Essaim sismique en Islande //Seismic swarm in Iceland

Un essaim sismique est enregistré depuis le milieu de la matinée dans le sud –ouest de l’Islande, avec plusieurs événements d’une magnitude significative : M 4,3 à 10h05, à une profondeur de 7,2 km, puis M 5,7 à 1,1 km de profondeur. D’autres événements ont suivi avec des magnitudes de 4,1, 3,7, 4,9, etc, et des hypocentres généralement compris entre 1 et 5 km de profondeur.

Les secousses ont été ressenties jusqu’à Reykjavik où les vitres et les meubles ont tremblé.

Le Met Office a prévenu que d’autres secousses sont possibles. Ce n’est pas la première fois qu’une telle sismicité est enregistrée dans le SO de l’Islande. Elle est en général liée à la tectonique des plaques dans la région.

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A seismic swarm has been recorded since mid-morning in the south-west of Iceland, with several events of a significant magnitude: M 4.3 at 10:05, at a depth of 7.2 km, then M 5, 7 to 1.1 km deep. Other events followed with magnitudes of 4.1, 3.7, 4.9, etc., and hypocentres typically between 1 and 5 km deep. The tremors were felt as far away as Reykjavik where the windows and furniture trembled. The Met Office has warned that more tremors are possible. This is not the first time that such seismicity has been recorded in SW Iceland. It is generally related to plate tectonics in the region.

Source : Wikipedia

 

Le morcellement de Madagascar // The fragmentation of Madagascar

En mars 2018, j’indiquais sur ce blog qu’une impressionnante faille de 15 mètres de profondeur et 20 mètres de large avait tranché la route entre Mai Mahiu et Narok, dans le Sud du Kenya, à quelques kilomètres de la capitale Nairobi. Autour de cette route, les plaines fertiles et les terres arables avaient, elles aussi, vu apparaître soudainement des fissures dans le sol.

En septembre 2005, une fracture géante s’était déjà ouverte dans la croûte terrestre au nord de l’Afar. Cet événement s’est produit en même temps qu’une série de séismes et une éruption sur le flanc du volcan Dabbahu. Depuis cette époque, une dizaine d’autres fissures plus modestes se sont ouvertes au sud de la région. Selon les scientifiques, cet épisode géologique de l’automne 2005 marque sans doute l’instant zéro de l’ouverture d’un océan dans cette partie du monde.

Ce chamboulement tectonique a des répercussions jusque sur l’île de Madagascar qui, selon une étude publiée dans la revue Geology, se divisera également en îles plus petites. L’étude confirme que le continent africain se sépare lentement en plusieurs grands et petits blocs tectoniques le long du système du rift est-africain.

Cette évolution des plaques tectoniques africaines est au cœur d’un travail mené par un groupe de chercheurs du Département de Géoscience du Virginia Tech. Pour parvenir à leur conclusion, les géologues ont effectué des relevés GPS à la surface de Afrique de l’Est, à Madagascar et sur plusieurs autres îles de l’Océan Indien. Ils ont constaté que l’île de Madagascar était en train de se morceler. Le sud, porté par la plaque Lwandle, se détache du reste de l’île tandis que le centre, porté par la plaque Somalienne, se déplace dans une autre direction.

Le reste de Madagascar est également soumis à un processus complexe de morcellement et de division qui s’étend jusqu’aux Comores, et qui s’achèvera par la formation d’archipels. Ce n’est toutefois pas pour tout de suite. Comme pour l’ouverture du rift est-africain, la séparation se fait à un rythme très lent, à raison de quelques millimètres par an. Les grands bouleversements prévus n’auront donc pas lieu avant quelques millions d’années. L’écartement des terres donnera alors naissance à de nouveaux océans.

En attendant, ce travail permettra de mieux appréhender l’activité sismique et volcanique dans les Comores, avec la naissance d’un nouveau volcan sous-marin à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Mayotte.

Pour mémoire, rappelons que la dernière campagne océanographique menée du 1er au 26 octobre 2020 a permis d’identifier au nord-ouest du volcan de nouvelles coulées de lave sur le fond marin, signe que l’activité éruptive se poursuit.

Source : Yahoo News, Science & Avenir.

