Mont Blanc : 4807,47 m !

On le sait depuis longtemps : l’altitude du Mont Blanc varie en fonction de l’épaisseur de la calotte de neige et de glace qui recouvre son sommet. La hauteur de la plus haute montagne d’Europe est mesurée tous les deux ans, avec des instruments de plus en plus précis.

Le Mont Blanc vu depuis l’Aiguille du Midi

Les dernières mesures effectuées cet automne 2026 par une équipe de géomètres experts de Haute-Savoie révèlent une altitude de 4 807 mètres et 47 centimètres. Le sommet rocheux, situé à environ 4 792 mètres d’altitude, reste pratiquement stable à cette échelle de temps.

4807,47 est une valeur qui se rapproche de celle mesurée par les cousins Vallot en 1892, avec 4 807,20 mètres. Arrondie à 4 807 mètres et arrêtée en 1964 par l’IGN (successeur du Service géographique des armées), elle a été apprise par cœur par des générations d’écoliers. L’est-elle encore aujourd’hui ? Rien n’est moins sûr !

Photo: C. Grandpey

En 2026, 32 passionnés, géomètres-experts, guides et partenaires, répartis en 11 cordées, ont gravi les 2 500 mètres de dénivelé en transportant, à dos d’homme, près de 30 kg de matériel pour dix heures d’ascension, et a atteint le sommet à la mi-septembre. L’équipe a alors déployé plusieurs instruments, dont des radars et des drones. Les scientifiques ont passé près de trois heures sur place, pour arriver à un nombre très précis, au centimètre près. La technologie GNSS (système de positionnement par satellites) a été couplée à de la photogrammétrie par drone : plus de 1 300 images ont permis de générer un modèle 3D de plus de 15 millions de points. Un géoradar a sondé l’épaisseur de la calotte glaciaire afin de déterminer l’altitude du sommet rocheux, tandis qu’un gravimètre a enregistré le champ de pesanteur local.

L’altitude actuelle dépasse de 1,88 m. la dernière mesure dévoilée en 2023, mais elle est inférieure à celles de 2024 et 2025, ce qui montre la variabilité de l’épaisseur de la calotte glaciaire qui recouvre la partie rocheuse du mont Blanc.

Photo: C. Grandpey

Selon le président de la Chambre départementale des géomètres-experts de Haute-Savoie, « sur 25 ans, si on prend toutes les mesures, on a une moyenne autour de 4 808 mètres et 80 centimètres. Les 13 premières années ont toutes été au-dessus de ce seuil, et on se trouve tout le temps en-dessous depuis. » Cette tendance peut être liée au réchauffement climatique mais ne pourra être confirmée que dans de nombreuses années car nous ne disposons pas de suffisamment de recul et de données statistiques pour arriver à une telle conclusion.

Source : presse nationale.

Impact du réchauffement climatique sur les manchots de l’île Zavodovski (Îles Sandwich du Sud) // Impact of global warming on penguins on Zavodovski Island (South Sandwich Islands)

Concentrations de CO2 : 426,59 ppm (13 octobre 2026)   

Concentrations de CH4 : 1934,57 ppb (juin 2026)

Zavodovski fait partie des îles Sandwich du Sud, un archipel isolé situé au nord du continent antarctique, et constitue un territoire britannique d’outre-mer. L’accès à ce lieu est très difficile. Une équipe du British Antarctic Survey (BAS) a navigué pendant 15 jours avant d’atteindre l’île et étudier ses populations d’oiseaux, en utilisant des drones et la photographie aérienne, et en équipant 20 oiseaux de balises de suivi.

En 2011, le British Antarctic Survey avait annoncé que Zavodovski abritait la plus grande colonie de manchots au monde, avec une population estimée à 600 000 manchots à jugulaire et 90 000 gorfous macaroni (aussi appelés gorfous dorés) nichant sur son terrain rocheux et austère.

Manchot à jugulaire et gorfou doré (Crédit photo : Wikipedia)

La situation est bien différente aujourd’hui. Une nouvelle étude publiée dans la revue Current Biology révèle que près des deux tiers de la population de manchots à jugulaire ont disparu de l’île Zavodovski. Selon l’étude, on comptait 63 % de nids occupés de manchots à jugulaire en moins en 2025 par rapport à la même période en 2011.
L’équipe de chercheurs affirme que le réchauffement climatique affecte l’approvisionnement en nourriture et la survie des oiseaux, et que les manchots à jugulaire pourraient désormais être officiellement considérés comme une espèce en danger.
Une autre espèce de manchot, le gorfou macaroni, niche également sur l’île et y prospère ; les scientifiques attribuent ce succès à un régime alimentaire plus varié.
Les chercheurs du BAS estiment que la chute alarmante de la population de manchots à jugulaire est directement liée à l’approvisionnement en nourriture et à la hausse des températures océaniques. Le régime alimentaire « spécialisé » de ces manchots et leur préférence pour des eaux plus froides semblent les avoir rendus vulnérables.
Avec le réchauffement des eaux, le krill, principale source de nourriture des manchots à jugulaire, s’est déplacé vers le sud. La présence de banquise au sud et l’absence d’îles propices à la nidification empêchent ces manchots de suivre le déplacement de cette ressource alimentaire.

