Sécheresse et manque d’eau en Alaska ! // Drought and water shortage in Alaska !

Comme je l’ai écrit précédemment (voir mes messages des 4 et 6 juillet 2019), l’Alaska a connu une vague de chaleur sévère cet été, une situation sans précédent. La conséquence est que plusieurs régions souffrent d’une sécheresse et d’un manque d’eau jamais observés auparavant. Dans un village, les autorités coupent12 heures par jour l’approvisionnement en eau destiné à la population. Dans un autre, les toilettes à chasse automatique sont basculées en mode et les restaurants servent des repas sur des assiettes en carton.
L’été chaud et sec en Alaska a entraîné des conditions extrêmes dans les communautés autochtones de Nanwalek et de Seldovia, dans la Péninsule de Kenai. Les autorités en charge de la région ont été contraintes de publier une déclaration de catastrophe naturelle.
Des conditions de sécheresse intense affectent de plus en plus l’État, exacerbées par les feux de forêt qui continuent de brûler. La ville d’Anchorage est envahie par la fumée en provenance d’un important incendie de forêt qui brûle depuis plusieurs semaines dans la Péninsule de Kenai. La ville dispose d’une bonne quantité d’eau dans ses réservoirs, contrairement à certaines petites communautés comme Nanwalek et Seldovia qui dépendent de la fonte des neiges et de la pluie pour remplir leurs réserves. La pénurie d’eau se fait durement sentir. En moyenne annuelle, la région reçoit près de 22 centimètres de pluie de juin à août; cet été, elle a reçu un peu moins de 8 centimètres.
Selon des chercheurs en climatologie de l’université d’Alaska à Fairbanks, de tels scénarios deviendront de plus en plus fréquents avec le réchauffement climatique, mais cela ne signifie pas pour autant qu’une telle sécheresse se produira chaque année.
Dans la Péninsule de Kenai, le réservoir d’eau de Nanwalek ne contient que 210 000 litres, autrement dit moins de deux jours d’approvisionnement en temps normal, lorsque le village consomme environ 115 000 litres par jour. Chaque jour, les autorités locales coupent l’eau la nuit, entre 21 heures et 9 heures. Comme l’eau stagne dans les citernes la nuit, il est conseillé aux habitants de faire bouillir leur eau pour éviter toute contamination.
Comme Nanwalek, Seldovia, à 15 kilomètres au nord-est, n’a reçu qu’une fraction de ses précipitations normales. De juin à août, le village de 220 habitants en temps normal a reçu un peu moins de 4 centimètres de précipitations, contre une moyenne d’environ 14 centimètres. Le 5 septembre 2019, Seldovia avait pour environ 16 jours et demi d’eau dans son réservoir. Pour l’économiser, les gens utilisent de l’eau non potable pour des usages non alimentaires comme la lessive. L’école a désactivé la chasse automatique dans les toilettes et a imité les restaurants en utilisant des assiettes et des couverts jetables.
Selon le National Weather Service, il devrait pleuvoir au cours de la fin de semaine sur les zones arides du centre-sud, notamment sur les deux villages, mais il ne devrait pas s’agir de précipitations abondantes. La semaine prochaine devrait revenir à des conditions plus sèches. Dans l’ensemble, il semblerait que la région commence à retrouver un peu d’humidité, mais le déficit en eau persistera cette année.
Source: Anchorage Daily News.

————————————————-

As I put it before (see my posts of 4 and 6 July 2019), Alaska went through a severe heatwave this summer, a situation that had never been seen before. The consequence is that several regions are suffering from a drought and a lack of water. In one Alaska village, officials are shutting off the public water supply 12 hours each day. In another, automatic flush toilets have been switched to manual flushing, and restaurants are serving meals on paper plates.

Alaska’s hot, dry summer has led to extreme measures in the Native communities of Nanwalek and Seldovia in the Kenai Peninsula, prompting regional officials to issue a disaster declaration.

The arid conditions are more widespread in the State, exacerbated by wildfires still burning. Anchorage is still fielding smoke drifting from a major wildfire that has been burning for several weeks in the Kenai Peninsula. The city has plenty of water in its system, unlike a handful of small communities that rely on snow melt and rain like Nanwalek and Seldovia to fill their reserves. Their water shortages are acutely felt. In an average year, the area receives nearly 22 centimetres of rain from June to August; this summer, it received slightly less than 8 centimetres.

