La lave des épisodes éruptifs 1 à 39 du Kilauea // Lava from Kilauea’s eruptive episodes 1 through 39

Une nouvelle publication en libre accès, émanant de l’Observatoire Volcanologique d’Hawaï (HVO), apporte des précisions sur la chimie des fontaines de lave observées au sommet du Kilauea. L’étude est intitulée : « Caractérisation pétrologique et géochimique de la première année de l’éruption épisodique du Kīlauea dans le cratère de l’Halema‘uma‘u (épisodes 1 à 39) ».

Image webcam de l’Épisode 39

Au cours de la première année de l’éruption (jusqu’au 24 décembre 2025, ce qui correspond à l’Épisode 39), les géologues du HVO ont collecté 178 échantillons dans le cadre du suivi éruptif ; 80 d’entre eux ont permis des analyses géochimiques réalisées en temps quasi réel. L’étude vise à mieux comprendre la dynamique éruptive et à identifier les changements survenus sur le Kilauea à la suite de l’effondrement de la caldeira sommitale en 2018.

Carte des sites d’échantillonnage dans la caldeira sommitale. Les échantillons sont répartis en groupes temporels en fonction de leurs variations chimiques et de leur type (fenêtre de droite). La zone rouge correspond au lac de lave dans le cratère de l’Halema‘uma‘u jusqu’à l’Épisode 39. Les étoiles représentent les bouches éruptives nord (N) et sud (S).

Dans une première partie, les auteurs de l’étude expliquent que les variations observées dans la hauteur des fontaines de lave et la durée des épisodes éruptifs ne sont pas liées à des changements significatifs dans la composition de la lave. Cela laisse supposer que la dynamique éruptive est principalement régie par des variations de viscosité et de géométrie des conduits, tant au cours d’un même épisode qu’entre différents épisodes.

L’éruption est alimentée par de la lave provenant d’une chambre magmatique située à environ 1 à 2 km sous le cratère de l’Halemaʻumaʻu.

Certains éléments indiquent que des vestiges d’anciens lacs de lave formés dans le cratère (entre 2020 et 2023) sont restés à l’état fondu sous la surface ; ils influencent parfois la composition chimique des matériaux émis lors des épisodes de fontaines de lave. Cela prouve que les conduits éruptifs sont, en profondeur, connectés au cœur encore liquide du lac de lave.

Une légère modification de la composition chimique montre qu’un nouveau magma a été émis quelques semaines seulement après le début de l’éruption.

Voici les analyses de divers échantillons examinés pour les besoins de l’étude :

Images de différents types d’échantillons observés au microscope électronique (a) Fragment de téphra vitreux et vésiculaire (issu de l’Épisode 5), présentant des bulles arrondies caractéristiques. (b) Bombe volcanique hautement vésiculaire (Épisode 14), montrant de petits amas de microlites interconnectés. (c) et (d) Lave issue de débordements discontinus au niveau de la bouche éruptive (avant les fontaines de lave de l’Épisode 37), présentant des cristaux d’olivine squelettiques dans une matrice composée de verre et de clinopyroxènes dendritiques (ramifiée en forme d’arbre), avec des oxydes brillants en périphérie et des textures matricielles essentiellement dendritiques. (e) Lave de coulée pahoehoe de l’Épisode 21, contenant des cristaux d’olivine squelettiques et des microlites de plagioclase au sein d’une matrice vitreuse. (f) Lave issue d’une coulée de lave primaire (a‘a) de l’Épisode 6, présentant un macrocristal d’olivine dans une matrice cristalline composée de plagioclase et de pyroxène. (g) Échantillon provenant d’une coulée de lave de type « suintement » (ooze-out) de l’Épisode 39, contenant un glomérocristal d’olivine, de plagioclase et de clinopyroxène entouré de verre. (h) Lave de type « suintement » prélevée entre les épisodes 21 et 22, montrant un glomérocristal de plagioclase et d’olivine, avec de petits oxydes en périphérie. (i) Coulée de lave rhéomorphique* (Épisode 35), présentant des cristaux d’olivine automorphes, entourés de plagioclases enchevêtrés, de petits oxydes et de quelques vésicules. (j) Coulée de lave rhéomorphique (Épisode 34), présentant des vésicules aux formes irrégulières et une matrice densément dendritique.
* ‘Rhéomorphique‘ est un terme qui désigne la déformation ductile et l’écoulement d’une roche magmatique ou pyroclastique alors qu’elle est encore à très haute température. 

