Etna (Sicile) : ça recommence // Etna (Sicily) is doing it again

7 heures (heure locale) :Un nouvel épisode d’activité strombolienne a débuté vers 4 heures ce matin (heure locale) au niveau de la Voragine de l’Etna et, comme précédemment, a évolué en fontaines de lave, avec de fortes émissions de cendres. La colonne éruptive et montée jusqu’à 9000 m d’altitude avant de dériver vers l’ESE.

A noter l’apparition d’une coulée de lave bien alimentée qui a débordé de la lèvre NO de la Bocca Nuova. En fin de matinée, son front se trouvait à 3000 m d’altitude.
L’amplitude moyenne du tremor volcanique s’est intensifiée pour atteindre un niveau très élevé. La source de l’activité se situe à l’est de la Voragine à une altitude d’environ 2800 m.

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9 heures: Le tremor a commencé à chuter. Le paroxysme est donc en phase terminale…jusqu’à la prochaine fois. Pour une partie de la Sicile, ce sera un dimanche avec les balais. Les localités les plus impactées par les retombées de cendres sont Milo, Giarre, Torre Archirafi, Santa Venerina et Zafferana Etnea.

Source: INGV.

Source: INGV

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7:00 am (local time) : A new episode of Strombolian activity began around 4 a.m. this morning (local time) at Mt Etna’s Voragineand, as previously, evolved into lava fountains, with strong ash emissions. The eruptive column rose up to 9,000 m above sea level and drifted ESE.

A well-fed lava flow overflowed from the NW rim of Bocca Nuova. At the end of the morning, its front was located at an altitude of 3000 m.
The average amplitude of the volcanic tremor has intensified to reach a very high level. The source of activity is located to the east of Voragine at an altitude of approximately 2800 m.

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9:00 am : The eruptive tremor has started to drop. This means the paroxysm is coming to an end…until the next one. For some Sicilians, it will be a sweeping Sunday beacuse of the ashfall from the eruption, especially in Milo, Giarre, Torre Archirafi, Santa Venerina and Zafferana Etnea.

Source: INGV.

Groenland : des virus pour blanchir la glace et la neige// Greenland : viruses to whiten ice and snow

J’ai indiqué dans plusieurs notes sur ce blog que la fonte des calottes polaires et des glaciers est susceptible de libérer des virus dont certains sont inconnus et pourraient déclencher de nouvelles épidémies sur Terre.
Un article paru sur le site Live Science est moins alarmant et aborde un aspect différent des virus. En effet, des chercheurs de l’Université d’Aarhus au Danemark ont détecté des signes de virus géants sur la calotte glaciaire du Groenland qui pourraient contribuer à réduire certains impacts du réchauffement climatique. Ces virus, qui peuvent être jusqu’à 1 500 fois plus volumineux que les virus ordinaires, sont susceptibles d’attaquer les algues microscopiques qui assombrissent la glace du Groenland et la font fondre plus rapidement.
Les auteurs de la nouvelle étude, publiée en mai 2024 dans la revue Microbiome, espèrent que la compréhension de ces virus pourra ouvrir la voie à un contrôle naturel de la croissance des algues et, par conséquent, réduire la fonte de la glace. Les chercheurs n’ont pas encore déterminé l’efficacité de ces virus, mais en les étudiant davantage, ils espèrent pouvoir apporter des solutions à l’assombrissement des calottes glaciaires
Les algues qui se trouvent sur la glace du Groenland se développent au printemps et assombrissent certaines parties du paysage qui est habituellement d’un blanc immaculé. Les teintes plus foncées des algues réduisent l’albédo, autrement dit le réfléchissement de la lumière du soleil, et accélèrent la fonte de la glace.
Les chercheurs ont collecté des échantillons de glace noire et de neige rouge à différents endroits de la calotte glaciaire du Groenland en 2019 et 2020. Ils ont ensuite analysé l’ADN trouvé dans ces échantillons pour identifier des séquences de gènes présentant de fortes similitudes avec les virus géants qui appartiennent à la famille des Nucleocytoviricota phylum. Dans les microalgues pigmentées de la glace noire et de la neige rouge, les chercheurs ont trouvé pour la première fois des signatures de virus actifs.
Les algues font partie d’un écosystème complexe qui comprend également des bactéries, des champignons et des protistes, un ensemble d’organismes unicellulaires généralement minuscules qui ne rentrent pas dans les autres groupes. L’équipe danoise mènera des recherches plus approfondies afin de mieux comprendre l’écosystème dans son ensemble et pouvoir déterminer quels hôtes les virus infectent. Les chercheurs pourront alors s’assurer qu’ils attaquent effectivement les algues qui assombrissent la surface de la calotte glaciaire.
Source  : Live Science via Yahoo Actualités.

