De l’argent et des drones pour l’Université d’Hawaii // Money and UAVs for the University of Hawaii

drapeau francaisAlors que les universités françaises se plaignent du manque de financements, l’Université d’Hawaii fait partie de 15 universités sélectionnées par la NASA qui ont reçu une subvention de recherche à des fins pédagogiques.
Chaque université a reçu jusqu’à $ 750 000 (environ 670 000 €) à partir d’une dotation totale de  $ 11,250,000 (environ 10 millions d’euros) pour la recherche et le développement en matière de télédétection, nanotechnologie, astrophysique et aéronautique.
La somme d’argent répartie sur trois ans permettra aux campus de Manoa et Hilo de procéder à des observations des volcans actifs à l’aide de drones sans mettre en péril des vies humaines. L’objectif est d’utiliser plusieurs drones pour étudier les coulées de lave et les panaches volcaniques sur le Kilauea. Cela permettra de comprendre comment les coulées de lave changent en fonction de la topographie, mais aussi de donner des informations sur les gaz à l’intérieur des panaches volcaniques.
L’approbation d’utilisation des drones par le gouvernement fédéral permettra à l’Université d’Hawaii d’obtenir des données sans précédent. Elle permettra aussi à la Protection Civile et à l’USGS sur Big Island de mieux comprendre comment progressent les coulées de lave du Pu’u O’o, ainsi que leurs conséquences sur la santé et la sécurité de la population.
Le centre de recherches Ames et le Jet Propulsion Laboratory de la NASA en Californie épauleront l’Université d’Hawaii pour obtenir la certification de la Federal Aviation Authority qui permettra de faire voler des drones équipés d’instruments de recherche.
Source: NASA.

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drapeau anglaisAt a time when French universities complain about the lack of fundings, the University of Hawaii is one of 15 universities selected by NASA for a competitive educational research grant.

Each university received up to $750,000 of a total $11.25 million grant for research and technology development in remote sensing, nanotechnology, astrophysics and aeronautics.

The three-year award will allow the Manoa and Hilo campuses to develop Unmanned Aerial Vehicle observations of active volcanoes. The aim is to use multiple UAVs to study active lava flows and volcanic plumes at Kilauea volcano. It will allow to understand how the lava flows change in terms of topography of flows, but also give information on gas flux from the volcanic plumes.

The federal approval to use drones will allow the university to obtain unprecedented data. It will enable Big Island Civil Defense and the U.S.G.S. to better understand how lava flows from Pu’u O’o will flow across ground, as well understand health and safety standards.

The NASA Ames Research Center and the Jet Propulsion Laboratory in California will assist UH in its training to receive certification from the Federal Aviation Authority to fly UAVs with attached research instruments.

Source: NASA.

Kilauea-panache

Les drones permettront d’étudier en toute sécurité la lave et le panache de gaz du Kilauea

(Photo:  C. Grandpey)

Laki (Islande): Une éruption à ne pas oublier // An eruption not to be forgotten

drapeau francaisIl y a 232 ans, le 8 Juin 1783, commençait l’éruption du Laki en Islande. Au cours des huit mois qui ont suivi, quelque 14 kilomètres cubes de lave émis par 135 fissures ont recouvert une superficie estimée à 2 500 kilomètres carrés.
La lave ne fut pas la seule menace pour l’Islande. La cendre de l’éruption, poussée par le vent, a contaminé la terre et la mer. Le fluor contenu dans cette cendre a anéanti la moitié du cheptel de bovins et un quart de la population de moutons et de chevaux. Rien ne poussait dans les champs et les poissons avaient disparu en mer. La nourriture et l’eau qui n’avaient pas pu être mises à l’abri de la cendre étaient contaminées et impropres à la consommation.
Les maladies et la famine qui sévirent en 1783-1784 ont tué environ neuf mille personnes, soit un cinquième de la population islandaise.
Ce n’est pas tout. L’éruption du Laki a également eu des effets à une plus grande échelle. Dans les mois qui suivirent l’éruption, une étrange brume envahit le ciel au-dessus de l’Europe, rendant la respiration difficile. En entrant dans les hautes couches de l’atmosphère, la cendre et les gaz de l’éruption absorbèrent l’humidité et la lumière du soleil, bouleversant le climat pendant plusieurs années.
De 1783 à 1785, il y eut de terribles sécheresses, des hivers exceptionnellement froids et des inondations catastrophiques. En Europe, l’été anormalement chaud de 1783 fut suivi d’hivers longs et rigoureux. Les mauvaises récoltes de cette période ont peut-être contribué à déclencher la Révolution française de 1789.

