Une dizaine de blessés sur l’Etna (Sicile) // About 10 persons got injured on Mount Etna (Sicily)

18 heures: Une explosion a blessé au moins 10 personnes sur l’Etna, y compris des touristes et des scientifiques, ce jeudi juste après 13h00, à 2700 m. d’altitude, au niveau du Belvedere dell’Etna. Les touristes étaient là pour observer le spectacle du volcan en éruption.
Selon l’agence de presse italienne ANSA, six personnes ont été hospitalisées, principalement avec des blessures à la tête. Aucune des blessures n’a été répertoriée comme grave, sauf pour un des guides de l’Etna qui souffre d’un traumatisme crânien. D’où l’intérêt de porter un casque sur un volcan actif! 
Parmi les personnes présentes sur la montagne au moment de l’explosion figuraient des scientifiques de l’INGV. L’Institut a déclaré que son personnel était parmi les blessés, mais n’a pas donné de détails sur le nombre de scientifiques présents ou la gravité des blessures.
Une journaliste scientifique de la BBC était également sur le volcan. Elle a décrit l’événement dans une série de tweets. «Course vers le bas de la montagne, écorchée par des rochers, esquivant des roches brûlantes et de la vapeur bouillante – une expérience que je ne veux pas répéter», a-t-elle écrit. L’équipe de la BBC a été secouée mentalement mais s’en sort bien, avec seulement quelques coupures, des contusions et des brûlures. La journaliste a déclaré que l’explosion était « un rappel du danger et de l’imprévisibilité des volcans. »
Selon le quotidien La Sicilia, il s’est agi d’une explosion phrémo-magmatique au niveau du front de la coulée de lave apparue il y a quelques heures sur le flanc S du Nouveau Cratère SE. Elle a été provoquée par le contact entre la lave et la neige qui couvre actuellement le volcan. En fondant, la neige forme des poches d’eau sous la coulée. Sous l’effet de la chaleur, l’eau se vaporise et peut provoquer des explosions phréato-magmatiques comme celle qui s’est produite aujourd’hui. Les blessés ont d’abord été transférés au Rifiugio Sapienza, puis vers les hôpitaux de Catane et d’Acireale.
Au moment de l’accident, il y avait 35 randonneurs dans la zone, dont 15 touristes étrangers. Le maire de Nicolosi a déclaré: « Cette expérience confirme la nécessité 1) de respecter le volcan et d’entrer dans la zone sommitale en toute sécurité avec des guides professionnels, et 2) de respecter les zones interdites ».

Voici l’explosion vue par une webcam: https://youtu.be/zHYrp9VmZiU

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22h30: L’éruption continue ce soir. Après avoir montré un certain déclin, le tremor et l’activité sismique se sont stabilisés. Les webcams montrent que l’activité reste soutenue..

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18:00: Mount Etna injured at least 10 people, including tourists and scientists, following an explosion on Thursday just after 13:00, at 2700 m. a.s.l., on the Belvedere dell’Etna. Tourists had been drawn to Etna to observe the spectacle of the active volcano erupting.

According to the Italian news agency ANSA, six people were hospitalized, mostly with head injuries. None of the injuries was listed as grave, except one of the Etna guides who is said to suffer from a skull trauma. It should be compulsory to wear a helmet on an active volcano!

Among those present on the mountain at the time of the explosion were scientists from Italy’s INGV. The Institute said its staff were among the injured, but did not immediately have details of how many or how badly they were hurt.

The BBC’s global science reporter also was on the mountain, and described the experience in a series of tweets. “Running down a mountain pelted by rocks, dodging burning boulders and boiling steam – not an experience I ever want to repeat,” she wrote. The BBC crew was shaken, but physically OK, having suffered cuts, bruises and burns. She said the explosion was “a reminder of how dangerous (and) unpredictable volcanoes can be.”

According to the newspaper La Sicilia, the event was a phreato-magmatic explosion at the front of the lava low that appeared a few hours ago on the S flank of the New SE Crater. It was caused by the contact between lava and the snow that currently covers the volcano. When melting, snow forms pockets of water beneath the lava flow. With the heat of the lava, water turns into vapour which may explode during phreato-magmatic explosions like the one that occurred today. The injured persons were first transferred to the Rifiugio Sapienza and then to hospitals in Catania and Acireale.

At the time of the accident, there were 35 trekkers in the affected area, among whom 15 foreign tourists. The mayor of Nicolosi said: “ This experience confirms the necessity 1) to respect the volcano and to get into the summit area in complete security, with professional guides, and 2) to respect the forbidden areas”.

Here is a link to a webcam that recorded the explosion: https://youtu.be/zHYrp9VmZiU

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22:30: Eruptive activity is going on tonight. After declining, the tremor and seismicity stabilised and activity is still quite intense, as shown by the webcams.

