Glaciers actifs, volcans actifs : deux poids, deux mesures

Pourquoi « glacier actif »? Parce qu’un glacier digne de ce nom est une rivière de glace en mouvement, bien alimentée par la zone d’accumulation où elle prend sa source. Malheureusement, avec le réchauffement climatique, cette zone est moins bien alimentée en neige. Le glacier recule et s’amincit. L’eau de fonte s’infiltre à travers la glace et sa pression peut provoquer des ruptures de la partie frontale, comme cela vient de se produire sur le glacier de la Marmolada.

L’accident sur le glacier italien de la Marmolada dans les Dolomites a montré à quel point l’univers de haute montagne peut être dangereux, et encore plus à l’heure actuelle avec le réchauffement climatique. Les glaciers peuvent s’effondrer et déclencher de redoutables chutes de séracs. Les parois rocheuses peuvent lâcher prise avec le dégel du permafrost de roche. En juillet 2019, deux alpinistes ont été rués par des blocs qui se sont soudainement détachés d’une paroi du Cervin en Suisse. Dans une note publiée le 26 août 2019, j’écrivais : « Dans le massif du Mont-Blanc, près de 70 éboulements ont été recensés jusqu’à présent sur l’année 2019. Ils font suite à ceux observée en 2018, comme l’effondrement d’une section de l’Arête des Cosmiques le 22 août 2018, pas très loin de l’Aiguille du Midi. Que ce soit au Mont Maudit, sous l’Aiguille des Deux Aigles, ou à la Tour Ronde, les éboulements s’enchaînent à un rythme effréné. » J’ajoutais que les alpinistes doivent redoubler de prudence et être très vigilants pendant leurs courses

Malgré ces effondrements et ces accidents, aucune interdiction n’est décrétée en été sur le massif alpin pour empêcher randonneurs et alpinistes de se faire tuer lorsqu’ils pratiquent des activités en haute montagne. De la même façon, aucune interdiction n’est formulée en hiver concernant le ski hors-piste quand le risque d’avalanche est très élevé. On met en garde, mais on n’interdit pas.

Suite au coup de chaud qui a frappé le Mont Blanc au mois de juin 2022, des crevasses de 16 mètres de profondeur sont apparues sur l’arête des Bosses, la dernière ligne droite avant l’ascension par la voie normale, la plus simple pour atteindre le sommet, et donc la plus fréquentée par les alpinistes. L’ascension sera donc plus difficile cette année. Afin de ne pas dénaturer la montage, il a été décidé qu’aucun équipement de sécurité ne serait installé à proximité de cette crevasse. Tout restera en l’état, mais les guides de haute montagne seront encore plus pointilleux lors de la vérification des aptitudes physiques et techniques des alpinistes. Là encore, des recommandations, mais pas d’interdictions.

Suite à l’effondrement du glacier de la Marmolada, l’alpiniste italien Reinhold Messner a déclaré qu’il faudrait interdire l’accès au glacier car les températures trop élevées peuvent provoquer de nouvelles chutes de séracs. Messner sera-t-il entendu? J’en doute, car le mot « interdiction » ne fait pas partie du vocabulaire de la haute montagne, monde de la liberté.

En revanche, le mot « interdiction » fleurit de plus en plus sur les volcans actifs. Pas question d’aller se promener sur la lèvre du cratère de La Fossa à Vulcano, pas plus que sur la zone sommitale de l’Etna, et encore moins sur le Pizzo du Stromboli.

Certaines de ces interdictions sont justifiées. S’agissant du Stromboli, le volcan a pris l’habitude d’exploser sans prévenir et mieux vaut ne pas se trouver à proximité des cratères quand cela se produit. Un randonneur qui se trouvait en zone autorisée le 3 juillet 2019 a été tué au cours d’un tel événement.

