Rôle de l’eau de fonte dans les effondrements glaciaires // Melt water causes glacier collapses

Tous les scientifiques s’accordent à dire que l’effondrement du glacier de la Marmolada a été causé par un temps anormalement chaud lié au réchauffement climatique. L’hiver dernier a été très sec dans les Dolomites, avec des précipitations en baisse de 40 à 50 %.
Les glaciologues disent que le phénomène est « voué à se répéter » car « depuis des semaines les températures en altitude dans les Alpes sont bien au-dessus des valeurs normales ».
Ces températures élevées ont généré une grande quantité d’eau provenant de la fonte des glaciers. cette eau s’est accumulée à l’avant du glacier et la pression l’a fait s’effondrer.
Ce type d’effondrement est susceptible de se produire sur d’autres glaciers des Alpes, principalement des glaciers suspendus comme le Taconnaz près de Chamonix. Tant qu’il n’y a pas de zones habitées en contrebas, ces effondrements de roches et de glace sont pas dangereux, mais certains glaciers comme le Planpinciux sur le versant italien du Mont Blanc sont susceptibles de causer de nouveaux désastres humains. (voir mes notes du 25 septembre 2019 et du 6 août 2020).
Il convient également de noter que l’eau de fonte du glacier s’infiltre à travers la glace et agit comme un lubrifiant sur le substrat rocheux sur lequel le glacier se déplace, accélérant sa progression. Ce phénomène contribue également aux effondrements du front du glacier.

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All scientists agree to say that the Marmolada collapse was caused by unusually warm weather linked to global warming. Last winter was very dry in the Dolomites, with precipitation down 40 to 50 percent.

Glaciologists say that he phenomenon is « bound to repeat itself » because « for weeks the temperatures at altitude in the Alps have been well above normal values ».

The recent warm temperatures generated a large quantity of water from the melting glacier. It accumulated at the bottom of the block of ice and the pressure caused it to collapse.

This kind of collapse is likely to happen on other glaciers in the Alps, mostly hanging glaclers like Taconnaz near Chamonix. As long as there are no populated ares below, they are not dangerous,but some of them like Planpinciux on the Italian side of Mont Blanc may cause real trouble. (see my posts of September 25th, 2019 and August 6th, 2020).

It should also be noted that the melt water from glacier seeps through the ice and acts as a lubricant on the bedrock on which the glacier is moving, accelerating its speed. This phenomenon also contributes to collapses at the glacier’s front.

Glacier de Planpincieux, une menace dans le Val d’Aoste (Crédit photo: Wikipedia)

Effondrement de sérac en Italie : des morts et des blessés // Serac collapse in Italy : dead and injured

Autre conséquence du réchauffement climatique et de la fonte des glaciers, un sérac s’est détaché d’un glacier italien dans l’après-midi du 3 juillet 2022, envoyant glace, neige et rochers sur un groupe de randonneurs qui se trouvait sur un sentier populaire. Au moins six personnes ont été tuées et huit autres blessées, dont deux dans un état grave. L’accident s’est produit sur la Marmolada (3300 mètres), le plus haut sommet des Dolomites orientales. Le sérac s’est détaché près de Punta Rocca, le long de l’itinéraire habituellement utilisé pour atteindre le sommet de la montagne. Les sauveteurs ont expliqué que les opérations de secours ont mobilisé au moins cinq hélicoptères et des chiens.pour rechercher les personnes ensevelies.
Il est prévu d’évacuer 18 personnes qui se trouvaient au-dessus de la zone où s’est produit l’accident. La cause du détachement de sérac réside probablement dans la vague de chaleur qui affecte l’Italie ces derniers jours. Les températures étaient supérieures à 10°C sur la montagne, ce qui est tout à fait anormal.

Des accidents similaires sont susceptibles de se reproduire pendant l’été, tant sur les glaciers que sur les pentes supérieures des montagnes. J’ai mentionné l’ouverture d’une crevasse sur la trace qui conduit au sommet du Mont Blanc. En raison de la chaleur intense, le permafrost de roche dégèle, rendant les parois rocheuses instables. Les alpinistes devront être très prudents.
Source : Journaux italiens.

