Les trésors du pergélisol // Permafrost’s treasures

Le dégel du pergélisol dans l’Arctique, en particulier en Sibérie, a permis de découvrir au cours des dernières décennies des créatures préhistoriques remarquablement préservées. Elles offrent aux scientifiques une fenêtre unique sur la vie il y a des centaines de milliers d’années.
Le pergélisol qui enveloppait ces trésors enfouis a agi comme un bouclier protecteur et permis de les conserver relativement intacts pendant de nombreux siècles. Le pergélisol préserve presque tout ce qu’il contient, y compris l’ADN. La plupart des restes découverts avaient encore de la fourrure, des dents, de la peau, des tissus musculaires et des organes encore intacts.
Voici quelques-unes des découvertes les plus frappantes :

– En juillet 2016, le pic d’un chercheur d’or qui creusait une paroi de boue gelée à côté de Dawson City (Yukon canadien), a heurté un louveteau gris du Pléistocène parfaitement conservé. C’est la momie de loup la plus complète jamais découverte.
– En 2017 et 2018, deux lionceaux des cavernes momifiés ont été exhumés par deux chercheurs de défenses de mammouth dans l’Arctique sibérien. On pense que l’un des lionceaux, le mieux conservé, date de la période glaciaire il y a environ 28 000 ans, tandis que l’autre a plus de 44 000 ans. (Pour plus de détails, voir ma note du 24 août 2021.)
– Trop petit pour être vu à l’œil nu, un micro-organisme d’eau douce vieux de 24 000 ans collecté dans le pergélisol sibérien et datant de la fin de l’âge de pierre a été sorti de son sommeil.
– En 2018, des chasseurs d’os ont découvert un poulain de 42 000 ans dans un cratère de la région de Verkhoyansk (Sibérie). Ce qui a rendu cette découverte remarquable est la présence de sang liquide et d’urine ainsi que d’organes très bien conservés. On pense que l’animal s’est noyé alors qu’il était pourchassé par des prédateurs. Environ 80% des restes étaient intacts.
– Une carcasse de rhinocéros laineux juvénile a été retrouvée dans le pergélisol en août 2020 dans la région de Yakoutie (Sibérie orientale).
– En septembre 2018, la tête d’un loup de la période glaciaire a été découverte lors d’une expédition dans la région d’Abyysky en République de Sakha.
– Un bison des steppes momifié de la période glaciaire, vieux de 36 000 ans, a été exhumé en 1979 près de Fairbanks, en Alaska.
Source : Yahoo Actualités.

Il ne faudrait pas oublier non plus que le pergélisol cache des virus qui peuvent encore être actifs une fois dégelés. Nous en avons eu la preuve lorsque des échantillons d’organes de mineurs morts en 1918 ont été prélevés dans le Svalbard. La grippe espagnole était toujours présente et prête à devenir une nouvelle Covid-19. Heureusement, le virus est resté derrière les murs du laboratoire américain où les échantillons ont été analysés.

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The thawing of permafrost in the Arctic, especially in Siberia has allowed to discover remarkably preserved prehistoric creatures over the past many decades, They provide scientists with a unique window into life as it existed hundreds of thousands of years ago.

The permafrost encasing these buried treasures has acted as a protective shield around them, ensuring they stay fairly intact over many centuries. It preserves nearly anything within it, including DNA. Most of the remains unearthed had fur, teeth, skin, muscle tissue and organs still intact.

Here are some of the most striking discoveries:

– In July 2016, a gold miner working on a wall of frozen mud outside of Dawson City in the Yukon, Canada, came across a perfectly preserved Pleistocene gray wolf puppy, the most complete wolf mummy ever found.

– In 2017 and 2018, two mummified cave lions were discovered by two local mammoth tusk collectors in the Siberian Arctic. One cub is believed to be the best-preserved Ice Age animal ever found. It dates back about 28,000 years, while the other cub is more than 44,000 years old. (See my post of August 24th, 2021 for more details)

– Too small to see with the naked eye, a 24,000-year-old freshwater microorganism collected in the Siberian permafrost and dating back to the Late Stone Age was awakened from its slumber.

– In 2018, bone hunters discovered a 42,000-year-old foal in a crater in the Verkhoyansk region (Siberia). What made this discovery rare was the presence of liquid blood and urine as well as organs. This frozen creature was believed to have drowned while being hunted by predators. About 80% of the remains were intact.

