Risque d’éruption sur la Péninsule de Reykjanes (Islande) ? // Eruption hazard on the Reykjanes Peninsula (Iceland) ?

De nouvelles données concernant l’essaim sismique en cours sur la Péninsule de Reykjanes montrent que du magma s’accumule sous la montagne Fagradalsfjall. Selon les scientifiques, l’essaim sismique est susceptible de déboucher sur une éruption volcanique, mais il est peu probable qu’elle soit très dangereuse ou menace les zones habitées.

La Protection Civile et le Conseil Scientifique se sont réunis pour évoquer l’essaim sismique dans la Péninsule. Les dernières images InSAR montrent plus de mouvements de terrain au cours des derniers jours qu’auparavant. Les données révèlent que la terre s’est soulevée jusqu’à 30 centimètres dans certaines zones. L’explication la plus probable est la présence de magma en mouvement sous la zone d’origine des secousses sismiques.

À la lumière des nouvelles données, les scientifiques ont envisagé cinq scénarios possibles:

Les séismes disparaîtront dans les prochains jours ou les prochaines semaines.

Les séismes vont reprendre, avec une secousse pouvant atteindre M6, avec son épicentre à proximité de Fagradalsfjall.

Les séismes vont reprendre, avec une secousse pouvant atteindre M6,5 près de Brennisteinsfjöll.

L’intrusion magmatique se poursuit près de Fagradalsfjall mais l’activité diminue et le magma se solidifie.

L’intrusion magmatique se poursuit et aboutit à une éruption fissurale avec une coulée de lave qui ne menacera probablement pas les zones habitées.

L’activité dans la Péninsule de Reykjanes étant fluctuante, il est difficile de dire quel scénario est le plus probable. Les scientifiques espèrent acquérir de nouvelles données dans la semaine pour mieux évaluer les causes de l’activité sismique.

L’activité sismique est suffisamment éloignée des zones habitées et une coulée de lave de taille moyenne ne devrait pas poser de problème à la population. De plus, les données montrent qu’une éruption ne produirait pas beaucoup de cendres. Bien qu’aucune zone habitée ne soit menacée, il est possible que la route qui traverse la péninsule et relie Reykjavík à l’aéroport international de Keflavík soit endommagée.

Au cas où une éruption se produirait dans la région, une caméra a été installée, pointée vers la montagne Keilir et ses environs. C’est la zone considérée par les scientifiques comme étant le lieu le plus probable d’une éventuelle éruption volcanique.

Une image haute résolution de la zone autour de Fagradalsfjall a été publiée. Vous pouvez cliquer sur ce lien pour avoir une vue à 360°. Les noms des montagnes sont indiqués.

https://www.iceland360vr.com/panorama/fagradalsfjall/?fbclid=IwAR3VqGqKL9ORcS62RAoDqx26WKm0LPHr7qxhIhNVEejFQ0N46P_UY5Gsads

Source : Iceland Monitor & Iceland Review.

Il ne faudrait tout de même pas oublier qu’un essaim sismique semblable, lui aussi accompagné de déformations du sol a été observé il y a quelques mois sur la Péninsule de Reykjanes. Les volcanologues islandais s’attendaient à une possible éruption, mais la lave n’a jamais percé la surface…

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Dernière minute : Un épisode de tremor a été détecté à 14h20 par la plupart des stations sismiques en Islande. L’événement a été localisé au sud de Keilir.

Un séisme de M4.0 a été enregistré à 15h11dans la même zone que la séquence de tremor, et de nombreuses secousses de moindre intensité ont été enregistrées le 3 mars. Plus tôt ce même jour, plusieurs séismes d’une magnitude voisine de M4 ont été détectés dans la région.

Après 15h30, le tremor a un peu diminué mais de nombreux séismes sont encore présents.

L’épisode de tremor et la sismicité intense obligent les autorités locales à se tenir prêtes au cas où une éruption se produirait. Il est important que les gens restent à l’écart de la zone. La route menant à la montagne Keilir a été fermée et les gens sont priés de respecter la signalisation et d’éviter de se diriger vers la Péninsule de Reykjanes dans l’espoir de voir quelque chose.

Source : Iceland Review.

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New data from the ongoing seismic swarm on the Reykjanes peninsula suggests magma is accumulating underneath Fagradalsfjall mountain. Experts say there is a chance the swarm could lead to a volcanic eruption, but it is not likely to be very dangerous or threaten inhabited areas.

The Department of Civil Protection and the Scientific Advisory Board met yesterday to discuss the earthquake swarm on the peninsula. The Board went over InSAR images which show more land movement in the area in the last few days than had been detected earlier. The new data shows land has shifted by up to 30 centimetres in some areas. The most likely explanation is that a magma passage is forming underneath the area where the earthquakes originate.

In light of the new data, scientists have projected five possible scenarios:

The seismic unrest will die down in the next few days or weeks.

The seismic unrest will pick up, culminating in an earthquake up to M6 originating close to Fagradalsfjall.

The seismic unrest will pick up, culminating in an earthquake up to M6.5 originating close to Brennisteinsfjöll.

