Effondrement sur le Cervin // Rock collapse on the Matterhorn

Selon la presse transalpine, un effondrement s’est produit pendant l’après-midi du  21 août 2020 sur le Cervin, sous le Colle del Leone (3581 m). L’événement a entraîné l’évacuation d’une vingtaine d’alpinistes engagés sur le versant italien de la montagne. L’effondrement, qui s’est déclenché sur la Testa in Leone a empêché la possibilité d’une descente en autonomie vers la vallée.

Un géologue de l’administration régionale est arrivé sur place pour évaluer l’ampleur de l’effondrement. Comme indiqué dans le communiqué de presse qui a fait suite à cette visite, « suite à l’inspection menée avec le géologue et compte tenu des conditions météorologiques (avec le risque d’orage), il a été décidé d’évacuer préventivement les personnes qui se trouvaient sur la montagne. Deux hélicoptères du secours alpin du Valle d’Aoste ont transféré à Breuil-Cervinia un guide et client qui se trouvaient sur la crête, ainsi qu’une vingtaine de personnes, qui se trouvaient à Capanna Carrel ».

Pour le moment, l’ascension du Cervin par la voie italienne normale est déconseillée. Pour les prochains jours, il est conseillé de consulter la Società Guide del Cervino pour obtenir des informations sur la praticabilité de l’ascension.

Ce n’est pas la première fois que des effondrements se produisent sur le Cervin et dans les Alpes en général. Ils sont provoqués par la fragilisation des parois suite au dégel du permafrost de roche qui sert de liant entre les roches et assure leur stabilité. Le 22 juillet 2019, deux alpinistes – un guide de montagne et son client – sont décédés à la suite de la chute d’un rocher. Au moment du drame, les deux hommes évoluaient, encordés, à environ 4300 mètres d’altitude, dans le secteur «Keuzsatz». Le pilier rocheux équipé de cordes fixes et d’ancrages sur lequel ils se trouvaient s’est effondré. Les deux alpinistes n’avaient aucune chance de s’en sortir vivants. L’expédition de secours a été interrompue en raison des risques liés aux pierres qui se détachaient.

Source : Presse italienne.

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According to the Italian press, a collapse occurred during the afternoon of August 21st, 2020 on the Matterhorn, under the Colle del Leone (3581 m). The event led to the evacuation of about 20 mountaineers engaged on the Italian side of the mountain. The collapse, which was triggered on Testa in Leone, prevented the possibility of an autonomous descent into the valley.

A geologist from the regional administration arrived on site to assess the extent of the collapse. As indicated in the press release which followed this visit, « following the inspection carried out with the geologist and taking into account the weather conditions (with the risk of thunderstorm), it was decided to preventively evacuate the people. who were on the mountain Two helicopters from the Alpine rescue of the Aosta Valley transferred to Breuil-Cervinia a guide and client who were on the ridge, as well as about 20 people who were in Capanna Carrel ”.

For the moment, the ascent of the Matterhorn by the normal Italian way is not recommended. For the next few days, it is advisable to consult the Società Guide del Cervino for information on the practicability of the ascent.

This is not the first time that collapses have occurred on the Matterhorn and in the Alps in general. They are caused by the weakening of the walls following the thawing of the rock permafrost which acts as a binder between the rocks and ensures their stability. On July 22nd, 2019, two climbers – a mountain guide and his client – died after falling from a rock. At the time of the tragedy, the two men were moving, roped, at an altitude of about 4300 meters, in the « Keuzsatz » sector. The rock pillar with fixed ropes and anchors they were standing on collapsed. The two climbers had no chance of making it alive. The relief expedition was halted due to the risk of the loose stones.
Source: Italian press.

Photo : C. Grandpey

Premiers réfugiés climatiques américains // First American climate refugees

Il faut vraiment bien connaître l’Alaska pour avoir entendu parler de Kivalina, une bourgade de 450 habitants située à l’extrémité d’une île de 13 kilomètres de long, face à la Mer des Tchouktches et la Sibérie russe, à 130 km de Kotzebue.

A 134 kilomètres du Cercle Arctique, la localité est loin de tout et il faut plusieurs vols pour l’atteindre depuis le reste des Etats-Unis. Kivalina est une communauté Inupiat, une branche des Inuit. C’est le seul village de la région où les habitants chassent – ou plutôt chassaient – la baleine boréale. Aujourd’hui, cette tradition fait partie du passé car l’épaisseur trop mince de la glace ne permet plus de se livrer à cette activité.