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In March 2018, I indicated on this blog that an impressive 15-metre-deep and 20-metre-wide fissure had slashed the road between Mai Mahiu and Narok, in southern Kenya, a few kilometres from the capital Nairobi. Around this road, the fertile plains and the arable land had suddenly seen cracks appear in the ground.

In September 2005, a giant fissure had already opened in the earth’s crust north of Afar. This event occurred together with a series of earthquakes and an eruption on the side of the Dabbahu volcano. Since that time, a dozen other smaller cracks have opened in the south of the region. According to scientists, this geological episode in the autumn of 2005 probably marks the zero moment of the opening of an ocean in this part of the world.

This tectonic upheaval has repercussions as far as the island of Madagascar, which, according to a study published in the journal Geology, will also be divided into smaller islands. The study confirms that the African continent is slowly separating into several large and small tectonic blocks along the East African Rift System.

This evolution of the African tectonic plates is at the heart of a work carried out by a group of researchers from the Department of Geoscience at Virginia Tech. To reach their conclusion, geologists carried out GPS surveys on the surface of East Africa, Madagascar and several other islands in the Indian Ocean. They found that the island of Madagascar was in the process of being fragmented. The south, carried by the Lwandle plate, is detached from the rest of the island while the center, carried by the Somali plate, moves in another direction.

The rest of Madagascar is also subject to a complex process of fragmentation and division which extends to the Comoros, and which will end with the formation of archipelagos. However, this is not for now. As with the opening of the East African Rift, the separation is happening at a very slow pace, at the rate of a few millimetres per year. The major upheavals will therefore not take place before a few million years. The separation of the land will then give birth to new oceans.

In the meantime, this work will make it possible to better understand seismic and volcanic activity in the Comoros, with the birth of a new submarine volcano about fifty kilometres east of Mayotte.

As a reminder, the last oceanographic campaign conducted from October 1st to 26th, 2020 identified new lava flows on the seabed to the northwest of the volcano, a sign that eruptive activity is continuing.

Source: Yahoo News, Science & Avenir.

Cadre sismotectonique des Comores (Source : CCGM et UNESCO, 2002)

 

Sismicité de 2020 dans la Péninsule de Reykjanes (Islande) // 2020 seismicity in the Reykjanes Peninsula (Iceland)

La sismicité enregistrée sur la Péninsule de Reykjanes (Islande) en 2020 a soulevé pas mal de questions et beaucoup d’entre elles restent sans réponse.

Un article publié dans l’Iceland Monitor nous rappelle que l’année dernière, 22 000 secousses ont été enregistrées sur la Péninsule de Reykjanes, dans le sud-ouest de l’Islande. La plupart d’entre elles avaient des magnitudes inférieures à M 3,0. Il s’agit toutefois de la plus importante activité sismique depuis le début des mesures numériques en 1991.

L’activité sismique a commencé dans la ville de Grindavík le 26 janvier 2020. Elle a été suivie d’une inflation de la surface, d’abord de quelques centimètres, puis davantage. Les géologues islandais pensent que le phénomène était dû à l’accumulation de magma sous la surface. Cependant, curieusement, il n’y a pas eu d’émissions de gaz détectables pour confirmer cette hypothèse. Au moment du pic de sismicité, les scientifiques ont rappelé que la région est très complexe, avec la cohabitation d’une activité volcanique et tectonique potentielle.

Au début, l’activité sismique de l’année dernière est restée en grande partie concentrée dans une zone allant de la pointe sud-ouest de Reykjanes au lac Kleifarvatn à l’est. Cependant, au cours des derniers mois, la source des événements sismiques s’est déplacée vers l’est, en direction de Krýsuvík. Le 20 octobre 2020, l’épicentre d’un séisme de M 5,6 a été localisé à proximité du lac Djúpavatn. La limite entre les plaques tectoniques sur la Dorsale de Reykjanes s’étire d’ouest en est à travers la Péninsule de Reykjanes. C’est là que la plaque tectonique nord-américaine fait face à la plaque eurasienne, parfaitement visible au niveau du «Pont entre les Continents» près de Sandvík, un endroit très prisé des touristes.

En moyenne, les plaques tectoniques sur la Dorsale de Reykjanes s’écartent l’une de l’autre d’environ un centimètre par an, mais au cours des derniers semestres, l’accrétion dans certains secteurs de Reykjanes a atteint 16 cm.

