Le séisme du 13 avril 2019 à Hawaii // The earthquake of April 13th, 2019 in Hawaii

Un séisme de M 5,3 (avec une magnitude initiale de M 5,5) a été enregistré dans la région du Hualalai, sur la Grande île d’Hawaii, à 17h09 (heure locale) le samedi 13 avril 2019. Il avait une profondeur de 16 km et l’épicentre était situé à 10,5 km au sud-est de Puuanahulu. Aucun tsunami n’a été détecté après l’événement. Environ 11 minutes plus tard, à 17h20, un deuxième séisme de M 3.0 a été signalé à 3,5 km au sud de Puuanahulu.
Le HVO indique que trois répliques ont été enregistrées moins d’une heure après le premier séisme. Des chutes de pierres ont été signalées le long des Highways 19 et 11.
Le HVO précise par ailleurs que le séisme n’a pas modifié l’activité du Kilauea et du Mauna Loa. Bien que le séisme se soit produit en bordure E du Hualalai, rien n’indique que l’événement soit lié à l’activité volcanique. La dernière éruption de ce volcan a eu lieu en 1800-1801, avec des coulées de lave émises par cinq bouches el long de fractures éruptives ; elles ont atteint la mer et enseveli des villages. L’emplacement et la profondeur du dernier séisme laissent supposer qu’il était probablement lié au tassement de la croûte terrestre sous le poids de l’île.
Source: USGS.

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An M 5.3 earthquake (with a preliminary magnitude of M 5.5) was recorded in the Hualalai region of the Big Island at 5:09 p.m. (local time) on Saturday, April 13th, 2019. It had a depth of 16 km and the epicentre was located 10.5 km SE of Puuanahulu. No tsunami was expected after the event. About 11 minutes later at 5:20 p.m., a second M 3.0 quake was reported 3.5 km S of Puuanahulu.

The HVO reports that three aftershocks were recorded within an hour of the earthquake. There have been reports of rockfalls along Highways 19 and 11.

HVO indicates that the earthquake has caused no detectable changes in activity at Kilauea and Mauna Loa volcanoes. Although the earthquake occurred under the east margin of Hualalai volcano, there is no indication that the event is related to volcanic activity. The volcano’s last eruption was in1800-1801, when it produced lava flows from 5 fissure vents that reached the sea and buried Hawaiian villages. The location and depth of the last earthquake suggest it was likely related to flexure or settling of the crust beneath the weight of the island.

Source : USGS.

Emplacement du séisme du 13 avril 2019 (Source: USGS)

L’Antarctique gagne-t-il plus de glace qu’il en perd ? Pas si sûr ! // Is Antarctica gaining more ice than it loses? Not so sure!

Voici le genre d’étude qu’il faut lire très attentivement, car les observations décrites peuvent ne pas correspondre à la réalité la plus récente.
Une étude de la NASA publiée en octobre 2015 nous apprend qu’une augmentation de l’accumulation de neige en Antarctique amorcée il y a 10 000 ans ajoute actuellement suffisamment de glace sur le continent pour compenser les pertes dues au recul des glaciers dans la partie occidentale du continent. L’étude remet en cause les conclusions d’autres études, notamment le rapport de 2013 du GIEC selon lequel l’Antarctique perd dans son ensemble de la glace terrestre.
Selon la nouvelle analyse des données satellitaires, la calotte glaciaire antarctique a enregistré un gain de 112 milliards de tonnes de glace par an de 1992 à 2001. Ce gain a ralenti pour atteindre 82 milliards de tonnes de glace par an entre 2003 et 2008. Le problème est que l’étude se termine avec l’année 2008 et ne nous informe pas sur ce qui s’est passé au cours de la dernière décennie!
Un glaciologue du Goddard Space Flight Center de la NASA a déclaré que les chercheurs étaient d’accord avec d’autres études qui montrent une augmentation du vêlage des glaciers dans la péninsule de l’Ouest antarctique, en particulier ceux de Thwaites et de Pine Island. Le principal désaccord concerne l’Antarctique oriental et l’intérieur de l’Antarctique occidental, où les scientifiques ont constaté un gain de glace supérieur aux pertes dans les autres régions.
De nos jours, les scientifiques calculent l’élévation et l’amincissement de la couche de glace à partir des variations de hauteur de la surface mesurés par les altimètres à bord des satellites. Dans les endroits où la quantité de neige apportée par de nouvelles chutes sur la couche de glace n’est pas égale à l’écoulement de la glace vers l’océan, la hauteur de la surface change et la masse de la couche de glace augmente ou diminue. L’étude a analysé l’évolution de la hauteur de la calotte glaciaire antarctique à partir des mesures effectuées par les altimètres radar de deux satellites de l’Agence Spatiale Européenne de 1992 à 2001, et par l’altimètre laser d’un satellite de la NASA entre 2003 et 2008.
L’étude indique qu’il ne faudra peut-être que quelques décennies pour que s’inverse la croissance observée par les chercheurs en Antarctique. Si les pertes de la Péninsule Antarctique et de certaines zones de l’Antarctique occidental continuent d’augmenter au même rythme qu’au cours des deux dernières décennies, elles rattraperont le gain de glace en Antarctique oriental dans 20 ou 30 ans. Au final, les chutes de neige ne seront pas plus suffisantes pour compenser ces pertes.

