Le réchauffement climatique et les incendies en Australie // Climate change and wildfires in Australia

Les pluies abondantes ont bien aidé les pompiers à éteindre les incendies qui ont ravagé l’Australie en 2019-2020, mais le bilan environnemental est très lourd.

La revue Nature Climate Change a révélé des chiffres impressionnants. Entre septembre 2019 et début janvier 2020, le feu a brûlé environ 5,8 millions d’hectares de forêts de feuillus en Nouvelle-Galles du Sud (New South Wales) et dans l’Etat de Victoria, dans l’est de l’Australie. De nombreux incendies ont dépassé les 100 000 hectares. Ils ont entraîné l’émission de 350 millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphère en novembre et en décembre. (NDLR : Heureusement que le coronavirus a entraîné une baisse de l’activité industrielle en Chine et ainsi réduit les émissions de CO2. Ça compense un peu, mais on a tendance à confondre émissions de CO2 et concentrations de ce même gaz dans l’atmosphère ; les concentrations, elles, ne baissent pas !)

Les incendies sont fréquents en Australie mais les températures record, une sécheresse prolongée et les vents ont créé des conditions inédites favorisant des incendies destructeurs. Les feus de forêt de 2019-2020 ont brûlé un pourcentage sans équivalent : 21% de la forêt de feuillus australienne a disparu en une seule saison. Il faut savoir que ce pourcentage est une sous-estimation, car les incendies de forêt en Tasmanie n’ont pas été inclus dans l’analyse.

Certains diront qu’il y a eu des précédents. Les feux de végétation entre 1974 et 1975 en Australie ont affecté une surface encore plus importante qu’en 2019-2020 mais ils étaient alors provoqués par un surplus de végétation dû à des précipitations exceptionnelles les deux années précédentes. La végétation concernée était constituée d’herbes ou de buissons alors que les feux de 2019-2020 ont ravagé de véritables forêts.

Pourquoi les incendies ont-ils été si dévastateurs cette année ? Il ne fait aucun doute que la sécheresse extrême a fourni les conditions préalables à une propagation incontrôlée des incendies sur des millions d’hectares de forêt. A cela s’ajoute une configuration météorologique particulière entre le printemps et l’été.

En plus du réchauffement climatique lié à l’effet de serre, le principal moteur climatique derrière la chaleur en Australie a été un dipôle de l’Océan Indien (IOD) positif. Des eaux chaudes ont provoqué des pluies plus élevées que la moyenne dans la région ouest de l’Océan Indien, et à l’inverse des conditions plus sèches en Australie. Une grande partie de l’Australie est en situation de grave sécheresse depuis  2017-2018.

Ce même réchauffement climatique lié aux émissions anthropiques de gaz à effet de serre est également responsable de la chaleur exceptionnelle observée en Australie fin 2019, couplée à une sécheresse extrême. Pour le mois de décembre 2019, l’anomalie de température moyenne a été de + 3,21°C au-dessus de la période 1960-1990, nettement au-dessus du précédent pic enregistré en décembre 2018 avec + 2,13°C. L’anomalie moyenne des températures maximales a atteint + 4,15°C sur décembre 2019, largement devant le record de 2018 (+ 2,41°C). L’année 2019 a été la plus chaude observée en Australie depuis le début des mesures en 1910 avec une anomalie moyenne de + 1,52°C, devant le précédent record de 2013 (+ 1,33°C).

Compte tenu des liens entre les températures record, la sécheresse extrême prolongée généralisée dans l’est de l’Australie et le changement climatique, ces incendies sans précédent pourraient indiquer que les conditions favorables à leur développement qui risquent de se produire à l’avenir sont arrivées plus tôt que prévu.

Source : The Watchers.

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The heavy rains helped firefighters extinguish the fires that ravaged Australia in 2019-2020, but the environmental toll is very heavy.
The Nature Climate Change review has revealed impressive figures. Between September 2019 and early January 2020, the fire burned approximately 5.8 million hectares of hardwood forests in New South Wales and Victoria, in eastern Australia. Many fires have exceeded 100,000 hectares. They emitted 350 million tonnes of CO2 into the atmosphere in November and December. (Editor’s note: Fortunately, the coronavirus has led to a drop in industrial activity in China and thus reduced CO2 emissions. That compensates a little, but we tend to confuse CO2 emissions and concentrations of this same gas in the atmosphere ; the concentrations have not decreased!)
Fires are frequent in Australia but record temperatures, prolonged drought and winds have created unprecedented conditions favouring destructive fires. The 2019-2020 forest fires burned an unprecedented percentage: 21% of the Australian deciduous forest disappeared in a single season. Note that this percentage is an underestimate, as the Tasmanian forest fires were not included in the analysis.
Some would argue that there have been precedents. Vegetation fires between 1974 and 1975 in Australia affected an even larger area than in 2019-2020, but they were then caused by excess vegetation due to exceptional precipitation in the two previous years. The vegetation concerned consisted of grasses or bushes while the fires of 2019-2020 ravaged real forests.

