Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Retour à la phase « Vigilance »

Voici le texte du communiqué diffusé le lundi 4 mai par la Préfecture de la Réunion :

« En raison de la baisse de l’activité sismique constatée par l’observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF), le préfet a décidé de passer en phase de vigilance du dispositif spécifique Orsec* Volcan du Piton de la Fournaise à compter du mardi 05 mai à 00h00. Cependant, une éruption reste possible dans les jours ou semaines à venir.

L’accès du public à la partie haute de l’Enclos du Piton de la Fournaise depuis le sentier du Pas de Bellecombe ainsi que le poser d’hélicoptère dans la zone du volcan sont à nouveau autorisés ».

En espérant que le volcan ne prendra pas à contre-pied volcanologues et autorités….

 

Les éclairs du Calbuco (Chili) // Calbuco’s lightning

drapeau francaisL’éruption du Calbuco les 22 et 23 Avril 2015 a déclenché des milliers d’éclairs qui ont été détectés par le réseau global de localisation des éclairs, le World Wide Lightning Location Network (WWWLLN), qui comprend plus de 50 capteurs de foudre à travers le monde. Il est détenu et exploité par des groupes de recherche et des universités. Ce réseau peut établir une carte des impacts d’éclairs dans le monde entier en temps quasi-réel.
Cette vidéo (il suffit de cliquer sur le lien) montre parfaitement les éclairs qui ont accompagné l’éruption du Calbuco :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=eXxjEnTM7Cw

On sait que la foudre en milieu volcanique surgit de la même façon que pendant les orages: Autrement dit, les charges négatives et positives se séparent dans l’atmosphère, et la foudre est ce qui rééquilibre les charges. Cependant, on ne sait pas trop pourquoi la séparation des charges se produit dans les éruptions volcaniques. Il existe plusieurs théories, dont une qui explique que la cendre se compose initialement de particules « neutres », sans charge électrique. Par frottement avec d’autres particules dans le nuage, la cendre se charge électrostatiquement. Dans un nuage de cendres, les particules perdent et gagnent des électrons les unes par rapport aux autres, ce qui fait que certaines particules (ou zones) deviennent positives et d’autres négatives. Lorsque des charges opposées s’accumulent à l’intérieur du panache, elles se neutralisent en donnant naissance à des éclairs.

Les éclairs volcaniques sont difficiles à observer et leur apparition se limite souvent au tout début de l’éruption, moment où elle est en général la plus intense. Alors que la foudre et la lave sont deux des éléments les plus chauds de la Terre, les éclairs, avec une température d’environ 28.000 ° C sont 25 fois plus chauds que la lave vomie par les volcans!

On pourra lire sur le site web de Science et Vie un bon article sur ces éclairs volcaniques :

http://www.science-et-vie.com/2015/04/dou-viennent-les-eclairs-qui-surgissent-des-volcans%E2%80%89/

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drapeau anglaisThe eruption of Calbuco volcano on April 22nd and 23rd triggered thousands of lightning strikes which were detected by the World Wide Lightning Location Network which includes over 50 lightning sensors around the globe, owned and operated by research groups and universities. The network can map strikes around the globe in near-real time..

This video (just click on the link) shows a remarkable display of the lightning that accompanies the eruption.

https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=eXxjEnTM7Cw

It is well known that volcanic lightning is caused by the same reason as in thunderstorms: negative and positive charges separate in the atmosphere, and lightning is what restores the charges to balance. However, why the charge separation occurs in volcanic eruptions in the first place is still not well-understood. There are several theories. One suggests that ash starts out as “neutral” particles with no electric charge. But as it rubs violently against other particles within the cloud, it picks up an electrostatic charge. In an ash cloud, particles lose and gain electrons from each other, causing some particles/areas to be positive and others negative. When opposite charges build up inside the plume they neutralize in flashes of lightning.

Volcanic lightning is difficult to observe and is often confined to the very beginning of the eruption when it is the most intense. While lightning and lava are two of the hottest things on Earth, lightning – about 28,000°C – is 25 times hotter than lava!

Calbuco-blog

(Crédit photo: SERNAGEOMIN)

Belle photo de l’Halema’uma’u (Kilauea / Hawaii)

drapeau francaisLe HVO a mis en ligne une photo intéressante du cratère de l’Halema’uma’u prise depuis la lèvre sud, là où est positionnée l’une des webcams. On voit parfaitement la zone de débordement du lac de lave. Tout au fond, en haut de la colline, on devine la structure du HVO ainsi que le Jaggar Museum, tandis que la Mauna Loa dresse ses 4200 mètres à gauche de la photo. Vous obtiendrez une superbe image en cliquant sur ce lien :

http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-1179.jpg

Il est bon de rappeler que toute cette zone est interdite d’accès au public. Les rangers ont renforcé leur surveillance depuis l’explosion du 28 avril et les projections qui ont atterri dans ce secteur.

Le niveau du lac de lave continue à varier 1) par réaction aux épisodes de gonflement et de dégonflement du sommet, mais aussi 2) en fonction du spattering à sa surface qui se traduit par des projections de la lave sous la poussée des gaz. Quand ces projections ont lieu – et avec elles la libération des gaz – le niveau du lac baisse. Par contre, les périodes calmes s’accompagnent en général d’une montée de la lave, voire de son débordement.

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drapeau anglaisHVO has posted an interesting picture of Halema’uma’u Crater taken from the southern rim where one of the webcams has been set up. One can perfectly see the overflow area of the lava lake. At the far end of the photo, on top of the hill, there is the HVO structure and the Jaggar Museum, while Mauna Loa can be seen the left of the photo. You will get a larger image by clicking this link:
http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-1179.jpg

It is worth remembering that this whole area is off limits to the public. Rangers have increased their controls since the April 28th explosion with projections that landed in this area.