C’est exactement ce qui vient de se passer au cours des dix dernières années et qui n’est pas mentionné dans l’étude de la NASA qui arrête ses observations en 2008. On a confirmation de la perte de glace en Antarctique en lisant une étude de la National Academy of Sciences:
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/01/19/la-fonte-de-lantarctique-suite-the-melting-of-antarctica-continued/

Source: NASA.

A noter qu’en février 2019, la NASA a annoncé qu’une cavité de la taille de l’île de Manhattan avait été découverte sous le glacier Thwaites, confirmant la fonte de ce glacier et le risque d’une hausse du niveau des océans. Le glacier possède suffisamment de glace pour faire monter à lui seul d’au moins 65 centimètres le niveau des océans. De plus, il retient les autres glaciers de l’Ouest antarctique. si tous ces glaciers – qui sont interconnectés – venaient à fondre, la NASA précise que le niveau des mers monterait de 2,40 mètres.

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Here is the kind of study you need to read very carefully as the observations which are described may not correspond with the latest reality.

A NASA study released in October 2015 informs us that an increase in Antarctic snow accumulation that began 10,000 years ago is currently adding enough ice to the continent to outweigh the increased losses from the thinning glaciers in the western part of the continent. The research challenges the conclusions of other studies, including the Intergovernmental Panel on Climate Change’s (IPCC) 2013 report, which says that Antarctica is overall losing land ice.

According to the new analysis of satellite data, the Antarctic ice sheet showed a net gain of 112 billion tons of ice a year from 1992 to 2001. That net gain slowed   to 82 billion tons of ice per year between 2003 and 2008. The problem is that the study stops with that year and does not inform us about what has been happening in the last decade!

A glaciologist with NASA Goddard Space Flight Center said that the researchers were essentially in agreement with other studies that show an increase in ice discharge in the Antarctic Peninsula and the Thwaites and Pine Island region of West Antarctica. The main disagreement concerns East Antarctica and the interior of West Antarctica where the scientists saw an ice gain that exceeds the losses in the other areas.

Scientists calculate how much the ice sheet is growing or shrinking from the changes in surface height that are measured by the satellite altimeters. In locations where the amount of new snowfall accumulating on an ice sheet is not equal to the ice flow downward and outward to the ocean, the surface height changes and the ice-sheet mass grows or shrinks. The study analyzed changes in the surface height of the Antarctic ice sheet measured by radar altimeters on two European Space Agency satellites, spanning from 1992 to 2001, and by the laser altimeter on a NASA satellite from 2003 to 2008.

The study says that it might only take a few decades for Antarctica’s growth to reverse. If the losses of the Antarctic Peninsula and parts of West Antarctica continue to increase at the same rate they have been increasing for the last two decades, the losses will catch up with the long-term gain in East Antarctica in 20 or 30 years. At last, there will not be enough snowfall increase to offset these losses.

This is what happened in the last ten years which are not mentioned in the NASA study but can be read in a National Academy of Sciences study:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/01/19/la-fonte-de-lantarctique-suite-the-melting-of-antarctica-continued/

Source : NASA.

It should be remembered that in February 2019, NASA scientists discovered a huge cavity as large as Manhattan beneath the Thwaites Glacier, confirming the risk of a rise of the oceans. The glacier holds enough ice to raise the world ocean level at least 65 centimetres. Moreover, Thwaites backstops neighbouring glaciers – which are interconnected – that would raise sea levels an additional 2.4 metres if all the ice were lost.

