La sismicité sur le flanc sud du Kilauea (Hawaï) // Seismicity on Kilauea’s south flank (Hawaii)

Le flanc sud de la Grande Île d’Hawaï est l’une des régions les plus actives d’un point de vue sismique aux États-Unis. Chaque année, l’Observatoire des Volcans d’Hawaï, le HVO, enregistre des milliers de secousses sous cette partie de l’île.

 

Exemple de sismicité sur le flanc sud du Kilauea en juillet 2020 (Source : USGS)

Au cours du processus éruptif, le magma reste stocké à l’intérieur des volcans, ou bien il perce la surface de la Terre. Au cours de l’édification de la Grande Île sous la poussée du magma, l’énergie produite par les contraintes s’accumule et se libère à un moment ou un autre, souvent sous forme de séismes. Parfois, ces séismes peuvent être assez puissants, comme celui de 1975 qui avait une magnitude de M7.2, ou celui de 1989 (M6.1) au niveau de Kalapana.
Les séismes sur le flanc sud du Kilauea se produisent généralement sur la faille Hilina, un système de failles de « décollement » (detachment fault en anglais) qu’il est facile d’observer à la surface avec les falaises (pali en hawaiien) abruptes le long de la côte sud-est de l’île. Ce système de failles se prolonge dans les profondeurs de la Terre et peut produire de puissants séismes lorsque les roches glissent les unes contre les autres le long de failles qui sont presque verticales.

Vue de Hilina pali (Crédit photo : HVO)

Le glissement au niveau du décollement peut être provoqué par la gravité et les variations de pression qui se produisent à l’intérieur du volcan situé au-dessus. Au cours des 50 dernières années, il y a eu trois séismes de décollement avec des magnitudes supérieures à M6.0 sur le flanc sud du Kilauea. Le plus récent, avec une magnitude de M6.9 est survenu le 4 mai 2018. Ce séisme a été causé par une intrusion magmatique dans la zone du rift Est (East Rift Zone) du Kilauea, qui a débouché sur l’éruption de 2018 dans la partie inférieure de cette zone de rift.
Le décollement le long de la faille Hilina a également provoqué un séisme de M6.2 en 1989. Cet événement a fait des blessés, détruit ou endommagé des maisons dans le district de Puna, provoqué des glissements de terrain qui ont bloqué les routes et généré un petit tsunami.

Le séisme le plus destructeur s’est produit en 1975. Avec une magnitude de M7,7, il fut le plus puissant séisme enregistré à Hawaï depuis 1868. Il a provoqué plusieurs mètres de déplacement horizontal et vertical le long de failles dans les régions du sommet et du flanc sud du Kilauea. Ce séisme a causé des dégâts aux bâtiments et aux routes, ainsi qu’un tsunami qui a fait deux morts dans la région.

 

Carte illustrant les mouvements de failles sur le flanc sud du Kilauea (Source : USGS)

Ces séismes ont été ressentis par de nombreux habitants au sein de la population hawaiienne. L’USGS a mis en place un site web intitulé « L’avez-vous ressenti ? » que les habitants et les scientifiques peuvent utiliser pour expliquer comment ils ressentent les séismes à titre individuel. Après avoir collecté les informations auprès des personnes ayant ressenti un séisme, les géologues créent des cartes – « Community Internet Intensity Maps » ou CIIMS – qui montrent ce que les gens ont vécu ainsi que l’étendue des dégâts. Alors que la magnitude d’un séisme est définie à partir des données fournies par le réseau d’instruments, son intensité est une mesure des secousses en provenance du réseau de personnes qui décrivent ce qu’elles ont ressenti.

 

Exemple de carte CIIMS produite à l’occasion d’un séisme à Kīholo Bay sur la côte NO de la Grande Île (Source : USGS)

On demande souvent aux géologues du HVO si les séismes sur le flanc sud de la Grande Île d’Hawaï ont une relation ou un effet direct sur les éruptions le long de la zone du rift Est du Kilauea. Il semble qu’il n’y ait pas d’effets immédiatement évidents sur l’éruption. Ces séismes font partie des processus volcaniques à Hawaï. Cependant, des recherches plus approfondies seront nécessaires pour bien comprendre les relations et les effets des événements sismiques individuels ou des séquences sismiques avec les éruptions. Ces investigations s’inscrivent dans le cadre de la mission du HVO.
Source : USGS/HVO.

