Les humains émettent beaucoup plus de CO2 que les volcans!

Il y a quelque temps, un blogonaute m’interrogeait sur la quantité de gaz carbonique émise par les volcans et sur son impact environnemental comparé aux quantités de CO2 rejetées par les activités humaines.

 

Une réponse vient d’être donnée par Terrence Gerlach, volcanologue américain maintenant à la retraite qui travaillait au Cascades Volcano Observatory. Selon lui, il n’y a pas photo : si l’on compare les émissions de CO2 des volcans terrestres à celles de nos activités, le résultat est sans équivoque. En moyenne, nous émettons 135 fois plus de gaz carbonique que les volcans. Autrement dit, en une année les activités humaines émettent en moins de trois jours l’équivalent des rejets de CO2 de tous les volcans terrestres pendant une année !

 

Pour arriver à cette conclusion, Terrence Gerlach a travaillé sur cinq études publiées sur les émissions planétaires de CO2 d’origine volcanique. Ces estimations ont été réalisées par l’intermédiaire de mesures à distance, de vols dans les nuages de gaz, et en mesurant un certaines concentrations d’isotopes à proximité des volcans sous-marins, en sachant que le CO2 se dissout dans le magma à grande profondeur et se trouve libéré quand le magma atteint la surface.

Les résultats de ces études varient entre 100 millions et 500 millions de tonnes de CO2 d’origine volcanique par an. Gerlach a donc choisi d’utiliser le nombre intermédiaire de 250 millions de tonnes de CO2 par an pour réaliser ses comparaisons. Or, les émissions anthropiques – d’origine humaine – étaient de 35 milliards de tonnes en 2010, soit 140 fois plus !

 

Terrence Gerlach donne plusieurs exemples pour illustrer ses propos. Ainsi, il aurait fallu, en mai 1980, que le Mont St Helens entre en éruption toutes les deux heures et demie pour rattraper son retard sur les humains en matière de CO2 émis. En juin 1991, l’éruption du Pinatubo aurait dû avoir lieu toutes les 12 heures et demie pour atteindre un niveau semblable !

Autre exemple très révélateur : Au plus fort de son activité en avril 2010, le volcan islandais Eyjafjöll a émis entre 150 000 et 300 000 tonnes de CO2 par jour. Pourtant, la quantité de CO2 émise par ce volcan et les volcans en général est négligeable si l’on pense qu’en 2007, la Chine émettait déjà 18 millions de tonnes de CO2 par jour, ce qui est l’équivalent d’environ 80 éruptions de l’Eyjafjöll en même temps !

 

Beaucoup de gens ont du mal à réaliser que les volcans polluent moins que les humains car les images d’éruptions montrées à la télévision sont très impressionnantes. Pourtant, il ne faudrait pas oublier que le paroxysme éruptif ne dure que quelques heures, voire quelques jours, alors que les activités humaines polluantes sont quasi permanentes !  

Les calculs de Gerlach suggèrent que nos émissions actuelles de CO2 pendant une année dépasseraient même celles liées à l’éruption d’un ou plusieurs supervolcans par an.  

 

Marie Edmonds, volcanologue à l’Université de Cambridge, est d’accord avec l’étude de son collègue. Selon elle, « même si les volcans sont la principale source naturelle de CO2 dans l’atmosphère, les résultats montrent sans doute possible que la quantité de CO2 qu’ils émettent est 100 à 150 fois moins importante que les quantités anthropiques ».   

 

Ambrym (Vanuatu)

drapeau francais.jpgDans le dernier bulletin diffusé le 27 juin, le Vanuatu Geohazards Observatory indique que « les données récoltées par le système de surveillance du volcan d’Ambrym montrent que l’activité volcanique persiste avec un dégazage important et parfois des explosions dans le cratère ». Les observations effectuées sur le terrain ont permis de se rendre compte que le niveau des lacs de lave du Marum et du Benbow était relativement haut. Les gaz émis sont susceptibles d’affecter l’environnement et l’eau des villages autour du volcan où il a été fait état en juin de petites retombées de cendre et de pluies acide endommageant la végétation.