Les bancs de krill constituent une ressource alimentaire essentielle pour les cétacés et les manchots de l’hémisphère sud (Crédit photo: Wikipedia)

L’équipe du BAS a examiné d’autres menaces potentielles pesant sur l’existence précaire des manchots sur cette île isolée. Les oiseaux y nichent à l’ombre d’un volcan actif, le mont Curry, également connu sous le nom de mont Asphyxia. Les sites situés sous le vent du volcan ont reçu des noms tels que « Stench Point » (Pointe de la Puanteur), « Noxious Bluff » (Falaise Nocive) et « Asphyxia Plain » (Plaine de l’Asphyxie), en raison de l’odeur des émanations du cratère à laquelle s’ajoute celle du guano des manchots. Selon les observateurs, c »est l’un des endroits les plus malodorants au monde. Toutefois, ce facteur n’est pas responsable du déclin des manchots ; ils sont habitués à cette puanteur depuis fort longtemps. La dernière éruption majeure du mont Curry remonte à 2016, alors que le déclin des manchots analysé dans cette étude est constant et se poursuit depuis 2011, ce qui prouve qu’un autre phénomène doit être pris en compte.

Mont Curry et colonie de manchots à jugulaire (Crédit photo: CNN)

Une autre préoccupation concerne la concurrence pour le krill — ressource essentielle aux manchots à jugulaire — potentiellement exercée par les baleines à bosse. Or, bien que ces baleines consomment d’énormes quantités de krill, elles contribuent également à stimuler la production de ce dernier en fertilisant, grâce à leurs excréments, les plantes marines dont le krill se nourrit.
Alors que la population de manchots à jugulaire diminue, le nombre de gorfous macaroni sur l’île Zavodovski a considérablement augmenté. Ces derniers sont plus adaptables, car ils disposent d’un régime alimentaire plus varié et plus souple. Les données de suivi de l’étude montrent que les gorfous macaroni cherchent leur nourriture dans des eaux plus chaudes au nord-est de l’île ; selon les scientifiques, ils y complètent probablement leur alimentation avec des poissons et d’autres crustacés.
D’après l’étude, ce bouleversement entre les espèces de manchots constitue « le changement de composition de la communauté le plus important jamais observé en un même lieu en Antarctique ». Les données montrent que les manchots à jugulaire, adaptés au froid antarctique, ne cohabitent plus avec leurs voisins subantarctiques. C’est une preuve supplémentaire de l’impact du réchauffement rapide de l’Antarctique sur des écosystèmes uniques et fragiles.
Quant au titre de plus grande colonie de manchots au monde, les scientifiques indiquent qu’il est désormais détenu par un site situé à plus de 5 000 km de là, à l’autre bout du continent antarctique : il s’agit du cap Adare, dans la mer de Ross.

Manchots au Cap Adare (Crédit photo: Antarctic Treaty)

Source : Current Biology.

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Zavodovski is part of the South Sandwich Islands, a remote archipelago north of the Antarctic continent which is a UK overseas territory. Access to the place is very difficult. A British Antarctic Survey (BAS) team sailed for 15 days to reach the island and study its avian inhabitants, using drones, aerial photography and fitting tracking devices to 20 birds.

In 2011, Zavodovski was hailed by the British Antarctic Survey as home to the largest penguin colony in the world – with an estimated 600,000 chinstrap penguins and 90,000 macaroni penguins nesting on its bleak, rocky terrain.

The situation is very different today. A new survey published in the journal Current Biology reveals that almost two-thirds of the population of chinstrap penguins have disappeared from thec island. According to the study, there were 63% fewer occupied nests of chinstrap penguins in 2025 than at the same time in 2011.

The research team say global warming is affecting the birds’ food supply and survival, and the penguins may now be officially endangered.

Another species of penguin, the macaroni, also nests on the island and is thriving, which scientists believe is linked to their more varied diet.

The BAS researchers say the alarming fall in the chinstrap population is all about the food supply and rising ocean temperatures. The chinstraps’ « specialist diet » and preference for cooler waters appears to have left them vulnerable.

With waters warming, the krill, which is the chinstrap penguins’ main food, have moved southwards. Sea-ice cover to the south and a lack of suitable islands for nesting prevents chinstraps from following the food.

