Accélération du réchauffement climatique en Alaska // Global warming is accelerating in Alaska

drapeau francaisLe dernier rapport sur le climat des Etats-Unis (National Climate Assessment) qui vient d’être rendu public par la Maison Blanche indique que les changements climatiques observées dans le pays sont amplifiés en Alaska, le seul territoire arctique et subarctique de l’Union.

Dans un chapitre spécial consacré à l’Alaska, le rapport met en évidence les modifications qui sont en train de se produire sur la terre ferme, l’eau et la glace.

L’Alaska s’est réchauffée deux fois plus vite que le reste du pays au cours des 60 dernières années. Ce réchauffement sur le long terme est facile à observer, en dépit de l’Oscillation Décennale du Pacifique (ODP), variation de la température de la surface de la mer qui fait se déplacer la trajectoire des systèmes météorologiques de manière cyclique sur une période de plusieurs décennies, habituellement de 20 à 30 ans. L’Oscillation est entrée dans une phase de réchauffement à la fin des années 1970, puis dans une phase froide au début des années 2000.

Les températures annuelles moyennes en Alaska ont augmenté de 3 degrés au cours des six décennies écoulées et celles de l’hiver de 6 degrés pendant cette même période. Selon les climatologues, cette tendance devrait se poursuivre avec une augmentation de 2 à 4 degrés supplémentaires d’ici 2050. La population alaskienne ressent profondément cette hausse des températures et s’en inquiète, comme le prouvent les nombreux témoignages que j’ai pu récolter pendant mes voyages.

S’agissant des océans, la banquise disparaît plus vite que le prévoient les modèles scientifiques, ce qui influe sur l’atmosphère qui se trouve au-dessus. L’absence de glace découvre de vastes surfaces occupées par une eau sombre qui absorbe la chaleur et la renvoie dans l’atmosphère, ce qui entraîne une hausse des températures de l’Arctique.

La réduction de la banquise est une arme à double tranchant d’un point de vue économique. D’un côté, elle offre de nouvelles opportunités pour le commerce et rend accessibles des ressources naturelles dans l’extrême nord, mais ces activités commerciales s’accompagnent du risque de marées noires et autres menaces pour l’environnement.

Les glaciers de l’Alaska voient leur fonte s’accélérer, phénomène que j’ai pu observer personnellement lors de plusieurs survols de Glacier Bay et à l’occasion d’approches des glaciers qui viennent vêler dans le Prince William Sound. Au train où vont les choses, cette fonte risque de poser de gros problèmes à l’alimentation hydroélectrique, un problème déjà largement observé en Amérique du Sud.

En plus de la fonte des glaciers, l’acidification de l’eau de mer (baisse du pH due à l’absorption du CO2 de l’atmosphère par l’eau de mer) risque de mettre en péril les poissonneries, l’un des pivots de l’économie de l’Alaska. D’autre part, la température de l’eau de mer est en hausse. Par exemple, à Kodiak, la température moyenne de la mer en mai est de 41degrés Fahrenheit (5°C) ; or, elle atteignait déjà 45,3°F (7,3°C) à la fin du mois d’avril.

L’eau douce subit elle aussi les effets du changement climatique. Dans les deux tiers sud de l’Alaska, les lacs rétrécissent suite à la fonte du permafrost et à une plus forte évaporation provoquée par la hausse des températures. Cette nouvelle situation affecte le comportement des oiseaux migrateurs.

La fonte du permafrost est parfaitement visible en Alaska. Il suffit d’emprunter le réseau routier pour s’en rendre compte. Les routes sont souvent fortement endommagées et les travaux entrepris ont du mal à enrayer cette dégradation. Dans plusieurs régions de l’Alaska et du Yukon voisin, on voit des forêts d’effondrer (elles ont été baptisées drunken forests, les forêts ivres) car les racines des arbres ne sont plus maintenues en place par le sol gelé. De plus, la répartition de la végétation se modifie. C’est ainsi que le territoire boisé fréquenté par les élans a tendance à se développer vers le nord tandis que les surfaces couvertes de lichens appréciées des caribous diminuent. Cette fonte du permafrost représente un coût élevé car, en plus des routes, il faut réparer les pistes des aéroports et les bâtiments qui menacent de s’effondrer, quand il ne faut pas carrément les reconstruire. On estime que les dépenses occasionnées par la fonte du permafrost en Alaska s’élèvent à un montant compris entre 3,6 et 6,1 milliards de dollars.

La fonte du permafrost dans l’Arctique a aussi un effet sur l’atmosphère et contribue à son enrichissement en CO2. Elle permet aussi au méthane de quitter le fond des lacs. Le développement de la forêt en direction du nord offre une possibilité d’absorption du CO2, mais cet effet bénéfique est contrebalancé par l’effet albédo quand une région autrefois blanchie par la neige prend une couleur plus sombre avec la végétation qui la recouvre.

