avril pour la première fois en Italie par le Département de la Protection civile, en collaboration avec la Préfecture de Messine, la Municipalité de Lipari et l’INGV. Il s’agit d’envoyer des messages vers les téléphones portables des habitants de Vulcano, via la technologie de diffusion cellulaire. IT-Alert. Les citoyens seront informés sur l’exercice en cours et les règles de conduite à adopter. A noter que cette technique de communication est utilisée en Islande pour avertir la population de l’imminence d’une éruption.

Source: La Sicilia.

Il est bon de rappeler, à l’attention de ceux qui désireraient se rendre dans les Iles Eoliennes pendant les vacances de Pâques, que l’accès au cratère de La Fossa est toujours interdit et que les carabiniers auraient tendance à avoir la verbalisation facile. S’agissant de Stromboli, l’ascension ne peut se faire que jusqu’à 400 mètres d’altitude. Le volcan est trop imprévisible en ce moment  pour pouvoir accéder au sommet.

Photo: C. Grandpey

São Jorge (Açores) : Vers une éruption? // Will an eruption occur?

Les dernières informations en provenance des Açores indiquent que la sismicité est toujours intense sur l’île de São Jorge. Le Centre d’information et de surveillance sismo-volcanique des Açores (CIVISA) a relevé le niveau d’alerte de l’activité volcanique à 4 (sur une échelle de 1 à 5), ce qui signifie « possibilité réelle d’éruption ».
Les autorités expliquent qu’il sera peut-être nécessaire d’évacuer l’île partiellement ou en totalité en raison de la forte activité sismique. La Protection Civile des Açores a déjà activé le plan d’urgence régional.
En cas d’éruption imminente, les cloches des paroisses sonneront pour avertir la population. Cette alerte sera suivie d’un plan d’évacuation impliquant les réseaux sociaux et la radio locale. Tous les habitants de São Jorge doivent être en alerte et se tenir prêts à une évacuation imminente. En cas de besoin, des moyens aériens et maritimes seront mobilisés et un camp de soutien militaire est en cours de préparation dans la municipalité de Calheta, .
Il est conseillé aux personnes préparer un sac à dos avec le minimum, à savoir avec des vêtements de rechange, les médicaments et quelques aliments.
La zone entre Velas et Terreiros a été identifiée comme la « plus critique » car c’est là que vivent trois mille personnes. La commune compte environ 5 000 habitants. La population totale de l’île est d’environ 8 400 personnes.
L’île connaît une intense crise sismique depuis le 19 mars 2022, avec plus de 2 000 événements de faible magnitude. Bien que 142 de ces secousses aient été ressenties par la population, il n’y a eu ni décès ni dégâts matériels.
Le gouvernement régional des Açores déconseille de se rendre sur l’île de São Jorge pour le moment. Il est recommandé de reporter les voyages sur l’île et de ne s’y rendre que pour des raisons essentielles.
Sāo Jorge, l’une des neuf îles qui composent les Açores, fait partie du groupe central de l’archipel, qui comprend les destinations touristiques populaires de Faial et Pico, qui sont également volcaniques.
Source : Portuguese American Journal.

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Dernier bulletin du CIVISA (24 mars 2022 à 22h):

Le CIVISA informe qu’une activité sismique significative est enregistrée depuis 16h05 (heure locale) le 19 mars 2022 dans la partie centrale de l’île de São Jorge, plus précisément le long d’une ligne l’ONO- ESE, dans la zone entre Velas et Fajã do Ouvidor.
L’événement le plus puissant s’est produit le 19 mars à 18h41 et avait une magnitude de M 3,3.
Plusieurs secousses ont été ressenties par la population, dont 8 entre 10h00 et 22h00 le 24 mars 2022.

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La situation à Sāo Jorge confirme notre difficulté à prévoir les éruptions, surtout lorsque des zones habitées sont en jeu. Les instruments montrent aux scientifiques qu’une éruption peut se produire, mais il n’y a pas de certitude. En conséquence, les autorités locales doivent recourir au principe de précaution. Mieux vaut évacuer la population plutôt que de faire face à une éventuelle catastrophe humaine.

