Le Vieux Fidèle pas éternel? // Will Old Faithful stop erupting some day?

Les touristes qui visitent le Parc National de Yellowstone ne sauraient manquer les éruptions du Vieux Fidèle, le vénérable « Old Faithful ». Le geyser se manifeste si régulièrement que ses éruptions peuvent être prédites et leurs horaires sont indiqués dans le lodge principal du Parc. Elles se produisent à des intervalles allant, en moyenne, de 90 à 94 minutes. Cependant, les scientifiques préviennent que ce geyser pourrait cesser son activité dans les années à venir.
Une étude publiée dans les Geophysical Research Letters indique que le Vieux Fidèle pourrait entrer en éruption moins fréquemment, ou s’arrêter définitivement, si les conditions actuelles de forte sécheresse se prolongent et se généralisent.

Les chercheurs ont découvert que des arbres poussaient pendant les années 1233-1362 au sommet du monticule où se manifeste le geyser. Il s’agit d’une découverte importante car les arbres ne peuvent pas survivre aux eaux chaudes et hautement alcalines expulsées par les geysers. Pour que des arbres poussent dans un tel lieu, il a fallu qu’un événement empêche le Vieux Fidèle d’entrer en éruption pendant plusieurs décennies.
Les geysers ont besoin d’une bonne alimentation en eau et ne se trouvent que dans les zones d’activité volcanique soutenue où le magma joue le rôle de source de chaleur. Après avoir analysé les composants dissous dans l’eau éjectée par le geyser, les scientifiques ont exclu un changement dans l’activité volcanique pour expliquer le sommeil du geyser il y a 800 ans. De la même façon, l’activité sismique a été laissée de côté car il n’y a pas eu de grands tremblements de terre à Yellowstone entre 800 et 1300.
Le seul facteur qui puisse expliquer l’inactivité du Vieux Fidèle et à la croissance des arbres qui l’a accompagnée est la grande sécheresse observée à la fin de l’anomalie climatique médiévale, lorsque des températures anormalement élevées ont persisté en Amérique du Nord entre 900 à 1300 environ.
De petites particules de bois remontant à la période 1233-1362 et appartenant à ce qui était autrefois des souches et des racines d’arbres ont été trouvées dans le monticule où se manifeste le Vieux Fidèle. La taille des fragments de bois était de 2 cm ou plus et les tiges prélevées étaient en grande partie intactes et pouvaient atteindre 2 mètres de long. Il s’est écoulé un laps de temps d’environ 81 ans entre les échantillons les plus anciens et les plus jeunes du même arbre. L’étude indique qu’il s’agit de la durée pendant laquelle les températures chaudes et sèches ont eu un impact sur la croissance des arbres et l’alimentation en eau du geyser.
Les archives scientifiques indiquent que les arbres du monticule du Vieux Fidèle sont morts au milieu des années 1300 en raison d’un événement pluvieux important, qui, selon les chercheurs, a augmenté les niveaux d’eau dans la région et a permis aux éruptions du geyser de reprendre.
Les archives du Vieux Fidèle remontent à près de 150 ans, date à laquelle Yellowstone est devenu le premier parc national des États-Unis en 1872. Les chercheurs expliquent qu’il s’écoulait 60 à 65 minutes entre les éruptions du geyser dans les années 1950. Cet intervalle de temps est ensuite passé à 90 – 94 minutes depuis 2001. Une fois encore, ces changements dans le rythme éruptif du geyser sont liés aux conditions de sécheresse qui ont persisté dans cette partie des États-Unis jusqu’en 2010.
Les modèles climatiques prévoient une augmentation des conditions de sécheresse intense dans la région de Yellowstone ainsi que de grands incendies de forêt d’ici 2050, en partie en raison de la hausse des températures qui devrait atteindre près de 3°C. Cela entraînera par ailleurs une modification majeure des écosystèmes de Yellowstone».
Dans la conclusion de leur étude, les chercheurs expliquent que le tourisme dans le Parc National de Yellowstone pourrait être affecté si les éruptions du Vieux Fidèle et des autres geysers deviennent moins fréquentes. En raison des récentes périodes de sécheresse et de le réduction de l’alimentation en eau, il convient de noter que les couleurs des Mammoth Hot Springs ont considérablement changé.
Source: Yahoo News.
Vous pourrez voir les éruptions du Vieux Fidèle en direct en cliquant sur ce lien:
https://www.nps.gov/yell/learn/photosmultimedia/webcams.htm

——————————————————

The tourists who visit Yellowstone National Park would never miss the eruptions of Old Faithful. Yhe geyser comes to lfe so regularly that its eruptions can be predicted ansd are indicated in the park’s main lodge. The eruptions occur at typical intervals of 90 to 94 minutes. However, scientists warn that this geyser might stop erupting in the coming years.

