Les lacs de lave du Kilauea, Ambrym et Nyiragongo // Kilauea, Ambrym and Nyiragongo lava lakes

En 2018, la pression du magma a entraîné la hausse de niveau du lac de lave au sommet du Kilauea (Hawaii). Cette forte pression magmatique a débouché sur une très spectaculaire éruption qui a provoqué la vidange rapide du lac de lave et l’effondrement du cratère sommital du Kilauea

La même séquence d’événements s’est également produite en 2018 à Ambrym, un volcan très actif au Vanuatu. On note beaucoup de points communs avec l’éruption du Kilauea. Avant 2018, la caldeira sommitale d’Ambrym hébergeait cinq lacs de lave. Dans les semaines précédant l’éruption, la lave dans au moins l’un des lacs a montré une hausse significative, comme cela a été observé avant l’éruption du Kilauea en 2018.

Source : GeoHazards

Une hausse de la sismicité a été enregistrée au sommet le 14 décembre à Ambrym et très vite le magma est entré dans la zone de rift sud-est, provoquant une fracturation importante du sol. En deux jours, les cinq lacs se sont vidangés et les cratères se sont effondrés, tandis que des panaches de cendres s’élevaient du sommet.

Le 17 décembre, la migration du magma s’est arrêtée à Ambrym. Peu de temps après, les habitants ont observé de la pierre ponce en train de dériver sur le rivage, preuve qu’une éruption sous-marine s’était produite plus loin dans la zone de rift. Au sommet, un lac d’eau a rapidement remplacé l’un des lacs de lave dans le cratère effondré.

La fracturation du sol à Ambrym a causé des dégâts aux bâtiments en 2018, mais l’éruption aurait pu être plus dévastatrice si elle s’était produite sur terre.

En 1913, un schéma d’activité identique s’est produit à Ambrym, avec une éruption sur terre qui a détruit un hôpital. Une étude sur l’éruption d’Ambrym en 2018 souligne que l’élévation du niveau du lac de lave avant l’éruption était probablement due à une accumulation de pression dans la chambre magmatique sommitale. Les auteurs de l’étude notent que ce processus a été décrit en détail pour le Kilauea qui dispose d’un réseau de surveillance plus performant.

En conclusion, on peut dire que les lacs de lave sommitaux sont de bons indicateurs de la pression qui règne dans la chambre magmatique sous-jacente, et jouent le rôle de baromètres à liquide.

L’analyse de la lave a montré que le dyke magmatique d’Ambrym avait, sur son parcours le long de la zone de rift, rencontré une poche périphérique de magma plus ancien. Ce mélange de magmas a également eu lieu lors de l’éruption dans la Lower East Rift Zone du Kilauea en 2018, avec des conséquences sur les débits éruptifs et les risques associés.

Les observations des éruptions d’Ambrym et du Kilauea indiquent que l’élévation rapide du niveau des lacs de lave sommitaux pourrait être un bon indicateur des prochaines éruptions latérales de ces volcans.

Ce processus éruptif a des implications pour les risques associés au Nyiragongo, en République Démocratique du Congo. Le volcan héberge un grand lac de lave actif depuis des décennies. L’élévation du niveau de ce lac de lave a précédé de grandes éruptions latérales en 1977 et 2002. L’éruption de 1977 du Nyiragongoa produit des coulées de lave particulièrement rapides qui ont tué des dizaines de personnes. Les coulées de lave de l’éruption de 2002 ont envahi une grande partie de la ville de Goma, laissant 120 000 personnes sans abri et en déplaçant de nombreuses autres. Actuellement, le lac de lave du Nyiragongo a un niveau élevé, semblable à celui d’avant les éruptions de 1977 et 2002. Une étude récente, menée par une équipe internationale de scientifiques, a conclu que la situation actuelle sur le Nyiragongo pourrait déboucher sur une nouvelle éruption latérale dans plusieurs années.

Source : Wikipedia

S’agissant du Kilauea, il convient de noter que le lac de lave actuel qui a commencé à se former en décembre 2020 dans le cratère de l’Halema’uma’u est très différent de celui que l’on pouvait observer avant 2018. Le lac actuel est formé par accumulation de la lave qui coule passivement au fond du cratère. Il ne se trouve pas directement au-dessus du conduit en provenance de la chambre magma. Cela signifie que les changements de son niveau ne peuvent pas être utilisés comme indicateurs de la pression magmatique.