The magma intrusion continues close to Fagradalsfjall but the activity dies down and the magma solidifies.

The magma intrusion continues, culminating in a fissure eruption and lava flow that will likely not threaten inhabited areas.

As activity in the Reykjanes peninsula is fluctuating, it is difficult to predict which scenario is most likely. Scientists are expecting to acquire new data later this week that may cast a clearer light on the reasons for the earthquakes.

The location of the earthquake activity is far enough from inhabited areas that even a medium-sized lava flow would not affect people. Moreover, data suggests the possible eruption would not produce much ash. While no inhabited areas would be threatened, it’s possible that the road across the peninsula, which links Reykjavík and the international airport in Keflavík, would be damaged.

In case an eruption should occur uin the area, a video camera has been installed, pointed at Keilir mountain and vicinity ,  the area believed by scientists to be the likeliest location of a potential volcanic eruption.

A high-resolution picture of the area all around Fagradalsfjall  has been released. You can click on this link for yourself and view it from any direction. The names of the mountains are included.

https://www.iceland360vr.com/panorama/fagradalsfjall/?fbclid=IwAR3VqGqKL9ORcS62RAoDqx26WKm0LPHr7qxhIhNVEejFQ0N46P_UY5Gsads

Source : Iceland Monitor & Iceland Review.

One should not forget that a similar seismic swarm with ground deformation was already observed on the Reykjanes Peninsula a few months ago. Local volcanologists expected a possible eruption but lava never pierced the surface…

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Last minute : A tremor pulse was detected at 2.20 PM and is measured at most seismic stations in Iceland. The event is located south of Keilir.

An earthquake M4.0 at 15:11 was measured in the same area as the tremor pulse, and many smaller earthquakes have been measured there on March 3rd. Earlier that same day a few earthquakes around M4 were detected in the area.

After 15:30 the tremor has decreased a little but many earthquakes are still being measured.

The tremor pulse and the intense seismicity require local authorities to to be ready in case an eruption should occur. It is important for people to stay away from the area. The road to Keilir mountain has been closed and people are asked to respect the closure signs and to avoid driving out to the Reykjanes peninsula in hopes of seeing something.

Source : Iceland Review.

La sismicité et le tremor montrent des valeurs vraiment élevées:

Source : Icelandic Met Office

Source: Iceland Monitor

Eruption de La Soufrière de Saint-Vincent: pas de danger immédiat // Eruption of St Vincent’s La Soufriere: no immediate danger

L’éruption de La Soufrière continue à Saint-Vincent-et-les Grenadines avec une activité fumerollienne, l’expansion du nouveau dôme et l’augmentation de l’activité sismique. L’île reste en alerte Orange.

Dans une interview, le responsable de l’équipe scientifique de l’UWI, le Dr Thomas Christopher, s’est montré plutôt rassurant sur l’évolution l’éruption en cours. Parlant des effondrements, il a expliqué que tant que le dôme grossira lentement, il n’y aura pas d’effondrement majeur car il y aura moins d’instabilité. Cependant, si la vitesse de croissance vient à augmenter, il y aura un risque plus important d’effondrement. La surveillance du nombre d’effondrements peut être un excellent moyen de savoir à quelle vitesse le dôme se développe. Le Dr Christopher a ajouté que l’apparition d’effondrements n’était absolument pas le signe d’une éruption explosive ; c’est juste une indication que le dôme est en train de croître.

Le Dr Christopher a expliqué que les informations recueillies sur la sismicité, le dégazage et le volume du dôme donnent à l’équipe scientifique des indications sur le comportement du volcan et comment peut évoluer la situation. Un problème est qu’il n’y a pas d’équipement de contrôle permanent du dégazage sur l’île.

Les dernières mesures montrent que le nouveau dôme a un volume d’un peu moins de 6 millions de mètres cubes, ce qui signifie qu’il a grossi d’un million de mètres cubes en 12 jours. En moyenne, il ajoute environ 1 million de mètres cubes tous les huit jours,. Cela montre qu’il y a un léger ralentissement de la croissance, mais ce n’est pas suffisant pour dire qu’il y a un changement dans le comportement du système volcanique. Le Dr Christopher souhaite qu’il y ait des mesures plus fréquentes pour voir comment l’éruption progresse.

Au vu de la situation actuelle, le danger n’a pas augmenté pour la population à proximité immédiate dans la mesure où le dôme reste confiné à l’intérieur du cratère. L’éruption ne menace pas la vie des personnes qui vivent sur les basses pentes du volcan. Le seul danger serait pour ceux qui décident de monter au sommet et de descendre dans le cratère. Le Dr Christopher ajoute que les personnes sur les flancs du volcan ne sont pas plus en danger qu’elles ne l’étaient au début de l’éruption.

Source: News 784.

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The eruption of La Soufriere volcano on St Vincent and the Grenadines continues with fumarolic activity, expansion of the new dome, and increased seismic activity. The country remains on Orange Alert.