Ce n’est pas la première fois que les scientifiques attirent l’attention du public sur la présence d’algues qui colorient la glace et la neige et leur effet sur l’albédo. Dans un note rédigée le 5 mars 2020, j’indiquais que la neige avait pris une étonnante teinte rouge sur Eagle Island, une petite île au large de la pointe nord-ouest de l’Antarctique. Cette couleur était due à la présence dans la neige d’une algue microscopique, la Chlamydomonas nivalis qui fait en réalité partie de la famille des algues vertes. Elle est capable de résister à des températures extrêmes mais quand elle rougit, c’est qu’elle se défend. Elle produit des caroténoïdes pour se protéger des UV en les absorbant. Plus il y a du soleil, plus il fait chaud et plus cette algue se développe.

C’est, bien sûr, une conséquence du réchauffement climatique, mais cette couleur pourpre de la neige accélère également sa fonte. En effet, comme c’est le cas au Groenland, l’albédo est affaibli et la neige fond plus vite. Une étude parue dans la revue Nature en 2016 montrait déjà que la prolifération de cette algue au Groenland réduit de 13% le pouvoir réfléchissant de la glace pendant la saison chaude.J’ajoutais dans ma note du 5 mars 2020 que l’Antarctique n’a pas l’exclusivité de la Chlamydomonas nivalis. Elle est présente un peu partout dans le monde. Dans les Alpes, elle est surnommée : « algue des neiges » ou « sang des glaciers ».

Si des chercheurs réussissent à isoler des virus et démontrer leur capacité à consommer ces algues, ce sera forcément une bonne nouvelle pour tout l’univers polaire.

 

Exemple d’algues rouges sur la neige (Source: Ministry of Education and Science of Ukraine).

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I have indicated in several posts on this blog that the melting of polar ice caps and glaciers is likely to release viruses some of which are unknown and may trigger new epidemics on Earth.

This time, the piece of news is less alarming. Indeed, Arctic researchers at Aarhus University in Denmark have detected signs of giant viruses living on the Greenland ice sheet that could help reduce some of the impacts of global warming. These viruses, which can be up to 1,500 times larger than regular viruses, might be attacking the microscopic algae that turn Greenland’s ice to brcomr darker and cause it to melt faster.

The authors of the new study, published May 2024 in the journal Microbiome, hope that understanding these viruses could unlock ways to naturally control algae growth and, therefore, reduce ice melting.

The researchers do not know yet how specific the viruses are and how efficient thry would be, but by exploring them further, they hope to answer some of those questions.

Algae lies dormant on Greenland’s ice and blooms in spring, darkening parts of the usually white landscape. The darker shades reflect less sunlight than white snow and ice, which reduces the albedo and accelerates melting.

Researchers collected samples from dark ice, red snow in different locations on the Greenland ice sheet in 2019 and 2020. They then analyzed the DNA found within those samples to identify sequences of genes with high similarities to giant viruses, which belong to the Nucleocytoviricota phylum. In both the dark ice and red snow, the researchers found signatures of active giant viruses. And that is the first time they have been found on surface ice and snow containing a high abundance of pigmented microalgae.

The algae are part of a complex ecosystem that also includes bacteria, fungi and protists, a collection of typically small, unicellular organisms that don’t fit into the other groups. The Danish team will conduct further research so as to better understand the ecosystem as a whole, so they can determine which hosts the viruses are infecting and be sure that they are attacking the algae.

Source : Live Science via Yahoo News.

This is not the first time that scientists have drawn public attention to the presence of algae that color ice and snow and their effect on the albedo. In a note written on March 5th, 2020, I explained that the snow had taken on a stunning red hue on Eagle Island, a small island off the northwest tip of Antarctica. This color was due to the presence in the snow of a microscopic algae, Chlamydomonas nivalis which is actually part of the green algae family. It is able to withstand extreme temperatures but it blushes when it is defending itself.It produces carotenoids to protect itself from UV rays by absorbing them. The more sun there is, the warmer it is and the more this algae develops.
This is, of course, a consequence of global warming, but this purple color of the snow also accelerates its melting. Indeed, as is the case in Greenland, the albedo is weakened and the snow melts more quickly. A study published in the journal Nature in 2016 already showed that the proliferation of this algae in Greenland reduces the reflective power of ice by 13% during the warm season. I added in my post of March 5th, 2020 that Antarctica does not does not have the exclusivity of Chlamydomonas nivalis. It is present almost everywhere in the world. In the Alps, it is nicknamed: “snow algae” or “glacier blood”.