S’agissant de l’Etna, je pense que les autorités pourraient faire preuve de davantage de souplesse. Pourquoi ne pas autoriser l’approche des cratères à des groupes encadrés par les guides, les participants ayant auparavant signé une décharge qui met les autorités à l’abri de poursuites en cas d’accident? On va bien sûr me rétorquer que des explosions peuvent se produire sans prévenir, comme pour le Stromboli. Un tel drame a eu lieu le 12 septembre 1979 quand 9 touristes ont été tués et 23 autres blessés par une explosion soudaine de la Bocca Nuova. Je répondrai que des skieurs ont été tués par des avalanches, mais la montagne où ont eu lieu les accidents n’a jamais été interdite.

S’agissant du cratère de La Fossa à Vulcano, je pense que son accès pourrait être autorisé, quitte à indiquer que la zone fumerollienne sur la lèvre présente des risques. Il faut, bien sûr, interdire la descente au fond de ce même cratère car les gaz peuvent s’y accumuler. Le sentier qui fait le tour du sommet du volcan est bien ventilé – nous sommes dans les Iles Eoliennes – et le risque d’asphyxie est pratiquement nul. Il est bien évident que des personnes asthmatiques ou souffrant de problèmes respiratoires doivent s’abstenir de grimper sur ce volcan. Sur l’île proprement dite, le seul risque, à mes yeux, réside dans les émissions de CO2 détectées à l’intérieur de certaines habitations. Il suffit alors de ne pas faire coucher les gens au rez-de-chaussée des maisons. Pour le reste, le risque est minime.

Aujourd’hui en milieu volcanique, les autorités ont recours au sacro-saint principe de précaution. Les maires n’ont pas envie d’être poursuivis en justice et d’aller en prison en cas de problème. Mais interdire à tout va n’est pas, non plus, la bonne solution. Un touriste a autant de risque qu’un scientifique de se faire percuter par une bombe au sommet de l’Etna!

Au final, est-il moins dangereux de se trouver sous le front du glacier des Bossons ou du glacier d’Argentière que sur la lèvre de la Bocca Nuova ? Chute de sérac ou bombe volcanique? A vous de choisir!

Glacier d’Argentière

Bocca Nuova de l’Etna en 1999

(Photos: C. Grandpey)

 

 

 

 

 

 

 

Conflit entre principe de précaution et intérêts touristiques à Vulcano (Iles Eoliennes)

La situation actuelle sur l’île éolienne de Vulcano (Sicile) illustre parfaitement le conflit entre le principe de précaution décidé par les autorités et les intérêts touristiques défendus par les habitants.

Dans une lettre adressée à différentes institutions (Protection Civile, INGV, Région Sicile, Commune de Lipari), le Comitato Spontaneo Vulcano qui rassemble les principaux acteurs économiques de l’île dresse un tableau très pessimiste de la situation actuelle imposée par les mesures de sécurité et demande aux autorités que des allègements soient mis en place pour la prochaine saison estivale.

Au début de sa lettre, le comité explique que les ordonnances émises par le maire de Lipari ont un effet désastreux sur l’île de Vulcano. Il apprécie le fait que les autorités compétentes se préoccupent de la santé et de la sécurité de la population, mais constate que ces mesures ont « des répercussions préjudiciables au bien-être économique et social de l’île. » Les touristes visitent les Iles Eoliennes, mais très peu s’arrêtent à Vulcano pour séjourner dans des hôtels et des chambres d’hôtes. On ne compte plus les annulations de réservations.
A cause des mesures prises depuis près d’un an maintenant et des pertes économiques qui ont suivi, les habitants de Vulcano craignent que leurs revenus ne suffisent plus à répondre aux besoins des familles hors saison. Ils regrettent aussi la publicité négative et alarmiste répandue par les médias qui ont oublié les conséquences pour ceux qui vivent sur l’île,

La lettre rappelle les mesures imposées en décembre 2021 à la population de Vulcano lorsque les scientifiques ont détecté de dangereuses émissions de CO2, SO2 et H2S avec l’obligation pour certaines personnes d’évacuer leurs maisons et d’aller vivre chez des parents ou dans des hôtels, avec des compensations financières qui ont été très longues à arriver. .