Depuis 10 ans, à cause d’hivers de plus en plus courts et de la hausse de la température, le village est régulièrement envahi par les eaux de l’océan. La construction en 2008 d’une digue censée ralentir l’érosion provoquée par les tempêtes n’a pas servi à grand-chose. Elle est beaucoup moins efficace que la barrière de glace de mer qui protégeait le village des tempêtes en hiver. L’année 2019 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée en Alaska. Pour la première fois, la moyenne des températures est passée au-dessus de 0°C.

L’érosion affecte aussi la piste d’atterrissage, unique porte d’entrée et de sortie de l’île. Des travaux sont en cours pour déménager le village et ses habitants et les reloger dès 2025 dans une zone moins vulnérable. Une route d’évacuation de 10 km financée par l’Etat fédéral est en cours de construction. Le chantier doit être terminé d’ici le 31 octobre 2020.

De ce fait, les Inupiats seront les premiers réfugiés climatiques du continent américain. Ce sera forcément une déchirure pour cette population qui vit d’une économie de subsistance basée sur la mer.

En 2008, le village a attaqué en justice les compagnies pétrolières pour leur contribution au réchauffement climatique. Le tribunal a rejeté la plainte, estimant qu’il n’était pas compétent sur cette problématique.

Voici un excellent document qui résume bien la situation à Kivalina :

https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/climat-en-alaska-une-ile-risque-d-etre-engloutie-par-les-flots_3860663.html

Source : France Info.

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You really need to know Alaska very well to have heard of Kivalina (pop. 450) located at the end of a13-kilometre-long island facing the Chukchi Sea and Russian Siberia, 130 km from Kotzebue (see map above).

Located 134 kilometres from the Arctic Circle, the town is far from everything and it takes several flights to reach it from the rest of the United States. Kivalina is an Inupiat community, a branch of the Inuit. It is the only village in the region where the inhabitants hunt – or rather hunted – bowhead whales. Today, this tradition is a thing of the past because the ice is too thin and no longer allows to engage in this activity (see photo above).

In the past 10 years, due to increasingly short winters and rising temperatures, the village has been regularly invaded by ocean waters. The construction in 2008 of a seawall supposed to slow down the erosion caused by storms did not help much. It is far less effective than the sea ice barrier that protected the village from winter storms. 2019 was the warmest year on record in Alaska. For the first time, the average temperature has risen above 0°C (see photo above).

Erosion also affects the airstrip, the island’s only entry and exit gate. Work is underway to relocate the village and its inhabitants in 2025 to a less vulnerable area. A 10 km federal-funded evacuation route is under construction. The site must be completed by October 31st, 2020 (see map above)

As a result, the Inupiat will be the first climate refugees on the American continent. It will inevitably be a tear for this population which lives on a subsistence economy based on the sea.
In 2008, the village sued the oil companies for their contribution to global warming. The court dismissed the complaint, saying it had no jurisdiction over the issue.
Here is an excellent document that sums up the situation in Kivalina well:
https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/climat-en-alaska-une-ile-risque-d-etre-engloutie-par-les-flots_3860663.html

Source: France Info.

Si le Mont Fuji (Japon) entrait en éruption… // If Mt Fuji (Japan) erupted…

Des articles récents parus dans la presse japonaise ont attiré l’attention sur la situation du Mont Fuji dont la dernière éruption remonte à 1707. Elle est connue sous le nom d’éruption Hoei, du nom de l’ère japonaise à cette époque. Le volcan a émis une énorme quantité de cendres volcaniques que le vent a transportées jusqu’à la ville de Tokyo aujourd’hui.

Dans un article publié en janvier 2020, les scientifiques nippons ont déclaré que la date précise de la prochaine éruption du Mont Fuji était imprévisible, mais beaucoup pensent que le prochain événement majeur aura lieu dans un proche avenir. En effet, plus de 300 ans se sont écoulés depuis la dernière éruption. C’est un laps de temps beaucoup plus long que l’intervalle précédent d’environ 200 ans.
Les volcanologues japonais rappellent que le Mont Fuji a été ébranlé par le puissant séisme qui a frappé la région de Tohoku en 2011 et qu’il est devenu plus instable qu’auparavant.
Si le volcan entrait à nouveau en éruption, il pourrait y avoir des retombées de cendres sur des villes voisines telles que Gotemba, avec de possibles victimes. Il est prévu une perte économique pouvant atteindre 2,5 milliards de yens. Poussée par les vents d’ouest, la cendre pourrait paralyser Tokyo et ses environs. Il y aurait très probablement des pannes d’électricité, des pénuries d’eau et des dysfonctionnements parmi les appareils électroniques ainsi que des perturbations dans les télécommunications. Les trains pourraient également être mis à l’arrêt. Les aéroports seraient obligés de fermer si les pistes étaient recouvertes de cendre. Des problèmes de santé pourraient également survenir avec l’inhalation de cendre par la population.