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The south flank of Hawaii Big Island is one of the most seismically active regions in the United States. Each year, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) records thousands of earthquakes occurring beneath the flank. Magma enters into the volcanoes and is either stored within the volcanoes or erupted onto the Earth’s surface. As the island’s land mass builds up, strain energy accumulates and is subsequently released, often as earthquakes. At times, these earthquakes can be quite large, like the M7.2 earthquake in 1975 or the M6.1 earthquake in 1989 beneath Kalapana.

Earthquakes that occur on Kilauea’s south flank typically happen on either the Hilina fault system or the fault called the “décollement.” The steep faults of the Hilina fault system are easy to visualize as they appear on the surface as steep pali (the Hawaiian word for cliffs) along the southeast coast of the island. These steep faults continue through the subsurface and can produce large earthquakes as rocks along the nearly vertical faults slip against each other.

The décollement, or detachment fault, sits beneath the Hilina fault system. This fault is nearly horizontal beneath Kilauea’s south flank at the interface between the island and the ocean floor. This interface can produce large earthquakes.

Slip along the décollement can be produced as a combination of gravity and changes in pressure occurring in the volcano that sits above. In the past 50 years, there have been three décollement earthquakes above magnitude 6 on Kilauea’s south flank. The most recent was an M6.9 event that occurred on May 4th, 2018. This earthquake was caused by the magmatic intrusion in Kilauea’s East Rift Zone, which led to the 2018 eruption in the Lower East Rift Zone.

The décollement also produced an M6.2 earthquake in 1989. This event caused injuries, destroyed or damaged houses in the Puna District, caused landslides that blocked roads and generated a small local tsunami.

The most destructive of the three events was in 1975. With a magnitude M7.7, it was the largest earthquake in Hawaii since 1868. It caused several meters of horizontal and vertical movement along faults in the summit and south flank regions. The earthquakes caused building and road damage, along with a tsunami that resulted in two local fatalities.

Many people report feeling these earthquakes. The USGS has created a “Did you feel it?” website that civilians and scientists alike can use to report how they individually feel earthquakes. After collecting information from people who felt an earthquake, geologists create maps – “Community Internet Intensity Maps” or CIIMS – that show what people experienced and the extent of damage. While the magnitude of an earthquake is the size derived from data collected by the network of seismic instruments, the intensity of an earthquake is a measure of shaking derived from the network of people reporting how they felt it.

HVO geologists are often asked whether the earthquakes on the south flank of Hawaii Big Island have any direct relation or effect on the Kilauea East Rift Zone eruptions. It looks as if there are no immediately obvious effects on the eruption. These earthquakes are part of the active volcanic processes in Hawaii. However, much further investigation is required to fully understand the details of the relationships, and of the effects of individual earthquake events or earthquake sequences, to observations of the eruption. These investigations are part of the mission of the Hawaiian Volcano Observatory.

Source : USGS / HVO.

Pompéi en 79 : une éruption, mais pas seulement ? // Pompeii in 79 : an eruption, but not only ?

La découverte de deux squelettes présentant d’importantes fractures et traumatismes, découverts dans les ruines de Pompéi, semble indiquer que des secousses sismiques ont amplifié la destruction de l’ancienne cité romaine par l’éruption du Vésuve en octobre 79. Ce n’est pas la première fois que cette hypothèse est avancée. Je l’ai mentionnée à plusieurs reprises à propos de Pompéi dans mes notes précédentes.