L’éruption vue par la webcam Radio Studio 7.

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En rade sur le Teide (Iles Canaries) ! // Stranded on Teide (Canary Islands) !

Les faits divers se multiplient sur les volcans ces jours-ci ! Après les touristes français pris par la patrouille dans une zone interdite du Kilauea à Hawaii, les excursionnistes blessés par une explosion sur l’Etna, un incident est survenu sur le téléphérique du Teide aux Canaries. Ce volcan actif culmine à plus de 3700 mètres d’altitude. C’est le plus haut sommet d’Espagne et une destination touristique populaire.
Les services d’urgence espagnols ont secouru 250 personnes suite à la panne du téléphérique. Des dizaines de passagers se sont retrouvé piégés dans deux cabines et une centaine d’autres personnes ont été obligées de passer la nuit à haute altitude.
Plus de la moitié des passagers du téléphérique, dont 70 étaient suspendus à 40 mètres de hauteur, ont été ramenés au sol à l’aide de cordes, de harnais et de poulies. La panne du téléphérique a obligé 111 personnes, dont huit enfants, à passer la nuit dans des cabines sur le volcan.
Jeudi à midi, quatre hélicoptères avaient recueilli 57 de ces personnes, tandis que d’autres sont redescendues à pied en compagnie de secouristes. On ne recense aucune blessure grave.
Le gestionnaire du téléphérique a déclaré que l’incident avait été causé par le déclenchement automatique d’un verrou de sécurité pour des raisons inconnues. Il a ajouté que les protocoles d’urgence avaient été suivis et que les personnes contraintes de passer la nuit sur le volcan avaient reçu une aide médicale, des vêtements chauds et de la nourriture. Le téléphérique ne rouvrira pas avant samedi au plus tôt.
Source: Journaux espagnols.

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Incidents are accumulating on volcanoes these days. After the French tourists caught in a forbidden area of Kilauea Volcano, the excursionists injured by a an explosion on Mount Etna, an incident happened on Mount Teide, whose summit is more than 3,700 metres above sea level. It is Spain’s highest peak and a popular tourist destination.

The Spanish emergency services have rescued 250 people after a cable car service broke down, leaving dozens of passengers trapped in two gondolas and forcing more than 100 to spend the night at high altitude.

More than half the passengers – including 70 who were lowered 40 metres from the stranded cars to the ground using ropes, harnesses and pulleys – were rescued. The cable car’s failure meant 111 people, including eight children, had to spend the night in cabins on the volcano.

By midday on Thursday, four helicopters had collected 57 of those stranded overnight, while others walked down accompanied by rescue workers. There was no serious injury.

The volcano’s cable car operator said the incident had been caused after a security lock was triggered automatically for unknown reasons. It added that emergency protocols had been followed and that those forced to spend the night on the volcano had been provided with medical help, warm clothes and food. The cable car system will not reopen until Saturday at the earliest.

Source : Spanish newspapers.

Photo: C. Grandpey

Le Marum (Vanuatu) depuis votre fauteuil ! // Marum Volcano (Vanuatu) from your armchair !

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous pourrez explorer le cratère du Marum et son lac de lave depuis votre fauteuil grâce à Google Street View. Marum est l’un des neuf volcans actifs du Vanuatu, cet archipel situé à environ 1 600 kilomètres à l’est de l’Australie.
Pour obtenir les images qui viennent enrichir sa cartographie de la planète, Google a envoyé deux explorateurs dans le cratère où bouillonne le lac de lave. Les hommes sont descendus en rappel sur une hauteur d’environ 400 mètres pour réaliser des images à 360 degrés. Pour cela, ils ont utilisé le dernier instrument d’acquisition d’images de Google, le Street View Trekker. Les images du cratère du Marum et du lac de lave sont disponibles sur Google Map Street View :
https://www.google.com/maps/@-16.2500152,168.1359185,3a,90y,123.63h,64.28t/data=!3m6!1e1!3m4!1sQZNcwUQmCoBcvc2zxPL6ow!2e0!7i13312!8i6656

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By clicking on the link below, you will be able to explore the crater of Marum volcano and its lava lake from your armchair thanks to a new Google Street View. Marum is one of the nine active volcanoes in Vanuatu, an archipelago about 1,600 kilometres east of Australia.

