Mayotte : Nouvelles informations sur le volcan sous-marin // New information about the submarine volcano

Quelques jours après la découverte d’un volcan sous-marin au large de Mayotte, on commence à en savoir plus sur la situation sismique et volcanique dans la région.

S’agissant de la sismicité, la mission scientifique menée depuis deux semaines par le Marion Dufresne révèle – après remontée des 8 sismomètres qui avaient été installés au fond de la mer – que les épicentres ne sont pas situés entre 30 et 60 km de Mayotte comme on l’a cru depuis un an, mais à seulement 10 km de l’île. Toutefois, l’IPGP explique qu’ils ils sont plus proches en distance “épicentrale”(horizontale) et plus loin que prévu en distance hypocentrale (en profondeur). Les séismes sont situés désormais à des profondeurs de 20 à 50 km.

Après un début très impressionnant en mai-juin, une accalmie a été observée en juillet et août. Dès septembre, l’activité sismique a repris avec des magnitudes plus modérées et des événements plus espacés. Depuis, l’activité est globalement stable, avec de courtes périodes d’accalmies suivies de réveils.

Dans des notes précédentes, j’ai indiqué que la partie orientale de l’île de Mayotte avait tendance à s’incliner, voire à s’affaisser dans l’océan. A l’heure actuelle, cet enfoncement atteint 13 centimètres depuis juillet 2018. Ce déplacement est rapide à l’échelle géologique. Les géologues à bord du Marion Dufresne pensent qu’il peut s’expliquer par la vidange d’un réservoir profond, à environ 40 km de profondeur.

Selon moi, le nouveau volcan n’est pas près de percer la surface de l’Océan Indien. Je faisais la comparaison avec le Loi’hi à Hawaii dont le sommet se trouve à environ 900 mètres de profondeur. Celui du nouveau volcan mahoraise se trouvant à environ 2700 mètres de profondeur, il lui faudra probablement des siècles, voire des millénaires pour être visible au dessus des vagues. Les scientifiques de l’expédition sont moins affirmatifs. Selon eux, si l’on considère que ce nouveau volcan a atteint en un an la taille non négligeable de 800 mètres de hauteur pour 4 km de largeur, il ne lui faudrait à ce rythme que trois ans supplémentaires pour sortir la tête de l’eau ! Toutefois il est aussi possible que ce volcan ait d’ores et déjà arrêté sa croissance. Le Marion Dufresne a en effet découvert “plusieurs dizaines de cônes volcaniques dans une zone de 10 km de diamètre, tous datés de moins d’un million d’années et tous environ de la même taille”. Pour le moment, ce nouveau volcan est semblable à ses voisins. Il pourrait donc suivre le même chemin et rester sagement invisible au fond de l’océan.

S’agissant de la composition de la lave du nouveau volcan, la drague du Marion Dufresne a remonté des fragments durcis. Certains, chargés de gaz en dépression, ont explosé en sortant de l’eau ; d’autres sont noirs et criblés de bulles. Tous vont être analysés afin de déterminer précisément la nature de l’éruption, la profondeur et l’origine des roches que crache le volcan.

Comme je l’ai écrit précédemment, le nouveau volcan émet des fluides. Le sonar à bord du Marion Dufresne a analysé l’eau et détecté “une anomalie d’impédance acoustique qui indique que quelque chose s’échappe du dôme volcanique.’’ Pour l’heure, ni la hauteur de ce panache de fluides, ni sa composition ne sont connues.

Aucune restriction de navigation n’a été ordonnée dans la région de l’éruption sous-marine car le passage du Marion Dufresne n’a pas établi de risque spécifique. Les pêcheurs sont en revanche invités à signaler la présence d’éventuels nouveaux poissons morts.

Source : IPGP, via Le Journal de Mayotte.

