De nouvelles îles à proximité de l’Anak Krakatau (Indonésie) // New islands close to Anak Krakatau (Indonesia)

Selon un article paru dans le South China Morning Post, deux nouvelles îles sont apparues au large de l’Anak Krakatau ; il s’agit des premières à émerger, en près d’un siècle, au sein de la caldeira laissée par l’éruption catastrophique du Krakatau en 1883.
D’après l’Agence Géologique Indonésienne, ces formations, découvertes suite à une éruption de 25 heures survenue début septembre 2026, se situent à quelques centaines de mètres de part et d’autre de l’Anak Krakatau (l’une au nord-ouest, l’autre au sud-est), quasiment alignées de part et d’autre du cratère. L’une des îles se trouve à environ 760 mètres de la côte nord-ouest de l’Anak Krakatau, et l’autre à environ 495 mètres au sud-est. Leurs dimensions ainsi que leur altitude n’ont pas encore été mesurées.

Image satellite de la dernière éruption (Sentinal-3 / ESA)

Selon l’interprétation préliminaire de l’Agence Géologique, du magma relativement fluide, émis lors de l’éruption continue du mois de septembre, aurait atteint la surface via une fissure orientée nord-ouest/sud-est, permettant ainsi à la lave d’émerger et de former deux monticules insulaires au large de l’île principale.
Depuis 96 ans, l’histoire de la caldeira de l’Anak Krakatau se résume à des formations et des transformations successives. Il n’est toutefois fait état d’aucune autre île dans la caldeira depuis que l’Anak Krakatau s’est stabilisé au-dessus du niveau de la mer en 1930.
Ces deux nouvelles îles ont été découvertes par hasard près de deux semaines après l’éruption de septembre, alors que des bénévoles recherchaient un groupe de journalistes et d’autres personnes portés disparus en mer. Ils utilisaient un drone pour scruter les rivages et les eaux peu profondes autour de la caldeira, à la recherche de tout signe de leur présence ou de celle de leur vedette rapide, disparue lors d’un reportage sur l’Anak Krakatau. Sur les images du dernier vol de la journée, on voit le drone traverser le chenal séparant l’île de Sertung de l’Anak Krakatau, et on voit des vagues déferler sur une masse sombre et basse. Ces images semblent montrer la nouvelle île située au nord-ouest.
L’Anak Krakatau — ou « l’Enfant du Krakatau » — était resté calme pendant plus de deux ans avant que son activité ne reprenne en juillet 2026. Cette activité a culminé avec une éruption continue de 25 heures, débutée dans la soirée du 4 septembre ; les coulées de lave et les matériaux pyroclastiques ont alors ajouté près de 33 hectares à la superficie de l’île. Quelques semaines plus tard, des marins et des bénévoles qui naviguaient dans la zone ont signalé l’apparition de nouvelles formations ressemblant à des îles. Ces formations sont également visibles sur les images du satellite Sentinel depuis l’éruption.
L’Agence Géologique indique que des questions essentielles concernant ces nouvelles îles restent en suspens ; les géologues ne peuvent confirmer ni l’origine ni la composition de ces deux structures en se basant uniquement sur l’imagerie satellitaire. Ils ne peuvent notamment pas encore dire si des matériaux volcaniques ont été directement émis et s’il s’agit de nouvelles bouches éruptives.
L’une des principales questions concerne la composition de ces formations. Deux hypothèses sont envisagées : il pourrait s’agir de nouvelles bouches éruptives, ou bien de matériaux d’éruption qui se sont accumulés dans la zone peu profonde de l’ancienne caldeira. Toutefois, si ces nouvelles îles correspondent à de nouvelles bouches par lesquelles le magma est remonté, cela signifie que l’activité ne se limite plus au conduit central de l’Anak Krakatau.
Quelle que soit l’origine de ces nouvelles terres, leur pérennité en tant qu’îles dépendra de leur capacité à résister à l’érosion. L’Anak Krakatau lui-même a dû s’y reprendre à plusieurs fois pour devenir une île. Les premières éruptions sous-marines observées sur le site ont débuté fin 1927. Les matériaux émis ont d’abord émergé en 1928 avant de disparaître sous les flots. Ce cycle s’est répété jusqu’à ce que l’île finisse par se stabiliser en 1930. La forme de l’île a beaucoup évolué durant ces premières années. Elle était constituée de matériaux meubles issus d’éruptions explosives ; ces matériaux se déposaient sur le fond marin, édifiant progressivement une masse terrestre autour de la bouche éruptive jusqu’à ce qu’elle émerge au-dessus du niveau de la mer.

