L’Arctique en 2015 : Un gros sujet d’inquiétude // The Arctic in 2015 : A lot to worry about

drapeau-francaisSelon un rapport annuel publié cette semaine par le gouvernement et des scientifiques universitaires, les températures de l’air au-dessus de l’Arctique en 2015 sont les plus élevées jamais enregistrées depuis 1900. L’Arctic Report Card 2015, un projet parrainé par la National Oceanic and Atmospheric Administration et rédigé par 72 scientifiques de 11 nations, fait le point sur l’état de la météo, de la banquise, de la couverture neigeuse, ainsi que de la faune marine et terrestre dans l’Arctique et les terres subarctiques, et montre les changements subis par ces régions qui continuent à se réchauffer deux fois plus vite que le reste de notre planète. Le rapport arrive quelques jours après que les gouvernements de 196 pays aient conclu un accord à Paris pour réduire les émissions de dioxyde de carbone. Ces gouvernements se sont engagés à limiter le réchauffement climatique à 2 degrés Celsius et ont fixé un objectif plus ambitieux de 1,5 degré.

Voici quelques-unes des conclusions de l’Arctic Report Card:
Si la promesse de la COP 21 de limiter le réchauffement climatique à 2°C était tenue, cela n’arrêterait ou n’inverserait pas le changement climatique dans l’Arctique dans le court terme, a déclaré un co-auteur du rapport. « Même si le monde limite le réchauffement à 2 degrés, il faut s’attendre à un réchauffement de 4 ou 5 degrés pour les hivers 2040 – 2050 dans l’Arctique au vu du CO2 qui se trouve déjà dans l’atmosphère et que nous y introduirons dans les 20 prochaines années ». Cependant, selon ce même scientifique, si des mesures drastiques sont prises dès à présent pour réduire ces émissions de CO2, la prochaine génération aura probablement encore un été sans glace, mais on peut espérer que la suivante verra un début du retour de la banquise.
Pour l’instant, la banquise poursuit sa tendance à la disparition saisonnière. En février 2015, la banquise de l’Arctique a atteint son maximum annuel, mais c’est le niveau le plus faible enregistré depuis le début des observations satellitaires en 1979. La saison de fonte a commencé 15 jours plus tôt que la moyenne et occupe la deuxième place par sa précocité dans 38 années de données satellitaires. En février et mars, époque où le gel est à son maximum, 70% de la banquise étaient composée de glace nouvelle et fragile de l’année et seulement 3% étaient occupés par une glace pluriannuelle de plus de 4 ans. Il faut comparer ces chiffres à ceux de1985, époque où 20% de la glace était âgée de plus de 4 ans et seulement 35% était de la glace dans sa première année.
Au cours de l’année 2015, l’augmentation de la température de l’air de l’Arctique a été spectaculaire. Pour les terres situées au nord de 60 degrés de latitude, la température moyenne annuelle de l’air en surface a été de 1,3°C supérieure à la moyenne mesurée sur le long terme entre1981 et 2010, avec une élévation de 2,9°C depuis le début du 20ème siècle. Cela signifie que la température de l’air sur les terres du Nord circumpolaire en 2015 marque un record depuis le début des relevés précis.
Il existe un lien étroit entre la hausse des températures dans l’Arctique et les conditions climatiques dans les latitudes plus tempérées. Cela est particulièrement évident dans le Pacifique Nord, où l’air chaud qui a traversé l’Alaska entre novembre 2014 et juin 2015 a créé des conditions favorables au développement de violents incendies dans cet Etat.
La température des eaux de surface dans toutes les mers de l’Arctique est en hausse et le réchauffement le plus spectaculaire en 2015 a été observé dans la mer des Tchouktches en Alaska et dans l’est de la Baie de Baffin au large du Groenland où la températures de l’eau de surface a augmenté de 0,5°C par décennie depuis 1982.
La fonte de la neige continue à se produire plus tôt au printemps – une tendance observée précédemment – et le manteau neigeux en juin en Amérique du Nord et dans l’Arctique eurasien a été en 2015 le deuxième par sa faiblesse depuis le début des relevés satellitaires en 1967.
Une constatation assez surprenante a été mise en évidence dans le rapport : On observe une tendance au « brunissement » de la toundra avec la disparition des plantes dans l’Arctique. Jusqu’à récemment, la végétation des hautes latitudes fleurissait et se répandait à la surface du sol, mais ce processus est inversé. La verdeur de la toundra en 2014, l’année de mesure la plus récente, était inférieure à la moyenne établie sur 33 ans.
Source: NOAA Arctic Report Card 2015: http://www.arctic.noaa.gov/reportcard/exec_summary.html

