La situation à Vulcano (Iles Eoliennes) entre 1983 et 2003 (2ème partie)

Comment expliquer la hausse des températures sur la Fossa de Vulcano dans les années 1990-2000 ? Soyons modestes ! Nous ne pouvons être affirmatifs et ne faire que des suppositions. La plus probable repose sur la notion de diapirs, autrement dit des bulles de magma qui quitteraient la chambre magmatique pour s’élever dans les fractures qui la surmontent, provoquant dans le même temps une brusque élévation de la température à la surface. Cette théorie semble logique et crédible, étant donné que le phénomène se produit périodiquement, sans activité éruptive. Quelques témoignages ont fait état de bruits d’explosions dans le cratère. Là encore, plusieurs interprétations sont possibles et on peut penser qu’il s’agit plutôt de chocs thermiques au niveau des roches, ou de l’expulsion de gaz accumulés dans de petites poches superficielles.

Les mesures de températures que je prévoyais d’effectuer au printemps 2003 revêtaient pour moi une importance particulière. En effet, suite aux différents événements (éruption de l’Etna à l’automne 2002, paroxysme et raz de marée à Stromboli à la fin de l’année 2002, épisodes sismiques en différents points de l’Italie pendant le deuxième semestre 2002, ébullition de la mer au large de Panarea), des rumeurs se sont répandues également à propos de Vulcano. Il a été dit, entre autres, que des personnes s’étaient brûlées en fréquentant les bains de boue, suite à une élévation brutale de la température. On a même entendu parler d’une émission de lave sous-marine dans la périphérie de l’île….

En fait, il semble que Vulcano n’ait rien connu de tout cela et n’ait pas été affecté par les événements qui se déroulaient ailleurs. Hormis le raz de marée du 30 Décembre 2002 lors duquel la mer a recouvert l’isthme entre Vulcano et Vulcanello, les habitants de l’île que j’ai contactés m’ont dit ne rien avoir remarqué d’anormal dans le comportement de « leur » volcan. En particulier, la température et la composition chimique de l’eau de source étaient totalement identiques à celles que j’avais relevées deux ans auparavant.

Les mesures de température effectuées sur l’isthme, dans l’ancien forage AGIP, au niveau des bains de boue et en bordure de mer (là où l’eau bouillonne) donnaient des résultats en tous points identiques à ceux des années passées. Le thermomètre affichait, comme précédemment, entre 95 et 100°C. Comme je l’ai déjà fait remarquer à plusieurs reprises, la température sur l’isthme ne s’est jamais modifiée ces dernières années, même quand le cratère a connu des accès de chaleur.

S’agissant du cratère de la Fossa proprement dit, le champ fumerollien n’avait pas subi de variations significatives en 2003. Le seul fait remarquable était l’apparition d’un point chaud sur la lèvre nord, au moment où le sentier commence à s’élever pour atteindre le point le plus élevé de la lèvre. Une fracture d’une vingtaine de mètres de longueur était devenue active avec une température allant de 200 à 306°C entre ses extrémités. Un tel phénomène n’est pas nouveau et d’autres déplacements de points chauds sur la lèvre ont déjà eu lieu à plusieurs reprises dans le passé.

Au moment de ma visite, les nuages fumerolliens étaient relativement denses, malgré une humidité ambiante moyenne (55%). L’abondance des panaches était probablement due aux fortes pluies qui avaient affecté la Sicile en Mars et Avril 2003. Ces mêmes pluies expliquaient probablement aussi le gros panache blanc que l’on pouvait apercevoir au sommet du Stromboli depuis le cratère de la Fossa.

Pour ce qui est des températures, elles variaient au printemps 2003 entre 200 et 385°C sur la lèvre ouest du cratère, le maximum se situant – comme d’habitude – sur la fumerolle F0. Au fond du cratère, le thermomètre affichait entre 97 et 100°C, ce qui était somme toute habituel, voire un peu inférieur aux relevés précédents.