According to climate researchers at the University of Alaska Fairbanks, such scenarios could become more common with climate warming, but that doesn’t mean it will happen every year.

In the Kenai peninsula, Nanwalek’s water tank has only 55,000 gallons in it, less than a two-day supply in normal times when the village goes through about 30,000 gallons a day. So local leaders are shutting off the water system between 9 p.m. and 9 a.m. daily. Because the tanked reserve is standing still at night, residents must boil their water to ward off possible contamination.

Seldovia, 15 kilometres to the northeast, also received a fraction of its normal rainfall. From June to August, the community of about 220 fulltime residents received slightly about 4 centimetres, compared with the average of about 14 centimetres. Seldovia has about 16½ days of water left in its reservoir, as of September 5th. To conserve, people are using non-potable water for nonfood uses like laundry. The school has turned off the automatic flushing in toilets and joined restaurants by using disposable plates and utensils.

Over the weekend, some rain is forecast for parched south-central areas, including the two villages, but it is not expected to be a super wet storm, according to the National Weather Service.

Next week is expected to return to drier conditions. Overall, however, the area is expected to begin a wetter pattern, but it won’t be as wet as expected this time of year.

Source : Anchorage Daily News.

Vue de la Péninsule de Kenai, durement touchée par la sécheresse et les incendies de forêt cet été (Source: Google Maps)

De la pluie artificielle bientôt en France? // Artificial rain soon in France ?

Après plus de six semaines sans pluie, l’Indonésie commencera bientôt à ensemencer les nuages ​​afin de déclencher des précipitations. On espère que cela permettra de mettre fin à la vague de sécheresse provoquée par El Niño qui a mis en danger plus de 200 kilomètres carrés de cultures et donc de récoltes. Les autorités indonésiennes ont déclaré que les cultures à risque sont estimées à 215 millions de dollars, une perte qui pourrait causer une importante instabilité alimentaire dans la région.
Les autorités indonésiennes ont indiqué qu’elles allaient injecter des cristaux de sel dans les nuages ​​à la fin du mois d’août. Le sel attire naturellement l’eau et lorsque les particules deviennent saturées et lourdes, elles tombent du ciel sous forme de gouttes de pluie. L’Indonésie a déjà utilisé l’ensemencement des nuages ​​pour lutter contre le brouillard ​​lié aux incendies de forêts en 2015 et pour faire face aux inondations à Jakarta en 2013. Les nuages ont alors déversé leur pluie sur l’océan avant d’atteindre la capitale.
La prochaine opération d’ensemencement des nuages se déroulera à Jakarta et à Kupang, capitale de la province de Nusa Tenggara Est, dans le but de générer des pluies sur Java, Bali, Nusa Tenggara Ouest et Nusa Tenggara Est. Selon le Jakarta Post, au moins 100 juridictions sont touchées par la sécheresse actuelle, y compris d’importantes zones de production de riz.
L’ensemencement  des nuages ​​a été testé pour la première fois dans les années 1940 et est devenu de plus en plus fréquent au cours des dernières décennies. Le Sri Lanka a eu recours à cette technique pour provoquer la pluie au début de cette année afin de lutter contre la sécheresse, mais l’entreprise ne fut pas couronnée de succès. Les Émirats Arabes Unis ont mené à bien près de 20 missions d’ensemencement de nuages ​​sur une période de deux semaines en février. Plus de 50 pays utilisent actuellement l’ensemencement des nuages ​​pour modifier les conditions météorologiques.
Bien que la technique soit utilisée depuis près de 80 ans, les scientifiques se posent toujours des questions sur l’efficacité de l’ensemencement des nuages ​​et sur ses effets à long terme. Un rapport publié en 2003 par la National Academy of Sciences a révélé qu’il existait peu de preuves de l’efficacité de l’ensemencement des nuages et sur l’aptitude de la technique à provoquer des précipitations. Cependant, une expérience récente réalisée par des scientifiques de l’Université du Colorado et consistant  envoyer des doses d’iodure d’argent dans des nuages a provoqué des chutes de neige dans les montagnes du sud-ouest de l’Idaho.
Il convient de noter qu’un épais brouillard a actuellement envahi Palembang en raison des nombreux incendies de forêt dans les régions voisines. Le brouillard a réduit la visibilité et perturbe les activités quotidiennes dans la capitale provinciale. Le problème est que les méthodes d’ensemencement des nuages pour créer des pluies artificielles ne sont pas efficaces dans ces conditions.
Source: The Jakarta Post.

