Islande : l’éruption continue // Iceland : the eruption continues

L’éruption a réussi a passer le week-end et continue sur la chaîne de cratères Sundhnúkur. L’activité est principalement concentrée dans deux cratères sur la partie centrale de la fissure. La lave continue de s’écouler vers l’est jusqu’à Fagradal, mais le Met Office indique que la mauvaise visibilité rend difficile l’observation de la situation.
L’éruption provoque une importante pollution atmosphérique ces derniers jours. Une brume volcanique a envahi une grande partie de l’Islande, comme on peut le voir sur la carte ci-dessous.

Source: Met Office

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The eruption at the Sundhnúkur crater row managed to go beyond the week-end, with activity mainly concentrated in two craters in the central part of the fissure. Lava continues to flow eastward into Fagradal, but the Met Office says poor visibility makes it difficult to assess developments.

The eruption has caused significant air pollution in recent days. Volcanic haze has been detected widely, asseen on the map below.

États Unis : parcs nationaux en feu // United States : national parks on fire

Avec le réchauffement climatique et les événements extrêmes qui l’accompagnent, les parcs nationaux américains sont menacés : au moment où les visiteurs dans tout le pays planifient leurs aventures estivales, deux des destinations les plus populaires sont confrontées à des incendies dévastateurs qui ont entraîné des fermetures, des évacuations et la perte d’infrastructures historiques.

Dans une note précédente, j’expliquais qu’au Grand Canyon, un incendie baptisé Dragon Bravo avait porté un coup fatal à l’une des destinations les plus emblématiques des États-Unis. Le Grand Canyon Lodge, qui servait de porte d’entrée à la rive nord du canyon depuis près de neuf décennies, a été entièrement détruit, ainsi que 50 à 80 autres structures, dont le centre d’accueil (visitor center) du parc. Comme souvent aux États-Unis, l’incendie a été provoqué par la foudre. Cependant, des conditions météorologiques extrêmes, notamment des températures caniculaires, une forte humidité et de puissantes rafales de vent, ont provoqué l’explosion du brasier, malgré les efforts des pompiers. La rive nord reste fermée pour toute la saison.

Source: National Park Service

Dans le même temps, à 960 kilomètres au nord-est, dans l’ouest du Colorado, le parc national du Black Canyon of the Gunnison est aux prises avec le South Rim Fire, qui se propage rapidement sur la rive sud du canyon. En quelques jours seulement, l’incendie a ravagé 15 000 kilomètres carrés, et selon les derniers rapports, il n’est pas maîtrisé.

Source: National Park Service

Comme pour l’incendie du Grand Canyon, celui du Black Canyon a été causé par la foudre. Les parois noires spectaculaires du Canyon et son terrain accidenté font de ce parc un lieu de prédilection pour les randonneurs, les rafteurs et les grimpeurs. À cause de l’incendie du Grand Canyon, ce parc du Colorado, peu fréquenté, fait moins la Une des journaux. L’incendie menace pourtant des infrastructures essentielles, notamment un barrage et des centrales électriques. Des évacuations ont été ordonnées, obligeant les habitants à quitter leur domicile immédiatement.
Le parc, qui a accueilli plus de 335 000 visiteurs en 2024, reste entièrement fermé au public.

Avec la multiplication des phénomènes extrêmes et des incendies de végétation, parfois simultanés, les parcs nationaux sont confrontés à une crise plus vaste. Le réchauffement climatique crée des conditions qui rendent les incendies de forêt plus fréquents, plus intenses et plus destructeurs. Les sécheresses prolongées, la fonte de la neige précoce et les phénomènes météorologiques extrêmes transforment les paysages les plus spectaculaires des États-Unis en véritables poudrières.
Ces événements tombent vraiment au mauvais moment : des millions de familles planifient leurs vacances en fonction de la visite des parcs nationaux, et ces fermetures entraînent des annulations de dernière minute. Pour beaucoup, ces destinations représentent des expériences uniques et des traditions familiales transmises de génération en génération.
Ces incendies simultanés mettent également à rude épreuve les ressources fédérales de lutte contre les incendies. De nombreuses agences étatiques, locales et fédérales interviennent face à ces deux situations d’urgence, avec des avions, des équipes au sol et des équipements spécialisés pour lutter contre les incendies sur des terrains difficiles, à des centaines de kilomètres de distance.