A study published in Geophysical Research Letters states that Old Faithful could erupt less frequently, or entirely stop erupting, as severe drought conditions become more prolonged and widespread.

The researchers discovered that trees grew on top of the geyser mound during the years 1233-1362, which was a peculiar finding since trees cannot survive the hot and highly alkaline waters that geysers release. They figured that for this to happen, something must have stopped Old Faithful from erupting for several decades.

Geysers require an abundant water supply and are only found in areas with active volcanic activity because the magma acts as a source of heat. While changes in volcanic activity might seem like a probable explanation for Old Faithful’s inactivity 800 years ago, the researchers ruled this out after studying dissolved components in the geyser’s erupted water.

Earthquakes were also ruled out as a potential contributor to the frequency of the geyser’s eruptions due to the lack of large earthquakes that occurred between 800-1300.

The only factor that was correlated with Old Faithful’s inactivity and the tree growth on the geyser mound was a severe drought at the end of the Medieval Climate Anomaly, which was when abnormally warm temperatures persisted in North America from approximately 900 to 1300.

Small particles of wood that were once tree stumps and roots were found in the Old Faithful geyser mound, which date back to 1233-1362. The size of the wood fragments were 2 cm or larger and stems that were largely intact stretched over 2 metres in length. There were roughly 81 years between the oldest and youngest samples from the same tree, which the study says indicates the length of time the hot, dry temperatures impacted tree growth and the geyser’s water supply.

Records indicated that trees on the Old Faithful mound died in the mid-1300s due to a significant rainfall event, which the researchers said increased water levels in the region and allowed the geyser’s eruptions to resume.

Old Faithful’s records date back nearly 150 years to the date that Yellowstone became the United State’s first National Park in 1872. The researchers say that 60-65 minutes used to pass between Old Faithful’s eruptions in the 1950s, which then increased to 90-94 minutes since 2001. These changes in the geyser’s eruptions were once again linked to the drought conditions that were persistent in this part of the U.S. until 2010.

Climate models project an increase in severe drought conditions in the Yellowstone area as well as large wildfires by 2050, partly due to temperatures increasing by nearly 3°C, which will lead to “a major transportation of Yellowstone’s ecosystems.”

The researchers conclude that tourism at Yellowstone National Park could be impacted if the eruptions of Old Faithful and other geysers become less frequent. Due to the recent droughts and the reduced water supply, it should be noted that the colours of Mammoth Hot Springs have changed considerably.

Source: Yahoo News.

The eruptions of Old Faithful can be seen live by clicking on this link:

https://www.nps.gov/yell/learn/photosmultimedia/webcams.htm

Eruption du Vieux Fidèle (Photo : C. Grandpey)

Les Mammoth Hot Springs en 2002 et en 2015, avec modification de la couleur du travertin suite à la réduction d’alimentation en eau. (Photos : C. Grandpey).

Photos old f, mamm

webcam

Eté 2020 : le plus chaud des relevés Météo France

Nous venons tout juste d’entrer en automne et Météo France nous apprend que pour la troisième année consécutive la période estivale a atteint des niveaux de sécheresse jamais mesurés précédemment dans notre pays.

Sans surprise, l’été 2020 a été le plus sec en France depuis le début des mesures en 1959. Ce phénomène de sécheresse touche la majeure partie des sols de l’Hexagone, avec une situation particulièrement préoccupante dans le quart nord-est. Selon Météo France, les terres de cette région « se retrouvent dans une situation qui ne se produit en moyenne qu’une fois tous les 25 ans. » Malheureusement, cet aspect exceptionnel est en train de devenir la norme et on comprend l’inquiétude des agriculteurs et des éleveurs

Des alertes sécheresse ont été lancées plusieurs fois au cours de l’été  2020. Début août, 73 départements ont mis en place des restrictions d’eau en raison du manque de pluie et des fortes chaleurs.

Juillet 2020 avait déjà été le mois de juillet le plus sec depuis 1959. Comme je l’ai indiqué dans une note publiée le 26 juillet, le premier semestre de l’année 2020 a été le plus chaud jamais enregistré en France, avec une température moyenne nationale de 12,5°C. Il devance très légèrement le premier semestre de l’année 2007 (12,4°C) et le premier semestre 2014 (12,1°C). L’anomalie de température pour le premier semestre 2020 est de +1,8°C » par rapport à la moyenne de référence constatée entre 1981 et 2010. Les mois de janvier, février et avril ont connu les anomalies de températures mensuelles les plus fortes. Le mois de février a été particulièrement doux avec une anomalie de +3,6°C.