Why have the fires been so devastating this year? There is no doubt that extreme drought has provided the preconditions for the uncontrolled spread of fires over millions of hectares of forest. To this is added a particular meteorological configuration between spring and summer.
In addition to global warming linked to the greenhouse effect, the main climate driver behind the heat in Australia has been a positive Indian Ocean Dipole (IOD). Warm waters have caused higher than average rains in the western Indian Ocean region, and conversely drier conditions in Australia. Much of Australia has been in severe drought since 2017-2018.
This same global warming linked to anthropogenic greenhouse gas emissions is also responsible for the exceptional heat observed in Australia at the end of 2019, coupled with extreme drought. For the month of December 2019, the average temperature anomaly was + 3.21°C above the period 1960-1990, clearly above the previous peak recorded in December 2018 with + 2.13°C . The average anomaly in maximum temperatures reached + 4.15°C on December 2019, well ahead of the 2018 record (+ 2.41°C). 2019 has been the warmest year in Australia since the start of measurements in 1910 with an average anomaly of + 1.52°C, ahead of the previous record of 2013 (+ 1.33°C).
Given the links between record temperatures, widespread extreme drought in eastern Australia and climate change, these unprecedented fires may indicate that the conditions favorable to their development which are likely to occur in the future havearrived earlier than expected.
Source: The Watchers.

Les incendies en Australie vus depuis l’espace le 1er janvier 2020 (Source: NOAA / NASA)

Les chutes Victoria sont-elles à sec ? // Have Victoria Falls dried out ?

D’après un reportage diffusé par Skynews, les chutes Victoria , à la frontière entre la Zambie et le Zimbabwe, seraient à sec suite à la vague de sécheresse dont est victime l’Afrique depuis plusieurs années. Toutefois, les habitants de la région dénoncent une fausse information. Depuis la mise en ligne de la vidéo par la chaîne de télévision le 3 décembre 2019, de nombreux internautes affirment qu’il s’agit d’une vision trompeuse de la réalité.

Les images et le commentaire de Skynews sont impressionnants. On voit la journaliste survoler en ULM les chutes Victoria et annoncer leur disparition prochaine. Skynews et d’autres médias comme Le Figaro en France titrent d’ailleurs sur ce thème.

Classées au patrimoine de l’UNESCO, les chutes Victoria s’étendent sur 1700 mètres de largeur et jusqu’à 108 mètres de hauteur, ce qui donne naissance à un spectacle naturel impressionnant. Connues localement sous le nom de Mosi-oa Tunya, («La fumée qui gronde»), elles ont été baptisées en l’honneur de la reine Victoria par l’explorateur écossais David Livingstone en 1855. En 2017, les chutes Victoria étaient les troisièmes chutes les plus visitées au monde avec 500 000 visiteurs, après les chutes du Niagara aux États-Unis et les chutes d’Iguazu au Brésil.

Les détracteurs accusent Skynews d’avoir délibérément choisi un mauvais angle de vue. C’est l’avis d’un guide local qui a déclaré : « Si la journaliste avait été honnête, elle aurait dû montrer aussi la partie zimbabwéenne et aurait vu beaucoup d’eau, mais bien sûr, cela aurait gâché son histoire et aurait eu un impact moins dramatique. »

Il ne faudrait toutefois pas nier les effets du changement climatique et la sécheresse qui sévit en Afrique. Cette année, la Zambie et le Zimbabwe ont connu une sécheresse de longue durée qui a entraîné des coupures de courant incessantes en raison d’une dépendance à l’énergie hydroélectrique. Elle a également laissé plus de cinq millions de personnes en manque d’aide alimentaire au Zimbabwe.

La station de relevés hydrométriques du Zambèze aux chutes Victoria indique que le niveau du Zambèze qui alimente les chutes Victoria est toujours très bas durant les mois de septembre, octobre et novembre.  Le débit était de 252 m3 par seconde le 9 décembre 2019. En 2018 à la même date, il était de 234 m3 par seconde. Le niveau du fleuve monte à partir du mois de décembre jusqu’à atteindre sa pleine puissance en avril et mai. Le niveau très bas de l’été 2019 ne permet donc pas de prévoir l’état des eaux durant les prochains mois.

Le reportage de Skynews a eu un effet désastreux sur le tourisme avec des annulations en pagaille. Les guides locaux voudraient que la journaliste auteur du reportage « s’excuse pour avoir déformé une vérité qui a eu des répercussions sur des centaines de personnes. »

Source : LCI et la presse internationale.