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drapeau anglais232 years ago, June 8th 1783 was the beginning of the Laki eruption in Iceland. During the next eight months, an estimated 14 cubic kilometres of lava poured out from 135 fissures, covering an estimated 2,500 square kilometres of land.

Lava was not the only threat to Iceland. Volcanic ash from the eruption was carried away by the wind and poisoned the land and sea. A severe fluorine intoxication from the ash killed half of the Icelandic cattle population and a quarter of the sheep and horse population. Nothing would grow on the fields and no more fish could be found in the sea. If not protected from the ash, food and water became poisonous.

In the resulting plague and famine from 1783-1784, an estimated nine thousand people – one-fifth of the population of Iceland – died.

But the Laki eruption also had even more widespread effects. In the months after the eruption, a strange haze covered the sky above Europe, making breathing difficult. As the ash and gases from the eruption entered the high layers of the atmosphere, they adsorbed moisture and sunlight, changing the climate for years to come.

From 1783 to 1785, there were terrible droughts, exceptional cold winters and disastrous floods. In Europe, the exceptionally hot summer of 1783 was followed by long and harsh winters. The resulting crop failures may have triggered the French Revolution of 1789.

Laki-blog

Vue de la fracture éruptive du Laki  (Photo:  C. Grandpey)

Hawaii: Situation stable sur le Kilauea

drapeau francaisLes dernières cartes mises en ligne par le HVO (voir ci-dessous) montrent bien la disposition des coulées de lave qui s’échappent du versant NE du Pu’uO’o. Comme je l’ai indiqué précédemment, les sorties de lave se trouvent entre 5 et 8 km du sommet du cône. La seule observation possible est par la voie aérienne, ce qui ravit les compagnies d’hélicoptères basées à l’aéroport de Hilo. L’approche terrestre serait très difficile et les coulées se trouvent dans une réserve naturelle dont l’accès est interdit. Actuellement, aucune zone habitée n’est menacée.

L’activité dans le Pu’uO’o est remarquablement stable et n’a pas évolué au moment où la lave débordait sur le plancher de l’Halema’uma’u. Les dernières images du Pu’uO’o montrent un important dégazage du cratère. Il y a, semble-t-il, un petit lac de lave au fond de l’une des bouches qui percent le plancher du cratère.

Le lac de lave de l’Halema’uma’u montre les variations de niveau habituelles en fonction des épisodes d’inflation et de déflation du sommet. Sa surface oscille en générale entre 50 et 70 mètres de profondeur.

Il n’y a plus aucune sismicité sur la zone de rift SO. L’intrusion magmatique est donc bel et bien terminée. Personne ne peut dire comment évoluera la situation.

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drapeau anglaisThe latest maps relased by the HVO (see below) clearly show the layout of lava flowing from the NE side of Pu’uO’o. As I indicated previously, the lava outbreaks are located between 5 and 8 km from the summit of the cone. The only observation is by air, which delights the helicopter companies based at Hilo airport. The ground approach would be very difficult and the flows are in a natural reserve whose access is prohibited. Currently, no inhabited area is threatened.
Activity at Pu’uO’o is remarkably stable and did not change even when the lava overflowed on the floor of Halema’uma’u. The last images of Pu’uO’o show significant degassing from the crater. There, it seems, a small lava lake at the bottom of one of the vents that pierce the crater floor.
The lava lake in Halema’uma’u shows the usual level variations based on episodes of inflation and deflation at the summit. Its surface usually varies between 50 and 70 meters below the rim.
There is no longer any seismicity on SW Rift Zone. The magma intrusion is now over. No one can say how the situation will evolve.