Pour endiguer ce manque d’humidité des sols et éviter que la situation ne se dégrade davantage, Météo France espère qu’il pleuvra abondamment cet automne et cet hiver. Il avait beaucoup plu au cours de l’automne 2019, mais cela n’a pas suffit à satisfaire les sols assoiffés.

Source : Météo France, BFMTV.

Source : Météo France

Impact du réchauffement climatique sur l’agriculture africaine // Impact of global warming on African agriculture

Le réchauffement climatique fait fondre les glaciers et la banquise, et dégèle le pergélisol ; il entraîne une hausse du niveau des océans, mais il a également un impact sur l’agriculture et les pays les plus fragiles doivent s’attendre à des années difficiles

Une nouvelle étude réalisée par deux chercheurs français de l’IRD en collaboration avec une équipe de recherche japonaise, et publiée dans la revue Nature, renforce les preuves d’un impact dramatique du réchauffement climatique sur la production de céréales en Afrique.

Ils ont étudié la situation en Afrique de l’Ouest entre 2001 et 2009. Pour ce faire, ils ont utilisé deux simulations climatiques prenant en compte le climat tel qu’il aurait dû être sans empreinte de l’activité humaine et l’effet des émissions anthropiques de gaz à effet de serre.

Les résultats de cette étude sont très inquiétants à la fois sur l’impact mesuré sur les productions agricoles mais aussi sur l’impact économique qui découle de ces pertes de productions. Au cours des dix années couvertes par l’étude, les températures ont augmenté de 1°C en Afrique de l’Ouest où les orages et les pics de chaleur ont été plus fréquents. Ces conditions climatiques dégradées ont provoqué une baisse des rendements du mil de 10 à 20 % et de 5 à 15 % pour le sorgho. D’un point de vue économique, les pertes s’élèvent pour les pays producteurs entre 2 et 4 milliards de dollars pour le mil et entre 1 et 2 milliards de dollars pour le sorgho.

Une étude publiée en 2012 estimait qu’en Afrique d’ici 2050 les pertes de rendement seraient en 2050 de 17% pour le blé,  de 5% pour le maïs, 15% pour le sorgho et 10% pour le mil. Avec une baisse déjà effective de 10 à 15% et un réchauffement climatique qui s’accélère, on voit l’urgence d’agir pour le continent Africain, en particulier dans la bande soudano-sahélienne, en Afrique de l’Ouest.

La production et la consommation de céréales sont extrêmement importantes en Afrique car leur niveau de consommation les rend indispensables pour assurer la sécurité alimentaire des habitants. Leur consommation est en forte croissance et les besoins sont, aujourd’hui, supérieurs aux capacités de production. Si la production céréalière venait à baisser à cause de l’augmentation de la température, ceci fragiliserait fortement la sécurité alimentaire des populations vivant dans ces zones géographiques.

Pour empêcher l’apparition d’une catastrophe alimentaire en Afrique, il faut avant tout identifier les plantes les mieux adaptées génétiquement à des températures élevées et donner les moyens aux agriculteurs de les cultiver au cas ou ils devraient faire face à une poursuite de l’augmentation des températures. Il faut aussi très rapidement développer des solutions avec les agriculteurs et les communautés en testant des innovations et des adaptations qui permettront de pour réduire la vulnérabilité des systèmes agro-pastoraux locaux.

Ces recommandations ne se limitent d’ailleurs pas à l’Afrique. Le réchauffement climatique affecte de nombreuses autres régions de la planète. Chez moi, en  Limousin, il est conseillé aux agriculteurs d’envisager une diversification des cultures pour s’adapter aux nouvelles conditions climatiques.

Source : Yahoo News.

En Europe, le réchauffement climatique a affecté l’Irlande où le printemps 2020 a été le plus sec depuis le début des archives climatiques en 1847. Il est tombé moins de 10 mm de pluie, soit seulement 15% de la normale, en mai à l’aéroport de Dublin. Cela fait suite à 23% de la moyenne de précipitations en avril.
En conséquence, la production du secteur céréalier irlandais cette année devrait baisser d’au moins 100 millions d’euros en raison de cette longue période de sécheresse.
La sécheresse a gravement touché les cultures dans la moitié orientale de l’Irlande, où les rendements en paille devraient diminuer de près de 25 pour cent. Il y aura quelque 1,6 million de balles de paille en moins dans le pays cette année. De nombreux agriculteurs piochent déjà dans leurs réserves de fourrage d’hiver en complément de l’herbe des pâturages et des compléments alimentaires. Il y aura probablement une plus forte demande en fourrages cet automne, avec un effet inévitable sur les prix de certains produits comme la paille.

