Un nouveau type de volcan découvert sous les Bermudes // Discovery of a new type of volcano beneath Bermuda

Selon une étude dont les résultats ont été publiés dans la revue Nature, un volcan situé sous les Bermudes s’est formé d’une manière jamais observée auparavant. Il semble avoir été créé par des matériaux en provenance de la zone de transition située entre le manteau supérieur et le manteau inférieur. Elle se trouve entre 400 et 640 kilomètres sous la surface de la Terre et est riche en eau, en cristaux et en roches fondues.
Les volcans se forment généralement lorsque les plaques tectoniques se rencontrent dans un processus de subduction ou d’accrétion, ce qui génère des fractures à la surface de la Terre par lesquelles le magma peut s’échapper. Les volcans peuvent également se former au niveau de «points chauds», comme à Hawaii.
Les chercheurs viennent de découvrir que les volcans peuvent également se former lorsque du matériau remonte de la zone de transition. Les auteurs de l’étude estiment qu’il s’est produit une perturbation dans la zone de transition, ce qui a entraîné une fonte des matériaux de cette couche et leur remontée vers la surface.
Quand ils ont fait leur découverte, les chercheurs analysaient un volcan en sommeil au fond de l’Océan Atlantique et responsable de la formation des Bermudes. Ils examinaient la composition chimique d’une carotte de 780 mètres; en analysant sa composition, ils pensaient pouvoir construire une image de l’histoire volcanique des Bermudes.
Avant cette étude, on pensait que les Bermudes étaient le résultat d’une anomalie thermique profonde dans le manteau terrestre, mais il n’existait aucune donnée directe venant confirmer cette hypothèse. Cela est dû au fait que l’édifice volcanique est complètement recouvert de calcaire. Les scientifiques s’attendaient à découvrir que le volcan était le fruit d’un panache mantellique, comme à Hawaï, mais ce n’est pas ce qu’ils ont trouvé. Les mesures effectuées à partir de l’échantillon mentionné précédemment ne correspondaient à rien de connu, ce qui laisait supposer que la lave provenait d’une source non identifiée jusqu’à présent.
Les échantillons contenaient des signatures de la zone de transition. Comparés à ceux prélevés dans les zones de subduction, il y avait plus d’eau emprisonnée dans les cristaux. On sait que la zone de transition contient d’énormes quantités d’eau. Selon une étude précédente, il y a trois fois plus d’eau dans cette région de la Terre que dans tous les océans du monde.
Les modèles numériques développés par l’équipe scientifique indiquent qu’une perturbation dans la zone de transition a provoqué la remontée des matériaux vers le surface. Le phénomène aurait eu lieu il y a environ 30 millions d’années et a mis en place le socle sur lequel reposent les Bermudes aujourd’hui. C’est la première fois que des scientifiques découvrent que les volcans peuvent se former de la sorte, dans la zone de transition située au cœur du manteau terrestre.
Source: Newsweek.

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According to a study whose findings have been published in the journal Nature, a volcano beneath Bermuda formed in a way that has never been seen before. It appears to have been created by material rising up from the transition zone, the region between the upper and lower mantle. It extends between 400 and 640 kilometres beneath the surface of the planet and is rich in water, crystals and melted rock.

Volcanoes usually form when the tectonic plates are pushed together in a subduction process or pull apart, producing a crack in Earth’s surface where magma can escape. They can also form at “hotspots,” like in Hawaii.

Now, researchers have found volcanoes can also form when material moves up from the transition zone. The authors of the study believe there was a disturbance in the transition zone that forced the material in this layer to melt and move up towards the surface.

The researchers were analyzing a now dormant volcano beneath the Atlantic Ocean that was responsible for the formation of Bermuda. They were looking at the chemical composition of a 780-metre core sample; by understanding its makeup they thought they could build a picture of Bermuda’s volcanic history.

Before this study, Bermuda had been interpreted as the result of a deep thermal anomaly in the Earth’s mantle, but there was no direct data to support this. This is due to the fact that the volcanic edifice is completely covered by limestone. The scientists were expecting to show that the volcano was a mantle plume formation like Hawaii. Actually, this was not what they found. The measurements taken from the core sample were unlike anything seen before, suggesting the lava came from a previously unidentified source.

The samples contained signatures from the transition zone. Compared to samples taken from subduction zones, there was more water trapped in the crystals. The transition zone is known to contain vast quantities of water, a previous study calculated there is three times as much water in this region of Earth than is present in all the world’s oceans.

Numerical models developed by the team indicate a disturbance in the transition zone forced the material up. This is thought to have taken place about 30 million years ago and provided the foundation that Bermuda sits on today. This is the first time scientists have found a clear indication from the transition zone deep in the Earth’s mantle that volcanoes can form this way.

Source : Newsweek.

 Illustration montrant comment le volcan s’est formé. Wendy Kenigsberg / Clive Howard – Université Cornell, modifiée par Mazza et al. (2019)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique à travers le monde :

Dans son bulletin mensuel du 1er mai 2019, l’OVPF indiquait que la reprise de l’inflation du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) qui a fait suite à la fin de l’éruption du 18 février

–10 mars 2019, s’est arrêtée à la fin mars. Depuis, aucune déformation significative n’a été enregistrée. Dans la conclusion du rapport, l’Observatoire fait remarquer que depuis 2016, les réalimentations profondes sous le volcan se font par impulsions. De telles phases d’accalmie dans les déformations et la sismicité ont déjà été observées à plusieurs reprises en 2016, 2017 et 2018 sur des périodes allant de 15 à 80 jours environ.

