Neige et ressources en eau sur Terre // Snow and Earth’s water resources

L’eau est une ressource essentielle sur Terre. Sans eau, la vie serait impossible. Cependant, seule une fraction de l’eau que l’on trouve sur Terre, soit 3% seulement, est de l’eau douce, et une proportion de 70% de cette eau douce est inaccessible, car elle est prisonnière des glaciers, de la banquise et des neiges éternelles. Il sera intéressant d’observer l’impact du changement climatique sur les chutes de neige, l’accumulation de cette neige, ainsi que ses effets sur les réserves d’eau de la planète.
La NASA a récemment lancé une nouvelle mission destinée à étudier la neige qui se trouve sur la planète et sa relation avec l’eau disponible immédiatement. Baptisée SnoxEx, la mission s’étalera sur plusieurs années et s’effectuera depuis les airs. Son objectif est d’améliorer les méthodes utilisées pour mesurer l’épaisseur et le volume de neige à la surface de la Terre. En testant  les équipements et les techniques de calcul de la quantité d’eau contenue dans la couverture neigeuse, les scientifiques espèrent mieux comprendre comment les fluctuations dans l’accumulation de neige affectent l’accessibilité à l’eau dans le monde entier, que ce soit pour l’agriculture, l’électricité ou l’eau potable.
Les scientifiques de la NASA collaboreront avec des dizaines de leurs collègues aux États-Unis, au Canada et en Europe. Un objectif de la mission est de trouver et d’affiner les meilleures techniques de mesure de la neige et de déterminer comment elles peuvent cohabiter. Comme le manteau neigeux contient généralement de 40 à 95 pour cent d’air, sa teneur en eau est calculée en mesurant sa masse ou  bien sa profondeur et sa densité.
Les satellites surveillent depuis des dizaines d’années l’enneigement saisonnier, mais ils ne sont pas capables de mesurer avec précision la quantité d’eau piégée dans la neige au travers de différents types de paysages enneigés. En particulier, il leur est difficile de mesurer précisément les zones forestières et on pense que les évaluations antérieures ont sous-estimé de 50% le stockage de l’eau dans la neige.

D’autres études utilisant des technologies d’analyse à distance ont également illustré de façon incomplète le stockage de l’eau dans la neige. Les fréquences micro-ondes ne peuvent pas détecter la neige quand elle est partiellement fondue, et le LIDAR est incapable de pénétrer les nuages, ce qui limite son utilité pour analyser les accumulations de neige.
Pour surmonter ces limites techniques, SnowEx rassemblera ses données à l’aide de capteurs multiples intégrant des technologies émergentes telles que celles utilisant l’altitude et la gravité, ainsi que des méthodes plus conventionnelles comme la spectroscopie, le radar et la radio-détection. Au total, cinq avions dotés de 10 capteurs différents permettront aux scientifiques d’analyser la couche neigeuse en fonction des différents types de terrains et des différents types de neige.
Les scientifiques travailleront également sur le terrain dans deux sites du Colorado: le Grand Mesa et le Senator Beck Basin. Les données recueillies au cours des observations sur le terrain seront confrontées aux résultats fournis par les capteurs à bord des avions et les résultats aideront à déterminer les objectifs de la mission SnowEx dans les années à venir. Elles permettront peut-être d’aider au développement futur de satellites capables de détecter les volumes de neige depuis l’espace.
Source: Live Science.

 —————————————-

Water is an essential resource on Earth. Without water, life would be impossible. However, only a fraction of Earth’s water, a mere 3 percent, is freshwater, and about 70 percent of that freshwater is inaccessible, locked up in glaciers, ice and permanent snow cover. With climate change going on, it will be interesting to observe its impact on snowfall, snow accumulation and then its impact on the water reserves of the planet.

NASA recently launched a new initiative to investigate the planet’s snow and the relationship of this snow to readily available liquid water. The aim of the SnowEx multiyear airborne research campaign is to improve methods used to measure snow depth and volume. By testing equipment and techniques for calculating the amount of water contained in snow cover, scientists hope to improve their understanding of how fluctuations in snow accumulation affect water accessibility worldwide, for agriculture, power and drinking.

