La lave de l’éruption du Mauna Loa (Hawaii) en 2022 // Lava from the 2022 Mauna Loa eruption (Hawaii)

L’analyse de la lave émise peut aider à comprendre les mécanismes qui gèrent les éruptions volcaniques. Les échantillons de lave peuvent aider à « voir » ce qui se passe à l’intérieur d’un volcan. Ainsi, l’étude de la lave produite par l’éruption du Mauna Loa en 2022 a offert aux géologues du HVO, pour la première fois depuis près de 40 ans, une fenêtre sur le système d’alimentation du volcan.
Le Mauna Loa est entré en éruption le 27 novembre 2022, pour la première fois depuis 1984. L’éruption a commencé dans la caldeira sommitale. Puis une fissure de 500 mètres de long s’est propagée vers le sud-ouest, tout en restant majoritairement à l’intérieur du sommet. Au matin du 28 novembre, l’activité éruptive avait migré du sommet vers la zone de rift nord-est où quatre fissures se sont ouvertes pour finalement donner naissance à une bouche éruptive sur la Fissure 3 le 2 décembre. Un réseau de chenaux a alimenté des coulées de lave ‘a‘ā qui ont parcouru le flanc nord du volcan sur une vingtaine de kilomètres. L’éruption s’est terminée le 10 décembre 2022.

Le réseau de surveillance mis en place par le Hawaiian Volcano Observatory (HVO) a collecté des données qui ont été analysées en temps réel afin de mieux comprendre l’éruption. Des observations directes et des mesures ont également été effectuées sur le terrain. Elles ont permis d’évaluer la vitesse de progression des coulées de lave et les dangers associés. Les géologues du HVO ont collecté des échantillons de lave dans des coulées actives et solidifiées presque tous les jours pour procéder à une analyse en laboratoire en temps quasi réel.
Depuis l’éruption du Mauna Loa en 1984, les domaines de la pétrologie et de la géochimie ont fait de grands progrès. De nouveaux instruments et de nouvelles techniques sont maintenant disponibles. Ils ont permis d’obtenir rapidement plus d’informations qu’en 1984.
Des analyses de fluorescence X à dispersion d’énergie ((EDXRF) effectuées en temps quasi réel avec la collaboration de l’Université d’Hawaii à Hilo ont révélé la composition du magma ainsi que son origine. Ces analyses, effectuées dans les 24 heures suivant le prélèvement de l’échantillon, ont été suivies d’une micro-analyse électronique secondaire et d’une micro-analyse par sonde électronique. Cela a permis de mesurer des compositions de minéraux et de verre à de très petites échelles (quelques microns). Ce type d’analyse rapide n’était pas possible en 1984.
Les géologues du HVO ont ainsi appris que les laves émises par l’éruption de 2022 étaient semblables à d’autres éruptions du Mauna Loa depuis 1843. La teneur moyenne en MgO (oxyde de magnésium) des échantillons de lave était de 6,2 % en poids, donc légèrement inférieure aux autres éruptions du Mauna Loa au cours des 200 dernières années. Ces données peuvent être utilisées pour calculer la température des laves émises. Elle a été estimée à environ 1 155 degrés Celsius.
Les échantillons prélevés au niveau de la bouche éruptive ne montrent pas de cristaux visibles à l’œil nu, bien que les minéraux comme le plagioclase, le clinopyroxène, l’olivine et les oxydes (tous rencontrés habituellement sur le Mauna Loa) deviennent plus abondants et plus gros en s’éloignant de la bouche éruptive, au fur et à mesure que les coulées de lave se refroidissent et se cristallisent.
Toute la lave produite pendant l’éruption de 2022 a présenté la même composition sur une distance de 17 kilomètres, que ce soit au sommet ou sur la partie supérieure du rift nord-est. Cela montre que toute l’éruption a été alimentée par un magma homogène. La lave émise par cette éruption ne présente pratiquement pas de cristaux et elle a une faible teneur en MgO. Elle n’a donc pas été influencée par le magma résiduel laissé par l’éruption de 1984. On a une situation différente de l’éruption du Kilauea en 2018, qui a initialement produit des laves mélangées à du magma refroidi stocké dans la Lower East Rift Zone. Au lieu de cela, la composition de la lave de l’éruption du Mauna Loa en 2022 révèle une nouvelle intrusion magmatique qui va de pair avec l’activité sismique que le HVO a observée 2 à 4 km sous le sommet dans les mois qui ont précédé l’éruption.
Source : USGS/HVO.