————————————————

Global warming is melting glaciers and ice sheets, and thawing permafrost; it is raising the sea level, but it is also having an impact on agriculture and the most fragile countries should expect difficult years
A new study by two French IRD researchers in collaboration with a Japanese research team, and published in the journal Nature, reinforces the evidence of a dramatic impact of global warming on cereal production in Africa.
The researchers studied the situation in West Africa between 2001 and 2009. They used two climate simulations taking into account the climate as it should have been without the imprint of human activity and the effect of anthropogenic greenhouse gas emissions.
The results of this study are very worrying both on the impact measured on agricultural production but also on the economic impact that results from these production losses. In the ten years covered by the study, temperatures increased by 1°C in West Africa where thunderstorms and heat spikes were more frequent. These degraded climatic conditions have caused millet yields to drop by 10 to 20% and from 5 to 15% for sorghum. From an economic point of view, losses for producing countries range between 2 and 4 billion dollars for millet and between 1 and 2 billion dollars for sorghum.
A study published in 2012 estimated that in Africa by 2050 yield losses would be 17% for wheat, 5% for corn, 15% for sorghum and 10% for millet. With an already effective drop of 10 to 15% and accelerating global warming, we see the urgency to act for the African continent, in particular in the Sudano-Sahelian strip, in West Africa.
Cereal production and consumption are extremely important in Africa because their level of consumption makes them essential for ensuring food security for the inhabitants. Their consumption is growing rapidly and the needs are today greater than production capacity. If cereal production were to fall due to the rise in temperature, this would greatly weaken the food security of the populations living in these geographical areas.
To prevent the emergence of a food disaster in Africa, it is first of all necessary to identify the plants best adapted genetically to high temperatures and to give the means to the farmers to cultivate them in case they should face a continuation of the increased temperatures. One should also very quickly develop solutions with farmers and communities by testing innovations and adaptations that will reduce the vulnerability of local agro-pastoral systems.
These recommendations are not limited to Africa. Global warming affects many other regions of the planet. At home in Limousin, farmers are advised to consider crop diversification to adapt to the new climatic conditions.
Source: Yahoo News.

In Europe, global warming has affected Ireland where the spring 2020 was the driest since record-keeping started in 1847. There was less than 10 mm of rain, just 15 percent of normal, registered for May at Dublin Airport. This followed 23 percent of the average rain for April.

As a consequence, the total output from the grain sector in Ireland this year is expected to drop by at least 100 million euros due to prolonged drought.

The drought has severely impacted crops in the eastern half of Ireland where straw yields are predicted to reduce by almost 25 percent. 1.6 million fewer straw bales will be available in the country this year. Many farmers are already feeding their winter forage stocks to supplement grazed grass and concentrates. As a result, there will probably be a higher demand for forages this autumn, with effects for prices for feedstocks, like straw.

Bande soudano-sahélienne où la sécheresse est la plus sévère (Source : Wikipedia)

Alerte sécheresse pour 53 départements français

Alors que le mois de juillet touche à sa fin, la sécheresse envahit la France. En ce moment, 53 départements sont en alerte « renforcée » sécheresse. 103 arrêtés limitant les usages et l’accès à l’eau sont en cours sur le territoire.

13 départements sont en vigilance ROUGE, le stade de « crise » : l’Allier, le Cher, la Côte-d’Or, les Deux-Sèvres, la Dordogne, l’Eure-et-Loir, la Loire-Atlantique, le Lot, le Loiret, la Saône-et-Loire, le Tarn, le Tarn-et-Garonne et la Vendée.

15 autres départements sont en alerte ORANGE, l’alerte « renforcée » : l’Ardèche, les Bouches-du-Rhône, la Charente, la Charente-Maritime, l’Eure, la Haute-Garonne, la Loire, le Lot-et-Garonne, le Maine-et-Loire, la Nièvre, le Nord, les Pyrénées-Atlantiques, la Vienne, la Haute-Vienne et le Val-d’Oise.

