L’Aiguille du Midi, refuge climatique

A Chamonix, à 1000 mètres d’altitude, il fait chaud dans les appartements qui ne sont pas climatisés et certains de leurs occupants ont décidé de prendre le téléphérique et d’atteindre en une vingtaine de minutes le sommet de l’Aiguille du Midi (3842 m) pour prendre un bol d’air frais. En fait, la fraîcheur est relative car la température reste beaucoup trop élevée pour ce milieu de haute montagne. Normalement, elle devrait être autour de 5 à 10 °C. En ce moment, elle est plutôt autour de 10 à 13 °C. Le 27 juin, l’Aiguille du Midi a connu sa deuxième température la plus chaude jamais enregistrée pour un mois de juin.

Si la fraîcheur relative de la haute altitude soulage les uns, elle inquiète les autres, car pour les pratiquants de la haute montagne il fait beaucoup trop chaud pour la saison à cette altitude. Selon un guide, « c’est la première année que c’est comme ça, aussi tôt. La neige fond, il n’y a pas de regel la nuit, ça devient problématique. Je ne sais pas comment ça va être dans deux mois, mais la montagne est dangereuse, c’est sûr. » À cause des températures trop élevées, la neige est très lourde et il est difficile de marcher dessus. Les forums de discussion regorgent de témoignages sur l’apparition de crevasses et l’instabilité des rochers. Beaucoup de courses parmi celles recensées pat Gaston Rebuffat dans les années 1970 sont devenues impossibles.

Photos: C. Grandpey

Source : France 3 Auvergne Rhône Alpes.

À noter qu’il vous faudra débourser entre 70 et 83 euros (selon l’âge) pour faire l’aller et retour jusqu’à l’Aiguille du Midi, mais le panorama est superbe!

Hausse de l’activité strombolienne sur l’Etna (Sicile) // Increase in Strombolian activity on Mt Etna (Sicily)

Vers 5 h 45 UTC (7h45 heure locale), des émissions de cendres ont débuté sur l’Etna au niveau de la bouche située dans la partie supérieure du flanc est de la Voragine. Ces émissions se sont intensifiées vers 6 h 45, générant un nuage éruptif à environ 1,5 km au-dessus du sommet du volcan et dirigé vers les secteurs sud et sud-sud-est. Les modèles de prévision indiquaient une dispersion des cendres vers le sud au cours des prochaines heures. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne est passée de l’Orange au Rouge.

Ces derniers jours, l’activité strombolienne s’est poursuivie au niveau de la bouche éruptive, tandis que l’activité effusive produite parla bouche située à 3 030 m d’altitude, qui avait débuté le 26 juin, s’est progressivement estompée, avant de prendre fin le 4 juillet. Par ailleurs, une seconde coulée de lave, de faible ampleur, s’est formée dans la nuit du 2 au 3 juillet à partir d’un point situé entre le site strombolien actif et son homologue effusif, La lave a parcouru une centaine de mètres avant de s’arrêter le matin du 3 juillet.
L’amplitude moyenne du trémor volcanique demeure élevée, avec une tendance à la hausse constante suivie de de fortes fluctuations à partir du 4 juillet. La source du trémor demeure dans la zone de la Voragine, à une altitude d’environ 3 000 mètres.
Aucune déformation significative de l’édifice volcanique n’est enregistrée.

Source : INGV.

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Around 05:45 UTC (07:45 local time), ash emissions began at Mount Etna from the vent located on the upper eastern flank of the Voragine crater. These emissions intensified around 06:45, generating an eruption cloud that rose approximately 1.5 km above the volcano’s summit and drifted toward the south and south-southeast. Forecast models indicated that ash would disperse southward over the following hours. Consequently, the aviation alert level was raised from Orange to Red.
In recent days, Strombolian activity continued at the eruptive vent, while the effusive activity from the vent at an elevation of 3,030 m—which had begun on June 26—gradually subsided before ceasing on July 4. Additionally, a short lava flow formed overnight between July 2 and 3, originating from a point between the active Strombolian site and the effusive vent; the lava traveled about 100 meters before stopping on the morning of July 3.
The average amplitude of volcanic tremor remains high, showing a steady upward trend followed by significant fluctuations starting July 4. The tremor source remains located in the Voragine area, at an elevation of approximately 3,000 meters.
No significant deformation of the volcanic edifice has been recorded.
Source: INGV.