The BAS team examined other possible threats to the penguins’ precarious existence on their remote island. Birds here nest in the shadow of an active volcano, Mount Curry, also known as Mount Asphyxsia. Sites downwind of the volcano have been given names including Stench Point, Noxious Bluff and Asphyxia Plain, because of the smell of fumes emitted from the crater. Together with all the penguin guano, it is one of the smelliest places in the world. But this factoer has nothing to do with the penguins’ decline. Thay have been used to it for ages. Mount Curry’s last major eruption was back in 2016, but the penguin declines that this study analysed have been steady and ongoing since 2011, suggesting that something else was happening.

Another concern was competition for the krill that chinstrap penguins rely on, possibly from migrating humpback whales. But, while the humpbacks eat huge quantities of krill, they also help boost krill production by fertilising marine plants that the krill feed on with their huge quantities of whale poo.

While the chinstrap population has been declining, the number of macaroni penguins on the island has increased dramatically. Macaroni penguins are more adaptable, because they have a broader, more flexible diet. Tracking data from the study showed that the macaronis foraged in warmer waters to the northeast of the island, where scientists say they were were likely to be supplementing their diets with fish and other crustaceans.

According to the study, this shift among penguin species is the « biggest change in community composition ever observed at a single location in Antarctica. The data shows that the cold-adapted Antarctic chinstrap species are no longer thriving beside their sub-Antarctic neighbours. It is further evidence of how rapid warming in the Antarctic is impacting unique and sensitive ecosystems. »

As for the title of world’s largest penguin colony, scientists say that is now held by a site more than 5,000km away – on the other side of the Antarctic continent : Cape Adare in the Ross Sea.

Source : Current Biology.

2026 : Un phénomène El Niño super puissant !

Concentrations de CO2 : 426,37 ppm (12 octobre 2026)  

Concentrations de CH4 : 1934,57 ppb (juin 2026)

Dans ma note du 10 octobre 2026, j’explique que le phénomène de réchauffement El Niño est particulièrement puissant au cours du deuxième semestre 2026 et va même s’intensifier ces prochains mois, jusqu’à atteindre son pic en décembre, avec une possibilité de persistance jusqu’au mois de février 2027, ce qui pourrait en faire l’un des épisodes les plus intenses depuis au moins 1950. Ma source est l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM).

 Un chiffre va vous montrer à quel point El Niño est puissant : 30,06 °C ! C’est la température de surface relevée le 6 octobre dans la zone pacifique équatoriale : jamais, depuis le début des relevés météo, une telle température n’avait été enregistrée dans cette région. Et cette zone – la zone 3.4 – n’est pas n’importe laquelle, il s’agit du lieu de développement du phénomène El Niño.

El Niño 2026 s’est déclenché en juin de cette année, et toutes les prévisions s’orientent vers un phénomène d’une intensité record.

Dans le détail ; pour parler d’un phénomène El Niño, il faut que la température de l’eau de l’océan Pacifique équatorial dépasse d’au moins 0,5 °C la normale. Il s’agit alors d’un El Niño faible. À partir de +0,8 °C, il s’agit d’un El Niño modéré, et lorsque cette anomalie de chaleur dans l’eau atteint ou dépasse +2 °C il s’agit alors d’un super El Niño. C’est la situation actuelle, avec une anomalie qui dépasse déjà les +2,5 °C dans la zone de référence « 3.4 ». Les dernières prévisions envisagent une anomalie comprise entre +3,5 et +5 °C, dépassant de loin le précédent record de +2,6 °C, enregistré entre novembre 2015 et janvier 2016.

El Niño est déjà en train de modifier la météo de nombreux pays. Pour certains, El Niño représente une catastrophe, principalement en raison des sécheresses et inondations qu’il provoque. Pour d’autres, c’est une aubaine pour l’agriculture. Mais au final, El Niño va poser un gros problème, pas seulement régional, mais au niveau planétaire. Son impact est d’autant plus fort qu’il survient sur une planète déjà affectée par le réchauffement climatique. Les vagues de chaleur s’intensifient, en mer comme sur terre.

Le phénomène El Niño actuel a déjà eu des conséquences spectaculaires, avec la prolifération récente et simultanée de cyclones dans le Pacifique. Plusieurs tempêtes tropicales majeures ont affecté l’archipel hawaïen Selon l’OMM, les effets les plus importants ne se feront sentir que dans plusieurs mois. Quel que soit le pays concerné, El Niño va amplifier la chaleur mondiale de 2027, avec des conséquences possibles jusqu’en 2028. À ce sujet, les climatologues expliquent que nous avançons en terre inconnue, car jamais un phénomène El Niño d’une telle intensité n’a été observé.

