Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Un niveau élevé d’activité sismique persiste sous le sommet du Kilauea (Hawaii). Selon l’Observatoire des Volcans d’Hawaii, il est impossible de dire si cette hausse d’activité débouchera sur une intrusion magmatique ou une éruption, ou si elle se poursuivra simplement sous forme d’activité sismique en profondeur. « Des changements dans la nature et le lieu de cette activité peuvent survenir rapidement, tout comme pour le risque d’une éruption, mais il n’y a aucun signe d’éruption imminente pour le moment. »

Image webcam du cratère de l’Halema’uma’u le 28 mai 2024

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Comme on pouvait s’y attendre au vu du soulèvement du sol dans le secteur de Svartsengi, une éruption a débuté sur la péninsule de Reykjanes (Islande) le 29 mai 2024 à 12h46 près de Sundhnúkar, au nord de Grindavík, au nord-est de Sýlingafell, après un intense épisode d’activité sismique qui a conduit à l’évacuation de Grindavik, Svartsengi et du Lagon Bleu.

Après un début où le débit éruptif était très élevé, l’éruption a décliné et elle se poursuit sur la fracture qui mesure plus de 3 km de longueur. Aucune activité explosive n’a été observée depuis l’après-midi du 29 mai lorsque des explosions phréatiques se sont produites à cause de l’entrée de la lave dans des fractures, ce qui a provoqué un contact avec les eaux souterraines. L’activité la plus forte se situe à proximité du cratère qui a été actif pendant la période éruptive qui a débuté le 16 mars 2024.

S ‘agissant de la déformation du sol, le Met Office précise que le sol s’est affaissé d’une quinzaine de centimètres dans le secteur de Svartsengi lorsque le magma a quitté la chambre magmatique au début de l’éruption. On estime qu’environ 15 millions de mètres cubes de magma sont sortis de la chambre magmatique. Le débit éruptif est estimé entre 1 500 et 2 000 m3/s.
Source : Met Office.

Image webcam de la phase initiale de l’éruption

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L’activité éruptive se poursuit au sommet du Sabancaya (Pérou) avec une quarantaine d’événements explosifs chaque jour et des panaches de cendres qui montent à 2600 mètres au-dessus du sommet du volcan.

Source : IGP.

Crédit photo: IGP

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Une éruption s’est produite sur le Dempo (SE Sumatra / Indonésie) le 27 mai 2024. Une vidéo montre un événement surtseyen au niveau du lac de cratère avec des matériaux sombres éjectés à 300 m du centre du lac. On peut voir des panaches de cendres denses s’élevant à environ 500 m de hauteur. Selon un article de presse, l’eau du lac du cratère avait changé de couleur au cours des semaines précédentes. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à 1 km du cratère et jusqu’à 2 km sur le flanc N.
Source : PVMBG.

Vue du cratère du Dempo (Crédit photo : Roamindonesia)

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Toujours en Indonésie, l’éruption de l’Ibu se poursuit avec des panaches de vapeur et de gaz qui s’élèvent de 200 à 600 m au-dessus du cratère. Le 27 mai 2024, un événement éruptif a produit un panache de cendres qui s’est élevé à 6 km au-dessus du cratère avec des retombées de cendres dans les zones habitées à proximité. Des matériaux incandescents ont été éjectés jusqu’à 1 km sur les flancs NO, Ouest, SO et Sud. Le niveau d’alerte reste à 4 (le maximum sur une échelle à quatre niveaux) et il est conseillé au public de rester à 4 km du cratère actif.
Source : PVMBG.