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According to a report broadcast by Skynews, Victoria Falls, on the border between Zambia and Zimbabwe, are reportedly dry due to the drought that has plagued Africa for several years. However, residents of the region denounce false information. Since the video was put online by the television channel on December 3rd, 2019, many Internet users say that this is a misleading vision of reality.
The images and commentary of Skynews are impressive. We can see the journalist fly over Victoria Falls on board an ultralight and announce their imminent demise. Skynews and other media like Le Figaro in France headline on this theme.
Classified as a UNESCO World Heritage Site, the Victoria Falls stretch 1700 meters wide and up to 108 meters high, giving birth to an impressive natural show. Known locally as Mosi-oa Tunya, (“The Smoke that Thunders”), they were named for Britain’s Queen Victoria by the Scottish explorer David Livingstone in 1855 .In 2017, Victoria Falls was the third most visited falls in the world with 500 000 visitors, after Niagara Falls in the US and Iguazu Falls in Brazil.
Detractors accuse Skynews of deliberately choosing a wrong angle of view. This is the opinion of a local guide who said: « If the journalist had been honest, she should have shown the Zimbabwean side too and would have seen a lot of water, but of course that would have ruined her story and would have had a less dramatic impact.  »
However, the effects of climate change and the drought in Africa should not be denied. The Zambezi Hydrometric Station at Victoria Falls indicates that the level of the Zambezi River that feeds Victoria Falls is usually very low during the months of September, October and November. The flow was 252m3/s on 9th December 2019. Last year on the same date, it was 234m3/s. The river level rises from December until reaching full power in April and May. The very low level of summer 2019 therefore does not predict the state of the water in the coming months.
The Skynews report had a disastrous effect on tourism with annoying cancellations. Local guides would like the reporter who wrote the report « to apologize for distorting a truth that has affected hundreds of people.  »
Source: LCI and the international press.

Les images comparatives parues dans la presse internationale montrent que les chutes Victoria ont perdu de leur splendeur. Est-ce temporaire ou définitif ? Les prochains mois nous le diront, mais il est indéniable que l’Afrique est, elle aussi, victime du réchauffement climatique.

Sécheresse et manque d’eau en Alaska ! // Drought and water shortage in Alaska !

Comme je l’ai écrit précédemment (voir mes messages des 4 et 6 juillet 2019), l’Alaska a connu une vague de chaleur sévère cet été, une situation sans précédent. La conséquence est que plusieurs régions souffrent d’une sécheresse et d’un manque d’eau jamais observés auparavant. Dans un village, les autorités coupent12 heures par jour l’approvisionnement en eau destiné à la population. Dans un autre, les toilettes à chasse automatique sont basculées en mode et les restaurants servent des repas sur des assiettes en carton.
L’été chaud et sec en Alaska a entraîné des conditions extrêmes dans les communautés autochtones de Nanwalek et de Seldovia, dans la Péninsule de Kenai. Les autorités en charge de la région ont été contraintes de publier une déclaration de catastrophe naturelle.
Des conditions de sécheresse intense affectent de plus en plus l’État, exacerbées par les feux de forêt qui continuent de brûler. La ville d’Anchorage est envahie par la fumée en provenance d’un important incendie de forêt qui brûle depuis plusieurs semaines dans la Péninsule de Kenai. La ville dispose d’une bonne quantité d’eau dans ses réservoirs, contrairement à certaines petites communautés comme Nanwalek et Seldovia qui dépendent de la fonte des neiges et de la pluie pour remplir leurs réserves. La pénurie d’eau se fait durement sentir. En moyenne annuelle, la région reçoit près de 22 centimètres de pluie de juin à août; cet été, elle a reçu un peu moins de 8 centimètres.
Selon des chercheurs en climatologie de l’université d’Alaska à Fairbanks, de tels scénarios deviendront de plus en plus fréquents avec le réchauffement climatique, mais cela ne signifie pas pour autant qu’une telle sécheresse se produira chaque année.
Dans la Péninsule de Kenai, le réservoir d’eau de Nanwalek ne contient que 210 000 litres, autrement dit moins de deux jours d’approvisionnement en temps normal, lorsque le village consomme environ 115 000 litres par jour. Chaque jour, les autorités locales coupent l’eau la nuit, entre 21 heures et 9 heures. Comme l’eau stagne dans les citernes la nuit, il est conseillé aux habitants de faire bouillir leur eau pour éviter toute contamination.
Comme Nanwalek, Seldovia, à 15 kilomètres au nord-est, n’a reçu qu’une fraction de ses précipitations normales. De juin à août, le village de 220 habitants en temps normal a reçu un peu moins de 4 centimètres de précipitations, contre une moyenne d’environ 14 centimètres. Le 5 septembre 2019, Seldovia avait pour environ 16 jours et demi d’eau dans son réservoir. Pour l’économiser, les gens utilisent de l’eau non potable pour des usages non alimentaires comme la lessive. L’école a désactivé la chasse automatique dans les toilettes et a imité les restaurants en utilisant des assiettes et des couverts jetables.
Selon le National Weather Service, il devrait pleuvoir au cours de la fin de semaine sur les zones arides du centre-sud, notamment sur les deux villages, mais il ne devrait pas s’agir de précipitations abondantes. La semaine prochaine devrait revenir à des conditions plus sèches. Dans l’ensemble, il semblerait que la région commence à retrouver un peu d’humidité, mais le déficit en eau persistera cette année.
Source: Anchorage Daily News.

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As I put it before (see my posts of 4 and 6 July 2019), Alaska went through a severe heatwave this summer, a situation that had never been seen before. The consequence is that several regions are suffering from a drought and a lack of water. In one Alaska village, officials are shutting off the public water supply 12 hours each day. In another, automatic flush toilets have been switched to manual flushing, and restaurants are serving meals on paper plates.

Alaska’s hot, dry summer has led to extreme measures in the Native communities of Nanwalek and Seldovia in the Kenai Peninsula, prompting regional officials to issue a disaster declaration.

