Ascension du Stromboli : jusqu’à 400 m et uniquement avec des guides alpins et volcanologiques

Comme je l’ai indiqué précédemment, les touristes peuvent de nouveau gravir le Stromboli, mais à deux conditions : 1) ils ne pourront pas monter plus haut que 400 mètres d’altitude et 2) ils devront être accompagnés de guides alpins et volcanologiques. Le maire de Lipari vient de signer une ordonnance dans ce sens. Il a ainsi satisfait les guides locaux qui avaient demandé ces dernières semaines une plus grande sécurité sur le volcan et la possibilité d’une autorégulation

Selon le maire de Lipari, « le choix exclusif de cette catégorie professionnelle est lié à une connaissance plus complète des activités volcaniques, acquise à l’issue d’un cursus spécifique, ce qui leur garantit une évaluation du risque volcanique. » Pour cette raison, la nouvelle ordonnance crée également un «Centre de coordination des excursions» dont le but est de faciliter la mise en place de secours rapides en cas de problème.

Cette réouverture du volcan est une bouffée d’oxygène pour les guides de Stromboli après deux saisons estivales au cours desquelles le volcan est resté fermé aux visiteurs suite aux événements éruptifs de juillet et août 2019.

Afin de mettre en place la nouvelle politique d’accès, les guides expliquent qu’il faut prévoir une nouvelle signalétique, avec en particulier des panneaux comportant des informations détaillées pour la sécurité des visiteurs.
L’ordonnance a provoqué la colère des guides de randonnée et naturalistes qui sont exclus de l’autorisation. Le président de l’AIGAE regrette le refus de concertation des autorités. Selon lui, l’ordonnance est illégale au regard de la réglementation européenne sur la libre concurrence et sur la liberté des professionnels de se déplacer,  d’exercer librement leurs activités et de dynamiser le marché, comme le font les 3 000 membres de l’association depuis plusieurs années.

Source : La Repubblica / Palermo.

Photo : C. Grandpey

Stromboli (suite)

Voici (en italien) le texte de l’ordonnance régissant l’accès au Stromboli, telle qu’elle vient d’être publiée par la mairie de Lipari. Comme je l’indiquais précédemment, vous ne pourrez montrer que jusqu’à 400 mètre d’altitude, avec accompagnement obligatoire des guides. Les groupes ne devront pas dépasser 20 personnes. Les excursions ne pourront se faire qu’entre 11 heures et minuit.

Ordonnance Stromboli septembre 2020

Voici deux extraits de l’ordonnance. Buona lettura!

Stromboli : excursions guidées autorisées jusqu’à 400 mètres d’altitude // Stromboli: guided excursions allowed up to 400 metres a.s.l.

Dans une note rédigée le 19 juillet 2020, j’indiquais que « l’accès au Stromboli est actuellement restreint et les touristes ne peuvent grimper qu’à 400 m d’altitude avec les guides locaux. » Je tenais cette information d’un ami italien, mais il semblerait que j’aie fait preuve d’un trop grand optimisme. En effet, un article paru dans la Gazzetta del Sud précise que jusqu’à ces derniers jours, l’accès au volcan n’était possible que jusqu’à 290 mètres d’altitude. Cette limite d’accès était motivée par l’activité imprévisible du Stromboli qui est capable de produire de fortes explosions, comme au cours de l’été 2019.

Le journal italien nous apprend que le maire de Lipari a signé le 14 septembre 2020, en concertation avec la Protection Civile et les volcanologues italiens, un décret permettant l’accès jusqu’à une altitude de 400 mètres, avec accompagnement de guides volcanologiques autorisés.
Cette décision est, évidemment, bien accueillie sur l’île de Stromboli et plus généralement dans tout l’archipel éolien car les excursions sur le volcan attirent chaque année des milliers de touristes, dont beaucoup d’étrangers. La crise sanitaire n’a rien arrangé en 2020. Les autorités compétentes font toutefois remarquer que la nouvelle altitude d’accès peut être modulée en fonction de l’activité volcanique. .