Ces catastrophes soulignent l’importance cruciale d’un investissement fédéral dans les capacités de prévention et d’intervention en cas d’incendie dans les parcs nationaux. Les niveaux de financement actuels sont insuffisants pour faire face à la menace croissante des incendies de végétation. Des systèmes d’alerte précoce plus performants, de meilleures infrastructures de lutte contre les incendies et un renforcement des ressources de lutte contre les incendies pourraient contribuer à prévenir de futures tragédies. La perte d’un patrimoine culturel et naturel irremplaçable, comme le Grand Canyon Lodge, démontre que les approches réactives ne sont plus adaptées.
Source : National Park Service.

Ce n’est pas la première fois que des incendies de forêt détruisent ou menacent les infrastructures des parcs nationaux. En 1988, un immense incendie avait ravagé une partie du Parc national de Yellowstone. Le problème aujourd’hui est que ces incendies sont de plus en plus fréquents et de plus en plus violents.

Les dernières restrictions décidées par l’Administration Trump au sein des agences climatiques n’amélioreront pas la situation.

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With global warming and the extreme events that accompany the phenomenon, America’s national parks are under threat: As visitors across the country plan their summer adventures, two of the most popular destinations are battling devastating wildfires that have forced closures, evacuations, and heartbreaking losses of historic infrastructure.

In a previous post, I explained that at the Grand Canyon, the Dragon Bravo Fire has dealt a crushing blow to one of America’s most iconic destinations. The historic Grand Canyon Lodge, which has served as a gateway to the canyon’s North Rim for nearly nine decades, has been completely destroyed along with 50 to 80 other structures, including the visitor center. As often happens in the U.S., the fire was caused by lightning. However, extreme weather conditions, including scorching temperatures, severe humidity, and powerful wind gusts, caused the blaze to explode, overwhelming firefighting efforts. The North Rim remains closed for the entire season.

Meanwhile, 960 kilometers northeast in western Colorado, Black Canyon of the Gunnison National Park is battling the rapidly expanding South Rim Fire. The blaze has grown to 15,000 square kilometers in just days, with zero percent containment as of the latest reports.

Like the Grand Canyon fire, this emergency began with a lightning strike. The dramatic black walls and rugged terrain make this park a favorite among hikers, rafters, and rock climbers. With the Grand Canyon burning, this less-visited Colorado park is getting less and less attention. The fire threatens critical infrastructure, including a dam and power facilities. Mandatory evacuations have been issued, with residents forced to leave their homes immediately.

The park, which welcomed over 335,000 visitors in 2024, remains completely closed to the public.

With extreme events and wildfires getting more and more frequent, sometimes simultaneous, a broader crisis is facing national parks. Global warming is creating conditions that make wildfires more frequent, more intense, and more destructive. Extended drought periods, earlier snowmelt, and extreme weather events are turning America’s most treasured landscapes into tinderboxes.

The timing couldn’t be worse for summer tourism: Millions of families plan vacations around visits to national parks, and these closures are forcing last-minute cancellations and alternative arrangements. For many, these destinations represent once-in-a-lifetime experiences and family traditions passed down through generations.

The concurrent fires also strain federal firefighting resources. Multiple state, local, and federal agencies are responding to both emergencies, utilizing aircraft, ground crews, and specialized equipment to battle blazes in challenging terrain hundreds of kilometers apart.

These disasters underscore the critical importance of robust federal investment in national park fire prevention and response capabilities. Current funding levels are insufficient to address the escalating wildfire threat. Enhanced early warning systems, improved fire suppression infrastructure, and expanded firefighting resources could help prevent future tragedies. The loss of irreplaceable cultural and natural heritage, like the Grand Canyon Lodge, demonstrates that reactive approaches are no longer adequate.

Source : National Park Service.

This is not the first time wildfires have destroyed or threatened infrastrucdrure in National parks. In 1988, a huge blaze destroyed a part of Yellowstone National Park. The problem today is that these fires are getting for more frequent and destructive.

The latest restrictions decided by the Trump Administration in climate-related agencies will not improve the situation.

