Nevado del Ruiz (Colombie)

drapeau-francaisUne éruption d’intensité modérée s’est produite aujourd’hui 31 mars 2016 sur le Nevado del Ruiz à 13h04 TU. Selon le VAAC de Washington, le panache de cendre est monté jusqu’à 3,8 km au-dessus du sommet avant de s’étirer vers le NO et le SO.
L’Observatoire Volcanologique et Sismologique de Manizales a indiqué que plusieurs épisodes de tremor ont été enregistrés récemment sur le volcan. Le VAAC de Washington avait déjà signalé une émission possible de cendre du Nevado del Ruiz le 28 mars. La cendre n’a pas été identifiée sur les images satellites, même si une anomalie thermique a été détectée sur le volcan. Une augmentation de la sismicité a été détectée le 29 mars, avec une possible émission de cendre.
L’Observatoire de Manizales a indiqué que le 18 mars un épisode de tremor volcanique s’est accompagné d’une émission de cendre jusqu’à 1,7 km au-dessus du volcan.

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drapeau-anglaisA moderately strong explosion occurred at Nevado del Ruiz at 13:04 UTC on March 31, 2016. According to the Washington VAAC, volcanic ash emission reached 3.8 km above the summit before moving NW and SW

The Observatorio Vulcanológico y Sismológico de Manizales reported that a number of  tremor pulses were recorded at the volcano recently. The Washington VAAC already reported a possible emission from Nevado del Ruiz on March 28th. Ash was not identified in satellite images although a thermal anomaly was detected on the volcano. A period of increased seismicity was detected on March 29th, and observers reported another possible ash emission.

The Manizales Observatory reported that an episode of volcanic tremor was associated with an ash emission that rose 1.7 km above the volcano on March 18th.

Le changement climatique et ses conséquences (suite) // Climate change and its consequences (continued)

drapeau francaisUn groupe de chercheurs américains avec à leur tête James Hansen, ancien scientifique de la NASA qui fut l’un des premiers à attirer l’attention du public sur les effets du changement climatique en 1988, a publié une étude qui indique que l’impact du réchauffement sur notre planète sera encore plus rapide et catastrophique que prévu. L’étude vient d’être publiée dans la revue Atmospheric Chemistry and Physics.

Le document de 52 pages, rédigé par 19 chercheurs, s’appuie sur les traces laissées par d’anciens changements climatiques, sur des expériences actuelles effectuées à l’aide de modèles informatiques, ainsi que sur des observations récentes.