Photo: C. Grandpey

Elle apparaît à nouveau ces jours-ci dans les médias à la suite d’une étude publiée dans la revue Frontiers in Earth Science le 18 juillet 2024. On y apprend que de nombreuses personnes ayant survécu à l’éruption ont probablement été tuées par de « puissants séismes » qui ont rapidement suivi. Les dernières découvertes pourraient permettre aux archéologues de mieux reconstituer les événements qui ont conduit à la destruction soudaine et catastrophique de la ville et de ses habitants.
Au cours des fouilles, en particulier dans la « casa dei Pittori al Lavoro » (maison des Peintres au travail), les chercheurs ont trouvé des incohérences dans les effets de l’éruption dans certains bâtiments effondrés qui supposaient probablement « une explication différente ». Lorsqu’ils ont découvert deux squelettes présentant de graves fractures, appartenant à des personnes d’une cinquantaine d’années, les scientifiques ont décidé d’approfondir leurs recherches. L’une des victimes a été brutalement écrasée par l’effondrement d’un grand fragment de mur. L’autre est probablement morte des suites de ses blessures après avoir tenté de se protéger avec un objet rond en bois dont les chercheurs ont trouvé des traces dans les dépôts volcaniques. Ces individus ont été découverts sur des lapilli de pierre ponce – de petits fragments de roche et de cendre qui sont tombés pendant environ 18 heures au cours de la première phase plinienne de l’éruption. Grâce aux écrits de Pline le Jeune, nous savons qu’elle a commencé vers 13 heures et a duré 2 jours.

Photo: C. Grandpey

Selon la dernière étude, les personnes qui n’avaient pas fui leurs abris ont peut-être été surprises par l’effondrement, provoqué par un séisme, de bâtiments qui croulaient déjà sous le poids de la cendre. Les scientifiques ont déclaré que les deux hommes ne sont pas morts à cause de l’inhalation de cendres ou de la chaleur extrême, comme on le pensait à propos de la plupart de ceux qui ont péri dans la catastrophe. De même, la plupart des personnes qui avaient survécu à la première phase de l’éruption ont probablement été submergées par l’effondrement des murs provoqué par des séismes.

Photo: C. Grandpey

Les chercheurs indiquent qu’il n’existe pas d’« estimation fiable » du nombre de personnes décédées lorsde l’éruption volcanique ou des dommages causés par les séismes qui ont suivi
Source : médias d’information internationaux.

Le tremblement de terre de 62 après JC.
Pompéi avait été victime de séismes avant l’éruption de l’an 79. Comme la plupart des villes situées à proximité de volcans actifs, Pompéi et sa voisine Herculanum étaient sous la menace de séismes. L’un d’eux s’était produit avant l’éruption meurtrière, probablement en février 62, avec une magnitude estimée entre M5,0 et M6,0 et une intensité de IX ou X sur l’échelle de Mercalli. Le séisme de l’an 62 a peut-être été un précurseur de l’éruption du Vésuve en 79. Le philosophe Sénèque le Jeune a écrit un récit de l’événement, en donnant des informations précieuses.
L’épicentre du séisme était situé près du flanc sud du Vésuve. Un lien entre les séismes dans le centre des Apennins et les éruptions du Vésuve a été proposé pour expliquer le séisme de 62, mais ce lien n’a jamais été prouvé.
Les villes de Pompéi et Herculanum ont toutes deux subi des dégâts importants, ainsi que certains bâtiments de Naples et de Nuceria. La maison de Lucius Caecilius Iucundus à Pompéi, détruite plus tard par l’éruption de 79 après JC, contenait des bas-reliefs montrant les dégâts causés à la ville et à son temple de Jupiter lors du séisme de 62. Lucius Caecilius Iucundus est peut-être mort pendant cet événement destructeur
Les dégâts causés par le séisme de l’an 62 étaient au moins en partie réparés à Pompéi et à Herculanum au moment de l’éruption de l’an 79.

A Herculanum, les recherches ont montré que les personnes qui s’étaient réfugiées dans les abris pour bateaux ont été victimes de la chaleur des coulées pyroclastiques (Photos: C. Grandpey)

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A pair of skeletons, with severe fracture and trauma injuries, found in the ruins of Pompeii seems to indicate that earthquakes compounded the cataclysmic destruction of the ancient Roman city by the eruption of Mount Vesuvius in October 79. This is not the first time this hypothesis ha been suggested. I have mentioned it severakl times in previous posts.