Islande : l’éruption continue en faiblissant // Iceland :The eruption continues but weakens

Dans ma dernière note sur l’éruption sur la péninsule de Reykjanes, j’indiquais que l’activité était en déclin le long de la fissure éruptive. De petites fontaines de lave étaient encore actives, mais uniquement dans la partie centrale de la fissure. Les images de webcam montrent que l’activité est restée relativement stable ces dernières heures. On peut se demander si l’éruption passera le week-end.
Le brouillard volcanique a envahi la quasi-totalité de l’Islande et plane au-dessus de la capitale. De fortes concentrations de gaz sont attendues à Grindavík et dans le sud-ouest de l’île ce week-end.
Source : Médias islandais.

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Dernière minute : Dans sa dernière mise à jour (19 juillet 2025), le Met Office indique que l’éruption sur la chaîne de cratères de Sundhnúkur reste active, avec des gaz qui génèrent une brume volcanique se propageant largement à travers le pays ces derniers jours. L’éruption est restée stable au cours des dernières heures. Depuis le 18 juillet au matin, l’activité se concentre sur 2 ou 3 bouches dans la partie centrale de la fissure qui s’est formée le 16 juillet. Le tremor éruptif reste faible et régulier.

Image webcam de l’éruption le 19 juillet 2025 au matin

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In my latest post about the eruption on the Reykjanes Peninsula, I indicated that activity was declining along the eruptive fissure. Small lava fountains were still active, but only in the central part of the fissure. Webcam images show that eruptive activity has benn quite stable in the past hours. It remains uncertain whether the eruption will last through the weekend.

Volcanic smog is spreading across nearly all of Iceland and hanging above the capital area. High gas concentrations are expected in Grindavík and the southwest over the weekend

Source : Icelandic news media.

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Latest : In its latest update (19 July 2025), the Met Office indicates that the eruption on the Sundhnúkur crater row remains active, with gas and volcanic haze spreading widely across the country in recent days. The eruption has remained stable over the past hours and since July 18th in the morning, volcanic activity is focused on 2–3 craters at the central part of the fissure that formed on 16 July. The volcanic tremor remains low and steady.

 

La suppression du 8 mai choque la Martinique !

En présentant les grandes lignes du budget 2026, le Premier Ministre François Bayrou a évoqué la suppression de deux jours fériés, citant notamment le lundi de Pâques et le 8 mai. Cette annonce a été particulièrement mal accueillie en Martinique, car le 8 mai commémore l’éruption meurtrière de la montagne Pelée en 1902.

Chaque 8 mai, la Martinique ne commémore pas uniquement la fin de la Seconde Guerre Mondiale, mais aussi les victimes de l’éruption de la Montagne Pelée. Le 8 mai 1902 à 8h02, Saint-Pierre, alors capitale économique et culturelle de l’île, a été anéantie par une nuée ardente. En quelques instants, près de 30 000 personnes ont péri dans les flammes et les cendres.

Depuis plus d’un siècle, chaque 8 mai, la mémoire de cette catastrophe est honorée à Saint-Pierre et dans toute la Martinique. La perspective de voir disparaître ce jour férié provoque aujourd’hui l’indignation. Le maire de Saint-Pierre a exprimé son désaccord : « Effacer cette date qui trace la plus grande tragédie naturelle du 20ème siècle, ce serait incompréhensible pour nous. Ce n’étaient pas seulement 28 000 Pierrotins, mais 28 000 Martiniquais. 28 000 Français. » Selon le premier magistrat de Saint-Pierre, cette date devrait même faire l’objet d’une reconnaissance nationale plus marquée, tant elle est méconnue dans l’Hexagone. Il appelle à une mobilisation des élus locaux et des parlementaires pour rappeler l’importance de cette mémoire collective.

Dans les rues de Fort-de-France, les réactions sont tout aussi défavorables à la proposition du Premier Ministre.. Comme l’a déclaré une habitante, « ce sont des propositions abusives. Le 8 mai, en Martinique une date très particulière qu’on ne saurait oublier pour un caprice politique. »

La proposition de François Bayrou réveille en Martinique des douleurs anciennes et soulève une question plus large : quelle place accorde-t-on aux mémoires ultramarines dans l’histoire nationale ?

Source : Martinique la 1ère.

La Montagne Pelée et Saint-Pierre (Photo: C. Grandpey)