En une dizaine de jours, la situation semble avoir évolué car les derniers bulletins quotidiens de l’OVPF nous apprennent que les GPS de la zone sommitale enregistrent une inflation, témoin de la mise en pression d’une source superficielle. Les GPS en champ lointain enregistrent eux aussi une inflation, témoin de la mise en pression d’une source profonde.

Source : OVPF.

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Le dernier bulletin de l’INGEMMET pour la période du 6 au12 mai 2019 indique que l’activité du Sabancaya (Pérou) ne montre pas de changements significatifs. En conséquence, le niveau d’alerte volcanique demeure à l’Orange. On enregistre une vingtaine d’explosions par jour, avec des panaches de cendre qui ne dépassent pas 3 kilomètres de hauteur. La sismicité est essentiellement liée à des mouvements de fluides sous l’édifice volcanique qui ne montre pas de déformation particulière.

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La situation reste inchangée au Kamchatka où le Karymsky, le Sheveluch, le Klyuchevskoy et l’Ebeko restent en alerte aérienne Orange en raison du risque d’explosions génératrices de panaches de cendre.

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Une vingtaine d’explosions sont encore observées quotidiennement sur le Fuego (Guatemala). Elles génèrent des panaches de cendres s’élevant jusqu’à 1,1 km au-dessus du cratère. Les explosions produisent parfois des ondes de choc qui font vibrer les maisons dans les zones situées au sud et au sud-ouest. Des matériaux incandescents sont éjectés à une hauteur de 200 à 300 mètres et provoquent des avalanches qui parcourent parfois de longues distances et atteignent des zones de végétation dans plusieurs ravines. Des retombées de cendres ont été signalées dans des zones sous le vent. Des coulées de lave avancent sur 500 à 600 mètres sur le flanc ouest. Le 11 mai, des lahars se sont engouffrés dans les ravines Las Lajas, Seca, Ceniza et Mineral.
Source: INSIVUMEH.

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Un événement explosif a été enregistré le 12 mai au cratère Nicanor du Nevados de Chillán (Chili), associé à un signal sismique longue période. L’explosion a partiellement détruit le dôme de lave en envoyant des matériaux incandescents sur le flanc nord. Le niveau d’alerte reste à l’Orange et il est rappelé aux habitants de ne pas s’approcher du cratère à moins de 3 km.
Source: SERNAGEOMIN.

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L’AVO vient de me signaler qu’un tremor basse fréquence est observé sur le Pavlof (Alaska). Les images de la webcam montraient le 15 mai un important panache de vapeur au sommet du volcan. Cela ne signifie pas qu’une éruption est imminente. Cependant, les éruptions passées du Pavlof ont souvent eu lieu sans prévenir. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne a été élevée au Jaune et le niveau d’alerte volcanique est passé à Prudence.

Source: AVO.

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Le mont Agung (Bali / Indonésie) a connu un nouvel épisode éruptif modéré en début d’après-midi le 12 mai 2019, avec un panache de cendre qui s’est élevé jusqu’à 5,5 km au dessus du niveau de la mer. L’éruption a duré environ 2 minutes. Ces éruptions sont probablement dues à la libération de la pression des gaz qui se sont accumulés sous le dôme de lave à l’intérieur du cratère.
Le niveau d’alerte volcanique n’a pas changé et reste à 2. Cependant, la couleur de l’alerte aérienne est passé au Rouge. Il n’a pas été nécessaire d’évacuer la population et l’aéroport international de Bali a continué de fonctionner normalement.

Source: PVMBG

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Le réseau sismique de l’Anak Krakatau (Indonésie) a détecté des événements éruptifs les 10, 11, 12 et 14 mai. Malgré la faible visibilité, un observateur a estimé qu’un panache de cendres s’était élevé à 150 mètres au-dessus du sommet le 10 mai. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est demandé à la population de rester en dehors de la zone de danger d’un rayon de 2 km depuis le cratère.

Source : PVMGB.

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Le Centre de gestion des risques volcaniques et géologiques (PVMBG) a déclaré le 13 mai 2019 que le dôme de lave du Sinabung (Indonésie) a grossi après trois éruptions en une semaine. Le volcan a émis des cendres les 11 et 12 mai ainsi que le 7 mai. Les trois éruptions ont entraîné la croissance du dôme de lave au sommet du volcan. En effet, il n’était pas visible lors de l’éruption du 7 mai, alors que la lave a débordé du cratère pendant plusieurs heures le 11 mai. En outre, les volcanologues locaux ont détecté une augmentation de la pression à l’intérieur du volcan lorsque le magma a commencé à remonter vers la surface. Il a été demandé à la population locale et aux visiteurs de ne pas pénétrer dans la zone de danger. Des policiers ont patrouillé dans la zone dangereuse pour s’assuré que personne n’y était entré.
Source: PVMBG

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Here is some news of volcanic activity around the world :

In its monthly bulletin of May 1st, 2019, the OVPF indicated that the inflation of Piton de la Fournaise (Reunion Island) that followed the end of the eruption of February 18th
– March 10th, 2019, stopped at the end of March. Since then, no significant deformation has been recorded. In the conclusion of the report, the Observatory points out that since 2016, the deep refeeding beneath the volcano has been impulsive. Such periods of lull in deformation and seismicity have already been observed several times in 2016, 2017 and 2018 over periods ranging from 15 to 80 days.