Températures maximales relevées à Vulcano entre 1993 et 2003

23 Avril 1993 : 687° Juillet 1998 : 402°

24 Avril 1993 : 757° Avril 1999 : 411°

Juin 1993 : 670° Juillet 1999 : 340°

Juillet 1994 : 630° Avril 2001 : 331°

Mai 1995 : 570° Août 2001 : 350°

Juillet 1996 : 550° Juillet 2002 : 395°

Avril 1997 : 330° Avril 2003 : 385°

Vous l’aurez remarqué, il existe beaucoup de points communs entre la situation actuelle à Vulcano et celle que j’ai connue dans les années 1990. C’est pour cela que je ne pense pas que la hausse d’activité observée ces dernières semaines débouchera sur une éruption. Une surveillance étroite du volcan reste toutefois nécessaire.

Si l’île de Vulcano vous intéresse, vous pourrez vous procurer le mémoire « L’Ile de Vulvano (Iles Eoliennes) «  auprès de L’Association Volcanologique Européenne : http://www.lave-volcans.com/

Courriel : lave@lave-volcans.eu

Photos : C. Grandpey

La situation à Vulcano (Iles Eoliennes) entre 1983 et 2003 (1ère partie)

En mai 2005, suite à plusieurs visites à caractère scientifique sur l’île de Vulcano, en particulier entre 1983 et 2003, j’ai rédigé un mémoire pour le compte de L’Association Volcanologique Européenne (L.A.V.E.). Il est intéressant de comparer ce que l’écrivais à l’époque avec la situation actuelle.

Pour rappel, en décembre 2021, les touristes n’ont pas le droit de débarquer sur l’île de Vulcano dont le niveau d’alerte a été relevé suite à des signes d’agitation du volcan. Les habitants autour du port ne sont pas autorisés à rester chez eux entre 11 heures du soir et 6 heures du matin à cause des émissions de CO2 qui pourraient menacer leur santé pendant leur sommeil. De plus, on enregistre une hausse de la température et des modifications de la composition chimique des fumerolles au niveau du cratère de La Fossa.

Dans les années 1990, on pouvait accéder facilement et librement à la lèvre du cratère. Je mettais toutefois en garde les personnes asthmatiques qui pourraient être incommodées par les fumerolles. Si la lèvre du cratère était accessible à tous, la descente au fond était formellement déconseillée, Je précisais que l’absence de vent pouvait favoriser certains jours l’accumulation de gaz, en particulier de CO2. Au début des années 90, il m’est arrivé de trouver des cadavres de petits rongeurs qui n’avaient pas survécu à son inhalation. J’ajoutais qu’il serait très imprudent de vouloir bivouaquer au fond du cratère, tout comme il est déconseillé (et interdit par décret) de camper dans l’île car certains secteurs – le terrain de football en particulier – étaient déjà concernés par des émanations de CO2 à cette époque.

Au cours des années 1990-2000, le champ fumerollien a eu tendance à se déplacer vers le fond du cratère et à délaisser la lèvre ouest où il se trouvait initialement. La comparaison des photos ne laissait aucun doute sur cette évolution.

S’agissant des fumerolles, j’expliquais qu’il fallait être très prudent pour interpréter leur densité, que ce soit à Vulcano ou sur un autre volcan. Avant de tirer des conclusions, il faut contrôler le degré d’hygrométrie de l’air ambiant, tout en sachant qu’à certaines périodes de l’année (printemps et automne en particulier), on peut avoir de brusques variation d’humidité sur un laps de temps très bref. Ainsi, dans les années 90, on aurait pu être tenté d’associer le panache vu à distance (depuis Vulcanello par exemple) à un regain de chaleur du cratère, tant le panache était dense. Une mesure concomitante de la température des fumerolles ne montrait pas la moindre hausse. C’est à partir de cette époque que j’ai toujours noté le degré d’hygrométrie et l’heure de prise de vue au dos des photos de la Fossa.