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A few days after the discovery of an underwater volcano off Mayotte, one begins to know more about the seismic and volcanic situation in the region.
With regard to seismicity, the Marion Dufresne‘s scientific mission conducted two weeks ago reveals – after thecollection of  8 seismometers that had been installed at the bottom of the sea – that the epicentres are not located between 30 and 60 km from Mayotte as has been believed for a year, but only 10 km from the island. However, IPGP explains that they are closer in « epicentral » (horizontal) distance and further than expected in hypocentric (in depth) distance. The earthquakes are currently located at depths of 20 to 50 km.
After a very impressive start in May-June, a lull in seismicity was observed in July and August. In September, activity resumed with more moderate magnitudes and more spaced earthquakes. Since then, seismic activity has been globally stable, with short periods of lull followed by new tremors.

In previous notes, I indicated that the eastern part of the island of Mayotte tended to subside in the ocean. This phenomenon has reached 13 centimetres since July 2018. This displacement is fast at the geological scale. Marion Dufresne‘s geologists believe that it can be explained by the drainage of a deep reservoir, about 40 km deep.

In my opinion, the new volcano is not about to pierce the surface of the Indian Ocean. I made the comparison with Loi’hi in Hawaii whose summit is about 900 metres deep. As the new Mahoran volcano is about 2700 metres deep, it will probably take centuries, even millennia for it to be visible above the waves. The scientists of the expedition are less affirmative. According to them, if one considers that this new volcano reached the significant size of 800 metres in height and 4 km in width in one year, it would yake it only three additional years to appear at the surface of the water! However it is also possible that this volcano has already stopped its growth. The Marion Dufresne has indeed discovered « several tens of volcanic cones in an area of ​​10 km in diameter, all less than a million years old and all about the same size ». For the moment, this new volcano is similar to its neighbours. It could therefore follow the same path and remain invisible at the bottom of the ocean.

With regard to the composition of the lava of the new volcano, the drag onboard the Marion Dufresne brought some hardened fragments to the surface. Some of them, full of gas in depression, exploded out of the water; others are black and riddled with bubbles. All will be analyzed to precisely determine the nature of the eruption, the depth and origin of the rocks spewed by the volcano.
As I wrote previously, the new volcano also emits fluids. The Marion Dufresne‘s sonar analyzed the water and detected « an acoustic impedance anomaly that indicates something is coming out of the volcanic dome. » For now, neither the height of this plume of fluids nor its composition have been revealed.

No navigation restrictions were ordered in the area of ​​the underwater eruption because the passage of the Marion Dufresne did not establish a specific risk. Fishermen are however invited to report the presence of any new dead fish.

Source: IPGP, via Le Journal de Mayotte.

Localisation du nouveau volcan (Source: IPGP)

Carte topographique du Lo’ihi à Hawaii (Source: USGS)

