Réchauffement climatique et incendies : la manque d’anticipation de nos gouvernants

Concentrations de CO2 : 428,59 ppm (24 juillet 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,86 ppb (mars 2026)

Nos gouvernants – et pas seulement en France – n’ont pas voulu prendre aux sérieux les alertes lancées par les scientifiques depuis de nombreuses années à propos de l’accélération du réchauffement climatique et nous en payons aujourd’hui les pots cassés. Les incendies de végétation qui ravagent de nombreux pays européens montrent que l’anticipation de tels événements n’a jamais été au rendez-vous. Le long terme n’intéresse pas les politiques. Je me marre quand je lis que le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur déclare que « les moyens ont doublé depuis trois ans, et on est encore en train d’en rajouter. Qui, en Europe, qui, dans le monde, a fait un tel effort ? Personne. » Sauf que ce n’est pas depuis 3 ans que les climatologues lancent des messages d’alerte à répétition !! Comme tous les autres politiques, le monsieur en question ne voit pas plus loin que le bout de son nez.

Pour faire face aux brasiers dans le Var et en Gironde, on agit dans l’urgence. Le président Macron a demandé l’activation du mécanisme de protection civile de l’UE, et des renforts aériens sont attendus « rapidement ». C’est bien, mais c’est trop tard : la Gironde et le Var brûlent, avec une dévastation à très grande échelle. Nous ne sommes que début juillet et le bilan des incendies de l’été 2026 en France est déjà particulièrement inquiétant. Le président de la République, qui déplore une situation « sous très forte tension », assure que les sapeurs-pompiers français vont pouvoir compter sur l’appui « de deux Canadair croates, de deux Air Tractor portugais ainsi que de deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèque et slovaque ». Très bien, mais pourquoi la France ne s’est elle pas dotée de ces moyens avant la survenue des catastrophes ?On trouve de l’argent pour financer des Jeux Olympiques; on doit bien pouvoir en trouver pour acheter des équipements indispensables !

De toute évidence, on ne peut que constater une anticipation insuffisante face à des feux qui vont se faire de plus en plus réguliers. Les experts préviennent que, si on continue sur la même trajectoire, les prochaines années devraient connaître une augmentation de 13 à 22 % des incendies. Il est donc urgent d’être mieux préparés.

Quoi qu’en disent certains, le réchauffement climatique et son accélération ces dernières années sont la cause de ces incendies. Les records de chaleur et les deux canicules de mai et juin ont contribué à une sécheresse précoce et intense ainsi qu’à un dessèchement des végétaux. 

À cela s’ajoute un constat politique sans appel : le gouvernement a sabordé ses moyens et ses lignes de défense. L’Office national des forêts (ONF) a vu ses effectifs sans cesse rabotés depuis vingt ans. En 1986, l’ONF comptait 16 000 personnes. Les effectifs sont tombés à 12 000 personnels en 1999, pour atteindre aujourd’hui 7 611 personnes auxquelles on a ajouté 500 apprentis en 2025. Plutôt que de prendre soin de nos forêts, l’exécutif ne jure que par les solutions techniques, avec les Canadairs comme d’autres ne jurent que par la climatisation face à la canicule. Le pire, c’est que cette réponse a été totalement défaillante. On n’oublie pas le fiasco des commandes de bombardiers d’eau, torpillées par les coupes budgétaires de Gabriel Attal !

Pour terminer, ce serait une erreur que de prendre en compte uniquement une solution technologique telle que les Canadairs pour faire face aux incendies de végétation. Toute discussion sur les Canadairs devrait être suivie de débats beaucoup plus longs sur la réduction des émissions de CO2 et sur l’adaptation de nos paysages, de nos forêts et de nos modes de vie au réchauffement climatique. 

Incendie en Gironde (Crédit photo: Protection Civile)

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