In an interview, UWI lead scientist Dr Thomas Christopher was rather reassuring about the current eruption. Speakibg about rockfalls, he said that if the dome grows slowly, there will not be constant rockfalls since there will be less instability. However, if the growth rate were to pick up naturally, there would be more rockfalls. Monitoring the rate of rockfall can be an excellent way to tell how fast the dome is growing. Dr Christopher added that the occurrence of rockfalls does not indicate an explosive eruption of any kind; it merely tells us the dome is growing.

Dr Christopher explained that the information collected from the earthquakes, degassing, and dome volume gives the scientific team a clear idea of what the volcano is doing and what may occur. One problem is that there is no permanent degassing equipment on the island.

The latest survey shows that the new dome is just under 6million cubic metres, which means it added one million cubic metres in 12 days. On average it was adding about 1 million cubic metres every eight days, so there is a slight slowing of the rate, however that is not significant to say there is a change in the behaviour of the system. Dr Christopher wishes there would be more frequent measurements to see how the eruption is progressing

Based on the volcano’s configuration and how the eruption is progressing, the danger has not increased to the population in the immediate vicinity since the dome is contained. The eruption is not threatening the lives of the people who are living on the lower flanks of the volcano right now. The only danger would be to those who decide to go up at the summit, and down into the crater. Dr Christopher says the people on the volcano’s flanks are in no more danger than they were at the start of the eruption.

 Source: News 784.

Source : UWI

La situation à La Soufrière de St Vincent // The situation at St Vincent’s Soufriere

Comme je l’ai écrit précédemment, de nouveaux équipements de surveillance sont en cours d’installation sur la Soufrière de Saint-Vincent pour mieux observer le volcan. Les dernières visites sur le terrain ont révélé que le dôme grossissait lentement. Un survol est prévu à bord d’un hélicoptère français dans le cadre d’un accord entre le Gouvernement de Saint-Vincent-et-les Grenadines et le Gouvernement français, via l’ambassade de France dans la région.

Le niveau d’alerte reste à Orange.

Les scientifiques expliquent que les personnes vivant dans des zones proches du volcan doivent s’attendre à de fortes odeurs de soufre pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, en fonction des changements de direction du vent.

L’Organisation nationale de gestion des catastrophes (NEMO) a tenu trois réunions communautaires avec les habitants de Fancy, Owia, Point et Calliaqua pour faire le point sur la situation actuelle au volcan de La Soufrière et procéder à un examen des plans d’urgence. Les habitants de Calliaqua ont également été informés du rôle à tenir s’ils doivent héberger des personnes évacuées. D’autres réunions seront organisées pour informer la population de la situation actuelle sur le volcan et pour revoir le plan d’urgence communautaire.

La NEMO rappelle constamment au public qu’aucun ordre d’évacuation n’a été émis. L’Organisation continue de dissuader les gens de se rendre sur La Soufrière..

Source: Médias d’information locaux.

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As I put it before, new monitoring equipment is being installed on St Vincent’s Soufriere to better observe the volcano. The latest on-the-field visits have revealed that the dome is slowly getting bigger. An overflight is planned on board a French helicopter through an arrangement between the Government of St. Vincent and the Grenadines and the Government of France, through the Embassy of France in the region.

The alert level remains at Orange.

Scientists warn that persons living in areas close to the volcano should expect strong sulphur smells for several days to weeks, depending on changes in wind direction.

The National Emergency Management Organisation (NEMO) held three community meetings with residents of Fancy, Owia, Point and Calliaqua to provide an update on the present situation at the La Soufriere Volcano, and conduct a review of the emergency plans. Residents of Calliaqua were also briefed on their roles if they need to receive persons who will be evacuated if it becomes necessary.

More meetings will be organised to update residents on the present situation at the volcano and to review the Community Volcano Emergency Plan.

NEMO constantly reminds the public that no evacuation order has been issued. The Organisation continues to dissuade people from visiting the La Soufriere

Volcano.

Source : Local news media.

Source: UWI

Baptême du nouveau volcan de Mayotte : il va falloir attendre…

Depuis la découverte du volcan sous-marin de Mayotte, de nombreuses structures, notamment associatives, demandaient la tenue de rencontres pour expliquer et informer la population sur ce phénomène qui attire les scientifiques du monde entier.

Ces rencontres entre scientifiques et population mahoraise ont finalement eu lieu le 30 octobre 2020 au lycée de Kawéni. Elles étaient organisées par la préfecture et le rectorat de Mayotte.

Elles se sont faites en présence de scientifiques venus de l’hexagone et qui ont étudié l’activité sismique et volcanique. Ils ont fait part à la population des connaissances actuelles sur le volcan et surtout les conséquences du phénomène en cours.
Ces rencontres entre scientifiques et la population devaient être l’occasion de baptiser le nouveau volcan sous-marin. C’est du moins ce qu’avait indiqué la directrice du BRGM. Le nom du nouveau volcan sous-marin devait être dévoilé le 30 octobre lors de la journée spéciale au Lycée de Mamoudzou Nord. Ce nom a fait l’objet d’une consultation depuis 2019, lancée par la préfecture auprès des élèves mahorais.