Dans un autre article de presse publié en mars 2020, les volcanologues japonais expliquent que les coulées pyroclastiques provoquées par l’éruption du Mont Fuji pourraient couper les routes utilisées pour l’évacuation de la population. Il est donc nécessaire de revoir les plans d’évacuation existants. Les nuées ardentes vomies par le volcan pourraient atteindre des distances supérieures de 4 kilomètres à ce qui est prévu dans la région de Fujiyoshida, et de 2 km de plus dans le secteur de Fujinomiya Cette réévaluation du risque signifie que des portions de la route à péage entre Fujiyoshida et Oyama et la Mount Fuji Skyline Road reliant Fujinomiya et Gotemba pourraient être détruites.
La carte à risques actuelle du Mont Fuji a été établie par le gouvernement central en 2004, et le Conseil de gestion des catastrophes doit la mettre à jour au cours de l’exercice 2020 qui commence en avril. La nouvelle carte devrait modifier la taille des coulées pyroclastiques dont le volume devrait passer de 1,4 million à 10 millions de mètres cubes. Cette nouvelle évaluation est faite en prenant en compte la plus grande coulée pyroclastique émise par le volcan au cours des 5 600 dernières années.
De la même façon, les simulations montrent que des coulées de lave provenant de 92 cratères potentiels pourraient atteindre Fujiyoshida et Fujinomiya dans les 24 heures suivant l’éruption, et même la ligne de train à grande vitesse Tokaido Shinkansen et l’autoroute Shin-Tomei qui relie les préfectures de Kanagawa et d’Aichi. .
Le Conseil de gestion des catastrophes a confirmé que quelque 180 éruptions ont été observées sur le Mont Fuji au cours des 5 600 dernières années. 96% étaient petites à moyennes. Environ 60% ont provoqué des coulées de lave, mais les coulées pyroclastiques ne se sont produites que dans 10% des cas.
Source : The Japan Times. .

Vous trouverez les cartes à risques du Mont Fuji à cette adresse. Ci-dessous la carte de la région nord.

https://www.city.fujiyoshida.yamanashi.jp/div/bosai/html/hazard_map/index.html

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Recent articles in the Japanese press have drawn attention to the situation of Mount Fuji whose last eruption was in 1707. It is known as the Hoei Eruption, named after the Japanese era at the time. It spewed a massive amount of volcanic ash that were blown all the way to today’s Tokyo.

In an article released in January 2020, experts said the precise timing of Mt Fuji’s next big eruption was unpredictable, but many thought the volcano was on standby for the next major event. More than 300 years have elapsed since the last eruption. It is a very long silence that surpasses the previous interval of around 200 years.

Japanese volcanologists remind the public that Mt Fuji was but shaken by the Great East Japan Earthquake that struck the Tohoku region in 2011, and it has been made more unstable than before.

Should the volcano erupt again, cinders could rain down on parts of nearby cities such as Gotemba in Shizuoka, with potentially life-threatening results. An economic loss of up to 2.5 trillion yen is expected. Pushed by westerly winds, volcanic ash could paralyze Tokyo and its surrounding metropolitan areas.That would wreak havoc on high-tech Tokyo, possibly causing blackouts, water shortages and malfunctions of electronic appliances as well as disrupting telecommunications. Trains might be suspended, too. Airport terminals would be forced to shut down if runways are covered with ash. Health problems might also arise, with the inhalation of ash.

In another press article released in March 2020, Japanese volcanologists explain that pyroclastic flows from Mount Fuji eruption could sever roads used for evacuation. So, there is rhe need to review existing evacuation plans that use the roads. The hot clouds spewed by the volcano could travel some 4 kilometres further than previously thought in Fujiyoshida, Yamanashi Prefecture, and 2 km more in Fujinomiya, Shizuoka Prefecture. The reassessment means that parts of the toll road connecting Fujiyoshida and Oyama, as well as the Mount Fuji Skyline Road connecting Fujinomiya and Gotemba could be destroyed.

The current Mount Fuji hazard map was compiled by the central government in 2004, and the Mount Fuji disaster management council is due to update it within fiscal 2020, which starts in April. The new map is expected to alter the size of pyroclastic flows to 10 million cubic metres from 2.4 million cubic metres after taking into consideration the largest pyroclastic flow that has occurred in the last 5,600 years.

