Le méthane du Svalbard (suite) // Svalbard methane (continued)

Concentrations de CO2 : 425,03 ppm (22 septembre 2026)              

Concentrations de CH4 : 1939.44 ppb (mai 2026)

Dans une note publiée le 6 janvier 2024, j’expliquais que les missions scientifiques effectuant des forages dans le sol gelé du Svalbard, à la recherche de combustibles fossiles, rencontraient souvent par accident des poches de gaz naturel, mais l’ampleur de ces réserves reste inconnue. Les auteurs d’une étude publiée en décembre 2023 dans la revue Frontiers in Earth Science ont utilisé des données historiques issues de forages commerciaux et scientifiques pour cartographier le pergélisol de l’archipel et localiser ces gisements de gaz naturel. Vous trouverez ma publication à cette adresse :
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/01/06/le-methane-du-svalbard-un-autre-danger-pour-la-planete-svalbard-methane-another-danger-for-the-planet/

Une nouvelle étude publiée en septembre 2026 dans Nature Communications révèle que la fonte des glaciers de l’archipel du Svalbard libère du méthane emprisonné depuis longtemps. Les auteurs démontrent que les cours d’eau issus de la fonte des glaciers libèrent du méthane auparavant piégé dans la roche sous-jacente. La fonte glaciaire peut faire apparaître et activer des voies jusqu’alors dissimulées, permettant à ce puissant gaz à effet de serre de s’échapper dans l’atmosphère. L’étude met en évidence une boucle de rétroaction : les émissions de gaz à effet de serre ont contribué à la fonte des glaciers, et cette fonte est susceptible d’accentuer la hausse des températures en libérant ce gaz.
Les scientifiques ont examiné 19 cours d’eau alimentés par des glaciers au Svalbard et ont prélevé 148 échantillons d’eau. Du méthane était présent dans tous les cours d’eau analysés ; certaines mesures révèlent des concentrations jusqu’à 425 fois supérieures à ce que le seul contact avec l’atmosphère aurait pu expliquer.
Les chercheurs ont déterminé que la majeure partie de ce méthane n’était pas produite par des microbes sous la glace, phénomène observé sous certains glaciers du Groenland. Une grande partie du gaz semble plutôt liée à la géologie du Svalbard, notamment à des couches de schiste riches en carbone organique ancien, capables de générer du méthane sur des millions d’années.
Le processus de libération de ce méthane semble s’amorcer lorsque l’eau de fonte de surface s’écoule par des ouvertures dans la glace jusqu’au soubassement du glacier. Comme indiqué plus haut, cette eau de fonte rejoint la base des glaciers en empruntant des crevasses et des orifices. Cela signifie qu’elle interagit avec les roches sous-jacentes ; lorsque ces roches contiennent du gaz ancien, l’eau peut entraîner le méthane vers les rivières.

Les eaux de rivière les plus riches en méthane proviennent de glaciers situés au-dessus de formations rocheuses riches en schiste, mais la nature du substrat rocheux ne suffit pas à expliquer le phénomène. L’état de la base du glacier joue également un rôle crucial. Les bases actives, humides et dégelées sont bien plus efficaces pour capter le méthane que les glaciers gelés en contact avec sol sous-jacent. Les rejets de méthane les plus importants se produisent lorsque la configuration géologique et les conditions glaciaires sont réunies de manière optimale.
Pour étudier ce processus au Svalbard, les chercheurs ont associé des analyses chimiques des eaux fluviales avec des relevés par géoradar ; ces derniers ont permis de déterminer l’état de la glace et d’estimer quelle proportion de la base de chaque glacier était suffisamment dégelée pour permettre la circulation de l’eau. Les chercheurs ont estimé que les glaciers du Svalbard se terminant sur terre peuvent transporter chaque année entre 182 et 368 tonnes de méthane via les eaux de fonte.
Ces résultats pourront aider les scientifiques à élaborer des modèles climatiques plus précis et à identifier les régions les plus vulnérables face aux transformations des environnements gelés induites par le réchauffement climatique. En effet, ce qui se passe au Svalbard s’inscrit dans un phénomène plus vaste touchant les régions polaires, où la fonte des glaces révèle diverses menaces climatiques. Ainsi, près du fleuve Mackenzie au Canada, les émissions de carbone s’intensifient à mesure que les eaux de ruissellement issues du pergélisol se déversent dans l’océan Arctique. Dans l’Arctique, d’anciens agents pathogènes refont surface au moment où le dégel des sols met à nu de la matière biologique ancienne. Sur les plateformes de glace de l’Antarctique, des algues assombrissent la surface et accentuent la fonte. Ces exemples illustrent l’importance des recherches sur les fuites de méthane liées à la fonte des glaciers. Les enjeux dépassent largement le cadre d’un seul archipel. À mesure que la glace recule et que le dégel pénètre plus profondément dans le sol, des problèmes autrefois invisibles peuvent se transformer en menaces climatiques d’ampleur mondiale.
Source : The Cool Down (TCD) via Yahoo News.