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The analysis of emitted lavas can help understand volcanic eruptions. The lava samples can help “see” inside a volcano. In this way, the analysis of the lava produced by the 2022 eruption of Mauna Loa gave HVO geologists a window into the volcano’s plumbing system for the first time in almost 40 years.

Mauna Loa began erupting on November 27th, 2022, for the first time since 1984. The eruption began within the summit caldera. Then a 500-mrter-long fissure propagated towards the southwest but remained mostly within the summit. In the morning of the following day, eruptive activity had migrated from the summit into the Northeast Rift Zone where four fissures opened and finally gave birth to one vent on December 2nd. A network of lava channels fed ‘a‘ā flows that extended about 20 km down the volcano’s north flank. The eruption ended on December 10th.

The Hawaiian Volcano Observatory (HVO)’s network of monitoring instruments collected data that were analyzed in real-time to better understand the eruption. Direct observations and measurements were also performed on the field. They allowed to that aided in assess lava flow advance rates and the accompanying hazards. HVO geologists collected molten and solidified lava samples almost every day for near-real-time lab analysis.

Since Mauna Loa’s eruption in 1984, the fields of petrology and geochemistry have made great advances. New instruments and techniques are available now. They allowed to learn more and faster about the last eruption than in 1984.

Energy-dispersive X-ray fluorescence analyses done in near-real-time with the collaboration of the University of Hawai‘i at Hilo revealed the composition of the erupting magma and where it was coming from. These analyses, done within 24 hours of sample collection, were later followed by secondary electron micro-analysis and electron probe micro-analysis. This allowed to measure compositions of minerals and glass on very small scales (a few microns). This type of rapid analysis was not possible in 1984.

HVO geologists learned that the 2022 erupted lavas were similar to other Mauna Loa compositions since 1843. The average MgO (magnesium oxide) content of the lava samples was 6.2 wt% (weight percent), slightly lower than any other Mauna Loa eruption over the past 200 years. This data can be used to calculate the temperature at which the lavas erupted and was estimated at about 1,155 degrees Celsius.

Samples collected at the vent(s) have no crystals visible to the naked eye, although minerals like plagioclase, clinopyroxene, olivine and oxides (all common at Mauna Loa) increase in abundance and size with distance from the vent as lava flows cooled and crystallized downslope.

All of the lava produced over the duration of the 2022 eruption and from all vents spanning 17 kilometers across the summit and upper Northeast Rift Zone have the same composition. This shows that the entire eruption was fed by a homogenous magma, and that this nearly crystal-free, low-MgO eruption was not influenced by rift-stored magma left over from 1984. This is different from the Kīiauea 2018 eruption, which initially produced lavas mixed with cooler stored magma from the Lower East Rift Zone. Instead, the composition of the 2022 Mauna Loa eruption reflects a new intrusion of magma, consistent with earthquake activity that the observatory monitored 2 to 4 km beneath the summit in the months prior to eruption.

Source : USGS / HVO.

Les échantillons de lave collectés près de la bouche éruptive de la Fissure 3 sont vitreux et contiennent des bulles et de très petits minéraux (200 microns de long) comme le plagioclase et le pyroxène, comme le montre l’image au microscope à échelle de gris en médaillon. (Source : USGS)

Lava samples collected near Fissure 3 vent are glassy and contain bubbles and some very small (200 microns long) minerals like plagioclase and pyroxene, as shown in the grey-scale microscope image inset. (Source: USGS)

L’Askja (Islande) et la prévision éruptive // Askja (Iceland) and eruptive prediction