– A carcass of a juvenile woolly rhinoceros was found in permafrost in August 2020 in the region of Yakutia (eastern Siberia).
– In September 2018, the head of an Ice Age wolf was found during an expedition in the Abyysky region of Sakha RepubliC.

– A 36,000-year-old mummified Ice Age steppe bison was found in 1979 near Fairbanks, Alaska.

Source :Yahoo News.

One should not forget either that the permafrost conceals viruses that can still be active once it thaws. We had the proof of this when samples of dead miners’organs were collected in Svalbard. The Spanish flu was still present and ready to be another Covid-19. Fortunately, the virus was kept behind the walls of the American laboratory were the samples were analysed.

Lionceaux des cavernes (Source : The Siberian Times)

Retour sur l’éruption de Kamoamoa (Hawaii) en 2011 // The Kamoamoa eruption (Hawaii) in 2011

Au cours des 35 années qu’elle a duré, l’éruption du Pu’uO’o dans la Middle East Rift Zone (MERZ) du Kilauea a été l’occasion pour les scientifiques d’améliorer leur travail de recherche et de surveillance des volcans hawaiiens. Même les éruptions de courte durée, comme celle de Kamoamoa qui a duré quatre jours en 2011, ont offert des informations importantes.
Dans les mois qui ont précédé l’éruption de Kamoamoa, la lave a rempli le cratère du Pu’uO’o. Une inflation continue a été enregistrée au sommet du Kilauea et le long de la MERZ. Au fur et à mesure que le système se pressurisait, la sismicité augmentait dans la partie supérieure de la Zone de Rift Est (East Rift Zone) et le lac de lave sommital atteignait ses niveaux les plus élevés..
Le 5 mars 2011, une secousse et une augmentation de l’activité sismique, accompagnées d’une déflation rapide du Pu’uO’o, ont été observées en début d’après-midi. Un intrusion dans la partie supérieure de la zone de rift a fait s’évacuer le magma qui se trouvait sous le Pu’uO’o. Peu de temps après, le plancher du Pu’uO’o a commencé à s’affaisser et le niveau du lac de lave sommital a chuté.
Alertés par des alarmes sismiques en temps quasi réel et des données de déformation, les scientifiques du HVO ont rapidement effectué un survol de la zone et ont pu assister au début de l’éruption de Kamoamoa entre le Pu’uO’o et le cratère Napau.
Au cours des premiers jours, l’activité éruptive a oscillé entre deux systèmes de fractures, avec des bouches dont l’activité alternait. En début de journée le 8 mars 2011, l’éruption s’est concentrée sur les deux extrémités opposées des fractures. L’activité a diminué dans l’après-midi du 9 mars, et l’épisode éruptif de Kamoamoa a pris fin vers 22h30..
Le dyke et l’éruption qui a suivi ont joué un rôle de soupape et permis l’évacuation de la pression qui s’était accumulée depuis des mois dans le système d’alimentation du Kilauea.
Pendant l’éruption, afin de compléter les données en temps quasi réel fournies par les stations de surveillance du HVO, les scientifiques ont également récolté des échantillons de lave, effectué des mesures de gaz, cartographié les coulées de lave et les fractures, pris des photos et des notes sur le terrain. Toutes ces données importantes permettent de mieux comprendre les éruptions volcaniques et leurs processus.
Les analyses de plusieurs échantillons de lave prélevés tout au long de l’éruption ont montré que la lave était initialement plus évoluée que celle collectée sur le champs de lave du Pu’uO’o avant l’éruption de Kamoamoa. Cela signifie que le dyke qui a alimenté l’éruption a d’abord émis – ou s’est mélangé à – un magma plus ancien qui était stocké dans la zone de rift. Au fur et à mesure que l’éruption s’est poursuivie et que du magma juvénile est arrivé dans le système, la composition de lave a évolué pour ressembler à celle qui avait été émise précédemment au niveau du Pu’uO’o. Il est intéressant de noter qu’une évolution semblable de la composition de la lave a été observée au début de l’éruption de 2018.
Source : USGS, HVO.

J’étais à Hawaii quelques jours avant le début de l’éruption de Kamoamoa. Vous pourrez voir ci-dessous quelques photos du puits de lave sommital, du cratère du Pu’uO’o et de l’East Rift Zone où la lave commençait déjà à s’écouler.