The arid conditions are more widespread in the State, exacerbated by wildfires still burning. Anchorage is still fielding smoke drifting from a major wildfire that has been burning for several weeks in the Kenai Peninsula. The city has plenty of water in its system, unlike a handful of small communities that rely on snow melt and rain like Nanwalek and Seldovia to fill their reserves. Their water shortages are acutely felt. In an average year, the area receives nearly 22 centimetres of rain from June to August; this summer, it received slightly less than 8 centimetres.

According to climate researchers at the University of Alaska Fairbanks, such scenarios could become more common with climate warming, but that doesn’t mean it will happen every year.

In the Kenai peninsula, Nanwalek’s water tank has only 55,000 gallons in it, less than a two-day supply in normal times when the village goes through about 30,000 gallons a day. So local leaders are shutting off the water system between 9 p.m. and 9 a.m. daily. Because the tanked reserve is standing still at night, residents must boil their water to ward off possible contamination.

Seldovia, 15 kilometres to the northeast, also received a fraction of its normal rainfall. From June to August, the community of about 220 fulltime residents received slightly about 4 centimetres, compared with the average of about 14 centimetres. Seldovia has about 16½ days of water left in its reservoir, as of September 5th. To conserve, people are using non-potable water for nonfood uses like laundry. The school has turned off the automatic flushing in toilets and joined restaurants by using disposable plates and utensils.

Over the weekend, some rain is forecast for parched south-central areas, including the two villages, but it is not expected to be a super wet storm, according to the National Weather Service.

Next week is expected to return to drier conditions. Overall, however, the area is expected to begin a wetter pattern, but it won’t be as wet as expected this time of year.

Source : Anchorage Daily News.

Vue de la Péninsule de Kenai, durement touchée par la sécheresse et les incendies de forêt cet été (Source: Google Maps)

De la pluie artificielle bientôt en France? // Artificial rain soon in France ?

Après plus de six semaines sans pluie, l’Indonésie commencera bientôt à ensemencer les nuages ​​afin de déclencher des précipitations. On espère que cela permettra de mettre fin à la vague de sécheresse provoquée par El Niño qui a mis en danger plus de 200 kilomètres carrés de cultures et donc de récoltes. Les autorités indonésiennes ont déclaré que les cultures à risque sont estimées à 215 millions de dollars, une perte qui pourrait causer une importante instabilité alimentaire dans la région.
Les autorités indonésiennes ont indiqué qu’elles allaient injecter des cristaux de sel dans les nuages ​​à la fin du mois d’août. Le sel attire naturellement l’eau et lorsque les particules deviennent saturées et lourdes, elles tombent du ciel sous forme de gouttes de pluie. L’Indonésie a déjà utilisé l’ensemencement des nuages ​​pour lutter contre le brouillard ​​lié aux incendies de forêts en 2015 et pour faire face aux inondations à Jakarta en 2013. Les nuages ont alors déversé leur pluie sur l’océan avant d’atteindre la capitale.
La prochaine opération d’ensemencement des nuages se déroulera à Jakarta et à Kupang, capitale de la province de Nusa Tenggara Est, dans le but de générer des pluies sur Java, Bali, Nusa Tenggara Ouest et Nusa Tenggara Est. Selon le Jakarta Post, au moins 100 juridictions sont touchées par la sécheresse actuelle, y compris d’importantes zones de production de riz.
L’ensemencement  des nuages ​​a été testé pour la première fois dans les années 1940 et est devenu de plus en plus fréquent au cours des dernières décennies. Le Sri Lanka a eu recours à cette technique pour provoquer la pluie au début de cette année afin de lutter contre la sécheresse, mais l’entreprise ne fut pas couronnée de succès. Les Émirats Arabes Unis ont mené à bien près de 20 missions d’ensemencement de nuages ​​sur une période de deux semaines en février. Plus de 50 pays utilisent actuellement l’ensemencement des nuages ​​pour modifier les conditions météorologiques.
Bien que la technique soit utilisée depuis près de 80 ans, les scientifiques se posent toujours des questions sur l’efficacité de l’ensemencement des nuages ​​et sur ses effets à long terme. Un rapport publié en 2003 par la National Academy of Sciences a révélé qu’il existait peu de preuves de l’efficacité de l’ensemencement des nuages et sur l’aptitude de la technique à provoquer des précipitations. Cependant, une expérience récente réalisée par des scientifiques de l’Université du Colorado et consistant  envoyer des doses d’iodure d’argent dans des nuages a provoqué des chutes de neige dans les montagnes du sud-ouest de l’Idaho.
Il convient de noter qu’un épais brouillard a actuellement envahi Palembang en raison des nombreux incendies de forêt dans les régions voisines. Le brouillard a réduit la visibilité et perturbe les activités quotidiennes dans la capitale provinciale. Le problème est que les méthodes d’ensemencement des nuages pour créer des pluies artificielles ne sont pas efficaces dans ces conditions.
Source: The Jakarta Post.