Le système de stockage magmatique superficiel du Kilauea, situé sous le cratère de l’Halemaʻumaʻu, a connu une hausse de température au fil des épisodes 1 à 39.

L’intégralité de l’étude, avec des images de meilleure résolution, peut être consultée à l’adresse suivante :

https://www.sciencedirect.com/…/pii/S0377027326002222

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C’est bien de proposer des analyses de la lave produite par le Kilauea, mais en bon tazieffien, j’aimerais voir plus souvent des études concernant les gaz émis par le volcan. Il ne faudrait pas oublier, comme le disait Tazieff, que les gaz sont le moteur des éruptions. Leur analyse avant, pendant et après les différents épisodes éruptifs permettrait de connaître les variations de leurs composants, le CO2 et l’hélium par exemple. Une étude à laquelle j’avais participé sur les basses pentes de l’Etna (voir le résumé sous l’entête de ce blog) montrait une relation avec l’activité au sommet du volcan.

Panache de gaz du Kilauea (photo: C. Grandpey)

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A new open-access publication by the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) gives more information about the chemistry of Kilauea’s summit lava fountains. The title of the study is : Petrologic and geochemical characterization of the first year of the current episodic Halema‘uma‘u eruption of Kīlauea (episodes 1 – 39).

In the first year of the eruption (through December 24, 2025, episode 39), the HVO geologists collected 178 samples for eruption monitoring purposes and used a subset of 80 for near-real-time geochemical analyses. The aim of the study is to better understand eruption dynamics and identify changes at Kilauea following the 2018 summit caldera collapse.

In a first part, the authors of the study explain that the variations in fountain height and episode duration are not associated with significant compositional changes of the lava. This suggests that eruption dynamics are instead primarily controlled by viscosity and conduit geometry changes throughout a single episode and between episodes.

The eruption is fed by lava from the magma chamber that is about 1–2 km beneath Halemaʻumaʻu.

There is evidence that the parts of former lava lake eruptions in Halemaʻumaʻu (between 2020–2023) remain molten below the surface and sometimes influence the chemistry of material erupted by lava fountaining. This proves that the vent conduits are connected in some way at depth with the still molten passive lava lake core.

A subtle change in chemistry suggests that a new magma was erupted within a few weeks of the eruption onset.

Kīlauea’s shallow magma storage system beneath Halemaʻumaʻu showed an increase in temperature through fountaining episodes 1–39.

The whole research can be read at this address : https://www.sciencedirect.com/…/pii/S0377027326002222

It is all well and good to offer analyses of the lava produced by Kilauea, but – in the spirit of Haroun Tazieff – I would like to see more frequent studies concerning the gases emitted by the volcano. We should not forget, as Tazieff used to say, that gases are the driving force behind eruptions. Analyzing these gases before, during, and after various eruptive episodes would reveal fluctuations in their components, such as CO2 and helium, for instance. A study I once took part in on the lower slopes of Mount Etna (see the abstract at the top of this blog) demonstrated a correlation with activity at the volcano’s summit.

L’Ol Doinyo Lengai (Tanzanie) 24 ans après…

Dans une note publiée le 7 juillet 2026 sur Facebook, Olivier Grünewald, photographe qui a participé à une mission sur l’Ol Donyo Lengai (Tanzanie) au mois de juin indique qu’elle a été une vraie réussite et tous les objectifs ont été atteints. « Grâce à Stéphane Trannoy, cordiste chez Colibri, nous avons pu installer les cordes pour descendre au fond du cratère pour collecter des laves récentes. Lydéric France, magmatologue à l’Université de Lorraine/CNRS en rêvait depuis des années ! Pour Amdemichael Zafu Tadesse, Chercheur à l’Observatoire du Lamont-Doherty de l’Université Columbia à New York, approcher aussi près, sur un câble, son système d’analyse de gaz était un vrai challenge. Le câble a aussi permis de descendre des récipients dans une bouche active pour collecter de la lave ultra fraîche. Pour Emmanuel Kazimoto géologue tanzanien, c’était l’occasion de revenir travailler sur ce volcan, montagne des dieux Massais. » Olivier ajoute que Bernadette et lui ont pu filmer toutes les étapes de la mission et capter l’activité si particulière de ce volcan unique.