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Seismicity is still intense on the island of São Jorge and the Azores Seismovolcanic Information and Surveillance Center (CIVISA) has raised the volcanic activity alert level to 4 (on a scale of 1 – 5), which means “real possibility of eruption.”

Authorities say that it may be necessary to evacuate the island partially or in full due to the high seismic activity. The Civil Protection of the Azores has already activated the Regional Emergency Plan.

In case of an impending eruption, the bells of the parishes will warn the island population. The alert will be followed by an evacuation plan involving the social networks and the local radio. All residents of São Jorge must be on alert and prepared for an imminent evacuation. If it becomes needed, air and sea resources have been mobilized, while a military support camp is being prepared, located in the municipality of Calheta, .

People are advised to have their backpack prepared with the minimum, namely with a change of clothes, with their medicines, with some basic food.

The area between Velas and Terreiros has been identified as the “most critical” where three thousand people live. The municipality has about 5,000 inhabitants. The total population of the island is about 8,400 people.

The island has been experiencing a severe seismic crisis since March 19th, 2022, with more than 2,000 earthquakes of low magnitude. Although 142 of these earthquakes were felt by the population, there were no fatalities or damage to property.

The Regional Government of the Azores has advised against travel to São Jorge island at this time. Officials advise that trips to the island should be postponed, and that travel should be undertaken only for essential reasons.

Sāo Jorge, one of nine islands which make up the Azores, is part of the archipelago’s central group, which includes the popular tourist destinations of Faial and Pico, which are also volcanic.

Source: Portuguese American Journal.

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CIVISA’s latest update (March 24th, 2022 – 10 pm) :

CIVISA informs that a significant seismic activity has been recorded since 4:05 p.m. (local time) on March 19th, 2022 in the central part of the island of São Jorge, more precisely along a line WNW-ESE, in the area between Velas and Fajã do Ouvidor. The strongest event occurred on March 19th at 6:41 p.m. and had a magnitude of M 3.3. Several tremors were felt by the population, including 8 events between 10 a.m. and 10 p.m. on March 24th, 2022.

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The situation at Sāo Jorge is another evidence of the difficulty to predict eruptions when populated areas are at stake. Instruments show scientists that an eruption may happen, but not for sure. As a consequence, local authorities have to resort to the precaution principle. They’d rather evacuation the population than gface a possible human disaster.

 La sismicité à São Jorge (Source : CIVISA)

Tristan da Cuhna, au bout du bout du monde…

Alors que je lisais la presse espagnole pour glaner des informations sur la situation à La Palma, j’ai trouvé un article à propos de Tristan da Cunha, bien connue des volcanologues et volcanophiles. Je me suis attardé sur cet archipel qui est souvent considérée comme l’une des émergences de la dorsale médio-atlantique.

La superficie de Tristan da Cunha est de 96 km2. Le point culminant de l’archipel est le Queen Mary’s Peak qui culmine à 2 062 m, mais dont la hauteur est de 5 800 m depuis le plancher océanique. Le cratère principal est large de 300 mètres et contient un petit lac. Le Queen Mary’s Peak est un stratovolcan dont les éruptions ont eu pour siège ce cratère et de nombreux cônes adventifs sur les flancs du volcan.

L’activité volcanique est due à un point chaud qui daterait de 120-140 millions d’années alors que l’Afrique et l’Amérique du Sud étaient encore liées dans le cadre du supercontinent Gondwana. Le point chaud Tristan a formé l’archipel, la dorsale Walvis et la dorsale Rio Grande. Ses premières manifestations, vieilles de 135 millions d’années environ, ont été à l’origine des immenses trapps du Paraña. Le plancher océanique est divisé par la dorsale médio-atlantique. En fait, Tristan da Cunha n’est pas sur la dorsale, mais sur le point chaud à quelque 400 km à l’est.