In about ten days, the situation seems to have evolved because the last daily bulletins of the OVPF inform us that the GPS network in the summit area records an inflation that corresponds to an increase in pressure of a shallow source. Far-field GPS instruments also record an inflationthat corresponds to an increase in pressure of a deep source.
Source: OVPF.

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INGEMMET’s latest report for the period from 6 to 12 May 2019 indicates that the activity of Sabancaya (Peru) does not show any significant changes. As a result, the volcanic alert level remains Orange. There are about twenty explosions per day, with ash plumes that do not exceed 3 kilometres in height. Seismicity is essentially related to movements of fluids under the volcanic edifice which does not show any particular deformation.

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The situation remains unchanged in Kamchatka where the aviation colour code for Karymsky, Sheveluch, Klyuchevskoy and Ebeko remains Orange because of the risk of explosions that may generate voluminous ash plumes.

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20 explosions or so are still observed each day on Fuego (Guatemala). They generate ash plumes rising as high as 1.1 km above the crater. They sometimes produce shock waves that rattle houses in areas to the S and SW. Incandescent material is ejected 200-300 metres high and causes avalanches of material that occasionally travel long distances, reaching vegetated areas down several ravines. Ashfall has been reported in downwind areas. Lava flows are 500-600 metres long on the W flank. On 11 May, lahars descended the Las Lajas, Seca, Ceniza, and Mineral drainages.

Source: INSIVUMEH.

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An explosive event was recorded at Nevados de Chillán’s Nicanor Crater (Chile) on 12 May associated with a long-period earthquake signal. The explosion partially destroyed the lava dome, ejecting incandescent material onto the N flank. The alert level remains at Orange and residents are reminded not to approach the crater within 3 km.

Source : SERNAGEOMIN.

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AVO has just informed me that low-frequency seismic tremor has been observed at Pavlof (Alaska) and web camera observations on 15 May showed a vigorous steam plume from the summit. This does not mean that an eruption is likely or imminent. However, past eruptions of Pavlof occurred with little or no warning. As a consequence, the aviation colour code was raised to Yellow and the volcanic alert level was elevated to Advisory.
Source: AVO.

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Mount Agung (Bali / Indonesia) went through another moderate eruptive episode in the early afternoon of May 12th, 2019, with an ash plume that rose up to 5.5 km above sea level. The eruption lasted about 2 minutes. These eruptions are probably due to the release of gas pressure accumulated beneath the lava dome inside the crater.

The volcanic alert level has not changed and remains at 2. However, the aviation colour code was raised to Red. There was no need to evacuate the population and Bali’is international airport kept operating normally.

Source: PVMBG.

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Anak Krakatau’s seismic network detected eruptive events on 10 May, 11 May, 12 May, and 14 May. An observer estimated that an ash plume rose 150 metres above the summit on 10 May, despite the poor visibility. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4), and residents are warned to remain outside the 2-km radius hazard zone from the crater.

Source : PVMBG.

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The Center for Volcanology and Geological Hazard Mitigation (PVMBG) said on May 13th, 2019 that in Indonesia Sinabung‘s lava dome has grown after it erupted for a third time in a week. The volcano spewed volcanic ash on May 11th and 12th and on May 7th. Thee three eruptions resulted in the volcano’s lava dome growing. Indeed, the lava dome was not visible when the volcano initially erupted on May 7th, but lava had flowed out of the crater for hours on May 11th. Besides, local experts detected an increase in pressure inside the mountain as magma started to move to the surface. Local residents and visitors were asked not to enter the danger zone. Police officers patrolled the danger zone to warn people against entering.

Source : PVMBG.

 Episode éruptif sur le Sinabung le 7 mai 2019 (Crédit photo: PVMBG)

Bonne nouvelle pour les victimes de l’éruption du Kilauea en 2018 // Good news for the victims of the 2018 Kilauea eruption

L’éruption du Kilauea en 2018 dans la Lower Eat Rift Zone a été un véritable désastre car la lave a détruit environ 700 structures et laissé de nombreux habitants dans la plus grande détresse. Les sites qui diffusent des informations sur les volcans ne font que très rarement état la situation difficile à laquelle ces personnes sont confrontées. Il ne faudrait pourtant pas oublier que les conséquences d’une éruption font également partie de l’événement.
Une bonne nouvelle est arrivée le 13 mai 2019. Le département américain du Logement et du Développement urbain a annoncé qu’Hawaii allait recevoir une aide d’urgence de 66,9 millions de dollars de la part du gouvernement fédéral. Cet argent aidera l’Etat d’Hawaii et les administrations locales à reconstruire les zones détruites par l’éruption, en particulier celles à revenus faibles et modérés. Ces fonds permettront aussi aux entreprises de se redresser financièrement.
Cette nouvelle allocation de fonds faisait partie d’un budget de 1,7 milliard de dollars voté l’an dernier par le Congrès américain pour aider à la reconstruction après une catastrophe naturelle. En prenant en compte les quelque 67 millions de dollars alloués le 13 mai, Hawaii a reçu plus de 429 millions de dollars en aide d’urgence fédérale pour aider l’État à se relever après les tempêtes exceptionnelles d’avril 2018 et la dernière éruption du Kilauea.
Source: Presse hawaiienne.

