Le changement climatique et ses conséquences (suite) // Climate change and its consequences (continued)

drapeau francaisUn groupe de chercheurs américains avec à leur tête James Hansen, ancien scientifique de la NASA qui fut l’un des premiers à attirer l’attention du public sur les effets du changement climatique en 1988, a publié une étude qui indique que l’impact du réchauffement sur notre planète sera encore plus rapide et catastrophique que prévu. L’étude vient d’être publiée dans la revue Atmospheric Chemistry and Physics.

Le document de 52 pages, rédigé par 19 chercheurs, s’appuie sur les traces laissées par d’anciens changements climatiques, sur des expériences actuelles effectuées à l’aide de modèles informatiques, ainsi que sur des observations récentes.

Hansen et ses collègues pensent que la fonte importante du Groenland et de l’Antarctique pourrait se produire très rapidement, avec une élévation de plusieurs mètres du niveau de la mer en l’espace d’un siècle et que cette fonte aura des conséquences climatiques bien au-delà de la seule augmentation du niveau de la mer. Elle entraînera une « stratification » des océans polaires, avec le piégeage d’une couche d’eau douce (de fonte) à la surface de l’océan, et une couche océanique plus chaude en dessous. Nous avons probablement eu un aperçu de ce phénomène avec une poche anormalement froide d’eau de mer au large de la côte sud du Groenland, que certains ont attribué à la fonte du Groenland. Peu avant la publication du nouveau document, la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) avait publié de nouvelles données récentes sur la température du globe qui vont dans le sens des conclusions de l’étude.
La « stratification », l’idée clé du nouveau document, signifie que l’eau chaude de l’océan pourrait atteindre la base de la couche de glace qui se trouve sous le niveau de la mer et la faire fondre par en dessous, ce qui induirait inévitablement une augmentation de la fonte de la glace et donc de la stratification. Cela signifierait aussi un ralentissement, voire l’arrêt, de la circulation thermohaline dans l’Océan Atlantique, en raison d’un trop grand refroidissement de l’Atlantique Nord au large et autour du Groenland, et aussi un affaiblissement d’une circulation semblable dans l’océan Austral. Ce phénomène, à son tour, pourrait provoquer un refroidissement dans la région de l’Atlantique Nord, alors même que le réchauffement climatique donnerait naissance à une région équatoriale plus chaude. Selon l’étude, cette différence de température entre le nord et le sud provoquerait des cyclones ou des tempêtes plus intenses dans les latitudes moyennes.
La clé de voûte de l’étude reste de la possibilité d’une élévation du niveau de la mer au cours du 21ème siècle plus importante que celle prévue par le Groupe Intergouvernemental d’Experts sur les Changements Climatiques (GIEC). «Les modèles présentés par le rapport du GIEC ne prennent pas en compte la fonte des glaces. La plupart des modèles raisonnent à une échelle trop réduite, ce qui tend à limiter l’effet de la poche d’eau douce provoquée par la fonte du Groenland et de l’Antarctique. »
Bien sûr, tout le monde n’est pas d’accord avec cette dernière étude. Un climatologue de l’Université Nationale d’Irlande a écrit qu’« il n’est pas du tout certain que les résultats présentés correspondent à ce qui se passera dans la réalité.» Un climatologue de l’Université de Penn State a déclaré: «Les volumes d’eau de fonte semblent physiquement exagérés et la composante océanique des modèles ne résout pas les systèmes de courants dépendant du facteur éolien (par exemple le Gulf Stream) qui contribuent au  transport de la chaleur vers le pôle ». Cependant, un glaciologue de Penn State a déclaré que l’étude « nous rappelle utilement que des changements importants et rapides sont possibles, et elle soulève des questions de recherche importantes quant aux conséquences de ces changements s’ils devaient se produire. »
Source: Alaska Dispatch News: http://www.adn.com/

Encore une fois, l’étude décrit les conséquences du réchauffement climatique, mais on ne trouve pas la moindre allusion aux causes, à savoir les activités humaines, y compris les industries américaines. Les scientifiques américains n’ont jamais osé critiquer publiquement les lobbies industriels, soutenus par le Parti Républicain qui pourrait décider de réduire les budgets des laboratoires si ces lobbies étaient mis en cause.

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drapeau anglaisA group of scientists led by James Hansen, the former NASA scientist often credited with having drawn the first major attention to climate change in 1988, has published a climate study that suggests the impact of global warming will be quicker and more catastrophic than generally envisioned. The research appeared in the journal Atmospheric Chemistry and Physics.

The 52-page document, including 19 authors, draws on evidence from ancient climate change as well as climate experiments using computer models and some modern observations.

Hansen and his colleagues think that major melting of Greenland and Antarctica can not only happen quite fast – leading to as much as several meters of sea level rise in the space of a century – but that this melting will have dramatic climate change consequences, beyond merely raising sea levels. It will cause a « stratification » of the polar oceans, trapping a pool of cold, fresh meltwater atop the ocean surface, with a warmer ocean layer beneath. We have actually seen a possible hint of this with the anomalously cold « blob » of ocean water off the southern coast of Greenland, which some have attributed to Greenland’s melting. Shortly before the new paper’s publication, the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) released new recent data on the globe’s temperature that bears a resemblance to the study’s conclusions.