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In a post released on January 6, 2024, I explained that missions that involve drilling into the frozen soil of Svalbard, in search of fossil fuels, often hit pockets of natural gas by accident, but the extent of these reserves was unknown. The authors of a study published in December 2023 in the journal Frontiers in Earth Science used historical data from commercial and scientific boreholes to map the permafrost throughout Svalbard and pinpoint these stores of natural gas. My post can be fou,d at this address :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/01/06/le-methane-du-svalbard-un-autre-danger-pour-la-planete-svalbard-methane-another-danger-for-the-planet/

A new study published in September 2026 in Nature Communications informs us that melting glaciers in the Svalbard archipelago are releasing long-trapped methane. Its authors show that rivers of meltwater flowing from the shrinking glaciers are releasing methane previously trapped in the bedrock beneath the ice. Glacier melt can uncover and activate once-concealed routes that let this potent greenhouse gas reach the atmosphere. The work points to a feedback loop, since greenhouse gas emissions have contributed to glacier melting and now glacier melting could contribute further to rising temperatures by releasing the gas.

Scientists described examining 19 glacier-fed rivers in Svalbard to collect 148 water samples. Methane was present in every river they tested, and some readings showed levels up to 425 times higher than could be explained by contact with the atmosphere alone.

The researchers determined that most of this methane was not being generated by microbes under the ice, a phenomenon observed beneath some Greenland glaciers. Instead, much of the gas appears to be associated with Svalbard’s geology, particularly shale layers rich in ancient organic carbon that can generate methane over millions of years.

The process by which this methane is being released seems to begin when surface meltwater drops through openings in the ice down to the glacier bed. This meltwater finds its way to the bottom of the glaciers through crevasses and holes. This means that it interacts with the rocks underneath, and where those rocks contain ancient gas, the water can flush methane out into rivers.

The methane-richest river water came from glaciers positioned above shale-heavy rock formations, but the bedrock itself did not tell the whole story. The state of the glacier bed was also important. Thawed, wet, active beds are much better at taking up methane than glaciers that were frozen solid to the ground beneath them. The biggest methane releases happen where the right rocks and the right glacier conditions come together.

To investigate the process in Norway, the researchers paired river-chemistry measurements with ground-penetrating radar surveys that revealed ice conditions and helped estimate how much of each glacier bed was thawed enough to carry water. The researchers estimated that land-terminating glaciers across Svalbard may move roughly182 to 368 tonnes of methane each year through meltwater.

The findings could help scientists build more accurate climate models and identify which regions may be most vulnerable as warming reshapes frozen environments. Indeed, what is happening in Svalbard is part of a wider pattern in polar regions, where thawing ice is revealing a range of climate threats. Near Canada’s Mackenzie River, carbon release is intensifying as permafrost runoff pours into the Arctic Ocean. In the Arctic, ancient pathogens are resurfacing as thawing grounds expose old biological material. On Antarctic ice shelves, snow algae is darkening the surface and reinforcing melt. These examples help to show why research into methane escaping through melting glaciers could matter well beyond one archipelago. As ice retreats and thaw reaches deeper into the ground, problems that were once hidden could become climate threats with global reach.