Lac de lave avant l’éruption du Kilauea en 2018 (Source : HVO)

‘Lac’de lave actuel sur le Kilauea (Source: HVO

Au fil des ans, les pentes du Kilauea, d’Ambrym et du Nyiragongo ont été dévastées par des éruptions alimentées par un magma s’écoulant depuis leurs sommets. Les scientifiques espèrent aboutir à une meilleure compréhension de ces éruptions latérales et de leurs signes avant-coureurs. Ils pourront ainsi utiliser ces connaissances pour réduire les risques et améliorer la prévision éruptive.

Source: USGS / HVO.

Pour ceux qui possèdent l’ouvrage, des descriptions des éruptions tragiques d’Ambrym et du Nyiragongo se trouvent dans mon livre Killer Volcanoes, aujourd’hui épuisé.

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In 2018, rising summit lava lake levels, caused by building magmatic pressure, culminated in a large eruption of Kilauea (Hawaii) which abruptly drained the summit lava lake and initiated crater collapse.

The same sequence of events also occurred in 2018 on Ambrym, a highly active volcano in Vanuatu, with that paralleled those on Kilauea. Prior to 2018, the summit caldera on Ambrym hosted five lava lakes. In the weeks prior to the eruption, at least one of the lava lakes showed a significant rise, similar to what happened before Kilauea’s 2018 eruption.

Earthquakes began at the summit on December 14th, and soon magma intruded along Ambrym’s southeast rift zone, creating extensive ground cracking. Within two days, all five lakes had drained and the craters collapsed inwards, as ash plumes rose from the summit.

On December 17th, the magma migration stopped. Soon after, residents observed pumice drifting onshore, signaling that a submarine eruption had occurred far down the rift zone. At the summit, a water lake soon replaced one of the lava lakes in the collapsed crater.

Although ground cracking at Ambrym produced damage to buildings in 2018, the eruption could have been more hazardous if it had happened onshore. In 1913, a similar pattern of activity occurred at Ambrym, producing an onshore eruption that destroyed a hospital.

A study on the 2018 Ambrym eruption highlights that the rising lake level prior to the eruption was a likely sign of building pressure in the summit magma chamber. The authors note that this pattern has been documented in detail at Kilauea, which has a more extensive monitoring network.

In essence, summit lava lakes are giant pressure gauges of the underlying magma chamber, akin to a liquid barometer. Analysis of the lava chemistry showed that the magmatic dike at Ambrym had intersected a peripheral, isolated pocket of older magma on its route along the rift zone. This mixing of new and old magma also occurred during the 2018 lower East Rift Zone eruption of Kīlauea, with implications for eruption rates and hazards.

The Ambrym and Kīlauea observations suggest that rapidly rising summit lava lakes may be a common harbinger of upcoming flank eruptions.

This process has implications for hazards at Nyiragongo, in the Democratic Republic of the Congo, which hosts a large summit lava lake that has been intermittently active for decades.

Rising lake levels preceded large flank eruptions in 1977 and 2002 at Nyiragongo. The 1977 eruption produced unusually fast lava flows, killing scores of people. Lava flows from the 2002 eruption covered a large portion of the city of Goma, leaving 120,000 people homeless and displacing many more. Currently, the Nyiragongo lake has risen to a high level, roughly similar to that before the 1977 and 2002 eruptions. A recent study, by a different international team of scientists, has forecast that this could lead to a new flank eruption in several years.

It’s worth noting that the current lava lake at Kilauea, which started forming in December 2020, is fundamentally different from the lake that was present before 2018. The current lake is lava that is passively ponding at the bottom of the Halema’uma’u crater and is not situated directly over the conduit that rises from the magma chamber. This means its lava level changes can’t be used as a pressure gauge in the same manner.

Over the years, communities on Kilauea, Ambrym, and Nyiragongo have been devastated by eruptions fed by magma draining from their summits. Scientists hope to develop a better understanding of these flank eruptions and their precursors and use that knowledge to reduce risk and improve forecasts in the future.