It is appearing again in the media following a study published in Frontiers in Earth Science on July 18th, 2024. It suggests that many people who survived the eruption were likely killed by “strong earthquakes” that quickly followed.The new findings may help archeologists better reconstruct the events that led to the sudden catastrophic destruction of the city and its people.

In the course of excavations in the city’s ruins,especially in the ‘casa dei Pittori al Lavoro’ (house of the Painters at Work), researchers found inconsistencies with the effects of volcanic eruption in some collapsed buildings that likely had “a different explanation”. When they found two skeletons with severe fractures, both of men around 50 years of age, scientists decided to investigate further. One individual was suddenly crushed to death by the collapse of a large wall fragment and another likely died from injuries after attempting to protect himself with a round wooden object of which the researchers found rotted traces in the volcanic deposits. These individuals were positioned on top of the pumice lapilli – small rock and ash particles that fell for about 18 hours during the first “Plinian” phase of the eruption. Thanks to the only surviving written testimony of the eruption, written by Pliny the Younger, we know that it started at around 1pm and lasted for 2 days. .

According to the latest study, the people who did not flee their shelters were possibly overwhelmed by earthquake-induced collapses of already overburdened buildings. Scientists said the two men didn’t die from inhaling ash or from extreme heat as was thought to have been the fate of most of those who perished in the disaster. Similarly, most people who survived the first phase of the eruption may likely have been overwhelmed by collapsing walls due to the earthquakes.

The researchers explain there is still no “reliable estimate” of how many people died from the volcanic eruption or from damage caused by subsequent earthquakes.

Source : international news media.

The earthquake of AD 62.

Like most cities lying close to active volcanoes, Pompeii and the neighbouring city of Herculanum were under the threat of earthqukes. One of them had occurred before the deadly eruption, probably in February 62, with an estimated magnitude betxeen M5.0 and M6.0 and a maximum intensity of IX or X on the Mercalli scale. The earthquake may have been a precursor to the eruption of Mount Vesuvius in AD 79. The contemporary philosopher Seneca the Younger wrote an account of the event, with precious information.

The epicentre of the earthquake was located close to the southern flank of Vesuvius. An association between earthquakes in the central Apennines and eruptions of Vesuvius has been proposed to explain the earthquake, but has not been proved yet

The towns of Pompeii and Herculaneum both suffered major damage, as well as some buildings in Naples and Nuceria. The House of Lucius Caecilius Iucundus in Pompeii, later destroyed by the eruption in AD 79, contained bas-reliefs showing damage to the city and its Temple of Jupiter during the earthquake of 62. Lucius Caecilius Iucundus, may have died during the earthquake.

The damage caused by the AD 62 earthquake was at least partly repaired in both Pompeii and Herculaneum by the time of the AD 79 eruption.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Ce n’est pas une bonne nouvelle pour ceux qui comptent visiter le Kawah Ijen (Indonésie) cet été. Une hausse de l’activité sismique a été enregistrée entre le 1er janvier et le 12 juillet 2024. Le 12 juillet, une augmentation significative a été observée ainsi qu’une hausse du tremor volcanique. Le niveau d’alerte a été élevé de 1 à 2 (Waspada).
Une hausse d’activité dans le cratère peut conduire à des explosions de gaz et à des épisodes éruptifs avec émissions de CO2 qui peut s’écouler le long des vallées, comme ce fut le cas en mars 2018. Actuellement, la couleur de l’eau du cratère est normale (vert turquoise), sans bulles de gaz visibles à la surface et sans changements de température. La température actuelle est normale à 34 °C.
En raison du nouveau niveau d’alerte, il est conseillé à la population locale, aux visiteurs, aux touristes et aux mineurs de ne pas s’approcher de la lèvre du cratère, de descendre au fond du cratère ou de passer la nuit à moins de 1,5 km du cratère.
Source  : VSI, CVGHM.