L’aspect de l’île peut changer très rapidement. En décembre 2018, un effondrement majeur du flanc du volcan, couplé à une éruption, a réduit la hauteur de son sommet de plus de 330 mètres à environ 110 mètres.
L’Anak Krakatau d’aujourd’hui est très différent de celui que j’ai visité dans les années 1990. Sur les photos récentes, je n’ai pas reconnu l’île ni le cratère dans lequel je m’étais plus ou moins prudemment aventuré….

Source : South China Morning Post.

Le Krakatau aujourd’hui…

et dans les années 1990.

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According to an article released in the South China Morning Post, two new islands have appeared off Anak Krakatau, potentially the first in nearly a century to emerge within the caldera left by Krakatau’s catastrophic 1883 eruption.

According to Indonesia’s Geological Agency, the formations, discovered following a 25-hour eruption in early September, sit hundreds of metres off opposite sides of Anak Krakatau, one to the northwest and the other to the southeast, almost on a straight line through the volcano’s crater. One island lies about 760 metres off Anak Krakatoa’s northwest coast and the other about 495 metres to the southeast. Their dimensions or elevation above sea level have not been measured yet. .

The Geological Agency’s preliminary interpretation is that relatively fluid magma released during the continuous eruption reached the surface via a northwest-southeast fissure that allowed material to reach the surface and form two island-like mounds offshore.

For 96 years, the caldera’s story has been the making and remaking of Anak Krakatau. No other separate island is known to have emerged in the caldera since Anak Krakatau became permanently established above sea level in 1930.

The two new islands were discovered by accident nearly two weeks after the eruption, as volunteers searched for a group of journalists and others missing at sea. They flew a drone over shorelines and shallow water around the caldera looking for any signs of them or their speedboat, which had disappeared on a reporting trip to Anak Krakatau. In footage from his final flight of the day, the drone crossed the channel between Sertung island and Anak Krakatau, where it captured waves breaking over a low, dark mass. The footage appears to show the new northwestern island.

Anak Krakatau – or “Child of Krakatau” – had been quiet for more than two years until activity resumed in July. That culminated in 25 hours of continuous eruption beginning late on September 4, with lava flows and pyroclastic material adding nearly 33 hectares to the island’s area.

Weeks later, there were reports of new island-like formations from mariners and volunteers who had sailed through and photographed the area. The formations are also visible in Sentinel satellite imagery since the eruption.

The Geological Agency says that key questions about the land masses remain unresolved and local geologists cannot confirm the origin or composition of the two features based on satellite imagery alone. In particular, they cannot yet confirm whether volcanic material was directly erupted at these locations or whether they represent new eruptive vents.

One of the main questions is what the formations are made of. There are two possibilities: new vents or eruption materials may be just piling up in the shallow part of the old caldera. However, if the new islands corresmond to new vents where magma is erupting, this means activity is no longer confined to Anak Krakatau’s central conduit.”

Whatever the origin of the new land masses, their survival as islands will depend on whether they remain above water at high tide and withstand erosion. Anak Krakatau itself took multiple attempts to become an island. The first clearly observed submarine eruptions at the site began in late 1927. Erupted material initially broke the surface in 1928, then disappeared beneath the waves. The sequence repeated until the island was finally established in 1930. The form of the island changed a lot in those early years. It was composed of loose material produced by explosive eruptions, which deposited material on the sea floor and then gradually built up the land mass around the vent, eventually emerging above sea level. This material was then eroded outside eruptive periods, so the land mass appeared and then disappeared. The island’s appearance can change vry rapidly. In December 2018, a major flank collapse and eruption cut its peak from more than 330 metres to roughly 110 metres.

Anak Krakatau tody is very diffrent from what it was when I visited it in the 1990s. In recent photos, I could not recognize the island and the crater in which I walked.

Source : South China Morning Post.

https://www.scmp.com/?module=masthead&pgtype=article

L’Etna bientôt sur la lune ? // Mount Etna heading to the Moon?

Le rover italien conçu pour l’exploration lunaire s’appellera Etna, un nom choisi lors d’un sondage effectué via le compte Instagram officiel de l’Agence spatiale italienne (ASI). Acronyme de « Exploration Technology for Navigation & Autonomy » (Technologie d’exploration pour la navigation et l’autonomie), Etna a également été conçu pour naviguer de manière autonome sur des terrains complexes. Ces dernières semaines, l’Etna, avec ses paysages volcaniques accidentés, a reproduit certaines conditions typiques de la surface lunaire.