25 départements sont en alerte Jaune : l’Ain, les Ardennes, l’Aube, le Cantal, la Corrèze, la Creuse, le Doubs, la Drôme, la Gironde, les Hautes-Alpes, la Haute-Marne, la Haute-Saône, l’Indre, l’Isère, les Landes, la Mayenne, la Meurthe-et-Moselle, la Moselle, le Bas-Rhin, le Rhône, la Savoie, la Haute-Savoie, la Seine-et-Marne, l’Yonne et le Val-de-Marne.

La couleur de la vigilance définit d’abord la gravité de la situation, puis la nature des restrictions qui seront imposées en matière d’usage de l’eau :

Niveau d’alerte (jaune) : réduction des prélèvements à des fins agricoles inférieure à 50% (ou interdiction jusqu’à trois jours par semaine), mesures d’interdiction de manœuvre de vanne, d’activité nautique, interdiction à certaines heures d’arroser les jardins, espaces verts, golfs, de laver sa voiture.

Niveau d’alerte renforcée (orange) : réduction des prélèvements à des fins agricoles supérieure ou égale à 50% (ou interdiction supérieure ou égale à trois jours et demi par semaine), limitation plus forte des prélèvements pour l’arrosage des jardins, espaces verts, golfs, lavage des voitures, jusqu’à l’interdiction de certains prélèvements.

Niveau de crise (rouge) : arrêt des prélèvements non prioritaires y compris des prélèvements à des fins agricoles. Seuls les prélèvements permettant d’assurer l’exercice des usages prioritaires sont autorisés (santé, sécurité civile, eau potable, salubrité).

Source : Ministère de la Transition Ecologique.

Source : Propluvia

La sécheresse est en train d’envahir l’Europe // Drought is invading Europe

Nous sommes à la mi-juillet et la sécheresse est déjà une menace dans le Limousin (France) où j’habite. Il y a eu beaucoup de pluie à l’automne, mais le déficit de 2019 était si important que cette nouvelle eau a à peine réussi à reconstituer les sources. En Limousin, du fait du substrat granitique, nous avons de nombreuses sources mais pas d’aquifères. Les autorités locales ont averti qu’il pourrait y avoir des restrictions d’eau à très court terme. Aucune précipitation n’est prévue pour les prochains jours
Le Limousin n’est pas seul. La majeure partie de l’Europe est également confrontée à la sécheresse. Selon le Copernicus Climate Change Service (C3S), cette sécheresse a commencé en Europe de l’Est au début du printemps 2020, puis a affecté d’autres parties du continent avec un temps plus sec que d’habitude en avril et mai. À la fin de mai et en juin, l’humidité du sol en surface et le niveau des cours d’eau se sont un peu rétablis grâce à de bonnes pluies.
Les météorologues du C3S prévoient des précipitations inférieures à la moyenne pour le sud et l’est de l’Europe en juin, juillet et août. Il faudra donc surveiller la majeure partie de l’Europe centrale et orientale, ainsi que le sud-ouest de la Russie, car ce déficit de pluviométrie risque fort d’avoir des conséquences sur la production de blé.
Les satellites GRACE-FO (Gravity Recovery and Climate Experiment Follow On) ont permis de réaliser une carte (voir ci-dessous) montrant le stockage des eaux souterraines peu profondes et l’humidité du sol de la rhizosphère – ou zone racinaire – en Europe au 22 juin 2020. Les couleurs représentent le centile d’humidité. Les zones bleues ont plus d’eau que la normale, tandis que les zones oranges et rouges en ont moins. Les rouges les plus foncés représentent des conditions sèches qui ne devraient se produire qu’une fois tous les 50 ans.
La surveillance de l’humidité de la zone racinaire est essentielle à la gestion de l’agriculture car il s’agit de l’eau naturellement disponible.