La grande dégringolade des glaciers italiens // The great collapse of Italian glaciers

Concentrations de CO2 : 430,07 ppm (3 juillet 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,43 ppb (janvier 2026)

Les glaciers italiens fondent à une vitesse alarmante, au point de risquer de disparaître totalement. Des mesures ponctuelles effectuées ces dernières années permettent de quantifier ces pertes avec plus de précision ; ces données sont communiquées par Legambiente, la principale ONG environnementale italienne.
Le dernier rapport public de l’organisation indique que la Marmolada est « le plus grand glacier des Dolomites, agissant comme un thermomètre du réchauffement climatique grâce à sa réaction immédiate, même face aux moindres variations de précipitations et de température ».

Le 3 juillet 2022, un sérac s’est effondré sur le massif de la Marmolada, dans les Dolomites. On a déploré onze morts et huit blessés.

Cicatrice laissée par l’effondrement de la Marmolada

Cet effondrement massif de sérac a provoqué l’un des accidents les plus graves survenus dans les Alpes depuis des décennies, mais la tragédie en dissimule une autre, plus terrible encore : le détachement d’une partie de la Marmolada n’est que la partie émergée d’un processus entamé il y a plus de soixante-dix ans et qui touche tous les glaciers italiens. Le problème réside dans l’impossibilité quasi totale de prédire l’effondrement d’un glacier. C’est pourquoi les experts préconisent des solutions structurelles pour faire face au réchauffement climatique actuel.
La plus ancienne étude sur les glaciers italiens remonte à 1925 : il s’agissait d’un inventaire complet des glaciers, suivi deux ans plus tard par la publication du premier atlas. Entre les années 1950 et 1960, le Comité glaciologique italien (CGI) a publié trois éditions successives. Toutefois, l’étude la plus détaillée a été réalisée en 2005, lorsque le groupe de recherche géologique de l’Université de Milan a entrepris de cartographier tous les glaciers italiens en analysant des photographies haute résolution prises jusqu’en 2011. Ces clichés révèlent une superficie totale de 368 km², répartie sur sept régions : la Lombardie, le Trentin-Haut-Adige, la Vallée d’Aoste, le Piémont, la Vénétie, le Frioul-Vénétie julienne et les Abruzzes.
L’analyse de l’évolution des 903 glaciers photographiés met en évidence une réduction significative de leur superficie dans toutes ces régions. L’exemple le plus marquant s’observe dans la Vallée d’Aoste, où la superficie totale est passée de 174 km² en 1962 à 132 km² aujourd’hui, soit une réduction de 24 % de la surface glaciaire totale de la région.
L’Adamello, en Lombardie, le plus vaste glacier d’Italie, résiste à ce recul général. Sa superficie est de 16 km² ; avec deux autres glaciers, il dépasse le seuil des 10 km². Ces deux autres glaciers sont le glacier des Forni, en Lombardie, et celui du Miage, dans la Vallée d’Aoste. J’ai consacré une note à ces glaciers le 6 septembre 2023. J’y expliquais qu’à la fin du 19ème siècle, la superficie de l’Adamello dépassait les 3 000 hectares, alors qu’elle était tombée à moins de 2 500 hectares dans les années 1920. Mesurée à 1 766 hectares en 1997, elle a ensuite diminué pour atteindre 1 630 hectares en 2007. Depuis la fin du 19ème siècle jusqu’à aujourd’hui, le glacier a perdu environ 2,7 kilomètres de longueur. Au cours des cinq dernières années, la perte moyenne a été de 15 mètres par an. La seule année 2022 a enregistré un recul de 139 mètres.

L’Adamello en 2019

Si l’on considère l’évolution des glaciers italiens au cours des dernières décennies, on constate une augmentation de leur nombre. On en dénombrait 835 dans les années 1950, contre 903 aujourd’hui. Toutefois, c’est une illusion. Cette donnée ne doit pas être interprétée comme le signe d’une augmentation de la surface glaciaire. La tendance révèle au contraire une nette diminution. Cette augmentation du nombre de glaciers résulte principalement de fragmentations causées par la hausse des températures : il arrive souvent qu’un glacier se scinde en plusieurs parties distinctes qui finissent par fondre avec le temps.
Il est extrêmement difficile de prédire l’évolution de la fonte des glaciers italiens et ce que révéleront les prochaines études. Toutefois, le Comité glaciologique italien (CGI) affirme que « si la tendance actuelle se confirme dans les années à venir, il est probable que la Marmolada disparaisse avant 2040 ». Jusqu’à il y a quelques années, les experts pensaient que la Marmolada ne disparaîtrait pas avant un ou deux siècles.
Les scientifiques soulignent la nécessité d’agir au plus vite à l’échelle internationale, en impliquant les États et les organisations et en les contraignant à réduire les émissions de gaz à effet de serre afin d’atténuer le réchauffement climatique. La seule façon de gérer ce processus est de mettre en place une gouvernance structurée, assortie d’objectifs à moyen et long terme susceptibles d’être vérifiés et révisés périodiquement.
Source : Legambiente, Comité glaciologique italien.