——————————-

drapeau-anglaisAir temperatures over the Arctic landscape were higher over the past year than at any other time since 1900, according to an annual report released Tuesday by government and academic scientists. The 2015 Arctic Report Card, a project sponsored by the National Oceanic and Atmospheric Administration and authored by 72 scientists from 11 nations, details the state of weather, sea ice, snow cover and marine and wildlife habitat in the Arctic and subarctic, and how those have changed as the region continues to warm at about twice the global pace. The report comes days after governments of 196 nations reached an agreement in Paris to curb carbon dioxide emissions. The governments committed to limit global warming to 2 degrees Celsius and set a more ambitious goal of achieving a 1.5-degree limit.
Here are some of the conclusions of the report:
Accomplishing the 2°C promise of the Paris conference would not arrest or reverse Arctic climate change in the short term, said a co-author of the Arctic Report Card. “If the globe goes to 2-degree warming, we’re looking at a 4- or 5-degree warming for the winter in the Arctic by 2040, 2050. That’s based upon the CO2 that we’ve already put into the atmosphere and will be putting in for the next 20 years.” However, provided actions are taken now to curb emissions, the next generation may see an ice-free summer but, hopefully, their descendants will see a return of more sea ice later in the century.
For now, sea ice is continuing its trend toward seasonal disappearance. In February, Arctic sea ice extent hit its annual maximum; the lowest maximum since satellite records began in 1979. The melt season began 15 days earlier than average and was the second-earliest start in the 38-year satellite record. In February and March, the time of peak freeze, 70 percent was new and fragile first-year ice and only 3 percent was thick multiyear ice more than 4 years old. That compares to the situation in 1985, when 20 percent of the ice was more than 4 years old and only 35 percent was first-year ice.
Over the past year, the increase in Arctic air temperature was dramatic. For lands north of 60 degrees latitude, average annual surface air temperatures were 1.3°C warmer than the long-term average measured from 1981 to 2010, and 2.9°C warmer since the beginning of the 20th century. That means air temperatures over land in the circumpolar north were higher during the course of the past year than at any other time since detailed records first began being kept.
There are strong connections between the usual warmth in the Arctic and conditions in more temperate latitudes. That was particularly evident in the North Pacific, where warm air flowed across Alaska from November 2014 to June 2015, creating conditions that contributed to the state’s second-biggest wildfire season on record.
Sea-surface temperatures in all seas of the Arctic Ocean are increasing, and the most dramatic warming over the past year was found in the Chukchi Sea off Alaska and eastern Baffin Bay off Greenland, where surface water temperatures have risen 0.5°C per decade since 1982.
Spring snowmelt continues to occur earlier, a trend previously observed, and June snowpack in the North American and Eurasian Arctic was the second lowest in a satellite record that goes back to 1967.
One puzzling finding highlighted in the report is a trend to tundra “browning” – the disappearance of plants in the Arctic. Until recently, high-latitude vegetation was blooming and spreading, but that process has reversed. Tundra greenness in 2014, the most recent year of measurement, was below the 33-year average.
Source : NOAA Arctic Report Card : http://www.arctic.noaa.gov/reportcard/exec_summary.html

Groenland-blog

Photo: C. Grandpey

Ruapehu (Nouvelle Zélande)

drapeau francaisIl est recommandé aux randonneurs de ne pas se rendre à proximité du lac de cratère du Ruapehu car il y a un risque de petites éruptions. En effet, la température du lac stagne à 15 degrés depuis deux semaines alors qu’elle varie généralement entre 10 et 40 degrés et ne reste pas stable très longtemps. Les volcanologues néo-zélandais pensent que si une éruption a lieu, elle affectera uniquement la zone sommitale du volcan. La probabilité reste faible malgré tout et le niveau d’alerte est maintenu à 1, le niveau normal.
Deux raisons peuvent expliquer la fraîcheur actuelle de l’eau dans le lac de cratère du Ruapehu. D’une part, il peut s’agir d’une variation normale de la température. Parfois, le magma dégage beaucoup de chaleur, d’autres fois il en dégage moins ; c’est la situation la plus fréquente. D’autre part, le lac peut s’être refroidi suite à un blocage dans le conduit éruptif. Un tel blocage peut potentiellement causer une éruption suite à une hausse de la pression des gaz. Les mesures des émissions de gaz effectuées vendredi dernier autour du lac ne révèlent rien d’anormal.