Crédit photo : ASI

Après une phase de validation initiale concluante menée dans les installations d’ALTEC à Turin, les capacités du rover en environnements contrôlés ont été confirmées. L’interaction avec des terrains lunaires et martiens a été vérifiée par des tests de traction et de stabilité, ainsi que la fiabilité des algorithmes de localisation, de cartographie et de planification.
En juillet 2026, le rover est testé sur l’Etna, où le paysage volcanique, les pentes abruptes, le substrat granuleux et l’absence de végétation reproduisent fidèlement les conditions environnementales et les défis auxquels un véhicule autonome peut être confronté sur la surface lunaire. Outre la consolidation des performances de mobilité et les tests de reconfiguration en cas de pannes, un temps considérable sera consacré aux démonstrations opérationnelles des charges utiles embarquées. Un drone autonome doté d’une intelligence artificielle sera déployé pour cartographier le terrain et classifier automatiquement les roches, les cratères et les itinéraires les plus sûrs, tout en transmettant les données au centre de contrôle.
L’ASI explique que « l’objectif est d’intégrer des expériences et des prototypes externes pour tester des technologies innovantes dans des environnements extrêmes, d’ouvrir la recherche à de nouveaux partenaires et d’accélérer le transfert de technologie vers la prochaine ère de l’exploration lunaire. »
Le rover a été construit dans le cadre du programme « Universal Locomotion System (ULS) », entièrement financé par l’Agence spatiale italienne et piloté par Thales Alenia Space, avec la contribution de Leonardo, IIT, ALTEC, Aiko, Politecnico di Torino et Volta Structural Energy.
Le rover Etna est un hommage à l’Italie et à Catane, suite à la désignation de Luca Parmitano, l’astronaute de l’ESA originaire de Paternò, comme pilote de la mission Artemis III de la NASA prévue pour 2027. Il volera à bord de la capsule Orion dans un rôle opérationnel de premier plan, testant les manœuvres d’approche et d’amarrage en orbite terrestre.

Source : médias italiens.

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The Italian rover designed for lunar exploration will be named Etna, a name chosen via a poll on the Italian Space Agency’s (ASI) official Instagram account. An acronym for « Exploration Technology for Navigation & Autonomy, » Etna is designed to navigate complex terrain autonomously. In recent weeks, Mount Etna, with its rugged volcanic landscape, has served as a site to replicate conditions typical of the lunar surface.
Following a successful initial validation phase at ALTEC’s facilities in Turin, the rover’s capabilities in controlled environments have been confirmed. Its interaction with lunar- and Martian-like terrain was verified through traction and stability tests, alongside checks on the reliability of its localization, mapping, and planning algorithms.
In July 2026, the rover will undergo testing on Mount Etna, where the volcanic landscape, steep slopes, granular substrate, and lack of vegetation faithfully replicate the environmental conditions and challenges an autonomous vehicle might face on the lunar surface. In addition to refining mobility performance and testing reconfiguration capabilities in the event of a breakdown, significant time will be dedicated to operational demonstrations of the onboard payloads. An AI-equipped autonomous drone will be deployed to map the terrain and automatically classify rocks, craters, and the safest routes, while transmitting data back to the control center.
The ASI explains that « the goal is to integrate external experiments and prototypes to test innovative technologies in extreme environments, open up research to new partners, and accelerate technology transfer for the next era of lunar exploration. » The rover was built as part of the « Universal Locomotion System (ULS) » program, fully funded by the Italian Space Agency and led by Thales Alenia Space, with contributions from Leonardo, IIT, ALTEC, Aiko, Politecnico di Torino, and Volta Structural Energy.
The Etna rover pays tribute to Italy and Catania, following the selection of Luca Parmitano, an ESA astronaut from Paternò, as a pilot for NASA’s Artemis III mission, scheduled for 2027. He will fly aboard the Orion capsule in a key operational role, testing approach and docking maneuvers in Earth orbit.
Source: Italian news media.

Sauveteur de drones sur l’île de la Réunion !