Source: USGS / HVO.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

L’activité à Ambrym a diminué au cours des derniers mois. En conséquence, le niveau d’alerte a été abaissé de 2 à 1 le 10 octobre 2019. Toutefois, les visiteurs doivent être prudents car il existe des zones de fractures dans la caldeira sommitale.
Le GeoHazard Department indique que l’activité éruptive de ces derniers mois est maintenant terminée. Cependant, il existe toujours des zones dangereuses au sommet, avec des périmètres de sécurité d’1 km de rayon autour du cratère du Benbow et de 2 km autour du cratère du Marum à l’intérieur desquels les chaudrons de lave ont disparu.
Source: GeoHazards.

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Dans son dernier bulletin couvrant le début du mois d’octobre, l’INSIVUMEH indique que l’activité du Fuego (Guatemala) est stable, avec des explosions qui continuent à générer des panaches de cendre et de gaz. On observe des projections de matériaux incandescents qui retombent sur les pentes du volcan, ainsi que des avalanches qui empruntent les ravines principales. Des lahars sont toujours enregistrés pendant les périodes de fortes pluies.

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L’activité n’a pas évolué sur les volcans du Kamchatka depuis ma dernière note sur l’activité volcanique dans le monde. Il faut toutefois noter que des épisodes éruptifs avec émission de volumineux panaches de cendre peuvent se produire à tout moment, ce qui modifie temporairement l’alerte aérienne. Il ne fait pas oublier que le Kamchatka se trouve au-dessous des couloirs aériens entre l’Amérique du Nord et l’Asie. Le Sheveluch a été sujet ces derniers temps à de tels phénomènes éruptifs. En ce moment, son niveau d’alerte aérienne est Orange, tout comme l’Ebeko, tandis que le Karymsky et le Bezymianny présentent la couleur Jaune.

Source : KVERT.

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Un de me contacts réunionnais m’indique que l’on observe à nouveau une hausse de la sismicité et une reprise de l’inflation sur le Piron de la Fournaise (Illustration ci-dessous). Cette dernière reste toutefois timide. Si une éruption se produit, il y a de fortes chances pour que ce soit un événement bref et de faible intensité, comme ceux observés en juin et août 2019.

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Suite à des émissions de cendre de l’Etna (Sicile), le 11 octobre 2019 au matin, l’aéroport Fontanarossa de Catane a fermé à 9 heures.. La situation s’est par la suite améliorée et le trafic aérien a pu reprendre en cours d’après-midi.

Malgré ces émissions de cendre, le tremor volcanique reste relativement stable et aucune activité éruptive majeure n’a été observée au cours es derniers jours.

Source : La Sicilia.

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Un essaim sismique a été enregistré sur le Vésuve (Italie) et dans les villes autour du volcan pendant la soirée du 11 octobre 2019, à partir de 19 heures et sur une durée d’une heure et demie. On a enregistré quinze événements d’une magnitude maximale de M 1,5, trop faibles pour être ressentis par la population, et non répertoriés par l’INGV, l’Institut national de géophysique et de volcanologie.
Source: Napoli Today.
Vous pourrez voir ci-dessous une image de l’essaim sismique sur les sismographes:

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Activity at Ambrym has decreased during the past months. As a consequence, the alert level has been lowered from 2 to 1 on October 10th, 2019. However, visitors should be careful as there are cracked areas in the summit caldera area.

The GeoHazard Department indicates the past eruptive activity is now over. However, the danger zones remain at the summit, with a radius of 1 km around Benbow crater and 2 km around Marum Crater in which lava lcauldrons are no longer to be seen.

Source : GeoHazards.

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In its latest report for the beginning of October, INSIVUMEH reports that Fuego‘s activity in Guatemala is stable, with explosions that continue to generate ash and gas plumes. There are projections of incandescent materials that fall on the slopes of the volcano, as well as avalanches that travel down the main drainages. Lahars are still observed during periods of heavy rain.

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Activity has not much changed on Kamchatka volcanoes since my last post about volcanic activity around the world. It should be noted, however, that eruptive episodes with emission of large ash plumes can occur at any time, temporarily changing the aviation colour code. One should not forget that Kamchatka lies beneath the air corridors between North America and Asia. Sheveluch has lately been subject to such eruptive phenomena. At this moment, its aviation colour code is Orange, as is the Ebeko, while Karymsky and Bezymianny are Yellow.

Source : KVERT.

