Nouvelle évacuation d’Ambae (Vanuatu)? // New evacuation of Ambae (Vanuatu)?

Les villageois d’Ambae devront peut-être quitter leur île pour la deuxième fois en sept mois car le volcan Manaro Voui connaît un regain d’activité et fait pleuvoir la cendre sur les maisons. Les autorités ont décrété l’état d’urgence sur le nord de l’île où 11 000 personnes ont été contraintes de partir en septembre dernier.
Beaucoup d’habitants viennent juste de rentrer chez eux mais Geohazards a averti que le volcan était en éruption de niveau trois, sur une échelle de cinq.
Les autorités ont assuré que si une évacuation devait avoir lieu, elle se ferait de manière plus ordonnée qu’en septembre quand une flottille de petits bateaux a transféré précipitamment la population vers une autre île. Cette fois-ci, les localités les plus gravement touchées seront évacuées en priorité.
Source: Radio New Zealand.

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Villagers on the Vanuatu island of Ambae were facing their second evacuation in seven months on Friday, April13th, 2018 after the Manaro Voui volcano rumbled back to life and rained ash on their homes. Authorities in the Pacific nation have declared a state of emergency on the northern island, where 11,000 people were forced to leave last September.

Many have only just returned home but the Geo-Hazards Department said the volcano was undergoing a level three eruption, on a five-level scale.

Authorities said any evacuation would be more orderly than the one carried out in September, when a flotilla of small vessels rushed people off the island. This time, people will be evacuated from the severely affected communities first, before the less affected.

Source : Radio New Zealand.

Carte à risques d’Ambae (Source: Geohazards)

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Ambae (Vanuatu): Evacuation complète de l’île // Complete evacuation of the island

Les autorités du Vanuatu ont ordonné le jeudi 28 septembre l’évacuation complète de l’île d’Ambae. Un porte-parole du gouvernement a déclaré que les ministres ne peuvent pas risquer la vie des gens et ont donc ordonné l’évacuation obligatoire de cette île où habitent environ 11000 personnes.
Le niveau d’alerte du volcan a été relevé à 4 le week-end dernier, sur une échelle dans laquelle le niveau 5 représente une éruption majeure. Lundi, les autorités ont déclaré une situation d’urgence et évacué les populations proches du volcan vers d’autres parties de l’île.
L’armée néo-zélandaise a survolé le volcan mardi et a observé d’énormes colonnes de fumée, de cendre et de roches volcaniques émises par le cratère.
Certains habitants ont déjà quitté l’île volontairement. Pour eux, c’est une période d’attente sans savoir si le volcan va entrer en éruption ou si on assistera à un retour au calme. Il est impossible de savoir comment la situation va évoluer et les personnes évacuées devront donc se contenter d’attendre la suite des événements.
L’évacuation se fera en bateau et se poursuivra jusqu’au 6 octobre. Les habitants seront conduits vers les îles voisines. Deux sites sont mis en place sur l’île de Pentecôte où les personnes évacuées seront logées dans des bâtiments gouvernementaux ou dans des campements temporaires.
Source: Time.

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Vanuatu officials on Thursday September 28th ordered the complete evacuation of theisland of Ambae. A government spokesman said ministers decided they couldn’t risk people’s lives and so ordered the compulsory evacuation of Ambae island, which is home to about 11,000 people.

Officials last weekend raised the activity measure of the volcano to Level 4, on a scale in which Level 5 represents a major eruption. On Monday officials declared an emergency and had been relocating people close to the volcano to other parts of the island.

New Zealand’s military flew over the volcano on Tuesday, and said huge columns of smoke, ash and volcanic rocks were billowing from the crater.

Some residents have already left the island voluntarily. For them, it’s a waiting game to see whether the volcano erupts or returns to normal activity that’s not a threat. Officials say they have no real way of predicting what the volcano will do next and that evacuees will just have to wait it out.

The evacuation will be carried out by boat and continue through October 6th. Residents will be moved onto nearby islands. Officials are setting up two sites on Pentecost Island where evacuees will be housed in government buildings or in temporary camp sites.

Source: Time.