Activité éruptive de l’Ibu en mai 2022

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Au cours du mois de mai 2024, plusieurs épisodes de décoloration de l’eau ont été observés au cratère I du Kelimutu (île de Flores / Indonésie), avec des bulles à la surface dans la partie NE du lac, et une faible odeur de soufre. La température de l’eau a également légèrement augmenté au Cratère II. Les changements de couleur de l’eau du lac au cratère I, ainsi que l’augmentation de la température de l’eau au cratère II, ont incité le PVMBG à relever le niveau d’alerte à 2 (sur une échelle de 1 à 4) le 24 mai, et le public a été invité à rester à 250 m. des lèvres du cratère. La dernière éruption du Kelimutu était de type phréatique ; elle a eu lieu au cratère II en juin 1968.
Source : PVMBG.

Sommet du Kelimutu (Crédit photo: ATOME)

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Une éruption phréatique s’est produite au cratère Nirwana du Suoh (Sumatra / Indonésie) le 24 mai 2024, avec un panache de vapeur dense ; deux autres explosions phréatiques se sont produites peu de temps après. Le premier événement a éjecté des sédiments, le deuxième a éjecté de l’eau chargée de sédiments et le troisième a produit un panache noir très dense. Un fort grondement a été entendu dans un rayon de plusieurs kilomètres. Le public est prié de rester à 500 m du cratère Nirwana et d’éviter les autres cratères du Suah ainsi que les ravines sur les flancs du volcan en raison des niveaux potentiellement élevés de dioxyde de carbone. De fortes explosions phréatiques se sont déjà produites en 1933.
Source : PVMBG.

Activité géothermale sur le Suoh (Crédit photo: Wikipedia)

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Une éruption mineure s’est produite à White Island (Nouvelle-Zélande) le 24 mai 2024 au matin et a produit un panache de vapeur et de gaz qui s’est élevé de 2 à 3 km de hauteur. Les images des webcams montrent qu’il n’y avait pas de cendres dans le panache. Le niveau d’alerte volcanique a été porté à 3 (sur une échelle de 0 à 5) et la couleur de l’alerte aérienne est passé à l’Orange (niveau 3 sur une échelle de quatre couleurs). Les émissions de vapeur sont ensuite redevenues normales. Un survol a permis de constater que l’activité de bouillonnement qui durait depuis des mois en bordure du lac était plus intense, avec projection de matériaux à 20-30 m de hauteur pendant des périodes de plusieurs secondes. Le niveau de l’eau s’était abaissé et exposait des parties du fond du lac. L’activité éruptive était beaucoup moins importante que celle de décembre 2019. Dans la soirée du 24 mai, le niveau d’alerte volcanique a été abaissé à 2 et la couleur de l’alerte aérienne a été abaissée au Jaune.
Une deuxième éruption mineure s’est produite le 25 mai, incitant à nouveau GeoNet à relever le niveau d’alerte volcanique à 3 et la couleur de l’alerte aérienne à Orange. Il n’y avait toujours pas de cendres dans le panache. Des projections intermittentes de gaz et de vapeur ont continué à être visibles tout au long de la journée. Aucune autre activité n’a été observée au cours des jours suivants ; le niveau d’alerte volcanique a été abaissé à 2 et la couleur de l’alerte aérienne a été ramenée au Jaune. L’analyse des données collectées lors d’un survol du 27 mai a indiqué des niveaux élevés de gaz magmatique par rapport aux observations précédentes en avril et début mai.
Source : GeoNet.

White Island après l’éruption de 2018 (Crédit photo: GeoNet)

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Entre 23h42 le 27 mai et 04h08 (UTC) le 28 mai 2024, un essaim sismique a été enregistré dans la caldeira de Las Cañadas (Ténérife / Îles Canaries), composé de dizaines de petites secousses, parmi lesquelles 26 ont été localisées avec précision. La caldeira de Las Cañadas est une structure de 10 x 17 km partiellement remplie par le stratovolcan du Teide. Les séismes avaient des magnitudes allant jusqu’à M 1,2 et se sont produits à des profondeurs comprises entre 5 et 10 km.
On observe une augmentation notable de la microsismicité à Tenerife depuis juin 2017. Elle est probablement due à un processus de pressurisation du système volcano-hydrothermal, de toute évidence lié à l’injection de gaz magmatiques.
Malgré cette augmentation de l’activité sismique, les volcanologues soulignent qu’il n’y a pas de danger immédiat pour la population. De plus, cette activité n’est pas le signe d’une éruption volcanique à court ou moyen terme.
Source : INVOLCAN, The Watchers.