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The 35-year-long Pu’uO’o eruption on Kilauea’s Middle East Rift Zone (MERZ) was a remarkable opportunity for scientists to improve volcano research and monitoring. Even short-lived episodes in this eruption, like the four-day-long Kamoamoa eruption, offered important insights.

In the months leading up to the 2011 Kamoamoa eruption, lava filled Pu’uO’o crater. Steady inflation was recorded at the summit and the MERZ. As the system pressurized, seismicity increased in the upper East Rift Zone and the summit lava lake rose to the highest levels recorded before that time.

On March 5th, 2011, seismic tremor and increased earthquake activity, accompanied by rapid deflation at Pu’uO’o, began abruptly in the early afrternoon. An intrusion uprift drew magma away from beneath Pu’uO’o. Shortly after, the Pu’uO’o crater floor began to subside and the summit lava lake level dropped.

HVO alerted by near real-time seismic alarms and deformation data, quickly conducted an overflight of the area and witnessed the start of the Kamoamoa eruption between Pu’uO’o and Napau craters.

In the first few days, eruptive activity shifted around two fissure systems with vents repeatedly starting and stopping. Early on March 8th, the eruption focused on the two opposite ends of the fissures. The activity waned in the afternoon of March 9th, and around 10:30 p.m. the Kamoamoa eruptive episode was over.

The dike and subsequent eruption acted as a pressure release valve of Kilauea’s magma plumbing system that had been pressurizing for months.

During the eruption, to supplement the near real-time data from HVO monitoring stations, scientists also collected lava samples and gas measurements, mapped lava flows and ground cracks, took photos and detailed field notes. These important data sets help to better understand volcanic eruptions and their processes.

Analyses of multiple lava samples taken throughout the eruption showed that the erupted lava was initially more evolved than the lava collected on the Pu’uO’o flow fields prior to the Kamoamoa eruption. This means that the dike which fed the eruption either pushed out, or mixed with, a body of cooler magma that had been stored in the rift. As the eruption continued, the lava compositions began to resemble those previously erupted at Pu’uO’o, as juvenile lava flushed through the system. This is what happened in the beginning of the 2018 eruption.

Source : USGS, HVO.

I was in Hawaii a few days before the start of the Kamoamoa eruption. Here are some photos of the summit lava pit crater, the Pu’uO’o crater and the East Rift Zone where lava was already beginning to flow.

Photos : C. Grandpey

Simulation d’évacuation de la population à Vulcano (Iles Eoliennes)

Le 1er avril 2022, le journal La Sicilia titrait : Eruption à Vulcano, l’île doit être évacuée. Ce n’était pas un poisson d’avril, mais l’annonce d’un exercice de sécurité à venir, suite à la hausse d’activité volcanique observée ces dernières semaines dans le cratère de La Fossa.

Le scénario de l’exercice simulera, à partir du 7 avril, la modification des paramètres de surveillance du volcan, avec l’apparition de phénomènes justifiant le passage du niveau d’alerte Jaune actuel à une situation d’intense crise hydrothermale profonde, avec niveau d’alerte Orange. La situation culminera le samedi 9 avril avec un état d’activité éruptive imminente ou en cours et le déclenchement du niveau d’alerte Rouge.
La journée du 9 avril sera notamment consacrée à des exercices d’évacuation de la population en respectant les voies d’évacuation et les zones d’urgence. Grâce aux panneaux qui seront installés sur l’île, les participants atteindront l’un des deux points de rassemblement : le port de Levante ou la jetée de Gelso . Ensuite, la population sera inviter à une simulation d’embarquement à bord des ferries affrétés par la Région Sicile. Elle participera également à une séance d’information sur les thèmes de l’exercice, avant de débarquer sur le même quai.
Au cours de l’exercice, le système d’alarme IT-Alert à l’attention du public sera testé le 9 avril pour la première fois en Italie par le Département de la Protection civile, en collaboration avec la Préfecture de Messine, la Municipalité de Lipari et l’INGV. Il s’agit d’envoyer des messages vers les téléphones portables des habitants de Vulcano, via la technologie de diffusion cellulaire. IT-Alert. Les citoyens seront informés sur l’exercice en cours et les règles de conduite à adopter. A noter que cette technique de communication est utilisée en Islande pour avertir la population de l’imminence d’une éruption.