Avec la sécheresse actuelle en France et les vagues de chaleur à répétition susceptibles de se produire à l’avenir, je ne serais pas surpris que le gouvernement français décide bientôt de recourir à l’ensemencement des nuages ​​pour faire pleuvoir sur les cultures. Mais il faudrait pour cela que des nuages apparaissent dans le ciel qui est souvent resté désespérément  bleu en France cet été…

——————————————

After more than six weeks without rain, Indonesia will soon start cloud seeding in an effort to kickstart precipitation and end an El Niño-driven drought that has put 50,000 acres of crops at risk of harvest failure.Indonesian officials said the at-risk crops are worth an estimated 215 million dollars, a loss that could cause significant food instability in the region.

Indonesian authorities said they will send salt flares into passing clouds as early as the end of August. Salt naturally attracts water, and as the particles become saturated and heavier, they fall from the sky as raindrops. Indonesia previously used cloud seeding to fight fire-related haze in 2015 and to reduce flooding in Jakarta in 2013, by forcing clouds to release their rain over the ocean before reaching the capital city.

The country’s newest cloud-seeding operation will take place in Jakarta and Kupang, the provincial capital of East Nusa Tenggara, with the aim of generating rain over Java Island, Bali, West Nusa Tenggara, and East Nusa Tenggara. According to The Jakarta Post, at least 100 jurisdictions across the country are being affected by the current drought, including important rice-producing areas.

Cloud seeding was first tested in the 1940s and has become increasingly popular over the past few decades. Sri Lanka used the geoengineering technique to induce rain earlier this year to fight drought, though unsuccessfully. The United Arab Emirates completed nearly 20 cloud-seeding missions over a two-week period in February. More than 50 countries currently use cloud seeding to alter weather.

Despite nearly 80 years of use, however, there is still debate among scientists over cloud seeding’s effectiveness and long-term impacts. A 2003 report by the National Academy of Sciences found little evidence that cloud seeding has a statistically significant impact on rainfall. But a recent experiment, which involved dropping canisters of silver iodide into clouds, by scientists at the University of Colorado induced snowfall in the mountains of southwestern Idaho.

It should be noted that thick smog has currently engulfed Palembang as a result of increased wildfires in nearby regencies and cities. The smog has decreased visibility and started disrupting daily activities in the provincial capital over the weekend. The problem is that weather modification methods to make artificial rain are not effective in this condition.

Source: The Jakarta Post.

With the current drought in France and the repetitive heat waves likely to happen in the future, I would not be surprised if the French government soon decided to resort to cloud seeding to drop some water on the crops. But you need clouds to seed them and the sky has often been all blue in France this summer…

Principe de l’ensemencement des nuages par un projecteur de particules au sol ou en avion (Source: Wikipedia)

Une pénurie d’eau menace la planète // The shortage of water: A threat to our planet

Selon le dernier rapport du World Resources Institute (WRI) paru le 6 août 2019, près du quart de la population mondiale, réparti dans 17 pays, est en situation de pénurie hydrique grave. Selon le WRI, on s’approche à grands pas du « Jour Zéro » où plus aucune eau ne sortira du robinet. Vous pourrez lire le rapport (en anglais) du WRI en cliquant sur ce lien :

https://www.wri.org/blog/2019/08/17-countries-home-one-quarter-world-population-face-extremely-high-water-stress

Le rapport du WRI débute avec l’exemple des réservoirs de Chennai, la sixième plus grande ville de l’Inde, qui sont presque à sec. L’année dernière, les habitants du Cap, en Afrique du Sud, ont évité de peu le « Jour Zéro » où plus aucune eau ne sort robinets. Sans oublier Rome (Italie) qui, en 2017, a dû  rationner l’eau afin de l’économiser.