Parallèlement à ces mesures, les contrôles se sont intensifiés, avec la promesse de placer des détecteurs de gaz dans les endroits les plus sensibles, dans les habitations et les structures touristiques, en sachant que certains ne sont jamais arrivés. Deux stations de mesures ont été installées (l’une d’elles ne fonctionne pas), et un test d’évacuation a été effectué pour lequel des milliers d’euros ont été dépensés. La sécurisation des jetées de secours a été promise, ainsi que l’aménagement des routes menant aux espaces, indispensables en cas d’urgence, mais ces travaux restent inachevés. Le Comité voudrait savoir comment ont été utilisés les cinq millions alloués à l’époque, ainsi que les dix millions destinés à ces derniers travaux.
Après l’urgence du début 2022, les bulletins quotidiens et hebdomadaires émis par l’INGV, l’ARPA et ISPRA ont révélé le retour à des valeurs et des niveaux stables et absolument pas
alarmants. Malgré cela, l’ascension du volcan interdite en octobre 2021 se poursuit de nos jours, avec le risque d’une amende de 500 euros pour les contrevenants.
Le Comité souligne (NDLR: avec raison semble-t-il) que de nombreux touristes ne sont pas au courant de cette disposition, étant donné la très mauvaise signalisation de l’interdiction. Là encore, pourquoi ne pas avoir remplacé l’interdiction par l’ascension du volcan avec des guides volcanologiques professionnels les jours où les conditions géophysiques et météorologiques le permettent (NDLR: comme cela se fait à Stromboli).

À ce jour, Vulcano est une île partiellement interdite. [Suite à la décoloration de l’eau de mer], la Baia di Levante a été grossièrement fermée avec du ruban de chantier rouge et blanc, et (plus récemment et uniquement pour une entrée de la plage) avec des barrières sans aucune indication. Malgré l’ordonnance qui rappelle l’interdiction, la plage grouillait de touristes enfreignant la loi, avec des risques pour leur santé, bien qu’aucune maladie n’ait été signalée.

Le Comité regrette que l’interdiction d’accès à cette plage s’appuie sur la constatation d’un phénomène (la décoloration de l’eau de mer) qui se produit ponctuellement à Vulcano et qui n’a rien de particulièrement alarmant. De plus, la température, le pH, et les paramètres physico-chimiques mesurés le 26 mai 2022 n’ont rien révélé d’inquiétant. De nombreux habitants de l’île rappellent que de plus importantes quantités de fumerolles ont été observées sur la plage et sur le volcan dans les années 1980 et 1990; à cette époque, la vie des habitants et des touristes s’est poursuivie normalement. Il existe d’innombrables photos de la plage prises au cours des années passées montrant une mer décolorée comme aujourd’hui. Selon le Comité, « ce phénomène n’est nouveau que pour ceux qui ont décidé d’exploiter politiquement et médicalement l’urgence au détriment de la population. »

Le Comitato Spontaneo Vulcano ne critique absolument pas les conclusions scientifiques des autorités compétentes. Il demande seulement une gestion des mesures d’urgence qui permette aux habitants de continuer à vivre et nourrir leurs enfants.

Ainsi, les interdictions pures et simples pourraient être remplacées par le positionnement d’opérateurs spécialisés qui suivraient l’évolution de l’activité volcanique et alerteraient la population en cas d’urgence réelle et immédiate.

Le Comité ne comprend pas la position de « la Protection Civile qui pousse vers la fermeture totale de l’île ». « Les volcanologues ont confié leur surprise devant une mesure qu’ils jugent douteuse, exagérée et extrêmement contraire à l’éthique. »

Source : Eolie News.

°°°°°°°°°°

On peut comprendre la position des autorités siciliennes qui ne voudraient pas que la situation volcanique dégénère au coeur de la saison estivale, quand Vulcano est envahie par des milliers de touristes. N’oublions pas que certains scientifiques italiens ont failli aller en prison pour ne pas avoir suffisamment mis en évidence le risque sismique dans une autre région du pays.