Source: NOAA

Haroun Tazieff, le poète du feu

A noter dans vos tablettes si vous avez accès à la chaîne de télévision USHUAIA TV : Le mardi 16 avril 2019 à 20h40, projection du documentaire « Haroun Tazieff, le poète du feu ».

Il y a vingt ans disparaissait Haroun Tazieff, l’un des pères de la volcanologie contemporaine. En s’appuyant sur les archives spectaculaires de ses missions à travers le monde, grâce aux témoignages sur des lieux symboliques de ceux qui ont partagé ses aventures ou qui partagent la même passion, ce film retrace la vie de ce «poète du feu» que j’ai eu le privilège de rencontrer et avec qui j’ai partagé une correspondance jusqu’à sa mort le 2 février 1998. Il reste mon maître en volcanologie. Je ne peux m’empêcher d’associer à son nom ceux de François Le Guern – géochimiste dans l’équipe Tazieff – et Antonio Nicoloso – chef des guides de l’Etna – eux aussi disparus, avec lesquels j’avais tissé une solide amitié.

https://www.linternaute.com/television/documentaire-haroun-tazieff-le-poete-du-feu-p4546354/haroun-tazieff-le-poete-du-feu-e4441652/

Source: Centre Haroun Tazieff pour les Sciences de la Terre

 

Le ski à roulettes aux portes de nos massifs ! // Roller skiing soon in our mountains !

Ce n’est pas vraiment une surprise car le manque de neige s’est fait cruellement sentir dans les Pyrénées au mois de décembre 2018. En conséquence, les stations de ski de la chaîne ont enregistré une baisse de fréquentation cet hiver en raison de ce déficit d’enneigement en début de saison. Les premières chutes importantes sont intervenues les 22 et 23 janvier.

Le groupe N’Py, qui gère sept stations dans les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques, a comptabilisé 1 739 900 journées ski au 7 avril, soit un recul de 10% par rapport à l’an dernier. Au total, 163 454 journées ski ont été enregistrées durant les 15 jours de vacances de Noël, soit une baisse de 40% par rapport à la saison précédente.

La situation s’est améliorée pendant les vacances de février,  avec une hausse de 13% par rapport à la saison 2017-2018, et ceci malgré une neige de piètre qualité à cause du temps trop chaud en février.

Faute de chutes de neige au printemps et de températures suffisamment basses pour déclencher les canons à neige, la grande majorité des stations pyrénéennes ont d’ores et déjà fermé.

Le massif pyrénéen représente environ 10% du marché du ski français, un des plus importants au monde. Selon l’Observatoire Pyrénéen du Changement Climatique (OPCC), l’épaisseur de neige pourrait y diminuer de moitié et les températures maximales moyennes augmenter de 1,4 à 3,3 degrés Celsius d’ici à 2050.

Source : France Info.

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The news did not really come as a surprise because the lack of snow was badly felt in the Pyrenees in December 2018. As a result, the ski resorts have recorded a decrease in attendance this winter because of this snowfall deficit at the beginning of the season. The first major falls occurred on January 22nd and 23rd.
The N’Py group, which manages seven resorts in the Hautes-Pyrénées and Pyrénées-Atlantiques, recorded 1,739,900 ski days on April 7th, a decrease of 10% compared to last year. A total of 163,454 ski days were recorded during the 15 days of Christmas holidays, a 40% drop from the previous season.
The situation improved during the February holidays, with a 13% increase over the 2017-2018 season, despite the poor quality of the snow due to the hot weather in February.
In the absence of snowfall in the spring and temperatures not low enough to trigger the snow cannons, the vast majority of Pyrenean resorts have already closed.
The Pyrenees represent about 10% of the French ski market, one of the largest in the world. According to the Pyrenees Observatory of Climate Change (OPCC), the snow depth could decrease by half and average maximum temperatures increase from 1.4 to 3.3 degrees Celsius by 2050.
Source: France Info.