Avec la sécheresse actuelle en France et les vagues de chaleur à répétition susceptibles de se produire à l’avenir, je ne serais pas surpris que le gouvernement français décide bientôt de recourir à l’ensemencement des nuages ​​pour faire pleuvoir sur les cultures. Mais il faudrait pour cela que des nuages apparaissent dans le ciel qui est souvent resté désespérément  bleu en France cet été…

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After more than six weeks without rain, Indonesia will soon start cloud seeding in an effort to kickstart precipitation and end an El Niño-driven drought that has put 50,000 acres of crops at risk of harvest failure.Indonesian officials said the at-risk crops are worth an estimated 215 million dollars, a loss that could cause significant food instability in the region.

Indonesian authorities said they will send salt flares into passing clouds as early as the end of August. Salt naturally attracts water, and as the particles become saturated and heavier, they fall from the sky as raindrops. Indonesia previously used cloud seeding to fight fire-related haze in 2015 and to reduce flooding in Jakarta in 2013, by forcing clouds to release their rain over the ocean before reaching the capital city.

The country’s newest cloud-seeding operation will take place in Jakarta and Kupang, the provincial capital of East Nusa Tenggara, with the aim of generating rain over Java Island, Bali, West Nusa Tenggara, and East Nusa Tenggara. According to The Jakarta Post, at least 100 jurisdictions across the country are being affected by the current drought, including important rice-producing areas.

Cloud seeding was first tested in the 1940s and has become increasingly popular over the past few decades. Sri Lanka used the geoengineering technique to induce rain earlier this year to fight drought, though unsuccessfully. The United Arab Emirates completed nearly 20 cloud-seeding missions over a two-week period in February. More than 50 countries currently use cloud seeding to alter weather.

Despite nearly 80 years of use, however, there is still debate among scientists over cloud seeding’s effectiveness and long-term impacts. A 2003 report by the National Academy of Sciences found little evidence that cloud seeding has a statistically significant impact on rainfall. But a recent experiment, which involved dropping canisters of silver iodide into clouds, by scientists at the University of Colorado induced snowfall in the mountains of southwestern Idaho.

It should be noted that thick smog has currently engulfed Palembang as a result of increased wildfires in nearby regencies and cities. The smog has decreased visibility and started disrupting daily activities in the provincial capital over the weekend. The problem is that weather modification methods to make artificial rain are not effective in this condition.

Source: The Jakarta Post.

With the current drought in France and the repetitive heat waves likely to happen in the future, I would not be surprised if the French government soon decided to resort to cloud seeding to drop some water on the crops. But you need clouds to seed them and the sky has often been all blue in France this summer…

Principe de l’ensemencement des nuages par un projecteur de particules au sol ou en avion (Source: Wikipedia)

Une pénurie d’eau menace la planète // The shortage of water: A threat to our planet

Selon le dernier rapport du World Resources Institute (WRI) paru le 6 août 2019, près du quart de la population mondiale, réparti dans 17 pays, est en situation de pénurie hydrique grave. Selon le WRI, on s’approche à grands pas du « Jour Zéro » où plus aucune eau ne sortira du robinet. Vous pourrez lire le rapport (en anglais) du WRI en cliquant sur ce lien :

https://www.wri.org/blog/2019/08/17-countries-home-one-quarter-world-population-face-extremely-high-water-stress

Le rapport du WRI débute avec l’exemple des réservoirs de Chennai, la sixième plus grande ville de l’Inde, qui sont presque à sec. L’année dernière, les habitants du Cap, en Afrique du Sud, ont évité de peu le « Jour Zéro » où plus aucune eau ne sort robinets. Sans oublier Rome (Italie) qui, en 2017, a dû  rationner l’eau afin de l’économiser.

Le WRI explique qu’aujourd’hui près du quart de la population mondiale vivant dans 17 pays est confrontée à une situation de pénurie d’eau « extrêmement élevée. » Personne n’ose en parler, mais une pénurie d’eau à grande échelle deviendra inévitablement source de migrations de populations et de conflits. Le rapport du WRI précise que les prélèvements hydrauliques dans le monde ont plus que doublé depuis les années 1960 en raison d’une demande croissante qui ne montre aucun signe de ralentissement. Les pays les plus concernés se situent au Moyen-Orient et en Afrique du Nord avec à leur tête le Qatar, Israël, le Liban ou encore l’Iran.

A côté des pays du Moyen Orient, l’Inde souffre de la pire crise de l’eau de son histoire et des millions de vies et de moyens de subsistance sont menacés. La population du pays, particulièrement nombreuse, demande énormément de ressources. Les eaux en surfaces mais également les eaux souterraines y sont gravement surexploitées.

Selon le WRI, la France occupe la 59ème place dans le classement des pays les plus touchés par une pénurie hydraulique. Le pays se situe dans la catégorie à risque « moyen-élevé ». Mais le rapport souligne que même si certains Etats semblent moins concernés que d’autres, il peut exister des zones de pénurie extrême en leur sein. C’est ce que nous constatons actuellement en France avec la sécheresse extrême qui affecte certaines régions.

Le rapport du WRI indique que, « comme pour tout défi, les perspectives de la pénurie d’eau dépendent de la direction stratégique opérée par chaque Etat. »  Il souligne que certains pays ont commencé à sécuriser leurs ressources hydrauliques grâce à une gestion appropriée. Ainsi, l’Arabie saoudite facture l’eau pour inciter à la conservation. La Namibie, l’un des pays les plus arides du monde, transforme les eaux usées en eau potable depuis 50 ans. L’Australie a presque réduit de moitié l’utilisation de son eau domestique pour éviter le fameux « Jour Zéro ».