D’une manière plus globale, si le réchauffement climatique est moins spectaculaire ailleurs aux Etats-Unis, il est tout de même bien présent, comme le confirme le rapport publié par la Maison Blanche. Depuis 1895, les températures ont augmenté de 1,5 degrés, en sachant que la hausse s’est accélérée depuis 1970.

Source : Anchorage Daily News.

 ——————————————

drapeau anglaisThe latest report on the climate of the United States (National Climate Assessment) which has just been released by the White House indicates that climate change observed in the country is magnified in Alaska, the only arctic and subarctic territory of the Union .
In a special chapter devoted to Alaska , the report highlights the changes that are happening on land, water and ice.
Alaska has been getting warmer twice as fast as the rest of the country over the past 60 years. This long-term warming is easy to observe, despite the Pacific Decadal Oscillation (PDO ) a temperature variation of sea surface which moves the path of weather systems cyclically over decades, usually 20 to 30 years. The Oscillation entered a phase of warming in the late 1970s , then in a cold phase in the early 2000s.
Average annual temperatures in Alaska have increased by 3 degrees over the past six decades and those of winter rose by 6 degrees during this same period. According to climatologists, this trend is expected to continue with an increase of 2 to 4 additional degrees by 2050. The Alaskan population deeply  feels the rising temperature and is worried, as evidenced by the many testimonies I gathered during my travels.
Regarding the oceans, sea ice disappears faster than scientific models predict, which affects the atmosphere above. The lack of ice uncovers large areas previously occupied by dark water that absorbs heat and returns it to the atmosphere, resulting in an increase in Arctic temperatures .
The reduction of sea ice is a double-edged sword from an economic point of view. On the one hand, it offers new opportunities for commerce and make available natural resources in the far north, but these commercial activities are accompanied by the risk of more oil spills and other environmental threats.
The glaciers of Alaska have their melting accelerated, a phenomenon I could observe during several flights over Glacier Bay and when I approached glaciers that come to an end in Prince William Sound. At this rate, the melting could pose big problems to hydroelectric systems, a problem already widely observed in South America.
In addition to the melting of glaciers, the acidification of sea water (lower pH due to the absorption of CO2 from the atmosphere by sea water) may endanger fisheries, an asset of the economy of Alaska. On the other hand , the temperature of sea water is increasing . For example, in Kodiak, the average sea temperature in May is 41degrés Fahrenheit ( 5 ° C) ; however, it had already reached 45.3 ° F ( 7.3 ° C) at the end of April.
Fresh water is also experiencing the effects of climate change. In the southern two-thirds of Alaska, lakes are shrinking due to the melting of the permafrost and increased evaporation caused by higher temperatures. This new situation affects the behaviour of migratory birds.
The melting of the permafrost in Alaska is easy to be seen. You just need to use the road network to realize it. Roads are often badly damaged. In several regions of Alaska and neighbouring Yukon, one can see forests collapse (they are called drunken forests) because tree roots are no longer held in place by the frozen ground. Furthermore, the distribution of the vegetation distribution is changing. Thus, the wooded areas frequented by moose tend to move north while the surfaces covered with lichens appreciated by caribou are shrinking. The melting permafrost represents a high cost because, in addition to roads, they must repair airport runways and buildings in danger of collapsing, when they should not be totally rebuilt. It is estimated that the costs incurred by the melting of the permafrost in Alaska amount to between 3.6 and 6.1 billion dollars.
The melting of the permafrost in the Arctic also has an effect on the atmosphere and contributes to the CO2 enrichment . It also allows methane to leave the bottom of the lakes. The development of the forests to the north offers a possibility of CO2 absorption, but this benefit is offset by the albedo effect when a previously white, snowy region gets darker with the vegetation that now covers it.
In a more general way, if global warming is less dramatic elsewhere in the United States, it is still very present , as confirmed by the report issued by the White House. Since 1895, global temperatures have risen 1.5 degrees and the increase has accelerated since 1970.
Source: Anchorage Daily News.

Glaciers-blog-01

Normal
0
21

MicrosoftInternetExplorer4

/* Style Definitions */
table.MsoNormalTable
{mso-style-name: »Tableau Normal »;
mso-tstyle-rowband-size:0;
mso-tstyle-colband-size:0;
mso-style-noshow:yes;
mso-style-parent: » »;
mso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;
mso-para-margin:0cm;
mso-para-margin-bottom:.0001pt;
mso-pagination:widow-orphan;
font-size:10.0pt;
font-family: »Times New Roman »;}

Les glaciers, symbole de l’accélération du réchauffement climatique en Alaska  (Photo:  C. Grandpey)