Un volcanologue islandais vient de déclarer à propos de la situation de l’Askja : « Il se peut qu’ une éruption ait lieu demain, mais il faudra peut-être attendre des mois, voire des années, avant qu’une éruption se produise. » Cela revient à dire : « Il se pleut qu’il pleuve, qu’il y ait un orage, peut-être même de la grêle l’été prochain ». En d’autres termes, nous ne savons pas ce qui va se passer. Une telle déclaration ne relève pas de la prévision volcanique. Quand on ne sait pas, on ne dit rien ! Bien sûr, la presse s’est engouffrée dans la brèche, ne retenant que la première partie de la déclaration du volcanologue : « L’éruption de l’Askja est peut-être pour demain » !
Le scientifique pense que l’Askja est « à un stade avancé du processus de préparation d’une éruption ». Il a peut-être raison. En effet, les événements qui ont eu lieu ces dernières semaines (augmentation de l’activité sismique, hausse de la température de l’eau du lac, inflation du sol) correspondent au comportement d’un volcan avant une éruption. Mais on ne peut pas aller plus loin dans la prévision.
L’Université d’Islande a expliqué au début de la semaine qu’une image satellite du 28 février 2023 montrait une hausse régulière de la température de l’Oskjuvatn. La température d’une grande partie du lac dépasse maintenant deux degrés, ce qui est élevé pendant les conditions hivernales. L’analyse de l’image a révélé que la partie la plus chaude de l’eau est proche de la coulée de lave de Mývatningahraun. Elle a une température de plus de 28°C et les flux hydrothermaux pénètrent dans le lac.
Selon les volcanologues islandais, une éruption est en préparation sur l’Askja depuis 2012. L’augmentation de la température de l’eau n’est qu’un aspect de cette préparation. Aujourd’hui, les scientifiques ont la possibilité d’observer le processus avec des instruments plus modernes qu’il y a une dizaine d’années. En particulier, ils pensent que le soulèvement du sol est très probablement causé par une remontée de magma. De plus, l’activité sismique dans la région s’est un peu intensifiée en février. Ces paramètres correspondent bien au schéma d’un volcan en passe d’entrer en éruption. Quand se produira-t-elle ? Seul le volcan connaît la réponse !

Source : Iceland Monitor.

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An Icelandic volcanologist has just declared about the situation at Askja volcano : « There may be an eruption tomorrow, but it may also take months, even years, to prepare for an eruption. » This is just like saying » There may be some rain, even a storm and possibly hail next summer ». In other words, we don’t know what is going to happen. Saying this is by no means volcanic prediction. When you don’t know, you keep silent ! Of course, the news media only retained the first part of the volcanologist’s statement: « There may be an eruption tomorrow »!

The scientist believes that Askja is at « an advanced stage in the process of preparing for an eruption. » He may be right. Indeed, the events that have taken place in the last few weeks (increased seismic activity, increase in surface water temperature, ground inflation) fit the pattern of the volcano being well advanced in that preparation. But we cannot go any further with the prediction.

The University of Iceland reported earlier this week that a satellite image from February 28th, 2023 showed that Askja lake is steadily heating up. Much of it is now above two degrees, which is high for winter conditions. The analysis revealed that the hottest part was close to Mývatningahraun lava. It had a temperature of over 28°C, and the heating currents reached into the lake.

According to Icelandic volcanologists, Askja has been preparing for an eruption since 2012, and this increase in water temperature is just one aspect of that preparation. Today, scientists now have the opportunity to observe the process with more modern instruments. In particular, they think the ground uplift is very probably caused by magma ascent. Moreover, seismic activity in the area has picked up a bit in February, which fits in well with the pattern of the volcano preparing for an eruption. When will it happen ? Only the volcano has the answer !

Source : Iceland Monitor.

Photo: C. Grandpey

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

En Colombie, le Cerro Machín est un petit stratovolcan qui se trouve à l’extrémité sud du massif Ruiz-Tolima à environ 20 km à l’ONO de la ville d’Ibagué. Sa caldeira de 3 km de large contient trois dômes de lave dacitique recouverts de végétation. La dernière éruption connue a eu lieu il y a environ 800 ans. Depuis lors, le volcan a traversé plusieurs épisodes d’augmentation de l’activité sismique, notamment en novembre 2008, lorsque 400 à 450 personnes ont été évacuées.
Le Service Géologique Colombien (SGC) a observé des changements dans la végétation et une augmentation de la température du sol lors de sa dernière inspection du Cerro Machín le 18 février 2023, en raison de changements signalés dans la végétation et d’une possible hausse de la température du sol. Pour surveiller ces changements et déterminer leur origine potentielle, le SGC procédera à un échantillonnage plus détaillé dans la zone.
La sismicité sous le Cerro Machín a commencé à augmenter le 2 décembre 2022, avec des signaux indiquant une fracturation de roches.
Source : Institution Smithsonian, SGC.