In the same way, simulations show that lava flows from 92 potential crater locations could hit downtown areas of Fujiyoshida and Fujinomiya within 24 hours of the eruption and even reach the Tokaido Shinkansen bullet train line and Shin-Tomei Expressway, which connects Kanagawa and Aichi prefectures.

The council has confirmed some 180 eruptions have occurred at Mount Fuji over the past 5,600 years, with 96 percent considered small- to medium-size in scale. Some 60 percent of the eruptions caused lava flows, but pyroclastic flows only occurred in up to 10 percent of the total cases.

Source; The Japan Times.

Hazard maps of Mt Fuji can be seen at this address. Here below the map fot the northern region.

https://www.city.fujiyoshida.yamanashi.jp/div/bosai/html/hazard_map/index.html

Crédit photo: Wikipedia

Volcan Taal (Philippines): Baisse du niveau d’alerte // The alert level has been lowered

Deux semaines après le début d’une hausse de l’activité éruptive, le niveau d’alerte du Taal a été abaissé de 4 à 3 le 26 janvier 2020. Selon le PHIVOLCS, l’activité sismique a bien diminué (on est passé de 959 à 27 événements significatifs par jour au cours des deux dernières semaines). On aussi enregistré une réduction de la déformation du sol au niveau de la caldeira et de Volcano Island. De plus, le Main Crater n’émet plus que de faibles panaches de vapeur et de gaz. Les séismes hybrides, qui sont le signe de la migration du magma depuis le réservoir profond vers la surface, ont cessé le 21 janvier, tandis que le nombre de séismes basse fréquence, associés à l’activité magmatique peu profonde, a diminué.
La déformation du sol – avec l’élargissement d’environ un mètre de la caldeira du Taal, le soulèvement de son secteur nord-ouest d’environ 20 centimètres et l’affaissement de la partie sud-ouest de Volcano Island d’environ 1 mètre – a connu des valeurs beaucoup plus faibles entre le 15 et le 22 janvier. Le schéma global de déformation du sol, en grande partie obtenu grâce aux données satellitaires,  avait montré une forte inflation de la partie occidentale du Taal en raison d’une intrusion magmatique jusqu’au 21 janvier.
Après la phase éruptive principale, l’activité dans le Main Crater du Taal a diminué. On n’observe plus que de rares éruptions de cendre et des épisodes de dégazage générant des panaches de moins de 1000 mètres de hauteur.
Le PHIVOLCS explique que cette baisse d’activité éruptive, qui s’ajoute à celle de l’activité sismique, révèle la baisse de pression exercée par le magma et susceptible de déclencher une éruption. De même, les émissions de SO2 sont passées d’environ 5 300 tonnes / jour le 13 janvier à environ 140 tonnes / jour le 22 janvier, avant de se stabiliser à une moyenne à 250 tonnes / jour ces derniers temps.
En abaissant le niveau d’alerte du Taal, le PHIVOLCS explique qu’il y a moins de risque d’une « éruption explosive dangereuse, » mais cela ne veut pas dire que l’activité a cessé ou que la menace d’une éruption a disparu.
Il est conseillé aux 376 000 villageois qui ont été évacués et qui ont été autorisés à rentrer chez eux après la baisse du niveau d’alerte, de se préparer à une évacuation rapide en cas de nouvelle éruption. Cependant, si le PHIVOLCS continue à observer une baisse des paramètres de surveillance du volcan après une période d’observation suffisante, le niveau d’alerte sera abaissé à 2.
L’entrée dans la zone de danger permanent de Volcano Island, ainsi que dans la région du lac Taal et les localités situées à l’ouest de Volcano Island dans un rayon de 7 kilomètres du cratère principal (Main Crater) reste strictement interdite.
Source: Manila Bulletin.

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Two weeks after activity increased, the alert level of the volcano was lowered from 4 to 3 on January 26th, 2020. According to PHIVOLCS, activity has now declined into less frequent volcanic seismic activity (from 959 to 27 significant earthquake events per day in the past two weeks), reduced ground deformation of the caldera and volcano island edifices and weak steam or gas emissions at the Main Crater. In particular, hybrid earthquakes that track recharge from the deep magma reservoir to a shallow magma region ceased on January 21st, while the number and energy of low-frequency events associated with activity in the shallow magma region diminished.

Ground deformation including the sudden widening of Taal caldera by about 1 metre, uplift of its northwestern sector by about 20 centimetres and subsidence of the southwestern part of Volcano Island by about 1 metre, were observed at much smaller rates between January 15th and 22nd. The overall pattern of ground deformation is for the most part supported by satellite data and yields net inflation of western Taal Volcano as a consequence of magma intrusion to the shallow magma region until January 21st.