S’agissant des gaz qui s’échappent des évents fumerolliens, leur composition est restée relativement stable au cours des années 1980-1990. Les analyses citées par Maurice Krafft dans le Guide des Volcans d’Europe résume assez bien la situation :

CO2 : 92% ; SO2 : 4% ; N2 : 3% ; O2 : 0,3% ; H: 0,2% ; CO : 0,5%

Les prélèvements de gaz que j’ai réalisés dans les années 1990, et qui ont été analysés par le laboratoire du CNRS d’Orléans, ont confirmé les résultats obtenus quelques semaines auparavant par l’Institut des Fluides de Palerme et ne révélaient rien de vraiment inquiétant. Sans oublier la vapeur d’eau qui constitue environ 95% du volume total de la fumerolle.

Les températures ont beaucoup varié au travers des décennies, avec cependant des pics remarquables qui n’ont pas manqué d’inquiéter les scientifiques. Ainsi, le 27 Avril 1993, il a été relevé une température de 687°C dans le cratère de La Fossa et la rumeur disait même qu’une incandescence était visible dans les fractures qui déchirent l’intérieur du cratère. Comme souvent dans de telle situations où l’être humain s’inquiète devant un phénomène naturel, il s’agissait d’une fausse nouvelle et mes deux visites nocturnes n’ont rien révélé d’anormal. Il n’empêche qu’un tel phénomène demande la plus grande vigilance et une erreur de diagnostic pourrait s’avérer catastrophique à la veille de la saison touristique.

D’autre part, aucun événement sismique digne d’intérêt n’avait émaillé les tambours de l’Observatoire Géophysique de Lipari.

Aucun gonflement de l’édifice volcanique n’avait été détecté non plus.

La conclusion logique était donc qu’il ne fallait pas affoler la population. Ce fut une bonne décision puisque la seule hausse de température fut sans conséquence et le thermomètre perdit rapidement des degrés dans les semaines et les mois qui suivirent.

Photos : C. Grandpey

Le Stromboli et Vulcano inquiètent la presse italienne // Stromboli and Vulcano worry the Italian press

Hier soir, la presse sicilienne titrait: « Que se passe-t-il dans les Iles Eoliennes? » J’aurais envie de répondre: rien de très grave. C’est vrai que le Stromboli et la Fossa de Vulcano montrent ensemble des signes d’activité, mais ce n’est pas la première fois que se produit une telle situation.

A Stromboli, on observe ces jours-ci un débordement de lave dans la partie nord de la terrasse cratèrique tandis que l’activité strombolienne continue sans variation particulière. Cette situation se reflète dans le trémor qui conserve une certaine stabilité à un niveau moyen. La coulée de lave arrive à mi pente de la Sciara del Fuoco. Des blocs se détachent de son front et roulent jusque dans la mer.

De son côté, la Fossa di Vulcano inquiète les scientifiques et les autorités locales à cause des émissions de gaz, essentiellement de CO. Par précaution, les habitants du secteur autour du port doivent quitter leurs maisons entre 23 heures et 6 heures . En effet, les lits se trouvant à quelques dizaines de centimètres au-dessus du sol, la présence de CO2 pourrait devenir dangereuse pendant le sommeil. On a signalé la mort de chats sur l’île. Dans les années 1990, Haroun Tazieff m’avait dit qu’il était fréquent de trouver des cadavres de petits animaux au niveau du cratère. L’accès aux bains de boue et à la plage de Levante est également interdit.. Le maire de Lipari a demandé à l’ARPA d’effectuer des mesures précises des gaz avec avec des équipements sophistiqués pour vérifier à quels endroits se situe les émissions dans la zone rouge.

Comme je l’ai indiqué précédemment, la situation actuelle à Vulcano me rappelle celle que j’ai connue et pour laquelle j’ai effectué des mesures dans les années 1990. Je ne serais pas surpris que cette année encore, la situation redevienne progressivement normale sans qu’une éruption se produise. La dernière ayant eu lieu en 1890, une surveillance étroite du volcan doit toutefois être assurée.

———————————————-

Last night, the Sicilian press headlined: « What’s going on in the Aeolian Islands? » I would like to answer: nothing very serious. It is true that Stromboli and Fossa di Vulcano together show signs of unrest, but this is not the first time that such a situation has occurred.