Poás (Costa Rica): Niveau du lac en baisse et températures en hausse // Lake level has dropped and temperatures have increased

drapeau francaisUne visite effectuée le week-end dernier sur le Poás par des volcanologues du réseau sismologique (RSN) de l’Université du Costa Rica  a révélé que le niveau d’eau de la Laguna Caliente a diminué de 1,10 mètre au cours du mois d’avril.
Un groupe de scientifiques est descendu dans le cratère pour observer le lac et vérifier les dires des gardes du parc qui indiquaient une augmentation de l’activité volcanique.
La baisse du niveau d’eau dans la Laguna Caliente a été observée à plusieurs reprises ces dernières années, principalement en raison d’une diminution des précipitations pendant la saison des pluies, entre mai et novembre.
La température moyenne de l’eau du lac mesurée au cours de la visite était en hausse de 10 degrés Celsius par rapport à une précédente mesure effectuée début Avril ; on avait alors enregistré 39°C.
Le mois dernier, la lagune a perdu un volume d’eau estimé à 58 000 mètres cubes.
L’eau joue le rôle de filtre naturel pour les gaz du volcan. Une augmentation de l’émission de gaz est susceptible de se produire si le niveau d’eau de la lagune continue de baisser. Ces gaz atteindront rapidement les abords du volcan, et les pluies acides pourraient affecter les zones agricoles dans les communautés voisines.
L’accès touristique au Parc National du Poás reste autorisé pour le moment, mais les autorités locales sont en état d’alerte et signaleront tout changement dans le comportement du volcan.
L’augmentation d’activité du Poás a débuté en mars 2006, avec plusieurs fortes explosions phréatiques. Jusqu’à présent, depuis le début de l’année 2014, les volcanoloques du RSN ont enregistré trois explosions phréatiques importantes. La première a eu lieu le 25 février avec des projections de matériaux jusqu’à près de 300 mètres de hauteur. Le 30 mars, les projections atteignaient 200 mètres de hauteur, et 30 mètres le 30 avril.

Source: The Tico Times.

 ———————————————

drapeau anglaisAn inspection by volcanologists from the University of Costa Rica’s National Seismological Network (RSN) last weekend found that the water level in Poás Volcano’s Laguna Caliente has decreased by 110 centimetres in the last month.

A group of RSN experts descended into the crater’s lagoon, known as Laguna Caliente, to check out reports by park rangers of increased volcanic activity at the site.

The decrease in water levels has been a recurring trend in recent years mostly due to a decrease in rainfall during the country’s rainy season (May-November).

Average temperatures of the lagoon’s water increased by 10 degrees Celsius compared to a previous measurement in early April, when experts recorded 39°C.

Last month, the lagoon lost 58,000 cubic meters of water.

Water acts as a natural filter for gases from the volcano. An increase in the emission of gases could occur if the lagoon’s water level continues to drop. These gases would reach land surrounding the crater, and acid rains could affect agricultural areas in nearby communities.

Tourist access to Poás National Park currently remains normal, but local authorities are on alert to report any change in the volcano’s behaviour.

Poás’ period of increasing activity was first recorded in March 2006, with several large phreatic explosions. So far this year, RSN experts have recorded three significant phreatic explosions. The first, on February 25th, sent material up to nearly 300 metres high. On March 30th, material reached 200 metres high, and on April 30th, it reached 30 metres.

Source: The Tico Times.

Poas-blog

Vue du Poás et de la Laguna Caliente  (Crédit photo:  Wikipedia)

Le magma du Mont Hood (Chaîne des Cascades / Etats Unis)

drapeau francaisDans une note rédigée le 6 août 2010, j’avais mentionné une étude effectuée par des géologues des universités de l’Oregon et de Californie, qui montrait que les éruptions du Mont Hood étaient dues au mélange de deux types de magma – mafique et felsique, différenciés par leur teneur en silice – et qu’elles se produisaient peu de temps après que ce mélange ait eu lieu, sous l’effet d’une brutale montée en pression.

En février 2012, des chercheurs de l’Université d’Oregon apportaient un complément à cette étude. Ils confirmaient la présence de deux types de magma sous le Mont Hood en indiquant que leur température et donc leur consistance, sont différentes. Une forte température rend plus fluide un magma visqueux et les gaz potentiellement explosifs peuvent donc s’échapper plus facilement. C’est ce qui expliquerait pourquoi le Mont Hood a des éruptions moins violentes que les autres volcans de la Chaîne des Cascades, le Mont St Helens par exemple.

Une nouvelle étude parue récemment dans la revue Nature vient compléter ce qui précède.

En procédant à une datation radioactive, des chercheurs de l’Université d’Oregon ont conclu que la lave émise lors des dernières éruptions du Mont Hood, il y a 1500 ans et 220 ans, était restée stockée 100 000 ans sous le volcan. Les scientifiques ont également analysé les cristaux à l’intérieur de la lave afin de connaître la température du magma qui lui avait donné naissance. Il en ressort que le magma est resté à une température de 750°C, voire un peu moins. C’est donc au moment où le magma connaît une hausse de température que le volcan entre en éruption.