After the main eruptive phase, activity in the Taal main crater diminished to infrequent weak ash eruptions and longer episodes of degassing or steaming that generated steam plumes less than 1,000 metres high.

PHIVOLCS explains that this marked decline coupled with volcanic earthquake activity suggests stalling, degassing and reduction in gas pressures of eruptible magma in the shallow magmatic region that feeds surface eruptive activity.

Likewise, SO2 emissions decreased from about 5,300 tons/day on January 13th to about 140 tons/day on January 22nd, before steadying at an average of 250 tons/day in the last days.

In lowering Taal Volcano’s alert status, PHIVOLCS says there is a decreased tendency towards hazardous explosive eruption “but should not be interpreted that unrest has ceased or that the threat of a hazardous eruption has disappeared.”

The 376,000 displaced villagers that have been allowed to return to their homes after the lowering of the alert level are advised to be prepared for a quick and organized evacuation should another eruption occur. However, if there is a persistent downtrend in monitored parameters after a sufficient observation period, the alert level will be further lowered to alert level 2.

Entry into the Volcano Island permanent danger zone, as well as into areas over Taal Lake and communities west of the volcano island within a 7 kilometre-radius from the main crater remains strictly prohibited.

Source : Manila Bulletin.

Source: Disaster Risk Reduction Management Council

Eruption du Taal (Philippines): Volcano Island restera inhabitée // No more residents on Volcano Island

Les quelque 6 000 familles philippines qui vivaient sur Volcano Island, au cœur du volcan Taal, devront trouver de nouvelles maisons. Il y a longtemps, l’île a été déclarée parc national mais il était interdit de s’y implanter définitivement. Le problème est que cette interdiction n’était pas respectée.

Suite à l’éruption du Taal, une évacuation a été ordonnée sur un rayon de 14 km autour du volcan, qui se trouve à une soixantaine de kilomètres au sud de manille, la capitale. Plus de 150 000 personnes ont été déplacées par l’ordre d’évacuation. La garde côtière philippine a intercepté chaque jour une dizaine de bateaux qui tentaient d’atteindre l’île.
Le président philippin Rodrigo Duterte a approuvé un décret visant à transformer l’île en «no man’s land», mais sa publication n’est pas encore officielle. Il a été demandé aux autorités de la province de Batangas, où se trouve le volcan, de rechercher un terrain d’au moins 3 hectares pour construire des logements à l’attention des familles déplacées.
Les personnes qui vivaient sur Volcano Island étaient essentiellement des guides touristiques, des agriculteurs et des exploitants de parcs à poissons. On pense que des milliers d’animaux sont morts depuis le début de l’éruption. Il a été demandé à la population de ne pas consommer les poissons du lac autour de l’île.
Source: Manila Bulletin.

Dernières nouvelles : Le PHIVOLCS recommande en permanence l’évacuation totale de la « zone de danger » d’un rayon de 14 km autour du Taal et le long de la rivière Pansipit où des fissures ont été observées. En se référant à la carte publiée dans l’une de mes dernières notes, cela signifie l’évacuation d’environ 460 000 personnes !! Jusqu’à présent, environ 125 000 Philippins ont quitté leur domicile. Une évacuation totale de la zone de danger de 14 km ne sera pas facile, notamment en ce qui concerne l’hébergement de tous ces habitants.
Du dimanche 19 janvier 2020 au matin au lundi 21 janvier au matin, le PHIVOLCS a enregistré 23 séismes volcaniques, de magnitude M 1,2 à M 3,8. Un événement de M 4.6 qui a secoué Mabini, dans la province de Batangas, le 19 janvier au cours de la nuit a été causé par des mouvements de faille. L’Institut pense que ces mouvements prouvent que le magma pousse vers le haut.
Le PHIVOLCS a enregistré des émissions de SO2 atteignant en moyenne 4 353 tonnes par jour au cours des derniers jours, soit plus que les 1 442 tonnes enregistrées du 18 au 19 janvier. Ce SO2 est généré par le même magma qui provoque l’inflation du volcan. .
Dans le même temps, le  PHIVOLCS observe toujours des émissions de vapeur et de rares explosions de faible intensité qui génèrent des panaches de cendres de 500 à 1 000 mètres de hauteur. .
Source: Philippine News Agency.

En cliquant sur ce lien, vous verrez une galerie d’images montrant la situation dans la région du Taal :

https://edition.cnn.com/2020/01/12/asia/gallery/taal-volcano-eruption/index.html

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About 6,000 Philippine families who lived on Taal’s Volcano Island will have to find new homes. The island was declared a national park long ago and was off limits to permanent villages, but the rules weren’t enforced. With the current eruption, evacuations have been ordered for everyone living within a 14-kilometre radius of the volcano, which is about 60 kilometres south of the capital city of Manila. More than 150,000 people have been displaced by the evacuation order. The Philippine coast guard has been turning away about 10 boats a day that are trying to reach Volcano Island.