At Stromboli, there is currently a lava overflow in the northern part of the crater terrace while Strombolian activity continues without any significant fluctuation. This situation is reflected in the tremor which keeps a certain stability at a medium level. The lava flow travels down mid-slope on the Sciara del Fuoco. Blocks detach from its front and roll into the sea.

For its part, the Fossa di Vulcano worries scientists and local authorities because of gas emissions, mainly CO. As a precaution, residents of the area around the port must leave their homes between 11 p.m. and 6 a.m. Indeed, the beds being a few tens of centimeters above the ground, the presence of CO2 could become dangerous during sleep. Cat deaths have been reported on the island. In the 1990s, Haroun Tazieff told me that it was common to find the corpses of small animals at the crater. Access to the mud baths and the Levante beach is also prohibited. The mayor of Lipari has asked ARPA to carry out accurate gas measurements with sophisticated equipment to check where the emissions are. in the red zone.
As I put it previously, the current situation iat Vulcano reminds me of the one I experienced and for which I carried out measurements in the 1990s. I would not be surprised if again this year the situation gradually returned to normal. without an eruption occurring. The last one took place in 1890, so close monitoring of the volcano should be performed.

Le Stromboli le 25 novembre 2021 (capture écran webcam)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

L’actualité reste dominée par l’éruption du Cumbre Vieja qui continue sur l’île de La Palma. Le volcan reste très actif, même si on observe une tendance à la baisse, tant pour la sismicité et le tremor que pour les émissions de cendres, de SO2 et de lave. Au vu de la quantité de matériaux émis par le volcan, le VEI est passé de 2 à 3.

Vous trouverez une description de l’éruption dans les différentes notes publiées quotidiennement sur ce blog.

Capture d’écran webcam le 23 novembre 2021

++++++++++

Alors que l’agitation sociale est en hausse sur l’île, l’Observatoire Volcanique et Sismologique de la Martinique (OVSM) a enregistré un déclin de la sismicité sous la Montagne Pelée au cours de la semaine dernière. Le dernier bulletin couvrant la période entre le 12 et le 19 novembre 2021 fait état de seulement 5 séismes d’origine volcano-tectonique de magnitude inférieure ou égale à M 0.3 et M l.0, localisés entre 0,5 km et 1.0 km de profondeur.

Par ailleurs, la zone de dégazage en mer à faible profondeur observée entre Saint-Pierre et le Prêcheur est toujours analysée. Des prélèvements de fluides ont été effectués par l’IPGP afin de connaître la corrélation entre le système hydrothermal de la Montagne Pelée et l’origine de ce dégazage.

Source: OVSM.

Photo: C. Grandpey

++++++++++

Suite à l’ordonnance publiée par le maire de Lipari, une partie des habitants de l’île éolienne de Vulcano ont commencé l’évacuation de la zone portuaire et de ses environs. Toutefois, les 250 personnes potentiellement concernées ne partiront pas toutes. Plusieurs familles ont des maisons à plusieurs étages et peuvent donc dormir au premier étage qui ne devrait pas être affecté par les émissions de CO2. La plupart des autres habitants iront dans des résidences secondaires, chez des parents et des amis et aussi dans les installations touristiques hôtelières qui se sont mises à disposition entre Vulcano Piano, Gelso et Vulcanello.
Pour ces familles, l’ordonnance du maire fixe à 400 euros l’allocation mensuelle octroyée à une personne pour occuper ces logements provisoires. Elle sera de 500 euros pour les familles composées de deux personnes, 700 euros pour celles composées de trois personnes, 800 euros pour les familles de quatre unités ou plus. Dans l’attente des analyses scientifiques en cours, l’ordonnance prévoit l’évacuation sur une durée d’un mois. Il est rappelé que les touristes ne peuvent pas débarquer sur l’île de Vulcano pendant cette période.