Le WRI explique qu’aujourd’hui près du quart de la population mondiale vivant dans 17 pays est confrontée à une situation de pénurie d’eau « extrêmement élevée. » Personne n’ose en parler, mais une pénurie d’eau à grande échelle deviendra inévitablement source de migrations de populations et de conflits. Le rapport du WRI précise que les prélèvements hydrauliques dans le monde ont plus que doublé depuis les années 1960 en raison d’une demande croissante qui ne montre aucun signe de ralentissement. Les pays les plus concernés se situent au Moyen-Orient et en Afrique du Nord avec à leur tête le Qatar, Israël, le Liban ou encore l’Iran.

A côté des pays du Moyen Orient, l’Inde souffre de la pire crise de l’eau de son histoire et des millions de vies et de moyens de subsistance sont menacés. La population du pays, particulièrement nombreuse, demande énormément de ressources. Les eaux en surfaces mais également les eaux souterraines y sont gravement surexploitées.

Selon le WRI, la France occupe la 59ème place dans le classement des pays les plus touchés par une pénurie hydraulique. Le pays se situe dans la catégorie à risque « moyen-élevé ». Mais le rapport souligne que même si certains Etats semblent moins concernés que d’autres, il peut exister des zones de pénurie extrême en leur sein. C’est ce que nous constatons actuellement en France avec la sécheresse extrême qui affecte certaines régions.

Le rapport du WRI indique que, « comme pour tout défi, les perspectives de la pénurie d’eau dépendent de la direction stratégique opérée par chaque Etat. »  Il souligne que certains pays ont commencé à sécuriser leurs ressources hydrauliques grâce à une gestion appropriée. Ainsi, l’Arabie saoudite facture l’eau pour inciter à la conservation. La Namibie, l’un des pays les plus arides du monde, transforme les eaux usées en eau potable depuis 50 ans. L’Australie a presque réduit de moitié l’utilisation de son eau domestique pour éviter le fameux « Jour Zéro ».

Dans la conclusion de son rapport, le WRI explique qu’il existe des tendances indéniablement inquiétantes dans le domaine de l’eau. Toutefois, « en prenant des mesures dès maintenant et en investissant dans une meilleure gestion, nous pouvons résoudre les problèmes liés à l’eau pour le bien des personnes, des économies et de la planète. »

Source : World Resources Institute (WRI).

——————————————————-

According to the latest World Resources Institute (WRI) report released on August 6th, 2019, almost a quarter of the world’s population, spread across 17 countries, is experiencing severe water scarcity. According to WRI, we are getting close to « Day Zero » when no more water will come out of the tap. You can read the WRI report by clicking on this link:

https://www.wri.org/blog/2019/08/17-countries-home-one-quarter-world-population-face-extremely-high-water-stress

The WRI report begins with the example of the water reservoirs of Chennai, the sixth largest city in India, which are almost dry. Last year, people in Cape Town, South Africa, narrowly avoided « Day Zero » when no more water comes out of the taps. Not to mention Rome (Italy) which, in 2017, had to ration the water in order to save it.

WRI explains that today almost a quarter of the world’s population living in 17 countries is facing a situation of « extremely high water scarcity. » Nobody dares to talk about it, but a large-scale water shortage will inevitably become a source of population migration and conflict. The WRI report states that water withdrawals worldwide have more than doubled since the 1960s due to growing demand that shows no signs of slowing down. The most affected countries are in the Middle East and North Africa headed by Qatar, Israel, Lebanon and Iran.

Alongside the Middle East countries, India suffers from the worst water crisis in its history and millions of lives and livelihoods are threatened. The country’s population, which is particularly large, requires a great deal of resources. The surface waters but also the groundwater are seriously over-exploited.

According to WRI, France ranks 59th among the countries most affected by a hydraulic shortage. The country is in the « medium-high » risk category. But the report points out that even though some states seem less concerned than others, there may be areas of extreme scarcity within them. This is what we are currently seeing in France with the extreme drought affecting certain regions.

The WRI report states that « as with any challenge, the prospects for water scarcity depend on the strategic direction of each state”. It points out that some countries have started to secure their water resources through proper management. Thus, Saudi Arabia charges water to encourage conservation. Namibia, one of the driest countries in the world, has been turning wastewater into drinking water for 50 years. Australia has almost halved the use of its domestic water to avoid the famous « Day Zero ».

