Mégaséismes : un excellent documentaire

Voici un document comme je les aime. Intitulé MégaséismesSuperbeben en allemand – il a éré réalisé par Fabian Wolf en 2026 et est actuellement visible sur la chaîne ARTE en cliquant sur ce lien :

.https://www.arte.tv/fr/videos/126206-000-A/megaseismes/

Dans le descriptif, on peut lire que le film fait le tour du monde des zones les plus à risque, où différentes approches préventives sont mises en place en concertation avec les scientifiques.

Les séismes d’une magnitude supérieure à M8,5 sur l’échelle de Richter font partie des catastrophes naturelles les plus dévastatrices qui frappent la planète. Certaines métropoles comme Los Angeles et San Francisco pourraient être réduites à néant. Elles sont situées de part et d’autre de la faille de San Andreas qui traverse la Californie.

Au Japon, où la population reste profondément marquée par le mégaséisme de Tohoku – magnitude M9.0 – qui a touché le pays en 2011, et qui a déclenché un tsunami puis l’accident nucléaire de Fukushima, le gouvernement a mis en place des mesures collectives avec des exercices régulièrement pratiqués dès la maternelle.
Le documentaire explore les différentes stratégies suivies pour protéger les populations et met en lumière les défis auxquels sont confrontés les chercheurs qui développent des systèmes d’alerte précoce. Les témoignages présentés sont précieux. Des hommes et des femmes ayant vécu des mégaséismes racontent comment cette expérience a changé leur perception des tremblements de terre.

Faille de San Andreas (Image extraite du film)

Alpinisme et réchauffement climatique

Concentrations de CO2 : 429,79 ppm (08 juillet 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,86 ppb (mars 2026)

Comme je l’ai souligné à plusieurs reprises sur ce blog, le réchauffement climatique impacte profondément nos Alpes. Éboulements et laves torrentielles se multiplient avec le dégel du permafrost de roche. Plusieurs événements de ce type ont été recensés le 18 juin 2026 dans les départements de l’Isère et des Hautes-Alpes (voir ci-dessous).

Les canicules à répétition ont également des conséquences sur la pratique de l’alpinisme. Les guides de haute montagne en France, en Suisse et en Italie arrêtent de fréquenter certaines voies devenues trop dangereuses ou difficiles ; des sentiers sont fermés ou sont fortement déconseillés ; des refuges ferment par manque d’eau, etc. L’effondrement dramatique du glacier de la Marmolada dans les Alpes italiennes le 3 juillet 2022, qui a tué 11 randonneurs, est particulièrement représentatif de la situation.

Le glacier de la Marmolada après l’effondrement (Source: presse italienne)

La thèse de Jacques Mourey (Université Grenoble Alpes) permet de mieux comprendre ce qui se joue avec le réchauffement climatique. Elle est intitulée L’alpinisme à l’épreuve du changement climatique : Évolution géomorphologique des itinéraires, impacts sur la pratique estivale et outils d’aide à la décision dans le massif du Mont Blanc. Vous pourrez la lire en cliquant sur ce lien :

https://theses.hal.science/tel-03510607

Avec la hausse des températures, la moitié des surfaces couvertes par des glaciers ont fondu depuis la fin du Petit Age Glaciaire. Les déstabilisations rocheuses en lien avec la dégradation du permafrost sont plus fréquentes et volumineuses. Comme je l’ai indiqué plus haut, les amas de roches et de sol récemment libérés par ces phénomènes de désenglacement s’érodent et donnent notamment lieu à des glissements de terrains et des laves torrentielles.

Photo: C. Grandpey

Face à ces modifications des milieux, les acteurs professionnels, politiques et scientifiques concernés par la haute montagne ont mis en place une démarche de diagnostic de l’évolution des itinéraires d’alpinisme.

Les impacts du réchauffement climatique sur les itinéraires d’alpinisme et leurs conditions d’ascension ont été étudiés par une comparaison, entre les années 1980 et la période actuelle, avec référence aux courses décrites dans les topo-guides emblématiques de la collection Rebuffat « Les 100 plus belles courses ». Au total, 201 itinéraires répartis dans le massif du Mont-Blanc, les Alpes valaisannes et les Écrins ont été étudiés.

Dans un premier temps, 26 processus géomorphologiques et glaciologiques, liés au réchauffement climatique, qui affectent les itinéraires, ont été identifiés. La traversée des dômes de Miage (3666 m, massif du Mont-Blanc), course classique souvent réalisée en préparation d’une ascension du mont Blanc est par exemple sujette à 20 processus différents. Ainsi, les crevasses y sont de plus en plus présentes, l’arête sommitale est plus fine, la descente ne se fait plus sur de la neige mais sur de la glace. En moyenne, un itinéraire d’alpinisme est affecté par 9 processus différents liés au réchauffement climatique. Les alpinistes doivent donc prendre en considération de plus en plus de paramètres lors de leur préparation à une ascension.

Photo: C. Grandpey

D’une manière générale, les effets du réchauffement climatique sur la haute montagne alpine changent les caractéristiques des itinéraires. Ces modifications les rendent plus dangereux et/ou plus difficiles techniquement ou moins intéressants d’un point de vue esthétique ou technique pour un alpiniste.

Dans chacun des trois massifs, 25 % des itinéraires étudiés ne sont plus fréquentables pendant la période estivale. En été, les conditions sont plus aléatoires, notamment en raison des périodes caniculaires plus précoces, nombreuses et intenses.

Les écroulements et les chutes de pierres sont souvent mis en avant dans la presse comme des processus qui affectent beaucoup les itinéraires d’alpinisme et effectivement ils sont plus fréquents et volumineux en lien avec la dégradation du permafrost. Toutefois, la fonte et l’augmentation de la pente des glaciers et des tabliers de glaces sont les processus qui modifient le plus les conditions d’ascension des itinéraires. Les itinéraires en neige sont les plus affectés par le réchauffement climatique. Les itinéraires rocheux sont, en général, plus préservés. Le report vers des voies rocheuses est d’ailleurs une stratégie d’adaptation régulièrement mise en place par les guides de haute montagne.

Source : Écho Sciences Grenoble.

Le 18 juin, un épisode orageux a provoqué d’importantes coulées de boue et de pierres dans la vallée du Véneon sur la commune de Saint-Christophe-en-Oisans (Isère). A environ 200 mètres après le hameau des Etages, cinq coulées de boue ont coupé la route d’accès à la Bérarde, hameau déjà fortement impacté par une lave torrentielle dans la nuit du 20 au 21 juin 2024 . L’événement n’a pas fait de victimes mais la circulation a été coupée dans les deux sens avant d’être rétablie.

Lave torrentielle de la Bérarde en 2024 (Source: presse régionale)

Ce même jour, un violent orage a causé un éboulement qui a coupé la route du col du Lautaret à Monêtier-les-Bains (Hautes-Alpes). Une voiture a été emportée par la coulée de boue, mais, heureusement, son conducteur est sain et sauf.

Source:presse régionale