Hier soir, patatras ! On apprenait qu’il y a des divergences sur la liste de 10 noms présélectionnés. Il n’y a pas de consensus et il va falloir relancer un nouveau processus de consultation. Voici les 10 noms sélectionnés pour le moment :

Bagugu (le monstre imaginaire)

Chisiwa Pya (le nouvelle île)

Mfaloume Wah Bahari (le roi des mers)

Adzalwa (il est né)

Mcombe (le puissant)

Maydzaha (lae volcan de Mayotte)

Andrianavi (le retour du roi)

Tsiyo (Le voilà)

Dzaha Latru (Notre volcan)

Shize Ya Trumbo (le dernier né)

Source : Mayotte la 1ère.

Paroles d’Inuit : sagesse arctique // An Inuit’s words : Arctic wisdom

Dans une note publiée le 11 octobre 2020, j’ai annoncé la sortie du dernier documentaire du National Geographic, The Last Ice, qui raconte à quel point les communautés inuites du Canada et du Groenland sont touchées par la fonte de la glace de mer dans l’Arctique. La diffusion du film est prévue en octobre 2020 sur la chaîne National Geographic WILD. Voici la bande-annonce:
https://www.youtube.com/watch?v=qpZdevJEA7I

Maatalii Okalik, qui a participé à la réalisation du documentaire, vit à Panniqtuuq, un village du Nunavut. Elle est reconnue localement et internationalement pour son travail en faveur de la jeunesse inuite. En tant que présidente du Conseil national de la jeunesse inuite au Canada, elle a sensibilisé aux problèmes auxquels sont confrontés les jeunes, notamment le taux de suicide élevé, l’incertitude professionnelle et l’impact de plus en plus sensible du changement climatique dans la région.
Dans une interview, elle explique les problèmes auxquels doit faire face la population inuite aujourd’hui. Voici l’intégralité de ses propos.

«Les Inuits vivent dans l’Inuit Nunaat (notre patrie), une région de l’Arctique, depuis des millénaires, dans ce que beaucoup considèrent comme l’une des régions les plus inhospitalières de la planète. Pour les étrangers, nous sommes des survivants qui ont réussi à faire face à l’adversité, génération après génération. Mais ce n’est pas ainsi que nous le voyons. Les Inuits ne survivent pas dans l’Arctique – nous prospérons.
Nos chasseurs ont des compétences et des connaissances transmises depuis des générations, ce qui nous permet d’avoir de manière durable de la viande pour nourrir nos familles et nos communautés. Nous savons interpréter la météo, nous déplacer sur la banquise, trouver de la végétation sur la terre et, en 2020, nous connecter virtuellement pour partager ces mêmes informations. Nous nous adaptons et prospérons ensemble.
Pourtant, notre histoire récente a été un immense défi, non pas parce que nous vivons dans une région polaire, mais à cause de l’intrusion du monde extérieur et de ses intérêts.
À partir de la Seconde Guerre mondiale, l’intérêt international pour l’Inuit Nunaat a explosé, d’abord pour des raisons géopolitiques de revendications territoriales, puis à des fins militaires. Peu de temps après, d’autres intérêts à travers le monde ont commencé à s’intéresser à nos ressources, qu’il s’agisse de pétrole, de routes de navigation ou de zones de pêche.