Hansen et ses collègues pensent que la fonte importante du Groenland et de l’Antarctique pourrait se produire très rapidement, avec une élévation de plusieurs mètres du niveau de la mer en l’espace d’un siècle et que cette fonte aura des conséquences climatiques bien au-delà de la seule augmentation du niveau de la mer. Elle entraînera une « stratification » des océans polaires, avec le piégeage d’une couche d’eau douce (de fonte) à la surface de l’océan, et une couche océanique plus chaude en dessous. Nous avons probablement eu un aperçu de ce phénomène avec une poche anormalement froide d’eau de mer au large de la côte sud du Groenland, que certains ont attribué à la fonte du Groenland. Peu avant la publication du nouveau document, la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) avait publié de nouvelles données récentes sur la température du globe qui vont dans le sens des conclusions de l’étude.
La « stratification », l’idée clé du nouveau document, signifie que l’eau chaude de l’océan pourrait atteindre la base de la couche de glace qui se trouve sous le niveau de la mer et la faire fondre par en dessous, ce qui induirait inévitablement une augmentation de la fonte de la glace et donc de la stratification. Cela signifierait aussi un ralentissement, voire l’arrêt, de la circulation thermohaline dans l’Océan Atlantique, en raison d’un trop grand refroidissement de l’Atlantique Nord au large et autour du Groenland, et aussi un affaiblissement d’une circulation semblable dans l’océan Austral. Ce phénomène, à son tour, pourrait provoquer un refroidissement dans la région de l’Atlantique Nord, alors même que le réchauffement climatique donnerait naissance à une région équatoriale plus chaude. Selon l’étude, cette différence de température entre le nord et le sud provoquerait des cyclones ou des tempêtes plus intenses dans les latitudes moyennes.
La clé de voûte de l’étude reste de la possibilité d’une élévation du niveau de la mer au cours du 21ème siècle plus importante que celle prévue par le Groupe Intergouvernemental d’Experts sur les Changements Climatiques (GIEC). «Les modèles présentés par le rapport du GIEC ne prennent pas en compte la fonte des glaces. La plupart des modèles raisonnent à une échelle trop réduite, ce qui tend à limiter l’effet de la poche d’eau douce provoquée par la fonte du Groenland et de l’Antarctique. »
Bien sûr, tout le monde n’est pas d’accord avec cette dernière étude. Un climatologue de l’Université Nationale d’Irlande a écrit qu’« il n’est pas du tout certain que les résultats présentés correspondent à ce qui se passera dans la réalité.» Un climatologue de l’Université de Penn State a déclaré: «Les volumes d’eau de fonte semblent physiquement exagérés et la composante océanique des modèles ne résout pas les systèmes de courants dépendant du facteur éolien (par exemple le Gulf Stream) qui contribuent au  transport de la chaleur vers le pôle ». Cependant, un glaciologue de Penn State a déclaré que l’étude « nous rappelle utilement que des changements importants et rapides sont possibles, et elle soulève des questions de recherche importantes quant aux conséquences de ces changements s’ils devaient se produire. »
Source: Alaska Dispatch News: http://www.adn.com/

Encore une fois, l’étude décrit les conséquences du réchauffement climatique, mais on ne trouve pas la moindre allusion aux causes, à savoir les activités humaines, y compris les industries américaines. Les scientifiques américains n’ont jamais osé critiquer publiquement les lobbies industriels, soutenus par le Parti Républicain qui pourrait décider de réduire les budgets des laboratoires si ces lobbies étaient mis en cause.

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drapeau anglaisA group of scientists led by James Hansen, the former NASA scientist often credited with having drawn the first major attention to climate change in 1988, has published a climate study that suggests the impact of global warming will be quicker and more catastrophic than generally envisioned. The research appeared in the journal Atmospheric Chemistry and Physics.

The 52-page document, including 19 authors, draws on evidence from ancient climate change as well as climate experiments using computer models and some modern observations.

Hansen and his colleagues think that major melting of Greenland and Antarctica can not only happen quite fast – leading to as much as several meters of sea level rise in the space of a century – but that this melting will have dramatic climate change consequences, beyond merely raising sea levels. It will cause a « stratification » of the polar oceans, trapping a pool of cold, fresh meltwater atop the ocean surface, with a warmer ocean layer beneath. We have actually seen a possible hint of this with the anomalously cold « blob » of ocean water off the southern coast of Greenland, which some have attributed to Greenland’s melting. Shortly before the new paper’s publication, the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) released new recent data on the globe’s temperature that bears a resemblance to the study’s conclusions.

Stratification, the key idea in the new paper, means that warm ocean water would potentially reach the base of ice sheets that sit below sea level, melting them from below and causing more ice melt and thus, stratification. It also means a slowdown or even eventual shutdown of the overturning circulation in the Atlantic Ocean, due to too much freshening in the North Atlantic off and around Greenland, and also a weakening of another overturning circulation in the Southern Ocean. This, in turn, might cause cooling in the North Atlantic region, even as global warming creates a warmer equatorial region. This growing north-south temperature differential, in the study, would drive more intense mid-latitude cyclones, or storms.

The key idea of the study is its suggestion of the possibility of greater sea level rise in this century than forecast by the United Nations’ Intergovernmental Panel on Climate Change.