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The 2018 eruption of Kilauea in the Lower Eat Rift Zone was a disaster because lava destroyed about 700 structures and left many residents in dire distress. Very little is mentioned today in the news about volcanoes about the difficult situation these people have to face. However, one should remember that the consequences of an eruption are also part of the event.

Good news arrived at last on May 13th, 2019. The U.S. Department of Housing and Urban Development announced that Hawaii will receive $66.9 million in new federal disaster relief funding. This money will help state and local governments rebuild impacted communities, especially in low- and moderate-income areas, and provide resources to help businesses recover.

The new funding allocation was part of the $1.7 billion housing disaster recovery package Congress passed last year. With the nearly $67 million in housing grants announced on May 13th, Hawaii has now been allocated more than $429 million in federal relief funding to help the state recover from the historic storms in April 2018 and the eruption of Kilauea.

Source: Hawaiian newspapers.

Crédit photo: USGS

 

Kilauea (Hawaii): Un an après la fin de l’éruption… // One year after the end of the eruption

Comme je l’ai écrit précédemment, le 3 mai 2019 marquait le premier anniversaire de la grande éruption du Kilauea et des dégâts qu’elle a causés dans la Lower East Rift Zone, plus particulièrement dans les Leilani Estates. Un an après avoir subi les assauts de la lave et des gaz volcaniques, les victimes de la catastrophe, qui ont perdu leurs maisons et leurs fermes, éprouvent encore de grosses difficultés à retrouver une vie qui ressemble à celle d’autrefois. Plus de 700 maisons ont été détruites lors de l’éruption et la plupart des gens ne reverront jamais leurs terres.
En quatre mois, le Kilauea a déversé assez de lave pour remplir 320 000 piscines olympiques. Il a recouvert sous une épaisseur de lave atteignant parfois 24 mètres une zone plus grande que la moitié de l’île de Manhattan. La lave a noyé tous les points de repère, les rues et les quartiers. Aujourd’hui, le paysage a pris l’aspect d’un vaste chaos volcanique.
La catastrophe qui, selon les autorités, coûtera environ 800 millions de dollars, n’a pas seulement affecté les personnes et les structures qui se trouvaient sur le chemin de la lave. Des dizaines de maisons qui se trouvaient à proximité et qui ont été épargnées restent encore vides. Elles ont été rendues inaccessibles par les coulées de lave et ont souvent été endommagées par les débris en suspension dans l’air. D’autres se trouvaient sous le vent de fractures qui émettaient en permanence des gaz toxiques. En mai 2019, les gens commencent tout juste à reprendre goût à la vie ou à constater les dégâts.
Les journaux hawaïens donnent d’innombrables descriptions de l’état d’esprit des personnes qui ont tout, ou presque tout, perdu pendant l’éruption.

Nous avons l’exemple d’une famille qui possédait plusieurs hectares de terre en aval de l’éruption. Ils avaient une grande maison, ainsi que des serres et des pâturages. Le mari cultivait différents types de fruits exotiques, avec un jardin d’ananas, des moutons, des poules, des canards, des lapins et des cobayes. Le 4 mai 2018, au lendemain du début de l’éruption, son épouse est partie lorsqu’un séisme de M 6,9 a violemment secoué leur maison. La lave s’écoulait à partir de nouvelles fractures dans les Leilani Estates voisins et des gaz toxiques envahissaient l’air. Le mari est resté pour s’occuper des animaux. Il espérait que toute la famille pourrait bientôt revenir. Malgré la menace de la lave, il a continué son travail en se disant prêt à mourir. Il a finalement quitté la maison la veille du jour où une coulée de lave est arrivée et a coupé la maison en deux. La roche en fusion a presque tout détruit, y compris la maison et les dépendances, sauf un petit poulailler qu’il avait construit. La lave a cessé de couler la première semaine de septembre. Le mari est mort moins d’une semaine plus tard. Toutes les routes menant à la ferme sont maintenant coupées ; on peut y accéder uniquement à pied au terme d’un parcours difficile de deux heures.

Il y a l’exemple d’un autre couple dont la maison était perchée au sommet d’une crête dans les Leilani Estates, avec une terrasse dominant d’autres maisons dans une vallée. Le coeur de l’éruption de 2018 se trouvait juste devant leur domicile. C’est là que la très active Fracture n° 8 a édifié un cône qui a émis tellement de lave que cette dernière s’est épanchée dans toute la vallée en face de leur propriété et a parcouru environ 13 kilomètres avant d’atteindre l’océan.
Le couple partageait son temps entre Big Island et le Minnesota où il possède une entreprise. Ils étaient dans le Minnesota au début de l’éruption. Ils ont donc regardé les reportages à la télévision et ils ont pu voir la lave s’écouler près de leur maison à Hawaii. Un ami les a appelés un jour pour leur dire que la lave se dirigeait droit vers leur maison. Elle s’est arrêtée à environ 6 mètres de la structure qui est maintenant la dernière dans la rue. Des débris émis par l’éruption toute proche ont pénétré dans la maison et causé d’importants dégâts. Une fois l’éruption terminée, le couple a commencé à remplacer le mobilier et les appareils ménagers et a repris possession de son domicile.