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Another consequence of global warming and the melting of glaciers, the detachment of a serac fom an Italian glacier broke loose on July 3rd, 2022 in the afternoon, sending ice, snow and rock slamming into hikers on a popular trail. At least six hikers were killed and eight others were injured, two of them in a serious condition. The accident occurred on the Marmolada peak ( 3,300 meters), the highest peak in the eastern Dolomites. The chunk of ice broke off near Punta Rocca, along the itinerary normally used to reach the peak. Rescuers tweeted that the search involved at least five helicopters and rescue dogs.

18 people who were above the area where the ice struck will be evacuated by the Alpine rescue corps.

The cause of the serac detachment was probably the heat wave that has been gripping Italy in the past days. Temperatures were above 10°C on the mountain, which is quite abnormal. Similar accidents are likely to happen again during the summer, both on glaciers and on the upper slopes of the mountains. I mentioned a crevasse that appeared on the track leading to the summit of Mont Blanc. Because of the intense heat, rock permafrostis thawing, making rock walls unstable. Rock climbers had better be very careful.

Source: Journaux italiens.

Vue de la face nord de la Marmolada et son glacier (Crédit photo: Wikipedia)

Hawaii : l’effondrement sommital du Kilauea en 1916 // Hawaii : Kilauea’s summit collapse in 1916

Le 23 juin 2018 à 16h32 (heure locale) après environ 17 heures de forte sismicité, une explosion accompagnée d’un impressionnant effondrement s’est produite dans le cratère de l’Halema’uma’u au sommet du Kīlauea. L’énergie libérée par l’événement était équivalente à un séisme de magnitude M 5,3.
Bien que spectaculaire, cet événement n’est pas unique. Un effondrement similaire avait déjà eu lieu entre le 5 et le 7 juin 1916. Selon les témoins, il s’agit de l’un des événements les plus spectaculaires jamais observés sur le Kilauea.
Une décennie avant l’événement de 1916, un lac de lave permanent était réapparu dans l’Halema’uma’u depuis un effondrement qui avait eu lieu en 1894. L’activité relativement stable du lac s’est poursuivie jusqu’au 5 juin 1916. Ce jour-là, le niveau du lac a chuté de 12 mètres par rapport à la veille où sa surface se trouvait à 91 mètres sous la lèvre du cratère. De 8h30 à 15h le 5 juin, le niveau de lave a encore chuté de 61 mètres.
En se retirant, la lave a laissé une profonde cavité dans l’Halemaʻumaʻu, avec autour une banquette formée par les débordements antérieurs du lac contre les parois du cratère. Au fur et à mesure que la vidange du lac de lave s’est poursuivie, des morceaux de la banquette ont commencé à basculer dans ce qui restait du lac. Ces effondrements ont généré des nuages ​​de poussière marron.
Les effondrements n’ont pas vraiment affecté la solidité des parois extérieures du cratère, de sorte que le personnel du HVO a pu observer le spectacle. On peut lire dans le bulletin hebdomadaire émis par le HVO à l’époque : « Les effondrements des parois intérieures du cratère du côté sud devenaient fréquents et spectaculaires car la banquette édifiée par les débordements récents, était rouge à l’intérieur; elle se brisait ou s’émiettait comme des morceaux de fromage à pâte dure. Parfois, cette matière s’écoulait somme du sucre d’orge. »
Ces effondrements ont finalement eu raison de la totalité de la banquette autour du lac de lave. Lorsque ces grosses masses de roche ont basculé dans le lac, sa surface a été parcourue de vagues qui ont frappé les berges sur plusieurs mètres de hauteur. Cela a également généré des mouvements de convection à l’intérieur du lac de lave.
Le niveau de la lave avait chuté de 40 mètres supplémentaires à midi le 6 juin 1916. Par la suite, les effondrements ont considérablement ralenti et le dernier nuage de poussière provoqué par un effondrement a été observé vers 11 heures le 7 juin. La lave a commencé à remplir le cratère dans les jours qui ont suivi, faisant disparaître la plupart des preuves de l’effondrement de 1916.
Les scientifiques du HVO ont tenté de comprendre ce qui avait provoqué la vidange rapide du lac de lave dans l’Halema’uma’u au début du mois de juin 1916. Les données géophysiques relatives aux décennies précédentes avaient montré qu’une dépressurisation importante au sommet était généralement associée à une intrusion ou à une éruption ailleurs sur le volcan, par exemple le long des zones de rift. L’effondrement sommital de 2018 et l’éruption dans la Lower East Rift Zone constituent un exemple de ce processus.
Le HVO ne disposait pas d’un vaste réseau de surveillance géophysique en 1916, mais un sismomètre près du sommet du Kilauea a enregistré une augmentation de la sismicité lointaine lors de l’effondrement. Une analyse tend à montrer que ces séismes se sont peut-être produits le long de l’une des zones de rift suite à la migration du magma depuis le lac de lave sommital comme cela s’est produit quelques années plus tard au moment de l’effondrement majeur de l’Halemaʻumaʻu en 1924.
Source : USGS, HVO.