Voici le texte de l’ordonnance :

http://www.strettoweb.com/wp-content/uploads/2021/11/Clicca-qui-per-lordinanza-completa.pdf

°°°°°°°°°°

Dernière minute : A Vulcano, l’ordonnance du maire de Lipari décrétant l’évacuation nocturne des habitants de la zone de l’île autour du port soulève des protestations. Les insulaires demandent « des contrôles minutieux des émissions de CO2 en zone rouge ». Le conseiller à la décentralisation a déclaré : « Demain les techniciens de l’ARPA viendront effectuer des relevés détaillés en zone rouge ». Selon l’ancien maire, « des contrôles détaillés auraient dû être effectués avant la publication de l’ordonnance qui a obligé les habitants de la zone à risque à aller vivre dans d’autres endroits de Vulcano. Ce travail minutieux n’a été fait qu’en partie. Nous avions fait une dizaine de contrôles dans les maisons de la zone rouge et les valeurs nous semblaient normales. C’est la raison pour laquelle nous demandons une vérification plus détaillée [des émissions de CO2]. »

Même si nous sommes à l’entrée de l’hiver, le tourisme joue un rôle important à Vulcano et la situation actuelle risque de faire du tort à l’île.
Dans le même temps, l’INGV a émis un nouveau bulletin indiquant que les émissions de CO2 dans le cratère de la Fossa et dans la zone portuaire continuent d’afficher des valeurs élevées et en hausse sur le site du Camping Sicilia.

Source: La Sicilia.

°°°°°°°°°°

Lu dans le journal La Sicilia ce matin :

8 heures : Une nouvelle ordonnance du maire de Lipari interdit à Vulcano l’accès à la zone des bains de boue et à la plage de Porto Levante à cause des risques d’émissions de gaz. Le maire a également indiqué que « la surveillance de l’île est effectuée en permanence par l’INGV et sera encore renforcée avec l’arrivée de l’ARPA* avec des équipements sophistiqués pour vérifier avec précision où se situe l’émission de gaz dans la zone rouge. Il y aura aussi un suivi non-stop maison par maison et structure par structure ». Rappelons que les habitants de la zone du port ne sont pas autorisés à rester chez eux de 23h à 6h.

11 heures : Les techniciens de l’ARPA ont débarqué sur l’île et les contrôles des émissions de CO2 commenceront dès que possible, en particulier dans la zone rouge qui s’étend sur environ 6 kilomètres depuis le port jusqu’à Sotto Lentia et à l’Estimo di Vulcanello.

Une veillée de prière a eu lieu, pendant laquelle une centaine de fidèles a demandé que cessent les émissions de gaz et qu’ils puissent retrouver une vie normale.

Source: La Sicilia.

*ARPA : Agenzia Regionale per la Protezione dell’Ambiente.

Emissions gazeuses sur le littoral (Photo: C. Grandpey)

++++++++++

La Terre continue de trembler aux abords de l’Hekla (Islande). Quatre secousses de magnitude M 3,0 ou plus ont été détectés le 18 novembre dans les montagnes de Vatnafjöll, au sud de l’Hekla. Au total, 40 séismes ont été enregistrées dans la région sur une période de 48 heures.
Selon le Met Office islandais, cette sismicité n’indique probablement pas qu’une éruption de l’Hekla est imminente. Selon toute vraisemblance, sa cause se trouve à la limite des plaques tectoniques dans le sud de l’Islande.
Source : OMI.

Crédit photo: Wikipedia

++++++++++

Trois événements phréatomagmatiques de courte durée ont été enregistrés sur le Taal (Philippines) le 22 novembre 2021. Ils ont duré de 1 à 5 minutes et ont produit des panaches de 200 à 1 500 m de hauteur.
L’activité du Main Crater (cratère principal) est dominée par la remontée de fluides à haute température dans le lac. Ils génèrent des panaches atteignant 2 100 m de hauteur.
Le niveau d’alerte est maintenu à 2.
Source : PHIVOLCS.

Crédit photo: PHIVOLCS

++++++++++

Au Pérou, le Sabancaya reste à un niveau modéré d’activité, avec en moyenne 75 explosions quotidiennes. Les panaches de cendre montent en général à 2 km de hauteur. Aucune évolution de l’activité n’est prévue à court terme.