« The models that were run for the IPCC report did not include ice melt. Most models have excessive small scale mixing, and that tends to limit the effect of this freshwater lens on the ocean surface from melting of Greenland and Antarctica. »

Of course, everybody does not agree with the study. A climate researcher with the National University of Ireland wrote that « it is far from certain that the results contended shall match what will happen in the real-world. »

A Penn State university climate scientist commented, « The projected amounts of meltwater seem unphysically large, and the ocean component of their model doesn’t resolve key wind-driven current systems (e.g. the Gulf Stream) which help transport heat poleward.

However, a Penn State glaciologist said that « it usefully reminds us that large and rapid changes are possible, and it raises important research questions as to what those changes might mean if they were to occur »

Source: Alaska Dispatch News: http://www.adn.com/

Once again, the study describes the consequences of global warming and climate change, but there is not the slightest allusion to the causes, namely human activities, including US industries. US scientists have never dared criticize industrial lobbies, supported by the Republicans, who might reduce their budgets if they did so.

Groenland-blog

Photo: C. Grandpey

Kanlaon (Philippines)

drapeau francaisSelon un bulletin d’informations de la chaîne CNN Philippines (https://www.facebook.com/CNNPhilippines/videos/1702242056682353/?__mref=message_bubble), le Kanlaon a connu un épisode éruptif à 18h20 le mardi 29 mars. L’information a été confirmée par le PHILVOCS.
L’éruption a duré 12 minutes et a généré un panache de 1500 mètres au-dessus du cratère. Le bruit d’une explosion a été perçu dans plusieurs villages où des traces de retombées de cendre ont également été signalées. Plusieurs «boules de feu» ont été aperçues en même temps que l’explosion. L’épais nuage qui s’est formé au moment de l’explosion s’est dissipé quelques minutes plus tard.
Le Kanlaon reste en niveau d’alerte 1.
Les autorités locales ont interdit l’entrée dans la Zone de Danger Permanent d’un rayon de 4 km autour du volcan. Le PHILVOCS a également demandé aux pilotes d’éviter de voler près du sommet du Kanlaon.

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drapeau anglaisAccording to a news report from CNN Philippines (https://www.facebook.com/CNNPhilippines/videos/1702242056682353/?__mref=message_bubble), Kanlaon volcano erupted at 6:20 p.m. on Tuesday, March 29th. The piece of news has been confirmed by PHILVOCS.

The eruption lasted 12 minutes and produced a volcanic plume 1500 metres above the crater. A « booming sound » was heard in several villages where traces of light ashfall were also reported. Several “fire balls” could also be seen following the booming sound. A thick cloud formed after the explosion but faded minutes later.

Kanlaon remains under Alert Level 1.

The local government units are not allowing people to enter the four-kilometer radius Permanent Danger Zone (PDZ). PHILVOCS also asked Civil Aviation authorities to advise pilots « to avoid flying close to the volcano’s summit. »

Sakurajima (Japon)

drapeau francaisAprès plusieurs semaines de calme relatif, on observe une augmentation de l’activité du Sakurajima. Cette fois, c’est le cratère Minamidake qui se manifeste, prenant le relais du Showa qui était le plus actif ces derniers temps. L’intensité des explosions s’est accrue le 24 mars dernier, avec des panaches de cendre qui sont montés jusqu’à 3 et 3,6 km de hauteur.
Le cratère Minamidake a déjà connu un épisode éruptif le 8 mai 2014 avec un événement de faible intensité qui a généré un panache de cendre d’environ 400 mètres au-dessus du cratère. D’autres explosions ont été observées dans ce même cratère le 30 août 2015 et entre le 14 et le 21 septembre de cette même année.
Après cela, le Minamidake s’est calmé jusqu’au 20 février 2016, lorsque l’activité a recommencé à augmenter, avec une première explosion importante le 4 mars et un panache de cendre de 1,6 km de hauteur. Le 8 mars, une nouvelle explosion a généré un panache de cendre de 1,9 km.