Source: Gazzeta del Sud. Tous mes remerciements à mon ami sicilien Santo Scalia de m’avoir transmis l’information.

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In a post written on July 19th, 2020, I indicated that “access to Stromboli is currently restricted and tourists can only climb to an altitude of 400m with the local guides.” I got this information from an Italian friend, but it seems I was overly optimistic. Indeed, an article in the Gazzetta del Sud explains that until recent days, access to the volcano was only possible up to an altitude of 290 metres. This access limit was motivated by the unpredictable activity of Stromboli which is capable of producing strong explosions, as in the summer of 2019.
The Italian newspaper tells us that the mayor of Lipari signed on September 14th, 2020, in consultation with Civil Protection and Italian volcanologists, an ordnance allowing access up to an altitude of 400 metres, with the accompaniement of authorized volcanological guides.
This decision was, of course, wolcomed on the island of Stromboli and more generally in the whole Aeolian archipelago because the excursions on the volcano attract each year thousands of tourists, many of them foreigners. The health crisis did not help in 2020. The competent authorities note, however, that the new access altitude can be modulated according to volcanic activity.

Source: Gazzeta del Sud. Many thanks to my Sicilian friend Santo Scalia for passing the information on to me.

Photo : C. Grandpey

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Le volcan interdit ?

C’est toujours la même rengaine : Dès qu’une éruption se déclenche sur le Piton de la Fournaise, le premier réflexe de la Préfecture est de fermer l’Enclos Fouqué au public et les gendarmes se précipitent pour cadenasser la porte au Pas de Bellecombe-Jacob.

La dernière éruption du mois de juillet n’a pas failli à cette tradition. Le problème, c’est que l’éruption était presque à portée de main du Pas de Bellecombe. Ce qui devait arriver est arrivé : des centaines de personnes ont bravé l’interdiction et son allées voir la lave de plus près !

C’est un secret de polichinelle : Chaque fois qu’une éruption démarre sur le Piton, il y a une bande de « fous furieux » (c’est ainsi qu’ils se sont baptisés) qui escalade le rempart de l’Enclos et va photographier fontaines et coulées de lave. Très honnêtement, si j’habitais sur l’Ile de la Réunion, je ferais partie de ce gang de volcanophiles ! Ce sont des gens qui connaissent parfaitement le terrain et qui n’ont jamais créé de souci aux autorités.

Le problème avec l’éruption du mois de juillet, c’est que ce n’est pas une poignée de connaisseurs, mais des centaines de personnes plus ou moins initiées à la volcanologie qui sont descendues dans l’Enclos pour admirer l’éruption de plus près. Certains n’ont d’ailleurs pas hésité à déployer la tente pour profiter au maximum du spectacle, parfois avec des enfants. Cela me rappelle des scènes que j’ai observées sur l’Etna à l’époque où j’épaulais les guides. J’ai vu des gens en tongs sur les coulées encore chaudes et même un couple avec un nouveau-né dans les bras déambuler le long des coulées actives au milieu des nuages de gaz toxiques à près de 3000 mètres d’altitude ! On se rend compte que la prise de conscience des risques a très vite ses limites chez des personnes qui ne connaissent pas le milieu volcanique.

Comme le fait remarquer l’auteur d’un article dans le Journal de l’Ile (JIR), la situation de ces derniers jours repose la question de l’accès à l’Enclos en phase éruptive et montre les limites de l’interdiction pour tous. On veut empêcher les gens de descendre et au final, c’est le contraire qui se produit.

Je pose la question : Pourquoi diable la Préfecture rejette-t-elle en permanence l’idée d’organiser des sorties guidées en période éruptive ? Il y a des guides sur l’Etna et sur le Stromboli et tout se passe bien !