Source: IGP.

Séquence éruptive sur le Sabancaya (Crédit photo: IGP)

++++++++++

Dans un rapport récent, l’Instituto Geofisico (IG) a indiqué qu’une lente déformation avait été enregistrée sur l’île Fernandina (Galapagos / Equateur) au cours des 18 derniers mois. Les données InSAR montrent que l’inflation se produisait à raison d’environ 400 mm/an dans la caldeira sommitale et sur le flanc NE, tandis qu’une déflation se produisait à raison d’environ 100-400 mm/an sur les flancs supérieurs O et SO . Le 13 octobre, les zones de déflation se sont transformées en inflation et le vitesse de déformation dans la caldeira a augmenté. Une activité fumerolienne a été observée à la mi-novembre dans le cratère sommital, mais l’IG fait remarquer qu’une activité fumerolienne périodique ainsi que de petits épisodes de tremor sont fréquents à Fernandina sans que se produise une éruption.
Source : Instituto Geofisico.

Caldeira sommitale de l’île Fernandina vue depuis l’espace (Crédit photo: NASA)

++++++++++

L’INGV a publié un bulletin indiquant qu vers 7 heures le 25 novembre 2021 un débordement de lave est observé sur le Stromboli (Sicile) dans la partie nord de la terrasse cratèrique. L’événement se limite à la zone sommitale. Des blocs se détachent du front de coulée et roulent le long de la Sciara del Fuoco. L’activité explosive ne semble pas avoir été affectée par cet événement. Le tremor garde des valeurs moyennes et aucune déformation de l’édifice volcanique n’a été observée.

Source: INGV.

Débordement de lave sur le Stromboli en 2014

°°°°°°°°°°

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

—————————————

Here is some news of volcanic activity around the world :

The eruption of Cumbre Vieja continues on the island of La Palma. The volcano remains very active, even though seismicity, the eruptive tremor, ash and SO2 emissions and lava flows seem to be decreasing. Because of the quantity of pyroclastic material emitted by the volcano, the VEI has been elevated from 2 to 3.

You will find a description of the eruption in the weekly updates posted on this blog.

++++++++++

While social unrest is on the rise on the island, the Martinique Volcanic and Seismological Observatory (OVSM) recorded a decline in seismicity beneath Mount Pelée over the past week. The last bulletin covering the period between 12 and 19 November 2021 reports only 5 earthquakes with a volcano-tectonic origin. Their magnitudes were less than or equal to M 0.3 and M l.0, and located between 0.5 km and 1.0 km deep.
In addition, the shallow sea degassing area observed between Saint-Pierre and le Prêcheur is still being analyzed. Fluid samples were collected by IPGP in order to find out the correlation between Mount Pelée’s hydrothermal system and the origin of this degassing.
Source: OVSM.

++++++++++

Following the ordinance issued by the mayor of Lipari, part of the inhabitants of the Aeolian island of Vulcano began to evacuate the port area and its surroundings. However, not all of the 250 people potentially affected will leave. Several families have multi-story houses and can therefore sleep on the first floor which should not be affected by CO2 emissions. Most of the other inhabitants will go to second homes, to relatives and friends and also to the tourist hotel facilities that have been made available between Vulcano Piano, Gelso and Vulcanello.
For these families, the mayor’s ordinance sets at 400 euros the monthly allowance granted to a person to occupy these temporary accommodation. It will be 500 euros for families made up of two people, 700 euros for those made up of three people, 800 euros for families of four or more units. Pending scientific analyzes in progress, the order provides for evacuation over a period of one month. Tourists should remember they cannot disembark on the island of Vulcano during this period.