Source: Global Volcanism Network.
Voici une vidéo montrant un épisode éruptif dans la matinée du 26 mars 2016:
https://youtu.be/pgbK62TMCso

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drapeau anglaisAfter several weeks of relative quietness, increased activity has again been observed at Sakurajima volcano. This time, activity is centered at Minamidake crater, instead of the usual Showa crater. The intensity of the explosions picked up on March 24th. Ash plumes were observed rising up to 3 and 3.6 km.

Minamidake crater already erupted on May 8th, 2014. It was a very small eruption that produced an ash plume rising some 400 metres above the crater. More explosions at Minamidake were again observed on August 30th and between September 14th and 21st, 2015.

After that, Minamidake was calm until February 20th, 2016, when activity at the crater started increasing, with the first significant explosion on March 4th. Ash plume generated by that eruption rose to 1.6 km. On March 8th, an explosion at Minamidake generated an ash plume that rose up to 1.9 km.

Source: Global Volcanism Network.

Here is a video showing an eruptive episode in the morning of March 26th 2016:

https://youtu.be/pgbK62TMCso

Sakurajima-blog

Crédit photo: Wikipedia

Les papyrus d’Herculanum livrent leurs secrets (suite) // Scrolls of Herculaneum are telling their secrets (continued)

drapeau francaisUne nouvelle étude sur les célèbres rouleaux de la Villa des Papyrus à Herculanum, carbonisés il y a près de 2000 ans par l’éruption du Vésuve, a révélé la présence d’encre contenant du métal dans deux fragments de papyrus. Cette découverte prouve que l’encre ‘métallique’ a été utilisée beaucoup plus tôt qu’on le croyait jusqu’à présent.
L’étude a été publiée dans la revue PNAS. Les chercheurs ont utilisé la technologie du rayonnement synchrotron à l’European Synchrotron Radiation Facility (ESRF) de Grenoble pour faire apparaître une forte concentration de plomb dans l’ancienne encre. Ils sont pratiquement certains que le plomb a été utilisé intentionnellement et qu’il ne provient pas de la contamination de l’eau par les aqueducs romains ou par un récipient de bronze. Il se peut que le plomb ait été ajouté pour sa faculté à accélérer le processus de séchage de l’encre.
Les chercheurs ont examiné deux fragments multicouches qui avaient été remis à Napoléon Bonaparte comme cadeau en 1802 et qui appartiennent aujourd’hui à la collection de l’Institut de France. Leur datation exacte est inconnue. La plupart des papyrus de la villa d’Herculanum datent du premier siècle avant Jésus-Christ, et le plus ancien remonte même au 3ème siècle avant notre ère.

On pense que les rouleaux carbonisés cachent les 30 dialogues perdus d’Aristote, des œuvres philosophiques d’Epicure, de poèmes érotiques de Philodème (de Gadara), des oeuvres de Virgile, des travaux scientifiques d’Archimède et de la poésie lesbienne de Sappho. Sur les 1785 rouleaux de papyrus découverts au cours des fouilles effectuées au 18ème  siècle, seuls 585 ont été complètement déroulés en utilisant une méthode mécanique du 18ème siècle, tandis que 209 autres ont été partiellement déroulés. Environ 400 n’ont jamais été déroulés et 450 sont si difficiles à lire que leurs textes restent inconnus.

Toutes les tentatives utilisant des procédures non invasives pour lire les papyrus, y compris la technologie multi-spectrale, se sont révélées inefficaces, jusqu’à l’année dernière. En effet, en janvier 2015 (voir ma note du 21 janvier 2015), les chercheurs ont utilisé la tomographie à contraste de phase, une technologie à base de puissants rayons X,  pour déchiffrer des mots dans les rouleaux. Ils ont reconstruit un alphabet grec presque complet à partir de papyrus gravement endommagés.
Source: Discovery News: http://news.discovery.com/

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drapeau anglaisA new research into the famous scrolls from the Villa of the Papyri in Herculaneum, carbonized nearly 2,000 years ago by Mount Vesuvius’ eruption, has revealed metallic ink in two papyrus fragments. The finding proves that metal-bearing ink was used several centuries earlier than previously believed.