Source : The Cool Down (TCD) via Yahoo News.

La planète est en train de vider son compte épargne d’eau douce // The planet is draining its freshwater savings account

Concentrations de CO2 : 426,06 ppm (18 septembre 2026)             

Concentrations de CH4 : 1939.44 ppb (mai 2026)

Il y a quelques jours, j’expliquais qu’une « guerre de l’eau » était inévitable au vu de la situation hydrique sur Terre. Mon message d’alerte trouve un écho dans la présentation par la Secrétaire générale de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM), le 17 septembre 2026, du dernier rapport sur l’état des ressources en eau à l’échelle de la planète.

Selon le nouveau rapport de l’OMM, les réserves d’eau douce sur Terre baissent de façon persistante depuis 2014-2016. « Nous sommes en train de vider nos réserves », se désole sa Secrétaire générale.

Le rapport explique que les réserves mondiales d’eau douce diminuent depuis une dizaine d’années, et dresse un constat très inquiétant sur notre accès à l’eau douce dans le futur, lié à notre gestion désastreuse de cette ressource et aux conséquences directes du réchauffement climatique.

Le rapport montre que 2025 a été l’une des années les plus sèches de ces 35 dernières années en matière de débits fluviaux à l’échelle mondiale. Les débits ont été inférieurs à la normale sur 36 % de la superficie des bassins fluviaux de la planète. Il s’agit également de la septième année consécutive au cours de laquelle les cours d’eau affichant des débits proches de la normale sont restés clairement minoritaires.

 Le niveau actuel du Rhin pose des problèmes à la navigation

Nappes phréatiques, glaciers, neige, humidité des sols, lacs et autres réserves d’eau douce stockées sur les terres servent de tampon pendant les sécheresses et les saisons sèches. Ils constituent un « compte d’épargne » de la planète, mais nous sommes en train de l’épuiser.

En 2025, près des deux tiers des puits d’eau souterraine surveillés se situaient en dehors de leur fourchette normale. Le plus frappant reste la fonte des glaciers, qui agissent comme des châteaux d’eau naturels. Pour la quatrième année consécutive, toutes les grandes régions glaciaires de la planète ont enregistré une perte de glace. Ces trois dernières années, les glaciers ont perdu 1 400 gigatonnes de glace, soit l’équivalent de 30 % de toute l’eau douce prélevée chaque année sur la planète.

Le rapport de l’OMM explique que le cycle de l’eau est devenu plus irrégulier et imprévisible. Les catastrophes se multiplient, notamment en Afrique et en Asie qui dénombrent plus de 80 % des décès. La dernière catastrophe au Népal est un exemple criant de la situation. L’agence météo de l’ONU n’est pas optimiste pour les mois à venir. Le risque d’inondation et de sécheresse risque de s’accroître avec El Niño qui est particulièrement puissant cette année.

Dans la conclusion de son rapport, l’OMM souligne que les changements observés ne peuvent être attribués au seul réchauffement climatique ; la pression exercée sur les ressources en eau et la variabilité naturelle jouent également un rôle. Les gouvernements doivent désormais se préparer à une « évolution des références », les données historiques étant de moins en moins fiables pour anticiper les conditions à venir. « La situation d’il y a 30 ans n’est plus celle d’aujourd’hui. » Pour l’OMM, il faut désormais renforcer la surveillance, partager davantage les données et développer les systèmes d’alerte précoce pour permettre aux pays de s’adapter à des conditions hydrologiques qui ont déjà profondément changé.