Source: Geohazards

 

L’urbanisation sur les pentes du Vésuve (Italie) // Urbanization on the slopes of Mt Vesuvius (Italy)

Dans ma note sur les exercices d’évacuation dans les environs du Mont Fuji (Japon), j’ai fait une allusion au Vésuve (Italie). J’ai indiqué qu’aucun exercice d’évacuation n’est effectué en Campanie et qu’une éruption du volcan ne se ferait pas sans dommage. Voici quelques explications sur l’urbanisation sur les pentes du Vésuve dont l’éruption en l’an 79 a détruit Stabies, Pompéi et Herculanum.
Tout d’abord, il faut savoir que plus de 700 000 personnes vivent illégalement sur les pentes du Vésuve. Dans toute l’Italie, ce sont quelque 6 millions de personnes qui habitent dans des maisons construites illégalement, le résultat de décennies de mauvaise gestion de l’état, avec son lot d’incompétence ou de corruption. L’Italie s’est rapidement urbanisée au milieu du 20ème siècle et l’état italien s’est montré incapable ou peu disposé à modifier ses lois afin de faciliter la construction ou l’urbanisme.
Pendant des décennies, les urbanistes ont laissé croître les villes italiennes en laissant les gens construire où cela leur plaisait, y compris sur des terres en zone dangereuse comme les pentes du Vésuve. A cause de l’urbanisation débridée, le Vésuve est devenu l’un des volcans les plus dangereux au monde. Une éruption majeure est possible et imprévisible. Comme l’a expliqué un volcanologue de l’INGV: « Dans la mesure où nous ne pouvons pas prévoir quand une éruption aura lieu, le salut de la population ne peut être assuré que par une évacuation préventive de l’ensemble de la zone à risque, ce qui est extrêmement compliqué car la densité de population de la région est très élevée et il n’existe pas de voies d’évacuation adéquates ».
L’État italien a sciemment refusé de prendre en compte ces dangers évidents pendant des décennies. Une grande partie de la population d’aujourd’hui est née à une époque où  la construction et la vie sur le Vésuve étaient totalement incontrôlées. Ce n’est que récemment que le Parlement italien a tenté d’adopter des lois pour gérer les logements dangereux et illégaux, mais elles sont restées sans effet. L’urbanisation anarchique autour du Vésuve n’a été limitée par l’État que dans les années 1980, lorsque le gouvernement a promulgué une série de condamnations concernant les logements illégaux dans une «zona rossa» (zone rouge) officielle.
Le problème est que la loi sur les condamnations avait une faille dans laquelle se sont engouffrés les habitants. Elle leur permettait de continuer à construire de nouvelles maisons dans la zone rouge en échange de versements d’argent à l’État. Comme la plupart des familles vivaient dans la région dangereuse bien avant que leurs maisons soient considérées comme illégales, les habitants ont accepté de payer pour continuer à vivre là où leur maison avait été construite. C’est ainsi que la population de la zone rouge a continué à augmenter après que les condamnations aient été promulguées. Malgré leur caractère controversé, les versements d’argent à l’état se sont poursuivis dans la zone rouge jusqu’en 2003, lorsque l’option a été annulée.
Les autorités locales ont tenté de concevoir des plans d’évacuation en cas d’éruption du Vésuve, mais cela reste extrêmement difficile en raison de la densité de population. La plupart des habitants ont de faibles revenus et n’ont pas les moyens de déménager. En 2010, un journaliste italien a enquêté sur les itinéraires d’évacuation et a expliqué que l’un d’eux faisait référence à une route inexistante ; il avait rencontré un maire qui n’avait jamais vu le plan d’évacuation de son secteur. Le maire d’Ottaviano, localité située dans la zone rouge, explique que «non seulement de nombreux plans d’évacuation sont inadaptés, mais de nombreuses municipalités de la zone rouge ne possèdent aucun plan d’évacuation». Beaucoup d’habitants n’ont jamais eu connaissance des plans officiels d’évacuation et ils sont souvent sceptiques quant à leur utilité.
Source: Chicago Tribune.

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In my post about evacuation drills in the vicinity of Mt Fuji (Japan), I made an allusion to Mt Vesuvius (Italy). I indicated that no evacuation drills are performed in Campania and that an eruption of the volcano would not be performed without damage. Here are a few facts about urbanization on the slopes of Mt Vesuvius whose eruption in 79 A.D. destroyed Stabies, Pompeii and Herculaneum.

More than 700,000 people are living illegally on the slopes of Mt Vesuvius. In all, an estimated 6 million people live in illegally constructed homes across Italy, the result of decades of state mismanagement, ranging from ineptitude to outright corruption. Italy urbanized rapidly in the mid-20th century, and the state proved incapable, or unwilling, to alter its laws to facilitate the necessary construction or city planning.