Photo: C. Grandpey

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Des émissions modérées mais continues de gaz et de vapeur sont toujours observées à White Island (Nouvelle-Zélande). Bien que le niveau d’alerte volcanique reste à 2, GeoNet prévient que des éruptions peuvent toujours se produire sans prévenir ou presque. La couleur de l’alerte aérienne est maintenue au Jaune.
Le panache est émis par une grande bouche au fond du cratère. L’analyse des données collectées lors d’un vol le 12 juillet 2024 a indiqué une diminution du niveau de gaz magmatiques par rapport aux observations précédentes du 10 juin.
Le lac a presque disparu au fond du cratère où il ne reste que quelques petites flaques d’eau.
GeoNet explique que de tels changements dans le cratère ont été observés à plusieurs reprises dans le passé et représentent des processus normaux.
Source : GeoNet.

Photo: C. Grandpey

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Une petite éruption a été détectée sur l’île Mathew (arc volcanique du Vanuatu) le 15 juillet 2024 par le VAAC de Wellington qui a émis deux avis de cendres volcaniques.
C’est la première activité éruptive sur ce volcan depuis 1956. La Smithsonian Institution indique deux autres éruptions historiques sont confirmées en 1949 (VEI 2) et 1954 (VEI 2).

 

Source : Copernicus – Sentinel-2

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Comme indiqué précédemment, la Voragine de l’Etna (Sicile) a connu un nouvel épisode éruptif dans la soirée du 15 juillet 2024. Le processus a été le même que pour les autres événements de ce type : intensification d’une activité strombolienne en puissantes fontaines de lave. La colonne éruptive atteignait 6000 m d’altitude. Des retombées de cendres ont été observées dans les zones sous le vent à lESE du volcan.

Image webcam du dernier paroxysme

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À Stromboli (Sicile), le volcan gronde, les gestionnaires d’infrastructures touristiques aussi. Suite à l’intensification de l’activité éruptive début juillet avec coulée de lave à 785 m d’altitude et coulées pyroclastiques provoquées par des effondrements au sommet du volcan, l’alerte rouge a été décrétée sur l’île, avec des conséquences économiques faciles à imaginer. Quelque 500 emplois sont menacés. L’accès au volcan, avec ou sans guide est suspendu. On parle déjà d’un tsunami économique. Il a été demandé à la Région (avec copie au Président de la République) de rapidement décréter l’état de catastrophe naturelle.

Ces jours-ci, le volcan semble s’être calmé, mais la situation reste incertaine et aucune prévision n’est bien sûr, possible. On observe une activité strombolienne à raison de 7-8 explosions d’intensité moyenne chaque heure.

Si la situation actuelle n’évolue pas, on peut raisonnablement penser que la couleur du niveau d’alerte sera abaissée et que les excursions reprendront. Le problème est que l’activité du Stromboli est devenue imprévisible depuis quelques années avec des crises éruptives majeures d’une grande soudaineté. Elles peuvent représenter un réel danger pour des personnes et les biens.

Les propriétaires des infrastructures touristiques espèrent seulement que le mois d’août sera meilleur…

Source : Presse italienne.

Coulée de lave sous la zone cratèrique NE du Stromboli (Crédit photo: INGV)

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L’activité éruptive se poursuit sur le Sabancaya (Pérou) avec une moyenne de 55 explosions par jour. Elles envoient des panaches de cendres jusqu’à 2 200 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte est maintenu à l’Orange.

Crédit photo: IGP

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L’accumulation de magma se poursuit à Svartsengi sur la péninsule de Reykjanes (Islande). Environ 13 millions de mètres cubes de magma sont entrés à la chambre magmatique. Selon le Met Office, la probabilité d’une intrusion magmatique ou d’une nouvelle éruption au cours des trois prochaines semaines a considérablement augmenté. En effet, la quantité de magma entrée dans la chambre a atteint la limite inférieure de la quantité jugée nécessaire pour déclencher une nouvelle éruption.
Ce qui est plus inquiétant, c’est que les dernières analyses indiquent que l’activité éruptive se déplace vers le sud et se rapproche de Grindavík à chaque événement.