La température du lac du Ruapehu est descendue à moins de 10 degrés en 1998 et il y a eu une éruption. D’autres baisses de température ont été enregistrées en 1995 et 1996.
Des panneaux d’avertissement ont été placés au sommet des domaines skiables de Whakapapa et Turoa et à l’extrémité de la Tukino Road. Cependant, les activités sur les trois domaines skiables ne sont pas affectées.
Source: Presse néo-zélandaise.

————————————————–

drapeau anglaisHikers are advised not to get close to the crater lake on Mt Ruapehu as minor eruptions could occur. Indeed, the lake’s temperature currently has stalled at 15 degrees for two weeks whereas it usually fluctuates between 10 and 40 degrees and does not stay one temperature for too long.  Local volcanologists think that if an eruption occurred, it could affect the summit area. However, the likelihood of any eruption is not high and the alert level is kept at 1, the normal level.

There may be two reasons for the crater lake to remain relatively cold. Firstly, it could just be normal fluctuation. Sometimes the magma is putting out a lot of heat, and sometimes it’s not, and that’s the most common reason. Secondly, the lake may be cool because a blockage has developed in the vent between the magma and the lake. Such a blockage could potentially cause an eruption, after pressure builds.

Gas outlets at the crater lake were measured last Friday, and they appeared to behaving normally.

Ruapehu’s lake last cooled below 10 degrees in 1998, and an eruption followed.  Similar drops in temperature were recorded in 1995 and 1996.

Advisory signs have been erected at the top of Whakapapa and Turoa ski areas and the Tukino Road end. However, operations at all three ski areas are not affected.

Source : New Zealand newspapers.

Lac de cratère du Ruapehu (Photo: C. Grandpey)

Mauna Loa (Hawaii / Etats Unis)

drapeau francaisLa dernière éruption du Mauna Loa a eu lieu en1984 et le volcan est placé sous haute surveillance. Les paramètres montrent qu’il est actif et qu’une éruption est probable à plus ou moins long terme.

La sismicité est élevée dans plusieurs parties du volcan. Ainsi, sur l’Upper Southwest Rift Zone et sur le Mokuaweoweo Crater, on a enregistré près de 200 événements en avril. Aucun essaim sismique n’a été enregistré sur le flanc ouest mais la sismicité reste supérieure à la normale avec 13 événements pour le seul mois d’avril. Toutefois, cette sismicité est beaucoup plus faible que celle enregistrée avant les éruptions de 1975 et 1984.

Le gonflement de l’édifice est stable et semblable à celui observé depuis le milieu de l’année 2014.
Aucun changement significatif n’a été enregistré dans les mesures de SO2, CO2 au cours du mois d’avril.

A partir du 3 avril, la température des fumerolles dans le Mokuaweoweo Crater a connu une certaine hausse et est passée de 79,5°C à 83°C. C’est la plus forte hausse enregistrée par les capteurs jusqu’à présent.

Source : HVO.

 ——————————————————

drapeau anglaisMauna Loa’s last eruption was in 1984 and the volcano is closely monitored. All parameters show it is active and an eruption is likely in the future.

Seismicity remains elevated in several parts of the volcano. Earthquake rates on the Upper Southwest Rift Zone and Mokuaweoweo Crater remain elevated, with nearly 200 events in April. Though there were no swarms on the west flank of Mauna Loa, earthquake rates remained above background with approximately 13 events occurring in April. However, all earthquakes in the past month have been small relative to sequences observed before eruptions in 1975 and 1984.
Inflation continues and is similar to the average rates measured since the start of the current inflationary period in mid-2014.