Dôme de lave dans la caldeira du Cerro Machint (Crédit photo : SGC)

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Dans un bulletin émis le 27 février 2023, l’INGV indiquait qu’on observait un nouveau débordement de lave au niveau de la zone cratèrique nord du Stromboli (Sicile). Dans le même temps, le tremor volcanique ne montrait aucune variation significative et se maintenait dans des valeurs moyennes-basses. L’émission de lave a cessé au cours des heures suivantes.

Image thermique du Stromboli le 28 février 2023 (Source : INGV)

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Ce n’est pas une très bonne nouvelle pour ceux qui ont l’intention de se rendre à Hawaii. L’éruption sommitale du Kilauea, dans le cratère de l’Halema’uma’u, reste à un niveau très faible
Le HVO indique que les bouches Est et Centre dans le cratère ont cessé de fonctionner. Le lac dans la partie Ouest est très peu actif et la majeure partie de sa surface est recouverte d’une croûte. La réduction de l’activité va de pair avec une phase de déflation du sommet du Kilauea qui a commencé le matin du 17 février 2023. Aucun changement significatif n’a été observé le long de la zone de rift est ou de la zone de rift sud-ouest.
Source : HVO.

Vue nocturne du lac de lave du Kilauea le 28 février 2023 (Image webcam)

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L’activité du Sabancaya (Pérou) reste stable et modérée, avec une cinquantaine d’éruptions quotidiennes. Elles génèrent des panaches de cendre qui montent à 2,5 – 3 km au-dessus du sommet.

Source : IGP.

Source: IGP

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Le 22 février 2023, l’AVO a fait passer au Jaune la couleur de l’alerte aérienne de l’Aniakchak (Péninsule de l’Alaska) et le niveau d’alerte volcanique à Advisory (surveillance conseillée) en raison d’une hausse de la sismicité et d’un rapprochement de la surface de ces événements. La sismicité était généralement profonde sur le volcan (plus de 15 km sous le niveau de la mer) avec des événements longue période à raison d’environ quatre événements par mois. À partir d’octobre 2022, leur nombre a augmenté et les séismes ont été localisés à des profondeurs inférieures à 9 km sous le niveau de la mer. La sismicité a encore augmenté le 31 janvier 2023, avec des dizaines de secousses par jour, dont un événement de M 3,7 le 17 février. La situation se poursuivait à la fin du mois de février, mais l’AVO précise qu’une éruption ne semble pas imminente.

Crédit photo: HVO

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L’éruption se poursuit au niveau du cratère principal (cratère S) du Karangetang (Indonésie). Les images de la webcam ont récemment montré une incandescence la nuit et des coulées de lave qui descendaient les flancs du volcan, mais l’activité effusive semble avoir diminué. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester à 2,5 km du cratère principal avec une extension à 3,5 km sur les flancs S et SE.
Source : PVMBG.

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Au Japon, l’activité éruptive se poursuit dans les cratères Minamidake et Showa du Sakurajima. L’incandescence est visible dans les deux cratères la nuit. Des explosions sont enregistrées avec des panaches de cendres qui s’élèvent jusqu’à 1,5 km au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 5 niveaux), et il est demandé à la population de rester à au moins 2 km des deux cratères
Source : JMA.

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L’éruption du Cotopaxi (Equateur) se poursuit, avec des émissions quasi quotidiennes de gaz, de vapeur et de cendres. Des retombées de cendres mineures sont observées dans les zones sous le vent. Le niveau d’alerte est maintenu au Jaune (le deuxième niveau sur une échelle de quatre couleurs).
Source : Instituto Geofisico.

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L’éruption du Fuego (Guatemala) se poursuit avec 4 à 10 explosions par heure. Elles génèrent des panaches de cendres qui s’élèvent jusqu’à 1,1 km au-dessus du cratère. Des explosions éjectent chaque jour des matériaux incandescents à 100-400 m au-dessus du sommet, et des ondes de choc font vibrer les structures dans les localités autour du volcan. Des avalanches de blocs descendent plusieurs ravines et atteignent souvent des zones de végétation. Des retombées de cendres sont enregistrées presque quotidiennement dans les zones sous le vent.
Source : INSIVUMEH.