L’humidité du sol à la surface de la Terre et dans la zone racinaire peut fluctuer considérablement sur de courtes périodes; cette réserve d’eau potentielle peut être rapidement reconstituée par la pluie, mais peut également s’évaporer rapidement pendant les vagues de chaleur et les périodes de sécheresse.
L’eau souterraine des nappes phréatiques est une ressource plus profonde qui offre l’eau potable et permet l’irrigation des cultures. Elle alimente également les ruisseaux pendant les périodes sèches. Contrairement à la zone racinaire et à l’humidité de surface, les nappes phréatiques mettent des mois à retrouver un niveau convenable car elles doivent être régulièrement reconstituées par l’humidité de surface qui descend jusqu’à elles.
Comme une grande partie de l’Europe a été confrontée à la sécheresse pendant les étés de 2018 et 2019, avec peu de neige pendant la saison hivernale 2019-2020, une grande partie du continent a commencé cette année avec un important déficit en eau. Après six ans dans précipitations suffisantes, la République tchèque a indiqué au printemps que près de 80% de ses puits étaient plus ou moins à sec. En Ukraine, le niveau de l’eau dans la rivière Desna a atteint son point le plus bas en 140 ans d’observations. Début juin, les réservoirs autour de Kiev ont atteint leur niveau le plus bas depuis près d’un siècle. Les climatologues polonais ont également signalé l’une de ses pires sécheresses depuis un siècle ; elle affecte l’agriculture dans 11 des 16 provinces.
L’Europe joue un rôle important car c’est l’une des plus grandes régions productrices de blé au monde et également une importante zone productrice de maïs. Le blé et le maïs sont les principales cultures de sécurité alimentaire. Les déficits pluviométriques persistants, combinés aux températures supérieures à la moyenne depuis l’hiver, ont affecté négativement de vastes zones à travers l’Europe, réduisant les rendements des récoltes par rapport à la moyenne sur cinq ans dans un certain nombre de pays.
Source: Copernicus Climate Change Service (C3S), via The Watchers.

———————————————–

We are in mid-July and drought is already a threat in the Limousin (France) where I live. There was quite a lot of rain in the autumn, but the deficit of 2019 was so great that this new water hardly managed to replenish the sources. In the Limousin, because of the granite substratum, we have many sources but no aquifers. Local authorities have warned that there might be water restrictions in the very short term. No precipitations are forecast for the coming days

The Limousin is not alone. Most of Europe is facing drought as well.  According to the Copernicus Climate Change Service (C3S), meteorological drought conditions began in Eastern Europe in early spring 2020, then affected other parts of the continent with drier-than-usual weather in April and May. In late May and June, surface soil moisture and waterways recovered a bit after heavy showers.

C3S meteorologists forecast below-average precipitation for southern and eastern Europe in June, July, and August. This is likely to put most of central and eastern Europe, as well as southwestern Russia, under a watch for potential drought impacts on wheat production.

The Gravity Recovery and Climate Experiment Follow On (GRACE-FO) satellites presented a map (see below) showing shallow groundwater storage and root zone soil moisture in Europe as of June 22nd, 2020. The colours depict the wetness percentile. Blue areas have more water than normal, while orange and red areas have less. Darkest reds depict dry conditions that should take place only about once in every 50 years.

Monitoring root zone moisture is essential for managing agriculture because it is the water naturally available for growing crops.

Soil moisture at Earth’s surface and in the root zone can fluctuate significantly over short periods of time; it can be quickly replenished by rainfall, but also can evaporate rapidly during heat waves and dry spells.

Groundwater is a deeper resource for drinking water and crop irrigation. It also sustains streams during dry periods. Unlike root zone and surface moisture, groundwater takes months to recover, as it has to be steadily replenished by surface moisture that steeps down to the water table.

Because much of Europe faced drought in the summers of 2018 and 2019, as well as little snow in the 2019-20 winter season, much of the continent started this year with a major deficit. After six years of lack of rain, the Czech Republic reported this spring that almost 80 percent of its wells were recording mild to extreme drought. In Ukraine, the water level in the Desna River hit its lowest point in 140 years of observations. In early June, reservoirs around Kiev reached their lowest levels in almost a century. Polish climatologists also reported one of its worst droughts in a hundred years, with agricultural drought in 11 of 16 provinces.

Europe is important because it is one of the largest wheat-producing regions in the world, and also a major maize-producing region. Both wheat and maize are major food security crops. The persistent rainfall deficits, combined with the above-average temperatures since winter, have negatively affected large areas across Europe, reducing predicted crop yields compared to the five-year average in a number of countries.

Source :  Copernicus Climate Change Service (C3S), via The Watchers.

Zones de sécheresse en Europe (Source : GRACE-FO)