No significant changes in SO2, CO2 were recorded by the Mokuaweoweo gas and temperature monitors during April.

Beginning around April 3rd, fumarole temperature rose  om 79.5°C to 83°C by the end of the month. This is the highest temperature recorded by the fumarole monitor, thus far.

Source: HVO.

Mauna-Loa-blog-2

Vue du cratère sommital du Mauna Loa  (Photo:  C.  Grandpey)

Ruapehu (Nouvelle Zélande): Montée en température du lac de cratère // Increase in temperature of Crater Lake

Dans un bulletin publié le 30 janvier 2015, le GNS Science indique que le lac de cratère du Ruapehu connaît une nouvelle montée en température. Depuis le début du mois de décembre 2014, la température est passée de 15 ° C à plus de 40 ° C. Des températures semblables ont déjà été relevées en mars 2011 et avril 2014, avant que le lac refroidisse ensuite.
Un échantillonnage récent de l’eau du lac (effectué le 14 janvier) a révélé plusieurs changements intervenus dans la chimie du lac. En particulier, on observe une arrivée accrue de gaz volcaniques dans le lac. L’augmentation de la température du lac et l’arrivée de gaz indiquent probablement une nouvelle montée en température du système hydrothermal qui se trouve sous le lac. Les observations récentes sur le terrain et des rapports de pilotes confirment qu’une certaine convection est présente dans le lac qui a, de ce fait, changé de couleur et est passé du bleu-vert au gris clair.
Depuis 1950, la température du lac de cratère du Ruapehu a oscillé entre 9°C et 60°C. Pendant le quart de cette période, le lac a eu une température supérieure à 37°C, avec une moyenne d’environ 30°C. Les cycles de température ne sont pas rares ;  il y a eu cinq cycles de réchauffement de l’eau depuis 2010.
Dans le passé, des modifications de températures semblables à celles qui se produisent actuellement ont débouché sur deux types de situations :
1) Dans la plupart des cas, la température du lac atteint un maximum (40-42°C), qui dure un court laps de temps (quelques jours ou quelques semaines), puis le lac commence à refroidir, sans activité éruptive. La situation actuelle semble correspondre à ce cas de figure.
2) Plus rarement, la température du lac continue d’augmenter et de petites éruptions de vapeur peuvent apparaître dans le lac de cratère. C’est ce qui a été observé entre 1985 et 1995. Si la température du lac continuait d’augmenter, des éruptions volcaniques plus importantes pourraient se produire.
L’alerte volcanique pour le Ruapehu reste à 1 (sur une échelle de 5). La couleur de l’alerte aérienne est maintenue au Vert.

 ———————————————————

In a bulletin released on January 30th 2015, GNS Science indicates that Mt Ruapehu’s Crater Lake has been heating again. Since early December 2014 the temperature has risen from 15 °C to over 40 °C. Similar temperatures were reached in March 2011 and April 2014, before the lake cooled.

Data from a recent Crater Lake sampling (January 14th) has shown there are several changes in the lake chemistry. In particular, there is evidence for increased amounts of volcanic gas discharging through the lake. The increase in the lake temperature and gas discharge is probably indicative of renewed heating of the hydrothermal system under the lake. Observations from recent visits and pilot reports confirm some convection is present in the lake. The lake has changed from a blue/green colour to light grey as a consequence.

Since 1950, the temperature of Ruapehu’s Crater Lake ranged from 9°C to 60°C. About 25% of the time the lake is warmer than 37°C with an average of about 30°C. Cycling of the lake temperature is not unusual and there have been 5 heating cycles since 2010.

In the past changes like the current ones have had two typical outcomes:

1) In most cases the lake temperature reaches a maximum (40-42 °C), which lasts a short time (days-weeks) and then the lake starts cooling with no eruptive activity. The current situation seems to correspond to this hypothesis.

2) More rarely the lake temperature continues to increase and minor steam eruptions may start in the Crater Lake. This was observed between 1985 and 1995. If the lake temperature continued to increase, larger volcanic eruptions could occur.

The Volcanic Alert Level for Ruapehu remains at 1 (on a scale of 5). The Aviation Colour Code is Green.

Le lac de cratère du Ruapehu  (Photo:  C.  Grandpey)