Découverte de cellules cérébrales à Herculanum : du déjà vu ! // Discovery of brain cells at Herculanum : that’s déjà vu !

Assez étrangement, certains journaux et certaines revues font leurs gros titres sur une découverte qui date de plusieurs mois. Le 26 janviers 2020, j’ai publié une note intitulée « Un cerveau vitrifié découvert à Herculanum. » J’écrivais que mois après mois, les anciennes cités d’Herculanum, Stabies et Pompéi, détruites par une éruption majeure du Vésuve en 79 après JC, continuent de révéler leurs secrets. Une étude publiée en 2018 explique que lorsque le Vésuve est entré en éruption, l’événement a généré une chaleur si extrême que les crânes des victimes ont explosé, leur sang a bouilli et leurs muscles, leur chair et leur cerveau ont été remplacés par de la cendre.
La dernière découverte était donc exceptionnelle car elle concerne la transformation de tissus cérébraux en verre sous l’effet de la chaleur produite par l’éruption. L’étude, publiée dans le New England Journal of Medicine, nous explique qu’une victime de l’éruption du Vésuve avait été découverte dans les années 1960 au Collegium Augustalium d’Herculanum. Le corps était « allongé sur un lit en bois, enfoui dans la cendre volcanique ». Ce n’est que des années plus tard, lorsque le crâne de la victime a été examiné, que les chercheurs ont découvert que les restes du cerveau étaient vitrifiés plutôt que saponifiés.
Les chercheurs expliquent que la préservation d’anciens tissus cérébraux est une découverte extrêmement rare. Dans le cas d’Herculanum, il s’agit de la toute première découverte d’anciens restes cérébraux humains, vitrifiés par la chaleur à environ 510°C lors d’une éruption volcanique. Selon l’article du New England Journal of Medicine, la vitrification est le processus par lequel « les tissus … ont été brûlés à haute température et transformés en verre ou bien ont été vitrifiés ». Bien que rares, les tissus cérébraux trouvés à l’occasion de fouilles archéologiques se sont saponifiés, un processus par lequel les triglycérides se transforment en glycérol et en sels d’acides gras ou en savon.
La température au Collegium Augustalium d’Herculanum a probablement atteint 520°C, si l’on se réfère au bois carbonisé trouvé sur le site. En plus du cerveau vitrifié, une masse spongieuse solidifiée emprisonnant les os de la poitrine de la victime a également été découverte. Cela signifie que les nuages de cendre vomis par le Vésuve étaient suffisamment chauds pour « brûler la graisse corporelle et vaporiser les tissus mous ».
Dans les articles parus ces derniers jours dans la presse, on nous explique que la découverte de ces cellules intactes «ouvre la voie à des études sur ces peuples anciens qui n’ont jamais été possibles».

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Strangely enough, some newspapers and magazines these days are making their headlines with a discovery made several months ago. On January 26th, 2020, I published a post entitled “Discovery of a vitrified brain at Herculanum.” I wrote that month after month, the ancient cities of Herculanum, Stabies and Pompeii, destroyed by a major eruption of Mt Vesuvius in 79 A.D., keep revealing their secrets. A study published in 2018 explained that when Mount Vesuvius erupted, the explosion caused such extreme heat that victims’ skulls exploded, their blood boiled and their muscles, flesh and brains were replaced with ash.

The latest discovery concerned ancient brain matter that was turned into glass as a result of the eruption. The research, published in the New England Journal of Medicine, notes that a victim from the Vesuvius explosion was discovered in the 1960s at the Collegium Augustalium in Herculaneum. The body was found « lying on a wooden bed, buried by volcanic ash. » It was years later, when the victim’s skull was examined, that researchers discovered the brain remains were vitrified, rather than saponified.

Researchers explain that the preservation of ancient brain remains is an extremely rare find, but this is the first-ever discovery of ancient human brain remains, vitrified by heat at about 510°C produced by a volcanic eruption. According to the New England Journal of Medicine article, vitrification is the process by which « tissue … has been burned at high heat and turned into glass or a glaze. » Although rare to find, cerebral tissues found in archaeological discoveries have saponified, the process by which triglycerides turn into glycerol and fatty acid salts, or soap.

The temperature at the Collegium Augustalium of Herculaneum may have reached a maximum of 520°C, based on charred wood that was found at the site. In addition to the vitrified brain, a solidified spongy mass that entrapped the chest bones of the victim was also discovered. This means that the volcanic clouds from Vesuvius were hot enough to « to burn body fat and vaporize soft tissues. »

In the latest articles to be found in the press, one can read that the discovery of the perfectly preserved cells “’paves the way for studies on these ancient peoples that have never been possible.”