Une autre victime de l’éruption est un homme qui avait acheté sa maison avec quatre chambres à coucher dans les Leilani Estates en 2016. Ingénieur à la retraite, il a quitté l’Alaska pour s’installer à Hawaii et y passer sa retraite. Il avait l’intention de travailler le bois dans son atelier et de retaper de vieilles voitures. Aujourd’hui sa maison est inhabitable, même si elle a été épargnée car la lave s’est arrêtée à quelques mètres. Les gaz et les débris projetés par les épisodes éruptifs de l’autre côté de la rue ont causé d’importants dégâts. Ce n’est pourtant pas la véritable raison pour laquelle cet homme  a dû acheter une nouvelle maison tout en continuant de payer l’hypothèque de 500 000 dollars sur son habitation désormais vide. La principale raison est la mauvaise qualité de l’air. Les vents dominants poussent les gaz volcaniques vers sa maison des Leilani Estates. Elle est située dans une petite vallée où les nuages de gaz s’accumulent et pénètrent dans sa maison. Après avoir respiré ces gaz pendant 15 minutes, il a eu très mal à la tête, et l’endroit était tout à fait invivable. La maison est maintenant vide tandis que son nouveau domicile se trouve toujours sur la Grande Ile, mais un peu plus à l’écart du Kilauea.
Source: Presse hawaiienne.

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As I put it before, May 3rd, 2019 marked the first anniversary of the large Kilauea eruption and the damage it caused in the Lower East Rift Zone, and more particularly in the Leilani Estates.  A year after the volcano rained lava and gases, people who lost their homes and farms in the disaster are still struggling to return to their past lifestyle. More than 700 homes were destroyed in the historic eruption, and most people will never move back to their land.

Over four months, Kilauea spewed enough lava to fill 320,000 Olympic-sized swimming pools, burying an area more than half the size of Manhattan in up to 24 metres of now-hardened lava. The molten rock reduced landmarks, streets and neighbourhoods to a vast field of blackened boulders and volcanic shard.

But the disaster, which county officials estimate will cost about $800 million to recover from, affected more than just the people and places in the lava’s path. Dozens of nearby homes that were spared still sit empty, either cut off by surrounding flows, damaged by airborne debris or downwind of cracks that continue to spew toxic gases. In May 2019, people are just beginning to come to terms with the devastation.

The Hawaiian newspapers give innumerable descriptions of the state of minds of people who lost nearly everything in the disaster.

We are given the example of a family who lived on several acres downslope from where the eruption began. They had a large house, along with greenhouses and animal pastures. The husband harvested different types of exotic fruit and had a pineapple garden, sheep, chickens, ducks, rabbits and Guinea pigs. On May 4th, 2018, the day after the eruption started, his wife evacuated when an M 6.9 earthquake violently jolted the family’s home. Lava was pouring from new cracks in the nearby Leilani Estates and toxic gases filled the air. The husband stayed behind to care for the animals. He hoped the entire family would soon be able to return. Despite the menacing lava, he continued the work, saying he was prepared to die doing it. He finally left the day before a river of lava arrived and cut the farm in half. The molten rock eventually took nearly all the structures, including the home and all but one small chicken coop that he had built. Lava stopped flowing the first week of September. The husband died less than a week later. All roads to the family’s farm are now cut off, leaving it accessible only by a two-hour difficult hike.

There is the example of another couple whose house sat atop a ridge in Leilani Estates, their deck looking out toward friends’ homes in a valley. The epicentre of the 2018 eruption is now in their front yard. The very active Fissure 8 created a towering cone that pumped out so much lava that it filled the valley in front of their property and flowed about 13 kilometres to the ocean.

The couple split their time between the Big Island and Minnesota where they own a business. They were in Minnesota when the eruption began, so they watched news reports and videos as lava blasted from the ground near their home. A friend called one day to tell them the lava was headed directly toward their house. It stopped about 6 metres from the house which is now the last one on the street. Debris from the nearby eruption infiltrated the house and caused extensive damage, but the couple has begun to replace furniture and appliances and recently moved back in.

One last example of people who were the victims of the eruption is a man who bought his four-bedroom Leilani Estates home in 2016. A retired engineer who moved to Hawaii from Alaska, he envisioned spending his retirement working in his woodshop and fixing up old cars. Now, he says his home is a complete loss, even though it was spared when the lava stopped in the front yard. Gases and debris from a string of eruptions across the street did extensive damage to the house. But this not the first reason why he had to buy a new house while continuing to pay the $500,000 mortgage on his now-empty dream home. The main reason is the poor air quality. The prevailing winds bring the volcanic gases toward his Leilani Estates house, which sits in a small valley where the fumes accumulate and build up in his home. After breathing the gases for 15 minutes, he got a bad headache making the place unlivable. The house now remains vacant while his new Big Island home is located a little farther from Kilauea volcano.

Source: Hawaiian newspapers.

D’impressionnantes fontaines de lave ont jailli de la Fracture n° 8 pendant l’éruption de 2018 (Crédit photo: USGS / HVO)

Prochaine éruption du volcan de boue de Piparo (Trinité) ? // Will Piparo’s mud volcano soon erupt (Trinidad) ?