Caldeira de Las Cañadas vue depuis le sommet du Teide (Photo: C. Grandpey)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

Elevated seismic unrest continues beneath the Kīlauea summit (Hawaii). According to the Hawaiian Volcano Observatory, it is impossible to say whether this increase in activity will lead to an intrusion or an eruption, or simply continue as seismic unrest at depth. “Changes in the character and location of unrest can occur quickly, as can the potential for eruption, but there are no signs of imminent eruption at this time.”

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As expected given the ground uplift in the Svartsengi sector, an eruption began on the Reykjanes peninsula (Iceland) on May 29th, 2024 at 12:46 p.m. near Sundhnúkar, north of Grindavík, north- east of Sýlingafell, after an intense episode of seismic activity which led to the evacuation of Grindavik, Svartsengi and the Blue Lagoon.
After a start where the eruptive flow was very high, the eruption declined and it continues on the eruptive fissure which is more than 3 km long. No explosive activity has been observed since the afternoon of May 29th when phreatic events occurred due to lava entering fractures, causing contact with groundwater. The strongest activity is located near the crater which was active during the eruptive period which began on March 16th, 2024.
Regarding the deformation of the ground, the Met Office specifies that the ground sank by around fifteen centimeters in the Svartsengi area when magma left the chamber at the start of the eruption. It is estimated that around 15 million cubic meters of magma came out of the magma chamber. The eruptive flow is estimated between 1,500 and 2,000 cubic meters per second.
Source: Met Office.

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Eruptive activity continues at the summit of Sabancaya (Peru) with around forty explosive events each day and ash plumes rising up to 2600 meters above the summit of the volcano.
Source: IGP.

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An eruption occurred at Dempo (SE Sumatra / Indonesia) on May 27th, 2024. A video shows a Surtseyan eruption at the crater lake with dark material ejected 300 m from the center of the lake. Dense ash plumes can be seen rising around 500 m. According to a news report, the crater lake water had been changing colors during the previous few weeks. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 1 km away from the crater and as far as 2 km on the N flank.

Source : PVMBG.

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Still in Indonesia, the eruption at Ibu continues with steam and gas plumes that rise 200-600 m above the crater. On May 27th, 2024, an eruptive event produced an ash plume that rose 6 km above the crater with ashfall in the nearby communities. Incandescent material was ejected as far as 1 km onto the NW, W, SW, and S flanks. The Alert Level remains at 4 (the highest level on a four-level scale) and the public is advised to stay 4 km away from the active crater.

Source : PVMBG.

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During the month of May 2024, several episodes of water discoloration were observed at Kelimutu’s Crater I (Flores Island / Indonesia), with bubbles on the surface of the NE part of the lake, and there was a weak sulfur odor. Water temperature also slightly increased at Crater II. The changes in lake water color at Crater I, along with increased water temperatures at Crater II, prompted PVMBG to raise the Alert Level to 2 (on a scale of 1-4) on May 24th, and the public was asked to stay 250 m from the crater rims. Kelimutu’s last eruption was phreatic, and it occurred at Crater II during June 1968.

Source : PVMBG.

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A phreatic eruption occurred at Suoh’s Nirwana Crater (Sumatra / Indonesia) on May 24th, 2024 and produced a dense steam plume; two more phreatic explosions occurred a short time later. The first event ejected sediment, the second event ejected sediment-laden water, and the third produced a dense black plume. Loud booming was heard within a radius of several kilometers. The public is asked to stay 500 m away from Nirwana Crater and to avoid Suah’s craters and associated drainages due to potentially elevated levels of carbon dioxide. Large phreatic explosions last occurred in 1933.