Photo : C. Grandpey

Pompéi à Paris !

Comme je l’ai annoncé il y a quelques semaines, on peut visiter au Grand Palais à Paris du 1er juillet au 27 septembre 2020 une exposition intitulée « Pompéi. Promenade immersive. Trésors archéologiques. Nouvelles découvertes. »

Cette exposition aurait dû débuter le 25 mars dernier mais le Covid-19 est passé par là et a tout chamboulé. Selon les organisateurs, elle est l’occasion de se replonger dans le destin tragique de cette cité antique disparue en l’an 79.

Le jour de l’éruption, une nuée ardente, autrement dit un nuage de cendres et de gaz à très haute température, envahit Pompéi à une vitesse fulgurante. Les habitants qui ne s’attendaient pas à un tel cataclysme, furent tués instantanément par le choc thermique provoqué cette déferlante. Les cendres figèrent les victimes pour l’éternité dans la position exacte de leur mort.

En se solidifiant avec le temps, les cendres ont conservé la forme de ces corps bien après leur décomposition. En 1863, la technique ingénieuse du moulage fut utilisée pour insérer du plâtre liquide dans l’espace vide laissé par les corps. Elle a permis d’étudier leurs positions et mieux comprendre ce qui s’était passé.

Ensevelie sous des mètres de cendres après l’éruption du Vésuve, Pompéi est aujourd’hui devenue un site archéologique majeur, visité par plus de quatre millions de personnes chaque année.

J’ai eu l’occasion de parcourir l’exposition au Grand Palais il y a quelques jours. Je n’ai pas été déçu, même si je n’ai pas été emballé. Il est vrai que je fais partie de ceux qui ont eu la chance de pouvoir déambuler dans la vraie cité antique, ce qui n’a rien à voir avec une reconstitution dans un lieu fermé.

L’exposition permet toutefois de découvrir comment on vivait à Pompéi au premier siècle de notre ère, et au moment de sa destruction par le Vésuve. Cela se fait à travers des projections 360° en très haute définition montrant la vie de cette ville prospère. On assiste également à des reconstitutions en 3D des rues et des habitations, de l’éruption proprement dite, ou encore des peintures murales et des objets d’art découverts lors des fouilles archéologiques.

Vous trouverez toutes les informations utiles en cliquant sur ce lien :

https://www.grandpalais.fr/fr/evenement/pompei

Dans une note publiée le 18 octobre 2018, j’expliquais que la date de la destruction de Pompéi n’était pas le 24 août 79 comme on le pensait initialement, mais le 24 octobre. C’est ce qu’a révélé un graffiti – deux petites lignes inscrites au charbon sur un mur à hauteur d’homme –récemment découvert dans la Maison au Jardin, un des édifices en cours de fouille à Pompéi. Des recherches récentes permettaient déjà d’affirmer que ce n’était pas la bonne date. En effet, on a observé beaucoup de fruits d’automne à Pompéi : noix, figues, châtaignes, pruneaux, grenades et même des sorbes qui se récoltent encore non mûres entre septembre et octobre. De plus, les découvertes réalisées au cours des fouilles ont donné la preuve que les vendanges étaient terminées.

Le mot « fouilles » revêt une importance particulière à Pompéi. En effet, ce sont les travaux réalisés par les archéologues qui ont permis de révéler tous les trésors que l’on peut admirer dans la cité antique proprement dite, mais aussi dans les musées et les expositions.

Les premières fouilles ont débuté à Pompéi en 1669, année où la ville sicilienne de Catane a en partie été détruite par une éruption de l’Etna. À l’époque, l’archéologie n’existait pas encore. Le site était surtout visité par des pilleurs qui creusaient des tunnels afin de dérober des objets de grande valeur.

Le 23 mars 1748, le roi Charles III d’Espagne donna enfin l’autorisation de procéder à des fouilles dans cette zone pour enrichir le patrimoine historique de la maison royale. Loin de la précision des archéologues modernes, les fouilles de l’époque ressemblaient plus à des chasses au trésor. On creusait des tranchées et tunnels, sans se soucier des dommages causés sur leur passage.

Depuis cette époque lointaine, les fouilles n’ont jamais cessé. En 2017, une nouvelle campagne a commencé à Pompéi pour sécuriser les espaces encore inexplorés. De nos jours, des technologies de pointe sont mises à la disposition de scientifiques spécialistes de différentes disciplines pour collecter le plus d’informations possibles.