In the conclusion of the report, WRI explains that there are undeniably worrying trends in the water sector. However, « by taking action now and investing in better management, we can solve water-related problems for the good of people, economies and the planet. »

Source: World Resources Institute (WRI).

 

Le réchauffement climatique en Creuse

Le Limousin avec son Plateau de Millevaches (autrement dit le plateau des mille sources) est réputé pour être le château de la France. Avec le réchauffement climatique et la sécheresse qui l’accompagne, ce n’est plus vrai et la Creuse en est le parfait exemple. Le département vient d’être mis en état de « sécheresse renforcée » par la préfecture, avec toutes les restrictions que cela suppose. Au train où vont les choses, l’élevage qui reste la principale ressource économique du département, va rencontrer de très grosses difficultés.

Dans l’est du département à Lussat, l’étang des Landes est un exemple de cette sécheresse catastrophique. La station de radio France Bleu Creuse explique que le plan d’eau rétrécit comme peau de chagrin. D’une superficie de 100 hectares, c’est une superbe réserve naturelle ornithologique. Les spécialistes affirment qu’il pourrait se retrouver à sec à la fin du mois de juillet.

Avec le soleil, le vent et la sécheresse, le niveau baisse d’un centimètre par jour, laissant apparaître de vastes plages de sable bordées d’une eau stagnante aux algues vertes. La situation est facile à comprendre : moins il y a d’eau, plus elle se réchauffe, et plus elle se réchauffe, plus elle s’évapore. Le phénomène ne fait que s’accélérer. On ne peut compter que sur la pluie pour inverser la tendance, mais les prévisions à long terme ne la voient pas venir.

Les conséquences sur la faune se font sentir depuis plusieurs semaines. Certains oiseaux sont déjà partis: Les hérons pourprés et les marouettes ne sont mêmes pas venus nicher car il n’y a plus assez de marécages pour eux.  Cette situation convient mieux en revanche aux échasses blanches, vanneaux huppés et petits gravelots qui apprécient les grands bancs de sable. En revanche, on redoute les semaines à venir pour tous les batraciens et amphibiens.

Chaque semaine un pisciculteur vient récupérer au filet les poissons de l’étang pour les mettre à l’abri dans ses bassins. Il ne reste plus que des tanches et des gardons car les brochets n’ont pas survécu à l’épisode de canicule. Quand l’eau dépasse 29°C, cette espèce ne survit pas.

 La végétation autour de l’étang souffre elle aussi. Les chênes se dessèchent et beaucoup d’arbres vont mourir. C’est tout le paysage creusois qui est en train de changer.

Source : France Bleu Creuse.

Photo: C. Grandpey

La sécheresse en Limousin et la centrale nucléaire de Civaux (Vienne) // Drought in Limousin and the nuclear plant of Civaux (Vienne)

Il y a quelque temps, j’avais lancé une alerte sur ce blog. Au vu des relevés pluviométriques de la station météorologique de Limoges-Bellegarde, j’expliquais que le lac de Vassivière sur le Plateau de Millevaches risquait fort de connaître des difficultés pendant l’été 2019, surtout si la sécheresse actuelle devait continuer. Je précisais que des lâchers d’eau se font régulièrement en période de sécheresse pour permettre d’augmenter le débit de la Vienne qui, à son tour, refroidit les réacteurs de la centrale nucléaire de Civaux dans le département voisin de la Vienne.
Un article paru dans Le Populaire du Centre le 1er juin 2019 semble me donner raison. En effet, des scientifiques et des responsables politiques au sein de l’agglomération de Limoges envisagent très sérieusement un ralentissement, voire une mise à l’arrêt, de la production d’électricité à la centrale de Civaux dans un futur proche avec toutes les conséquences que cela implique. Le journaliste auteur de l’article écrit que le scénario semble relever de la science-fiction, mais ce n’est pas forcément le cas. Cette éventualité sensible a été débattue en mars 2019 lors d’une réunion du conseil d’administration de l’établissement public territorial du bassin de la Vienne. La réunion se tenait à Lussac-les-Châteaux (Vienne), à quelques kilomètres de la centrale. L’un des intervenants a déclaré::« S’il ne pleut pas plus, nous allons être confrontés à une problématique importante. Nous pouvons dire que c’est la première fois que nous sommes placés face à une situation de cette gravité. »
Le 3 juillet prochain, le conseil syndical de l’établissement public territorial du bassin de la Vienne se réunira et devra prendre la décision.
Si besoin était, ce type d’événement nous confirme chaque jour un peu plus que le réchauffement climatique n’est pas une vue de l’esprit.
Source: Le Populaire du Centre.