Il semble que la pression s’accumule sous terre entre le lac Kleifarvatn et les montagnes de Bláfjöll, et cette pression s’évacue par l’intermédiaire d’un ou plusieurs puissants séismes. Deux d’entre eux se sont produits en 1929 et 1968, avec respectivement des magnitudes de M 6,3 et M 6,0. Leurs épicentres étaient situés près des montagnes de Brennisteinsfjöll, à l’est du lac Kleifarvatn.

Même si la sismicité a diminué dans la Péninsule de Reykjanes, la région est constamment sous surveillance. Une phase d’ « incertitude » (le niveau d’alerte le plus bas) restera en place tant que l’activité sismique restera au-dessus de la normale.

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The seismicity recorded on the Reykjanes Peninsula (Iceland) in 2020 raised quite a lot of questions and many of them remain unanswered.

An article in the Iceland Monitor reminds us that last year, a total of 22,000 earthquakes were registered on the Reykjanes peninsula in Southwest Iceland. Most of them had magnitudes less than M 3.0. It was the largest seismic activity since digital measurements began in 1991.

The seismic activity began in the town of Grindavík on January 26th, 2020. It was followed by an inflation of the surface, first by a couple of centimetres, then more. Icelandic geologists believed it was caused by magma accumulating under the surface. However, strangely enough, there were no detectable gas emissions to confirm this hypothesis. At the time of the seismicity, scientists reminded the public that the region was very complex, with a cohabitation of potential volcanic and tectonic activity.

At the beginning, last year’s seismic activity was for the most part concentrated  in the area from the southwestern tip of Reykjanes to Kleifarvatn lake in the east. However, during the past few months, the source of the events has been moving farther east, toward Krýsuvík. On October 20th, 2020, the source of an M 5.6 earthquake was not far from Djúpavatn lake.

The tectonic plate boundary of the Reykjanes Ridge runs from west to east across the Reykjanes peninsula. This is where the North-American tectonic plate faces the Eurasian one, sparking the idea for the so-called ‘Bridge Across Continents’ near Sandvík, a popular spot among tourists.

On average, the tectonic plates at the Reykjanes Ridge move away from each other by about one centimetre a year, but during the past semesters, the movement in certain areas in Reykjanes has been up to 16 cm.

It looks as if pressure is building up in the earth between Kleifarvatn lake and Bláfjöll mountains, and this pressure can only be released in one or several large earthquakes. Two of them occurred in 1929 and 1968, with magnitudes of M 6.3 and M 6.0, respectively. Their epicentres were located near Brennisteinsfjöll mountains, east of Kleifarvatn lake.

Even though the seismicity has declined in the Reykjanes Peninsula, the region is constantly being monitored. A phase of « uncertainty” (the lowest alert phase) will remain in place there while seismic activity is above average.

Zone géothermale à Krisuvik (Photo : C. Grandpey)

Lac  Kleifarvatn (Photo : C. Grandpey)

Puissant séisme en Antarctique // Powerful earthquake in Antarctica

On observe en ce moment un essaim sismique remarquable dans le Détroit de Bransfield, en Antarctique. Le Détroit de Bransfield est un chenal océanique de 96 km entre les îles Shetland du Sud et la Péninsule antarctique. L’essaim a culminé avec un puissant événement à faible profondeur, d’une magnitude de M7,1, à 23 h 36 (UTC) le 23 janvier 2021. L’USGS a corrigé et indiqué une magnitude de M6,9 à une profondeur de 9,6 km. L’épicentre a été localisé près de la côte sud d’Elephant Island et à l’est de King George Island.

Plus de 30000 secousses ont été enregistrés dans le Détroit de Bransfield  entre août et décembre 2020.

La cause de la sismicité est purement tectonique. En effet, plusieurs plaques et microplaques se rencontrent dans cette zone (voir carte ci-dessous, ce qui provoque de fréquents séismes, mais la sismicité a été bien plus intense ces derniers mois.

En raison des mouvements de plaques, le Détroit de Bransfield s’écarte de la Péninsule antarctique à raison d’environ 15 centimètres par an. C’est près de 20 fois plus qu’auparavant lorsque l’accrétion n’atteignait que 7 à 8 millimètres par an.

Source: Université du Chili, The Watchers.

