Retour aux sources en Auvergne : (3) La source Sainte-Anne

Située à l’entrée de la célèbre Vallée de Chaudefour, la source Sainte-Anne est bien connue des promeneurs. Elle est collée à la berge du petit torrent qui descend de la vallée et j’ai toujours plaisir à m’y arrêter car le site est assez joli. Dès le premier contact, on se rend compte qu’il s’agit une eau chargée en fer qui laisse des dépôts caractéristiques à la belle couleur de rouille.

Il s’agit d’une source froide. Mon thermomètre hésitait entre 7 et 8°C quand j’ai mesuré la température de l’eau qui s’en échappe en glougloutant dans un petit bassin. Elle est potable, mais sa consommation demande la prudence. Quand on en boit une gorgée, on se rend vite compte qu’elle est gazeuse, légèrement salée et qu’elle laisse une sensation de dépôt pas très agréable sur la langue. Selon un panneau explicatif, le gaz carbonique qui s’en dégage provient du lent dégazage du magma stocké dans des réservoirs profonds situés sous ou dans l’écorce terrestre.

Les anciens prétendaient que l’eau de la source Sainte-Anne soigne les maladies de l’estomac et guérit de l’emprise de certains maléfices… Allez savoir ; on n’est pas très loin du Lac Pavin ou Pavens, le lac épouvantable….

Photos: C. Grandpey

 

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Retour aux sources en Auvergne : (2) La source de laTête de Lion

La source suivante sur mon parcours se trouve près du village de Saint Floret, sur la route qui conduit d’Issoire à Besse-et-Saint-Anastaise, également connu sous le nom de Besse-en-Chandesse. La Source de la Tête de Lion se situe à environ 2 km du village, le long de la RD 26 en direction de Saurier. Il est facile de garer son véhicule sur une aire de pique-nique, sur la gauche.
Le sentier, fort bien balisé, est facile à trouver. Avant de l’emprunter, on peut s’attarder devant un panneau qui donne des explications générales sur les caractéristiques de cette source.
Le sentier traverse le pont de la Ribeyre sur la Couze Pavin où j’ai repéré de superbes coins de pêche à la truite dont la maille est ici fixée à 23 cm. Le chemin est relativement escarpé, avec plusieurs volées de marches en rondins qui facilitent la montée.

Au bout d’une dizaine de minutes, on arrive à la Source de la Tête de Lion dont l’eau salée s’écoule en plusieurs filets vers le fond de la vallée. Comme auprès des Saladis,  on rencontre ici une flore halophile qui présente beaucoup de points communs avec celle du bord de mer.
L’eau de la source est très minéralisée, ce qui explique l’accumulation de travertin qui a façonné, au cours des siècles, la célèbre tête de lion qui montre une ressemblance frappante avec celle du fauve.

Mon thermomètre indiquait une température de 13,5°C au niveau de la source et 10,5°C au niveau d’une petite résurgence très chargée en fer un peu plus haut le long du sentier que les plus courageux pourront emprunter sur toute sa longueur. Il forme une boucle très agréable à travers bois. La balade prend environ une heure.

Photos: C. Grandpey

Retour aux sources en Auvergne : (1) Le Grand Saladi

Profitant des premières belles journées de l’automne, je suis allé faire un tour en Auvergne, histoire de découvrir les sources dont les images étaient apparues dans une séquence de l’émission « Des Racines et des Ailes »  sur l’Auvergne il y a quelques mois.

J’avais donc prévu un petit itinéraire avec des haltes sur trois sites :

La première étape était à côté des Martres de Veyre, petite localité au sud de Clermont-Ferrand, qui possède plusieurs sources minérales. L’émission de télévision avait montré le Grand Saladi. La source – en fait, il y en a deux – se trouve à la sortie sud du village, pas très loin d’un méandre de l’Allier qui, d’après les panneaux apposés sur les ponts est une « rivière à saumons ». On est toutefois très loin de l’abondance de ce poisson dans les cours d’eau d’Alaska !!

Le Grand Saladi est une mare dont la surface est percée en plusieurs endroits par des chapelets de bulles. La profondeur du bassin a été modifiée au 19ème siècle quand le propriétaire a voulu l’agrandir avec de l’explosif. Elle est aujourd’hui d’environ 6 mètres. Là où apparaissent les bulles, mon thermomètre montrait une température de 14,5°C au centre du bassin et 15,7°C sur les bords. Elle est de 17°C là où l’eau est calme. Je pense que la température de surface ne correspond pas forcément à celle au niveau du point d’émission au fond du bassin. En effet, de l’autre côté du chemin, on découvre le Petit Saladi, une résurgence protégée par une buse en béton. La température de l’eau atteint 22°C avant de s’écouler lentement en surface et de se perdre en contrebas dans un champ.

Il y a fort à parier que les deux « Saladis » sont alimentés par une source commune et donc que la température au fond du grand bassin atteint une bonne vingtaine de degrés.

Le Grand Saladi est bien connu des habitants de la région car son eau était censée avoir des propriétés curatives, en particulier pour les maladies de peau. Il est toutefois déconseillé de venir y faire trempette de nos jours car la source n’est pas protégée et toutes sortes d’animaux viennent la fréquenter.