Philippine President Rodrigo Duterte has approved a recommendation for the island to be turned into a “no man’s land,” but he has yet to issue formal guidelines. Officials in Batangas province, where the volcano is located, have been asked to look for at least 3 hectares that could be used to build housing for the displaced families.

Volcano Island’s residents worked as tourist guides, farmers and fish pen operators. Thousands of animals are thought to have died in the eruptions, and people have been warned to not eat fish from the lake surrounding the island.

Source: Manila Bulletin.

By clicking on this link, you will see a great photo gallery showing the situation in the Taal area:

https://edition.cnn.com/2020/01/12/asia/gallery/taal-volcano-eruption/index.html

Latest news: PHIVOLCS reiterates its recommendation for the total evacuation of the identified « danger zone » with a 14-km radius around Taal Volcano, and along the Pansipit River where fissures have been observed. Referring to the map in one of my previous posts, this means the evacuation of about 460,000 persons!! Up to now, about 125,000 people have left their homes. A total evacuation of the 14-km danger zone will not be easy, especially concerning the relocation of all these residents.

From 5 a.m. Sunday until 5 a.m. Monday, PHIVOLCS recorded 23 volcanic earthquakes, with magnitudes M 1.2 to M 3.8. An M 4.6 quake that hit Mabini, Batangas, on January 19th during the night was caused by fault movements. The Institute thinks these movements definitely prove that magma is pushing upward.

PHIVOLCS has registered SO2 emissions at an average of 4,353 tonnes per day in the last days, higher than the 1,442-tonne emissions it recorded from January 18th to 19th. Again, this SO2 is produced by the same magma that causes the inflation of the volcano. .

Meanwhile, steady steam emission and infrequent weak explosions that generate ash plumes 500 to 1,000 metres tall are observed by PHIVOLCS. .

Source : Philippine News Agency.

La cendre a tout détruit sur Volcano Island qui est devenue inhabitable (Source: The Weather Channel)

Eruption du volcan Taal (Philippines) : Une évacuation à grande échelle // A large scale evacuation

Les derniers bulletins du PHIVOLCS à propos du Taal se suivent et se ressemblent. L’Institut indique dans chacun d’eux que l’activité dans le cratère principal se caractérise par des émissions de vapeur et de rares explosions de faible intensité qui génèrent des panaches de cendres blanches ou grises de 50 à 600 mètres de hauteur.
La sismicité reste élevée, ce qui signifie probablement qu’une intrusion magmatique continue sous l’édifice volcanique, avec le risque d’une reprise de l’activité éruptive.
Le niveau d’alerte 4 reste en vigueur sur le volcan.
Les journaux locaux rappellent que les fissures observées dans plusieurs secteurs s’élargissent et PHIVOLCS a indiqué que de nouvelles fissures étaient apparues sur le flanc nord du cratère principal.
Par précaution, des dizaines de milliers de personnes ont été évacuées et vivent désormais dans des centres d’hébergement mis en place dans des lieux plus sûrs. La police et l’armée contrôlent les routes pour empêcher les gens d’essayer de rentrer chez eux pour prendre leurs affaires ou s’occuper du bétail.
L’USGS aide les autorités philippines à contrôler la situation. Il ne faut pas oublier que les Philippines étaient une colonie américaine entre 1898 et 1942 et qu’il existe encore des liens étroits entre les deux pays.
La situation actuelle du volcan Taal me rappelle l’éruption du Pinatubo en 1991. Grâce à une bonne politique de prévention, le nombre de morts a atteint 800. Bien sûr, trop de personnes sont mortes, mais le bilan aurait pu être bien pire si l’éruption s’était produite au début du 20ème siècle, comme à Montagne Pelée en Martinique. En ce qui concerne le Taal, on espère que la zone évacuée sera suffisamment grande et que l’éruption – si une éruption se produit – n’affectera pas une zone plus vaste.
Il y a deux zones de sécurité autour du volcan. Environ 459 000 personnes vivent dans une zone de danger d’un rayon de 14 kilomètres et plus de 930 000 personnes vivent dans une zone de danger plus étendue, de 17 kilomètres. Le PHIVOLCS a fortement recommandé une « évacuation totale » de toute la population dans le rayon de 17 kilomètres autour du volcan.
Le National Disaster Risk Reduction and Management Council indique que 22 472 familles, soit 96 061 personnes, ont été affectées par l’éruption du Taal à Batangas. Sur ce nombre, 16 174 familles – 70 413 personnes – vivaient dans 300 centres d’évacuation le 18 janvier 2020. Le nombre total de personnes évacuées est probablement plus élevé, car de nombreuses personnes ont choisi de rester avec des membres de leur famille ou chez des proches dans d’autres régions du pays.