To further expand its global mapping, Google sent two explorers into a crater above the boiling lava lake in Marum volcano. The men rappelled about 400 metres into the crater to collect 360-degree imagery using the company’s latest image-gathering device, called Street View Trekker. Now available on Google Map’s Street View, users can explore the crater and its lava lake.

https://www.google.com/maps/@-16.2500152,168.1359185,3a,90y,123.63h,64.28t/data=!3m6!1e1!3m4!1sQZNcwUQmCoBcvc2zxPL6ow!2e0!7i13312!8i6656

Lac de lave du Marum (Crédit photo: Wikipedia)

Eruption de l’Etna (suite / continued)

8h30 : L’INGV a publié un résumé du dernier épisode éruptif qui a commencé le 15 mars 2017 au niveau du Cratère SE de l’Etna. Comme lors de l’épisode éruptif précédent (27 février – 1er mars 2017), la bouche éruptive se trouvait dans la dépression entre le Cratère Sud-Est (CSE) et le Nouveau Cratère Sud-Est (NCSE).
Aux premières heures du matin du 15 mars, une petite coulée de lave a commencé à avancer sur le flanc sud du complexe CSE-NCSE. A partir de 07 h 00 (TU = heure locale -1), l’activité éruptive s’est rapidement intensifiée et l’amplitude du tremor volcanique a connu une hausse sensible. Vers 09h00 (TU), les explosions stromboliennes étaient presque constantes et ont généré des nuages de cendre qui se sont rapidement dispersées dans l’atmosphère. Dans le même temps, la coulée de lave avait atteint la base du cône et progressait lentement vers le sud.
En fin d’après-midi, la lave a continué à avancer en recouvrant la coulée émise lors de l’épisode éruptif précédent. L’intensité de l’activité strombolienne a atteint un pic vers 17h40-17h45h (TU), mais dans la soirée on a observé une diminution progressive de l’activité éruptive et de l’amplitude du tremor qui ont ensuite montré des fluctuations. La coulée de lave n’était plus alimentée.

Cependant, peu avant 23h00 (TU), une nouvelle coulée de lave a été émise par une bouche située sur le flanc sud du cône. Au cours de la nuit, elle a progressé en direction du secteur de la Torre del Filosofo, avant de s’orienter vers le SE.

Ce matin, l’activité se poursuit d’une manière assez régulière, comme le montre le tremor.

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8:30: INGV has given a summary of the last eruptive episode that started at Mt Etna’s SE Crater on March 15th 2017. As during the previous eruptive episode (27 February – 1 March 2017), the eruptive vent was located in the area of the former « saddle » between the southeast Crater (SEC) and the New Southeast Crater (NSEC).

In the early morning hours of  March 15th, a small lava flow started oozing down the south flank of the SEC-NSEC cone complex. After 07:00h UTC (=local time -1), the eruptive activity rapidly intensified, and the volcanic tremor amplitude showed a marked rise. By 09:00h UTC, Strombolian explosions were nearly constant and generated modest amounts of volcanic ash that was rapidly dispersed in the atmosphere. The lava flow had reached the base of the cone and was slowly expanding toward south.

During the late afternoon, lava continued to advance on top of the lava flow of the previous eruptive episode. The intensity of the Strombolian activity reached a peak around 17:40-17:45h UTC, but in the evening there was a gradual diminution of both the eruptive activity and the volcanic tremor amplitude, after which both showed fluctuations. The lava flow was no longer fed. However, shortly before 23:00 UTC, a new small lava flow was emitted from a vent on the south flank of the cone. During the night, it advanced over the Torre del Filosofo area and then toward southeast.

This morning, activity continues in a fairly steady way, as shown by the eruptive tremor.

 

Glace de mer : La Nature contre l’Homme ! // Sea ice : Nature vs. Man !