Lōʻihi : Le dernier volcan hawaiien // The most recent Hawaiian volcano

drapeau francaisAlors que la plaque Pacifique continue de se déplacer vers le nord-ouest, les volcans sont de plus en plus jeunes en allant vers le sud-est de l’archipel hawaïen. Le Kilauea est actuellement actif sur la Grande Ile. A 35 km au sud de l’île, un autre volcan est actif sur le plancher de l’océan. Son nom est Lōʻihi , qui signifie «être étendu, être long ». Cependant, il faudra peut-être attendre 10 000 à 100 000 ans avant que ce volcan sous-marin perce la surface de l’océan. En effet, son sommet se trouve à environ 970 mètres de profondeur. Il a été découvert en 1952 quand un essaim sismique au large des côtes a attiré l’attention des scientifiques. Il est fait mention pour la première fois de Lōʻihi sur des cartes bathymétriques datant des années 1940. Personne ne semble s’être beaucoup préoccupé du volcan jusqu’en 1978, année où une série de séismes a rappelé son existence aux scientifiques qui ont organisé une expédition pour explorer ce qu’ils pensaient être un réseau de failles dans le plancher océanique. C’est quand l’expédition a récolté des laves en coussins relativement récentes que les scientifiques ont compris qu’il s’agissait d’un volcan.
Les instruments de mesure sur la Grande Ile sont loin de Lōʻihi , ce qui rend la surveillance un peu difficile et sujette à un certain degré d’imprécision. La dernière éruption confirmée de Lōʻihi a eu lieu en 1996. L’activité sismique la plus récente – probablement indicatrice d’une éruption – a été enregistrée en 2005.
Comme le sommet de Lōʻihi se trouve à une grande profondeur, il est peu probable qu’une éruption sera observée physiquement. Les sismographes la détecteront sûrement, mais les humains ont peu de chances de la voir de leurs propres yeux.
L’étude de Lōʻihi a donné aux scientifiques des informations très intéressantes sur la formation des autres volcans hawaïens. Plusieurs missions utilisant des robots ont découvert de grandes populations de bactéries de ferro-oxydantes qui prospèrent à la base de Lōʻihi à quelque 2900 mètres sous la surface et loin des sources hydrothermales du sommet, là même où on pensait qu’elles se développaient.
Les scientifiques de l’Université d’Hawaï continuent à analyser les données fournies par une mission robotique effectuée en 2014 et dont le but était de mieux comprendre ces étranges tapis étranges de créatures. Les scientifiques pensent que ces bactéries pourraient jouer un rôle important dans l’équilibre chimique de l’océan et être responsables de certaines formations géologiques inexpliquées sur Terre. Les indicateurs de la présence de bactéries pourraient également être utilisés dans les recherches futures sur la vie ailleurs dans l’univers.
Source: West Hawaii Today.

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drapeau-anglaisWhile the Pacific plate keeps moving northwest, volcanoes are younger and younger to the southeast of the Hawaiian archipelago. Kilauea is currently active on the Big Island. 35 km to the south, another volcano is active on the sea bottom. Its name is Lōʻihi, which means “to extend, to be long,” However, it may be 10,000 to 100,000 years before this seamount breaches the surface of the ocean. Its summit lies some 970 metres beneath the surface of the ocean. It was discovered in 1952 when a flurry of earthquakes drew scientists’ attention offshore. The earliest known mention of Lōʻihi was on bathymetric charts in 1940. No one seemed to give the seamount much thought until 1978 when, after a series of earthquakes, scientists were reminded of its presence and organised an expedition to explore more about what they thought was faulting under the sea. When the expedition collected relatively new pillow lava, scientists knew it was a volcano.
Seismic monitors on land are far from Lōʻihi, which makes precise monitoring a bit difficult and subject to a certain degree of imprecision. The last confirmed eruption of Lōʻihi was in 1996, and the most recent earthquake swarm – which could signal an eruption – was recorded in 2005.
As the summit of Lōʻihi is still quite deep, it is unlikely that an eruption will be physically observed. The seismographs will probably detect it but the humans are unlikely to observe it.
Studying Lōʻihi has given scientists tremendous insight into how the other Hawaiian volcanoes have developed. Several missions using robots allowed to discover large populations of iron-oxidizing bacteria thriving at Loihi’s base some 2900 metres below the surface and far from the hydrothermal vents on its summit where they were previously only thought to exist.
University of Hawaii scientists are still analyzing data from a 2014 robotic mission to Lōʻihi, undertaken in part to better understand the strange mats of creatures. Scientists think these bacteria could play an important role in balancing ocean chemistry, and might be responsible for some unexplained geological formations on Earth. Indicators of the presence of bacteria could also be used in future searches for life beyond the Earth.
Source : West Hawaii Today.

Loihi 2

Situation géographique de Lōʻihi  (Source: USGS)

Axial Seamount (Oregon / Etats Unis)

drapeau francaisDepuis de nombreuses années, les scientifiques américains de la Scripps Institution of Oceanography (Université de Californie à San Diego) étudient l’Axial Seamount, un volcan sous-marin situé à environ 400 km au large de la côte de l’Oregon, sur la dorsale Juan de Fuca (voir mes notes des 11 et 23 août 2011, 17 août 2013 et 4 août 2014). Ce volcan présente une structure complexe et ses origines sont encore mal comprises.

À partir du jeudi 23 avril 2015, les capteurs récemment mis en place dans le secteur de l’Axial ont enregistré 8000 petits séismes sur une période de 24 heures. La caldeira, qui avait gonflé sous la poussée d’une montée de magma, s’est ensuite effondrée rapidement. Les scientifiques se sont demandés si une éruption avait effectivement eu lieu, avec écoulement de la lave sur le plancher océanique. Cependant, aucun des instruments n’avait été endommagé et on n’avait relevé aucune hausse significative de température. Il se peut que du magma se soit infiltré dans des fractures souterraines en formant un dyke. La seule façon de savoir ce qui s’est passé est de visiter le site avec un navire de recherche, que vont faire les scientifiques cet été.
Malgré l’incertitude de la situation, la capacité à surveiller le déroulement de cet événement marque un jalon important pour la Scripps Institution. Exploité par l’Université de Washington, le réseau de surveillance sous-marine comprend près de 100 km de câble coaxial disposés sur le fond de l’océan. Ce cable permet d’alimenter et de transmettre les données à partir d’une foule de sismomètres, inclinomètres, échantillonneurs microbiens et autres instruments.
La plupart des instruments sont concentrés dans le centre de la caldeira de l’Axial qui mesure près de 3,5 km de large et 9 km de long. Elle est également parsemée de sources hydrothermales et de fumeurs noirs qui abritent des vers à tube ainsi que des microbes qui aiment la chaleur et se développent dans des conditions inhospitalières.
Il n’est pas facile d’atteindre le volcan sous-marin Axial. Il se trouve sous quelque 1500 mètres d’eau à environ 400 km au large des côtes. Sa dernière éruption remonte à avril 2011, mais les scientifiques ne s’en sont rendus compte que plusieurs mois plus tard, quand ils ont récupéré les instruments fonctionnant sur batterie qui avaient été déployés plus d’un an auparavant. Aujourd’hui, avec le nouveau réseau de câbles, ils peuvent surveiller le volcan quotidiennement.
Quand ils se rendront sur le site dans quelques mois, les chercheurs utiliseront des véhicules télécommandés et d’autres instruments destinés à observer le versant nord de l’Axial. Les signaux faibles émis par certains sismomètres pourraient indiquer que la lave a percé le plancher océanique. Les chercheurs voudraient aussi savoir si Axial est entré dans une phase plus active.

Source : The Seattle Times.

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drapeau anglaisFor quite a long time, US scientists at Scripps Institution of Oceanography at UC San Diego and their colleagues have been studying Axial Seamount, an undersea volcano located about 400 km off the Oregon coast, at the Juan de Fuca Ridge (see my notes of August 11th and 23rd 2011, August 17th 2013 and August 4th 2014). The seamount is geologically complex, and its origins are still poorly understood.

Beginning Thursday, April 23rd 2015, the sensors recently set up in the seamount area recorded 8,000 small earthquakes in a 24-hour period. The volcano’s caldera, which had been swelling rapidly from an influx of magma, collapsed like a deflated balloon.

Scientists are debating whether to describe what transpired as an eruption, which means lava flowed onto the seafloor. However, no instruments were destroyed and there was no obvious temperature spike, so the magma might have oozed into subterranean fissures, forming a dike. The only way to find out what happened is to visit the site with a research vessel, which the scientists will do this summer.

Despite the ambiguity, the ability to monitor the submarine event as it unfolded marks a major milestone for the underwater observatory. Operated by the University of Washington, the network includes nearly 100 km of coaxial cable on the seafloor that powers and delivers data from scores of seismometers, tiltmeters, microbial samplers and other instruments.

Most of the instruments are concentrated in the volcano’s central caldera, which is nearly 3.5 km wide and 9 km long. The caldera is also dotted with hydrothermal vents and black smokers which harbour tube worms and heat-loving microbes that thrive in the inhospitable conditions.

Axial isn’t easy to get to. It lies under 1,500 metres of water and sits about 400 km offshore. The last time the volcano erupted was in April 2011, but scientists didn’t realize it until several months later, when they retrieved battery-operated instruments deployed more than a year before. Now with the new cable network, they can keep an eye on the volcano every day.

When they visit the volcano later this year, the researchers will use remotely operated vehicles and other instruments to scrutinize Axial seamount’s northern flanks. Faint signals from some of the seismometers may hint that lava has broken through the ocean floor. The researchers are also interested in the question of whether Axial is entering a more active phase.

Source: The Seattle Times.

Axial-seamount

Sources:  Scripps Institution / The Seattle Times.

Un volcan sous-marin étrange (Golfe de Californie)

drapeau francais.jpgOn peut lire sur le site Internet Live Science un article très intéressant qui nous explique que des scientifiques américains ont  découvert des laves rhyolitiques dans la zone d’accrétion d’Alarcón, à l’embouchure du Golfe de Californie.

http://www.livescience.com/25521-weird-volcano-found-baja.html

drapeau anglais.jpgOne can read on the Live Science website a very interesting article that explains that American scientists have discovered rhyolitic lavas on the Alarcón spreading centre, at the mouth of the Gulf of California. The article can be found at this address:

http://www.livescience.com/25521-weird-volcano-found-baja.html

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Bordée par deux failles transformantes,  la zone d’accrétion d’Alarcón connaît un écartement d’environ 5 centimètres par an et les laves produites sont majoritairement  basaltiques, comme sur la plupart des dorsales médio-océaniques de la planète.

Le site volcanique en forme de dôme visité par les scientifiques américains présente une longueur d’environ 1200 mètres, une largeur de 500 mètres et une élévation d’une cinquantaine de mètres. Les forces tectoniques qui déchirent la croûte terrestre à cet endroit permettent au magma de remonter à la surface et d’apparaître au fond de l’océan.

La plupart du temps, les zones d’accrétion donnent naissance à un basalte pauvre en silice alors que le matériau qui a été prélevé ici contient jusqu’à 77% de silice ! De couleur grise, il a été identifié comme étant de la dacite dont les blocs, parfois de taille respectable (celle d’une voiture ou d’une maisonnette), sont disséminés sur les pente du dôme. Autour de ces blocs, la lave est de type a’a, probablement le résultat de dépôts d’avalanches.

L’âge de cette lave n’a pas été défini car les analyses ne sont pas terminées, mais on peut penser qu’elle a été émise il y a plusieurs milliers d’années.

La question qui se pose maintenant est de savoir si cette lave acide est susceptible de générer une activité éruptive explosive dans cette zone qui se trouve à une centaine de kilomètres des terres. Les côtes de la Péninsule de Baja California et du Mexique sont habitées et cette région recèle une faune marine rare et donc protégée.

Comment peut-on expliquer la présence de laves rhyolitiques sur la zone d’accrétion d’ Alarcón ? On a déjà trouvé des rhyolites dans des zones d’accrétion, mais seulement au-dessus de points chauds, comme en Islande ou aux Galapagos. Le problème, c’est qu’il n’existe pas de point chaud à Alarcón ! Il se pourrait qu’il y ait une intrusion de l’écorce terrestre toute proche dans la roche en fusion qui se trouve en dessous de cette zone d’accrétion. Toutefois, les tests d’isotopes dans les échantillons prélevés n’ont pas révélé de contamination par la croûte continentale.

Au final, l’équipe scientifique pense que l’hypothèse la plus plausible est celle d’une source magmatique avec une forte concentration d’éléments volatils comme l’eau, le soufre et le chlore, peut-être par pénétration de l’eau de mer.