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PHIVOLCS’ latest bulletins about Taal Volcano look like one another. The Institute indicates in all of them that activity in the Main Crater is characterized by steady steam emissions and infrequent weak explosions that generate white to grey ash plumes 50 to 600 metres high.

Seismicity remains elevated, which probably means continuous magmatic intrusion beneath the Taal edifice, with the risk of further eruptive activity.

Alert Level 4 still remains in effect over the volcano.

Local newspapers also indicate that the fissures observed in several municipalities are widening and PHIVOLCS had indicated that new ones has appeared on the northern flank of the Main Crater.

As a precaution, tens of thousands of residents have been evacuated and are now staying in safer places. The police and the military are controlling the roads to prevent people from trying to go back to their houses to take belongings or looking after the livestock.

USGS is helping the Philippine authorities to monitor the situation. One should not forget that the Philippines were an American colony between 1898 and 1942 and there are still strong links between the two countries.

The current situation of Taal Volcano reminds me of the eruption of Pinatubo in 1991. Thanks to a good prevention policy, the death toll reached 800. Of course, too many people died, but it could have been much worse if the eruption had occurred in the early 20th century, like at Montagne Pelée in Martinique. As far as Taal is concerned, one hopes that the evacuated area will be large enough and that the eruption – if an eruption occurs – will not cause damage to a larger area. .

There are two zones of concern around the volcano. Around 459,000 people reside within a danger zone with a 14-kilometer radius around the volcano, while more than 930,000 people live in a wider 17-kilometre danger zone. PHIVOLCS has urged a « total evacuation » of everyone within the 17-kilometre radius around the volcano.

The National Disaster Risk Reduction and Management Council says 22,472 families or 96,061 individuals have been affected by Taal Volcano’s eruption in Batangas. Of this number, 16,174 families -70,413 people – were taking shelter in 300 evacuation centres on January 18th, 2020. The total number of evacuees is likely to be higher, however, with many people choosing to stay with family members and relatives in other parts of the country.

Les deux zones d’évacuation autour du Taal (Source: PSA, NAMRIA)

Évacuation du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Mode d’emploi

Comme je l’ai écrit dans des notes précédentes, le Piton de la Fournaise montre des signes de réveil et il ne serait pas étonnant d’assister à une éruption dans les prochains jours. Malgré tous les instruments disposés sur le volcan, une éruption peut démarrer soudainement et mettre en danger les randonneurs que se trouvent sur le site à ce moment-là. Ainsi, au mois d’octobre 2019, près de 50 randonneurs ont été évacués en urgence, mais sans encombre, du sommet du volcan, quelques heures avant son entrée en activité.

L’excellent Journal de l’Ile de la Réunion nous explique que l’évacuation des touristes présents sur le Piton de la Fournaise au moment du déclenchement d’une éruption est un rituel fixé dans le dispositif spécifique ORSEC Piton de la Fournaise. Dès que le Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne (PGHM) reçoit l’arrêté préfectoral d’alerte 1 [éruption probable ou imminente], l’hélicoptère décolle. La Section aérienne de la gendarmerie (SAG) dispose de deux hélicoptères, dont le fameux EC145 à la capacité d’emport étendue, en service depuis bientôt douze ans.

 

Si les prémices d’une éruption volcanique devaient être détectés lors de votre visite au volcan, voici le déroulement des opérations:

Si la météo le permet, les hommes à bord de l’hélicoptère vont effectuer une reconnaissance des itinéraires balisés, en particulier celui du sommet. C’est la raison pour laquelle, en période de « vigilance volcanique », les randonneurs sont invités à ne pas sortir de ces sentiers, pour faciliter leur repérage et leur éventuelle évacuation. Il s’agit du premier niveau d’alerte du dispositif ORSEC Volcan, en vigueur actuellement. Il correspond notamment à la présence de signes d’agitation du Piton de la Fournaise.

Le survol de la zone sommitale est prioritaire. Pour mémoire, en février et en juin 2019, c’est ici qu’ont débuté les deux premières des cinq éruptions de l’année dernière. Les fissures éruptives se sont ouvertes à quelques dizaines de mètres du belvédère sur le cratère Dolomieu, au terminus du sentier d’accès au sommet. Les coulées l’ont d’ailleurs coupé lors de l’éruption de février et ont obligé l’ONF à retracer l’itinéraire pour contourner la zone dangereuse.