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 A remarkable seismic swarm is being observed in Bransfield Strait, Antarctica. The Bransfield Strait is a 96-km ocean channel between the South Shetland Islands and the Antarctic Peninsula. The swarm culminated with a very strong and shallow event with a magnitude of M7.1 at 23:36 (UTC) on January 23rd, 2021. USGS is reporting it as M6.9 at a depth of 9.6 km. The epicenter was located near the southern coast of Elephant Island and east of King George Island.

More than 30 000 earthquakes were registered in the Bransfield Strait from August to December 2020.

The cause of the seismicity is purely tectonic. Indeed, several tectonic plates and microplates meet in this area (see map below), leading to frequent earthquakes, but seismicity hs been far more intense during the past months.

Due to the plate movements, the Strait is expanding by about 15 centimetres each year from the Antarctic Peninsula. This is nearly 20 times faster than before when the expansion was measured at 7 to 8 millimetres per year.

Source : University of Chile, The Watchers.

Source : Prensa Antártica

La Vallée du Grand Rift // The Great Rift Valley

Après une période de fortes pluies en mars 2018, une énorme fracture de plusieurs kilomètres de long est apparue dans le sol dans une région à l’ouest de Nairobi au Kenya. Elle mesure une quinzaine de mètres de profondeur et une vingtaine de mètres de largeur à certains endroits. La fracture est probablement là depuis longtemps, mais il y a de fortes chances pour que les récentes précipitations aient lessivé la cendre volcanique qui la dissimulait. Cette cendre provenait du Mont Longonot, un volcan situé à proximité.
La fracture fait partie de la Vallée du Grand Rift, appellation qui désigne une région de fracture terrestre s’étendant du Moyen-Orient au Mozambique. Contrairement à ce que ce nom laisse supposer, la Vallée englobe un grand nombre de rifts qui appartiennent tous au même système.
C’est chose acquise : la lithosphère terrestre – qui est formée par la croûte et la partie supérieure du manteau – est morcelée en un certain nombre de plaques tectoniques. Ces plaques ne sont pas statiques ; elles se déplacent les unes par rapport aux autres à des vitesses variables. Ces déplacements sont probablement causés par des courants de convection dans l’asthénosphère et les forces générées aux limites entre les plaques.
Ces forces n’entraînent pas seulement le déplacement des plaques, elles peuvent également provoquer leur rupture, avec la formation d’un rift, et conduire à la création de nouvelles limites de plaques. Ce processus s’accompagne de manifestations de surface le long de la vallée du rift sous forme de volcanisme et d’activité sismique.

Géologiquement parlant, une vallée de rift est une région de plaine où deux plaques tectoniques s’écartent l’une de l’autre. La grande fracture qui est apparue récemment au Kenya fait partie du Rift est-africain. Ce dernier, qui a une longueur de 6000 kilomètres, comporte deux systèmes secondaires, le Gregory Rift et le Western Rift (vallée du rift occidental), qui sont parsemés de volcans.
Ces rifts s’élargissent eu fur et à mesure que les deux plaques tectoniques – la plaque somalienne à l’est et la plaque nubienne à l’ouest – s’éloignent l’une de l’autre. La région a livré des trésors archéologiques parmi les plus importants de l’histoire et a été surnommée le «berceau de l’humanité». Elle a révélé des squelettes extrêmement vieux comme le «Garçon de Turkana», un hominidé de 1,5 million d’années.
Les deux plaques tectoniques s’éloignant l’une de l’autre, la plaque somalienne finira probablement par se détacher de la plaque nubienne et former une terre distincte comparable à Madagascar ou à la Nouvelle-Zélande. Cependant, cette séparation ne se produira pas avant 50 millions d’années. Même s’il faut attendre aussi longtemps, les effets physiques de cette probable séparation continueront d’être vus et ressentis dans la région.
Par exemple, les mouvements du rift doivent être pris en compte lors de la construction d’infrastructures ou d’une nouvelle voie ferrée dans la région. Selon des articles presse, la nouvelle fracture observée au Kenya a été comblée à l’aide d’un mélange de béton et de roches et permet à nouveau le passage d’une route après l’effondrement d’une portion entre Nairobi et Narok.
Le Rift est-africain est fascinant car il nous permet d’observer différentes étapes de formation d’un rift sur toute sa longueur. Au sud, là où le rift est le plus jeune, la vitesse d’accrétion est faible et des fractures s’ouvrent sur une vaste zone. Le volcanisme et la sismicité sont limités.
En revanche, du côté de la région Afar, le fond de la vallée du Rift est tapissé de roches volcaniques. Cela laisse supposer que, dans cette zone, la lithosphère s’est amincie, presque au point de se déchirer complètement. Lorsque la rupture se produira, un nouvel océan commencera à se former grâce à la solidification du magma dans l’espace laissé par la séparation des plaques. Finalement, sur une période de dizaines de millions d’années, l’extension du plancher océanique  progressera sur toute la longueur du rift. L’océan finira par s’engouffrer dans cette fracture et la superficie du continent africain se réduira. Une nouvelle grande île apparaîtra dans l’Océan Indien composée de parties de l’Éthiopie et de la Somalie, y compris la Corne de l’Afrique.
Source: National Geographic, The Conversation.