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One of my contacts on Reunion Island has just told me that once again there is an increase in seismicity and a resumption of inflation on Piron de la Fournaise. The latter remains quite low. Should an eruption occur, it is likely to be a short, low-intensity event, like those observed in June and August 2019.

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Following ash emissions from Mt Etna (Sicily), in the morning of 11 October 2019, Catania’s Fontanarossa airport closed at 9 am. The situation subsequently improved and air traffic could resume during the afternoon.
Despite these ash emissions, the volcanic tremor remains relatively stable and no major eruptive activity has been observed in recent days.
Source: La Sicilia.

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A seismic swarm was recorded on Vesuvius (Italy) and in the Vesuvian towns in the evening of October 11th 2019, from around 19:00 for a total duration of an hour and a half. It included fifteen events with a maximum magnitude of M 1.5, too low to be felt by the population, and therefore not recorded, for example, by INGV, the National Institute of Geophysics and Volcanology.

Source: Napoli Today.

Here is a picture of the seismic swarm on the seismographs:

Source: Osservatorio Vesuviano

Courbes montrant l’inflation sur le Piton de la Fournaise (Source: OVPF):

(Source: OVPF)

Volcans du monde // Volcanoes around the world

Tout est calme sur le Kilauea (Hawaii), tellement calme que le niveau d’alerte volcanique vient de redescendre à Normal et l’alerte aérienne a été abaissée de Jaune à Vert. Sismicité, déformation et émissions gazeuses sont faibles, que ce soit au sommet du volcan ou le long de l’East Rift Zone.

Source : HVO.

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Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne pour le Karymsky et le Sheveluch est maintenue à l’Orange car des explosions accompagnées de panaches de cendre pouvant atteindre 10 à 15 km d’altitude peuvent se produire à tout moment et affecter le trafic aérien.

La couleur de l’alerte aérienne pour le Bezymianny a été abaissée au jaune. Toutefois on observe toujours d’importantes émissions de gaz et de vapeur.

Source : KVERT.

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GeoHazards indique qu’une activité volcanique élevée persiste à Ambrym (Vanuatu)  et devrait se poursuivre sans grands changements. Les zones de danger dans la caldeira se limitent à 1 km autour du Benbow et 2 km autour des cratères du Marum. La zone de sécurité pour les personnes inclut la Zones d’Exclusion Permanente du Benbow et la Zone de Danger A du Marum. Une zone de danger supplémentaire au sud-est d’Ambrym a té mise en place à moins de 1 km des principales fractures.
Les fractures qui se sont ouvertes dans le sud-est d’Ambrym pendant l’éruption de décembre 2018 peuvent continuer à s’ouvrir en raison de l’érosion. Une forte sismicité peut continuer à affecter ces fractures ainsi que les zones autour des cratères actifs où l’on observe des émissions de vapeur. Comme je l’ai écrit précédemment, les lacs de lave dans les cratères du Benbow et du Marum ont disparu le 16 décembre 2018.

Le niveau d’alerte pour Ambrym est à 2 depuis le 14 février 2019.

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L’activité du Popocatepetl (Mexique) n’a guère évolué depuis la semaine dernière, avec les habituelles émissions de gaz et de vapeur, ponctuées de temps à autre par une explosion de cendre et de matériaux incandescents suite à la destruction, sous la pression des gaz, du dôme de lave qui s’est mis en place dans le cratère.

Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune, Phase 2.

Source : CENAPRED.

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L’Observatoire Volcanologique et Sismologique de Guadeloupe n’a pas l’air de s’inquiéter, mais un essaim sismique d’origine volcanique a débuté le samedi 23 Mars 2019 à 04h01 (heure locale) dans la zone du volcan de La Soufrière. Cette séquence sismique continue avec 147 événements depuis son début. Les séismes sont de très faible magnitude (M < 1) at aucun d’eux n’a été ressenti par la population. Les événements ont été localisés à une profondeur d’environ 2.5 km sous le sommet du dôme de La Soufrière.

Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune, Vigilance.

Rappelons que la zone d’accès au sommet du volcan a été réduite il y a quelques semaines suite à l’intensification de certaines fumerolles.