Dans une note rédigée le 24 février 2017, je relayais un article paru dans le JIR et j’écrivais qu’une cinquantaine d’accompagnateurs en montagne allaient entamer une formation dans le but de conduire des groupes dans l’Enclos pendant les éruptions. Le dispositif était susceptible d’être opérationnel dès le mois d’avril 2017. Entre tout interdire et tout ouvrir, le Préfet de l’époque avait adopté une solution intermédiaire en annonçant début 2016 le lancement d’une formation pour les accompagnateurs en montagne afin de conduire le public au plus près de l’éruption tout en respectant les mesures de sécurité. Avec le nouveau système d’accompagnement, 80 personnes au maximum seraient autorisées à descendre simultanément dans l’Enclos à raison de 7 personnes par groupe. Le nombre de participants dans chaque groupe serait volontairement restreint pour permettre une évacuation rapide en cas d’urgence. L’accompagnement serait payant.

Malheureusement, les préfets se suivent et ne se ressemblent pas et le dossier a été mis au placard,  pour longtemps semble-t-il. Un ami réunionnais qui était partie prenante dans cette initiative était très pessimiste quand nous avons abordé le sujet au mois de juin. L’accès à l’Enclos ne semble pas faire partie des priorités des autorités… Affaire à suivre, mais je ne suis guère optimiste !

Note inspirée d’un article paru le 31 juillet 2019 dans l’excellent Journal de l’Ile de la Réunion.

Photos: C. Grandpey

C’est vraiment n’importe quoi !

Suite à l’éruption du Stromboli, le ministère des Affaires Etrangères français a brillamment déclaré sur le site Internet « L’Internaute » : « Si vous avez prévu de visiter les îles Éoliennes dans les prochains jours ou les prochaines semaines, il est vivement conseillé de reporter le voyage. » C’est vraiment ce qui s’appelle parler à tort et à travers. Les services de notre ministre des Affaires Etrangères, Jean-Yves Le Drian, dont le nom trahit les origines bretonnes, contrée hautement volcanique comme chacun sait, semblent ignorer la distance qui sépare les Iles Eoliennes. La dernière colère du Stromboli n’a absolument pas impacté les autres îles de l’archipel comme Vulcano et Lipari.

De plus, si les services ministériels s’intéressaient un tant soit peu à la volcanologie, ils sauraient que le Stromboli connaît de temps à autre des événements explosifs violents, mais très ponctuels et qui ne se poursuivent pas pendant plusieurs jours. D’ailleurs, le volcan a repris son activité typiquement strombolienne, avec de belles gerbes, en particulier dans la partie centre-sud de la zone éruptive.
La recommandation de notre ministère français des Affaires étrangères a suscité la controverse dans les sept îles de l’archipel sicilien qui, après les derniers événements à Stromboli, ont recommencé à vivre tranquillement grâce à l’arrivée continue de vacanciers. A Stromboli, on a même célébré deux mariages de non-résidents.
Le maire de Lipari a déclaré: « Le Stromboli a sans aucun doute été secoué par un événement extraordinaire. Aujourd’hui, il est encore davantage surveillé pour assurer les conditions de sécurité nécessaires. En ce sens, toutes les mesures nécessaires ont été adoptées, y compris l’interdiction de monter sur le volcan. Mais sur l’île, toutes les interventions nécessaires pour rétablir la normalité ont déjà été effectuées. Les cendres tombées sur les rues et les maisons ont été balayées, en sachant que les retombées n’ont affecté que le village de Ginostra ».
Le premier magistrat de Lipari a ajouté : « Il faut souligner que les services n’ont jamais été interrompus, y compris ceux qui ont toujours assuré la mobilité vers et depuis l’île, il n’y a pas d’ordre pour interdire ou limiter l’accès à l’île et par conséquent, il est totalement inapproprié de déconseiller l’accès ».

Source : La Sicilia.

Photo: C. Grandpey

Mon cher Etna!