——————————————-

Some time ago, I launched an alert on this blog. In view of the rainfall records of the weather station at Limoges-Bellegarde, I explained that Lake Vassivière on the Plateau de Millevaches was likely to experience difficulties during the summer of 2019, especially if the current drought was to continue. I specified that water releases are done regularly in times of drought to allow to increase the flow of the Vienna which, in turn, cools the reactors of the Civaux nuclear plant in the neighboring department of Vienne.
An article published in Le Populaire du Centre on 1 June 2019 seems to prove me right. Indeed, scientists and politicians in the agglomeration of Limoges are seriously considering a slowdown, or even a shutdown, of electricity production at the Civaux plant in the near future with all the consequences. that implies. The author of the article writes that the situation looks like science fiction, but that is not necessarily the case. This sensitive event was debated in March 2019 at a meeting of the board of directors of the territorial public body of the Vienne basin. The meeting was held in Lussac-les-Châteaux (Vienne), a few kilometres from the plant. One of the speakers said: « If it does not rain anymore, we will be confronted with an important problem. We can say that this is the first time that we are facing a situation of this gravity.  »
On July 3rd, the board of directors will meet again and make the decision.
If needs be, this type of event confirms a little more every day that global warming is not a view of the mind.
Source: Le Populaire du Centre.

Source: Wikipedia

 

Vague de chaleur et de sécheresse en Alaska // Hot and dry days in Alaska

Comme je l’ai déjà écrit, tout l’Arctique souffre du réchauffement climatique. Le sud-est de l’Alaska en particulier traverse une période chaude et sèche. À partir du 17 mars 2019, une ou plusieurs localités de la région ont connu des températures record pendant 16 jours consécutifs. Au total, 26 sites du sud-est de l’Alaska ont connu des niveaux de température record en mars.
Parallèlement à la chaleur, de nombreuses régions du sud-est connaissent une sécheresse qui n’en finit pas. Juneau a connu le 19 mars le plus sec de son histoire, après plus d’une année de faibles précipitations. À l’aéroport international de la ville, qui reçoit habituellement une trentaine de centimètres de neige en mars, seule une mince couche a recouvert le sol pendant le mois cette année. Sur l’ensemble de l’hiver,  il est tombé environ 1,30 mètre de neige à l’aéroport, contre 2,16 mètres habituellement.

Une des conséquences les plus évidentes du manque de pluie est le risque d’incendie. Les personnes qui font brûler des détritus doivent s’assurer d’avoir un tuyau d’arrosage ou une pelle à proximité en cas de problème. Elles doivent également ne pas faire un feu de plus de 3 mètres de diamètre et veiller à ne pas faire de feu en période de vent fort.
En ce qui concerne les semaines à venir, avril est historiquement le mois le plus sec à Juneau. En avril, les précipitations sont en moyenne de 7,35 centimètres dans la capitale. Le mois a commencé par une bonne nouvelles Le distributeur d’électricité Alaska Electric Light and Power vient d’annoncer que, après des mois de déconnexion de certains de ses clients en raison du faible niveau d’eau dans les barrages, il est de nouveau possible de les reconnecter. Les niveaux d’eau sont revenus à la normale, en partie grâce à la fonte de la neige. Cependant, on ne sait pas si les niveaux d’eau resteront élevés cet été ou s’il ne s’agit que d’une hausse temporaire due à la fonte de la neige.
Source: Juneau Empire.

————————————————

As I put it before, the whole Arctic is suffering from global warming. Southeast Alaska in particular is going through a hot period. Starting March 17th, 2019, one or more locations in the region have seen record high temperatures for 16 days in a row. All told, there were 26 sites in Southeast Alaska that experienced record highs in March.