Here is the text of the ordinance: :

http://www.strettoweb.com/wp-content/uploads/2021/11/Clicca-qui-per-lordinanza-completa.pdf

°°°°°°°°°°

Latest : On the island of Vulcano, the ordinance released by the mayor of Lipari decreeing the night evacuation of the inhabitants of the area around the port raises protests. The islanders are asking « for careful checks on CO2 emissions in the red zone ». The decentralization adviser declared: « Tomorrow, ARPA technicians will come to carry out detailed measurements in the red zone ». According to the former mayor, « detailed checks should have been carried out before the publication of the ordinance which forced residents of the area at risk to move to other places in Vulcano. This meticulous work has not been done properly. We had performed a dozen checks in the houses in the red zone and the values seemed normal to us. That is why we are asking for a more detailed check [of CO2 emissions]. »
Even though we are at the onset of winter, tourism plays an important role in Vulcano and the current situationmay harm the island.
At the same time, INGV has issued a new bulletin indicating that CO2 emissions in La Fossa crater and in the port area continue to show high values which are increasing on the site of Camping Sicilia.

Source: La Sicilia.

°°°°°°°°°°

This morning in the local newspaper La Sicilia :

8:00 am : A new ordinance from the mayor of Lipari prohibits all access to Vulcano’s mud baths area and the Porto Levante beach because of the risk of gas emissions. The mayor also indicated that « the surveillance of the island is carried out permanently by the INGV and will be further reinforced with the arrival of ARPA* with sophisticated equipment to check with precision where the gas emissions are located. in the red zone. There will also be non-stop monitoring, house by house and structure by structure.” The inhabitants of the port area are not allowed to stay at home from 11 pm to 6 am.

11:00 am : ARPA technicians have landed on the island and CO2 emissions checks will begin as soon as possible, especially in the red zone which stretches for about 6 kilometers from the port to Sotto Lentia and the Estimo di Vulcanello.
A vigil of prayer took place, during which about a hundred or so faithful asked that the gas emissions cease and that they could return to a normal life.

Source: La Sicilia.
* ARPA: Agenzia Regionale per la Protezione dell’Ambiente.

++++++++++

The Earth continues to tremble in the vicinity of Mt Hekla (Iceland). Four earthquakes with magnitudes M 3.0 or more were detected on November 18th in Vatnafjöll mountains, south of Hekla. In all,40 tremors were registered in the region over a period of 48 hours.

According to the Icelandic Met Office, the earthquakes are not believed to indicate that an eruption in Hekla volcano is imminent. In all likelihood, they are related to the tectonic plate boundary in South Iceland.

Source: IMO.

++++++++++

Three short-lived phreatomagmaticevents were recorded at Taal (Philippines) on November 22nd, 2021. They lasted 1 to 5 minutes and produced plumes 200 to 1 500 m high.

Activity at the Main Crater is dominated by the upwelling of hot volcanic fluids in its lake which generate plumes up to 2 100 m high.

The Alert Level is kept at 2.

Source: PHIVOLCS.

++++++++++

In Peru, Sabancaya remains at a moderate level of activity, with an average of about 75 explosions daily. The ash plumes generally rise to 2 km above the summit. No change in activity is expected in the short term.
Source: IGP.

++++++++++

In a recent report, the Instituto Geofisico (IG) indicated that slow deformation at Fernandina (Galapagos / Ecuador) has been recorded over the previous 18 months. InSAR data showed that inflation was occurring at a rate of about 400 mm/year in the summit caldera and on the NE flank, while deflation was occurring at a rate of about 100-400 mm/year in areas on the upper W and SW flanks. On October 13th, the areas of deflation changed to inflation and the rate of deformation in the caldera increased. Fumarolic activity was observed by mid-November in the summit cratera, but IG notes that periodic fumarolic activity and small episodes of tremor are common at Fernandina without an eruption.

Source: Instituto Geofisico.

++++++++++

INGV has released a bulletin indicating that around 7 a.m. on November 25th, 2021, a lava overflow was observed on Stromboli (Sicily) in the northern part of the crater terrace. The event is limited to the summit area. Blocks detach from the flow front and roll down along the Sciara del Fuoco. Explosive activity does not appear to have been affected by this event. The tremor keeps medium values and no deformation of the volcanic edifice has been observed.
Source: INGV.

°°°°°°°°°°°

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm