Mt Shindake (Japon / Japan)

D’après le site web The Watchers, une forte éruption explosive s’est produite sur le Shindake sur l’île Kuchinoerabujima dans l’après-midi (heure locale) du 18 décembre 2018. Le volcan est en éruption sporadique depuis octobre 2018.
Des panaches de cendre se sont élevés jusqu’à 2 000 mètres au-dessus du cratère. Cependant, les mauvaises conditions météorologiques empêchent d’avoir une bonne vue de l’éruption.
Selon la chaîne NHK, une coulée pyroclastique a atteint une distance d’environ 1 km sur le flanc ouest du volcan. Il s’agit de la première coulée de ce type depuis mai 2015, date à laquelle tous les habitants ont été évacués.
Le niveau d’alerte est maintenu à 3.

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According to the website The Watchers, a strong explosive eruption took place at Mount Shindake on Kuchinoerabujima Island in the afternoon (local time) of December 18th, 2018 The volcano has been sporadically erupting since October 2018.

Ash plumes rose up to 2 000 metres above the crater. However, poor weather conditions prevent from having a good view of the eruption.

According to NHK, a pyroclastic flow reached a distance of about 1 km down the western slope of the volcano. It is the first such flow to be observed since May 2015, when all residents were evacuated.

The alert level is kept at 3.

En rouge l’île Kuchinoerabujima où se dresse le Mt Shindake (Source: Google Maps)

Ambrym (Vanuatu)

Comme je l’ai écrit dans une note précédente, le département Geo-Hazards du vanuatu a élevé le niveau d’alerte volcanique d’Ambrym à 3 le 15 décembre 2018. Une éruption se déroulait dans la caldera, près du cratère du Marum, avec coulées et fontaines de lave, ainsi que des émissions de cendre et de gaz.
L’éruption a provoqué une série de séismes d’une magnitude pouvant atteindre cinq sur l’échelle de Richter. Ils ont ouvert des fractures sur l’île et provoqué l’effondrement de certaines maisons, principalement dans la partie sud-est d’Ambrym. Les dégâts sont importants car les hypocentres des séismes étaient très peu profonds. Il convient de garder à l’esprit qu’un séisme superficiel, de magnitude modérée, est susceptible de causer davantage de dégâts importants qu’un événement plus intense avec un hypocentre très profond.

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As I put it in a previous post, the Geo-Hazards Department raised the volcanic alert level for Ambrym volcano to 3 on December 15th, 2018. An eruption was taking place in the caldera area near Marum crater with lava flows and fountains, as well as ash and gas emissions.

The eruption has sparked a series of earthquakes of up to five on the Richter scale that have opened cracks around the island and caused some houses to collapse, mostly on the south east part of Ambrym. The reason for the damage is that the hypocentres of the quakes are very shallow. One should bear in mind that a shallow earthquake with a moderate magnitude is more likely to cause heavy damage than a more intense event with a very deep hypocentre.

Source: GeoHazards

Novembre 2018 encore trop chaud ! // November 2018 was still too hot !

La NASA vient d’indiquer que le mois de novembre 2018 a été le cinquième plus chaud depuis le début des relevés de la NASA en 1880. Avec 0,77°C au-dessus de la moyenne 1951-1980, l’anomalie relevée en novembre 2018 est en baisse par rapport à octobre où elle était de 0,98°C. Parmi les 5 mois de novembre les plus chauds, on ne trouve que des mois après l’année 2013.

Sur les 100 dernières années, le rythme de réchauffement pour le mois de novembre est de 0,09°C par décennie. Depuis 1998, on note une accélération de 0,2°C par décennie.

Il s’avère que 2018 sera la 4ème plus chaude derrière le trio 2015-2016-2017. Pour l’année en cours (entre janvier et novembre), 2018 présente une hausse de 0,81°C. Le trio record 2015-2016-2017 est encore devant à la faveur de conditions plus chaudes dans le Pacifique sur l’ensemble de l’année.

A noter que pour la France, un premier bilan des températures établi à la mi décembre montre que cette année 2018 se place au premier rang des années les plus chaudes depuis 1900. Avec un excédent de l’ordre de 1,4°C, 2018 devance 2014 (+1,2°C) et 2015 (+1,1°C°).

 

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NASA reports that November 2018 was the fifth warmest month since the start of the surveys in 1880. At 0.77°C above the 1951-1980 average, the anomaly for November 2018 is down from October when it was 0.98°C. All the hottest months of November, occurred after 2013.
Over the last 100 years, the rate of warming for the month of November has been 0.09°C per decade. Since 1998, there has been an acceleration of 0.2°C per decade.
It turns out that 2018 will be the 4th warmest tear behind 2015, 2016 and2017 trio. For the current year (between January and November), 2018 shows an increase of 0.81°C. The record trio 2015-2016-2017 is still ahead because of warmer conditions in the Pacific for the whole year.

1783 : Le Laki (Islande) et l’Asama (Japon) se déchaînent // 1783 : Laki (Iceland) and Asama (Japan) go wild

1783 fut une année particulièrement riche du point de vue volcanique, avec deux éruptions majeures sur Terre.

On a beaucoup parlé de l’éruption du Laki en Islande et certains y voient même l’une des causes possibles de la Révolution Française.

Au même moment, une éruption majeure est passée largement inaperçue au Japon, celle de l’Asama qui, elle aussi, a contribué à perturber les conditions climatiques dans l’hémisphère nord.

Ce n’est pas le seul exemple d’une éruption majeure qui en cache une autre. En 1902, l’éruption de la Montagne Pelée (Martinique) et ses quelque 29 000 morts a occulté celle du Santa Maria au Guatemala qui a tué 6000 personnes.

En Islande, le Laki s’est réveillé le 8 juin 1783 en déchirant l’écorce terrestre sur de plus de 40 km. Le long de cette fracture géante baptisée Lakagigar, on  a observé jusqu’à 110 bouches éruptives qui ont vomi des torrents de lave pendant 50 jours, avec un débit estimé à 5000 m3 par seconde. Cette lave s’est étalée sur 370 km². C’est le plus grand épanchement lavique, des temps historiques.

L’éruption du Laki en 1783 a entraîné de graves perturbations climatiques dans l’hémisphère nord. Les nuages de cendre, en empêchant le rayonnement solaire de toucher la terre, ont provoqué un hiver exceptionnellement froid en Europe. La Seine fut totalement gelée le 1er février 1784.

L’éruption a eu des effets catastrophiques sur les êtres vivants. 80% des moutons islandais ont péri et la famine a tué un cinquième de la population de l’île, ramenant celle-ci à 40 000 habitants.

Au niveau européen, l’étude des registres paroissiaux a révélé une surmortalité de l’ordre d’un tiers dans les mois qui ont suivi l’éruption du Laki. On estime à plusieurs dizaines de milliers le nombre de morts en Europe.

Au Japon, l’Asama est  un strato-volcan andésitique qui s’élève à 2560 mètres d’altitude sur l’île de Honshu, à environ 130 km de Tokyo. Il est très actif avec des éruptions récentes en 2004, 2008 et 2009. La composition de sa lave explique son comportement explosif et la violence de ses éruptions. De type plinien, elles ont secoué l’édifice volcanique en 1108 et surtout en 1783, presque en même temps que l’éruption du Laki en Islande.

L’éruption a débuté le 9 mai de cette même année avec des émissions de cendre qui se sont peu à peu intensifiées. A partir du mois de juillet, un panache plinien s’est étalé au-dessus du volcan, avec des éclairs et des coups de tonnerre. Les ondes de choc faisaient vibrer les maisons, déclenchant des mouvements de panique au sein de la population. L’éruption a atteint son paroxysme à partir du 4 août 1783 et s’est terminée avec une dernière puissante explosion dans la matinée du 5 août, entendue jusqu’à 300 km de distance.

Avec les coulées pyroclastiques, les nuages et les retombées de cendre et de ponce, l’éruption de l’Asama a causé de gros dégâts. Elle a totalement détruit quatre villages et des milliers d’habitations. Le bilan humain est d’environ 1400 morts. L’agriculture est pratiquement restée au point mort pendant les quatre ou cinq années qui ont suivi l’éruption. La population a d’autant plus souffert que les autorités ne disposaient pas de réserves alimentaires. A elle seule, la famine a tué 20 000 personnes.