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On June 23rd, 2018 at 4:32 p.m. (local time) after approximately 17 hours of elevated seismicity, an impressive collapse explosion occurred in Halema’uma’u Crater at the summit of Kīlauea. The energy released by the event was equivalent to a magnitude 5.3 earthquake.

Although spectacular, this event was not unique. A series of collapse events had already taken place place between June 5th and 7th, 1916. Observers described it as one of the most spectacular occurrences they had ever witnessed at Kīlauea.

A decade before these events, a continuous lava lake re-appeared within Halemaʻumaʻu for the first time since a collapse in 1894. Relatively steady lake activity continued until June 5th, 1916. On that day, the level of the lava lake drpeed 12 meters compared to the day before, when its surface was 91 meters below the crater rim. From 8:30 a.m. to 3 p.m. on June 5th, the lava level dropped another 61 meters.

The receding lava formed an inner pit within Halemaʻumaʻu, surrounded by a bench of earlier lake overflows against the crater walls. As draining continued, sections of this bench began to topple into the dropping lake. These collapses sent billowing clouds of brown dust into the air.

Fortunately, the collapses did not seriously affect the integrity of the outer crater walls, allowing HVO staff to observe the entire spectacle. As described in HVO’s weekly bulletin at that time: “Falls from the south inner cliffs became frequent and spectacular, as the bench matter, made of recent overflows, was red hot within, and broke or crumbled like masses of hard cheese. Sometimes this material flowed in a sugary fashion.”

These collapses eventually consumed the entirely of the bench on all sides of the lava lake. When these great masses of rock toppled into the molten lake, the lava sloshed back and forth in waves that lapped up the margins by several meters vertically. This resulted in constantly changing circulation patterns within the lava lake.

The lava level had dropped another 40 meters by midday on June 6th, 1916. However, the rate and severity of the collapses dramatically slowed, and the last substantial dust cloud from a collapse was observed around 11 a.m. on June 7th. Lava began refilling the crater in the days that followed, eventually erasing most of the evidence of the 1916 collapse.

HVO scientists tried to understand what caused the Halemaʻumaʻu lava lake to drain so quickly in early June 1916. Geophysical monitoring in previous decades had shown that significant summit depressurization was typically associated with intrusion or eruption elsewhere on the volcano, such as along the rift zones. The 2018 summit collapse and lower East Rift Zone eruption stands as an example of this process.

Though HVO did not have an extensive geophysical monitoring network in 1916, a seismometer near the summit of Kilauea recorded an increased number of distant earthquakes during the collapse. Basic analysis suggested that they may have occurred along one of the rift zones, perhaps indicating magma transport from the summit lava lake, similar to the sequence of earthquakes that accompanied the major 1924 collapse of Halemaʻumaʻu.

Source: USGS, HVO.