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Pour en finir avec les glaciers alpins, il faut signaler que le week-end du 4-5 juillet 2026 marque les derniers jours du ski d’été sur le glacier des Deux-Alpes. La pratique du ski n’est désormais plus possible nulle part, même pas à Tignes sur le glacier de la Grande-Motte.

Le ski d’été se fait sur les restes de neige de l’hiver, mais dès que la glace apparaît à la surface, la saison s’arrête. Sous l’effet du réchauffement climatique, le glacier de la Grande Motte fond avec une perte d’épaisseur de l’ordre de 2 à 4 mètres chaque année. Dans dix ans, le glacier aura quasiment intégralement fondu.

Au train où vont les choses, il reste probablement très peu d’années pour la pratique du ski en juillet. On comprend vite cette situation en observant les températures de ce week-end.Les minimales sont comprises entre +13 et +18 degrés en plaine, +9/+12 degrés vers 1500 mètres. Lrs températures maximales oscillent entre +30 et +34 degrés en plaine, +21/+25 degrés vers 1500 mètres.

Source : Météo Alpes.

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Italian glaciers are melting at high speed, to the point that they risk disappearing altogether. Punctual measurements operated in the last few years are indicating the losses more precisely. They are reported by Legambiente, the main environmental NGO in Italy.

In the organisation’s public report, one can read that Marmolada “is the biggest glacier in Dolomite, which represents a thermometer of global warming thanks to its immediate reaction also to the smallest variation of rainfall and temperature”. On 3 July 2022, a serac collapsed on the mountain of Marmolada, in the Dolomites.

Eleven people were killed and eight were wounded. The large-scale collapse of the serac led to one of the most serious accidents in the Alps in decades. The tragedy hides an even more awful one: the separation of a part of Marmolada is the tip of the iceberg of a process started more than seventy years ago, that affects all Italian glaciers. The problem is that it is almost impossible to predict a glacier’s collapse. For this reason, experts suggest structural solutions to tackle the current issue of global warming

The oldest study on Italian glaciers dates back to 1925: it is the drafting of all glaciers, followed two years later by the first atlas. Between the Fifties and the Sixties, the Italian Glacier Committee (IGC) edited three different editions. However, the most detailed study was carried out in 2005, when the Research Geological Group of the University of Milan started mapping all Italian glaciers, analyzing a special kind of high-resolution photo, shot until 2011. The picture highlights a surface of 368 km2, distributed in sever regions: Lombardy, Trentino Alto Adige, Aosta Velley, Piedmont, Veneto, Friuli Venezia Giulia and Abruzzo.

Studying the evolution of the 903 photographed glaciers, it is clear that a relevant surface reduction occurred in all regions.

The most important one can be seen in Aosta Valley, where the total surface was 174 km2 in 1962 versus 132 km2 today : a reduction of 24% of the total iced area of the region.

Adamello, in Lombardia, the vastest glacier in Italy, holds out against this general reduction. Its surface measures 16 km2 and, with other two glaciers, overcomes the extension of 10 km2. The other two are Ghiacciaio dei forni, in Lombardy, and Miage, in Aosta Valley. I had dedicated a post to these glacier on 6 September 2023. I explained that by the end of the 19th century, the glacier’s area exceeded 3,000 hectares, while by the 1920s it was reduced to less than 2,500 hectares. Measured in 1997, it amounted to 1,766 hectares, then reduced to 1,630 in 2007. From the end of the 19th century until today, the glacier has lost approximately 2.7 kilometres. In the last five years, there were average losses of 15 metres per year. 2022 alone saw a loss of 139 metres in a year.

Taking into account glaciers’ evolution in the last decades, one can notice an increase in terms of numbers. In 1950s were present 835 glaciers, today there are 903. However, this data must not be considered as a signal of increase in glaciers’ surface. The trend shows, instead, a clear reduction. This increase occurred mostly because of the separations caused by higher temperatures: it usually happens that a glaciers breaks down into small different parts, which start dissolving after some time.

It is extremely difficult to predict what will happen with Italian glaciers’ melting and what the next studies will show. However, the IGC states that “if the current trend is confirmed in the years to come, it is likely that Marmolada will disappear before 2040. Until a few years ago, experts thought that the Marmolada wouldn’t disappear before 100 or 200 years.

Experts stress the need to act as fast as possible at an international level, involving states and organizations by forcing them to reduce greenhouse gasses, to mitigate global warming. The only way to handle this process is to build a structured multi-level governance, with middle and long-term goals that can be checked and revised periodically.

Source : Legambiente, Italian Glacier Committee.