The level of the lava lake continues to vary 1) by reaction to the episodes of inflation and deflation at the summit, but also 2) according to the spattering on its surface which consists of projections of the lava under the pressure of the gases. When these projections take place – and with them the release of gases – the level of the lake usually drops. On the other hand, the quiet periods generally correspond with a rise of the lava, and sometimes its overflowing.

Halemau-cam

Crédit photo: USGS / HVO.

Axial Seamount (Oregon / Etats Unis)

drapeau francaisDepuis de nombreuses années, les scientifiques américains de la Scripps Institution of Oceanography (Université de Californie à San Diego) étudient l’Axial Seamount, un volcan sous-marin situé à environ 400 km au large de la côte de l’Oregon, sur la dorsale Juan de Fuca (voir mes notes des 11 et 23 août 2011, 17 août 2013 et 4 août 2014). Ce volcan présente une structure complexe et ses origines sont encore mal comprises.

À partir du jeudi 23 avril 2015, les capteurs récemment mis en place dans le secteur de l’Axial ont enregistré 8000 petits séismes sur une période de 24 heures. La caldeira, qui avait gonflé sous la poussée d’une montée de magma, s’est ensuite effondrée rapidement. Les scientifiques se sont demandés si une éruption avait effectivement eu lieu, avec écoulement de la lave sur le plancher océanique. Cependant, aucun des instruments n’avait été endommagé et on n’avait relevé aucune hausse significative de température. Il se peut que du magma se soit infiltré dans des fractures souterraines en formant un dyke. La seule façon de savoir ce qui s’est passé est de visiter le site avec un navire de recherche, que vont faire les scientifiques cet été.
Malgré l’incertitude de la situation, la capacité à surveiller le déroulement de cet événement marque un jalon important pour la Scripps Institution. Exploité par l’Université de Washington, le réseau de surveillance sous-marine comprend près de 100 km de câble coaxial disposés sur le fond de l’océan. Ce cable permet d’alimenter et de transmettre les données à partir d’une foule de sismomètres, inclinomètres, échantillonneurs microbiens et autres instruments.
La plupart des instruments sont concentrés dans le centre de la caldeira de l’Axial qui mesure près de 3,5 km de large et 9 km de long. Elle est également parsemée de sources hydrothermales et de fumeurs noirs qui abritent des vers à tube ainsi que des microbes qui aiment la chaleur et se développent dans des conditions inhospitalières.
Il n’est pas facile d’atteindre le volcan sous-marin Axial. Il se trouve sous quelque 1500 mètres d’eau à environ 400 km au large des côtes. Sa dernière éruption remonte à avril 2011, mais les scientifiques ne s’en sont rendus compte que plusieurs mois plus tard, quand ils ont récupéré les instruments fonctionnant sur batterie qui avaient été déployés plus d’un an auparavant. Aujourd’hui, avec le nouveau réseau de câbles, ils peuvent surveiller le volcan quotidiennement.
Quand ils se rendront sur le site dans quelques mois, les chercheurs utiliseront des véhicules télécommandés et d’autres instruments destinés à observer le versant nord de l’Axial. Les signaux faibles émis par certains sismomètres pourraient indiquer que la lave a percé le plancher océanique. Les chercheurs voudraient aussi savoir si Axial est entré dans une phase plus active.

Source : The Seattle Times.

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drapeau anglaisFor quite a long time, US scientists at Scripps Institution of Oceanography at UC San Diego and their colleagues have been studying Axial Seamount, an undersea volcano located about 400 km off the Oregon coast, at the Juan de Fuca Ridge (see my notes of August 11th and 23rd 2011, August 17th 2013 and August 4th 2014). The seamount is geologically complex, and its origins are still poorly understood.

Beginning Thursday, April 23rd 2015, the sensors recently set up in the seamount area recorded 8,000 small earthquakes in a 24-hour period. The volcano’s caldera, which had been swelling rapidly from an influx of magma, collapsed like a deflated balloon.

Scientists are debating whether to describe what transpired as an eruption, which means lava flowed onto the seafloor. However, no instruments were destroyed and there was no obvious temperature spike, so the magma might have oozed into subterranean fissures, forming a dike. The only way to find out what happened is to visit the site with a research vessel, which the scientists will do this summer.

Despite the ambiguity, the ability to monitor the submarine event as it unfolded marks a major milestone for the underwater observatory. Operated by the University of Washington, the network includes nearly 100 km of coaxial cable on the seafloor that powers and delivers data from scores of seismometers, tiltmeters, microbial samplers and other instruments.

Most of the instruments are concentrated in the volcano’s central caldera, which is nearly 3.5 km wide and 9 km long. The caldera is also dotted with hydrothermal vents and black smokers which harbour tube worms and heat-loving microbes that thrive in the inhospitable conditions.

Axial isn’t easy to get to. It lies under 1,500 metres of water and sits about 400 km offshore. The last time the volcano erupted was in April 2011, but scientists didn’t realize it until several months later, when they retrieved battery-operated instruments deployed more than a year before. Now with the new cable network, they can keep an eye on the volcano every day.

When they visit the volcano later this year, the researchers will use remotely operated vehicles and other instruments to scrutinize Axial seamount’s northern flanks. Faint signals from some of the seismometers may hint that lava has broken through the ocean floor. The researchers are also interested in the question of whether Axial is entering a more active phase.

Source: The Seattle Times.

Axial-seamount

Sources:  Scripps Institution / The Seattle Times.