Il est intéressant de noter que des plantes halophiles peuplent les environs des deux sources. Le site (classé Natura 2000) est fragile et théoriquement protégé par un fil de fer installé à une vingtaine de centimètres de hauteur, mais les traces de pas montrent que beaucoup de visiteurs n’hésitent pas à l’enjamber !

Comme souvent en Auvergne, les points d’eau sont entourés de légendes. Selon un site Internet (http://www.regardsetviedauvergne.fr/2013/12/visitons-lauvergne-les-curieuses.html) qui relate les propos d’Albert Dauzat, il existait aux Saladis un ancien cimetière qui s’étendait jusqu’au bord de l’Allier, et que le fleuve avait rongé en partie en découvrant parfois quelques tombes. On raconte qu’une nuit un homme pêchait à la ligne à cet endroit et il accrochait souvent des os à son hameçon. Un jour, il protesta bruyamment suite à ces prises indésirables. C’est alors que le couvercle d’une tombe se souleva derrière lui ; une main sortit de terre et lui frappa violemment le dos avec la planche du cercueil. Le pêcheur s’enfuit épouvanté et pendant longtemps la main le suivit en le frappant toujours avec la planche…!

Photos: C. Grandpey

Le Puy de Lemptégy (Puy-de-Dôme) : Un volcan à ciel ouvert

Quelques semaines après avoir visité VULCANIA avec l’un de mes petits fils (voir ma note du 3 août 2017), je me suis rendu au Puy de Lemptégy avec son frère jumeau, âgé de 12 ans.

Le site se situe à une quinzaine de minutes de Clermont-Ferrand, près de Vulcania, à Saint-Ours-les-Roches. Les visites à pied vous coûteront 11,50 € pour les adultes et 9,50 € pour les enfants de moins de 12 ans. En train, les tarifs sont de 15,50 € et 12,50 €. A noter que l’on peut combiner la visite du Volcan de Lemptégy et de la Grotte de la Pierre de Volvic (que je recommande chaudement), deux sites complémentaires à seulement 15 minutes l’un de l’autre. Les tarifs du pass commun sont de 17,30 € (adulte) et 14 € (enfants)  ou 19,80 € et 16,50 €, selon que vous optiez pour la visite en train ou à pied à Lemptégy. Il y a un espace restauration style cafétéria au Puy de Lemptégy.

J’avais opté pour la visite en train, moins fatigante et plus ludique. De toute façon, à pied ou en train, la visite est guidée. J’ai beaucoup apprécié les propos de notre guide qui a présenté le site avec une belle dose de pédagogie. Il s’est évertué à utiliser un vocabulaire à la portée de tous les passagers du train, sans sombrer, comme le font certains, dans une terminologie dont le seul effet est de lasser l’auditoire. Les différentes phases de l’éruption et les différents matériaux expulsés par le volcan sont présentés avec beaucoup de clarté. Au final, mon petit-fils a retenu un grand nombre d’éléments.

Après la visite du volcan proprement dit, on passe à la projection d’un film en 4D intitulé « Aux origines » et qui montre sur un grand écran certains épisodes de la naissance des volcans auvergnats. Les sièges vibrent et on ressent la chaleur de la lave. Une grande partie du film est réalisée en images de synthèse. Outre les vues aériennes, la seule séquence qui m’a semblé digne d’intérêt était la croissance de l’aiguille de lave à l’intérieur du cratère du Puy Chopine dont les éjecta ont atteint le Puy de Lemptégy.

La dernière partie de la visite de Lemptégy fait descendre dans « La mine explosive » au moment où une éruption déclenche un moment de panique dans les galeries. Le spectacle est assez drôle. Là encore, les fauteuils vibrent et on sent la chaleur de la lave (comme à Vulcania, de l’autre côté de la route !) mais il s’agit d’une simple attraction sans aucun intérêt scientifique.

C’était ma quatrième visite au Puy de Lemptégy. J’avais effectué la première en compagnie de Monsieur Jean-Louis Montel, le propriétaire du site qui avait compris, grâce à Guy Camus, professeur à l’Université de Clermont, la richesse géologique du site. Il a décidé d’arrêter le l’exploitation industrielle de la pouzzolane et transformer la carrière en un site touristique et scientifique. C’est avec beaucoup de peine que j’ai appris pendant la visite le décès récent de Monsieur Montel qui, il y a quelques années, m’avait conduit vers des « trous de glace » dans la cheire de Pontgibaud.

Lorsque l’on arrive dans le bâtiment de Lemptégy, on peut admirer des photos de l’Auvergne dans le hall d’entrée, mais elles ne présentent guère d’intérêt, contrairement à l’exposition qui était proposée par l’association LAVE il y a quelques années. Par contre, les échantillons de roches et les bombes volcaniques plaisent aux visiteurs.

Une salle à côté du hall d’exposition propose un petit documentaire très intéressant sur l’histoire du site de Lemptégy avec des explications sur l’extraction et les applications de la pouzzolane.

Au final, mon petit-fils garde un très bon souvenir de la visite de Lemptégy. Je l’ai senti plus intéressé que son frère à Vulcania. Il faut dire que Vulcania est avant tout un parc d’attraction alors qu’à Lemptégy, on rentre carrément dans le ventre d’un vrai volcan.

Photos: C. Grandpey