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Crédit: Monterey Bay Aquarium Research Institute (MBARI)

Loihi (Hawaii / Etats Unis)

drapeau francais.jpgEn lisant la presse hawaiienne ces jours-ci, on apprend qu’un séisme de M 4,3 a été enregistré à proximité du volcan sous-marin Loihi le 24 novembre 2012 à 17h59 (heure locale). L’événement a été localisé à environ 7 km à l’ENE du volcan, à une profondeur de 17 km et a été ressenti jusque sur la Grande Ile d’Hawaii.

Loihi est un volcan sous-marin très actif qui se trouve sur le plancher océanique au sud du Kilauea, à une trentaine de km de la côte de Big Island. Son sommet se trouve à 969 mètres sous le niveau de la mer. Dans l’article de presse publié sur Hawaii 24/7, le HVO dresse un rapide historique de l’activité sismique du Loihi au cours des dernières années :

– En juillet 1996, au cours d’un essaim sismique de grande ampleur, plus de mille événements ont été enregistrés sous le volcan sous-marin. Les 26 et 27 juillet, près de 700 secousses ont été détectées en 24 heures. Suite à cet essaim sismique, des scientifiques à bord d’un submersible ont pu constater que cette forte sismicité s’était accompagnée d’un effondrement majeur du sommet du volcan qui avait, de toute évidence, connu un épisode éruptif.

– Deux séismes se sont produits en 2005 (un événement de M 5,2 le 17 juillet et un autre de M 5,1 le 13 mai). Ils représentaient les séismes les plus violents depuis un événement de M 4,9 le 13 septembre 2001.

– Le Loihi a été le siège d’un nouvel essaim sismique les 6 et 7 décembre 2005. Plus de 100 événements ont alors été enregistrés, avec une magnitude maximale de M 3,5.

– Un nouveau séisme (M 4,7) a été enregistré le 18 janvier 2006.

Il y a de fortes chances pour que, dans quelques siècles, le sommet du Loihi émerge de l’Océan Pacifique. Fruit du déplacement de la plaque Pacifique vers le nord-ouest, il formera donc une nouvelle île hawaiienne et sera probablement le dernier volcan le plus actif de l’archipel.

drapeau anglais.jpgOn reading the Hawaiian newspapers, we learn that an M 4.3 earthquake was recorded close to Loihi seamount on November 24th, 2012 at 17:59 (local time). The quake was located about 7 km east-northeast of the seamount at a depth of 17 km. It was felt across the Island of Hawai`i.

Loihi seamount is an active volcano situated on the sea floor south of Kilauea Volcano about 30 km from the shoreline of Hawai’i Big Island. Its summit is 969 m below sea level.

HVO gives a short history of Loihi’s seismic activity during the past years:

– In July 1996, during a large earthquake swarm, more than a thousand events were located beneath the seamount. On July 27th and 28th, 1996, nearly 700 events were recorded during a 24-hour period. After the swarm, scientists on submersible dives concluded that the earthquakes were accompanied by a significant collapse of the summit area and an apparent eruption.

– Two earthquakes occurred in 2005 – an M 5.2 earthquake on July 17th and an M 5.1 event on May 13th. They were the largest recorded in the general Loihi region since an M 4.9 event on September 13th, 2001.

Loihi was the site of a flurry of earthquakes on December 6th and 7th, 2005. Over 100 events were recorded; the largest had a magnitude of M 3.5.

– There was also an M 4.7 earthquake on January 18th, 2006.

The odds are that in some centuries the seamount will emerge from the Pacific Ocean. The result of the movement of the Pacific tectonic plate towards the NW, Loihi will then form another Hawaiian island and probably become the seat of the archipelago’s latest active volcano.

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Localisation géographique et image tridimensionnelle du Loihi.