Source : PVMBG.

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A minor eruption occurred at White Island (New Zealand) on May 24th 2024 in the morning and produced a steam-and-gas plume that rose 2-3 km high. There was no clear indication of ash in the plume, based on webcam images. The Volcanic Alert Level was raised to 3 (on a scale of 0-5) and the Aviation Color Code was raised to Orange (the third level on a four-color scale). Steam emissions later returned to normal. An overflight allowed to see that the geysering at the crater lake that had been ongoing for months was stronger, ejecting material 20-30 m high for periods of several seconds. The level of the crater lake had subsided and exposed parts of the lake floor. The eruption was much smaller than the December 2019 eruption. In the evening of May 24th, the Volcanic Alert Level was lowered back down to 2 and the Aviation Color Code was lowered back to Yellow.

A second minor eruption occurred on May 25th, again prompting GeoNet to raise the Volcanic Alert Level to 3 and the Aviation Color Code to Orange. There were no clear indications of ash in the plume. Intermittent ejections of gas and steam continued to be visible throughout the day. No further activity was observed over the next few days; the Volcanic Alert Level was lowered to 2 and the Aviation Color Code was lowered to Yellow on 29 May. Analysis of data collected during a 27 May overflight indicated elevated levels of magmatic gas compared to previous observations in April and early May.

Source : GeoNet.

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Between 23:42 UTC on May 27th and 04:08 UTC on May 28th, 2024, a seismic swarm was recorded in the Las Cañadas caldera (Tenerife / Canary Islands), consisting of dozens of small earthquakes, among which 26 were precisely located. The Las Cañadas caldera is a 10 x 17 km structure partially filled by the Teide stratovolcano.The earthquakes had magnitudes reaching up to M 1.2 and occurred at depths between 5 and 10 km.

There has been a notable increase in micro-seismicity within Tenerife since June 2017. It is attributed to a pressurization process of the volcanic-hydrothermal system, likely linked to the injection of magmatic gases.

Despite this increase in seismic activity, volcanologists emphasize that there is no immediate danger to the population. Moreover, this activity is not the sign of a volcanic eruption in the short or medium term.

Source : INVOLCAN, The Watchers.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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26 jours supplémentaires de chaleur extrême au cours des 12 derniers mois… !! // 26 more days of extreme heat over the last 12 months… !!

Selon un rapport publié le 28 mai 2024 par le Centre climatique de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, le réseau scientifique World Weather Attribution et l’organisme de recherche Climate Central, notre planète a connu en moyenne 26 jours supplémentaires de chaleur extrême au cours des 12 derniers mois. Le rapport explique que cette situation ne se serait probablement pas produite sans le réchauffement climatique d’origine anthropique. Nous savions déjà que 2023 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée.
La chaleur est la principale cause de décès liés au climat et le rapport souligne en outre le rôle du réchauffement climatique dans l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes dans le monde. On sait que la chaleur extrême a tué des dizaines de milliers de personnes au cours des 12 derniers mois, mais le nombre réel se chiffre probablement en centaines de milliers, voire en millions.
Pour leur étude, les scientifiques ont pris en considération les années 1991 à 2020 pour déterminer quelles températures se situaient parmi les 10 % les plus élevées pour chaque pays au cours de cette période. Ensuite, ils ont examiné les 12 mois jusqu’au 15 mai 2024 pour déterminer combien de jours au cours de cette période ont connu des températures comprises dans ou au-delà de la plage précédente. Ensuite, ils ont examiné l’influence du réchauffement climatique sur chacune de ces journées excessivement chaudes.
Dans la conclusion de l’étude, les chercheurs estiment que « le changement climatique d’origine humaine a ajouté, en moyenne, dans toutes les régions du monde, 26 jours de chaleur extrême de plus qu’il n’y en aurait eu sans lui ».
En cette année 2024, des vagues de chaleur extrêmes ont déjà touché des pans entiers du globe, du Mexique au Pakistan.
Le rapport indique qu’au cours des 12 derniers mois, quelque 6,3 milliards de personnes, soit environ 80 pour cent de la population mondiale, ont connu au moins 31 jours de chaleur extrême. 76 vagues de chaleur extrême ont été enregistrées dans 90 pays différents sur tous les continents, à l’exception de l’Antarctique. Cinq des pays les plus touchés se trouvent en Amérique latine.
Le rapport confirme que sans l’influence du réchauffement climatique, le Suriname aurait enregistré environ 24 jours de chaleur extrême au lieu de 182; l’Équateur en aurait subi 10 et non 180 ; la Guyane 33 et non 174; le Salvador 15 et non 163, et le Panama 12 et non 149.
Source : Climate Central.