Alors que s’accélérait cet intérêt pour le monde arctique, les Inuits ont été soumis à un traitement horrible et traumatisant de la part de nos gouvernements et institutions religieuses. Alors que les actualités célébraient les explorateurs intrépides partis à la conquête de l’Arctique, des histoires beaucoup moins glorieuses se déroulaient, qui résonnent encore aujourd’hui dans les communautés inuites: enfants enlevés à leur famille et placés dans des pensionnats pour devenir «civilisés» ;  familles réinstallées de force dans des localités où elles n’avaient que peu ou pas de connaissances en relation avec le vie dans l’Arctique
Ces atrocités ne se sont pas produites il y a des siècles. Ce sont nos parents et nos grands-parents qui en ont été victimes. Et tandis que les Inuits continuent à s’adapter et prospérer, nous sommes aujourd’hui confrontés à une autre menace : le changement climatique réchauffe rapidement l’Arctique, fait fondre notre glace de mer, rend nos conditions météorologiques moins prévisibles, affecte la faune qui nous entoure et menace notre mode de vie en général.
Nos communautés ne sont accessibles que par avion et par bateau pendant les saisons les plus chaudes. Dans la majeure partie de l’Arctique, l’élevage du bétail est impossible, de même que l’agriculture à grande échelle. Le coût d’importation de la nourriture est prohibitif, ce qui fait que sept Inuits sur dix au Nunavut sont en situation d’insécurité alimentaire. Nous continuons à dépendre de la nature pour subvenir à nos besoins, mais le changement climatique les modifie à un rythme auquel il est de plus en plus difficile de s’adapter.
Quand un chasseur passe à travers la glace parce qu’elle n’a plus la même solidité que pour les générations précédentes, il ne s’agit pas d’un problème politique, c’est une question de survie. Le changement climatique ne respecte ni les frontières ni les opinions politiques, et nous sommes en première ligne pour en constater les effets.
Aujourd’hui, notre glace en voie de disparition attire de nouveaux étrangers, intéressés par des routes de navigation auparavant inaccessibles, des ressources à extraire et des profits à réaliser. Une fois encore, les Inuits sont perdus dans les tractations internationales, alors que les journaux font leur Une sur les ours polaires, les travaux scientifiques et les statistiques.
J’ai vu ces changements de mes propres yeux. Je me souviens avoir parlé avec une femme dont le mari est mort quand il est passé à travers la glace. Son corps n’a jamais été retrouvé et elle a dû organiser ses obsèques sans avoir eu la possibilité de l’enterrer. Sa perte n’a pas seulement eu un impact sur la famille, mais sur toute la communauté que ce chasseur avait aidé à nourrir.
Ce genre d’histoires est plus fréquent que ce que l’on peut lire dans les journaux. Le changement climatique a un impact humain bien réel sur les Inuits. Alors que la fonte de la glace change les paysages sur lesquels nous vivons depuis des générations, nous nous battons pour maintenir le bien-être de nos communautés et préserver l’accès aux terres de chasse de nos ancêtres. Lorsque nous ne pouvons plus compter sur notre principale source de nourriture, lorsqu’elle est épuisée par les activités d’étrangers, cela ne fait qu’exacerber la menace croissante qui pèse sur notre survie.
Avant l’arrivée des étrangers, les Inuits géraient les ressources d’une manière qui était et continue d’être durable, responsable et respectueuse, comme des milliers d’autochtones continuent de le faire dans le monde. Ce n’est pas un hasard, et au moment où tout le reste du monde commence à ressentir les conséquences du changement climatique, j’ai le sentiment que nous avons beaucoup de connaissances à partager.
L’Arctique n’est pas la dernière frontière. L’Arctique n’est pas un territoire magique à l’autre bout de la Terre. L’Arctique est notre maison et nous, les Inuits, devrions avoir le droit de décider de ce qui s’y passe. Ce que nous vivons aujourd’hui, ce sont des symptômes de notre histoire. De nombreux Inuits vivent dans des maisons surpeuplées. De nombreux Inuits sont en situation d’insécurité alimentaire. Nous avons l’un des taux de suicide les plus élevés au monde.
Pourtant, malgré ces défis, nous réussissons toujours à vivre à partir de la nature incroyable et des ressources qui nous entourent. Non pas comme quelque chose à conquérir ou à prendre, mais comme quelque chose dont nous faisons partie. Notre langue, notre culture et notre mode de vie sont étroitement liés à notre terre, à notre eau et à notre glace.
Les Inuits tirent la sonnette d’alarme du changement climatique depuis des décennies et nous espérons que le monde commencera à nous écouter, à prendre des décisions basées sur ce qui est le mieux pour des décennies et des siècles, dès maintenant plutôt que dans des jours et des semaines. Pour prospérer, et pas seulement survivre. »

Source : Yahoo News.

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In a post released on October 11th, 2020, I announced the released of the National Geographic’s latest documentary, The Last Ice, which tells the harrowing story of how Inuit communities in Canada and Greenland are being impacted by the melting sea ice in the Arctic. The film is expected to broadcast on National Geographic WILD this October. Here is the trailer:

https://www.youtube.com/watch?v=qpZdevJEA7I

Maatalii Okalik, the author and subject of the documentary, comes from Panniqtuuq, a village in Nunavut. She is recognized locally and internationally for her work as an Inuit youth advocate. As the President of Canada’s National Inuit Youth Council, she built awareness around the unique issues facing Inuit youth, including high suicide rates, occupational uncertainty, and the growing regional impact of climate change.

In an interview, she explains the problems the Inuit population has to face today. Here is the entirety of her declaration.

“Inuit have lived in Inuit Nunaat (our homeland) in the Arctic for millennia, in what many see as one of the most inhospitable areas of the planet. To outsiders, we’re survivors, having managed to beat the odds generation after generation. But that’s not how we see it. Inuit don’t survive in the Arctic—we thrive.

Our skilled hunters have knowledge that has been passed down for generations, allowing us to sustainably harvest nutritious meat for our families and communities. We know how to read the weather, navigate the sea ice, find vegetation on the land, and, in 2020, how to connect with one another virtually to share this same information. We adapt and thrive together.

But our recent history has been one of immense challenges, brought on not because we live in a polar region but because of the arrival of the outside world and their interests.

Beginning around the time of World War II, international interest in Inuit Nunaat in the Arctic exploded, at first for geopolitical reasons of sovereign land claims, and then or military purposes. Soon after, varied interests around the world began to see our resources, whether it was oil, efficient shipping routes, or abundant fish stocks.

As this interest in the Arctic world accelerated, Inuit were subjected to horrific and traumatic treatment by our governments and religious institutions. While newsreels celebrated intrepid explorers conquering the Arctic, countless untold stories were unfolding that still echo in Inuit communities today: Children taken from their families and placed in residential schools to become “civilized,” families forcibly relocated to communities where they had little if any knowledge or relations in the name of Arctic

These atrocities didn’t happen centuries ago. They happened to our parents and to our grandparents. And while Inuit still adapt and thrive, today we’re dealing with a less obvious threat. Climate change is rapidly warming the Arctic, melting our sea ice, making our weather less predictable, affecting the wildlife around us, and threatening our overall way of life.