Suite à ce bilan de la mission, j’expliquais à Olivier que la morphologie du cratère avait sacrément changé depuis ma visite en décembre 2002 avec Aventure et Volcans, sous la houlette du regretté Alain de Tofoli. À l’époque, le cratère ne s’était pas encore effondré et la lave coulait en surface depuis un petit lac.

Le Lengai en décembre 2002 (Photos: C. Grandpe

S’agissant des analyses, j’écrivais à Olivier que je n’étais pas sûr que les gaz et la natrocarbonatite montraient de grandes variations avec le temps et qu’il  faudrait des mesures répétées dans le temps pour s’en rendre compte. Selon moi, un seul prélèvement ponctuel n’apportait pas grand chose.

Voici l’intégralité de la réponse qu’Olivier m’a aimablement envoyée :

« Pour répondre à la question que tu soulèves concernant les échantillons récoltés au fond du cratère, les techniques d’analyses ont beaucoup évolué, et voici la réponse de Lydéric France magmatologue à l’Université de Lorraine/CNRS : Nous allons travailler 1/ sur la dynamique d’altération de surface des natrocarbonatites, ainsi que 2/ étudier l’évolution (potentielle) à long terme des compositions chimiques et isotopiques de ces magmas et des gaz associés depuis la phase pré-déstabilisation du système (lors de l’éruption très explosive / sub-Plinienne de 2007-08) jusqu’à aujourd’hui. L’objectif étant de discuter de l’origine de ces magmas & gaz. La composition et texture des phases minérales sera aussi étudiée en détail pour remonter à l’histoire de solidification de ces magmas dans la plomberie magmatique (altération + composition magmas: CRPG; gaz: Lamont+IPGP; minéraux: ISTEP). Les séries de l’U-Th seront potentiellement utilisées pour apporter des contraintes cinétiques sur la durée des processus. »

Le Lengai en juin 2026 (Photo: O. Grünewald)

Dans ma réponse à Olivier Grünewald, j’ai écrit que cette approche scientifique me paraît très intéressante dans la mesure où le Lengai n’est pas instrumenté et donc pas surveillé en permanence.Reste à savoir si elle permettra de faire avancer la prévision éruptive.

Je pense que tous ceux qui, comme moi, ont eu la chance (le privilège, devrais-je dire) de visiter ce volcan en gardent un souvenir gravé à jamais dans leur mémoire. Outre l’approche des coulées de natrocarbonatite, l’univers du Lengai est particulièrement fascinant avec les vues sur le rift africain et le lac Natron, sans oublier – en ce qui me concerne – la traversée des plaines masaï et leur faune abondante pour atteindre le cratère du Ngorongoro…

Vue sur le rift depuis le sommet du Lengai (Photo: C. Grandpey)

Une carotte de glace géante pour mieux comprendre le climat de l’Antarctique // A giant ice core to better understand Antarctica’s climate

Une carotte de glace, vieille de plus de 1,5 million d’années, est arrivée au Royaume-Uni. Les scientifiques vont la faire fondre afin d’obtenir des informations cruciales sur le climat de la Terre. Ce cylindre, qui contient la glace la plus ancienne de la planète, a été foré dans la calotte glaciaire, près de la base Concordia, dans l’est de l’Antarctique. À l’intérieur, des milliers d’années de nouvelles informations sont conservées, ce qui, selon les scientifiques, pourrait révolutionner nos connaissances sur le réchauffement climatique.

Le forage a eu lieu à environ 40 km de la station de recherche franco-italienne Concordia (Source : British Antarctic Survey). Source: BAS.

La carotte de glace est conservée dans une chambre froide à -23 °C dans les bâtiments du British Antarctic Survey à Cambridge. Pendant sept semaines, les scientifiques feront lentement fondre la glace, libérant ainsi une poussière ancienne, des cendres volcaniques et même des diatomées emprisonnées à l’intérieur lorsque l’eau s’est transformée en glace. Ces matériaux peuvent renseigner les scientifiques sur les régimes de vent, la température et le niveau de la mer il y a plus d’un million d’années. Des tubes alimenteront en liquide les machines d’un laboratoire voisin, l’un des seuls au monde à pouvoir effectuer ces manipulations.

L’extraction de la carotte de glace a nécessité un effort multinational colossal, qui a coûté des millions de dollars. La glace a été découpée en blocs d’un mètre et transportée par bateau, puis dans un véhicule frigorifique jusqu’à Cambridge.