L’inflation à Svartsengi (Source: Met Office)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

This is not good news for those who intend to visit Kawah Ijen (Indonesia) this summer. Increased seismic activity has been recorded between January 1st and July 12th, 2024. On July 12th, a significant increase was observed along with a rise in the tremor tremor, prompting authorities to increase the Alert Level from 1 to 2 (Waspada).

The increased activity in the crater can lead to “gas outbursts” and eruptions, primarily releasing CO2 which flows along the valleys, as observed in March 2018. Currently, the crater water color remains normal (turquoise green), with no visible gas bubbles or temperature changes. The current temperature is normal at 34 °C.

Due to the news alert level, local residents, visitors, tourists, and miners are advised not to approach the crater’s edge, descend to the crater’s bottom, or stay overnight within a 1.5 km radius from the crater.

Source : VSI, CVGHM.

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Continuous moderate gas and steam emissionsare still observed at White Island (New Zealand). Although the Volcanic Alert Level remains at 2, GeoNet warns that eruptions can still occur with little or no warning. The Aviation Color Code is kept at Yellow.

The plume is being emitted from an enlarged vent on the crater floor, Analysis of data collected during an overflight on July 12th, 2024 indicated decreased levels of magmatic gas compared to the previous observations on June 10th.

The crater lake has almost disappeared with only a few small puddles remaining .

GeoNet explains that these changes in the vent area and the plume have been seen many times in the past and represent normal processes at the volcano.

Source : GeoNet.

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A small eruption was detected at Mathew Island (Vanuatu Volcanic Arc) on July 15th, 2024 by Wellington VAAC that issued two Volcanic Ash Advisories.

It is the first eruptive activity at this volcano since 1956. The Smithsonian Institution indicates two other confirmed historical eruptions in 1949 (VEI 2) and 1954 (VEI 2).

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As previously indicated, Mt Etna‘s Voragine (Sicily) went through a new eruptive episode on the evening of July 15th, 2024. The process was the same as for other events of this type : intensification of Strombolian activity in powerful lava fountains. The eruptive column reached 6000 m altitude. Ashfall was reported in areas downwind to the ESE of the volcano.

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At Stromboli (Sicily), the volcano is rumbling, and so are the tourist infrastructure managers. Following the intensification of eruptive activity at the beginning of July with a lava flow at an altitude of 785 m and pyroclastic flows caused by collapses at the summit of the volcano, the red alert was declared on the island, with economic consequences easy to imagine. Some 500 jobs are threatened. Access to the volcano, with or without a guide, is suspended. There is already talk of an economic tsunami. The Region was asked (with a copy to the President of the Republic) to quickly declare a state of natural disaster.
These days, the volcano seems to have calmed down, but the situation remains uncertain and no prediction is of course possible. Strombolian activity is observed at the rate of 7-8 explosions of medium intensity each hour.
If the current situation does not change, one may reasonable think that the color of the alert level will be lowered and that trips will resume. The problem is that the activity of Stromboli has become unpredictable in recent years with major eruptive crises of great suddenness. They can represent a real danger to people and property.
The owners of tourist infrastructure can only hope that August will be better…
Source: Italian news media.

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Eruptive activity continues at Sabancaya (Peru) with an average of 55 explosions per day. They send ash plumes up to 2200 m above the summit. The alert level is kept at Orange.

Source : IGP.

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Magma accumulation continues at Svartsengi on the Reykjanes Peninsula (Iceland). About 13 million cubic metres of magma have been added to the magma chamber. According to the Mart Office, the likelihood of a magma intrusion or a new volcanic eruption in the next three weeks has increased considerably. Indeed, the amount of magma added has reached the lower limit of the amount of magma that is considered necessary to trigger a new eruption.