(Avec l’aimable autorisation de Wikipedia)

Volcan sous-marin Havre / Havre seamount (Iles Kermadec / Nouvelle Zélande)

drapeau francais.jpgDes scientifiques néo-zélandais ont récemment embarqué à bord du navire de recherche Tangaroa pour une mission de 23 jours dans les Iles Kermadec, au nord de la Nouvelle Zélande, afin d’étudier cette chaîne volcanique qui s’étire sur un millier de kilomètres au nord de la Bay of Plenty. Ils ont pu cartographier le volcan Havre et ont eu la confirmation que c’est bien lui qui est entré en éruption le 19 juillet 2012 en donnant naissance à une impressionnante nappe de ponce. Un nouveau cône volcanique de 240 mètres de hauteur est apparu sur le bord de la caldeira.

L’éruption du volcan Havre a eu lieu à une profondeur de 1100 mètres et le nuage de cendre était visible sur les images satellites, tandis que la nappe de ponce couvrait une surface estimée à 22 000 kilomètres carrés.

Les scientifiques connaissaient la topographie du volcan qui avait été cartographié au cours d’une mission effectuée en 2002. Ils savaient que le volcan était, à cette époque, une montagne de 1000 mètres de hauteur pour un diamètre de 5 km et que le cratère se trouvait à 800 mètres de profondeur.

En utilisant un sonar multi-faisceaux, ils ont pu déterminer la forme actuelle du volcan et la comparer à ce qu’elle était avant l’éruption.

Source : Bay of Plenty Times.

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drapeau anglais.jpgNew Zealand scientists aboard the research vessel Tangaroa recently embarked on a 23-day voyage of discovery in the Kermadecs, north of New Zealand, to study the volcanic chain that stretches for 1000 kilometres north from Bay of Plenty. They have just mapped the Havre volcano and the confirmation that it erupted on July 19th 2012, producing a huge pumice raft. They found a new volcanic cone which has formed on the edge of the Havre caldeira, towering 240 metres above the crater rim.

The Havre volcano eruption was strong enough to breach the ocean surface from a depth of 1100 metres.  It produced clouds of ash visible by satellite, and a pumice raft that covered an area of 22,000 square kilometres.

The scientists knew the shape of the volcano from previous research. Using the multibeam echosounder, they made a before and after comparison of the volcano to determine the size of the eruption and the change it has made to the seafloor.

The Havre volcano had previously been mapped in 2002, showing a 1-kilometre-high undersea mountain with a 5-kilometre-wide, 800-metre-deep central crater.

Source: Bay of Plenty Times.

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                               Modélisation du Havre seamount (CREDIT: NIWA/GNS Science)


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La nappe de ponce vue par satellite le 19 juillet 2012 (CREDIT: NASA)

Havre Seamount (Pacifique sud-ouest)

drapeau francais.jpgDans son dernier bulletin hebdomadaire, le GVN fait référence à un rapport du GeoNet Data Centre qui indique que le 1er octobre un pilote a observé un banc de pierre ponce à la surface de la mer dans les Iles Kermadec, au NE de la Nouvelle Zélande. La zone de ponce débutait à  300 km à l’ouest de Raoul Island  et se prolongeait sur environ 600 km en direction du NE. Il est probable qu’il s’agissait de la nappe de ponce émise par le volcan sous-marin Havre (Havre Seamount) les 18 et 19 juillet derniers. En effet, aucune nouvelle éruption n’a été observée dans le secteur depuis cette date.

 

drapeau anglais.jpgIn its latest weekly update, the Global Volcanism Network refers to a report from the GeoNet Data Centre which indicates that on October 1st a pilot observed floating pumice in the Kermadec Islands NE of New Zealand. The area of pumice started about 300 km W of Raoul Island and extended in a NE direction for about 600 km. The report speculates that the pumice was from the 18-19 July eruption of Havre Seamount and notes that there is no evidence that the volcano has erupted again.