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After a period of heavy rainfall in March 2018, a huge crack several kilometres long appeared in the ground in a region just west of Nairobi, Kenya. it measures about 15 metres deep and 20 metres wide in some places. The crack has probably been here for a long time, but the recent eain probably wash away the volcanic ash that had erupted from nearby Mt. Longonot.

This crack is part of the Great Rift Valley, a name often used to refer to a region extending from the Middle East to Mozambique. Contrary to what the name may suggest, it is made of multiple rifts all running through the same system.

The Earth’s lithosphere (formed by the crust and the upper part of the mantle) is broken up into a number of tectonic plates. These plates are not static, but move relative to each other at varying speeds. These movements are likely caused by convection currents within the asthenosphere and the forces generated at the boundaries between plates.

These forces do not simply move the plates around, they can also cause plates to rupture, forming a rift and potentially leading to the creation of new plate boundaries. This process is accompanied by surface manifestations along the rift valley in the form of volcanism and seismic activity. The East African Rift system is an example of where this is currently happening.

Geologically speaking, a rift valley refers to a lowland region where tectonic plates rift, or move apart. The large crack that recently exposed itself in Kenya is from the East African Rift. In the 6,000-kilometre-long East African Rift, there are two smaller systems called the Gregory Rift and the Western Rift, and each is speckled with volcanoes.
The rifts are growing larger as two tectonic plates, the Somali plate in the east and the Nubian plate in the west, move away from each other. The region has yielded some of history’s most important archaeological treasures and has been nicknamed the “cradle of humanity.” It revealed extremely old skeletons like the “Turkana boy,” a 1.5-million-year-old hominin.

As the two tectonic plates are moving away from each other, the Somali plate may completely separate from the Nubian plate and form a separate land mass comparable to Madagascar or New Zealand. However, that separation is not expected to happen for another 50 million years. Even so, the physical effects of that separation will continue to be seen and felt.

For instance, the rift movements must be taken into account when building infrastructures or a new railway in the region. There are newspaper reports saying that the new Kenyan crack has been filled in with a mix of concrete and rocks and is being used as a road once again, after it caused part of the Nairobi-Narok highway to collapse.

The East African Rift is unique in that it allows us to observe different stages of rifting along its length. To the south, where the rift is young, extension rates are low and faulting occurs over a wide area. Volcanism and seismicity are limited.

Towards the Afar region, however, the entire rift valley floor is covered with volcanic rocks. This suggests that, in this area, the lithosphere has thinned almost to the point of complete break up. When this happens, a new ocean will begin forming by the solidification of magma in the space created by the broken-up plates. Eventually, over a period of tens of millions of years, seafloor spreading will progress along the entire length of the rift. The ocean will flood in and, as a result, the African continent will become smaller and there will be a large island in the Indian Ocean composed of parts of Ethiopia and Somalia, including the Horn of Africa.

Source : National Geographic, The Conversation.

Source : Wikipedia

Le Grand Rift vu depuis le sommet de l’Ol Doinyo Lengai

Au coeur du Grand Rift

(Photos : C. Grandpey)

 

Volcanisme et tectonique dans la Mer Tyrrhénienne // Volcanism and tectonics in the Tyrrhenian Sea