What is more worrying is that the most recent analysis indicates that eruptive activity moves southwards and closer to Grindavík with each occurrence.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Réveil du volcan sous-marin Axial (États Unis) // Awakening of Axial Seamount (United States)

Situé à environ 482 km à l’ouest d’Astoria, dans l’Oregon, le volcan sous-marin Axial – Axial Seamount – est le plus jeune volcan et le principal centre éruptif actif de la chaîne Cobb-Eickelberg, une chaîne de volcans sous-marins qui se termine au sud de l’Alaska. L’Axial se trouve à l’endroit où la chaîne croise la dorsale Juan de Fuca. Sa présence est le fruit du point chaud de Cobb, mais il se trouve aussi sur une zone d’accrétion océanique entre la plaque Juan de Fuca et la plaque nord-américaine, comme on peut le voir sur la carte ci-dessous.

Carte Montrant la position de l’Axial sur la dorsale Juan de Fuca (Source : USGS)

L’Axial Seamount est le volcan le plus actif de la région nord-ouest du Pacifique. Depuis de nombreuses années, les chercheurs suivent attentivement son activité qui connaît un processus cyclique d’inflation et de déflation depuis sa dernière éruption en 2015, décrite dans ma note du 16 septembre 2015 :
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/09/16/confirmation-de-leruption-de-laxial-seamount/

En mars 2024, le soulèvement du volcan sous-marin atteignait 90 – 95 % du niveau qui a précédé l’éruption de 2015 et se rapprochait du seuil susceptible de provoquer une nouvelle éruption. L’inflation, qui avait augmenté au moment de l’éruption de 2015, avait progressivement diminué jusqu’à ces derniers temps. Cependant, à partir d’octobre 2023, on a observé une augmentation significative du soulèvement au niveau de l’Axial, qui est actuellement estimé à 5 à 6 cm par an, signe d’un réveil potentiel du volcan. La hausse de l’inflation s’accompagne d’une augmentation de l’activité sismique avec de nombreuses secousses enregistrées récemment dans la région.

Source : NOAA

Les scientifiques affirment qu’une éruption pourrait se produire entre 2025 et 2026, mais admettent leur incapacité à prévoir un tel événement. Ils soulignent l’importance d’une surveillance et de recherches cohérentes pour améliorer la prévision des éruptions.
L’Axial Seamount présente la structure d’un volcan bouclier, semblable à ceux que l’on rencontre à Hawaï; elle contribue à son modèle éruptif distinct. Le comportement de l’Axial offre aux scientifiques des informations importantes sur les processus volcaniques sous-marins et les risques qui les accompagnent
Source : The Watchers.

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Located about 482 km west of Astoria, Oregon, Axial Seamount is the youngest volcano and current eruptive center of the Cobb–Eickelberg Seamount chain, a chain of seamounts that terminates south of Alaska. Axial lies where the chain intersects with the Juan de Fuca Ridge. It is a product of the Cobb hotspot, but now sits on an ocean spreading center between the Juan de Fuca Plate and the North American Plate (see map above).

Axial Seamount is the most active volcano in the Pacific Northwest region. For many years, researchers have been keenly observing the activity of the volcano which has been undergoing a cyclical process of inflation and deflation since its last eruption in 2015 that I described in a post of September 16th, 2015 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/09/16/confirmation-de-leruption-de-laxial-seamount/

By March 2024, the seamount was 90 – 95% reinflated to its pre-eruption level and was getting close to a crucial threshold that might cause another eruption. The inflation rate which originally surged at the time of the 2015 eruption has progressively decreased until recently. However, from October 2023  there has been a noticeable increase in the pace of uplift, which is now estimated at 5 – 6 cm per year, indicating a potential awakening.The rise in inflation is accompanied by an increase in seismic activity with many earthquakes rocking the region recently (see chart above).

Although no real prediction is possible, local scientists say that an eruption might occur between 2025 and 2026, but they admit the unpredictability of volcanic activity, emphasizing the importance of consistent monitoring and research to improve eruption forecasting.

Axial Seamount’s shield volcano structure, similar to those found in Hawaii, contributes to its distinct eruptive pattern. This behaviour offers scientists important information about underwater volcanic processes and their possible hazards.

Source : The Watchers.