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1783 was a very rich year from a volcanic point of view, with two major eruptions on Earth.
Much has been said about the eruption of Laki in Iceland and some even see it as one of the possible causes of the French Revolution.
At the same time, the major eruption of Asama volcano went largely unnoticed in Japan. It contributed to disrupting weather conditions in the northern hemisphere.
This is not the only example of a major eruption hiding another one. In 1902, the eruption of Montagne Pelée (Martinique) and its 29,000 deaths overshadowed that of Santa Maria in Guatemala that killed 6,000 people.

In Iceland, Laki woke up on June 8th, 1783, tearing the Earth’s crust over more than 40 km. Along this giant fracture called Lakagigar, up to 110 eruptive mouths have been reported to have vomited torrents of lava for 50 days, with an estimated flow of 5,000 m3 per second. This lava spread over 370 km². It is the greatest lava effusion of historical times.
The eruption of Laki in 1783 caused severe climatic disturbances in the northern hemisphere. The ash clouds, preventing solar radiation from reaching the earth, caused an exceptionally cold winter in Europe. The River Seine was totally frozen on February 1st, 1784.
The eruption had catastrophic effects on living beings. 80% of the Icelandic sheep died and the famine killed one-fifth of the island’s population, bringing it back to 40,000.
At the European level, the study of parish registers revealed an excess mortality of about a third in the months following the Laki eruption. It is estimated that tens of thousands of people died in Europe.

In Japan, Asama is an andesitic stratovolcano rising  2560 metres above sea level on Honshu Island, about 130 km from Tokyo. It is very active with recent eruptions in 2004, 2008 and 2009. The composition of its lava accounts for its explosive behaviour and the violence of its eruptions. Plinian type, they rocked the volcanic edifice in 1108 and in 1783, almost at the same time as the eruption of Laki in Iceland.
The eruption began on May 9th of that year with ash emissions gradually increasing. From the month of July, a plinian plume spread over the volcano, with lightning and thunder. The shockwaves vibrated the houses, triggering panic among the population. The eruption reached its climax from August 4th, 1783 and ended with a last powerful explosion on the morning of August 5th, heard up to 300 km away.
With the pyroclastic flows, the clouds and the fallout of ash and pumice, the eruption of Asama caused great damage. It totally destroyed four villages and thousands of homes. The human toll is about 1,400 dead. Agriculture remained virtually stalled for four to five years after the eruption. The population suffered even more because the authorities did not have food reserves. Alone, the famine killed 20,000 people.

Fracture éruptive du Laki (Photo: C. Grandpey)

Vue de l’Asama (Crédit photo: Wikipedia)

Quand la Terre tremble en Creuse…

Même si la Creuse n’est pas située en zone sismique, il arrive que la terre tremble dans le département où je suis né. Un document intitulé « Le risque sismique en Creuse «  diffusé par la Préfecture nous apprend que « historiquement, depuis le 18ème siècle, plus de 60 séismes ont été ressentis en Creuse (avec une intensité maximale de VII). L’événement le plus significatif (intensité VI-VII) semble avoir été enregistré à Chambon-sur-Voueize en 1796. Depuis 1962, ce sont plus de 150 séismes, de magnitude faible, qui ont été enregistrés. »

Les communes de Creuse sont classées en zone d’aléa sismique faible (zone 2) et onze appartiennent à la catégorie 1 (aléa sismique très faible). Il n’y a donc pas lieu de s’affoler.

Même si le risque sismique est faible, il arrive que la terre tremble dans le département. Ainsi, le lundi 17 décembre peu après 11 heures, un séisme de magnitude M 3,3 a été enregistré aux confins de la Creuse et de l’Indre. L’épicentre a été localisé à proximité d’Argenton-sur-Creuse. Ce séisme se trouve près de la faille de la Marche, dans une région orientée est-ouest, longue de plus de 100 km et large de 50 km au nord du Massif Central cristallin. Cette région a une activité sismique faible mais relativement fréquente. L’événement survient moins de deux mois après la secousse de même magnitude qui avait réveillé nombre de Creusois dans la région de la Souterraine et jusqu’à Guéret, le mardi 23 octobre 2018. Les témoignages font état d’un « grand boum » semblable à une explosion ou à un avion qui aurait passé le mur du son…

Ces deux événements, auxquels s’ajoute un troisième survenu en mars 2018, viennent conforter la thèse évoquée par certains scientifiques selon laquelle une « petite crise sismique » serait à l’oeuvre dans cette zone périphérique du Massif-Central.

Source : CEA, Préfecture de la Creuse, Le Populaire du Centre.