Catastrophe écologique en Australie // Environmental disaster in Australia

La sécheresse et les incendies de forêt causés en 2019-2020 par le réchauffement climatique dans la Nouvelle-Galles du Sud (Australie) ont eu des conséquences désastreuses pour l’environnement. Les écosystèmes marins le long d’une large portion de littoral dans la région de Sydney ont été dévastés par les cendres et autres matériaux brûlées en provenance des incendies de végétation, par la sécheresse et par les violentes tempêtes qui se sont abattues par la suite. Selon les chercheurs du projet Abyss, un groupe scientifique de plongeurs, il s’agit du pire «événement de mortalité à grande échelle» observé depuis des décennies.
De la Hawkesbury River à Botany Bay, les espèces qui ont subi le plus de dégâts vont des crabes soldats (Mictyris longicarpus) aux oursins, aux éponges et aux invertébrés bryozoaires coralliens. Jusqu’à 8 mètres de profondeur, les espèces d’invertébrés semblent avoir été fortement affectées par des changements intervenus dans la qualité de l’eau. Dans le même temps, la vie ne semble pas avoir été affectée dans les zones en dessous de 8 mètres ou dans les zones où les eaux se mélangent facilement, comme dans une grande partie du port de Sydney.
La salinité a augmenté dans les estuaires peu profonds avec le déclin des apports d’eau douce durant la période sèche, puis les incendies de végétation ont ajouté du phosphore et de l’azote, sans parler des retardants répandus sur les incendies, qui ont favorisé le développement des cyanobactéries. Les violentes tempêtes ont donné le coup de grâce à une grande partie de la vie aquatique.
Les biologistes marins craignent que la disparition d’espèces essentielles provoque des «boucles de rétroaction dans l’ensemble de l’écosystème». Sur des sites tels que Monterey, des espèces très diverses qui s’attachaient autrefois aux filets et à d’autres objets submergés commencent à être remplacées par une espèce d’algue inconnue à ce jour. La mauvaise qualité de l’eau ainsi que les restrictions induites par la pandémie de coronavirus n’ont pas permis aux scientifiques d’étudier les conséquences de tous ces événements. Les impacts sur les poissons peuvent n’apparaître qu’au bout d’un certain temps. Certaines espèces herbivores, par exemple, pourront s’en tirer mieux que d’autres, en fonction des végétaux qui feront leur retour.
Le rapport du projet Abyss indique que «le changement climatique va entraîner une augmentation de l’intensité et de la fréquence des événements météorologiques extrêmes», tout en exacerbant également les sécheresses et les incendies de végétation. Les contraintes climatiques de plus en plus fréquentes dans le futur risquent de « décupler » tout ce qui se passe dans les écosystèmes marins autour de Sydney et au-delà.

Les plongeurs conseillent au gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud de réexaminer les plans d’une marina à Sydney au vu de la destruction des écosystèmes marins mentionnés dans le rapport. Le gouvernement a abandonné le projet en septembre 2018 suite à des plaintes, avant même la fin de la période d’enquête publique. A l’origine, le parc marin comprenait 17 zones protégées couvrant 2,4% des eaux autour de la ville.
Source: The Watchers.

————————————————

The drought and wildfires caused in 2019-2020 by global warming in Australia’s New South Wales had disastrous consequences for the environment. Marine ecosystems along a wide stretch of coastline in Sydney have been devastated by the bushfire debris, drought, and severe storms. According to researchers for The Abyss Project, a scientific group of divers, it is the worst « mass mortality event » in decades.

From the Hawkesbury River to Botany Bay, the worst affected species range from soldier crabs to urchins, soft sponges, and coral-like bryozoa invertebrates. Invertebrate species down to as deep as 8 metres appear to have been greatly affected by a series of changes in water quality and conditions. Meanwhile, sea life continues unaffected in areas deeper than 8 metres or areas where waters easily mix, like much of Sydney Harbor.

Salinity has increased in shallow estuaries as freshwater inflows dropped with the dry period, then the bushfires brought additional phosphorous and nitrogen, including from fire retardants, which stimulated cyanobacteria growth. The severe storms gave the final blow for much of the aquatic life.

Marine biologists fear that the loss of foundational species may cause « feedback loops occurring throughout the entire ecosystem. » At sites such as Monterey, highly-varied species previously found attached to nets and other objects submerged have started to be replaced by an unidentified algal species. Poor water quality, as well as the coronavirus pandemic restrictions, limited scientists’ ability to study the impact of this event. Impacts on fish may take time to be evident. Some grazing species, for instance, may fare better than others, depending on the mix of plant species that return.

The Abyss Project’s report noted that « climate change will see an increase in the intensity and frequency of extreme weather events, » but also exacerbate droughts and bushfires. The increasing climate stresses in the future could « just decouple everything » in the marine ecosystems around Sydney and beyond.

The divers suggested that the New South Wales government should revisit plans for a Sydney Marine Park, in wake of the previous marine destruction. The government ditched the plan in September 2018, even before the public consultation period had closed, following complaints. The originally proposed marine park consisted of 17 sanctuary zones, covering 2.4 percent of waters around the city.

Source : The Watchers.