For decades, developers have been expanding Italy’s cities by building wherever they liked, including on land unfit for housing like Vesuvius. Unfettered urbanization now makes Vesuvius one of the most dangerous volcanoes in the world. A catastrophic eruption is possible and unpredictable. As one INGV volcanologist put it: « Since we cannot calculate when a serious eruption would take place, the salvation of the population is only guaranteed by a preventative evacuation of the entire area at risk, which is extremely complicated because the area is densely populated and lacks adequate escape routes. »

The Italian state consciously overlooked these obvious dangers for decades. Much of today’s population was born when building and living on this volcano were completely unrestrained. Only recently has the Italian Parliament attempted to pass laws to deal with dangerous illegal housing, but even these have been toothless. Urban growth around Vesuvius was not restricted by the state until the 1980s, when the government enacted the first in a series of housing condemnations in an official “zona rossa” (red zone).

The problem is that the condemnations came with a hazardous loophole that allowed residents to continue building new homes in the potentially deadly zone in exchange for amnesty payments to the state. Families had been living in the hazardous region long before their homes were considered illegal, and many paid to expand in their hometowns. The population of the red zone actually grew after the condemnations were passed. Despite their controversial nature, amnesty payments continued in the red zone until 2003, when the state finally eliminated the option.

Local politicians have attempted to design plans for evacuation in case of a volcanic eruption, but it remains a struggle because of the sheer size of the population, much of which is lower-income and does not have the means to relocate. In 2010, an Italian journalist investigated several evacuation routes and revealed one that referred to a nonexistent road and a mayor who had never seen his region’s plan. The mayor of Ottaviano, which is located in the red zone, explains that « not only are many existing plans ineffective, but many municipalities in the evacuation zone have zero plan whatsoever. » Many residents are unfamiliar with official evacuation plans and, moreover, are skeptical of their worth.

Source: Chicago Tribune.

Naples et le Vésuve (Photo: C. Grandpey)

 

Exercices d’évacuation au Japon // Evacuation drills in Japan

Quelque 2000 d’habitants de six localités au pied du Mont Fuji ont participé à un exercice d’évacuation le 20 août dernier dans le cadre de la simulation d’une éruption du célèbre volcan japonais. C’était le premier du genre dans la région.
Le Mont Fuji (3 776 m) est le plus haut sommet du Japon. Il est entré en éruption pour la dernière fois en 1707, avec des panaches de cendre qui ont atteint la ville de Tokyo. Les localités impliquées dans l’exercice se trouvent à la base nord de la montagne. Pour évaluer l’ampleur des bouchons que ne manquerait pas de provoquer une évacuation de masse, près de 600 participants se sont dirigés à bord de leurs véhicules vers une zone d’évacuation prévue à une trentaine de kilomètres.
L’évacuation avait été décidée car une coulée pyroclastique était censée s’approcher du centre-ville, avec une alerte volcanique de niveau 5 décrétée à 7 heures du matin par l’Agence Météorologique Japonaise. Cela signifiait que les habitants devaient quitter immédiatement leur domicile.
Les autorités ont utilisé le réseau de haut-parleurs publics pour avertir les habitants qu’une catastrophe imminente allait se produire. Alors que la plupart partaient à bord de leurs voitures, ceux qui jouaient le rôle de personnes âgées étaient installés dans des camions de la Protection Civile et des bus privés pour atteindre le site d’évacuation.
Dans le cas où il faudrait évacuer les 100 000 habitants des zones menacées, les principaux problèmes à gérer seraient les embouteillages et le mouvement de panique qu’un tel événement ne manquerait pas de déclencher. Les files de voitures s’étiraient sur 3 km au plus fort de l’évacuation. L’un des participants a déclaré qu’il lui avait fallu trois fois plus de temps que la normale pour atteindre le site d’évacuation ; le trajet s’effectue généralement en 30 minutes en voiture. Selon lui, « si le Mont Fuji était  réellement entré en éruption, les embouteillages auraient été bien pires ».
Source: The Asahi Shimbun.

A noter que des exercices réguliers d’évacuation se déroulent à Kagoshima (Japon) en vue d’une éruption majeure du Sakurajima. Les étrangers ne sont pas oubliés car les messages d’évacuation sont diffusés par des haut-parleurs en japonais, anglais, coréen et chinois.