Our communities are only accessible by air, and in warmer seasons by boat. In the majority of the Arctic, raising livestock isn’t realistic, and neither is wide-scale agriculture. The cost of importing food is prohibitively high, resulting in seven of 10 Inuit in Nunavut being food-insecure. We are still dependent on the natural world to sustain us, but climate change is altering it at a rate that’s harder and harder to adapt to.

When a seasoned hunter falls through the ice because it no longer forms the way it has for generations before, that’s not a political issue, it’s a matter of survival. Climate change doesn’t respect political borders or opinions, and we’re on the front lines of seeing the effects.

Today, our disappearing ice is attracting new outsiders, interested in previously inaccessible shipping routes, resources to extract, and profit to be made. But Inuit are once again lost in the international conversation, as news headlines focus on polar bears, scientists, and statistics.

I’ve seen these changes firsthand. I remember speaking with a woman whose husband died when he fell through the ice. His body was never recovered and she had to hold his funeral without having a chance to bury him. His loss didn’t just impact their family, but the entire community that he helped support and feed.

These kinds of stories are more common than what you read in the newspaper. There are very real human impacts on Inuit as the climate changes. As the melting ice changes the landscapes we’ve lived on for generations, we are fighting to maintain our communities’ wellbeing and preserve access to the lands of our ancestors to hunt. When we can’t rely on our main source of food, when it is depleted by the actions of outsiders, that just exacerbates the growing threat to our survival.

Prior to outsiders arriving, Inuit managed resources in ways that were and continue to be sustainable, responsible, and respectful, as countless thousands of Indigenous peoples continue to do throughout the world. This is no accident, and as the rest of the world begins to experience the global, interconnected consequences of climate change, I feel that we have so much knowledge to share.

The Arctic is not the final frontier. The Arctic is not a magical land at the end of the Earth. The Arctic is our home, and we as Inuit should have the right to decide what happens here. Everything that we are experiencing today are symptoms of our history. Many Inuit live in overcrowded homes. Many Inuit are food-insecure. We have one of the highest suicide rates in the world.

And yet, despite these challenges, we still sustain ourselves from the incredible natural world and resources surrounding us. Not as something for us to conquer or take, but as something we’re a part of. Our language and our culture and way of life is so connected to our land, our water, and our ice.

Inuit have been ringing the alarm bells of climate change for decades, and we hope that the world will begin to learn from us. To make decisions based on what’s best for decades and centuries from now rather than days and weeks. To thrive, and not just survive.”

Source : Yahoo News.

Répartition de la population côtière circumpolaire, autochtone et non autochtone (Source : Arctic Council)

La dernière zone de glace // The Last Ice Area

Le réchauffement climatique réduit de plus en plus la taille et la durée de la glace de mer pendant l’été dans l’Arctique. Les projections scientifiques montrent que c’est au nord du Canada et du Groenland qu’elle résistera le plus longtemps. C’est là que se trouve  « la dernière zone de glace ». Dans les années à venir, elle sera vitale pour les populations dont la vie en dépend. En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une vidéo qui montre comment la glace de l’Arctique se déplace et change au fil du temps. Une grande partie de la glace la plus ancienne a déjà disparu et ce qui reste – la « dernière zone de glace » – se trouve le long des côtes septentrionales du Canada et du Groenland.
https://youtu.be/8auMIfF50Ng

Le dernier documentaire diffusé par le National Geographic, intitulé The Last Ice, montre à quel point les communautés Inuit du Canada et du Groenland sont touchées par la fonte de la glace de mer dans l’Arctique.
Le village de Pikialasorsuaq est entouré de la «dernière zone de glace», celle qui devrait subsister lorsque toutes les autres auront disparu pendant l’été. La protection de cette zone est essentielle pour les populations qui en dépendent et pour la faune dont la vie, ou plutôt la survie, est tributaire de la glace de mer.
Comme je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises, l’Arctique se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète. Les Inuit sont le visage humain du réchauffement climatique. Le drame, c’est que les activités qui génèrent la pollution avec les gaz à effet de serre ne se trouvent pas dans l’Arctique, mais plus au sud, là même où nous vivons, mais les Inuit en subissent les conséquences. Cela démontre à quel point tout est connecté et que si l’on trafique la Nature ou le Climat dans une partie du monde, les conséquences sont universelles.
L’Arctique est également menacé par les ressources naturelles qui se cachent sous la glace, avec les gisements de pétrole et de gaz. La fonte de l’Arctique signifie aussi l’ouverture de voies maritimes plus rapides et l’arrivée du tourisme.