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According to a report released on May 28th, 2024 by the Red Cross Red Crescent Climate Centre, the World Weather Attribution scientific network and the research organization Climate Central, the world experienced an average of 26 more days of extreme heat over the last 12 months. The report explains that this situation would probably not have occurred without human-caused global warming. We already knew that 2023 was the hottest year on record.

Heat is the leading cause of climate-related deaths and the report further points to the role of global warming in increasing the frequency and intensity of extreme weather around the world. Extreme heat is known to have killed tens of thousands of people over the last 12 months but the real number is likely in the hundreds of thousands or even millions,

For their study, the scientists used the years 1991 to 2020 to determine what temperatures counted as within the top 10 percent for each country over that period. Next, they looked at the 12 months to May 15th, 2024, to establish how many days over that period experienced temperatures within or beyond the previous range. Then, they examined the influence of global warming on each of these excessively hot days.

In the conclusion of the study, the researchersn that « human-caused climate change added, on average, across all places in the world, 26 more days of extreme heat than there would have been without it ».

Already in 2024, extreme heat waves have affected swathes of the globe from Mexico to Pakistan.

The report states that in the last 12 months some 6.3 billion people – roughly 80 percent of the global population – experienced at least 31 days of what is classed as extreme heat. In total, 76 extreme heat waves were registered in 90 different countries on every continent except Antarctica. Five of the most affected nations were in Latin America.

The report cofirms that without the influence of global warming, Suriname would have recorded an estimated 24 extreme heat days instead of 182; Ecuador 10 not 180; Guyana 33 not 174, El Salvador 15 not 163; and Panama 12 not 149.

Source : Climate Central.

Réchauffement climatique et déplacements de populations

J’ai alerté à plusieurs reprises sur ce blog sur l’érosion littorale provoquée par la montée du niveau des océans. La fonte des banquises et des glaciers, ainsi que la dilatation thermique des océans provoquent des dégâts sur les côtes, surtout au moment des tempêtes et des marées à fort coefficient. En métropole, mais aussi en outre-mer, des zones habitées sont sous la menace des vagues et des relocalisations devront être envisagées.

 Les dernières tempêtes ont causé de sérieux dégâts sur la côte atlantique et les enrochements ont parfois été délogés par les assauts des vagues (photos : C. Grandpey)

À l’échelle de la planète, des relocalisations et des déplacements de populations sont en cours. Au Brésil, l’État de Rio Grande do Sul a connu des pluies diluviennes d’une violence extrême ces derniers temps et se trouve dans une situation désespérée. Des coulées de boue gigantesques ont détruit des maisons et noyé un nombre incalculable de véhicules. Le bilan provisoire est de 147 morts et 124 disparus. Plus de deux millions de personnes sont dans la détresse et d’innombrables infrastructures sont détruites. Ce sont les inondations les plus graves dans l’histoire de cet État ; elles ont déjà entraîné le déplacement de plus de 620 000 personnes depuis le début du mois de mai 2024. 150 000 personnes avaient déjà connu le même sort en 2023. La situation est tellement grave que les autorités se demandent s’il ne faudra pas délocaliser Porto Alegre !