Des plans d’évacuation sont prévus dans l’éventualité d’une éruption du Vésuve (Italie), mais la Campanie n’est pas le Japon. A ma connaissance, les Italiens ne pratiquent pas d’exercices de simulation d’évacuation. Il y aura un fossé énorme entre la théorie et la pratique. Une évacuation de Naples ou de ses banlieues ne se fera pas sans dommages.

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2,000 or so residents of six municipalities at the base of Mount Fuji evacuated in an August 20th drill to simulate an eruption of Mt Fuji. Officials said it was the first of its kind to be held.

Mount Fuji (3,776 m) is Japan’s highest peak. It last erupted in 1707, showering ash as far away as Tokyo. The municipalities involved in the exercise are located at the northern base of the sacred mountain. To gauge what level of congestion would arise from a mass evacuation, nearly 600 participants drove their private vehicles to a designated evacuation area 25 to 30 kilometres away.

The drill was held under the assumption that a pyroclastic flow was approaching the downtown area, triggering a volcanic alert of level 5 at 7 a.m. by the Japan Meteorological Agency, meaning residents must evacuate immediately.

Officials used the public speaker disaster warning system to « alert » residents to the impending disaster. While most residents drove away in their cars, participants playing the roles of elderly people boarded Self-Defense Forces trucks and private buses to reach the evacuation site.

In the event all 100,000 residents in the areas in question have to be evacuated, a major concern is snarled traffic and panic resulting. Traffic was backed up for about 3 kilometres at one point during the drill. A man who took part said it took three times longer than normal to reach the evacuation site, usually a 30-minute drive. “If Mount Fuji actually erupted, the traffic congestion would be much worse”.

Source: The Asahi Shimbun.

It is well known that regular evacuation drills are held in Kagoshima to prepare for a large-scale eruption of Mount Sakurajima. Foreigners are not forgotten as the evacuation advisory is aired through speakers around the island in Japanese, English, Korean and Chinese.

Evacuation plans have been drawn in the event of an eruption of Vesuvius, but Campania is not Japan. As far as I know, the Italians do not perform evacuation exercises. There will be a huge gap between theory and practice. An evacuation of Naples or its suburbs will not happen without damage.

File de voitures pendant l’évacuation (Source: The Asahi Shimbun)

Vue du Mont Fuji (Crédit photo: Wikipedia)

 

Exercice d’évacuation à Goma (RDC) // Evacuation exercise at Goma (DRC)

Le lundi 3 juillet 2017, plus d’un millier de personnes ont participé à un exercice d’évacuation dans l’éventualité d’une éruption du Nyiragongo. Une telle éruption mettrait inévitablement en danger la ville de Goma, à l’est de la République Démocratique du Congo. Plus de 100 personnes sont mortes lors de la dernière colère du volcan en 2002, lorsque la lave a atteint Goma en moins d’une heure et a envahi une grande partie de l’est de la ville, y compris la moitié de la piste de l’aéroport. L’éruption la plus dévastatrice a eu lieu en 1977 lorsque plus de 600 personnes ont perdu la vie ; (Voir mon livre « Killer Volcanoes » pour la description de ces événements)
Le 3 juillet à 05h30 (GMT), des sirènes ont hurlé dans quatre quartiers du nord de Goma qui se trouve à la frontière avec la Rwanda et sur la trajectoire des coulées de lave du Nyirangongo qui se dresse à 20 km au nord. Les habitants des zones à risque ont été invités à quitter leurs maisons et à se rassembler à trois kilomètres au sud dans le stade Afia où des tentes blanches avaient été installées pour les accueillir. Pendant près de trois heures, des groupes d’environ 10 à 20 personnes se sont dirigés vers le stade en deux colonnes, avec leurs biens qui allaient des motos aux matelas, ustensiles de cuisine et mobilier précieux. Les gens aidaient les enfants et étaient suivis de leurs animaux domestiques. Le but de l’exercice était de montrer aux 500 familles menacées par les coulées de lave comment se comporter en cas d’éruption majeure du Nyiragongo. À la fin de l’exercice, les participants ont reçu des informations sur des mesures pratiques telles que la façon de progresser en ordre pour éviter de ralentir les autres personnes, ainsi que les choses essentielles à emporter en quittant leur domicile.
Source: News 24.

