Sale temps pour les glaciers alpins

Période sombre pour les glaciers alpins et le ski d’été.

Fin juin 2022, le départ de la 22ème édition de la mythique Mountain Of Hell n’a pu être donné sur le glacier des Deux-Alpes, à 3400m d’altitude, et a été reporté 200 mètres plus bas, sur la terre ferme. Les organisateurs ont jugé que le manteau neigeux était trop instable, avec des plaques de glace à nu. Les épisodes orageux et les températures au-delà de 15°C des dernières semaines ont aggravé la situation. Par souci de sécurité, les organisateurs ont donc décidé de laisser le glacier au repos.

Après 14 jours d’ouverture, le ski d’été en Savoie s’est terminé le vendredi 1er juillet 2022 à cause du manque de neige,.Les exploitants du domaine de Tignes se sont résignés à sonner la fin de la saison. C’est la période d’ouverture la plus courte de l’histoire du ski d’été. Après quatorze jours de glisse, le glacier de la Grande Motte a fermé ses pistes avec un mois d’avance sur le calendrier initial.

Même punition à Val d’Isère où une tradition instituée en 1958 s’est interrompue par manque de neige.. Le 11 juin, la station savoyarde aurait dû accueillir comme chaque année des skieurs de compétition pour leur entraînement, sur le glacier du Pisaillas, et ce jusqu’au 10 juillet. Les six pistes de descente entre 2725 m et 3300 m, dont trois réservées au grand public, et les deux remontées mécaniques n’ouvriront pas à cause du manteau neigeux insuffisant sur le glacier. Les responsables de cette fermeture sont un hiver déjà trop sec et des températures trop chaudes au mois de mai.

Champ de ski sur le glacier de la Grande motte à Tignes (Photo: C; Grandpey)

La Tara Polar Station, une station polaire bientôt dans l’Arctique

Avec l’intensification du réchauffement climatique et la fonte de la banquise, les pôles intéressent de plus en, plus les scientifiques. Dans plusieurs notes dont celle du 16 mars 2021, j’expliquais que Jean-Louis Etienne était en train de lancer officiellement sa prochaine expédition à bord du Polar Pod autour du continent antarctique.

De son côté, la Fondation Tara Océan a dévoilé la Tara Polar Station, dont la première expédition est prévue en 2025. Il s’agit d’un laboratoire dérivant qui permettra d’étudier et analyser la biodiversité en Arctique. Une autre mission de la station sera d’anticiper les conséquences du changement climatique sur l’ensemble de la planète.

Vue de l’extérieur, la Tara Polar Station ressemblera un peu à un igloo posé sur la glace de l’océan Arctique. Sa structure ovale présente une superficie de 400 m2 sur quatre niveaux. En réalité, la Tara Polar Station est un navire, doté d’un moteur alimenté en biocarburant afin de limiter son empreinte carbone. Sa construction doit débuter à l’automne 2022 et s’achever en 2024. Sa mise en service officielle est prévue en 2025. .

La Tara Polar Station restera dans l’Arctique tout au long de l’année, ce qui permettra aux scientifiques d’étudier la variation de la biodiversité d’une saison à l’autre, en particulier entre le dégel de la glace en automne et la prolifération d’algues au printemps.

La Tara Polar Station mesurera également les gaz à effet de serre ainsi que la pollution au plastique et aux hydrocarbures. En effet, comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, l’Arctique se réchauffe environ deux fois plus vite que le reste de la planète.

Une autre mission de la Tara Polar Station sera de « prédire les bouleversements à venir, pour mieux s’y préparer ».

Toutes ces recherches seront menées sous pavillon français, dans le cadre de la « stratégie polaire française » dévoilée par l’Ambassadeur pour les pôles et les enjeux maritimes Olivier Poivre d’Arvor. Sur les 700 millions d’euros dédiée aux pôles et à la recherche scientifique jusqu’en 2030, 13 millions correspondent à l’investissement de l’État pour la Tara Polar Station.

L’équipage de la station sera constitué d’une douzaine de marins, scientifiques, techniciens de laboratoire, ingénieurs-mécaniciens et d’un médecin. Ils seront rejoints au cours de l’été par sept ou huit artistes et journalistes invités à bord.

Toutes les réparations devront être effectuées en autonomie, et l’ensemble des soins (traumatologie, gelures) seront assurés sur la station qui sera reliée en permanence à l’hôpital de Chamonix et à celui de Toulouse-Purpan. L’eau potable proviendra de la désalinisation de l’eau de mer.

La station polaire comptera aussi deux chiens pour la protection contre les ours lorsque les scientifiques devront s’aventurer hors de la station afin d’effectuer des mesures et des prélèvements.