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L’éruption du Merapi (Java / Indonésie) se poursuit et la sismicité reste à des niveaux élevés. Les effondrements du dôme de lave SO produisent des coulées pyroclastiques qui parcourent jusqu’à 1,7 km sur le flanc SO. Aucun changement significatif de morphologie des dômes de lave central et SO n’a été observé sur les images de la webcam. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester à 3 ou 7 km du sommet en fonction des endroits.
Source : CVGHM.

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Le lac de lave est toujours actif au fond du cratère du Nyamulagira (République Démocratique du Congo). La sismicité est généralement faible, avec quelques événements longue période jusqu’à 15 km de profondeur le long de la grande fracture qui relie le Nyamuragira et le Nyiragongo. De fortes concentrations de dioxyde de carbone ont été mesurées dans la zone de Mazuku, et à l’ouest d’un camp dans le district du Lac Vert à Bulengo ; Les habitants sont priés de rester à l’écart de ces zones.

Le lac de lave au fond du cratère du Nyiragongo (RDC) continue d’être actif. Une faible lueur émanant du cratère était visible le 15 février 2023. La sismicité est généralement faible, avec quelques séismes longue période à une quinzaine de km de profondeur le long de la grande fracture qui relie le Nyamuragira et le Nyiragongo. Une station près du volcan a enregistré une légère augmentation de la sismicité le 17 février. Le niveau d’alerte reste au Jaune.
Source : Observatoire Volcanologique de Goma (OVG)

La région reste dangereuse et la visite des volcans n’est pas conseillée. De violents affrontements ont récemment opposé l’armée congolaise et les rebelles du M23 qui ont commis des exactions dans la région.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

J’ai dressé un bilan de l’année volcanique 2022. Vous le trouverez en cliquant sur ce lien :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/01/02/bilan-dactivite-volcanique-2022/

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity around the world.

In Colombia, Cerro Machín is a small stratovolcano that lies at the southern end of the Ruiz-Tolima massif about 20 km WNW of the city of Ibagué. Its 3-km-wide caldera contains three forested dacitic lava domes. The latest known eruption took place about 800 years ago. Since then, the volcano has experienced several instances of increased seismic activity, most notably in November 2008, when 400 – 450 people were evacuated.

The Colombian Geological Service (SGC) found changes in vegetation and increased soil temperature during their last inspection of Cerro Machín on February 18th, 2023 due to reported changes in vegetation and a possible increase in soil temperature. To monitor these changes and determine their potential origin, the SGC will conduct more detailed sampling in the area.

Seismicity under Cerro Machín began increasing on December 2nd, 2022, with signals indicating rock fracturing.

Source : Smithsonian Institution, SGC.

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In a bulletin released on February 27th, 2023, INGV indicated that a new lava overflow was observed in the northern crater area of Stromboli (Sicily). At the same time, the volcanic tremor showed no significant variation and remained in medium-low values. The lava emission stopped during the following hours.

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This is not good news for those who intend to go to Hawaii. The summit eruption of Kilauea Volcano, within Halemaʻumaʻu crater, is still at a low level.

HVO indicates that the vents in the East and Central lakes have stopped erupting. Activity in the western lake is reduced. The lake remains active but with weak lava flows. Most of the surface is crusted over. The reduction in activity is related to a deflationary tilt drop that began in the early morning of February 17th, 2023. No significant changes have been observed along the East Rift Zone or Southwest Rift Zone.

Source : HVO.

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Activity at Sabancaya (Peru) remains stable and moderate, with about fifty eruptions daily. They generate ash plumes that rise 2.5 – 3 km above the summit.
Source: IGP.

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On February 22nd , 2023, AVO raised the Aviation Color Code for Aniakchak (Alaska Peninsula) to Yellow and the Volcano Alert Level to Advisory due to an increase in the number of earthquakes and a shallowing of those events. Background seismicity was generally deep (more than 15 km below sea level) with long-period events occurring at a rate of about four events per month. Beginning in October 2022 the rate increased, and the earthquakes were located at depths less than 9 km below sea level. The earthquake rate further increased on January 31st, 2023, with dozens of earthquakes per day, including a M 3.7 event on February 17th. The situation was going on at the end of February, but AVO indicates that no eruption seems to be imminent.