Voici quelques photos de l’exposition :

L’éruption du Vésuve comme si vous y étiez…

Des objets retrouvés par les archéologues…

Des moulages…

Des fresques géantes

Photos : C. Grandpey

Un cerveau vitrifié découvert à Herculanum // Discovery of a vitrified brain at Herculanum

Mois après mois, les anciennes cités d’Herculanum, Stabies et Pompéi, détruites par une éruption majeure du Vésuve en 79 après JC, continuent de révéler leurs secrets. Une étude publiée en 2018 explique que lorsque le Vésuve est entré en éruption, l’événement a généré une chaleur si extrême que les crânes des victimes ont explosé, leur sang a bouilli et leurs muscles, leur chair et leur cerveau ont été remplacés par de la cendre.
La dernière découverte est donc exceptionnelle car elle concerne la transformation de tissus cérébraux en verre sous l’effet de la chaleur produite par l’éruption. L’étude, publiée dans le New England Journal of Medicine, nous explique qu’une victime de l’éruption du Vésuve avait été découverte dans les années 1960 au Collegium Augustalium d’Herculanum. Le corps était « allongé sur un lit en bois, enfoui dans la cendre volcanique ». Ce n’est que des années plus tard, lorsque le crâne de la victime a été examiné, que les chercheurs ont découvert que les restes du cerveau étaient vitrifiés plutôt que saponifiés.
Les chercheurs expliquent que la préservation d’anciens tissus cérébraux est une découverte extrêmement rare. Dans le cas d’Herculanum, il s’agit de la toute première découverte d’anciens restes cérébraux humains, vitrifiés par la chaleur à environ 510°C lors d’une éruption volcanique. Selon l’article du New England Journal of Medicine, la vitrification est le processus par lequel « les tissus … ont été brûlés à haute température et transformés en verre ou bien ont été vitrifiés ». Bien que rares, les tissus cérébraux trouvés à l’occasion de fouilles archéologiques se sont saponifiés, un processus par lequel les triglycérides se transforment en glycérol et en sels d’acides gras ou en savon.
La température au Collegium Augustalium d’Herculanum a probablement atteint 520°C, si l’on se réfère au bois carbonisé trouvé sur le site. En plus du cerveau vitrifié, une masse spongieuse solidifiée emprisonnant les os de la poitrine de la victime a également été découverte. Cela signifie que les nuages de cendre vomis par le Vésuve étaient suffisamment chauds pour « brûler la graisse corporelle et vaporiser les tissus mous ».
Depuis leur découverte au 16ème siècle, les ruines de Pompéi, Herculanum et Stabies donnent aux chercheurs un excellent aperçu de la vie romaine avant l’éruption du Vésuve et l’anéantissement de la région en 79 après JC. Une controverse est récemment apparue à propos de la date de l’éruption du volcan qui avait été à l’origine fixées au mois d’août 79. Cependant, il est maintenant admis – au vu des dernières découvertes – que l’éruption s’est en réalité produite en octobre 79.
Les chercheurs ont également récemment mis au jour une fresque représentant une scène sensuelle impliquant le dieu romain Jupiter et Leda, ainsi que les restes d’un cheval pétrifié.
Source: Fox News.

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Month after month, the ancient cities of Herculanum, Stabies and Pompeii, destroyed by a major eruption of Mt Vesuvius in 79 A.D., keep revealing their secrets. A study published in 2018 explains that when Mount Vesuvius erupted, the explosion caused such extreme heat that victims’ skulls exploded, their blood boiled and their muscles, flesh and brains were replaced with ash.

The latest discovery concerns ancient brain matter that was turned into glass as a result of the eruption. The research, published in the New England Journal of Medicine, notes that a victim from the Vesuvius explosion was discovered in the 1960s at the Collegium Augustalium in Herculaneum. The body was found « lying on a wooden bed, buried by volcanic ash. » It was years later, when the victim’s skull was examined, that researchers discovered the brain remains were vitrified, rather than saponified.

Researchers explain that the preservation of ancient brain remains is an extremely rare find, but this is the first-ever discovery of ancient human brain remains, vitrified by heat at about 510°C produced by a volcanic eruption. According to the New England Journal of Medicine article, vitrification is the process by which « tissue … has been burned at high heat and turned into glass or a glaze. » Although rare to find, cerebral tissues found in archaeological discoveries have saponified, the process by which triglycerides turn into glycerol and fatty acid salts, or soap.

The temperature at the Collegium Augustalium of Herculaneum may have reached a maximum of 520°C, based on charred wood that was found at the site. In addition to the vitrified brain, a solidified spongy mass that entrapped the chest bones of the victim was also discovered. This means that the volcanic clouds from Vesuvius were hot enough to « to burn body fat and vaporize soft tissues. »

Since their discovery in the 16th century, the Pompeii ruins have given researchers great insight into what life was like before Mount Vesuvius erupted and wiped out the entire city in 79 A.D. Recently, there has been some dispute about whether the volcano erupted in August or October of that year. However, it is now admitted that the eruption did occur in October 79.