On peut aussi comprendre le point de vue des habitants de l’île qui sont fortement pénalisés par les interdictions. A leurs yeux, les mesures effectuées par les scientifiques n’ont rien d’alarmant et ne justifient pas l’abondance d’interdictions. Il est vrai qu’aucune interdiction n’a été prononcée dans les années 1990 quand le cratère de la Fossa a connu une montée en température très semblable à celle d’aujourd’hui…

Vous trouverez l’intégralité de la lettre du Comitato Spontaneo Vulcano en cliquant sur ce lien :

https://www.giornaledilipari.it/vulcano-tra-proibizionismo-e-misure-non-attuate-il-comitato-chiede-spiegazioni/

Photo: C. Grandpey

Volcans du monde // Volcanoes of the world

  Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Situé à la frontière entre l’Équateur et la Colombie, le complexe volcanique Chiles-Cerro Negro montre des signes d’activité. L’Instituto Geofísico de la Escuela Politécnica Nacional (IGEPN) signale une augmentation de la sismicité dans la région. Elle a commencé le 27 mai 2022 pour atteindre près de 500 événements le 31 mai, avec une magnitude maximale de M 2,5.
On n’a pas connaissance d’activité éruptive récente pour les volcans Chiles et Cerro Negro. Cependant, il y a eu plusieurs épisodes de sismicité sous ce complexe volcanique ces dernières années. Le sommet le plus élevé, couvert de glaciers, du Chiles, à environ 4 km à l’ESE du Cerro Negro, est entré en éruption pour la dernière fois il y a environ 160 000 ans.
Source : IGEPN.

 

Récente sismicité sous le complexe Chiles-Cerro Negro (Source: IGEPN)

++++++++++

L’éruption sommitale du Kilauea (Hawaï), dans le cratère de l’Halema’uma’u, se poursuit. Selon le HVO, les données actuelles indiquent que ce scénario ne devrait pas évoluer dans les prochains jours. Aucun changement significatif n’a été observé au sommet ou sur l’East Rift Zone.
La lave s’écoule d’une bouche dans la partie ouest de l’Halema’uma’u et se déverse dans le lac de lave. DE petites émissions sont également visibles sur le plancher du cratère. Le lac de lave montre une activité de surface continue.
Des mesures effectuées lors d’un survol le 10 mai 2022 ont indiqué que le fond du cratère s’était élevé d’environ 106 mètres et que 77 millions de mètres cubes de lave avaient été émis depuis le début de l’éruption le 29 septembre 2021.
Source : HVO.

 

Crédit photo: HVO

++++++++++

Dans un bulletin émis le 7 juin 2022,l’INGV indique que de nouvelles fractures sont apparues sur l’Etna (Sicile) à la base de la paroi nord de la Valle del Bove, dans le secteur de Serracozzo. Une émission de lave est observée dans la partie la plus en aval de ce système de fractures. Le point d’émission est situé à une altitude d’environ 1800 m.
Le tremor montre une tendance à la baisse. il est passé de valeurs élevées à moyennes. La source du tremor se situe au niveau du Cratère SE à une altitude d’environ 2900 mètres.
Source: INGV.

 

La coulée de lave le 7 juin 2022 (capture écran webcam)

++++++++++

Le CENAPRED indique que le Popocatepetl (Mexique) a connu un épisode éruptif à 05h36 (UTC) le 7 juin 2022, après plus d’un mois de calme relatif. Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune, phase deux.

https://twitter.com/i/status/1534101399608475650

Le CENAPRED conseille fortement aux habitants et aux touristes de ne pas s’approcher du volcan et surtout du cratère, et de rester à l’écart des ravines en raison du risque de coulées de boue et de débris.

Capture d’écran d’une des caméras du CENAPRED

++++++++++

L’incendie qui s’est déclaré sur l’île de Stromboli (Sicile) le 25 mai 2022 a détruit quelque 250 hectares de végétation sur le flanc NE du volcan. Voici deux images satellites montrant Stromboli avant et après le désastre.

 

Source: Copernicus Satellite-2.