En particulier, jusqu’à maintenant, les conséquences des fortes chaleurs sur la santé humaine ont été sous-estimées. Les canicules ont causé plus de 25 000 décès supplémentaires en Europe cet été, et ce chiffre continue d’augmenter. Bien qu’un recours accru à la climatisation puisse réduire la mortalité future, les zones les plus touchées – l’Asie du Sud, les pays du Golfe et l’Afrique, des pays comme l’Inde, le Pakistan, le Bangladesh, le Myanmar et le Niger – abritent une forte densité de population, caractérisée par des taux de pauvreté élevés et donc un accès limité à la climatisation.

Si l’agriculture et l’économie peuvent, dans certaines régions, bénéficier des effets d’El Niño sur les conditions météorologiques, l’intensification de la chaleur à l’échelle mondiale affectera, à coup sûr, négativement l’ensemble de la planète. L’OMM ajoute que cette phase climatique exceptionnellement intense survient au pire moment, dans un contexte déjà fortement marqué par le réchauffement climatique d’origine anthropique.

Source : OMM, Yahoo News.

Réchauffement climatique : les glaciers livrent leurs secrets

Concentrations de CO2 : 426,37 ppm (12 octobre 2026)              

Concentrations de CH4 : 1934,57 ppb (juin 2026) 

Avec le réchauffement climatique, les glaciers fondent de plus en plus vite et ils révèlent parfois des trésors cachés depuis longtemps. Dans l’Himalaya, ce sont les corps d’alpinistes victimes d’avalanches ou de chutes dans des crevasses qui réapparaissent. Dans le massif du Mont Blanc, ce sont les vestiges de catastrophes aériennes qui attirent les chasseurs d’épaves sur le glacier des Bossons.

Photo : C. Grandpey

France Info a consacré un podcast à ces chercheurs un peu particuliers :

https://www.franceinfo.fr/environnement/crise-climatique/fonte-des-glaciers/c-est-la-partie-avant-du-moteur-la-hausse-des-temperatures-profite-aux-chasseurs-d-epave-sur-le-mont-blanc_8222428.html

Dans des notes écrites le 15 septembre 2018 et le 14 novembre 2020, j’ai rappelé que des avions se sont écrasés sur le massif du Mont Blanc. Régulièrement, des fragments humains et autres débris sont retrouvés dans la zone de ces accidents. Il y a quelques semaines, de passage à Chamonix, j’ai découvert qu’une hélice faisait partie des derniers objets récupérés.

Photo: C. Grandpey

En décembre 2021, un trésor de pierres précieuses découvert en 2013 sur le glacier des Bossons et provenant probablement du crash d’un avion indien, le « Kangchenjunga » en 1966, a été partagé 8 ans après avoir été retrouvé, entre son découvreur et la ville de Chamonix. Chaque lot est évalué à environ 150.000 euros.

Crédit photo: presse régionale

Pour mémoire, le Boeing 707 effectuait la liaison Bombay-New York. Il s’était écrasé sur le glacier avec 117 passagers à bord à environ 4.750 mètres d’altitude. Aucun passager n’avait survécu à l’accident. Quinze ans plus tôt, un autre avion d’Air India, le « Malabar Princess », s’était écrasé sur le même glacier le 3 novembre 1950 à 4.700 mètres d’altitude, faisant 48 morts. La rumeur avait alors couru qu’il contenait des lingots d’or, mais les recherches sont restées vaines.

La loi prévoit que, aucun héritier n’ayant été retrouvé dans un délai de deux ans, le trésor revienne pour moitié à l’alpiniste qui en a fait la découverte, et pour moitié au propriétaire du glacier des Bossons où il a été trouvé, c’est-à-dire à la commune de Chamonix. Les huit années d’attente correspondent à l’enquête internationale qui a fait suite à la découverte. Il a fallu du temps pour expertiser le trésor et pour demander des explications au niveau des personnes qui étaient dans l’avion et de leurs héritiers.

Les pierres, enfermées dans une petite boîte métallique, avaient été retrouvées à l’été 2013 par un jeune alpiniste savoyard. Il avait apporté son trésor, composé en majorité d’émeraudes et de saphirs, à la gendarmerie afin qu’il soit remis à son propriétaire.

Le glacier des Bossons charrie régulièrement des débris des catastrophes aériennes survenues au Mont-Blanc. En 1975 déjà, un guide de haute montagne y avait découvert le train d’atterrissage du « Malabar Princess. » On peut le voir aujourd’hui au Chalet des Bossons, accompagné d’une petite exposition qui explique les circonstances des accidents.

Photos: C. Grandpey

Les pierres du lot dévolu à la ville de Chamonix figureront désormais dans la collection de son nouveau musée des cristaux dont l’inauguration a eu lieu le 18 décembre 2021.

Source: France Info, Yahoo News.