La réalisation du documentaire The Last Ice a débuté en 2015. Au départ, ce devait être un documentaire plus scientifique montrant la faune traditionnelle et la glace de mer, mais l’équipe de tournage s’est rapidement rendue compte que le sujet était beaucoup plus vaste, avec beaucoup d’histoires humaines à raconter.
Le documentaire montre diverses menaces qui pèsent sur la survie des habitants de ces régions, la vie des animaux, le maintien des traditions culturelles, et même l’interdépendance relativement inconnue des habitants du Groenland et du Canada.
Les familles qui vivent dans ces régions depuis plusieurs générations et qui ont assimilé les pratiques traditionnelles transmises par ‘les détenteurs du savoir’ doivent non seulement s’adapter au changement climatique, mais aussi, apprendre à déménager vers une autre région. Ne serait-ce qu’au Nunavut, sept Inuit sur dix sont en situation d’insécurité alimentaire en raison du coût élevé de la vie. En effet, la nourriture doit être expédiée par avion vers ces régions.
La COVID-19 secoue le monde au moment de la sortie de ce documentaire. La pandémie montre que nous avons plus pris à la planète que ce qu’elle est capable de nous fournir. Le film rappelle que nous ne pouvons pas continuer à exploiter ses ressources comme nous l’avons fait jusqu’à présent ; nous n’avons pas besoin du pétrole de l’Arctique, nous devons éliminer progressivement les combustibles fossiles et les remplacer par des énergies renouvelables si nous voulons éviter des catastrophes.

La diffusion du documentaire The Last Ice est prévue en octobre sur le site du National Geographic WILD. Voici la bande-annonce:
https://www.youtube.com/watch?v=qpZdevJEA7I

Source : National Geographic.

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As climate change reduces the size and duration of summer Arctic sea ice, scientific projections show it will last the longest above Canada and Greenland. This is the Last Ice Area. In the coming years, it will be essential as an enduring home for ice-dependent life. This video shows how the Arctic’s oldest ice is moving and changing over time. Much of the oldest ice has already disappeared, and that which remains is found along the northern shores of Canada and Greenland – the Last Ice Area.

https://youtu.be/8auMIfF50Ng

National Geographic’s latest documentary, The Last Ice, tells the harrowing story of how Inuit communities in Canada and Greenland are being impacted by the melting sea ice in the Arctic.

The village of Pikialasorsuaq is surrounded by “last ice area, » which is expected to remain when all other areas with significant summer ice will be gone. Protecting this area is essential for the surrounding communities and the sea ice dependant wildlife.

As I put it several times before, the Arctic is warming twice as fast as the rest of the world. The Inuit are really the human face of global warming, and all the activities that produce all the carbon pollution are not in the Arctic region, they are mostly in a world where we are or farther south, but the Inuit are suffering the consequences. This is one more example of how everything is connected, how everybody is connected and that if you tamper with nature, or the climate, on one part of the world, the consequences are going to be global.

The Arctic is also being threatened by industrial opportunities from oil and gas deposits, the desire for faster shipping routes and tourism through these melting areas of ice. Creating The Last Ice documentary began in 2015. It was initially set to be a more scientific “traditional wildlife and sea-ice” documentary but the team quickly realized that the story was much bigger, with so many interconnected human stories to tell.

The documentary shows a variety of threats to how people in these areas survive, including the lives of animals, maintaining and carrying forward cultural traditions, and even the relatively unknown interconnectedness of the people in Greenland and Canada.

Families who have lived in those regions for many generations and learning traditional practices from the knowledge keepers are having to not only adapt to a changing climate but also, essentially, having to relocate to a whole other area that impacts that knowledge transfer and ability to safely live in your homeland. In Nunavut alone, seven out of 10 Inuit are food insecure due to the high cost of living, because food needs to be shipped to the area by plane.

As COVID-19 sweeps across the globe, coinciding with the release of this documentary, the pandemic shows that “we have taken too much out that the planet is providing for us. The film is a reminder that we cannot continue exploiting the resources of the planet, like we have until now, we do not need oil from the Arctic, we need to phase out fossil fuels and replace them with renewable energies if we are to prevent future disasters.

The Last Ice is expected to broadcast on National Geographic WILD this October. Here is the trailer:

https://www.youtube.com/watch?v=qpZdevJEA7I

Source: National Geographic.

L’étendue de la glace de mer se réduit comme peau de chagrin. Voici la surface qu’elle occupait en septembre 2016. Elle a diminué encore davantage depuis cette date (Source : WWF)