Vous trouverez le rapport de l’OMM à cette adresse :

https://news.un.org/fr/story/2026/09/1159487

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A few days ago, I explained that a « water war » was inevitable given the global water situation. My warning is confirmed by the latest report on the state of global water resources, presented on September 17, 2026, by the Secretary-General of the World Meteorological Organization (WMO).
According to the new WMO report, Earth’s freshwater reserves have been steadily declining since the 2014–2016 period. « We are draining our reserves, » the Secretary-General lamented.
The report explains that global freshwater reserves have been shrinking for about a decade and paints a deeply worrying picture regarding future access to freshwater, a situation driven by our disastrous management of this resource and the direct consequences of global warming.
The report reveals that 2025 was one of the driest years of the last three and a half decades in terms of global river discharge. Flow rates were below normal across 36% of the planet’s river basin areas. It also marked the seventh consecutive year in which rivers with near-normal flow rates remained a distinct minority.
Groundwater aquifers, glaciers, snow, soil moisture, lakes, and other land-based freshwater reserves act as buffers during droughts and dry seasons. They serve as the planet’s « savings account, » yet we are depleting it.
In 2025, nearly two-thirds of monitored groundwater wells fell outside their normal range. Most striking of all is the melting of glaciers, which act as natural water towers. For the fourth consecutive year, all major glacial regions across the globe have recorded ice loss. Over the past three years, glaciers have lost 1,400 gigatonnes of ice—equivalent to 30% of all freshwater withdrawn annually worldwide.
The WMO report explains that the water cycle has become increasingly irregular and unpredictable. Disasters are on the rise, particularly in Africa and Asia, which account for more than 80% of the fatalities. The recent disaster in Nepal is a stark example of the situation.
The UN weather agency is not optimistic about the coming months. The risk of floods and droughts in parts of the world is likely to increase due to El Niño, which is particularly strong this year.
In its report’s conclusion, the WMO emphasizes that the observed changes cannot be attributed solely to global warming; pressure on water resources and natural variability also play a role. Governments must now prepare for a « shift in baselines, » as historical data are becoming less reliable for predicting future conditions. « The situation 30 years ago is not the situation today. » The WMO calls for strengthened monitoring, increased data sharing, and the development of early warning systems to enable countries to adapt to hydrological conditions that have already undergone profound changes.
You can find the WMO report at this address:
https://news.un.org/fr/story/2026/09/1159487

Dégel du pergélisol : les rivières d’Alaska virent toujours à l’orange // Thawing permafrost : rivers in Alaska are still turning orange

Concentrations de CO2 : 431,74 ppm (8 juin 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,46 ppb (février 2026)

Dans une note publiée le 27 juin 2024, j’expliquais que les rivières et les ruisseaux de l’Alaska changent de couleur, passant d’un beau bleu à un orange rouille, en raison des métaux toxiques libérés par le dégel du pergélisol.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/06/27/rechauffement-climatique-des-rivieres-virent-a-lorange-en-alaska-global-warming-some-rivers-are-turning-orange-in-alaska/