++++++++++

Une nouvelle éruption s’est produite sur l’Anak Krakatau (Indonésie) à 06h05 (UTC) le 8 juin 2022, avec une colonne de cendres qui s’est élevée à environ 500 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 3 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à Orange.
Il est conseillé aux visiteurs de ne pas s’approcher du volcan à moins de 5 km du cratère actif.
On se souvient que l’activité volcanique de Anak Krakatau s’était intensifiée en avril 2022, avec de violents événements explosifs le 24 avril.
Source : CVGHM.

 

Capture d’écran de la webcam

++++++++++

Ces derniers jours, les carabiniers de la compagnie Milazzo ont effectué des contrôles sévères dans les îles Éoliennes. En plus des contrôles classiques d’alcoolémie ou téléphone au volant, possession de stupéfiants et troubles à l’ordre public, les carabiniers ont verbalisé à Vulcano cinq touristes, qui ont dû payer chacun 500 euros pour avoir violé l’actuelle ordonnance émise par le maire de Lipari qui, pour des raisons de sécurité, interdit l’accès du cratère de la Fossa aux visiteurs et randonneurs. Ce n’est pas la première fois que les carabiniers verbalisent des contrevenants sur le volcan. A noter que l’accès aux bains de boue et à la plage de Levante est également interdit.

Source: Eolie News.

Photo: C. Grandpey

++++++++++

Le 2 juin 2022, le Met Office islandais (IMO) a indiqué que l’inflation du sol sur la péninsule de Reykjanes (Islande) avait considérablement diminué et que la sismicité était en baisse, elle aussi, avec seulement environ 150 événements enregistrés la veille. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne a été abaissée au Vert car les données n’indiquaient aucun mouvement de magma.
Source : IMO.

++++++++++

L’Observatoire volcanologique de Rabaul (RVO) indique que le 2 juin 2022, une petite éruption a été observée sur l’Ulawun (Papouasie-Nouvelle-Guinée) avec des panaches de cendres qui sont montés à environ 3 km au-dessus du sommet. La crise éruptive a duré 10-15 minutes. De petites retombées de cendres ont été signalées dans les zones sous le vent.
Source : RVO.

°°°°°°°°°°

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

——————————————–

Here is some news of volcanic activity around the world :

Located on the border of Ecuador and Colombia, the Chiles-Cerro Negro volcanic complex is shoning signs of activity. The Instituto Geofísico de la Escuela Politécnica Nacional (IGEPN) is reporting an increase in seismicity in the area. It started on May 27th, 2022, reaching almost 500 events on May 31st with a maximum magnitude of M 2.5.

There are no confirmed historical records of eruptive activity for the Chiles and Cerro Negro volcanoes. However, there were several episodes of increased seismicity under this volcanic complex in recent years. The higher, glacier-covered summit of Chiles, about 4 km ESE of Cerro Negro, last erupted about 160 000 years ago.

Source: IGEPN.

++++++++++

The summit eruption of Kilauea (Hawaii), within Halemaʻumaʻu crater, continues. According to HVO, current data indicate that this scenario is likely to continue. No significant changes have been noted at the summit or in the East Rift Zone.
Lava is flowing from Halemaʻumaʻu western vent into the active lava lake and ooze-outs are observed onto the crater floor. The active lava lake shows continuous surface activity.

Overflight measurements on May 10th, 2022 indicated that the crater floor had seen a total rise of about 106 meters and that 77 million cubic meters of lava had been emitted since the beginning of the eruption on September 29th, 2021.

Source: HVO.

++++++++++

In an update issued on June 7th, 2022, INGV indicates that new fractures have appeared on Mt Etna (Sicily) at the base of the north wall of the Valle del Bove, in the Serracozzo area. A lava emission is observed in the most downslope part of this fracture system. The emission point is located at an altitude of about 1800 m.
The tremor shows a downward trend, from high to medium values. The source of the tremor is located at the SE Crater at an altitude of about 2900 meters.
Source: INGV.