NASA experts will collaborate with dozens of scientists from across the U.S., Canada and Europe. A goal of the campaign is to find and refine the best snow-measuring techniques and determine how they could work together. Because snowpack is typically 40 to 95 percent air, water content is calculated by either measuring the snowpack’s mass or establishing its depth and density.

Satellites have monitored seasonal snow cover from space for decades, but they can’t accurately measure the amount of water trapped in snow across different types of snow-covered landscapes. Accurately measuring forest areas is particularly challenging, and prior evaluations are thought to have underestimated water storage in snow by as much as 50 percent.

Other surveys using remote-scanning technologies also painted an incomplete picture of water storage in snow. Microwave frequencies cannot detect snow when it is partly melted, and LIDAR is unable to penetrate clouds, limiting its usefulness to track snowstorm accumulations.

To overcome these technical limitations, SnowEx will gather its data with multiple sensors, incorporating emerging technologies such as those that use altitude and gravity sensing, together with more conventional methods like spectroscopy, radar and radio sensing. A total of five aircraft deploying 10 different sensors will allow scientists to adjust scanning options in response to different terrains and different types of snow.

Scientists will also work on the ground at two Colorado sites: Grand Mesa and Senator Beck Basin. Data collected during fieldwork will serve to verify the findings provided by remote-sensing aircraft, and the results will help to determine SnowEx goals in the coming years — perhaps even informing the future development of satellites capable of detecting snow volume from space.

Source: Live Science.

Les satellites ont des difficultés pour détecter le volume de neige dans un tel paysage au Canada (Photo: C. Grandpey).

L’explosion sur l’Etna : Recherche des responsables // The explosion on Mt Etna: Who is to blame?

En Italie, c’est comme en France : une fois survenu un problème, il faut trouver des responsables ! Le problème en question, c’est l’explosion phréatique (ou phtréato-magmatique) qui a blessé une douzaine de personnes sur l’Etna le 16 mars dernier à 2700 mètres d’altitude (voir la description de l’événement dans mes notes précédentes).

Le procureur de Catane a ouvert une enquête sur une éventuelle responsabilité liée à des niveaux de sécurité. Pour le moment, aucun responsable n’est nommément désigné. Selon la presse sicilienne, l’enquête concernerait la définition de la « zone rouge » qui aurait dû être abaissée à une altitude plus basse avant l’accident, ainsi que le rôle des guides de l’Etna pour assurer la sécurité des touristes qu’ils accompagnaient. .

Comme je l’ai indiqué sur les réseaux sociaux, on peut aussi constater que les victimes de l’explosion ne portaient pas de casques au moment où elle s’est produite.

Au final, c’est la Nature et le volcan qui sont responsables, mais personne n’osera jamais les mettre en examen !

Source : ANSA.it. (Merci à Santo Scalia de m’avoir communiqué l’article)

—————————————

In Italy, like in France, once a problem occurs, the authorities look for the people to blame! The mostrecent problem is the phreatic (or phreatic-magmatic) explosion that injured a dozen people on Mount Etna on March 16th at an altitude of 2,700 meters (see the description of the event in my previous notes).
The prosecutor of Catania has opened an investigation into possible liability linked to security levels. At the moment, nobody has been namely accused. According to the Sicilian press, the investigation would concern the definition of the « red zone » which should have been lowered to a lower altitude before the accident, as well as the role of the guides of Mount Etna who were supposed to ensure the safety of the tourists they accompanied. .
As I put it on social networks, the victims of the explosion were not wearing helmets at the time it occurred.
In the end, Nature and the volcano are the real culprits, but no one will ever dare to put them under examination!
Source: ANSA.it. (Thanks to Santo Scalia for sending me the article)

Etna (Sicile / Italie): Retour au calme // Back to normal

Après avoir décliné régulièrement (voir mes notes précédetes), le tremor a retrouvé se matin son niveau de base. Les images de la caméra thermique sur le Monte Cagliato montrent que la coulée de lave qui se dirigeait vers la Valle del Bove n’est plus active. L’Etna est donc en passe de retrouver son calme, mais un nouvel épisode strombolien ne saurait être exclu. Le volcan nous a déjà habitués à de telles sautes d’humeur.