L’article paru sur le site Live Science le 27 septembre 2019 n’est pas vraiment une surprise, car on sait depuis pas mal de temps que des activités tectoniques et volcaniques se sont déjà produites au fond de la mer Tyrrhénienne, au large des côtes siciliennes.
Le fond de la mer Tyrrhénienne près du sud-ouest de l’Italie, est parsemé de cheminées hydrothermales et de volcans sous-marins aux sommets plats datant d’environ 780 000 ans. Le volcanisme dans la région n’est pas vraiment surprenant puisque des volcans actifs comme le Vésuve et l’Etna se trouvent à une courte distance. Cependant, ce complexe est très particulier car il a été édifié par un système de failles très particulier.
La Méditerranée occidentale est très active d’un point de vue sismique suite à la collision entre les plaques tectoniques africaine, eurasienne et anatolienne. La situation est rendue encore plus complexe par un petit morceau de croûte, la microplaque Adriatico-Ionienne, qui s’est détachée de la plaque africaine il y a plus de 65 millions d’années. Elle est maintenant poussée sous la plaque eurasienne dans un processus de subduction.
Comme je l’ai écrit dans une note précédente, les scientifiques ont découvert une série d’arcs volcaniques sous-marins créés par cette situation tectonique ; ces arcs commencent près de la côte sarde et deviennent de plus en plus jeunes en allant vers le sud et l’est. Ces arcs ont l’aspect d’une flèche qui pointe toujours plus vers l’est.

Au large de la Calabre, les chercheurs ont découvert une région de coulées de lave, de volcans et de cheminées hydrothermales d’une superficie de 2 000 kilomètres carrés. Les bouches qui percent les fonds marins permettent l’évacuation de minéraux à haute température et la formation de structures semblables à des cheminées. Ils ont baptisé cette nouvelle zone Complexe Intrusif Volcanique Diamante-Enotrio-Ovidio, par référence à trois volcans sous-marins au sommet plat qui dominent le fond de la mer.
Des fractures ont permis au magma de remonter à la surface au niveau du Complexe Diamonte-Enotrio-Ovidio, créant ainsi un paysage sous-marin fait de coulées de lave et de volcans. Ces derniers sont maintenant des plateaux car ils dépassaient de la surface lorsque le niveau de la mer était plus bas. Ils se sont ensuite érodés pour prendre leur forme actuelle, avec le sommet plat. Le Complexe volcanique est inactif, mais il y a de petites intrusions de lave dans certaines parties du plancher marin. Les chercheurs pensent que la région pourrait redevenir active dans le futur, et un volcanisme actif se poursuit dans la partie orientale de la Mer Tyrrhénienne. Les chercheurs travaillent à l’élaboration d’une carte des risques volcaniques du Complexe afin de mieux comprendre s’il pourrait mettre en danger les zones habitées qui se trouvent à proximité. Ils étudient également la possibilité d’utiliser le Complexe pour produire de l’énergie géothermique.
Adapté d’un article publié sur le site Web Live Science.

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The article released on September 27th, 2019 in Live Science does not really come as a surprise as we have known for quite a long time that tectonic and volcanic activity once occurred on the seafloor off the coasts of Sicily.

The bottom of the Tyrrhenian Sea, near southwestern Italy, is dotted with geothermal chimneys and flat-topped seamounts which are about 780,000 years old. Volcanism in the region is not really a surprise as active volcanoes like Mount Vesuvius and Mount Etna are standing at a short distance. However, this complex is unusual because it was created by a rare kind of fault system.

The western Mediterranean is seismically restless because of the collision between the African, Eurasian and Anatolian tectonic plates. The situation is made all the more complex by a small chunk of crust – the Adriatic-Ionian microplate, which broke off from the African Plate more than 65 million years ago. It is now being pushed under the larger Eurasian Plate in a subduction process.

As I put it in a previous post, scientists discovered a series of undersea volcanic arcs created by this tectonic situation, starting near the Sardinian coast, with increasingly younger arcs southward and eastward. These arcs were like an arrow pointing ever farther eastward.

Off the coast of Calabria, the researchers found a 2,000-square-kilemetre region of lava flows, volcanic mountains and hydrothermal chimneys. Vents in the seafloor allow hot minerals to spew out and form chimney-like structures. They called the new area the Diamante-Enotrio-Ovidio Volcanic Intrusive Complex, after three flat-topped seamounts that dominate the seafloor.