Comme les précédentes, cette étude pourrait permettre de mieux anticiper les colères du Mont Hood. Les chercheurs indiquent par ailleurs que l’on pourrait utiliser les ondes sismiques pour détecter la consistance du magma sous le volcan. Un magma plus liquide pourrait être le signe d’une éruption dans un proche avenir.

 ———————————————-

drapeau anglaisIn a note written on August 6th 2010, I mentioned a study performed by geologists from the universities of Oregon and California which showed that the eruptions of Mount Hood were caused by the mixture of two types of magma – mafic and felsic, made different by their silica rate. The eruptions occurred a short time after the mixture took place and were triggered by an increase in pressure.

In February 2012, University of Oregon researchers brought a complement to this study. They confirmed the presence of two types of magma beneath Mount Hood and indicated that their temperatures and so their consistence were different. A higher temperature makes a viscous magma more fluid and potentially explosive gases are released more easily. This would explain why Mount Hood eruptions are less violent than those of other volcanoes of the Cascades, Mt St Helens for instance.

A new study in the journal Nature comes as a complement to the previous ones. By using radioactive dating, University of Oregon researchers could determine that the lava from Mt. Hood’s last two eruptions – 220 years ago and 1,500 years ago – had been stored for up to 100,000 years beneath the volcano. The scientists also analyzed crystals that formed in the lava to determine how hot the magma had been for most of that time. The results show that magma has remained at or below 750°C. So it is only when the magma gets warmer than this that Mt. Hood will erupt.

Like the two others, this study may help scientists predict Mt Hood future eruptions. The researchers said one could use seismic waves to detect the consistence of magma beneath the volcano. A more liquid magma might be the sign that an eruption is possible.

Hood-blog-2

Le Mont Hood  (Photo:  C. Grandpey)

Kelud (Indonésie): Hausse de la sismicité // Increase in seismicity

drapeau francaisSuite à une hausse de la sismicité, le niveau d’alerte du Kelud (également appelé Kelut) est passé de 1 à 2 (Waspada) le dimanche 2 février. En effet, le nombre de séismes peu profonds (en moyenne à 8 km de profondeur) a augmenté depuis le début de l’année 2014. Même si l’on n’enregistre pas de gonflement de l’édifice, cette sismicité est susceptible d’indiquer une intrusion magmatique. La température du lac qui occupe le cratère a augmenté de 5,5°C entre le 10 septembre 2013 et le 2 février 2014. Il est demandé aux visiteurs de ne pas s’approcher à moins de 2 km du cratère.

Source : VSI.

Le Kelud est l’un des volcans les plus dangereux d’Indonésie. Ses éruptions peuvent être dévastatrices et meurtrières. Elles ont tué des dizaines de milliers de personnes. La dernière menace d’éruption a eu lieu entre octobre et novembre 2007, avec l’évacuation de plusieurs milliers d’habitants. En fait, l’éruption n’a jamais vraiment eu lieu et a donné raison au gardien du volcan. Vous pourrez consulter mes notes de novembre 2007 à ces adresses :

http://volcans.blogs-de-voyage.fr/2007/11/01/kelud-ile-de-java-indonesie-11/

http://volcans.blogs-de-voyage.fr/2007/11/08/kelud-ile-de-java-indonesie-18/

http://volcans.blogs-de-voyage.fr/2007/11/09/et-si-le-gardien-du-kelud-avait-raison/

——————————————–

drapeau anglaisDue to an increase in seismicity, the alert level of Kelud (also called Kelut) was raised on Sunday, February 2nd from 1 to 2 (Waspada) on a scale of 4 levels. The number of shallow earthquakes (8 km deep, on average) has significantly risen since the start of 2014. Even though no inflation of the edifice has been recorded, this might indicate a shallow magma intrusion. The temperature of the crater lake increased by 5.5°C between September 10th 2013 and February 2nd 2014. Visitors are advised not to approach the crater within a 2-km radius.

Source : VSI.

Kelud is one of the most dangerous volcanoes of Indonesia. Its eruptions can be disastrous and have already killed tens of thousands of people. The threat of an eruption of Kelud occurred in October – November 2007 with the evacuation of several thousand people. Actually, the eruption never really took place and gave reason to the keeper of the volcano. See my notes of November 2007 about that event.

http://volcans.blogs-de-voyage.fr/2007/11/01/kelud-ile-de-java-indonesie-11/

http://volcans.blogs-de-voyage.fr/2007/11/08/kelud-ile-de-java-indonesie-18/

http://volcans.blogs-de-voyage.fr/2007/11/09/et-si-le-gardien-du-kelud-avait-raison/

Kelut

Crédit photo:  Wikipedia