Dans la conclusion de son rapport, le WRI explique qu’il existe des tendances indéniablement inquiétantes dans le domaine de l’eau. Toutefois, « en prenant des mesures dès maintenant et en investissant dans une meilleure gestion, nous pouvons résoudre les problèmes liés à l’eau pour le bien des personnes, des économies et de la planète. »

Source : World Resources Institute (WRI).

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According to the latest World Resources Institute (WRI) report released on August 6th, 2019, almost a quarter of the world’s population, spread across 17 countries, is experiencing severe water scarcity. According to WRI, we are getting close to « Day Zero » when no more water will come out of the tap. You can read the WRI report by clicking on this link:

https://www.wri.org/blog/2019/08/17-countries-home-one-quarter-world-population-face-extremely-high-water-stress

The WRI report begins with the example of the water reservoirs of Chennai, the sixth largest city in India, which are almost dry. Last year, people in Cape Town, South Africa, narrowly avoided « Day Zero » when no more water comes out of the taps. Not to mention Rome (Italy) which, in 2017, had to ration the water in order to save it.

WRI explains that today almost a quarter of the world’s population living in 17 countries is facing a situation of « extremely high water scarcity. » Nobody dares to talk about it, but a large-scale water shortage will inevitably become a source of population migration and conflict. The WRI report states that water withdrawals worldwide have more than doubled since the 1960s due to growing demand that shows no signs of slowing down. The most affected countries are in the Middle East and North Africa headed by Qatar, Israel, Lebanon and Iran.

Alongside the Middle East countries, India suffers from the worst water crisis in its history and millions of lives and livelihoods are threatened. The country’s population, which is particularly large, requires a great deal of resources. The surface waters but also the groundwater are seriously over-exploited.

According to WRI, France ranks 59th among the countries most affected by a hydraulic shortage. The country is in the « medium-high » risk category. But the report points out that even though some states seem less concerned than others, there may be areas of extreme scarcity within them. This is what we are currently seeing in France with the extreme drought affecting certain regions.

The WRI report states that « as with any challenge, the prospects for water scarcity depend on the strategic direction of each state”. It points out that some countries have started to secure their water resources through proper management. Thus, Saudi Arabia charges water to encourage conservation. Namibia, one of the driest countries in the world, has been turning wastewater into drinking water for 50 years. Australia has almost halved the use of its domestic water to avoid the famous « Day Zero ».

In the conclusion of the report, WRI explains that there are undeniably worrying trends in the water sector. However, « by taking action now and investing in better management, we can solve water-related problems for the good of people, economies and the planet. »

Source: World Resources Institute (WRI).

 

Vague de chaleur et de sécheresse en Alaska // Hot and dry days in Alaska

Comme je l’ai déjà écrit, tout l’Arctique souffre du réchauffement climatique. Le sud-est de l’Alaska en particulier traverse une période chaude et sèche. À partir du 17 mars 2019, une ou plusieurs localités de la région ont connu des températures record pendant 16 jours consécutifs. Au total, 26 sites du sud-est de l’Alaska ont connu des niveaux de température record en mars.
Parallèlement à la chaleur, de nombreuses régions du sud-est connaissent une sécheresse qui n’en finit pas. Juneau a connu le 19 mars le plus sec de son histoire, après plus d’une année de faibles précipitations. À l’aéroport international de la ville, qui reçoit habituellement une trentaine de centimètres de neige en mars, seule une mince couche a recouvert le sol pendant le mois cette année. Sur l’ensemble de l’hiver,  il est tombé environ 1,30 mètre de neige à l’aéroport, contre 2,16 mètres habituellement.

Une des conséquences les plus évidentes du manque de pluie est le risque d’incendie. Les personnes qui font brûler des détritus doivent s’assurer d’avoir un tuyau d’arrosage ou une pelle à proximité en cas de problème. Elles doivent également ne pas faire un feu de plus de 3 mètres de diamètre et veiller à ne pas faire de feu en période de vent fort.
En ce qui concerne les semaines à venir, avril est historiquement le mois le plus sec à Juneau. En avril, les précipitations sont en moyenne de 7,35 centimètres dans la capitale. Le mois a commencé par une bonne nouvelles Le distributeur d’électricité Alaska Electric Light and Power vient d’annoncer que, après des mois de déconnexion de certains de ses clients en raison du faible niveau d’eau dans les barrages, il est de nouveau possible de les reconnecter. Les niveaux d’eau sont revenus à la normale, en partie grâce à la fonte de la neige. Cependant, on ne sait pas si les niveaux d’eau resteront élevés cet été ou s’il ne s’agit que d’une hausse temporaire due à la fonte de la neige.
Source: Juneau Empire.

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As I put it before, the whole Arctic is suffering from global warming. Southeast Alaska in particular is going through a hot period. Starting March 17th, 2019, one or more locations in the region have seen record high temperatures for 16 days in a row. All told, there were 26 sites in Southeast Alaska that experienced record highs in March.