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Au cours de ma conférence intitulée «Volcans et risques volcaniques», j’informe le public que la dernière éruption du Fuego (Guatemala) en juin 2018, a tué 332 personnes ; c’est le bilan officiel publié par le gouvernement guatémaltèque. En fait, personne ne sait exactement combien de personnes sont mortes sous les coulées pyroclatiques qui ont rayé le village de San Miguel Los Lotes de la carte. J’ai lu récemment que le bilan était de 202 morts et 229 disparus, mais on pense généralement qu’il est près de 1 000. Après des mois de tests, y compris l’envoi d’échantillons à l’étranger, environ 110 restes de corps n’ont pas pu être identifiés. Le processus d’analyse est terminé ; 202 personnes ont été identifiées et leurs restes remis aux familles pour l’inhumation. Pour les autres, il se peut qu’il y ait des doublons de personnes déjà identifiées.
L’INSIVUMEH (responsable de la surveillance volcanique) et la CONRED (responsable de la gestion des catastrophes au Guatemala) ont été tenus responsables de la mauvaise gestion de la crise éruptive. Les deux institutions se sont même accusées mutuellement. Aujourd’hui, l’INSIVUMEH dispose de davantage d’équipements (stations sismiques, écrans de contrôle, etc.) pour tenter d’anticiper l’activité volcanique. Il y a aussi une meilleure collaboration avec la CONRED. Espérons que la prochaine éruption du Fuego sera moins meurtrière que des leçons auront été tirées de celle de juin 2018.

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Everything is quiet on Kilauea Volcano (Hawaii), so quiet that the volcanic alert level has just been lowered from Advisory to Normal. The aviation colour code has been lowered from Yellow to Green.  The rates of seismicity and deformation as well as the gas emissions are low at the summit and along the East Rift Zone.

Source: HVO.

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In Kamchatka, the aviation colour code for Karymxky and Sheveluch is Orance because ash explosions up to 10-15 km a.s.l. could occur at any time and affect air traffic

The aviation colour code for Bezymianny has been lowered to Yellow. However, a strong gas-steam activity continues.

Source: KVERT.

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GeoHazards indicates that volcanic activity at Ambrym is continuing at the level of major unrest and is likely to continue at this level. The Danger Zones at the caldera remain at 1 km around Benbow and 2 km around Marum craters. The Danger Zone for life safety remains limited at the Permanent Exclusion Zone at Benbow and Danger Zone A at Marum. An additional Danger Zone at the South-East of Ambrym remains within 1 km from major cracks.
Open cracks in the South-East Ambrym area during the December eruption 2018 may continue to open due to erosion. Major seismicity could continue to affect these cracks and areas around the active craters with emissions of steam. As I put it before, the lava lakes in Benbow and Marum craters have disappeared since December 16th, 2018.

The alert level for Ambrym has been at 2 since February 14th, 2019.

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Activity at Popocatepetl (Mexico) has not much changed since last week, with the usual gas and steam emissions, punctuated from time to time by an explosion of ash and incandescent materials due to the destruction, under the pressure of gases, of the lava dome in the crater.
The alert level remains at Yellow, Phase 2.

Source: CENAPRED.

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The Volcanological and Seismological Observatory of Guadeloupe does not seem to worry, but a seismic swarm of volcanic origin began on Saturday, March 23rd, 2019 at 04:01 (local time) in the Soufrière volcano area. This seismic sequence continues with 147 events since its beginning. The earthquakes are of very small magnitude (M <1) and none of them has been felt by the population. The events are located at a depth of about 2.5 km beneath the summit of the dome of La Soufrière.
The alert level remains at Yellow, Watch.
One should bear in mind that the access area at the top of the volcano was reduced a few weeks ago following the intensification of some fumaroles.

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During my conference entitled « Volcanoes and volcanic risks », I inform the public that Fuego’s latest eruption in Guatemala in June 2018 killed 332 persons, which is the government’s official death toll. Actually, no one knows for sure how many people died under the pyroclatic flows which wiped the village of San Miguel Los Lotes from the map. I have read recently that the toll was 202 dead and 229 missing, but it is generally thought that it is close to 1,000. After months of testing, which included sending some samples abroad, about 110 remains cannot be identified. The analysis process has come to an end and 202 people were identified and their remains handed to family for burial. As for the rest of the remains, some could be duplicates from people already identified.