Crédit photo: USGS

Aujourd’hui, en 2026, des scientifiques alertent une nouvelle fois sur le dégel du permafrost provoqué par la hausse des températures dans le monde. Le phénomène libère des métaux dans les cours d’eau. Dans la chaîne de montagnes de Brooks (Brooks Range), des chercheurs ont constaté que le dégel du pergélisol transforme des rivières autrefois limpides, avec une menace pour les poissons, les systèmes alimentaires et les populations en aval.
Une étude publiée dans Communications Earth & Environment a révélé que le dégel du pergélisol est responsable de la coloration orangée observée dans les rivières et les ruisseaux du nord de l’Alaska. Les chercheurs ont identifié deux mécanismes par lesquels la hausse des températures et le dégel des sols gelés anciens transportent le fer dans ces cours d’eau.
Le premier mécanisme se situe en altitude, où le dégel expose des roches riches en pyrite à l’air et à l’eau, déclenchant une pollution par des matériaux acides, généralement associée à l’exploitation minière.
Le second mécanisme se développe dans les zones humides de basse altitude, où le dégel dilate des sols gorgés d’eau et pauvres en oxygène.
Dans ces conditions, les microbes produisent du fer dissous qui s’oxyde ensuite dans les cours d’eau, leur donnant une couleur orange rouille. Les cours d’eau et leurs lits sont recouverts de sédiments orangés. Selon un chercheur ayant participé à des travaux sur le terrain en 2019, cela ressemblait initialement à des « eaux usées. » L’équipe scientifique a ensuite établi un lien entre ces observations et les relevés de température souterraine ainsi que la chimie des cours d’eau, démontrant que le dégel des sols est à l’origine de cette contamination.
Les chercheurs expliquent que de fines particules de fer peuvent rester en suspension dans l’eau sur plus de 100 kilomètres, réduisant sa clarté, enrobant les algues, perturbant les populations d’insectes et obstruant les branchies des poissons.
Ce phénomène exerce une pression sur l’ensemble des chaînes alimentaires, notamment sur le saumon qui dépend de gravières propres et d’écosystèmes aquatiques sains. Les communautés qui dépendent de la pêche pourraient être confrontées à des menaces sur leur sécurité alimentaire et leurs pratiques culturelles à mesure que la crise climatique s’aggrave.
Ce type de pollution est difficile à endiguer. Contrairement à la contamination à proximité d’une mine, la corrosion diffuse causée par le dégel du pergélisol peut se propager sur de vastes territoires. Les chercheurs pensent que des risques similaires pourraient apparaître ailleurs dans le monde, là où le réchauffement climatique rencontre une géologie riche en métaux, notamment dans le nord du Canada, les Andes et les Alpes.

D’après des chercheurs de l’Université d’Alaska, le suivi des températures du sol pourrait permettre aux scientifiques de prédire les futurs problèmes de qualité de l’eau. Selon eux, bien qu’« il soit impossible d’y remédier une fois que le problème est apparu », alerter à l’avance les populations situées en aval pourrait contribuer à protéger les habitats encore épargnés.
Source : The Cool Down via Yahoo News.

Vue aérienne de la Kutuk, dans le nord de l’Alaska, où la belle couleur bleue de la rivière doit cohabiter avec l’eau orange due au dégel du pergélisol (Crédit photo : National Park Service)

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In a post published on June 27, 2024, I explained that Alaska’s rivers and streams are changing color, shifting from a beautiful blue to a rusty orange, due to toxic metals released by thawing permafrost.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/06/27/rechauffement-climatique-des-rivieres-virent-a-lorange-en-alaska-global-warming-some-rivers-are-turning-orange-in-alaska/

Today, in 2026, scientists warn again that rising global temperatures are thawing long-frozen ground and releasing metals into waterways. In Alaska’s Brooks Range, researchers found that permafrost thaw is transforming once-clear rivers in ways that could threaten fish, food systems, and communities downstream.

A study in Communications Earth & Environment found that thawing permafrost is responsible for the orange discoloration seen in rivers and streams across northern Alaska. The researchers identified two routes by which rising temperatures and the thawing of ancient frozen soil are bringing iron into these waterways.

One starts at higher elevations, where thaw is exposing pyrite-rich rock to air and water, setting off acid rock drainage, a type of pollution more often associated with mining.

The other is unfolding in lower-elevation wetlands, where thaw is expanding waterlogged, low-oxygen soils.

Under those conditions, microbes produce dissolved iron that later oxidizes in streams, turning the water rusty orange. Waterways and streambeds appear coated in orange sediment, a change one researcher said initially looked « like sewage » when it was spotted during fieldwork in 2019. The research team then linked those scenes to underground temperature records and stream chemistry, showing that thawing soil is driving the contamination.

Researchers explain that fine iron particles may remain suspended in the water for more than 100 kilometers, reducing clarity, coating algae, disrupting insect populations, and clogging fish gills.