Carte 1

Carte 2

Source:  USGS / HVO

Pas d’activité volcanique en Malaisie // No volcanic activity in Malaysia

drapeau francaisUn séisme de M 6.0 a secoué la région du Mont Kinabalu sur l’île de Bornéo en Malaisie vendredi dernier à 07h15 (heure locale). Des éboulements ont bloqué plus de 160 personnes sur la montagne. On déplore 11 morts, 8 disparus et plusieurs blessés. Au moins quatre randonneurs souffrent de fractures et de blessures à la tête.
Selon l’USGS, l’hypocentre du séisme se trouve à une profondeur de 10 km, avec son épicentre à environ 54 kilomètres à l’est de Kota Kinabalu, la capitale de l’Etat de Sabah.
Aucun dégât majeur et aucun décès n’ont été signalés et il n’y a pas eu d’alerte au tsunami. Le séisme a endommagé une route et au moins dix bâtiments, y compris des écoles, un hôpital, un commissariat de police, des banques, une mosquée et des supermarchés dans la ville de Ranau.
Le Mont Kinabalu (4095 mètres) est une destination touristique très populaire. Des milliers de personnes affluent chaque année pour faire l’ascension de la montagne. Un groupe tribal local estime que c’est un lieu sacré. La semaine qui a précédé le tremblement de terre, un groupe de 10 Occidentaux a téléchargé sur Internet leurs photos de nus, faites au sommet de la montagne, et suscité la colère des habitants qui pensent que le séisme est la preuve que les esprits de la montagne n’ont pas apprécié un tel acte.
La Malaisie se situe en dehors de la Ceinture de Feu, de sorte que les séismes majeurs sont rares dans le pays. Cependant, ceux enregistrés dans l’Etat de Sabah pourraient indiquer une activité volcanique en profondeur dans la croûte terrestre mais il n’y a aucune raison de s’inquiéter à l’heure actuelle. Un géologue de la région a déclaré que si une éruption devait se produire, ce serait dans un avenir très lointain. Cependant, le Service Météorologique Malaisien a indiqué qu’une telle possibilité ne saurait être écartée.
Le dernier séisme semble être un événement indépendant, sans relation avec ceux qui secouent le Japon et sans rapport avec l’activité volcanique du Mont Sinabung en Indonésie.
Source: Presse malaisienne.

Le seul volcan présent en Malaisie est le Mont Bombalai, dans la partie NE de l’Ile de Bornéo. Deux coulées de lave descendent vers la mer. Elles sont apparues lors d’une éruption qui a eu lieu il y a environ 27 000 ans.

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drapeau anglaisA M 6.0 earthquake rocked the area of Mount Kinabalu on Borneo Island in Malaysia last Friday at 7:15 a.m. (local time), leaving more than 160 people stranded on the peak. 11 trekkers are deas, 8 are missing and several were injured. At least four climbers suffered broken bones and head wounds.

According to the US Geological Survey, the quake hit at a depth of 10 kilometres, with its epicentre located about 54 kilometres east of Kota Kinabalu, the capital of Sabah.

No major damage or deaths were initially reported, and there was no tsunami warning. The earthquake damaged a road and at least ten buildings including schools, a hospital, a police station, banks, a mosque and supermarkets in the town of Ranau.

Mount Kinabalu (4095 m.)  is a popular tourist destination with thousands of people flocking each year to climb it. A local tribal group believes it to be a sacred place. The week before the earthquake, a group of 10 Westerners uploaded their nude photos, made on the mountain’s top, on the Internet, thus angering the locals and provoking suggestions that the quake was a sign that the spirits were disturbed by their act.

Malaysia lies outside the Ring of Fire, so major earthquakes are rare in the country. However, earthquakes in Sabah could be indications of volcanic activity deep in the earth’s crust but there’s no cause for alarm. A local geologist said that any eruption, if at all, would be in the very distant future. However, the Malaysian Meteo­rological Department said they cannot discount this possibility.

The last quake is considered as an independent geological condition and not related to recent earthquakes in Japan and Indonesian Mount Sinabung’s volcanic ac­­tivity.

Source: Malaysian newspapers.

The only volcano in Malaysia is Mount Bombalai in NE Borneo. Two lava flows extend almost to the coastal plain. The last eruption occurred about 27,000 years before present.

Kinabalu

Vue du Mont Kinabalu  (Crédit photo:  Wikipedia)