Fractures are allowed magma to rise to the surface at the Diamonte-Enotrio-Ovidio Complex, creating an undersea landscape of lava flows and mountainous volcanoes. These volcanic seamounts are now plateaus because they protruded from the ocean when the sea level was lower, and they eroded into their present, flat-topped shape. The volcanic complex is inactive, but there are small intrusions of lava in some parts of the seafloor. The researchers think the area could become active in the future, and active volcanism is ongoing on the eastern side of the Tyrrhenian Sea. The researchers are working to build a volcanic risk map of the Complex to better understand if it could endanger human life or property.  They are also investigating the possibility of tapping the Complex to produce geothermal energy.

Adapted from an article published on the Live Science website.

Mer Tyrrhénienne (Source: Google Maps)

Volcanisme et tectonique sur l’Etna // Volcanism and tectonics on Mt Etna

Une étude intitulée “Time and space scattered volcanism of Mt. Etna driven by strike-slip tectonics” publiée le 20 août 2019 dans les Scientific Reports nous explique l’ascension du magma à l’intérieur de l’Etna.

Le travail, effectué par des scientifiques de l’INGV et de l’Institut National d’Océanographie et de Géophysique Expérimentale (OGS) a permis de déterminer les conditions qui permettent au magma de remonter vers la surface.
L’Etna se trouve dans une zone de failles transformantes. Grâce aux données sismiques, gravimétriques et magnétiques les chercheurs ont pu obtenir des images permettant de »voir » les secteurs où se situent les failles et comment elles sont organisées. Il y a au moins 500 000 ans, l’activité tectonique dans une vaste zone de failles de la partie sud du volcan (entre Acireale et les environs d’Adrano) a entraîné la formation de zones « d’ouverture »de la croûte terrestre qui ont été les voies préférentielles choisies par le magma pour sortir par des fissures éruptives disséminées le long de la ligne de faille. Ces fissures, identifiées entre Aci Trezza et Adrano, ont caractérisé les premières phases d’activité de l’Etna.
La déformation continue le long de la même zone de faille et même plus au nord, ainsi que leur interaction mutuelle, « ont entraîné la migration des zones d’éruption du magma et la fermeture soudaine de conduits éruptifs précédemment actifs ». C’est ce qui explique le processus de migration du volcanisme du versant sud (actif d’au moins 500 000 à environ 200 000 ans) vers la région de la Valle del Bove (entre 100 000 et 70 000 ans) et vers les centres éruptifs actuels (d’il y a 60 000 ans à aujourd’hui). La déformation induite par les failles sur le substrat sur lequel repose le volcan a également influencé le glissement du flanc E de l’Etna, qui se caractérise par une forte sismicité, comme en témoigne le séisme de décembre 2018.

Vous trouverez l’intégralité de l’étude (en anglais ) à cette adresse :

 https://www.nature.com/articles/s41598-019-48550-1

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 A study entitled « Time and space scattered volcanism of Mt. Etna driven by strike-slip tectonics » published August 20th, 2019 in the Scientific Reports explains the ascent of magma inside Mt Etna.
The work, carried out by scientists from INGV and the National Institute of Oceanography and Experimental Geophysics (OGS) has determined the conditions that allow magma to reach the surface.
Mt Etna is in a zone of strike-slip faults. Thanks to the seismic, gravimetric and magnetic data, the researchers were able to obtain images allowing to « see » the areas where the faults are located and how they are organized. At least 500,000 years ago, tectonic activity in a large fault zone in the southern part of the volcano (between Acireale and the Adrano area) resulted in the formation of « open » areas in the Earth’s crust which were the preferred pathways chosen by magma to exit through eruptive fissures scattered along the fault line. These fissures, identified between Aci Trezza and Adrano, characterized the first phases of activity of Mt Etna.
The continuous deformation along the same fault zone and even further north, as well as their mutual interaction, « have resulted in the migration of magma eruptive zones and the sudden closure of previously active eruptive ducts ». This accounts for the migration process of the southern slope volcanism (active from at least 500 000 to about 200 000 years ago) to the Valle del Bove region (between 100 000 and 70 000 years) and to the current eruptive centres (from 60,000 years ago to today). The deformation induced by the faults on the substrate on which the volcano rests has also influenced the sliding of the eastern flank of Mt Etna, which is characterized by a high seismicity, as evidenced by the earthquake of December 2018.
You will find the entire study at:
https://www.nature.com/articles/s41598-019-48550-1

Schémas illustrant l’évolution du volcanisme de l’Etna dans l’espace et dans le temps, en relation avec les systèmes de failles (Source : Scientific Reports)