Piparo est un petit village de l’île de la Trinité (voir la carte ci-dessous), situé au sud de la chaîne de montagnes qui traverse l’île. On y observe un volcan de boue qui est entré en éruption le 22 février 1997 en causant de gros dégâts. Les vibrations du sol et des grondements ont alerté la population qui a pu fuir à temps, mais rien ne laissait prévoir l’éruption très spectaculaire. Des voitures et des maisons ont été ensevelies sous plus d’un kilomètre carré de boue qui s’est rapidement durcie pour devenir une surface dure comme du béton. Bien que personne n’ait été tué, 31 familles ont dû être relogées.
Le volcan de boue est inactif depuis l’éruption de 1997. On peut encore voir les vestiges de maisons et de routes détruites pendant cet événement.
Le volcan de boue de Piparo n’est pas un cas isolé à la Trinité. Bien que beaucoup plus rares sur terre, les volcans de boue ont également formé des îles temporaires au large de la Trinité en 1964 et 2001. En outre, il existe une quinzaine d’autres volcans de boue dans la région.
Le Trinidad and Tobago Guardian nous informe ces jours-ci que l’on observe une hausse de la pression sous le volcan de boue de Piparo, avec la crainte d’une nouvelle éruption à court terme. Les géologues ont déclaré que des modifications avaient également été observées à la surface et sous la surface des bouches éruptives qui se sont manifestées il y a 22 ans.
Les statistiques montrent que le volcan entre en éruption tous les 25 à 30 ans, ce qui laisse craindre une éruption imminente. Les géologues expliquent que « bien que les données laissent supposer actuellement que le volcan de boue est  » en train de gonfler « sous l’effet de l’augmentation de la pression en profondeur, nos résultats sont encore préliminaires car des tendances à plus long terme sont nécessaires pour définir de manière concluante le statut du volcan de boue. Il faut toutefois demander à la population et à tous ceux qui côtoient quotidiennement le volcan de boue d’être vigilants. »

Voici une vidéo montrant l’éruption spectaculaire du volcan de boue en février 1997:
https://youtu.be/mCYTPWIIsdo

Source: The Watchers, Trinidad and Tobago Guardian.

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Piparo is a small village in Trinidad (see map below), on the southern edge of Trinidad’s Central Range. The village is the site of a mud volcano xhose dramatic eruption caused huge damage on February 22nd, 1997. Thanks to tremors and rumbling that gave precious little warning of the devastating eruption to come, villagers were able to flee at the last minute. Cars and homes were buried under more than a square kilometre of mud that quickly hardened into a concrete-like marerial. Though no one was killed, 31 families were permanently displaced from their homes.

The mud volcano has been inactive at the site of the 1997 eruption. The remnants of destroyed houses and roads have been still visible to this day.

Piparo’s mud volcano eruption is no isolated case in Trinidad. Though much more rare than their appearance on land, mud volcanoes also formed temporary islands off Trinidad in 1964 and 2001. Moreover, approximately 15 other mud volcanoes also exist in the area.

The Trinidad and Tobago Guardian informs us these days that pressure is building up again under the Piparo mud volcano, with fears another eruption is imminent. Geologists said active changes have also been observed on the surface and subsurface of volcanic vents which erupted 22 years ago.

Statistics show that the volcano erupts every 25 to 30 years, which raises the fears that an erup­tion can be im­mi­nent. Geologists say that « while the da­ta cur­rent­ly sug­gests that the mud vol­cano is ‘swelling’ as pres­sure builds at depth, our find­ings are still pre­lim­i­nary as trends over a longer term are need­ed to con­clu­sive­ly state the sta­tus of the mud vol­cano. Nev­er­the­less, we need to pre­pare the com­mu­ni­ty and all those that tra­verse the mud vol­cano dai­ly to be vig­i­lant. »

Here is a video showing the dramatic eruption of the mud volcano in February 1997:

https://youtu.be/mCYTPWIIsdo

Source : The Watchers, Trinidad and Tobago Guardian.

Situation de la République de Trinité et Tobago et du village de Piparo (Source: Google Maps)

Nouvelles de la sismicité à Mayotte // News of seismicity at Mayotte

A plusieurs reprises sur ce blog, je me suis attardé sur la sismicité enregistrée à Mayotte depuis un an (tout a commencé le 10 mai 2018). Un blogonaute dont la fille est médecin à l’hôpital m’avait expliqué que la jeune femme recevait des patients en proie à des crises d’angoisse et qu’elle même n’était pas rassurée, même si les secousses ne causent pas de dégâts majeurs. Un Mahorais rencontré au Salon du Livre de Paris m’avait confirmé l’état d’esprit dans lequel vit la population.

Dans son édition du 8 mai 2019, l’excellent Journal de l’Ile de la Réunion donne des nouvelles de Mayotte. Les scientifiques ont indiqué que cette sismicité est d’origine volcanique, avec une composante tectonique.

Les secousses se produisent à un rythme quotidien, de nuit comme de jour. Depuis le 10 mai 2018, Mayotte a subi plus de 1.800 secousses de magnitude supérieure ou égale à M3,5. La plus forte atteignait M 5,8. Pendant le seul mois d’avril 2018, l’île a été secouée par plus de 130 séismes, soit environ quatre par jour, avec des épicentres localisés entre 30 et 50 km à l’est de Mamoudzou, le chef-lieu.

Avec le temps, la population s’est habituée, mais dire cela n’est pas une solution. Il faut aller plus loin et trouver la ou les véritables causes de la sismicité. Ce n’est pas parce que le 101ème département français se trouve à 8000 kilomètres de la métropole qu’il faut laisser aller !

 Par bonheur, les séismes n’ont pour l’instant fait aucune victime. L’essentiel des dégâts matériels porte sur des bâtiments fragiles. A ce jour, quatre dossiers de demande de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle ont été déposés par des communes auprès de la commission dédiée. Elles sont toujours en cours d’instruction.