Source: La Sicilia.

Il est bon de rappeler, à l’attention de ceux qui désireraient se rendre dans les Iles Eoliennes pendant les vacances de Pâques, que l’accès au cratère de La Fossa est toujours interdit et que les carabiniers auraient tendance à avoir la verbalisation facile. S’agissant de Stromboli, l’ascension ne peut se faire que jusqu’à 400 mètres d’altitude. Le volcan est trop imprévisible en ce moment  pour pouvoir accéder au sommet.

Photo: C. Grandpey

Fonte de l’Arctique et incendies de forêts aux Etats Unis // Arctic melting and wildfires in the U.S.

Depuis le début des relevés à la fin des années 1970, la couverture de glace de mer ne cesse de diminuer dans l’Arctique. C’est aussi dans les années 70 que s’est accélérée la fonte des glaciers dans les Alpes. Mes photos confirment cette tendance qui ne s’est jamais interrompue. La fonte de la glace arctique est tellement rapide que les scientifiques pensent que l’on se dirige vers des périodes libres de glace avant les années 2050. Cette nouvelle situation va bouleverser l’environnement dans l’Arctique avec l’ouverture de nouvelles voies de navigation, l’exploitation de ressources minières dans la région et la mise à mal de tout un environnement épargné jusque là.

Alors que la glace de mer fond dans l’Arctique, des incendies gigantesques ravagent l’ouest des États-Unis. En 2021, 1,2 million d’hectares sont partis en fumée du côté de la Californie ou de l’Oregon.

On peut se demander s’il existe un lien entre la fonte de l’Arctique et les feux de forêts en Californie ou, plus récemment dans le Colorado. Le point commun entre ces deux situations, c’est le réchauffement climatique d’origine anthropique.

Ce qui se passe sur le continent nord américain est assez facile à comprendre. Avec l’absence de glace à leur surface, les eaux arctiques plus sombres absorbent les rayons du soleil et se réchauffent. Dans le même temps,les différences de pression avec l’atmosphère au-dessus de la région augmentent. Cela donne naissance à un vortex qui tourne sur l’Arctique dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Par sa rotation, ce vortex envoie de l’air chaud vers l’ouest des États-Unis. Il est tellement puissant qu’il parvient à perturber le jet-stream polaire censé apporter de l’humidité sur la côte américaine.

À ce stade, un second vortex se forme sur les États-Unis et il tourne dans le sens des aiguilles d’une montre, lui. En conséquence, au lieu de bénéficier d’un air frais et humide, l’ouest du pays connaît un ciel dégagé et des conditions sèches. Cette situation est particulièrement propice au déclenchement de feux de forêt. Elle ne fera qu’empirer si rien n’est fait pour ralentir le réchauffement climatique.

D’après un article paru sur le site Futura Sciences.

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Since surveys began in the late 1970s, sea ice has been declining steadily in the Arctic. It was also in the 1970s that the melting of glaciers in the Alps accelerated. My photos confirm this trend which has never stopped. The melting of Arctic ice is so rapid that scientists believe that the world is heading for ice-free periods before the 2050s. This new situation will disrupt the environment in the Arctic with the opening of new shipping lanes, the exploitation of mineral resources in the region and the spoiling of an entire environment spared until then.
As sea ice melts in the Arctic, massive wildfires ravage the western United States. In 2021, 1.2 million hectares went up in smoke in California or Oregon.
One can wonder whether whether there is a link between the melting of the Arctic and forest fires in California or, more recently in Colorado. What these two situations have in common is anthropogenic global warming.
What is happening on the North American continent is quite easy to understand. With no ice on its surface, the darker arctic water absorbs the sun’s rays and heats up. At the same time, the pressure differences with the atmosphere above the region increase. This triggers a vortex that rotates over the Arctic in a counterclockwise direction. By its rotation, this vortex sends hot air towards the western United States. It is so powerful that it manages to disrupt the polar jet stream supposed to bring humidity to the American coast.
At this point, a second vortex forms over the United States and it rotatess clockwise. As a result, instead of receiving cool, humid air, the west of the country experiences clear skies and dry conditions. This situation is particularly favourable to the outbreak of forest fires. It will get worse if nothing is done to slow global warming.
According to an article published on the Futura Sciences website

Fonte de la glace de mer arctique entre les années 1970 et les années 2000 (Source : NOAA)