Both INSIVUMEH (in charge of volcano monitoring) and CONRED (which manages disasters in Guatemala) were held responsible for the poor management of the eruptive crisis. They even accused each other of mismanagement. Today, INSIVUMEH has got more equipment (seismic stations, monitors, etc) to try to anticipate volcanic activity. There is also a better collaboration with CONRED. Let’s hope Fuego’s next powerful eruption will be less deadly than the June 2018 event.

Vue de San Miguel Los Lotes avant et après l’éruption du Fuego (Source: CONRED)

Les lacs de lave se font rares sur Terre // Very few lava lakes on Earth

Il y a actuellement très peu de lacs de lave sur Terre.

J’ai longuement décrit la vidange du lac de lave dans le cratère de l’Halema’ma’uu lors de l’éruption du Kilauea à Hawaï en 2018.

En ce qui concerne Ambrym (Vanuatu), le dernier rapport GeoHazards informe le public que le niveau d’alerte volcanique a été réduit de 3 à 2. Le déclin de l’activité éruptive et la présence de fractures actives dans la partie sud-est d’Ambrym expliquent les changements apportés aux zones à risques (voir la carte ci-dessous). Les zones de danger dans la caldeira se limitent maintenant à 1 km autour du Benbow et à 2 km autour des cratères du Marum, y compris le Maben-Mbwelesu, le Niri-Mbwelesu et le Mbwelesu. Une zone de risque supplémentaire a été ajoutée au sud-est d’Ambrym, à moins de 1 km des fractures mentionnées ci-dessus.
Les dernières images et observations satellitaires confirment la présence de fractures actives qui se sont ouvertes dans le village de Paamal et ses environs, ainsi que le soulèvement du sol dans la zone côtière du sud-est d’Ambrym. Les fractures sont orientées dans la direction WSW-ENE. Les observations de ces fractures révèlent qu’il n’y a pas de vapeur qui s’en échappe, ni de coulées de lave ; on ne perçoit aucune odeur de gaz volcanique. Les fractures et le soulèvement du sol dans le sud-est d’Ambrym sont peut-être dus à la présence d’une d’un dyke qui se serait formé au moment de la vidange des lacs de lave dans les cratères sommitaux du Benbow et du Marum en décembre 2018, avec migration de la lave vers l’est de l’île. Cette activité a remodelé la forme de l’île et GeoHazards pense qu’elle pourrait influer sur les futures zones d’impact volcanique.
Ces observations indiquent également qu’une activité volcanique persiste au niveau de la caldeira, avec des émissions de vapeur et d’autres gaz provenant des cratères actifs, ainsi que des effondrements dans certaines zones autour des cratères actifs. Les lacs ou marmites de lave qui existaient dans les cratères du Benbow et du Marum ont disparu depuis le 16 décembre 2018.
Bien que la population ne ressente plus de fortes secousses, les observations actuelles et l’analyse des données confirment l’existence d’une sismicité qui pourrait continuer à affecter les fractures existantes, en particulier dans le sud-est d’Ambrym.

Le lac de lave de l’Erta Ale semble lui aussi connaître des difficultés avec de fortes variations de son niveau Au mois de septembre 2018, l’agence de voyage Volcano Discovery indiquait que le lac de lave restait actif et se trouvait à 75 mètres sous la lèvre du cratère nord du volcan. Cependant, le fort dégazage empêchait souvent de voir sa surface. ,

Deux amis qui viennent de rentrer d’Ethiopie indiquent que le lac de lave est petit et se trouve à plus de 100 mètres de profondeur. Sa surface est masquée par les gaz. Il continue à se vidanger. Mes amis ajoutent que tant que la ou les galeries évacueront la lave, il n’y aura pas de lac. Seul un effondrement ou un puissant séisme pourrait obstruer ces galeries et empêcher cette évacuation de la lave, ce qui permettrait au lac de se remettre en charge.

Un petit lac de lave existe au fond du cratère de l’Erebus mais son accès reste compliqué et peu de missions se rendent à son chevet. La dernière en date (voir ma note) du 13 janvier 2019 avait pour but l’étude des bactéries qui parviennent à se développer dans cet univers hostile.