Cumulées, on estime que les énergies libérées par l’ensemble des séismes depuis le début de la crise correspondent à un seul tremblement de terre de magnitude M 6,3 ou 6,4. Sur place, les scientifiques tentent toujours de comprendre les mécanismes qui sont à l’origine de l’essaim sismique. Une équipe française est actuellement au large de l’île pour récupérer six sismomètres déployés en mer en février entre 1600 et 3600 mètres de profondeur, sous l’égide du CNRS.

Ces chercheurs essaient également d’acquérir des images des fonds océaniques dans la zone où se produisent les séismes. Ils tentent aussi de détecter d’éventuelles sorties de fluides ou de gaz. En janvier, des poissons de grande profondeur ont été retrouvés morts à la surface de l’eau au large de Mayotte ; cela pourrait signifier qu’il existe un lien avec la faille sismique à l’origine de l’essaim.

Source : Clicanoo.

Depuis le début de l’essaim de séismes à Mayotte, le BRGM assure un suivi sismologique que l’on peut découvrir en cliquant sur ce lien :

https://www.brgm.fr/content/essaim-seismes-mayotte-points-situation

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Several times on this blog, I wrote about the seismicity recorded for a year (it all started on May 10th, 2018) at Mayotte. A blogonaut whose daughter is a doctor at the hospital had explained to me that the young woman was receiving patients suffering from bouts of anxiety and that she was not reassured, even if the shaking did not cause any major damage. A Mahorais I met at the Salon du Livre of Paris confirmed the inhabitants’state of mind.
In its issue of May 8th, 2019, the excellent Journal de l’Ile de la Réunion gives some news of Mayotte. Scientists have indicated that this seismicity is of volcanic origin, with a tectonic component.
The tremors occur at a daily pace, night and day. Since May 10th, 2018, Mayotte has suffered more than 1,800 tremors with magnitudes greater than or equal to M 3,5. The strongest quake reached M 5.8. During the month of April 2018, the island was shaken by more than 130 earthquakes, or about four per day, with epicentres located between 30 and 50 km east of Mamoudzou, the capital.
Over time, people have become used to it, but saying that is not a solution. We must go further and find the true cause or causes of the seismicity. Just because the 101st French department lies 8000 kilometres from Paris does not mean that the authorities should let go!
Fortunately, the earthquakes have no killed anybody yet. Most of the material damage is observed on fragile buildings. To date, four applications for recognition of the state of natural disaster have been submitted by municipalities to the dedicated commission. They are still being instructed.
It is estimated that the energies released by all earthquakes taken together since the beginning of the crisis correspond to a single earthquake with a magnitude M 6.3 or 6.4. On site, scientists are still trying to understand the mechanisms behind the seismic swarm. A French team is currently off the island to recover six seismometers deployed at sea between 1,600 and 3,600 meters deep, under the auspices of CNRS.
These researchers are also trying to acquire images of the ocean floor in the area where earthquakes occur. They also try to detect any outflow of fluids or gases. In January, deep-sea fish were found dead on the surface of the water off Mayotte; this could mean that there is a link with the seismic fault at the origin of the swarm.
Source: Clicanoo.

Since the beginning of the seismic swarm in Mayotte, BRGM has provided seismological monitoring that can be discovered by clicking on this link:
https://www.brgm.fr/content/essaim-seismes-mayotte-points-situation

La sismicité au large de l’île de Mayotte en septembre 2018 (Source : BRGM)

La sismicité pendant l’éruption du Kilauea en 2018 // Seismicity during Kilauea’s 2018 eruption

Le Centre d’alerte aux tsunamis dans le Pacifique (PTWC) a mis en ligne une vidéo en accéléré assez fantastique à l’occasion de l’anniversaire du début de la dernière éruption du Kilauea. .