Le quartier de Sarandi à Porto Alegre, sous les eaux le 5 mai 2024 (Source : presse brésilienne)

Cette ville ne serait pas la première à devoir prendre une telle mesure. Il y a trois ans, le gouvernement indonésien a décidé d’abandonner Djakarta (10 millions d’habitants), la capitale actuelle sur l’île de Java, et de construire une nouvelle capitale, Nusantara, sur l’île de Bornéo. Les risques d’inondation étaient devenus trop importants à Djakarta, notamment à cause du risque de submersion lié à la hausse du niveau de la mer. Le gouvernement indonésien s’est donné 15 ans pour mener le projet à son terme. Voir mes notes du 31 août 2019 et du 15 mars 2023 à ce sujet :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/03/15/la-capitale-indonesienne-bientot-a-borneo-indonesian-capital-soon-in-borneo/

Illustration du transfert de Jakarta vers Kalimantan (Source ; The Jakarta Post)

Des déplacements de populations ont déjà eu lieu dans des proportions impressionnantes. . L’Observatoire des Situations de Déplacements Internes (International Displacement Monitoring Center – IDMC) indique que « chaque année, le nombre de déplacements de populations liés aux catastrophes naturelles est plus important que le nombre de déplacements provoqués par des conflits (26 millions contre 20 millions). » L’Asie du Sud et du Sud-Est connaît les niveaux de déplacements les plus importants suite à des événements climatiques de plus en plus fréquents et de plus en plus violents. Ainsi, le cyclone Mocha a provoqué la fuite de 1,3 million de personnes au Bangladesh, et 900 000 en Birmanie. Il faut savoir que dans un certain nombre de cas, conflits et catastrophes se superposent, ce qui augmente le risque pour les personnes d’être déplacées plusieurs fois ou de manière prolongée. Le rapport de l’IDMC indique qu’au 31 décembre 2023, il y avait 7,7 millions de personnes déplacées en raison de catastrophes dans 83 pays.

D’ores et déjà, on sait que ne nombre de catastrophes va augmenter avec le réchauffement climatique. Il y aura une hausse de la fréquence et de l’intensité des phénomènes extrêmes. L’essentiel des déplacements est actuellement causé par les sécheresses, les inondations, les cyclones, les incendies.

Comme je l’indiquais plus haut, la France est concernée par ces déplacements de population. En 2022, les feux de forêts ont déplacé 45 000 personnes dans l’hexagone. Un sondage commandé fin 2023 par EDF montre que 26% des Français pensent qu’ils devront quitter leur domicile dans les 10 prochaines années, à cause des impacts du réchauffement climatique.

Source : presse nationale et internationale.

Des panneaux mettent en garde contre le risque d’effondrement du littoral, ici à Talmont (Gironde)

Disparition du dernier glacier du Venezuela // Venezuela’s last glacier has disappeared

Sous les coups de boutoir du réchauffement climatique, les glaciers fondent dans le monde et le Venezuela n’échappe pas à la tendance. Le pays vient de perdre son dernier glacier. Il a tellement rétréci que les scientifiques l’ont reclassé en simple ‘champ de glace’. Il semble que le Venezuela soit le premier pays à avoir perdu tous ses glaciers dans les temps modernes.

Le pays hébergeait six glaciers dans la Sierra Nevada de Merida, située à environ 5 000 mètres d’altitude. Cinq de ces glaciers avaient disparu en 2011, avec seul survivant le glacier Humboldt, également connu sous le nom de La Corona, à proximité du Pico Humboldt.

Les scientifiques pensaient que le glacier Humboldt allait subsister au moins une dizaine d’années, mais ils n’avaient pas pu le surveiller pendant plusieurs années en raison de l’agitation politique dans le pays.