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On Monday July3rd 2017, more than a thousand people took part in an evacuation exercise triggered by a simulated eruption of Nyiragongo Volcano. The eruption would inevitably endanger Goma, a major city in the eastern Democratic Republic of Congo. More than 100 people died in the last eruption of the volcano in 2002 when lava reached Goma in less than an hour and flowed over much of the east of the city, including half of the runway at the airport. The deadliest recorded eruption was in 1977, when more than 600 people lost their lives

At 05:30 GMT, sirens wailed in four northern parts of Goma, which lies on the Rwanda border in the path of lava flow from Nyirangongo, 20km to the north. Residents of districts at risk were asked to leave their homes and gather three kilometres to the south in the Afia stadium, where white tents were ready for them. For almost three hours, groups of about 10 to 20 people headed for the stadium in two columns, with possessions ranging from motorbikes to mattresses, kitchenware and prized furniture. They helped children and had domestic animals in tow. The purpose of the exercise was to show the 500 families who live on the potential paths of lava flow how to behave in the event of major volcanic activity. At the end of the exercise, participants were advised on practical measures such as how to keep order and avoid slowing others down, as well as the most practical items to take on leaving home.

Source: News 24.

Le Nyiragongo et son lac de lave (Crédit photo: Wikipedia)

Eruption en vue à Banda Api (Indonésie)? // Eruption soon at Banda Api (Indonesia)?

On observe en ce moment une très forte hausse de la sismicité sur l’île-volcan indonésienne de Banda Api, au NE de l’arc de la Sonde et de Banda. En conséquence, les autorités ont élevé le niveau d’alerte volcanique à 2. Tout est prêt pour évacuer le millier de personnes vivant près du volcan. La dernière éruption a eu lieu en 1988, tuant 3 personnes.
La sismicité a commencé à augmenter progressivement début mars et a fortement augmenté le 4 avril 2017, obligeant les autorités à élever l’alerte volcanique et à interdire toute activité à moins de 1 km du cratère.
La Protection Civile indonésienne a déclaré avoir cartographié la région et conclu que plus de 770 personnes vivent à moins de 1 km du volcan. Toutes doivent être déplacées dès que possible.
Les observations visuelles n’ont montré aucun changement significatif dans les nuages ​​de gaz émis par le volcan, mais la sismicité indique un processus de fracturation dû à l’ascension du magma et le nombre d’événements enregistrés entre le 2 et le 4 avril suggère que ce processus est suffisamment important pour produire une éruption. Il se peut qu’aucune éruption ne se produise, mais la sismicité observée ces derniers jours est identique à celle qui a précédé l’éruption de 1988.

Source : The Watchers.

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There is currently a strong increase in seismicity under the small Indonesian island volcano of Banda Api, the NE-most volcano in the Sunda-Banda arc. It has prompted authorities to raise the volcanic alert level to 2. Preparations are currently underway to evacuate some 1 000 people living near the volcano. The last eruption of this volcano took place in 1988, killing 3 people.

The number of earthquakes started gradually increasing with the beginning of March and sharply increased on April 4th, 2017, forcing the authorities to raise the volcanic alert and ban any activity within 1 km from the crater.

Indonesian disaster agency said that they have already mapped the area and warned that over 770  people are living within 1 km. All of them must be displaced as soon as possible.

Visual observations have not shown any significant changes in the gas clouds emitted by the volcano but seismicity indicates the process of rock fracturing due to the movement of magma and the number of earthquakes recorded between April 2 and 4 suggests that this process is significant enough to produce an eruption. Although the eruption might not occur at this time, earthquakes over the past several days are identical to those occurring before the 1988 eruption.

Source : The Watchers.

Source: Google Maps.

 

Nouveau plan d’évacuation en cas d’éruption du Vésuve (Italie) // New evacuation plan in case of an eruption of Vesuvius (Italy)

drapeau-francaisSelon The Express, un tabloïd anglais dont les articles sont souvent controversés, les autorités italiennes sont en train de finaliser des plans d’urgence pour évacuer 700 000 personnes en cas d’éruption du Vésuve. La Protection Civile italienne publiera la mouture définitive du plan dans les prochains jours.
La décision de revoir les plans d’évacuation a été motivée par l’élargissement de la « zone rouge » – celle qui pourrait être la plus touchée par une éruption – qui incluait 550 000 personnes dans 18 villes l’année dernière et qui en inclut désormais 672 000 dans 25 villes.
Selon le nouveau plan d’évacuation, la population quittera les zones de danger dans les 72 heures, avec 500 bus et 220 trains mis à disposition des citoyens dans les 12 premières heures.
Le président de la région Campanie a déclaré à la presse italienne que les autorités devaient profiter de la période de calme traversée actuellement par le Vésuve pour se préparer à faire face à une situation d’urgence, en cas de réveil du volcan.
Toutefois, certains experts ont critiqué les collectivités locales, affirmant que leur connaissance du volcan est insuffisante pour mettre en place le plan d’évacuation. Pour le moment, le plan mis sur pied par la Protection Civile italienne prend en compte le scénario éruptif le plus probable, mais – selon ces même critiques – ceux qui auront la responsabilité de ce plan (autrement dit, la Protection Civile présente dans les différentes villes concernées) n’ont peut-être pas les compétences nécessaires pour le mettre en oeuvre.