Crédit photo: BAS

Deux institutions, en Allemagne et en Suisse, ont également reçu des coupes transversales de la carotte qui mesure 2,8 km. Les équipes scientifiques ont pu trouver les témoignages d’une période remontant à plus de 800 000 ans, où les concentrations de dioxyde de carbone étaient, pour des causes purement naturelles, probablement aussi élevées, voire plus élevées, qu’aujourd’hui. Cela pourrait permettre aux chercheurs de comprendre l’avenir de notre planète face aux gaz à effet de serre emprisonnés dans notre atmosphère. Un membre de l’équipe scientifique a expliqué que « notre système climatique a connu tellement de changements différents qu’il est absolument nécessaire de remonter dans le temps pour comprendre ces différents processus et les différents points de basculement.» La différence entre aujourd’hui et les époques précédentes, marquées par de fortes émissions de gaz à effet de serre, réside dans le fait que l’activité humaine est aujourd’hui responsable de l’augmentation rapide des gaz à effet de serre observée au cours des 150 dernières années. Cela nous mène en terrain inconnu, mais les scientifiques espèrent que les traces de l’histoire environnementale de notre planète, conservées dans la glace, pourront nous éclairer.

L’équipe scientifique identifiera des isotopes chimiques dans le liquide de fonte de la carotte de glace. Ils pourraient nous renseigner sur les régimes de vents, les températures et les précipitations sur une période comprise entre 800 000 et 1,5 million d’années, voire plus. Les chercheurs utiliseront un spectromètre de masse à plasma à couplage inductif (ICPMS) capable de détecter les métaux et plusieurs non-métaux à des concentrations très faibles. Ainsi, ce spectromètre pourra mesurer plus de 20 éléments et métaux traces. Parmi ceux-ci figurent des terres rares, des sels et des éléments marins, ainsi que des indicateurs d’éruptions volcaniques passées. Ces travaux aideront les scientifiques à comprendre la transition du Pléistocène moyen, il y a 800 000 à 1,2 million d’années, lorsque les cycles glaciaires de la planète ont soudainement changé. La transition des ères glaciaires chaudes aux ères glaciaires froides, lorsque la glace recouvrait une plus grande partie de la Terre, se produisait tous les 41 000 ans, mais elle est soudainement passée à 100 000 ans.

La calotte glaciaire analysée par les scientifiques pourrait contenir des traces d’une époque où le niveau de la mer était bien plus élevé qu’aujourd’hui et où les calottes glaciaires de l’Antarctique étaient plus petites. La présence de poussière dans la glace devrait permettre aux chercheurs de comprendre pourquoi et comment les calottes glaciaires ont rétréci et contribué à l’élévation du niveau de la mer, une préoccupation majeure de notre siècle.

Source : BBC News via Live Science et Yahoo News.

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An ice core that may be older than 1.5 million years has arrived in the UK where scientists will melt it to unlock vital information about Earth’s climate. The cylinder is the planet’s oldest ice and was drilled from deep inside the Antarctic ice sheet. Frozen inside is thousands of years of new information that scientists say could « revolutionise » what we know about global warming.

The ice core is kept inside the -23°C freezer room at the British Antarctic Survey in Cambridge.

For seven weeks, scientists will slowly melt the ice, releasing ancient dust, volcanic ash, and even diatoms that were locked inside when water turned to ice. These materials can tell scientists about wind patterns, temperature, and sea levels more than a million years ago. Tubes will feed the liquid into machines in a lab next door that is one of the only places in the world that can do this science.

It was a huge multinational effort to extract the ice cores close to the Concordia base in eastern Antarctica, at a cost of millions. The ice was chopped into one-meter blocks and transported by boat and then in a cold van to Cambridge.

Two institutions in Germany and Switzerland also have received cross-sections of the 2.8- km core. The scientific teams could find evidence of a period of time more than 800,000 years ago when carbon dioxide concentrations may have been naturally as high or even higher than they are now.This could help them understand what will happen in our future as our planet responds to warming gases trapped in our atmosphere. A member of the team explained that « our climate system has been through so many different changes that we really need to be able to go back in time to understand these different processes and different tipping points. »

The difference between today and previous eras with high greenhouse gases is that now humans have caused the rapid rise in warming gases in the last 150 years. That is taking us into unchartered territory, but the scientists hope that the record of our planet’s environmental history locked in the ice could give us some guidance.

The scientific team will identify chemical isotopes in the liquid that could tell us the wind patterns, temperatures, and rainfall for a period of time between 800,000 and up to 1.5 million years ago or possibly more.