++++++++++

CENAPRED indicates that Popocatepetl (Mexico) went through an eruptive episode at 05:36 (UTC) on June 7th, 2022, after more than a month of relative quiescence. The Alert Level remains at Yellow, Phase Two.

https://twitter.com/i/status/1534101399608475650

CENAPRED urges residents and tourists not to approach the volcano and especially the crater, and to stay away from the bottoms of ravines due to the danger of mud and debris flows.

++++++++++

The fire that started on the island of Stromboli ‘(Sicily) on May 25th, 2022 destroyed about 250 hectares of vegetation on the NE flank of the volcano. See above two satellite views of Stromboli before and after the disaster.

++++++++++

A new eruption occurred at Anak Krakatau (Indonesia) at 06:05 (UTC) on June 8th, 2022, with an ash column that rose about 500 m above the summit. The Alert Level remains at 3 and the Aviation Color Code at Orange.

Visitors are advised not to approach the volcano within a 5-km radius of the active crater.

One can remember that volcanic activity at Anak Krakatau had intensified in April 2022, culminating with intense explosive eruptions on April 24th.
Source: CVGHM.

++++++++++

In recent days, the carabinieri of the Milazzo company have carried out checks in the Aeolian Islands. In addition to the conventional controls of alcohol or telephone while driving, possession of narcotics and disturbing public order, the carabinieri fined at Vulcano five tourists who had to pay 500 euros each for having violated the current ordinance issued by the mayor of Lipari which, for security reasons, prohibits access to the Fossa crater to visitors and hikers. This is not the first time that the carabinieri have fined offenders on the volcano. Note that access to the mud baths and Levante beach is also prohibited.
Source: Eolie News.

++++++++++

On June 2nd, 2022, the Icelandic Met Office (IMO) reported that the rate of uplift on the Reykjanes Peninsula (Iceland) had significantly decreased, and seismicity had been declining, with only about 150 earthquakes recorded the previous day. The Aviation Color Code was lowered to Green because the data indicated no magma movement.

Source: IMO.

++++++++++

The Rabaul Volcano Observatory (RVO) indicates that on June 2nd, 2022 a small eruption at Ulawun (Papua New Guinea) produced dense ash plumes that rose about 3 km above the summit. The eruptive crisis lasted 10-15 minutes. Minor ashfall was reported in areas downwind,

Source: RVO.

°°°°°°°°°°

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Fumerolles à Vulcano : une histoire de température et d’hygrométrie

Comme on peut le voir ci-dessous sur les captures d’écran de la webcam, les panaches de gaz et de vapeur qui s’échappent du champ fumerollien dans le cratère de la Fossa à Vulcano peuvent prendre un aspect différent d’un jour à l’autre.

L’air est sec et chaud en ce moment en Sicile et le cratère de la Fossa est parfaitement dégagé. Il en va d’ailleurs de même du Stromboli où l’activité gazeuse est très faible. A noter que l’activité éruptive est très calme elle aussi.

J’avais remarqué ces variations d’aspect des panaches de gaz et de vapeur à Vulcano dans les années 1990. Certains jours – plus au printemps qu’en été – on avait l’impression que le volcan menaçait d’entrer en éruption. J’ai donc essayé de comprendre la cause de telles fluctuations.

Equipé d’un thermomètre, d’un baromètre et d’un hygromètre, je me suis posté sur la lèvre du cratère pour effectuer des relevés à différents moments de la journée (8 heures, 12 heures,16 heures, 18 heures). Je me suis vite rendu compte que les panaches étaient denses lorsque la température était fraîche et l’hygrométrie de l’air élevée. Un tel contexte était favorable au phénomène de condensation et il était donc normal que les panaches soient plus volumineux. Inversement, dans des conditions d’air sec, les nuages de vapeur se faisaient plus discrets.

A côté de cela, je n’ai pas noté d’influence particulière de la pression atmosphérique sur les fumerolles à Vulcano. En revanche, elle semble avoir un impact plus significatif sur l’activité éruptive à Stromboli. Voir le résumé – sous l’entête de ce blog – de l’étude que j’ai effectuée sur ce volcan.

Webcam INGV