En septembre, les températures étaient remarquablement chaudes dans les Pyrénées… (Photo: C. Grandpey)

…En décembre, le manque de neige se faisait cruellement sentir. (Capture d’image de la webcam de La Mongie)

Nouvelle zone thermale à Yellowstone // New thermal area at Yellowstone

Yellowstone est un volcan actif bien connu pour son activité géothermale. Dans la mesure où le volcan est actif, les geysers et les sources chaudes sont susceptibles de changer de comportement. Ainsi, certains geysers cessent de fonctionner pendant que d’autres reprennent goût à la vie. Certaines sources chaudes disparaissent et d’autres apparaissent dans d’autres endroits du Parc.
Nous avons la confirmation de ces phénomènes en lisant un article qui vient d’être publié sur le site web de Newsweek. Des scientifiques ont découvert une nouvelle zone thermale dans le Parc National de Yellowstone. Selon eux, elle serait apparue au cours des deux dernières décennies. Elle est nichée entre West Tern Lake et la zone thermale proche de ce lac. Les scientifiques se sont rendus compte qu’une nouvelle zone thermale était apparue après avoir étudié les dernières images infrarouges thermiques du Parc prises en avril 2017. Ils ont ensuite comparé ces images avec les photos aériennes haute résolution du site prises en 2017 par le Programme National d’Imagerie Agricole et ont remarqué des arbres morts et du sol sans végétation. En revanche, une photo de 1994 montrait un ensemble d’arbres en bonne santé, mais qui commençaient à dépérir sur une image de 2006.
Les chercheurs en ont conclu que la zone thermale était apparue à la fin des années 1990 ou au début des années 2000.
Le site de la nouvelle zone thermale n’est guère visité car il se trouve à environ 800 mètres du sentier le plus proche et à environ 18 kilomètres d’un départ de sentier. C’est la raison pour laquelle la zone thermale vient tout juste d’être découverte.
Plus de 10 000 sources chaudes, geysers et autres mares de boue sont présentes dans environ 120 zones thermales à Yellowstone, et la plupart se trouvent dans des zones isolées et difficiles à atteindre.
Début 2019, l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone a indiqué que 2018 avait été une année record pour le Steamboat Geyser qui est le geyser actif dont les gerbes sont les plus hautes dans le monde. Il est entré en éruption à 32 reprises en 2018, dépassant ainsi ses 29 manifestations de 1964.
Source: Newsweek, Yellowstone Volcano Observatory.

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Yellowstone is an active volcano famous for its geothermal features. As the volcano is active, the geysers and the hot springs may change their behaviour. Some geysers stop working while others come back to life. Some hot springs disappear while others appear in other places in the Park.

We have a confirmation of this when reading an article that has just been published on the Newsweek website. Scientists have discovered a new thermal area at Yellowstone National Park, which is believed to have grown in the past two decades. It is nestled between West Tern Lake and the Tern Lake thermal area. Scientists realised there was a new thermal area after studying the latest thermal infrared images of the National Park taken in April 2017.

They then checked high resolution aerial photos of the same spot captured in 2017 by the The National Agriculture Imagery Program, and noticed dead trees and bright soil. In contrast, a 1994 picture showed a crop of healthy trees which started to fade in a 2006 image.

Researchers therefore believe the thermal area first emerged in the late 1990s or early 2000s.

The site of the new thermal area is relatively unexplored as it is located about 800 metres from the nearest trail and about 18 kilometres from the nearest trailhead. This is the reason why the thermal area has only just been discovered.

More than 10,000 thermal features can be found across around 120 thermal areas in Yellowstone, most of which sit in remote and hard to reach areas.

Earlier this year, the Yellowstone Volcano Observatory revealed that 2018 was a record-breaking year for the Steamboat Geyser which is the tallest active geyser in the world. It erupted 32 times, topping the 29 eruptions recorded in 1964.

Source: Newsweek, Yellowstone Volcano Observatory.

Vue de Tern Lake (flèche rouge), au nord de Yellowstone Lake (Source : Google maps)

Lone Star et Monument Geyser à Yellowstone (Photos: C. Grandpey)

 

Les fluctuations du glacier Jakobshavn (Groenland) // Jakobshavn Glacier’s fluctuations (Greenland)