Une récente visite du site en décembre 2023 a révélé que le glacier a fondu beaucoup plus rapidement que prévu et ne présente plus qu’une superficie de moins de 2 hectares. En conséquence, il a été déclassé et est passé de ‘glacier’ à ‘champ de glace’.

Les scientifiques expliquent que d’autres pays ont perdu leurs glaciers il y a plusieurs décennies, après la fin du Petit Âge de glace, mais que le Venezuela est sans doute le premier pays à en perdre un dans les temps modernes. L’Indonésie, le Mexique et la Slovénie sont les prochains sur la liste. L’île indonésienne de Papouasie et le Mexique ont connu des températures record ces derniers mois, ce qui devrait accélérer le recul des glaciers.

Il se peut que la disparition des glaciers tropicaux ait été accélérée par le phénomène climatique El Niño. Dans la zone andine du Venezuela, on a enregistré des anomalies mensuelles de 3 à 4 degrés Celsius au-dessus de la moyenne 1991-2020, ce qui est exceptionnel sous ces latitudes tropicales. Les scientifiques préviennent que le Venezuela est le reflet ce qui va se produire du nord au sud de l’Amérique du Sud, d’abord en Colombie et en Équateur, puis au Pérou et en Bolivie, à mesure que les glaciers continuent de fondre dans les Andes.

La disparition du glacier de La Corona est beaucoup plus que la perte de la glace proprement dite ; elle marque également la perte des nombreux écosystèmes présents grâce aux glaciers, depuis les habitats microbiens jusqu’aux environnements à valeur culturelle. Il convient de noter que les glaciers vénézuéliens jouent un rôle limité dans l’approvisionnement en eau de la région, contrairement à des pays comme le Pérou, où les glaciers tropicaux sont beaucoup plus étendus. J’ai attiré l’attention dans plusieurs notes sur le risque que fait peser la fonte des glaciers péruviens sur la population.

Source : médias d’information internationaux.

Vue de la Sierra Nevada de Merida (Crédit photo : Wikipedia)

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Due to global warming, and following a global tendency around the world, Venezuela has lost its last remaining glacier. It has shrunk so much that scientists have reclassified it as an ice field. It is thought Venezuela is the first country to have lost all its glaciers in modern times.

The country had been home to six glaciers in the Sierra Nevada de Mérida which lies at about 5,000 meters above sea level. Five of the glaciers had disappeared by 2011, leaving just the Humboldt glacier, also known as La Corona, which is located close to Pico Humboldt.

Scientists thought the Humboldt glacier was likely to last at least another decade, but they had been unable to monitor the site for a few years due to political turmoil in the country. A recent visit to the site in December 2023 found the glacier had melted much faster than expected, and had shrunk to an area of less than 2 hectares. As a result, its classification was downgraded from glacier to ice field.

Scientists explain that other countries lost their glaciers several decades ago after the end of the little ice age but Venezuela is arguably the first one to lose them in modern times. Indonesia, Mexico and Slovenia are next in line to become glacier-free, with Indonesia’s Papua island and Mexico having experienced record-high temperatures in recent months, which is expected to accelerate the glaciers’ retreat.

The demise of tropical glaciers may have been accelerated by the El Niño climate phenomenon. In the Andean area of Venezuela, there have been some months with monthly anomalies of 3 – 4 degrees celsius above the 1991-2020 average, which is exceptional at those tropical latitudes.

Scientists warn that Venezuela is a mirror of what will continue to happen from north to south, first in Colombia and Ecuador, then in Peru and Bolivia, as glaciers continue to retreat from the Andes.

The loss of La Corona marks the loss of much more than the ice itself, it also marks the loss of the many ecosystem services that glaciers provide, from unique microbial habitats to environments of significant cultural value.

It should be noted that Venezuelan glaciers have a limited role in water provision for the region, in contrast with countries such as Peru, where tropical glaciers are much more extensive.

Source : international news media.