Il y a quelques années, les drones sont devenus tellement populaires en France que des restrictions ont dû être imposées pour éviter les abus. En particulier, la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) a imposé des règles très strictes concernant le pilotage des engins d’un poids supérieur à 250 grammes. Ces restrictions ont entraîné un net ralentissement de la vente de ces engins volants. La DGAC et les autorités ont défini des zones interdites de survol. Parmi elles, on peut mentionner les sites sensibles comme les centrales nucléaires, les prisons, les parcs nationaux, les bases militaires ou encore les aéroports. De même, il est interdit de faire voler un drone au-dessus de l’espace public en agglomération, et de dépasser 120 mètres de hauteur.

À l’attention des personnes qui se rendent aux États Unis, je signale que l’utilisation de drones dans les parcs nationaux est formellement interdite. Si vous vous faites prendre, c’est amende et confiscation de l’appareil assurées.

Photo: C. Grandpey

Les drones sont autorisés lorsqu’ils sont utilisés par les autorités à des fins de sécurité, comme ici sur le Kilauea :

Crédit photo: HVO

Le site Réunion la 1ère a récemment publié un article intéressant, mais aussi surprenant, à propos d’un « sauveteur de drones. » Étant donné que l’île a été érigée en Parc National en mars 2007, je me suis demandé quelle est la réglementation pour les drones. Elle est fort bien décrite à cette adresse :

https://www.reunion-parcnational.fr/fr/le-parc-national-de-la-reunion/reglementation/survol-en-drone

On y apprend que l’utilisation des drones est tolérée mais que certaines zones sont interdites « pour protéger nos oiseaux endémiques ». D’autres zones sont  « à éviter pour garantir la quiétude de tous ». Le survol en drone est également interdit sur plusieurs lieux dans un rayon de 200 mètres. Parmi ces lieux figurent le Point de vue du Maïdo, le Belvédère du Pas de Bellecombe, le sommet du Piton de la Fournaise, le Piton Partage ou encore le Piton de Bert. Lors de mon séjour à la Réunion en 2019, je me suis rendu compte que les drones volaient librement, mais la DGAC n’avait probablement pas encore imposé sa réglementation.

Au vu de l’article sur Réunion la 1ère, il semble que tout le monde ne respecte pas la loi. En effet, pour récupérer les engins en perdition, le sauveteur de drones arpente les endroits les plus escarpés de l’île pour « aller chercher les drones de pilotes maladroits ou victimes d’avaries diverses. Des accidents qui se produisent habituellement en nombre pendant les éruptions du Piton de la Fournaise. » La récupération intervient souvent dans le rempart au volcan, où il utilise ses compétences de cordiste. A noter que ces sauvetages ont un coût, entre 150 et 250 euros l’intervention et jusqu’à 1000 euros en fonction de la difficulté et de la distance.

Le dernier paragraphe de l’article de Réunion la 1ère explique qu’habituellement, les éruptions sont propices aux pertes de drones, mais que ce ne fut pas le cas pour la dernière éruption du mois de janvier 2026. Plusieurs appareils ont volé en même temps au même endroit, mais sans accidents. Le sauveteur de drones rappelle que « cette fois-ci le survol des drones était interdit. C’est d’ailleurs le cas dans de nombreux sites, comme le Piton des Neiges, au Maïdo, au Piton de Bert et dans pas mal d’endroits au sein du Parc National. » Mais il semblerait qu’à la Réunion le mot « interdit » n’ait pas tout à fait le même sens qu’en métropole…

Étant moi-même pilote de drone, je me plie à la loi, même si certaines interdictions font naître une certaine frustration.

Photo: C. Grandpey

Islande : nouvelles images de l’éruption

L’éruption semble avoir trouvé son équilibre sur la péninsule de Reykjanes. Isak Finnbogason a effectué le 26 août 2024 un nouveau survol du site éruptif avec son drone, ce qui donne de superbes images. Vous pourrez voler avec le drone en cliquant sur ce lien :

https://www.youtube.com/watch?v=YnJZE_VA3Ug

Comme je l’ai indiqué précédemment, l’accès au site éruptif à pied est extrêmement difficile, voire dangereux. La meilleure solution est d’acheter un survol en hélicoptère. Il vous en coûtera entre 390 et 450 euros pour un vol de 30-35 minutes.

Personne ne sait combien de temps durera l’éruption, mais si l’on prend en compte le volume de magma (plus de 20 millions de mètres cubes) qui s’était accumulé sous Svartsengi, le spectacle a des chances de durer pas mal de temps, pour le bonheur des yeux. Voici quelques captures d’écran de la vidéo…