https://youtu.be/Pc9hM08uscM

Cette animation commence le 1er avril 2018, un mois avant le début de l’éruption. On y voit une séquence habituelle de sismicité sur la Grande Ile d’Hawaii. L’animation se poursuit dans le temps à raison d’un jour par seconde d’animation. Les cercles indiquent l’emplacement des séismes au fur et à mesure qu’ils se produisent. La taille des cercles dépend de la magnitude des séismes tandis que les couleurs représentent leurs profondeurs. Trois jours avant le début de l’essaim sismique annonciateur du début de l’éruption, la lave de l’Overlook Crater a débordé sur le plancher de l’Halema’uma’u. Le 30 avril, l’éruption de Pu’uO’o qui durait depuis 35 ans a cessé et le cône s’est partiellement effondré. Cet événement a coïncidé avec le début d’un essaim sismique d’origine volcanique dans l’East Rift Zone du Kilauea. À partir de l’effondrement du Pu’uO’o, l’activité sismique a migré vers le nord-est le long de l’East Rift Zone, loin du Pu’uO ’o, ce qui correspondait au déplacement du magma dans cette direction. Le magma a atteint la surface sous forme de lave l’après-midi du 3 mai, avec l’apparition de coulées de lave qui ont détruit quelque 700 habitations et couvert plus de 30 kilomètres carrés, y compris Kapoho Bay. Dans cette animation, la tache orange en croissance représente ces coulées de lave.
En émergeant dans l’East Rift Zone le magma a parcouru une longue distance depuis sa source, le réservoir situé sous le sommet du Kilauea. La lave a commencé à quitter l’Overlook Crater le 2 mai, et le 15 mai le lac de lave s’était enfoncé de plusieurs dizaines de mètres. On observait alors des explosions dont certaines provoquaient des séismes de magnitude M 5.0 et envoyaient des nuages ​​de cendre à 9 000 mètres au dessus du niveau de la mer. À la fin du mois de mai cependant, les parois du cratère de Halema’uma’u’u ont commencé à s’effondrer, élargissant le cratère et faisant disparaître l’Overlook Crater, avec la fin de l’activité explosive. Non seulement le cratère de l’Halema ’uma ’u s’est effondré, mais tout le plancher de la caldeira du Kilauea s’est affaissé tandis que le magma s’évacuait du sommet pour aller alimenter l’éruption sur l’East Rift Zone. Cette déflation du sommet du volcan a généré une activité sismique encore jamais observée sur le volcan.
Afin de mieux illustrer l’activité sismique, l’animation comporte dans sa partie inférieure des graphiques montrant des statistiques. Le graphique du haut montre les magnitudes des séismes à mesure qu’ils se produisent. Le graphique du bas montre le nombre total de séismes par heure. Le 30 avril, la fréquence des séismes a atteint une centaine par jour, avec une magnitude supérieure à M 4,0. L’événement le plus significatif a été enregistré pendant l’après-midi du 4 mai, avec une magnitude de M 6,9. Il a généré de nombreuses répliques et un petit tsunami sans gravité. Ce même séisme a également repoussé le flanc du volcan Kilauea de 50 centimètres vers l’océan.
Avec l’affaissement de la caldeira du Kilauea et l’effondrement de l’Halema’uma’u, le nombre de séismes a considérablement augmenté et le 15 juin, on en recensait plus de 700 par jour. Ces séismes se sont multipliés pour culminer avec des événements de magnitude M 5,0, voire plus, tous les un à deux jours. Une pause de quelques heures intervenait, puis tout recommençait. Ce cycle s’est répété 62 fois et s’est terminé avec un dernier événement de M 5.0 le 2 août, avant de cesser complètement deux jours plus tard, avec un retour de la sismicité à un niveau normal. L’éruption dans la Lower East Rift Zone du Kilauea était terminée Source: Centre d’alerte aux tsunamis du Pacifique (PTWC).

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The Pacific Tsunami Warning Center (PTWC) released a fantastic time lapse video for the anniversary of the start of the last Kilauea eruption. .

https://youtu.be/Pc9hM08uscM

 This animation begins on April 1st, 2018, one month before the start of the eruption with the usual earthquake pattern observed at Hawaii Big Island and proceeds forward in time at a rate of one day per second of animation time. Circles indicate the locations of earthquakes as they occur, with their sizes indicating their magnitudes and their colours representing their depths. Three days before the swarm began, the lava within the “Overlook crater” inside Halema‘uma‘u overflowed. Then on April 30th, the 35-year-old Pu’uO’o eruption ceased and its cone partially collapsed. This event coincided with the start of a swarm of volcanic earthquakes on Kilauea’s East Rift Zone. Starting with that collapse, earthquake activity moved northeast along the East Rift Zone away from Pu’uO’, indicating the movement of magma below the ground in this direction. Magma reached the surface and erupted as lava on the afternoon of May 3rd, with lava flows that destroyed about 700 homes, and covered more than 30 square kilometres, including Kapoho Bay. In this animation a growing orange field represents these lava flows.

The eruption of lava from the East Rift Zone drew magma away from its reservoir under Kilauea’s summit. Lava began to drain from the “Overlook crater” on May 2nd and by May 15th, its lava lake had dropped tens of metres and was producing explosions, some of which were strong enough to register as M 5.0 earthquakes and send ash clouds to 9,000 metres above sea level. By the end of May, however, the walls of Halema‘uma‘u had begun to collapse, thus widening itself and burying its “Overlook crater” and ending the explosive activity. Not only was Halema‘uma‘u Crater collapsing, but the entire floor of the Kilauea caldera was dropping as magma continued to drain from the summit to feed the flank eruption. This deflation of the volcano’s summit generated an unprecedented level of seismic activity with a peculiar pattern.

To help illustrate this pattern this animation includes charts showing some statistics about the earthquake activity shown here. The top graph shows the earthquakes’ magnitudes as they occur. The bottom graph shows the total number of earthquakes per hour. On April 30th,  the frequency of earthquakes increased to about 100 per day with their magnitudes exceeding M 4.0. The largest earthquake struck on the afternoon of May 4th with a magnitude of M 6.9. It produced numerous aftershocks and a small tsunami. This largest earthquake also moved the flank of Kīlauea Volcano as much as 50 centimetres seaward.

With the subsidence of the Kilauea caldera and the collapse of Halema‘uma‘u the number of earthquakes dramatically increased and by June 15th there were more than 700 per day. These earthquakes would repeatedly grow in number and culminate with a magnitude M 5.0 or above event every one to two days, pause for a few hours, then start over again. This cycle repeated 62 times with the last of the M 5.0 events on August 2nd, and ceasing altogether two days later when seismicity suddenly returned to normal background levels, coinciding with the end of the vigorous eruption of lava from the East Rift Zone.

Source :  Pacific Tsunami Warning Center (PTWC).

Source: PTWC