Vous trouverez d’autres informations à propos de la mission de la Tara Polar Station en visitant le site Internet à cette adresse :

https://fondationtaraocean.org/goelette/tara-polar-station/

Vue d’artiste de la Tara Polar Station (Source: Fondation Tara Océan)

Des feux clignotants sur la plage de Reynisfjara (Islande) // Warning lights on Reynisfjara beach (Iceland)

Suite à plusieurs accidents mortels sur la plage de Reynisfjara (voir notes sur ce l blog), les autorités islandaises ont finalement décidé d’installer un feu rouge clignotant qui indiquera aux visiteurs les moments où les vagues sont vraiment dangereuses. Le feu sera installé au cours des trois prochaines semaines. De puissantes vagues et des lames de fond sur la plage ont été à l’origine de plusieurs accidents mortels, malgré des panneaux qui demandent aux visiteurs de ne pas s’approcher du rivage.
Le feu clignotera en Orange ou en Rouge en fonction des conditions sur la plage. Le code couleur est basé sur un système de prévision des vagues que l’Administration des routes et du littoral a commencé à développer il y a cinq ans. Le responsable de l’Administration explique qu' »avec [le système de prévision] nous pouvons prévoir avec un certain degré de certitude le comportement des vagues ». Le risque a été codé en vert, jaune et rouge en fonction du danger posé par les vagues à Reynisfjara.
Le feu sera installé près du parking et du sentier qui conduit à Reynisfjara et n’utilisera jamais la couleur verte. Il clignotera en Orange en permanence et il sera Rouge lorsque les conditions seront mauvaises. Ce feu sera la première étape du système de prévention. Les autorités vont voir comment les choses se passent et si les gens respectent le feu.
Des caméras seront également installées près de la plage pour permettre aux autorités d’observer les vagues et de tenir compte de ces observations dans les prévisions.
Source : médias d’information islandais.

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After several fatal accidents at Reynisfjara beach (see posts on this blog), Icelandic authorities have finally decided to install a flashing red light to warn visitors of dangerous waves. The light will be installed within three weeks. Powerful sneaker waves at the beach have been the cause of several fatal accidents, despite signs that warn visitors to keep their distance from the water.

The light will flash yellow or red based on the conditions at the beach. The colour code is based on a wave forecasting system that the Road and Coastal Administration began developing five years ago. The manager of the Administration explains that“with [the forecasting system] we can predict with some degree of certainty how the waves will be.” The risk has been colour-coded green, yellow, and red depending on how much danger is posed by the waves at Reynisfjara.

The light will be installed by the parking lot and walking path by Reynisfjara and will never be lit green. There will be a flashing yellow warning light and it will be red when conditions are poor. This light will be the first phase of the warning system. Authorities will see how itt goes and whether people notice it.

A camera system will also be set up by the beach to allow authorities to observe the waves visually and calibrate those observations into the forecast.

Source: Icelandic news media.

 

Photos: C. Grandpey

 

 

Puy de Pariou (Auvergne) : le volcan interdit !

Au coeur de la Chaîne des Puys, le Puy de Pariou est ll’un des sites les plus plus visités – et probablement le plus photographié – de cet alignement de cônes volcaniques. Aujourd’hui, il est victime de sa popularité et son cratère n’est plus accessible à cause de la pression touristique qui menace de le mettre à mal. Le chemin d’accès à la vaste cavité en forme de bol est en cours d’effacement et il est désormais interdit au public.

Cette mesure a été mise en place pour préserver le site qui est piétiné par quelque 130 000 visiteurs par an. Les spécialistes parlent même d’une érosion d’une dizaine de centimètres de perte de sol par an.

Le Puy de Pariou est souvent appelé le Vésuve auvergnat en raison de sa soi-disant ressemblance avec le volcan italien, une appellation qui me semble quelque peu abusive. Il appartient à des propriétaires privés mais est géré par un gestionnaire.

Si la descente dans le cratère est interdite, les responsables du tourisme en Auvergne se veulent rassurants et expliquent que l’on peut toujours monter, gratuitement et facilement, au sommet. Des chemins de randonnée ont été réhabilités. Il y a quelques années, un escalier d’environ 400 marches a été installé pour protéger les pentes du volcan contre l’érosion.

Si les autorités auvergnates vont au bout de leur raisonnement, elles devront également protéger les superbes pentes de scories des puys de la Vache et de Lassolas que certains touristes ont tendance à confondre avec celles de la dune du Pilat…

Source: presse régionale.

Puy de Pariou, le Vésuve auvergnat?

Le Vésuve….pas vraiment ressemblant !

Le Puy de Lassolas et ses superbes scories…

(Photos: C. Grandpey)