Researchers have also recently found a fresco depicting a sensual scene involving the Roman god Jupiter and Leda and the remains of a petrified horse.

Source : Fox News.

Moulage sur le site de Pompéi (Photo: C. Grandpey)

Aujourd’hui, le Vésuve reste une menace pour la ville de Naples et ses environs (Photo: C. Grandpey)

Nouvelles découvertes à Pompéi (Italie) // New discoveries at Pompeii (Italy)

Les archéologues qui travaillent actuellement sur le site de Pompéi ont fait une découverte importante qui témoigne de l’horreur de la nuit du 24 au 25 août 79 dans l’ancienne ville romaine quand le Vésuve a envoyé des coulées pyroclastiques sur ses flancs. Les chercheurs ont dévoilé des photos montrant le squelette d’un homme dont le crâne a été écrasé par un bloc de pierre. On pense qu’il a reçu de plein fouet ce bloc d’environ 300 kilos alors qu’il tentait d’échapper à la destruction de Pompéi. Selon les chercheurs, les premières observations semblent indiquer que l’individu a survécu à la première phase éruptive du volcan et qu’il a ensuite cherché refuge le long d’une allée aujourd’hui couverte d’une épaisse couche de lapilli. L’homme, âgé de 35 ans et mesurant 1m60 d’après les premières estimations, aurait été rattrapé par les nuages de gaz et de cendre en raison d’un problème au tibia, avant de recevoir un morceau de mur sur la tête. Au moment des fouilles, le corps a été retrouvé couché sur le dos avec le bloc reposant sur la partie supérieure..

Quelques semaines plus tôt, les archéologues avaient mis au jour la dépouille complète d’un cheval dans une villa ensevelie par l’éruption du Vésuve. La découverte a eu lieu à Civita Giuliana, au nord de Pompéi. Les chercheurs ont suivi des tunnels creusés illégalement, destinés à des pillages. En versant du plâtre liquide dans la cavité dans laquelle se trouvait le corps en décomposition, ils ont pu obtenir la reconstitution quasi parfaite de l’animal quand la mort l’a saisi en l’an 79.

D’après les archéologues, le cheval devait mesurer environ 1,50 mètre de hauteur au garrot, ce qui est relativement important pour un équidé de l’époque. Grâce aux morceaux de harnais en fer et en bronze qui étaient apposés sur sa tête, ils ont pu déclarer que le cheval appartenait probablement à un riche propriétaire.

Outre l’animal, les scientifiques ont trouvé des restes de cruches, des outils et des ustensiles de cuisine, ainsi que la tombe d’un homme, enterré après l’éruption. Cela prouve que la vie a continué tout près de Pompéi juste après l’éruption.

Source : Presse italienne.

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The archaeologists currently working on the site of Pompeii have made an important discovery that testifies to the horror of the night of 24 to 25 August 79 in the ancient Roman city when Vesuvius sent pyroclastic flows down its flanks. The researchers unveiled photos showing the skeleton of a man whose skull was crushed by a block of granite. It is thought that he received full force this block of about 300 chilograms while trying to escape the destruction of Pompeii. According to the researchers, the first observations suggest that the individual survived the first eruptive phase of the volcano and then sought refuge along an alley now covered with a thick layer of lapilli. The 35-year-old man, 1.60 metres tall based on early estimates, was reportedly overtaken by gas and ash clouds due to a tibia problem, before receiving a piece of wall over his head. At the time of the excavations, the body was found lying on its back with the block resting on the upper part.

A few weeks earlier, archaeologists had uncovered the remains of a horse in a villa buried by the eruption of Vesuvius. The discovery took place in Civita Giuliana, north of Pompeii. The researchers were studying tunnels dug illegally and intended for looting. By pouring liquid plaster into the cavity in which the decomposing body was located, they were able to obtain the almost perfect reconstitution of the animal when death seized it in the year 79.
According to archaeologists, the horse was about 1.50 meters high at the withers, which is relatively ihigh for an equine of the time. Thanks to the pieces of harnesses of iron and bronze which were affixed on his head, they could declare that the horse belonged probably to a rich owner.
In addition to the animal, scientists found remains of jugs, tools and cooking utensils, as well as a man’s grave, buried after the eruption. This proves that life continued close to Pompeii just after the eruption.
Source: Italian news media.

Crédit photo : Parco Archelogico di Pompeii