The research, published in the journal PNAS, relied on synchrotron X-ray based techniques at the European Synchrotron Radiation Facility in Grenoble, France, to reveal a high concentration of lead in the ancient ink. The researchers are reasonably certain that lead was intentionally used and that it doesn’t come from contamination of water from Roman aqueducts or from a bronze container. It could have been added for its property to speed up the process of ink drying.

The researchers examined two multilayered fragments that were handed to Napoleon Bonaparte as a gift in 1802 and now belong to the collection of the Institut de France. Their exact dating is not known. Most of the papyri in the villa date from the first century B.C., though the oldest one goes back to the 3rd century B.C.

The carbonized scrolls are thought to hold Aristotle’s lost 30 dialogues, philosophical work by Epicurus, erotic poems by Philodemus, Virgilius, scientific work by Archimedes and lesbian poetry by Sappho. Out of the 1,785 scrolls discovered during the 18th century excavation, only 585 had been completely unrolled using a 18th century mechanical method, while 209 have been partly unrolled. About 400 have never been unrolled and 450 are so difficult to read that their text remains unknown.

Any attempt using non invasive procedures to read the scroll, including multi-spectral technology, had proven ineffective -– until last year. In January 2015 (see my note of January 21st 2015), researchers used phase contrast tomography, a powerful X-ray procedure, to decipher words in the scrolls. They reconstructed an almost complete Greek alphabet from inside badly damaged papyri.

Source: Discovery News: http://news.discovery.com/

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.files.wordpress.com/2015/01/villa-of-the-papyri.jpg?w=863

Vue de la Villa des Papyrus à Herculanum  (Crédit photo: Wikipedia)

La fonte du pergélisol s’accélère // The thawing of permafrost is accelerating

drapeau francaisDans une étude internationale à grande échelle publiée la semaine dernière dans Nature Geoscience, une équipe de chercheurs des régions allant de l’Alaska à la Russie indique que le permafrost (également appelé pergélisol) dégèle plus rapidement que prévu, même dans certaines régions réputées comme étant très froides. Dans ces régions, le gel ouvre des fractures dans le sol pendant l’hiver. Elles se remplissent ensuite d’eau en été quand la neige fond. Lorsque le regel se produit en hiver, cela provoque la formation de grands « coins » de glace dans le sol glacé (voir photo ci-dessous). Ces coins de glace peuvent atteindre dix ou quinze mètres de profondeur, et peuvent dans certains cas être âgés de plusieurs milliers d’années.
L’étude s’appuie sur l’observation de sites arctiques en Russie, en Alaska et au Canada, avec deux campagnes d’observations sur le terrain et des données satellitaires. Les chercheurs ont constaté que dans l’Arctique, la partie supérieure des coins  de glace est en train de fondre en même temps que la couche supérieure du pergélisol.
Les chercheurs se sont attardés sur les conséquences de cette dégradation de la glace sur l’hydrologie de la région. En effet, la fonte des coins de glace redistribue l’eau sur une grande échelle. Il y a de fortes chances pour que cette eau quitte la terre ferme pour rejoindre les rivières et ensuite l’Océan Arctique, ou qu’elle stagne dans les lacs.
La dégradation du pergélisol n’aura pas seulement une incidence sur l’eau ; elle affectera aussi l’atmosphère de la planète. En effet, la fonte des coins de glace montre que la partie supérieure du pergélisol dégèle, ce qui ne manquera pas de produire un effet de serre supplémentaire. En même temps que le sol dégèle, même si ce n’est qu’une partie de l’année, les micro-organismes qui y vivent commencent à se décomposer et à libérer leur carbone sous forme de dioxyde de carbone ou de méthane. On a estimé que le pergélisol arctique contient environ deux fois plus de carbone que toute l’atmosphère planétaire car les régions arctiques l’ont lentement stocké pendant de longues périodes de temps.
En outre, la fonte des coins de glace provoque des affaissements du sol et fait naître un paysage cahoteux qui perturbe le transport et les infrastructures de l’Arctique (voir photo ci-dessous).