Les incendies de 2019-2020  en Nouvelle-Galles-du-Sud (Source: NASA)

Sécheresse : du jamais vu dans le sud-ouest des Etats-Unis // A drought never seen before in southwestern U.S.

Conséquence du changement et du réchauffement climatiques, le sud-ouest des États-Unis connaît une sécheresse d’une intensité encore jamais vue.
Une étude récemment publiée dans la revue Science confirme que le sud-ouest des États-Unis est aux prises avec une ‘méga-sécheresse’ qui dure depuis une vingtaine d’années. Cette période sans la moindre pluie favorise les incendies de végétation, assèche les réservoirs et pose des problèmes d’approvisionnement en eau dans les Etats de la région.
Les conséquences de cette sécheresse sont visibles partout, dans les zones d’accumulation de neige des montagnes, le niveau des réservoirs, l’agriculture, les nappes phréatiques et la mortalité des arbres. Les chercheurs ont comparé le taux d’humidité du sol entre 2000 et 2019 à d’autres épisodes de sécheresse des 1200 dernières années. Ils ont constaté que la période actuelle est pire que les cinq anciennes périodes de sécheresse extrême – sauf une –  répertoriées dans leur étude. .
Contrairement aux épisodes de chaleur extrême du passé – causés par les variations climatiques sur Terre – la  sécheresse actuelle a été influencée dans des proportions de 30 à 60% par le changement climatique anthropique qui a «transformé ce qui aurait été une sécheresse modérée dans le sud-ouest de l’Amérique du Nord en une sécheresse de grande ampleur.»
Selon la NASA, 19 des 20 années les plus chaudes ont été enregistrées depuis 2001. Si rien n’est fait, le changement climatique frappera de plein fouet le sud-ouest des Etats Unis. Une préoccupation majeure concernant la sécheresse actuelle est son impact sur l’approvisionnement en eau. La consommation a connu une très forte augmentation car la moitié des États dont le développement est le plus rapide se trouvent dans le sud-ouest. Leur alimentation en eau a été rendue possible par des projets pharaoniques de détournement de cours d’eau et la construction d’énormes réservoirs.
Au cours des deux dernières décennies, le niveau des rivières a baissé à cause de la sécheresse et la croissance démographique. Cela a entraîné une forte baisse de niveau dans deux des plus grands réservoirs du pays, le Lac Mead et le Lac Powell, dont dépendent des dizaines de millions de personnes pour leur alimentation en eau.
Pour la première fois de l’histoire, l’eau en provenance du fleuve Colorado est rationnée cette année. La sécheresse s’est également manifestée au 21ème siècle par des incendies d’une ampleur jamais observée auparavant. En 2018, un incendie tempétueux a détruit en partie une ville du nord de la Californie, et presque toute la localité de Paradise où 85 personnes ont trouvé la mort.
Source: Yahoo News.

———————————————-

 A consequence of climate change and global warming, the south-west of the United States is going through a severe drought with an intensity never seen before.

A recent study published in the journal Science confirms that the south-western US is in the grip of a 20-year megadrought, a period of severe aridity that is stoking fires, depleting reservoirs and putting a strain on water supplies to the states of the region.

The impacts of the drought can be seen everywhere, in snowpacks, reservoir levels, agriculture, groundwater and tree mortality. Researchers compared soil moisture records from 2000-2019 to other drought events from the past 1,200 years. They found that the current period is worse than all but one of five megadroughts identified in the record.

Unlike past megadroughts – caused by natural fluctuations in the Earth’s climate – the study explains that the current drought has been influenced in proportions of 30-60% by human-induced climate change, “turning what would have been a moderate drought in south-western North America into megadrought territory.”

Accordingto NASA, 19 of the 20 warmest years on record have occurred since 2001. Climate change, if unchecked, will hit the American south-west particularly hard. A major concern is the current drought is its impact on water supplies in the region. It has experienced explosive growth – half of the nation’s fastest-growing states are in the south-west – made possible by elaborate river diversion projects and massive reservoirs.

Over the past two decades, drought-depleted rivers, and population growth has led to steep declines in two of the nation’s largest reservoirs, Lake Mead and Lake Powell, on which which tens of millions of people depend.

Water deliveries from the Colorado River are also being rationed this year, for the first time. Moreover, the drought has manifested itself in furious 21st-century fires never seen before. In 2018, a fire tornado destroyed part of one northern California town, and almost the entire community of Paradise, California, was wiped out by a fire that claimed 85 victims.

Source : Yahoo News.

Vues du lac Powell (Photos : C. Grandpey)