———————————

After having declined regularly (see my previous notes), the tremor has regained its background level this morning. The images of the thermal camera on Monte Cagliato show that the lava flow that was travelling down the Valle del Bove is no longer active. It seems Mt Etna is about to become quiet again, but a new strombolian episode can not be ruled out. The volcano has already accustomed us to such a behaviour.

Kilimandjaro, Ol Doinyo Lengai, Ngorongoro (Tanzanie)

L’émission « Faut pas rêver » diffusée sur France 3 le 15 mars dernier était intitulée Tanzanie, du Kilimandjaro à Zanzibar. Elle a permis de survoler le Kilimandjaro qui domine le continent de ses 5895 mètres. Il s’agit d’un volcan décrit comme dormant. En effet, la dernière éruption majeure remonterait à plus de 300.000 ans mais une activité volcanique aurait été détectée il y a quelques centaines d’années. Par ailleurs, le Kili émet encore des fumerolles au niveau du Kibo, et connaît occasionnellement des secousses sismiques faibles à moyennes.
Beaucoup de randonneurs effectuent la longue ascension du Kilimandjaro dans l’espoir d’admirer les glaciers qui couronnent son sommet. Ceux qui veulent se lancer dans cette expédition doivent se dépêcher car les « neiges du Kilimandjaro » de la chanson de Pascal Danel sont en voie de disparition.
Depuis les années 2000, la glace sommitale aurait perdu 29 % de son volume, en grande partie à cause du réchauffement climatique. Les glaciers sur la façade nord, comme le Credner, ont largement contribué à cette perte. Si les glaciers de cette face disparaissent plus rapidement, c’est en partie parce qu’elle est la plus exposée au soleil. Le Kili étant dans l’hémisphère sud, à seulement 340 km de l’équateur, c’est le versant nord du volcan qui reçoit le plus de rayonnement solaire.  Au même titre que les glaciers andins tropicaux, les glaciers du Kilimandjaro dépendent des variations climatiques naturelles – El Niño notamment -, du changement climatique actuel, mais également de la déforestation. Selon certaines études, elle jouerait même un rôle déterminant. En effet, le volcan est entouré d’une forêt tropicale qui, malgré la création d’un parc national en 1973, continue de régresser.

Voici deux captures d’images du documentaire:

L’émission a également permis un survol de l’Ol Doinyo Lengai. Les visites à ce volcan se font rares depuis l’éruption de 2007 qui a creusé un profond gouffre à son sommet. Les images proposées par l’émission confirment la situation très calme actuelle. Il ne semble même pas que des coulées de carbonatite soient présentes au fond du pit crater. J’ai eu la chance de grimper au sommet du Lengai à la fin du mois de décembre 2003. On observait alors un petit lac de lave avec de fréquents débordements. Même si les coulées de carbonatite ont disparu, la région du Lengai au cœur du rift africain, avec le lac Natron et ses flamants roses, mérite largement un détour.

Voici une capture d’écran du documentaire:

Voici des photos prises en décembre 2003:

Sans oublier les populations masaï:

Les pistes permettent d’accéder assez rapidement au cratère du Ngorongoro qui figurait également en bonne place dans l’émission. Il s’agit d’un ancien volcan qui, il y a deux millions d’années, s’est effondré sur lui-même lors de la vidange de sa chambre magmatique. L’événement a donné naissance à la caldeira d’une vingtaine de kilomètres de diamètre que nous connaissons aujourd’hui et qui est un paradis pour la faune africaine. Le parcours au milieu des zèbres et des gnous, en compagnie des buffles, des éléphants et autres lions figure parmi mes meilleurs souvenirs de voyages….

Photos: C. Grandpey