The researchers will use an instrument called an inductively couple plasma mass spectrometer (ICPMS) to measure over 20 elements and trace metals. That includes rare earth elements, sea salts and marine elements, as well as indicators of past volcanic eruptions.The work will help scientists understand the Mid-Pleistocene Transition 800,000 to 1.2 million years ago when the planet’s glacial cycles suddenly changed. The transition from warmer eras to cold glacial eras, when ice covered a lot more of Earth, had been every 41,000 years but it suddenly switched to 100,000 years.

The cores may have evidence of a time when sea levels were much higher than they are now and when the vast Antarctic ice sheets were smaller. The presence of dust in the ice will help researchers understand how the ice sheets shrunk and contributed to sea level rise, something that is a major concern this century.

Source : BBC News via Live Science and Yahoo News..

Kilauea (Hawaii) : plus d’informations sur l’éruption de 1924 // More information on the 1924 eruption

Alors que le sommet du Kilauea connaît en ce moment une légère hausse de la sismicité et que la déformation du sol se poursuit au niveau de l’Halema’uma’u et de la caldeira sud, l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) a consacré les deux derniers épisodes de sa rubrique Volcano Watch à l’éruption de 1924, souvent appelée « l’explosion du siècle. » Elle a duré environ 17 jours, a tué une personne et blessé plusieurs autres
Le processus éruptif a débuté il y a un siècle, en février 1924, à partir du cratère de l’Halema’uma’u, où le lac de lave a commencé à se vidanger et s’enfoncer sous terre. Une forte sismicité a secoué la région de Puna et le sol s’est fissuré dans la Lower East Rift Zone au moment où le lac de lave disparaissait sous terre. La crise a pris fin le 28 avril.
Au sommet du Kilauea, le plancher de Halema’uma’u a commencé à s’affaisser fin avril 2024 et était descendu de près de 100 mètres le 7 mai. Les chutes de matériaux à l’intérieur du cratère ont généré d’épais nuages de poussière.
La première explosion est passée inaperçue dans la nuit du 10 au 11 mai. Elle a éjecté des blocs pesant plus de 150 kilogrammes jusqu’à 60 mètres du cratère.
Après un calme relatif au cours des deux jours suivants, l’éruption a véritablement démarré le 13 mai 2024. Plus de 50 explosions ont eu lieu jusqu’au 27 mai, date à laquelle l’éruption a pris fin.

Crédit photo : USGS / HVO

Des milliers de roches ont été projetées dans les airs avant de joncher le sol de la caldeira. D’intenses épisodes d’éclairs ont accompagné les explosions et certains ont détruit des lignes électriques sur la route menant à Hilo. Des séismes ont fait vibrer le sol et des pluies de boue avec des granulés de la taille de petits pois ont arrosé le sommet. Des blocs pesant plusieurs tonnes ont atterri à plus de 800 mètres du cratère ; l’un d’eux pesait 8 tonnes.
Le point culminant de l’éruption a eu lieu le dimanche 18 mai 2024 avec les deux plus fortes explosions. Un certain nombre d’observateurs se trouvaient sur le plancher de la caldeira lors de la première, et l’un d’eux a été mortellement blessé par une chute de pierres.

Crédit photo : USGS / HVO

Par une remarquable coïncidence, 56 ans plus tard, l’éruption cataclysmale du Mont Saint Helens s’est produite le dimanche 18 mai 1980, et les deux éruptions ont tué un homme nommé Truman. Au cours de l’éruption du Kilauea, le cratère de l’Halema’uma’u a doublé son diamètre pour atteindre environ 800 mètres et son plancher a chuté d’environ 500 mètres.