Stratification, the key idea in the new paper, means that warm ocean water would potentially reach the base of ice sheets that sit below sea level, melting them from below and causing more ice melt and thus, stratification. It also means a slowdown or even eventual shutdown of the overturning circulation in the Atlantic Ocean, due to too much freshening in the North Atlantic off and around Greenland, and also a weakening of another overturning circulation in the Southern Ocean. This, in turn, might cause cooling in the North Atlantic region, even as global warming creates a warmer equatorial region. This growing north-south temperature differential, in the study, would drive more intense mid-latitude cyclones, or storms.

The key idea of the study is its suggestion of the possibility of greater sea level rise in this century than forecast by the United Nations’ Intergovernmental Panel on Climate Change.

« The models that were run for the IPCC report did not include ice melt. Most models have excessive small scale mixing, and that tends to limit the effect of this freshwater lens on the ocean surface from melting of Greenland and Antarctica. »

Of course, everybody does not agree with the study. A climate researcher with the National University of Ireland wrote that « it is far from certain that the results contended shall match what will happen in the real-world. »

A Penn State university climate scientist commented, « The projected amounts of meltwater seem unphysically large, and the ocean component of their model doesn’t resolve key wind-driven current systems (e.g. the Gulf Stream) which help transport heat poleward.

However, a Penn State glaciologist said that « it usefully reminds us that large and rapid changes are possible, and it raises important research questions as to what those changes might mean if they were to occur »

Source: Alaska Dispatch News: http://www.adn.com/

Once again, the study describes the consequences of global warming and climate change, but there is not the slightest allusion to the causes, namely human activities, including US industries. US scientists have never dared criticize industrial lobbies, supported by the Republicans, who might reduce their budgets if they did so.

Groenland-blog

Photo: C. Grandpey

2 réflexions au sujet de « Le changement climatique et ses conséquences (suite) // Climate change and its consequences (continued) »

  1. Bonjour Claude,
    Rien à faire, l’horreur ne fait plus peur !
    Concernant le niveau des mers, il est indéniable que son augmentation ait été sous-estimée par les scientifiques. Il semble même que le GIEC n’hésite pas actuellement à le reconnaître.
    Mis à part une hypothétique modification du contenant (gonflement des dorsales, élévation des plateaux continentaux) aujourd’hui non réellement constatée, l’élévation du niveau des mers repose essentiellement sur deux phénomènes :
    – La dilatation thermique de l’eau.
    Elle n’intervient apparemment que sur les 200 premiers mètres de profondeur pour 2°C. Elle est responsable en cela d’un relèvement des niveaux d’environs 10 centimètres.
    – La fonte des eaux glacées.
    Pour un volume total de 30Millions de KM3, elle concerne l’Antarctique, le Groenland, les Glaciers terrestres, et le Pergélisol. Leur disparition subit une accélération certaine et soudaine, dont vous avez ne nombreuse fois constatée l’ampleur, et est beaucoup plus impactante sur le niveau des océans.
    Pour ma part, et bien évidemment cela n’engage que mon jugement, un calcul rapide me donne un impact de niveau des océans proche des 35cm uniquement de ce fait, en retenant des pourcentages de fonte respectivement de : 0.2% en Antarctique, 1% au Groenland, 3% pour les glaciers terrestres et 1% du Pergélisol.
    Au total, c’est bien de 45cm que les océans ont gagné sur les continents et non 15 comme suspecté. C’est d’ailleurs ce que j’ai pu de visu constater à marée haute sur les cotes charentaises récemment.
    En prospective, ces hypothèses me conduisent à une augmentation du niveau des océans de 1m50 en 2030, et 3m en 2050. (En 2050, au rythme actuel de combustion il ne restera plus une goute de pétrole sur terre… « Ouf !»)
    Sans évoquer la survie des atolls lointains, il me semble que nos iles adorées de Ré ou de Sein, nos grèves poétiques et nos estuaires bio diversifiés, auront dans ces conditions d’ici peu pour le moins changés d’aspect. Le front de mer, comme c’est déjà presque le cas aura tôt fait d’être rebaptisé Mer qui fait front.
    Il serait effectivement assez urgent de commencer la construction de la grande arche, ne pensez-vous pas ?
    Amitiés
    Pierre Chabat

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    1. Bonjour Pierre,
      Merci pour ces informations qui confirment une étude dont les résultats sont parus la semaine dernière dans la revue « Nature ». J’en diffuserai un résumé dans les prochains jours. C’est drôle, je me suis fait la même réflexion que vous la semaine dernière lors de ma conférence à Rochefort. Je suis allé faire un tour sur le littoral et je me suis dit que certains riverains auraient forcément les pieds dans l’eau au cours des prochaines décennies!
      Amitiés.
      Claude Grandpey

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