Avec Donald Trump à la Maison Blanche, l’approche du changement climatique et du réchauffement global de la planète va probablement changer, avec une tendance à réduire l’importance des activités humaines dans le phénomène. Un article récemment publié dans le quotidien Alaska Dispatch News confirme cette nouvelle approche.
Jusqu’à ces derniers mois, les gaz à effet de serre produits par les activités humaines étaient considérés comme la cause principale du déclin rapide de la glace de mer dans l’Arctique. Dans l’article du journal alaskien, on peut lire que «les fluctuations naturelles du climat arctique ont causé jusqu’à la moitié de la disparition de la glace de mer autour du pôle Nord au cours des dernières décennies, le reste étant provoqué par le réchauffement planétaire causé par l’homme». Ce point de vue est celui qu’une équipe de scientifiques basée aux États-Unis a publié dans la revue Nature Climate Change.
L’étude indique que la disparition totale de la glace dans l’Océan Arctiqu, tant redoutée pour les prochaines années et considérée comme l’un des signes les plus évidents du réchauffement climatique causé par l’homme, pourrait être retardée si la Nature évolue vers une période plus froide. Les scientifiques ajoutent que les variations naturelles du climat arctique «peuvent être tenues pour responsables d’environ 30 à 50 pour cent de la réduction globale de la glace de mer au mois de septembre depuis 1979».
La surface occupée par la glace de mer s’est réduite régulièrement et a atteint un niveau record en septembre 2012 (la fin de l’été dans l’Arctique) dans les relevés satellitaires qui ont débuté en 1979. La glace est à son niveau le plus bas à la mi-mars 2017 et elle rivalise avec les bas niveaux hivernaux de 2016 et 2015.
L’étude, qui fait le distinguo entre la responsabilité de l’Homme et les influences naturelles dans la circulation atmosphérique de l’Arctique, indique que le réchauffement naturel du climat arctique pendant des décennies a probablement été lié à des fluctuations qui trouvent leur source jusque dans l’Océan Pacifique tropical. Selon l’auteur principal de l’étude – un chercheur de l’Université de Californie – « si ce phénomène naturel s’arrêtait ou s’inversait dans un proche avenir, nous assisterions à un ralentissement de la tendance à la fonte rapide de la glace, voire à son retour. »
Cependant, tous les chercheurs ne sont pas d’accord avec cette approche bipolaire de la fonte de l’Arctique. Un scientifique de l’Université de Reading a déclaré qu’à long terme, l’accumulation de gaz à effet de serre par l’homme deviendra un facteur de plus en plus important. «En ce qui concerne l’avenir, la question est avant tout de savoir quand, plutôt que si, l’Arctique sera dépourvu de glace en été. »
La fonte de l’Arctique perturbe les moyens de subsistance des peuples indigènes et affecte la faune, que ce soient les ours polaires ou les phoques, tout en ouvrant la région à la surexploitation du pétrole et du gaz, ainsi qu’au transport maritime. Un professeur de l’université de Leeds, qui n’a pas participé à l’étude, a montré de sérieuse réserves sur les responsabilités partagées entre les causes naturelles et artificielles. «Personne n’a fait une telle répartition des responsabilités auparavant.»
En 2013, un groupe de climatologues des Nations Unies avait juste laissé entendre que les activités humaines avaient «très probablement contribué» à la fonte de la glace arctique, sans donner de chiffres. Ces scientifiques avaient déclaré que la glace pourrait disparaître vers le milieu du siècle si les émissions [de gaz à effet de serre] continuaient à augmenter…
Source: Alaska Dispatch News.

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With Donald Trump at the White House, the approach to climate change and global warming is likely to change, with the tendency to reduce the importance of human activities in the phenomenon. An article recently published in the Alaskan daily Alaska Dispatch News confirms this new approach.

Until the past months, greenhouse gases produced by human activities were seen as the main culprit of the rapid decline of sea ice in the Arctic. This time, we can read that “natural swings in the Arctic climate have caused up to half the precipitous losses of sea ice around the North Pole in recent decades, with the rest driven by man-made global warming”. This point of view was written by a U.S.-based team of scientists in the journal Nature Climate Change.

The study indicates that an ice-free Arctic Ocean, often feared to be just years away, in one of the starkest signs of man-made global warming, could be delayed if nature swings back to a cooler mode. The scientists add that natural variations in the Arctic climate “may be responsible for about 30-50 percent of the overall decline in September sea ice since 1979.”  .

Sea ice has shrunk steadily and hit a record low in September 2012 (late summer in the Arctic) in satellite records dating back to 1979. The ice is currently around the smallest for mid-March, rivaling winter lows set in 2016 and 2015.

The study, separating man-made from natural influences in the Arctic atmospheric circulation, said that a decades-long natural warming of the Arctic climate might be tied to shifts as far away as the tropical Pacific Ocean. According to the lead author of the study, a researcher of the University of California, “if this natural mode would stop or reverse in the near future, we would see a slow-down of the recent fast melting trend, or even a recovery of sea ice.”

However, not all researchers agree with this dual approach to the melting of the Arctic. A scientist of the University of Reading said that in the long term the build-up of man-made greenhouse gases will become an ever more overwhelming factor. “Looking ahead, it is still a matter of when, rather than if, the Arctic will become ice-free in summer.”

The melt of the Arctic is disrupting the livelihoods of indigenous peoples and damaging wildlife such as polar bears and seals while opening the region to more oil and gas and shipping. A professor of Leeds University, who did not participate in the study, welcomed it as pinning down the relative shares of natural and man-made influences. “Nobody’s done this attribution before, » he said.

In 2013, a U.N. panel of climate scientists merely said human influences had « very likely contributed » to the loss of Arctic ice, without estimating how much. It said that the ice could disappear by mid-century if emissions keep rising.

Source : Alaska Dispatch News.

 

Photos: C. Grandpey