Certains scientifiques affirment qu’il existe des facteurs susceptibles de compenser les émissions de carbone du pergélisol. Ils pensent que davantage de plantes pousseront dans un Arctique plus chaud en emmagasinant du carbone, ce qui compensera les pertes de pergélisol. Cependant, une étude qui vient d’être publiée dans Environmental Research Letters par près de 100 spécialistes de l’Arctique n’attribue guère d’importance à un tel facteur de compensation. Comme l’a expliqué un chercheur, «il ne faut pas compter sur la biomasse boréale pour compenser les émissions de carbone du permafrost. Ce dernier deviendra une source de carbone dans l’atmosphère d’ici 2100 quel que soit le scénario de réchauffement. »
Ces études sur le pergélisol sont essentielles en raison de la mathématique sous-jacente du problème du changement climatique. Il est difficile de définir une limite des émissions de gaz à effet de serre qui permettrait de ne pas atteindre 1,5°C ou 2°C de réchauffement au-dessus des niveaux pré-industriels. Il y a quelques années, des chercheurs ont essayé de quantifier cette limite. Selon eux, il ne fallait pas émettre plus de 1 000 milliards de tonnes, ou gigatonnes, de dioxyde de carbone à partir de 2011 et dans les années suivantes si nous voulions avoir une chance de rester en dessous de 2°C.
La quantité de carbone que le pergélisol est capable d’émettre et la vitesse à laquelle il peut l’émettre restent du domaine de l’incertitude. Toutefois, étant donné les connaissances scientifiques actuelles, le niveau pourrait facilement dépasser 100 gigatonnes de dioxyde de carbone d’ici la fin du siècle.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisIn a major international study published last week in Nature Geoscience, a team of researchers from regions ranging from Alaska to Russia report that permafrost is thawing faster than expected, even in some of the very coldest areas. In these regions, winter freezing cracks open the ground, which then fills with water in the summer from melting snow. When refreezing occurs in the winter, that causes large wedges of ice to form amid the icy ground. These ice wedges can extend ten or fifteen metres deep, and can in some cases be thousands of years old.

The study, sampling high Arctic sites in Russia, Alaska and Canada based on both field studies and satellite observations, found that across the Arctic, the tops of these wedges are melting, as the top layer of permafrost soil also begins to thaw.

The new study focuses specifically on the consequences of this ice wedge degradation for the region’s hydrology. The melting of ice wedges redistributes water on a massive scale. It can flow out of the landscape and into rivers and the Arctic Ocean. Or it pools in lakes.

The degrading of permafrost won’t just affect water, but also the planet’s atmosphere. Indeed, the degradation of ice wedges shows that upper part of permafrost is thawing, and thawing of the upper part of permafrost definitely is producing additional greenhouse gases. As these frozen soils thaw, even for part of the year, microorganisms living within them can begin to break down and release their carbon in the form of carbon dioxide or methane. It has been estimated that Arctic permafrost contains roughly twice as much total carbon as the entire planetary atmosphere does, because these landscapes have slowly stored it up over vast time periods.

Besides, the melting of ice wedges leads to sinking ground and a bumpy, denatured landscape that impairs Arctic transportation and infrastructure (see photo below).

There have been some arguments to suggest that there may be other factors that offset permafrost carbon emissions. Some have shown that more plants will grow in the warmer Arctic, sequestering more carbon, and that this will help offset permafrost losses. However, a study, just published in Environmental Research Letters, nearly 100 Arctic scientists found little reason to believe there will be any factor that offsets permafrost emissions enough to reduce the level of worry. As one expert puts it, « Arctic and boreal biomass should not be counted on to offset permafrost carbon release. The permafrost region will become a carbon source to the atmosphere by 2100 regardless of warming scenario. »

These studies of permafrost are critical because of the underlying math of the climate change problem. There is a hard limit to how many greenhouse gases can be emitted if we want to avoid a given level of warming – 1.5°C or 2°C above pre-industrial levels.