Crédit photo : USGS / HVO

Pendant des années, on a cru que les explosions étaient phréatiques et générées par la rencontre des eaux souterraines avec des roches chaudes. Les travaux en cours, effectués par des chercheurs du HVO sur les cendres de 1924, fournissent de nouvelles informations. La dernière analyse confirme que la plupart des couches de cendres de 1924 contiennent 95 % ou plus de matériau lithique. Cette découverte conforte l’interprétation classique selon laquelle les explosions de 1924 étaient phréatiques.
Une découverte récente plus surprenante est que bon nombre des couches de cendres les plus jeunes, provenant des dernières explosions, contiennent jusqu’à 30 % de matériaux juvéniles ou de magma frais, ce qui n’est pas cohérent avec l’hypothèse d’explosions phréatiques. La plupart des cendres de 1924 ont des teneurs en oxyde de magnésium (MgO) qui se situent dans la plage normale pour de la lave émise par l’Halema’uma’u. Cependant, les géologues ont également observé deux groupes d’échantillons de 1924 avec des quantités plus élevées de MgO, probablement provenant d’un matériau source plus chaud. Cela laisse supposer qu’un magma juvénile aurait pu pénétrer dans le système magmatique du Kilauea lors des explosions de 1924.
Les différents groupes chimiques des échantillons de 1924 ont également des textures distinctes, visibles au microscope électronique. Le groupe à faible teneur en MgO contient de nombreux petits cristaux et très peu de vésicules. Le groupe à teneur moyenne en MgO contient peu de cristaux et de nombreuses vésicules ovales ou d’autres formes indiquant que les bulles auparavant rondes ont été compressées. Le groupe riche en MgO ne contient pas de petits cristaux ni de vésicules circulaires. On peut en déduire qu’au moins trois magmas différents ont interagi sous l’Halema’uma’u avant ou pendant les éruptions explosives de 1924. Le mélange de ces magmas pourrait peut-être expliquer pourquoi les éruptions ont été aussi explosives.
Source : USGS/HVO.

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While the summit of Kilauea is going through a slight increase in seismicity and ground deformation is continuing beneath Halemaʻumaʻu and the south caldera region, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) has dedicated the two latest Volcano Watch episodes to the 1924 eruption, often called « the blast of the century. » The eruption lasted about 17 days, killing one person and injuring others

The eruption process took place one century ago in February 1924 from Halemaʻumaʻu Crater where the lava lake began to drain back underground. Strong seismicity shook the Puna area, and the ground was cracking open as lava from the emptying lake traveled underground into the lower East Rift Zone. The crisis died by April 28th.

At the summit, the floor of Halemaʻumaʻu began dropping by the end of April 2024 and was nearly 100 meters lower by May 7th. Rockfalls from the crater wall generated thick dust clouds.

The first explosion was unobserved during the night of May 10th – 11th and ejected blocks weighing more than 150 kilograms as far as 60 meters from the crater.

After relative calm during the next two days, the eruption took off in earnest on May 13th, 2024. More than 50 explosions occurred until May 27th, when the eruption ended.

Thousands of rocks were ejeected high in the air, littering the caldera floor. Intense electrical storms accompanied some of the explosions, and lightning took out powerlines far down the road to Hilo.

Earthquakes shook the ground, and mud rains with pellets the size of peas pummeled the summit. Blocks weighing several tons landed more than 800 meters from the crater with one of them as heavy as 8 tons.

The climax of the eruption was on Sunday, May 18th, 2024, when the two largest explosions occurred. A number of observers were on the caldera floor during the first, and one of them was fatally injured by a falling rock. By remarkable coincidence, 56 years later, the devastating eruption of Mount Saint Helens happened Sunday, May 18th, 1980, and both eruptions killed a man named Truman. During the eruption, Halemaʻumaʻu Crater doubled its diameter to about 800 meters, and its floor dropped by about 500 meters.

For years, the explosions were believed to be phreatic and generated by groundwater encountering hot rock. Ongoing work by HVO researchers on the 1924 ash is providing new information. The latest analysis confirms that most of the 1924 ash layers studied by geologists have 95% or more lithic material. This finding supports the classic interpretation that the 1924 explosions were phreatic.

A surprising recent discovery is that many of the youngest layers in the 1924 deposits, from the later explosions, have up to 30% juvenile material, or fresh magma, which is not consistent with the classic interpretation of steam driven explosions. Most of the 1924 have MgO contents within the normal range expected for lava erupted from Halema‘uma‘u. However, geologists have also observed two rarer groups of 1924 grains with higher amounts of MgO, likely from a hotter source material. This suggests fresh batches of magma could have entered the magmatic system of Kīlauea during the 1924 explosions.

The different chemical groups of 1924 grains also have distinct textures, which one can see using a scanning electron microscope. The lower-MgO group have lots of tiny crystals and very few vesicles in them. The middle-MgO group has few crystals and many vesicles that are ovals or other shapes indicating the once round bubbles were squished. The high-MgO group has no small crystals and circular vesicles. From this, one can infer that at least three different magmas were interacting underneath Halema‘uma‘u prior to or during the 1924 explosive eruptions, and perhaps the mixing of these magmas could help explain why the eruptions were so explosive.

Source : USGS / HVO.