Le projet Oceans Melting Greenland (OMG) de la NASA vient de révéler que le glacier Jakobshavn au Groenland a recommencé à grandir, au moins dans sa partie frontale. Dans une étude publiée dans Nature Geoscience, des chercheurs expliquent que depuis 2016, la glace du Jakobshavn s’est légèrement épaissie grâce aux eaux océaniques relativement froides à sa base; ce qui a provoqué un ralentissement de la fonte du glacier. On se trouve à l’inverse des 20 années écoulées pendant lesquelles le glacier s’était aminci et avait reculé. Toutefois, au vu de ce qui se passe ailleurs sur la banquise groenlandaise et des perspectives climatiques globales, ce n’est pas nécessairement une bonne nouvelle pour le niveau de la mer à l’échelle de la planète. En effet, malgré le fait que le Jakobshavn reprenne du volume, la calotte glaciaire du Groenland perd toujours beaucoup de glace. Le glacier ne représente qu’environ sept pour cent de cette calotte glaciaire. En conséquence, même si la croissance du glacier reprenait de plus belle, la perte de masse du reste de la calotte glaciaire l’emporterait sur sa légère expansion.
La situation actuelle du glacier Jakobshavn montre que les conséquences du changement climatique ne vont pas en ligne droite; la situation est complexe et peut comporter de fortes fluctuations. Il y a quelque temps, on pensait que, une fois que les glaciers avaient commencé à reculer, rien ne pourrait plus les arrêter, mais cela n’est plus vrai. D’autres glaciers arctiques connaissent probablement une croissance similaire. Cela suggère que le flux et le reflux des glaciers dans un monde en réchauffement est plus compliqué et plus difficile à prévoir qu’on le pensait auparavant.
Pour expliquer la croissance du glacier Jakobshavn, les scientifiques ont pris en compte une remontée récente d’eau exceptionnellement froide en provenance de l’Atlantique Nord. Le phénomène est particulièrement marqué dans la baie de Disko où, à une profondeur de 245 mètres, la température de l’eau a chuté de deux degrés Celsius depuis 2014. L’eau plus froide a permis au glacier de ralentir sa fonte et même de croître légèrement. Cettre arrivée d’eau froide n’est pas un événement isolé: grâce à l’oscillation nord-atlantique (NAO), un cycle naturel de l’Océan Atlantique qui alterne le chaud et le froid environ une fois tous les 20 ans, des eaux plus froides avancent très loin le long de la côte ouest du Groenland. Cependant, l’oscillation variera à nouveau à un moment donné et les eaux plus chaudes seront de retour.

Le projet OMG de la NASA a commencé en 2016, avec pour but d’étudier le flux et le reflux saisonniers de la glace et de prévoir l’élévation du niveau de la mer ; il s’agit maintenant de déterminer si cette hypothèse est exacte. Les scientifiques déterminent l’épaisseur de la glace en survolant le glacier et en utilisant un cartographe topographique aéroporté qui utilise un radar pour scanner et mesurer la calotte glaciaire avec une précision d’environ 90 centimètres. Alors que de nombreuses recherches climatiques se concentrent sur l’air, le projet OMG étudie l’eau et les glaciers proprement dits. L’action des courants chauds sur les glaciers qui viennent vêler dans l’océan a déjà été observée en Antarctique où 10% des glaciers côtiers sont actuellement en recul. Entre 1991 et 2016, les océans se sont réchauffés en moyenne de 60% de plus par an que ne l’avait estimé le GIEC.
Les variations subies par la glace auront des répercussions significatives, que ce soit pour l’exploitation des minerais, les routes de navigation, la pêche et les revendications stratégiques de la Chine à la Russie. Une réduction des glaciers tels que le Jakobshavn peut signifier que des icebergs moins dangereux se dirigeront vers le sud de l’Atlantique, ou que le vêlage sous l’eau donnera naissance à davantage de blocs de glace. Chaque année, le Jakobshavn déverse dans la mer plus de 20 milliards de tonnes de glace, plus que partout ailleurs dans le monde mis à part l’Antarctique. Plus de 1 000 icebergs ont dérivé en dessous de 48 degrés de latitude nord en 2017. Ils présentent souvent une taille respectable, comme celui qui a coulé le Titanic en 1912.
L’étude de la NASA conclut en nous rappelant que, même si le glacier Jakobshavn prend du volume, il contribue toujours à la montée des océans dans le monde. Le processus ne s’est pas arrêté.
Source: NASA.

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NASA’s Oceans Melting Greenland (OMG) project has just revealed that Greenland’s Jakobshavn Glacier is actually growing, at least at its edge. In a study published in Nature Geoscience, researchers report that since 2016, Jakobshavn’s ice has thickened slightly, thanks to relatively cool ocean waters at its base; this has caused the glacier to slow down its melt. This reverses the glacier’s 20-year trend of thinning and retreating. But because of what is happening elsewhere on the ice sheet, and the overall climate outlook, this is not necessarily a good thing for global sea level. Indeed, despite the fact that this particular glacier is growing, the whole Greenland ice sheet is still losing lots of ice. Jakobshavn drains only about seven percent of the entire ice sheet, so even if it were growing robustly, mass loss from the rest of the ice sheet would outweigh its slight expansion.