En ce qui me concerne, j’ai toujours exprimé des doutes sur le succès d’une évacuation de Naples et de sa banlieue en cas d’éruption du Vésuve. Le sud de l’Italie n’est pas le Japon et les gens n’ont pas la discipline nécessaire pour obéir immédiatement à des ordres officiels. Il est probable que les premières réactions comprendront des processions avec les reliques de San Gennaro, comme cela est arrivé dans le passé. Par ailleurs, de nombreux Italiens refuseront de bouger, de peur de leurs biens soient volés pendant qu’ils auront le dos tourné. Il y a aussi l’attachement au volcan. Il y a des gens dans des villes comme Torre del Greco ou Tore Annunciata qui ont été conçus dans des voitures sur les pentes du volcan ! Même si des centaines de bus et de trains sont prêts à évacuer la population, la bousculade qui accompagnera nécessairement l’évacuation proprement dite va provoquer de nombreux décès. Je ne voudrais pas être à la place des autorités qui devront décider si elles doivent ou non décréter l’évacuation. Comme me le confiait un jour Franco Barberi, l’ancien directeur de la Protection Civile italienne: «Si j’évacue et que rien ne se passe, je passe pour un imbécile (« un coglione », selon ses propres termes); si une catastrophe survient et que je n’évacue pas, je vais en prison!  » Il ne faudra pas, non plus, que les volcanologues se trompent dans leurs pronostics quant au délai accordé pour l’évacuation. On a vu la situation difficile qui fut la leur au moment su séisme de L’Aquila en avril 2009. La prison n’était pas loin !

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drapeau-anglaisAccording to The Express, an English tabloid whose articles are often controversial, Italian authorities are finalising emergency plans to evacuate 700,000 people in case of an eruption of Mount Vesuvius. Italy’s Department of Civil Protection will release the finalisation of the plan in the coming days..

The strategy is being created as the size of the “red zone” – areas which could be hit by an eruption – massively increased last year from 550,000 people in 18 towns to 672,000 in 25 surrounding towns.

Under the new proposal, there will be a plan to remove everyone from the danger zones within 72 hours, with 500 buses and 220 trains being readied in the first 12 hours to transport the citizens.

The President of the Campania region told the Italian press that authorities should take advantage of the fact that Vesuvius is currently dormant to prepare themselves to cope with the emergency, should the volcano wake up.

However, some experts have hit out at local authorities, claiming they do not know enough about the volcano to put the plan into action. For the time being, there is a thought-out plan from the National Civil Protection with previsions for the most likely scenario. But those who would have to put this plan into action – that is, the local civil protection from the different towns involved – may not be in a position to put it into action.

As far as I am concerned, I have always expressed doubts about the success of an evacuation of Naples and its suburbs if Mt Vesuvius happened to erupt. Southern Italy is not Japan and people do not have the necessary discipline to immediately obey official orders. It is likely that the first reactions will include processions with the relics of San Gennaro, like this happened in the past. Besides, many Italians will refuse to move, for fear their property is robbed while they are away. There is also the attachment to the volcano. There are people in towns like Torre del Greco or Torre Annunciata who were conceived in the cars on the slopes of the volcano. Even though hundreds of buses and trains are ready to evacuate the population, the stampede that will necessarily accompany the evacuation itself will cause many deaths. I would not like to be at the place of the authorities who will have do decide or not the evacuation. As Franco Barberi, the former head of the Italian Civil Protection told one day: “If I evacuate and nothing happens, I am seen as a stupid person ( “un coglione”, in Italian); if a disaster happens and I do not evacuate, I go to prison!” Moreover, volcanologists should not make a mistake in their prognoses concerning the evacuation deadline. They had to face a difficult situation at the time of the L’Aquila earthquake in April 2009. Prison was not far away!

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Le Vésuve, une épée de Damoclès sur la ville de Naples (Photo: C. Grandpey)