Quelques nouvelles du Stromboli (Sicile) // Some news of Stromboli (Sicily)

Après une pause en début de matinée le 6 juillet 2024, l’activité effusive a repris au niveau de la bouche qui, à l’origine, se situait vers 700 m d’altitude, mais qui a baissé à 510 m et actuellement 485 m sur la Sciara del Fuoco. Le front de coulée se situe à environ 200 m d’altitude. Des blocs s’en détachent et roulent vers le littoral où ils atteignent la mer.
L’amplitude moyenne du signal sismique affiche des valeurs stables à un niveau relativement bas, avec quelques pics à des niveaux moyens.

Source : INGV.

Crédit photo : INGV

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After a pause early in the morning on July 6th, 2024, edffusive activity resumed at the vent which, originally, was located around 700 m above sea level, but which dropped to 510 m and currently 485 m on the Sciara del Fuoco. The flow front is located approximately 200 m above sea level. Blocks break away from the front and roll down towards the coast where they reach the sea.
The average amplitude of the seismic signal shows stable values ​​at a relatively low level, with some peaks at medium levels.
Source: INGV.

Islande : des prévisions hasardeuses // Iceland : risky predictions

L’éruption qui a débuté le 29 mai 2024 sur la péninsule de Reykjanes est désormais terminée. Un soulèvement du sol est toujours observé sous le secteur de Svasrtsengi, bien que plus lent qu’auparavant. Cela signifie-t-il qu’une nouvelle éruption se produira à court terme ? Personne ne sait.
De la même manière, les conclusions d’une nouvelle étude publiée dans la revue Terra Nova le 26 juin 2024 vont peut-être un peu trop loin. Les auteurs expliquent que la série d’éruptions volcaniques obsevée ces derniers temps en Islande pourrait durer des décennies, voire des siècles. Peut-être que oui, peut-être que non ; personne ne sait. Alors que nous ne sommes pas capables de faire des prévisions volcaniques à court terme, il est assez risqué de faire de telles déclarations.
La série actuelle d’éruptions a commencé en 2021 sur la péninsule de Reykjanes où vit une grande partie de la population islandaise. Elle abrite en outre l’aéroport international de Keflavik et plusieurs centrales géothermiques – Svartsengi étant la plus importante – qui approvisionnent le pays en eau chaude et en électricité.
Il y a eu cinq éruptions majeures depuis le seul mois de décembre 2023. La lave a été émises par des fissures éruptives, un dynamisme typique du volcanisme islandais. Les scientifiques ont analysé les données sismiques des trois dernières années et comparé les propriétés chimiques et physiques de la lave provenant de divers endroits pour savoir si la source se trouvait dans la même chambre magmatique.
Ils ont découvert qu’il s’agissait effectivement d’un magma aux propriétés pétrographiques identiques. Cela révèle la présence d’un système magmatique cohérent. Au vu des données sismiques, les chercheurs pensent qu’il existe une zone de stockage de magma de taille moyenne à une profondeur d’environ neuf à onze kilomètres, et qui s’étend sur une largeur de dix kilomètres. Ce réservoir se serait formé entre 2002 et 2020.
Les auteurs de l’étude concluent que la série d’éruptions actuelle pourrait être le début d’un long épisode, même s’ils ne sont pas en mesure de prévoir combien de temps durera cette série.
Source : agence de presse allemande DPA Internatioanl.

29 mars 2024 : une éruption fissurale classique en Islande

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The eruption that started on May 29th, 2024 on the Reykjanes Peninsila is now over. Ground uplift is still observed beneath the Svasrtsengi area, although slower than before. Does this mean a new eruption will occur in the short term ? Nobody knows.

In the same way, the conclusions of a new study published in the journal Terra Nova on June 26th, 2024, may be going a bit too far. The authors explain that the latest series of volcanic eruptions in Iceland could last for decades or even centuries. Maybe yes, maybe no ; nobody knows. At a time when we are not able to make short-term volcanic predictions, it is quite risky to make such statements.

The current series of eruptions began in 2021 on the Reykjanes Peninsula, with large part of the Icelandic population living in the affected region. It is also home to the Keflavik international airport and several geothermal power plants – Svartsengi being the most important one – that supply the country with hot water and electricity.

There have been five major volcanic eruptions since December 2023 alone. Lava flowed out of elongated cracks in the earth during fissure eruptions typical of Icelandic volcanism. The researchers analysed seismic data from the past three years and compared the chemical and physical properties of lava from various locations to determine whether it came from the same underground magma chamber.

They found that it was indeed magma with similar petrographic properties. This suggests a coherent underground magma system. Taken with the seismic data, the researchers believe that there is a moderately large magma accumulation at a depth of around nine to eleven kilometres, which extends over a width of ten kilometres. It formed between 2002 and 2020.

The authors of the study conclude that the current series of eruptions could be the beginning of a long episode, though they cannot predict how long the series will last.

Source : German press agency DPA International.