The current situation of Jakobshavn Glacier shows that the reality of climate change is not a straight line; it is complex and may include sharp fluctuations. Some time ago, the thinking was that glaciers start retreating and nothing is stopping them, but that notion is no longer true. Other Arctic glaciers may be undergoing similar growth. That suggests the ebb and flow of glaciers in a warming world may be more complicated and harder to predict than previously thought.

To explain why Jakobshavn Glacier is growing, the scientists point to a recent influx of unusually cold water from the north Atlantic. This has been particularly marked in Disko Bay where, at a depth of 245 metres, temperatures have dropped two degrees Celsius since 2014. That colder water has helped the glacier slow its melt and even grow slightly. This influx of cold waters is not an isolated event: Thanks to the North Atlantic Oscillation (NAO), a natural cycle in the Atlantic Ocean that switches back and forth between warm and cold about once every 20 years, cooler waters are penetrating far up the western coast of Greenland. However, the phase will switch again at some point and warmer waters will return.

NASA’s OMG, which began in 2016 to track the ice’s seasonal ebb and flow to help predict global sea-level rise, now plans to determine if that hypothesis is accurate. One way scientists determine ice thickness is by flying above the glacier and using an airborne topographic mapper, which employs radar to scan and measure the ice cap at an accuracy of about 90 centimetres. While much climate research studies the air, OMG studies the water and the glaciers themselves. The interaction of warm currents eroding ocean-facing glaciers already impacts Antarctica; 10 percent of its coastal glaciers are currently in retreat. Between 1991 and 2016, oceans warmed an average of 60 percent more per year than the Intergovernmental Panel on Climate Change has estimated.

From mineral mining to shipping lanes, fishing and strategic claims ranging from China to Russia, the change in the ice has a myriad of ripples. A reduction of ice loss in glaciers like Jakobshavn could mean less dangerous icebergs travelling south into the Atlantic, or it could mean that all the underwater calving could create more ice floes. Twenty billion tons of ice dump into the sea from Jakobshavn annually, more than anywhere besides Antarctica. Over 1,000 icebergs drifted below 48 degrees N in 2017, and they are massive, like the one that sank the Titanic in 1912.

NASA’s study conclude by reminding us that although the Jakobshavn Glacier is growing, it is still contributing to global sea rise. The process has not stopped.

Source : NASA.

Recul du glacier Jakobshavn entre 1850 et 2006 (Source: NASA)

Volcans du monde // Volcanoes around the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde. Pas d’événements majeurs à signaler au cours des derniers jours.

Au Kamchatka, le Sheveluch a connu un nouvel épisode éruptif le 10 avril 2019, avec un panache de cendre qui est monté jusqu’à 10 km d’altitude. Cet événement fait partie de l’activité habituelle de ce volcan.

Le niveau d’alerte pour ce volcan est maintenu à l’Orange.

S’agissant des autres volcans du Kamchatka, le niveau d’alerte du Karymsky et de l’Ebeko est Orange. Celui du Bezymianny et du Klyuchevskoy est Jaune.

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A noter en ce moment en Sicile « Etna 1669. Histoires de lave« .

Du 4 mars au 14 juillet 2019, sous l’égide de la Présidence de la région Sicile, se dérouleront des manifestations culturelles et scientifiques dans le cadre d’un événement intitulé »Etna 1669. Histoires de lave » consacré à la grande éruption de l’Etna au 17ème siècle, la plus dévastatrice et la mieux documentée pour l’époque.
Le programme de l’événement, également organisé par l’INGVde Catane, prévoit de nombreux événements avec la participation de toutes les municipalités impliquées dans l’événement historique.

Vous trouverez le programme (en italien) en cliquant sur ce lien :

http://comunicazione.ingv.it/images/news/news/Programma_Rassegna_eventi_Etna_1669_Storie_di_lava.pdf

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Dans ses dernières mises à jour, le CENAPRED indique que quelques dizaines (émissions de vapeur sont observées quotidiennement sur le Popocatepetl (Mexique). Elles s’accompagnent de gaz volcaniques et de petites quantités de cendre.
Un survol du volcan a été effectué le 8 avril, mais il n’a pas été possible de confirmer ou infirmer la présence d’un nouveau dôme de lave dans le cratère en raison de la couverture nuageuse et de la forte émission de vapeur et de gaz dans la zone du cratère. Bien que l’activité explosive ait diminué ces derniers jours, le CENAPRED souligne qu’il ne fat absolument pas s’approcher du volcan, en particulier près du cratère et, en cas de fortes pluies, s’éloigner des ravines à cause du risque de lahars.
Le niveau d’alerte est maintenu à la couleur Jaune Phase 3.