Comme je l’ai indiqué précédemment, les modalités d’accès à l’Etna varient en fonction de l’activité éruptive. Ces derniers jours, deux ordonnances ont été publiées à quelques jours d’intervalle par le maire de Nicolosi. La première faisait état de restrictions d’accès sévères car le Nouveau Cratère Sud-Est était en éruption. La suivante était plus tolérante car l’activité volcanique avait cessé.
Au moment où j’écris ces lignes (14 juin 2019 au matin), l’accès au volcan est parfaitement libre jusqu’à 2750 mètres d’altitude. Entre 2750 m et 2920 mètres, l’accès ne peut se faire qu’avec « l’accompagnement de guides alpins ou volcanologiques ». Au-dessus de 2920 mètres, l’accès à la zone des cratères ne peut se faire qu’avec les guides, en petits groupes de 20 personnes maximum, équipées en conséquence du point de vue de la sécurité. L’approche du Cratère Sud-Est reste toutefois interdite et une distance de sécurité d’au moins 300 mètres doit être respectée.
Pour pouvoir observer la zone sommitale de l’Etna, il faut sérieusement mettre la main au portefeuille! Voici ce que vous devrez débourser:
– Aller-retour jusqu’à 2500 mètres d’altitude avec le téléphérique: 30 euros par adulte (23 euros pour les enfants de 5 à 10 ans)
– Vous devrez payer 35 euros de plus (25 euros pour les enfants de 5 à 10 ans) si vous désirez vous faire véhiculer jusqu’à l’altitude 2900 mètres en bus 4X4 avec l’accompagnement d’un guide.
– Pour accéder aux cratères (avec guide obligatoire), il faudra de nouveau mettre la main au portefeuille. A ce sujet, il serait souhaitable que les différentes compagnies de guides affichent d’emblée leurs tarifs sur leur site internet et ne se contentent pas de descriptions séduisantes pour appâter le client…
– Des visites guidées du volcan sont également proposées. Vous en trouverez le descriptif en cliquant sur ce lien:

https://www.excursionsetna.it/package/etna-crateri-sommitali-escursione/

Là encore, les Siciliens n’y vont pas avec le dos de la cuillère, car les prix proposés ne comprennent pas l’accès par téléphérique et bus 4X4. Par exemple, une personne seule devra débourser en plus 130 euros, un couple 65 euros par personne. Le tarif devient dégressif (49 euros) pour 3 à 5 personnes et ainsi de suite.

Il y a quelques jours, un Sicilien de ma connaissance m’a accusé d’entraver le tourisme sur l’Etna parce que j’avais annoncé sur ce blog avec quelques jours de retard que l’accès au sommet du volcan était désormais autorisé avec l’accompagnement de guides. Je pense que les tarifs proposés pour le téléphérique, les bus 4X4 et les excursions organisées sur le volcan sont autrement dissuasifs. Beaucoup de commentaires sur les forums parlent de tarifs scandaleux. A chacun de juger… et de décider!

Photo: C. Grandpey

Accès à Etna Sud (Sicile) // Access to South Etna (Sicily)

Le 9 avril 2019, le maire de Nicolosi a publié une nouvelle ordonnance définissant les conditions d’accès au versant sud de l’Etna.

Il est écrit que l’accès est autorisé librement jusqu’à 2920 mètre d’altitude.

Au-dessus de 2920 mètres, l’accès ne peut se faire qu’avec l’accompagnement des guides de l’Etna ou de volcanologues professionnels.

Il est demandé à ces derniers de tenir la Protection Civile informée des variations d’activité du volcan susceptibles de représenter un danger pour le public et d’informer préventivement les personnes sous leur responsabilité des risques encourus en milieu volcanique…

… en attendant la prochaine colère de l’Etna qui remettra évidemment en question le texte de cette ordonnance !

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On April 9th, 2019, the Mayor of Nicolosi issued a new ordinance defining the conditions of access to the south side of Mount Etna.
One can read that access is allowed up to 2920 metres above sea level.
Above 2920 metres, access can only be done with the accompaniment of the Etna guides or professional volcanologists.
These are asked to keep the Civil Defence informed of the changes in volcano acticity likely to represent a danger to the public and to inform the people under their responsibility of the risks incurred in the volcanic environment…
… while waiting the next eruptive activity which will obviously cancel the text of this ordinance!

Extrait de l’ordonnance du 9 avril 2019