Le niveau d’alerte est maintenu à 1.    

 

drapeau anglais.jpgIn its latest report released on June 27th; the Vanuatu Geohazards Observatory indicates that the data collected from the Ambrym volcano monitoring network shows that this volcano activity remains with daily significant degassing and occasional explosions are occurring in the crater. Field assessments conducted on this volcano proved that the level of lava lakes in the volcano vents of Marum and Benbow is high and that volcanic gas emitted daily could cause damage to the environment and water in the villages where minor ash falls and acid rains that burn vegetations were observed in June.  

The Alert Level remains at 1.

Soputan (Indonésie)

drapeau francais.jpgLe Soputan (1783 m) dans la province de Nord Sulawesi a connu une crise éruptive ce dimanche matin à 6 heures (heure locale). Il a expédié des nuages de cendre jusqu’à 5 km de hauteur, mais la région est peu peuplée et les habitants n’ont pas été évacués. La zone d’évacuation a un rayon de 6 km autour du volcan mais elle est essentiellement recouverte de forêts. Le village le plus proche se trouve à 8 km sur le versant occidental.

La dernière éruption du Soputan a eu lieu en 2008, sans faire de victimes.

 

drapeau anglais.jpgMount Soputan (1783 m) in North Sulawesi province erupted about 6a.m.(local time) on Sunday. It spewed ash and dust particles 5 km into the air but people living in the sparsely populated area have not been evacuated. The recommended evacuation zone is set at a six-kilometre radius around the volcano but there’s only forest in that range. The nearest village is 8km away on the western side of the volcano.

Mount Soputan last erupted in 2008 with no fatalities recorded.
 

Turrialba (Costa Rica)

drapeau francais.jpgDressant ses 3340 mètres à une douzaine de kilomètres au NE de l’Irazu, le Turrialba n’est pas le volcan le plus populaire du Costa Rica, mais son activité éruptive ne saurait être négligée. De fortes émissions gazeuses causant des dégâts importants à la végétation ont poussé la population à évacuer les pentes du volcan entre 2007 et 2009. Les derniers événements de janvier-février 2010 ont montré que le volcan pouvait représenter une menace, avec des éruptions phréatiques et des émissions de cendre entraînant des retombées jusqu’à des dizaines de kilomètres.

L’activité fumerollienne se poursuit actuellement et des scientifiques qui ont visité le Turrialba début juin ont observé la présence d’un petit lac dans le cratère le plus à l’ouest, siège de la dernière activité. Depuis le mois de février, des glissements de terrain à l’intérieur du cratère ont obstrué la bouche éruptive. Les fortes pluies qui se sont abattues en mai ont donné naissance à un lac de couleur vert clair d’environ 70 m de diamètre et un mètre de profondeur. Des bouillonnements sont visibles à proximité des berges SO et NE tandis qu’une activité fumerollienne  est observée autour du cratère.

Source: Global Volcanism Network.

 

drapeau anglais.jpgStanding 12 km or so NE of Irazu, Turrialba (3340 m) is not the most popular volcano of Costa Rica but its eruptive activity should not be neglected. Strong gas emissions severely damaged the vegetation and forced people to evacuate between 2007 and 2009. The latest events of January – February 2010 confirmed that the volcano could be a menace with phreatic explosions and ash clouds that caused ashfall tens of kilometres around.

Fumarolic activity is going on today and scientists who visited Turrialba early in June observed a new crater lake in the W crater, which opened in January 2010 and was the center of the most recent activity. Since February, landslides inside the crater blocked the eruptive vent. Meteoric water from rains starting in May formed a light-green-colored lake that is 70 metres in diameter about 1 metre deep. Bubbling can be seen in the SW and NE shores, and fumarolic activity can be observed around the crater.

Source: Global Volcanism Network.