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The eruption continues at the Main Crater (S crater) of Karangetang (Indonesia). The webcam images recently showed incandescence at night and lava flows descending the flanks of the volcano, but effusive activity seems to have decreased. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4) and the public is asked to stay 2.5 km away from Main Crater with an extension to 3.5 km on the S and SE flanks.

Source : PVMBG.

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In Japan, eruptive activity continues at Sakurajima‘s Minamidake Crater and Showa Crater. Incandescence is visible at both craters at night. Explosions are recorded with ash plumesthat rise as high as 1.5 km above the summit. The Alert Level remains at 3 (on a 5-level scale), and residents are asked to stay 2 km away from both craters

Source : JMA.

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The eruption at Cotopaxi (Ecuador) continues, characterized by almost daily emissions of gas, steam, and ash. Minor ashfall is observed in downwind areas. The Alertt Level is kept at Yellow (the second lowest level on a four-color scale).

Source : Instituto Geofisico.

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The eruption at Fuego (Guatemala) continues with 4-10 explosions per hour. They generate ash plumes that rise up to 1.1 km above the crater. Explosions eject incandescent material 100-400 m above the summit each day, and daily shock waves rattle structures in communities around the volcano. Block avalanches descend various drainages and often reach vegetated areas. Ashfall is recorded almost daily in downwind areas.

Source : INSIVUMEH.

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The eruption at Merapi (Java / Indonesia) continues and seismicity remains at high levels. The SW lava dome produces hot avalanches that travel as far as 1.7 km down the SW flank. No significant morphological changes to the central and SW lava domes have been observed in webcam images. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 3-7 km away from the summit based on location.

Source : CVGHM.

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The lava lake is still active on Nyamulagira’s crater floor (Democratic Republic of Congo). Seismicity is generally low, characterized by a few long-period earthquakes located up to 15 km deep along the large fracture connecting the Nyamuragira and Nyiragongo. High concentrations of carbon dioxide were measured in the Mazuku areas, and in an area to the W of a camp in the Lac Vert district in Bulengo; Residents are asked to stay away from those areas.

The lava lake on Nyiragongo’s crater floor (DRC) continues to be active. A faint glow emanated from the crater could be seen on February 15th, 2023. Seismicity is generally low, characterized by a few long-period earthquakes located up to 15 km deep along the large fracture connecting the Nyamuragira and Nyiragongo. A seismic station near the volcano registered a minor increase on February 17th. The Alert Level remains at Yellow.

Source : Observatoire Volcanologique de Goma (OVG)

The area is still dangerous and visiting the volcanoes is not advised. Violent confrontations have recently opposed the Congolese armya and M23 rebels who have committed exactions in the region.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

You will find a report of volcanic activity in 2022 by clicking on this link :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/01/02/volcanic-activity-report-2022/

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Nouvelles hypothèses sur la surface de Vénus // New hypotheses on the surface of Venus

Dans une note rédigée le 29 novembre 2022, j’expliquais que, selon une étude publiée dans le Planetary Science Journal au début de l’année 2022, le volcanisme à grande échelle qui a recouvert de lave 80% de la surface de Vénus a probablement été le facteur décisif qui a fait passer la planète d’un monde humide et doux à une atmosphère sulfurique irrespirable. La température de surface sur Vénus est d’environ 464 degrés Celsius, et il y a une pression de 90 atmosphères sous les nuages de dioxyde de carbone où se mêle l’acide sulfurique.