Some years ago, researchers have even quantified the latter limit, suggesting “we can’t emit more than 1,000 billion tons, or gigatons, of carbon dioxide from 2011 and on if we want a two thirds or better chance of staying below 2°C”.

Granted, precisely how much carbon permafrost can emit and how fast that can happen remain big uncertainties. But given current scientific understanding, it could easily be well over 100 gigatons of carbon dioxide by the end of the century.

Source : Alaska Dispatch News.

Wedge

« Coin » de glace dans le pergélisol

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Exemple des conséquences de la fonte du permafrost pour le réseau routier

(Photos: C. Grandpey)

Eruption du Pavlof (Alaska) [suite / continued]

drapeau francaisL’éruption du Pavlof s’est produite brusquement et a surpris tout le monde, y compris l’Alaska Volcano Observatory (AVO). Les premiers signaux sont apparus sur les sismographes environ 25 minutes avant l’événement. On ne peut pas appeler cela de la prévision; Cela revient à dire qu’un orage va arriver quand on voit des nuages ​​sombres à l’horizon!
Au cours de l’éruption, une couche de cendre noire a recouvert le petit village de Nelson Lagoon. Selon un habitant, « les gens pouvaient sentir la cendre sur leur visage et percevoir son odeur hier [dimanche] soir. Puis vers 1h30 ce matin, il y a eu comme une pluie de cendre. » Une couche noire a recouvert les véhicules et les services de santé ont distribué des masques aux personnes âgées. Il a été conseillé à la population de rester à l’intérieur des maisons jusqu’à ce que l’éruption se calme.
L’éruption a annulé des dizaines de vols à destination et en provenance de plusieurs localités à travers l’Alaska. Alaska Airlines a annulé 41 vols, y compris ceux en provenance et à destination de Fairbanks. Les connexions avec Barrow, Bethel, Fairbanks, Kotzebue, Nome et Prudhoe Bay ont été suspendues. PenAir a également annulé la plupart de ses vols lundi, ce qui a affecté plusieurs centaines de passagers.
En fin de journée lundi, l’Alaska Volcano Observatory a indiqué que l’éruption s’était calmée, au moins temporairement. En général, la cendre reste en suspension dans l’atmosphère et est détectable par les satellites pendant un jour ou deux après l’éruption, avant de se disperser. C’est une donnée importante pour l’aviation en Alaska car les services météorologiques s’appuient sur les images satellites pour déclencher les alertes liées à la cendre volcanique Toutefois, au final, c’est aux compagnies aériennes de décider si les avions peuvent voler..

Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisThe eruption of Pavlof volcano occurred very suddenly and surprised the Observatory. The first signals appeared on the seismographs about 25 minutes before the event. This is not prevision; it is like saying a storm will occur when one sees dark clouds on the horizon!

During the eruption, the ash covered the tiny village of Nelson Lagoon with a blanket of black grit. According to one resident, “people could feel the ash on their face and smell it in the air yesterday [Sunday] evening. Then around 1:30 this morning it looked like it was basically raining ash.”  A layer of black covered vehicles and health aides were giving out face masks to elder residents. People were told to stay inside until the eruption subsided.

The eruption cancelled dozens of flights to and from communities across Alaska. Alaska Airlines alone cancelled 41 flights, including those to and from Fairbanks. Connections with Barrow, Bethel, Fairbanks, Kotzebue, Nome and Prudhoe Bay were suspended. PenAir also cancelled most of its flights on Monday, affecting several hundred passengers.

By late afternoon Monday, the Alaska Volcano Observatory noted that Pavlof had settled down, at least temporarily. Typically, ash remains airborne and detectable by satellites for a day or two post-eruption before dispersing. This is important for aviation in Alaska because the National Weather Services relies on satellite detection to determine ash-related warnings. It’s up to airlines to make flight determinations.

Source: Alaska Dispatch News.

Pavlof 6

Image satellite du panache de cendre du Pavlof (Source: NASA / AVO)