Along with the heat, many areas in Southeast are experiencing an extended drought. Juneau experienced its 19th driest March on record, following up on more than a year of low precipitation. At the Juneau International Airport which usually sees about 30 centimetres of snow in March, only a thin layer fell during the month this year. For the winter season, 130 centimetres of snow have fallen at the airport. It is almost certain that the snow season will finish well short of its usual average of 216 centimetres.

One of the most obvious consequences of lower precipitation is the higher risk of fire.  People who are going to burn their trash should make sure thry have an extinguishing method such as a garden hose or a shovel. They should also keep the fire under 3 metres in diameter and make sure not to have a fire when the wind strong.

As far as the coming weeks are concerned, April is historically Juneau’s driest month. The capital city gets an average of 7.35 centimetres of precipitation in April per year. The month began with a bit of good news. Alaska Electric Light and Power has just announced that after months of disconnecting some of its customers due to low water levels, there is enough hydropower to reconnect them. Water levels have returned to normal, in part because of melting snow. However, it is not clear whether water levels will remain high for the summer or if this is just a temporary rise due to melting snow.

Source : Juneau Empire.

Vues de Juneau et du Mendenhall Glacier à proximité de la capitale de l’Alaska (Photos: C. Grandpey)

 

On va avoir soif cet été !

Je suis toujours surpris de voir les présentateurs des bulletins météo se réjouir quand une longue période de grand beau temps se profile à l’horizon, alors que nous traversons en Limousin une période de sécheresse qui risque de se prolonger au cours des prochains mois.

N’ayez pas la mémoire courte ! L’automne et l’hiver 2017-2018 avaient été copieusement arrosés et, malgré cela, la chaleur de l’été 2018 commençait à poser des problèmes. Le niveau du lac de Vassivière avait beaucoup baissé car il fallait compenser le faible débit de la Vienne pour refroidir les réacteurs de la centrale nucléaire de Civaux. Comme on le dit volontiers dans notre région, il faut mille vaches pour alimenter six veaux….

Voici les chiffres de pluviométrie fournis par la station météo de Limoges-Bellegarde pour la période octobre 2017 – mars 2018 d’une part, et pour la période octobre 2018 – mars 2019 d’autre part. Vous allez vite réaliser pourquoi je sui pessimiste.

Octobre 2017 : 38,7 mm  / Octobre 2018 : 31,1 mm

Novembre 2017 : 89,7 mm  /  Novembre 2018 : 74,3 mm

Décembre 2017 : 141,1 mm  /  Décembre 2018 : 132,2 mm

Janvier 2018 : 195,7 mm  /  Janvier 2019 : 82,3 mm

Février 2018 : 66,8 mm  / Février 2019 : 38,8 mm

Mars 2018 : 137,8 mm  /  Mars 2019 : 68,3 mm

Par rapport à la période précédente, nous sous trouvons actuellement avec un déficit de 242,8 mm, ce qui est considérable.

Lorsqu’il a plu ces derniers temps, le niveau des ruisseaux a rebaissé très vite, ce qui montre que les sources n’ont pas un débit abondant. Cette situation a été confirmée par les agriculteurs qui craignent des semaines difficiles pour leur bétail.

Les climatologues misent sur un été 2019 chaud car El Niño a refait surface dans le Pacifique oriental. Cette situation génère en général des étés chauds en Europe occidentale.

Contrairement aux idées reçues, le Limousin et son Plateau de Millevaches (mille sources) ne sont pas un immense château d’eau. Les ressources sont superficielles et de plus en plus fragiles, notamment à cause des sécheresses à répétition. Les autorités locales commencent à se poser des questions sur les solutions à adopter pour faire face à une pénurie d’eau dans les années à venir.

Une solution pourrait être d’interconnecter les différents réseaux d’eau ou bien procéder à de nouveaux captages. On se rend compte aujourd’hui que le réseau d’eau est vétuste et demande à être modernisé afin de réduire les pertes. Certains suggère la mise en place de nouvelles réserves, voire un nouveau barrage.

Le temps presse. Les effets du changement climatique se font déjà sentir en Limousin et en Creuse en particulier. Alors que le mois d’avril n’a pas encore commencé, le département a été placé par la préfecture en vigilance sécheresse il y a une dizaine de jours.

Source : Météo France, presse locale.

Relevés de la station météo de Limoges-Bellegarde pour le mois de mars. On remarque le très net déficit pluviométrique.