La vérité sur l’ours polaire // The truth about polar bears

L’ours, qu’il soit brun, noir ou blanc, reste une créature presque mythique. Nous l’avons vu au cinéma, à la télévision ou au zoo, et le nounours en peluche a souvent bercé notre enfance.
S’agissant des ours polaires (Ursus maritimus), on a entendu tout et n’importe quoi ces dernières années à propos de leur nombre. Certaines voix disent qu’il augmente, tandis que d’autres affirment que l’espèce est au bord de l’extinction.
Cette confusion sur le nombre d’ours polaires est assez normale car certaines populations augmentent, tandis que d’autres diminuent. Il n’existe pas de population uniforme de ces plantigrades. Les chercheurs les ont répertoriés en 19 sous-populations.
On observe une diminution du nombre de populations à proximité de la baie d’Hudson au Canada, car la glace de mer fond rapidement, jusqu’à disparaître, et les ours de la région dépendent de la glace de mer pour leur survie. La population d’ours polaires dans cette zone a diminué de 24% en 30 ans avec 850 animaux aujourd’hui contre 1200 dans le passé. Les ours polaires près de Churchill (Manitoba) sont souvent affamés et doivent se diriger vers le nord pour chasser les phoques qui constituent l’essentiel de leur nourriture. Cependant, les sous-populations les plus septentrionales se maintiennent et certaines voient même leur nombre augmenter.
Un facteur clé de la survie de l’ours polaire est la présence de glace de mer. Les scientifiques ont observé une très forte corrélation entre la disparition de la glace de mer et la densité des ours polaires. Les chercheurs de Polar Bear International signalent une perte de glace moins spectaculaire dans les régions situées au nord de la baie d’Hudson où les populations d’ursidés restent stables ; certaines sont même en augmentation.
En raison du très vaste habitat de l’ours polaire, la précision des données concernant les populations peut varier considérablement. Dans les zones plus proches de la civilisation, comme la baie d’Hudson, les données sont facilement accessibles, mais pour la zone proche de la côte russe, qui est un territoire inhabité, il n’y a presque pas de données. Le comptage des ours polaires s’effectue de plusieurs manières. Des méthodes traditionnelles sont encore utilisées aujourd’hui, avec les relevés aériens et le marquage d’animaux. Une fois que les ours sont repérés par la voie aérienne, les chercheurs au sol immobilisent et marquent les ours individuellement et voient combien sont identifiés sur une certaine période de temps. Une nouvelle technique utilisée est le marquage génétique: grâce à des échantillons de poils ou à une biopsie cutanée obtenus lors de l’immobilisation de l’ours. Les chercheurs peuvent alors identifier génétiquement des ours individuellement. Cela permet d’obtenir des données plus précises.
Les ours polaires sont-ils appelés à disparaître complètement ? La plupart des scientifiques restent optimistes. Alors que la glace de mer fondra probablement dans sa totalité dans les régions les plus au sud, le WWF s’efforce de protéger une vaste zone connue sous le nom de Last Ice Area située entre le Canada et le Groenland et où la glace de mer devrait persister pendant l’été.
Avec environ 22 000 à 31 000 ours polaires encore en vie dans le monde, la survie de ces animaux est un enjeu majeur. Contrairement à ce que prétendent beaucoup de gens, les ours polaires ne vont pas disparaître au cours des prochaines années. Au vu des estimations actuelles il y aura un déclin d’un tiers de leur population d’ici 2050. La survie des ours polaires dépendra des décisions prises pour ralentir le réchauffement climatique d’ici la fin de ce siècle. Une chose est sure : Sans glace de mer, il n’y aura plus d’ours polaires.
Source: Global News.

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The bear, whether brown, black or white, remains an almost mythical creature, with many of us having seen them on a screen or at the zoo, and having cuddled teddy bears as babies.

As far as polar bears (Ursus maritimus) are concerned, there has been confusion in recent years over whether polar bear numbers are increasing, or they are on the brink of extinction.

The confusion over polar bear numbers is justified, as some populations are increasing, while others are declining. There is not a uniform population of these plantigrades. They cannot be viewed as one whole, as researchers have categorized them into 19 subpopulations.

There is a decline in numbers in populations located near Hudson Bay as sea ice completely melts in the summer, and these bears are dependent on sea ice for survival. The polar bear population in this area has declined by 24% in 30 years with 850 animals today versus 1200 in the past. Polar bears near Churchill, Manitoba, are often going hungry or travelling north for a longer seal-hunting season. However, subpopulations farther north are holding steady, with some even reporting an increase in numbers.

One key factor in polar bear survival is the presence of sea ice. Scientists have observed a very strong correlation between sea ice loss and changes in polar bears’ abundance. Researchers at Polar Bear International are reporting less dramatic ice loss at regions north of Hudson Bay, and this is contributing to these populations remaining stable, with some even increasing.

Due to the large area that the polar bear region covers, data accuracy can vary immensely. In areas closer to civilisation, like Hudson Bay, the data is easily accessible, but for the area near coastal Russia, which is uninhabitable territory for humans, there is almost no data. Polar bear counts are conducted in several ways. Several traditional methods still employed today are aerial surveys and mark-and-recapture, where researchers on the ground tag individual bears and see how many are recaptured over a period of time. A newer method that is used is genetic mark-and-capture: Through hair samples or skin biopsy you can genetically identify individual bears. This allows for more accurate data.

As for whether or not polar bears will go completely extinct, most scientists remain optimistic. While sea ice may completely melt in southern regions, WWF is working on an initiative to protect an area known as the Last Ice Area. This is a large northern area between Canada and Greenland where summer sea ice is expected to persist.

With an estimated 22,000 to 31,000 polar bears left around the world, the survival of these animals is critical. Polar bears are not going to be extinct in the next few years, as many people say. According to the current estimate, by 2050 there will be a one-third decline in the population. What needs to be remembered is the decisions that we make right now are very important, as we are making decisions about the climate for the rest of the century. With no polar ice, there will not be polar bears.

Source: Global News.

Ours polaire dans le Manitoba (Photo: C. Grandpey)