Il faut compter environ une demi-heure entre le déclenchement de l’alerte et l’arrivée de l’hélicoptère au volcan. Dès qu’il commence à survoler l’Enclos, les gendarmes utilisent le haut-parleur dont il est équipé pour demander aux randonneurs de faire demi-tour et de regagner leur point de départ.

Arrivé à la zone sommitale, l’appareil se pose ou, si la topographie ne le permet pas, prend appui sur patin pour embarquer le plus efficacement possible le maximum de visiteurs. A son approche, il est fortement recommandé de ranger casquettes, chapeaux et tout ce qui peut voler. Il est demandé de tenir fermement les sacs et bâtons de marche et, si possible, de les replier et de les ranger. Le bon comportement à adopter à ce moment est de se regrouper et de s’accroupir, sans oublier de surveiller les enfants. Attention! Le souffle des pales peut projeter des lapilli et scories tant que l’hélicoptère n’est pas posé.

Les gendarmes ne procèdent en principe pas à un hélitreuillage qui demanderait trop de temps, sauf dans les cas extrêmes, et l’hélicoptère ne coupe pas ses turbines. Attention aux pales qui continuent de tourner ainsi qu’au rotor de queue !! Il faut absolument éviter toute approche inconsidérée. Pour des raisons de sécurité, les randonneurs secourus doivent obéir aux consignes transmises par gestes essentiellement, en raison du bruit. Outre le pilote, un homme de la SAG et un du PGHM gèrent les manoeuvres d’embarquement et de débarquement. Ne jamais se diriger seul vers l’hélico sans y être invité.

Le transfert vers l’aire le Pas de Bellecombe où l’hélicoptère va se poser, à proximité du parking, prend moins de trois minutes. L’arrivée sur l’hélisurface est évidemment plus confortable, mais les mêmes consignes de sécurité sont à respecter. Dès la sortie, les passagers sont invités à s’accroupir ou s’asseoir regroupés à quelques mètres devant la porte l’hélicoptère selon les indications données, en tenant leurs affaires et en sécurisant les enfants. Ne pas chercher à s’éloigner de l’appareil tant qu’il n’a pas redécollé.

En octobre dernier, jusqu’à neuf personnes (dont trois jeunes enfants) ont été évacuées en un seul voyage. La durée du débarquement entre le poser et le redécollage de l’hélicoptère a été de trente-neuf secondes exactement !

Une fois le sommet évacué, l’hélicoptère embarque les randonneurs présents plus bas dans la pente et en particulier les plus vulnérables (personnes âgées, enfants). En fonction de la situation, les autres visiteurs finiront de rentrer à pied.

Si la météo ne permet pas le survol du volcan, comme au mois d’août dernier, les gendarmes du PGHM arpentent à pied l’itinéraire du sommet, après avoir gagné le Pas de Bellecombe en voiture depuis leur base si la couche nuageuse interdit une dépose à la Plaine-des-Cafres.

Une évacuation en hélicoptère laisse toujours un souvenir impérissable à ses bénéficiaires. Même s’ils peuvent être déçus de ne pas avoir pu découvrir le gouffre du cratère Dolomieu, l’émerveillement d’un survol non prévu au programme représente un véritable bonus au cours d’un séjour à La Réunion.

L’article du Journal de l’Ile se termine par un bémol et un conseil à l’attention des autorités. En effet, un gros effort d’information reste à faire à l’égard des quelque 120 000 randonneurs qui descendent chaque année dans l’Enclos. Très peu – souvent aucun – sont informés de l’état du volcan avant de se mettre en route. Les panneaux affichés au niveau du portail d’accès à l’Enclos, de portée générale, ne font aucune référence à l’actualité volcanique en cours et au comportement à adopter en cas de signes d’une prochaine éruption, avant même l’arrivée des services de secours.

Il serait souhaitable que les autorités prennent ces remarques en compte, dans l’intérêt de tous.

Vous pourrez lire l’article dans son intégralité en cliquant sur ce lien :

https://www.clicanoo.re/Societe/Article/2020/01/14/VIDEO-En-attendant-la-prochaine-eruption-evacuation-du-volcan-mode

Vue de l’Enclos Fouqué, avec le beau cratère du Formica Leo au premier plan

Au moindre signe d’agitation du volcan, les autorités ferment le portail d’accès à l’Enclos

Le cratère du Dolomieu, destination finale pour de très nombreux randonneurs

Photos: C. Grandpey