Il existe toutefois des lacs de lave spectaculaires comme celui du Nyiragongo (République Démocratique du Congo) et son voisin Nyamuragira. Se renseigner sur la sécurité locale avant de se rendre dans ce pays. Voici une petite vidéo du lac de lave dans le Nyamuragira (février 2019): https://www.youtube.com/watch?v=utwABU8bS3g&fbclid=IwAR2j7dKMaOf4VZQqKkB5Tj-v1eHPWc_29rliOsJ69XNCh9TOuVJS0qmtFIM

En Amérique centrale, au Nicaragua, un chaudron de lave bouillonne au fond du Masaya.

Un conseil : Si vous décidez d’entreprendre un voyage (souvent coûteux) afin d’observer un lac de lave actif, renseignez vous sur son existence. Les descriptifs fournis par les agences de voyage peuvent ne pas être à jour!

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There are currently very few lava lakes on Earth.

I have long documented about the drainage of the lava lake in Halema’ma’u during the 2018 eruption of Kilauea Volcano in Hawaii.

As far as Ambrym (Vanuatu) is concerned, the latest GeoHazards report informs the public that the volcanic alerte level has been lowered from 3 to 2. This declined activity and the presence of active faults in the SE part of Ambrym contribute to the change of current danger zones of Ambrym volcano (see map below). The danger zones at the caldera are now reduced to 1 km around Benbow and 2 km around Marum craters including Maben-Mbwelesu, Niri-Mbwelesu and Mbwelesu. An additional area of risk at the South-East of Ambrym is now identified within 1 km from major cracks.

The latest satellite imagery and observations confirm the presence of open cracks and active faults in Paamal village and its vicinity and the uplift at the coastal area of South-East Ambrym. These fractures are oriented in the WSW-ENE direction. Observations of the crack surfaces confirm that there is no steam, no lava flows, not even any smell of volcanic gases in the cracks. Cracks and uplift in SE Ambrym may be due to the presence of a possible dyke that may form from the drainage of the main craters of Benbow and Marum at the summit and migrating beneath to the eastern part of the island in December 2018. This activity has reshaped the form of the island and may influence the future volcanic hazards impact areas.
These observations also indicate that the volcano activity at the caldera remains with emissions of steam and other gases from the active craters with collapses in some areas around the active craters. The lava lakes that used to exist in Benbow and Marum craters have disappeared since December 16th, 2018.

Though people are no longer feeling strong earthquakes, current observations and analysis of seismic data confirm an ongoing seismicity which may continue to affect the existing cracks, especially in the South-East Ambrym area.

The lava lake in Erta Ale volcano seems to be experiencing difficulties with strong fluctuations of its level. In September 2018, the Volcano Discovery travel agency reported that the lava lake remained active and was 75 metres below the rim of the northern crater of the volcano. However, the strong degassing often prevented from seeing its surface.
Two friends who have just returned from Ethiopia indicate that the lava lake is small and is more than 100 metres deep. Its surface can’t be seen because of the gases. The drainage continues. My friends add that as long as the gallery – or galleries – will evacuate the lava, there will be no lake. Only a collapse or a powerful earthquake could obstruct these galleries and stop this evacuation of the lava; this would allow the lake to refill.

A lava lake exists at the bottom of the crater of Mt Erebus but its access is very difficult and very few missions visit the volcano. The last one (see my post of January 13th, 2019 aimed at studying the bacteria that manage to survive in that hostile environment.

However, there are spectacular lava lakes such as Nyiragongo (Democratic Republic of Congo) and its neighbour Nyamuragira. Get informed about local safety before travelling to this country. Here is a short video of the lava lake in Nyamuragira (February 2019): https://www.youtube.com/watch?v=utwABU8bS3g&fbclid=IwAR2j7dKMaOf4VZQqKkB5Tj-v1eHPWc_29rliOsJ69XNCh9TOuJJs0qmtFIM

In Central America, in Nicaragua, a cauldron of lava bubbles at the bottom of Masaya Volcano

Just one piece of advice :  If you decide to start a (costly) journey to go and see an active lava lake, make sure such a lake still exists. The descriptions provided by the travel agencies are not always updated!

Lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u en 2017 (Crédit photo: IVO)

Nouvelle carte à risques de la caldeira d’Ambrym (Source: GeoHazards)

Les cratères de l’Erta Ale en 2008 (Source: Wikipedia)

Vue du sommet de l’Erebus (Source: Wikipedia)

Le lac de lave du Nyiragongo est actuellement le plus grand sur Terre. (Crédit photo: Wikipedia)