Along with the heat, many areas in Southeast are experiencing an extended drought. Juneau experienced its 19th driest March on record, following up on more than a year of low precipitation. At the Juneau International Airport which usually sees about 30 centimetres of snow in March, only a thin layer fell during the month this year. For the winter season, 130 centimetres of snow have fallen at the airport. It is almost certain that the snow season will finish well short of its usual average of 216 centimetres.

One of the most obvious consequences of lower precipitation is the higher risk of fire.  People who are going to burn their trash should make sure thry have an extinguishing method such as a garden hose or a shovel. They should also keep the fire under 3 metres in diameter and make sure not to have a fire when the wind strong.

As far as the coming weeks are concerned, April is historically Juneau’s driest month. The capital city gets an average of 7.35 centimetres of precipitation in April per year. The month began with a bit of good news. Alaska Electric Light and Power has just announced that after months of disconnecting some of its customers due to low water levels, there is enough hydropower to reconnect them. Water levels have returned to normal, in part because of melting snow. However, it is not clear whether water levels will remain high for the summer or if this is just a temporary rise due to melting snow.

Source : Juneau Empire.

Vues de Juneau et du Mendenhall Glacier à proximité de la capitale de l’Alaska (Photos: C. Grandpey)

 

De la glace de l’Antarctique à la sécheresse en Europe // From the ice in Antarctica to the drought in Europe

Au fil des mois, les mauvaises nouvelles continuent à arriver sur l’avenir de la planète Terre. Ainsi, le très sérieux National Geographic nous apprend – ou plutôt nous confirme – que la banquise antarctique se fissure à une vitesse jamais égalée

En juillet 2017, la plate-forme glaciaire Larsen C a fini de se fracturer et a libéré l’un des plus grands icebergs de l’histoire. Dénommé A68, l’iceberg s’est complètement désolidariser de Larsen C. Pour les scientifiques, le travail n’a fait que commencer. En effet, la surveillance de l’A68 et des autres icebergs dans la mer de Weddell est crucial pour comprendre les effets du changement climatique sur cette région et le reste du monde.

Le problème, c’est que l’Antarctique entre dans l’hiver avec l’arrivée de la nuit polaire. L’orbite elliptique de la terre étant inclinée, l’Antarctique n’a que deux saisons : l’été et l’hiver. Six mois par an, le continent est donc plongé dans l’obscurité.

Les scientifiques de la NASA ont développé de nouveaux outils pour que leur satellite Landsat 8 puisse continuer de surveiller l’Antarctique quelle que soit la saison. Au lieu de capter la luminosité, le capteur infrarouge thermique (Thermal Infrared Sensor, ou TIRS), est capable de prendre des images mesurant les différences de températures entre l’eau et les différentes couches de glace. Les images infrarouges sont ensuite nuancées en gris ou colorisées pour mettre en avant les différences de température dans la zone surveillée. Quand l’iceberg A68 s’est détaché de la plate-forme Larsen C, les scientifiques n’ont pas été en mesure d’estimer à quel moment précis l’événement s’était produit.

Les températures de l’eau et de la glace changent chaque jour, mais le satellite passe régulièrement au-dessus de la zone, de telle sorte que les moindres changements peuvent être enregistrés. Grâce à cette technologie, les scientifiques de la NASA ont pu observer que depuis leur détachement, l’iceberg A68 et ses voisins se sont déplacés au gré des tempêtes et des courants dans la mer de Weddell. Les images montrent également que de nouvelles fractures sont probablement en train de se former sur la plateforme Larsen C, menaçant sa stabilité.

Source : National Geographic.

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En Europe continentale, ce n’est pas la glace qui est à l’ordre du jour, mais l’ampleur et l’intensité des sécheresses dans les prochaines décennies. Selon une étude récente réalisée par un groupe international de chercheurs, la surface du continent européen concernée par la sécheresse des sols pourrait doubler, dans un scénario de réchauffement global à 3°C par rapport à l’époque préindustrielle. L’intensité et la durée des périodes de sécheresse devraient également s’accentuer. Cela pose la question de l’adaptation des populations et des activités économiques comme l’agriculture face à ce risque grandissant.

Avec le réchauffement du climat, on s’attend à ce que l’évaporation de l’eau contenue dans les sols devienne de plus en plus importante. Bien qu’un épisode isolé de sécheresse ne soit pas forcément imputable au changement climatique, ce dernier va avoir tendance à l’exacerber. Par ailleurs, l’assèchement des sols intensifie le réchauffement de la masse d’air, surtout pendant la période estivale. Cette boucle amplificatrice a pu être mise en évidence durant l’été 2003, par exemple.

Une étude parue le 23 avril 2018 dans la revue Nature Climate Change s’est intéressée à l’évolution de la surface concernée par les sécheresses en Europe ainsi qu’à leur durée dans différents scénarios de changement climatique pour ce siècle. Il en ressort que le réchauffement global induit une intensification et une extension significatives du déficit hydrique sur le continent européen. Cependant, l’impact n’est pas le même selon la saison et la zone du continent considérée. Ainsi, dans le nord de l’Europe, l’humidité des sols augmentera en hiver et au printemps et diminuera en été et en automne. À l’inverse, le sud de l’Europe s’asséchera, peu importe la saison.