 

Vue – depuis le côté sud – des parois de l’Halemaʻumaʻu lors de l’effondrement du cratère du 5 juin 1916. Le lac de lave est visible en bas à gauche tandis que les parois extérieures du cratère sont en haut. Dans le cratère, on peut voir la banquette de débordement qui marque le niveau de la lave avant que le lac commence à se vidanger. Une partie importante de la banquette s’est récemment effondrée; la ligne blanche en pointillé marque son ancienne position. (Source : USGS)

Panache généré par l’effondrement de l’Halema’uma’u en 2018 (Crédit photo: HVO)

Le cratère de l’Halema’uma’u après l’éruption de 2018 (Crédit photo: HVO)

Erosion littorale (suite) // Coastal erosion (continued)

Dans une note publiée le 21 février 2022 sur ce blog, je rappelais qu’avec la fonte des glaces dans l’Arctique, on assiste à une hausse du niveau des océans et une intensification de l’érosion côtière. Le littoral recule de plus en plus, surtout lors des tempêtes en période de grandes marées. En conséquence, certaines maisons basculent dans la mer et certaines localités devront être déplacées dans l’intérieur des terres au cours des années à venir.
En février, les médias américains avaient montré une maison de cinq chambres construite en 1980 qui s’est partiellement effondrée dans l’océan Atlantique le 9 février 2022 et a disséminé des débris sur des kilomètres le long des plages de Caroline du Nord.
Une autre maison construite sur la côte a disparu à Rodanthe en 2020.
Le 10 mai 2022, toujours en Caroline du Nord, deux nouvelles maisons situées sur le littoral des Outer Banks ont été emportées par la mer.

https://twitter.com/i/status/1524093024300634114

Au moment des faits, les deux maisons installées sur pilotis étaient inoccupées. Selon la chaîne de télévision CNN, d’autres habitations pourraient subir le même sort dans les prochains jours.

Dans le Nord-Est des Etats-Unis, les inondations dues aux marées ont considérablement augmenté ces derniers temps. Selon la NOAA, on évalue entre sept et quinze le nombre de jours d’inondation attendu d’ici 2030. Ce chiffre pourrait grimper à 75 par an d’ici 2050.

La NASA indique que le niveau de la mer a augmenté d’environ 10 cm depuis le début des années 1980 dans cette partie de la Caroline du Nord. Chaque année, l’érosion côtière coûte près d’un demi-milliard de dollars aux autorités.

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, la France n’est pas à l’abri des inondations lors des grandes marées. Dans le sillage de ma conférence à Cognac, j’ai fait un saut vers le littoral atlantique. A Saint-Palais-sur-Mer, une partie du sentier littoral a été fermée pour cause d’instabilité. Les enrochements sont de plus en plus nombreux le long de la côte. Reste à savoir s’ils pourront résister longtemps aux assauts des vagues…

Source: Médias américains.

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In a post published on February 21st, 2022 on this blog, I recalled that with the melting of the ice in the Arctic, we are witnessing a rise in the level of the oceans and an intensification of coastal erosion. The coastline is receding more and more, especially during high tide storms. As a result, some houses are collapsing into the sea and some municipalities will have to be moved inland over the coming years.
US media showed a five-bedroom house built in 1980 that partially collapsed into the Atlantic Ocean on February 9th, 2022 and sent debris floating for miles along North Carolina beaches.
Another house built on the coast disappeared in Rodanthe in 2020.
On May 10th, 2022, still in North Carolina, two new homes on the Outer Banks coastline were washed away by the sea.
https://twitter.com/i/status/1524093024300634114
At the time of the events, the two houses on stilts were unoccupied. According to the CNN television channel, other homes could suffer the same fate in the coming days.
In the Northeastern United States, tidal flooding has increased significantly in recent times. According to NOAA, the number of flood days expected by 2030 is between seven and fifteen. This figure could rise to 75 per year by 2050.
NASA says sea levels have risen about 4 inches (10 cm) since the early 1980s in this part of North Carolina. Each year, coastal erosion costs the authorities nearly half a billion dollars.

As I have indicated on several occasions, France is not immune to flooding during high tides. In the wake of my conference in Cognac, I drove to the Atlantic coast. In Saint-Palais-sur-Mer, part of the coastal footpath was closed due to instability. The ripraps are more and more numerous along the coast. The question is to know whether they will be able to resist the onslaught of the waves for a long time…
Source: US news media.

 Enrochements à St Georges de Didonne (Photo: C. Grandpey)