Tristan da Cunha est l’île principale de l’archipel du même nom, au nord des Quarantièmes Rugissants bien connus des navigateurs. Son nom est celui de l’explorateur portugais Tristao da Cunha qui sillonnait les mers au 16ème siècle. L’île est loin de tout. Elle se trouve à 2 790 kilomètres à l’ouest de la ville du Cap en Afrique du Sud et à 3 222 kilomètres à l’est-sud-est de l’État brésilien de Rio de Janeiro. La terre la plus proche est l’île de Sainte-Hélène, à 2 420 km au nord-nord-est, de triste réputation pour nous autres Français car c’est là que Napoléon Bonaparte fut emprisonné par les Anglais.

Les Britanniques ont mis le grappin sur Tristan da Cunha au 19ème siècle et l’île est aujourd’hui un territoire britannique d’outre-mer – Sainte-Hélène, Ascension et Tristan da Cunha – composé de huit îles dont Sainte-Hélène est la principale. .

Tristan da Cunha est souvent considérée comme la terre la plus isolée au monde. Son accès est particulièrement difficile en raison des conditions climatiques, de son éloignement et de la rareté des bateaux. Il faut prendre l’avion jusqu’au Cap et un bateau qui rejoint l’île en six jours. Le problème, c’est qu’il n’est en service qu’une fois par an.

En 1961-1962, l’éruption du Queen Mary’s Peak a provoqué l’évacuation des habitants vers le Royaume-Uni dont dépend l’île administrativement. Le volcan entra en éruption en 1961. Dans les mois qui précédèrent, les habitants avaient fait état de séismes qui avaient provoqué des éboulements le long des falaises. Vers octobre 1961, l’évacuation des habitants fut entreprise, dans un premier temps vers lîle de Nightingale, puis vers la ville du Cap en Afrique du Sud. Finalement, les Tristanais furent transportés en Grande-Bretagne et logés dans une ancienne base militaire.

En 1962, la Royal Society organisa une expédition pour connaître l’ampleur des dégâts causés par l’éruption. Les chercheurs découvrirent que le bourg d’Edimburgo de los Siete Mares, de justesse épargné par la lave, était presque intact, mais les autorités britanniques refusèrent de rapatrier les insulaires et prétendirent qu’ils étaient mieux en Angleterre. Les Tristanais entreprirent alors d’organiser leur propre rapatriement. Ils regagnèrent finalement leur terre en 1963, sauf cinq, et cinq autres décédés lors de leur séjour en Angleterre, mais la population s’était accrue de huit nouveau-nés entre-temps.

Hervé Bazin, dans Les Bienheureux de la Désolation (1970), fait un récit saisissant de cette évacuation, du malaise des insulaires face à la société de consommation anglaise, et de leur retour sur leur île.

Aujourd’hui Tristan da Cunha compte 133 femmes et 112 hommes, soit 245 habitants. Il y a une cafétéria, une salle pour les grands événements, un bureau de poste et un pub. Six noms de famille dominent l’île : Lavarello, Repetto, Rogers, Swain, Green ou Glass, et il n’y a que deux habitants qui ne sont pas nés sur l’île; ils se sont mariés avec des locaux et ont décidé de rester à Tristan da Cunha.
Un professeur et un médecin viennent sur l’île avec des contrats temporaires depuis le Royaume-Uni.. La connexion Internet est « mauvaise » ou « très mauvaise » selon les habitants, mais les appels, lorsque le téléphone fonctionne, sont gratuits. Le passe-temps favori des insulaires est de faire un barbecue ou un braai, activité traditionnelle sud-africaine. Autrefois, il était de tradition de jouer des instruments de musique et de chanter quotidiennement, mais la technologie moderne est passée par là et, de nos jours, la plupart des gens préfèrent passer leur temps libre devant les écrans.
Bien que Tristan da Cunha n’ait pas souffert de la COVID-19, la pandémie a tout de même affecté l’île. Les navires qui apportaient les ressources et la nourriture sont restés au Cap. La fragile chaîne d’approvisionnement a été gravement touchée. Il a fallu faire face à une pénurie de fruits et légumes et la population est inquiète devant l’évolution de la situation actuelle avec le variant sud-africain.

Carte de l’archipel Tristan da Cunha

Tristan da Cunha vue depuis l’espace (Source: NASA)