Une autre étude, également publiée en novembre 2022, confirme qu’il y a encore beaucoup de choses que nous ne savons pas sur Vénus. Les températures élevées et la pression atmosphérique empêchent les sondes de s’approcher de la planète. De plus, l’épaisseur de atmosphère ne permet guère de l’observer depuis l’orbite. Afin de pallier ces difficultés, des chercheurs ont récemment analysé les données fournies par la mission Magellan de la NASA il y a plusieurs décennies afin d’obtenir plus d’informations sur les étranges processus géologiques qui font se renouveler la surface de la planète.
Les chercheurs se sont toujours demandé comment Vénus libère sa chaleur, car, contrairement à la Terre, la planète n’a pas de plaques tectoniques. En examinant les données de la mission Magellan, les scientifiques ont découvert que la lithosphère – la couche externe de la surface de Vénus – était probablement beaucoup plus mince qu’on ne le pensait auparavant et pourrait ainsi laisser échapper la chaleur émise par le noyau interne de la planète. Ce sont ces zones de moindre épaisseur de la lithosphère vénusienne qui permettraient à des quantités importantes de chaleur de s’échapper, de la même façon que dans les zones où de nouvelles plaques tectoniques se forment sur le plancher océanique sur Terre.
Les chercheurs ont examiné des images de formations géologiques rondes ou coronae détectées par la mission Magellan à la surface de la planète. En exogéologie, une corona est une formation circulaire à ovoïde, marquée extérieurement par de nombreuses failles. En examinant la hauteur de ces failles, les scientifiques ont pu avoir une idée de l’épaisseur de la lithosphère dans ces régions. Ils ont découvert qu’elle était de seulement 11 kilomètres.
Ces observations pourraient permettre d’expliquer pourquoi la surface de Vénus semble si jeune. En effet, elle ne présente pas les nombreux anciens cratères d’impact que l’on observe en général sur une planète de son âge. Il y a eu beaucoup d’activité volcanique sur Vénus dans le passé et il se pourrait que cette activité continue aujourd’hui. Une théorie est que toutes les quelques centaines de millions d’années, toute la surface de la planète fond et se reforme lors d’énormes événements de « resurfaçage » qui expliqueraient pourquoi Vénus semble être jeune. La minceur de la lithosphère permettrait à la chaleur de circuler et d’atteindre la surface de la planète.
De telles recherches sur une planète où les humains ne mettront jamais les pieds pourraient sembler inutiles. Malgré tout, Vénus ouvre une fenêtre sur le passé et pourrait nous permettre de mieux comprendre à quoi ressemblait la Terre il y a plus de 2,5 milliards d’années, avant qu’apparaissent les plaques tectoniques.
Sources : Planetary Science Journal, Nature Geoscience.

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In a post published on November 29th, 2022, I explained that, according to a study published in the Planetary Science Journal early in 2022, the massive global volcanism that covered 80% of Venus’ surface in lava may have been the deciding factor that transformed Venus from a wet and mild world into the suffocating, sulfuric planet that it is today. The surface temperature on Venus is about 464 degrees Celsius, and there is a pressure of 90 atmospheres underneath the dense clouds of carbon dioxide laced with sulfuric acid.

Another study, also released in November 2022 confirms that there is a lot we still don’t know about Venus. Its high temperatures and atmospheric pressure make it difficult to send probes onto the planet. Moreover, its thick atmosphere makes it difficult to observe from orbit. In order to compensate for these difficulties, researchers have recently dug through data from a decades-old NASA mission to learn about the strange geological processes which renew the planet’s surface.

One of the open questions about Venus is how it loses its heat, as, unlike Earth, Venus does not have tectonic plates. By looking at data from the Magellan mission, researchers discovered that the lithosphere – the outer layer of Venus’ surface – may be considerably thinner than previously thought and could let heat escape from the planet’s hot core. These regions of thin lithosphere appear to be allowing significant amounts of heat to escape, similar to areas where new tectonic plates form on Earth’s seafloor.

The researchers looked at images of round features – coronae – which Magellan saw on the planet’s surface, and by looking at the depths of ridges around them they could estimate the thickness of the lithosphere in these regions. They found that the lithosphere around these features was as thin as 11 kilometers deep.

This could help to explain why the surface of Venus looks so young. Indeed, it lacks the many old impact craters one expects to see on a planet of its age. There was a lot of volcanic activity in Venus’s past and there could still be volcanic activity today. One theory is that every few hundred million years the entire surface of the planet is melted and reformed in huge events called ‘resurfacings’ that would explain why Venus appears to be young. The thinness of the lithosphere allowing heat to flow through it supports that idea.

Such research about a planet where humans will never set foot on might look pointless. What is interesting is that Venus provides a window into the past to help us better understand how Earth may have looked over 2.5 billion years ago. It is in a state that might have occurred before a planet forms tectonic plates.

Sources : Planetary Science Journal, Nature Geoscience.

Image composite de Vénus réalisée à partir des données fournies par les sondes Magellan et Pioneer Venus Orbiter (Source: NASA)

Reconstitution en trois dimensions du Maat Mons, l’un des principaux volcans sur Vénus avec ses quelque 8 km de hauteur (Source: NASA)