That puts pressure on entire food webs, including salmon that depend on clean gravel beds and healthy aquatic ecosystems. Communities that rely on fish may face threats to food security and cultural practices as the climate crisis worsens.

This kind of pollution is difficult to stop. Unlike contamination near a mine, diffuse rusting caused by thawing permafrost can spread across vast, remote landscapes. Researchers say similar risks could emerge anywhere warming temperatures intersect with metal-rich geology, including northern Canada, the Andes, and the Alps.

According to University of Alaska researchers, tracking ground temperatures could allow scientists to predict future water-quality problems. While « there’s no fixing this once it starts, » providing downstream communities with advance warning could help protect habitats that are still intact.

Source : The Cool Down via Yahoo News.

La perte d’oxygène de nos rivières // The loss of oxygen in our rivers

Concentrations de CO2 : 432,09 ppm (26 mai 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,43 ppb (janvier 2026)

Des chercheurs chinois de l’Académie des Sciences ont utilisé des satellites et l’intelligence artificielle pour suivre et analyser les niveaux d’oxygène dans plus de 21 000 rivières à travers le monde depuis 1985. Ils ont constaté que le réchauffement climatique entraîne une diminution progressive de l’oxygène dans les cours d’eau, avec une menace pour les poissons et autres organismes aquatiques. Leur étude, publiée en mai 2026 dans la revue Science Advances, indique que le niveau d’oxygène a diminué en moyenne de 2,1 % depuis 1985. Cela peut paraître peu, mais cette diminution s’accumule et, si elle se poursuit ou s’accélère, les rivières de l’est des États-Unis, d’Inde et des régions tropicales pourraient perdre suffisamment d’oxygène d’ici la fin du siècle pour asphyxier certains poissons et créer des zones mortes.

Vue de la Loire dans l ‘Allier au cours de l’été 2025 (Photo: C. Grandpey)

Les principes fondamentaux de la chimie et de la physique expliquent que l’eau plus chaude contient moins d’oxygène. Le réchauffement de l’eau, conséquence du changement climatique d’origine anthropique, libère davantage d’oxygène dans l’atmosphère. Si la perte d’oxygène se poursuit au rythme actuel, les rivières du monde entier perdront en moyenne 4 % d’oxygène en plus d’ici la fin du siècle, et dans certains cas près de 5 %. C’est à ce moment que la perte d’oxygène, appelée désoxygénation, devient problématique pour les poissons et les populations qui dépendent des rivières.
Les scientifiques chinois craignent que le niveau d’oxygène dans les rivières chute à un tel point que des zones mortes apparaissent, comme c’est le cas dans le golfe du Mexique, la baie de Chesapeake et le lac Érié en Amérique du Nord. Dans ces zones, les poissons peinent à respirer et meurent. Un chercheur explique que le faible niveau d’oxygène peut provoquer une série de crises écologiques telles que le déclin de la biodiversité, la dégradation de la qualité de l’eau et la mort de certains poissons. Il ajoute que certaines rivières sont dans un état si critique qu’un léger changement peut les faire basculer dans la zone de danger.

Il est bien évident que si une rivière se réchauffe trop, le niveau d’oxygène diminuera et il n’y aura plus de poissons. Je ne peux que confirmer cette situation préoccupante que j’ai pu observer en France. Je suis pêcheur de truites (à la mouche et no kill de préférence) et je n’ai pu que constater qu’avec les récentes vagues de chaleur et le manque de pluie, nos cours d’eau ont perdu la majeure partie de leur oxygène, rendant la survie de la truite fario impossible. Ce n’est pas l’épisode de canicule que nous vivons ces jours-ci qui va arranger les choses.