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Comme cela arrive de temps en temps, la température du lac du cratère du Ruapehu (Nouvelle-Zélande) augmente à nouveau, ainsi que le tremor volcanique. Au cours des cycles de hausse de température précédents, cette augmentation du tremor a duré de quelques jours à plusieurs semaines.
Depuis 2009, la température du lac a souvent oscillé entre 15 et 45°C sur une période d’environ 12 mois. Cependant, en septembre 2018 et pendant les six mois suivants, la température du lac est restée à environ 30°C. Au cours des deux dernières semaines, la température a encore augmenté, à raison d’environ 0,5°C par jour, pour atteindre 42°C le 9 avril 2019.
Dans le passé, les éruptions du Ruapehu se sont souvent produites lorsque le lac dépassait 45°C. Cependant, une température de 46°C a été enregistrée en 2016, sans qu’une éruption se produise.
Le niveau d’alerte volcanique reste à 1.
Le dernier épisode éruptif du Ruapehu a eu lieu le 25 septembre 2007 avec un VEI de 3. La dernière éruption majeure a débuté le 16 juin 1996 et a duré jusqu’au 1er septembre de la même année. Elle avait un VEI de 3.
Source: GNS Science, The Watchers.

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Here is some news about volcanic activity around the world. No major events have benn observed during the past days.

Sheveluch (Kamchatka) went through a new eruptive episode on April 10th, 2019, with an ash plume up to 10 km above sea level. This event is part of the usual activity of the volcano.

The Aviation Colour Code remains Orange.

As far as the other volcanoes of Kamchatka are concened, the colour code is Orange as well for Karymsky and Ebeko. It is Yellow for Bezymianny and Klyuchevskoy.

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Right now in Sicily: « Etna 1669. Stories of lava« .
From 4 March to 14 July 2019, under the aegis of the Presidency of the Sicily Region, cultural and scientific events will take place during an event entitled « Etna 1669. Stories of lava » dedicated to the great eruption of tMount Etna in the 17th century. It was the most devastating and best documented for the time.
The program of the event, also organized by the INGV of Catania, provides for many events with the participation of all municipalities involved in the historic event.
You will find the program (in Italian) by clicking on this link:
http://comunicazione.ingv.it/images/news/news/Programma_Rassegna_eventi_Etna_1669_Storie_di_lava.pdf

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In its latest updates, CENAPRED indicates that a few tens of exhalations are identified daily at Popocatepetl (Mexico). They are accompanied by volcanic gases and small amounts of ash.
An overflight of the volcano was performed on April 8th but it was not possible to corroborate or discard the presence of a new lava dome in the crater because of the intense cloudiness, in addition to a high emission of steam and gases in the crater area. Although explosive activity has decreased in the past days, CENAPRED emphasizes that people should not go near the volcano, especially near the crater, and in case of heavy rains leave the bottoms of ravines because of the danger of lahars.
The alert level is kept at Yellow Phase 3.

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As this happens from time to time, temperature at Ruapehu’s crater lake (New Zealand) is again increasing, together with moderate levels of volcanic tremor. In previous heating cycles, this increased tremor lasted for a few days to several weeks.

Since 2009, the lake temperature has often ranged between 15 and 45°C over a period of about 12 months. However, in September 2018 and for the following 6 months the lake temperature remained at about 30°C. Over the last two weeks, the lake temperature has risen further, at a rate of around 0.5 °C per day, to 42 °C on April 9th, 2019.

In the past, eruptions at Ruapehu have occurred more often when the lake exceeded 45°C. However, a temperature of 46°C was recorded in 2016 with no eruption.

The Volcanic Alert Level remains at 1.

Ruapehu’s last eruptive episode took place on September 25, 2007 with a VEI of 3. The last major eruption started on June 16th, 1996, and lasted until September 1st of the same year. It had a VEI of 3.

Source: GNS Science, The Watchers.

L’activité du Popocatepetl en graphiques (Source: CENAPRED)

Lac de cratère du Ruapehu (Photo: C. Grandpey)