L’amplitude des changements dépend fortement du scénario étudié. Avec un réchauffement de 3°C par rapport au préindustriel – ce qui est la tendance actuelle – la surface du continent concernée par la sécheresse doublerait, passant d’une moyenne de 13 % sur la période 1971-2000 à 26 % aujourd’hui. Quant à la durée du déficit hydrique, elle serait multipliée par un facteur 2 à 3. Autrement dit, dès que les conditions météorologiques seront favorables à la mise en place d’une sécheresse, celle-ci s’exprimera plus facilement, sera plus étendue et durera plus longtemps. En conséquence, l’extrême de 2003 pourrait devenir deux fois plus fréquent. La zone méditerranéenne serait particulièrement touchée par cette évolution, la surface concernée passant de 28 % à 49 % dans le scénario le plus pessimiste. Au contraire, les portions atlantique, alpine et scandinave du continent seraient les moins affectées.

Ces projections confirment les résultats d’études antérieures. Elles suggèrent un besoin urgent d’adaptation des populations et des activités économiques qui dépendent de la disponibilité en eau, afin de minimiser les impacts socio-économiques et les tensions politiques qui pourraient en découler. Elles mettent également l’accent sur le besoin de limiter le réchauffement global dans le but de réduire la tendance à l’assèchement des sols et ses effets collatéraux sur la biodiversité.

Source: Science Post.

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Over time, bad news continues to arrive on the future of planet Earth. Keeping up with this tendency, the very serious National Geographic tells us – or rather confirms – that the Antarctic ice sheet is cracking at an unprecendented speed
In July 2017, the Larsen C Ice Shelf ended up fracturing and released one of the largest icebergs in history. Called A68, the iceberg completely disassociated itself from Larsen C. For scientists, the work has only just begun. Indeed, monitoring A68 and other icebergs in the Weddell Sea is crucial to understanding the effects of climate change on this region and the rest of the world.
The problem is that Antarctica is entering winter with the arrival of the polar night. The elliptical orbit of the Earth being inclined, Antarctica has only two seasons: summer and winter. Six months a year, the continent is plunged into darkness.
NASA scientists have developed new tools for their Landsat 8 satellite to keep monitoring Antarctica regardless of the season. Instead of capturing the brightness, the Thermal Infrared Sensor (TIRS) is able to take photos by measuring the temperature differences between the water and the different layers of ice. The infrared images are then shaded in gray or colorized to highlight the temperature differences in the area being monitored. When the A68 iceberg broke off from the Larsen C platform, scientists were not able to estimate exactly when the event occurred.
Water and ice temperatures change every day, but the satellite passes regularly over the area, so that the slightest changes can be recorded. Thanks to this technology, NASA scientists have observed that since their detachment, the A68 iceberg and its neighbours have moved with storms and currents in the Weddell Sea. The images also show that new faults are probably forming on the Larsen C ice-shelf, threatening its stability.
Source: National Geographic.

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In continental Europe, it is not ice that is on the agenda, but the scale and intensity of droughts in the coming decades. According to a recent study by an international group of researchers, the area of ​​the European continent affected by soil drought could double, in a global warming scenario at 3°C compared to pre-industrial times. The intensity and duration of drought periods should also increase. This raises the question of the adaptation of populations and economic activities – such as agriculture – to this growing risk.
With global warming, it is expected that the evaporation of water from the soil will become more and more important. Although an isolated episode of drought is not necessarily caused by climate change, it will have a tendency to exacerbate it. On the other hand, the drying of the soil intensifies the warming of the air, especially during the summer period. This amplifying loop could be seen during the summer of 2003, for example.
A study published on April 23rd, 2018 in the journal Nature Climate Change looked at the evolution of the area affected by droughts in Europe and their duration in different scenarios of climate change for this century. It shows that global warming induces a significant intensification and extension of the water deficit on the European continent. However, the impact is not the same depending on the season and the area of ​​the continent which is considered. In northern Europe, soil moisture will increase in winter and spring and decrease in summer and autumn. Conversely, the south of Europe will dry up, regardless of the season.
The amplitude of the changes depends strongly on the studied scenario. With a pre-industrial warming of 3°C – which is the current trend – the area of ​​the continent affected by drought would double from an average of 13% over the period 1971-2000 to 26% today. As for the duration of the water deficit, it would be multiplied by a factor of 2 to 3. In other words, as soon as the weather conditions are favorable to the setting up of a drought, this one will express itself more easily, will be more extensive and will last longer. As a result, the extreme drought of 2003 could become twice as common. The Mediterranean area would be particularly affected by this evolution ans the concerned area would increase from 28% to 49% in the most pessimistic scenario. On the contrary, the Atlantic, Alpine and Scandinavian portions of the continent would be the least affected.
These projections confirm the results of previous studies. They suggest an urgent need for adaptation of populations and economic activities that depend on water availability, in order to minimize the socio-economic impacts and political tensions that may result. They also emphasize the need to limit global warming in order to reduce the tendency of the soil to dry up and its collateral effects on biodiversity.
Source: Science Post.

Vue de la Péninsule antarctique et de la Barrière de Larsen (Source : Wikipedia)