Une étude récente révèle qu’au début du siècle, le Gange, en Inde, fortement pollué, perdait de l’oxygène plus de 20 fois plus vite que la moyenne mondiale. Si, dans les prochaines années, on connaît une augmentation modérée à élevée des émissions mondiales de dioxyde de carbone, les rivières de l’est des États-Unis, de l’Arctique, de l’Inde et d’une grande partie de l’Amérique du Sud perdront probablement environ 10 % de leur oxygène d’ici la fin du siècle.
Les scientifiques s’inquiètent particulièrement des fleuves tropicaux, comme l’Amazone au Brésil. Depuis 1980, on observe une augmentation de près de 16 jours par décennie du nombre de jours présentant des zones mortes en Amazonie. À plus grande échelle, le stress oxydatif dans les rivières de la planète a augmenté de 13 jours par décennie et la fréquence des zones mortes de près de trois jours par décennie depuis 1980. Avec la poursuite du réchauffement climatique, ces chiffres devraient encore augmenter.

Sécheresse du fleuve Amazone en Colombie en septembre 2024 (Crédit photo : AFP)

Plusieurs facteurs expliquent la diminution de l’oxygène dans les rivières, notamment la pollution par les nutriments provenant des engrais et du ruissellement urbain, ainsi que la construction de barrages, les variations de débit et les problèmes liés au vent. Malgré tout, près de 63 % du problème est dû au réchauffement de l’eau.
L’étude chinoise conclut avec une mise en garde : la réduction de la pollution de l’eau est une priorité et sera d’autant plus difficile que les rivières se réchauffent.
Source : Associated Press via Yahoo News.

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Researchers at the Chinese Academy of Sciences used satellites and artificial intelligence to track and analyze oxygen levels in more than 21,000 rivers across the globe since 1985. They found that global warming is causing rivers to slowly lose oxygen, threatening fish and other lives in the waterways. Their study, published in May 2026 in Science Advances, indicates that oxygen levels have dropped an average of 2.1% since 1985. That doesn’t seem like much but it adds up and if it continues or accelerates, rivers in the Eastern United States, India and across the tropics could lose enough oxygen by the end of the century to suffocate some fish and create dead zones.

Basic chemistry and physics dictate that warmer water holds less oxygen. Warmer water, which happens with human-caused climate change, releases more oxygen into the atmosphere. If the oxygen loss rate continues at the current pace, the world’s rivers on average will lose an additional 4% of their oxygen by the end of the century, and in some cases close to 5%. That’s when oxygen loss, called deoxygenation, becomes problematic for fish and people who rely on rivers.

Scientists worry that oxygen levels in rivers could fall so low that dead zones appear, as they have in the Gulf of Mexico, Chesapeake Bay and Lake Erie. Those are areas where fish struggle to breathe and die. One researcher explaines that the low level of oxygen can cause a series of ecological crises such as biodiversity decline, water quality degradation and some fish may die.

He added that some rivers are in such bad shape that a small change can tip them into the danger zone. If your favorite fishing hole gets too warm, oxygen levels will go down and there won’t be any fish to catch. I can personally add that this situation can alreasdy be observed in France. With the recent heat waves and lack of rain, small rivers in France have lost most of their oxygen so that the fario trout could not survive.

One can rread in the latest study that earlier this century, India’s heavily polluted Ganges River was losing oxygen more than 20 times faster than the global average. Even with moderate-to-high increases in global carbon dioxide emission rates, rivers in the Eastern United States, the Arctic, India and much of South America are projected to lose about 10% of their oxygen by the end of the century.

Scientists worry about tropical rivers especially, such as the Amazon in Brazil. Since 1980, the number of days with dead zone spots in the Amazon rose by nearly 16 days per decade. More widely, oxygen stress in the world’s rivers increased by 13 days every decade and dead zone occurrences increased by nearly three days a decade since 1980. As the world continues to warm, those numbers should jump even higher.

There are several reasons for oxygen loss in the world’s rivers, including nutrient pollution from fertilizer and urban runoff, along with dam construction, flow and wind issues. But nearly 63% of the problem is from warmer water.

The Chinese study concludes that water pollution reduction is more important than ever and will be harder as rivers warm.

Source : Associated Press via Yahoo News.