Les secrets d’Herculanum (Italie)

Détruite en octobre 79 par l’éruption du Vésuve, la ville romaine d’Herculanum est moins connue et moins visitée que Pompéi. Située à 6 km du volcan, elle ne couvrait qu’une douzaine d’hectares et hébergeait 4000 habitants. Le site a été découvert par hasard au 18ème siècle par un paysan qui creusait un puits. C’est à cette époque que les fouilles ont débuté.

Herculanum et ses nombreuses fresques très élaborées est mieux conservée que Pompéi, comme le montre fort bien le documentaire intitulé « Les secrets enfouis d’Herculanum », récemment diffusé par la chaîne de télévision France 5.

Lors de l’éruption, le Vésuve a émis une colonne de cendre d’environ 34 km de hauteur que les vents ont d’abord dirigée vers Pompéi. L’effondrement de la colonne éruptive a ensuite déclenché des nuées ardentes d’une température estimée à 500°C qui ont envahi Herculanum. Ce phénomène éruptif est confirmé par le bois carbonisé retrouvé dans les habitations qui sont en meilleur état qu’à Pompéi. Ainsi, plusieurs maisons ont conservé leurs étages. On a découvert des meubles comme des lits et même un berceau avec le bébé à l’intérieur. Des figues, l’une des spécialités agricoles d’Herculanum, ont également été recueillies par les archéologues. .

Une couche de cendre a recouvert les dépôts pyroclastiques. Les strates visibles dans la couche de matériaux volcaniques d’une vingtaine de mètres d’épaisseur montrent que la ville d’Herculanum a été enfouie au cours de plusieurs phases éruptives.

Le documentaire est particulièrement intéressant car il nous montre la structure sociale de la ville qui était beaucoup plus riche et puissante que Pompéi. C’est à Herculanum que vivait l’élite de la société romaine, avec ses nobles et ses personnes fortunées, comme le montre l’architecture des maisons. La plus fascinante est sans aucun doute la Villa dei Papiri où les archéologues ont découvert, comme son nom l’indique, une extraordinaire collection de papyrus.

La maison de très grande taille appartenait au beau-père de Jules César. Elle était particulièrement luxueuse. La présence d’un collection de quelque 1500 papyrus – tous n’ont peut-être pas été découverts – révèle un haut niveau d’éducation à une époque où peu de gens savaient lire. Ecrits en grec, ce sont des extraits de philosophie épicurienne. C’est en utilisant l’imagerie multispectrale mise au point par la NASA, avec plusieurs longueurs d’onde infrarouge, que le contenu des papyrus a pu être déchiffré. La tâche est particulièrement difficile car les lettres à l’encre noire ressortent à peine sur leur support carbonisé.

NB : voir ma note du 30 mars 2016 consacrée à la Villa dei Papiri : https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/03/30/les-papyrus-dherculanum-livrent-leurs-secrets-suite-scrolls-of-herculaneum-are-telling-their-secrets-continued/

La partie du documentaire consacrée aux 300 squelettes découverts à Herculanum est passionnante. Les scientifiques expliquent pourquoi autant d’habitants se sont regroupés dans 79 hangars à bateaux. Il ne faut pas oublier que la ville ne se trouvait pas à 500 mètres à l’intérieur des terres comme aujourd’hui.

Juste avant l’éruption du Vésuve, la terre a tremblé fortement à Herculanum, comme cela s’était déjà produit en l’an 62. Les gens s’étaient réfugiés sous les arcades des hangars pour se mettre à l’abri des effondrements. Ils ne s’attendaient pas à l’éruption du Vésuve qui, pour eux, n’était pas autre chose qu’une montagne.

L’analyse des boîtes crâniennes montre que la mort de ces personnes a été immédiate. Leur crâne a carrément explosé par ébullition du cerveau. Ils ont été tués par la chaleur extrême de la nuée ardente.

La position des corps à Herculanum est très différente de celle révélée par les moulages de Pompéi. Selon les scientifiques, la position des corps à Pompéi s’explique par un « réflexe post mortem », avec une contraction des muscles après la mort.

De plus, contrairement à Pompéi, les os des squelettes d’Herculanum ont permis une identification par l’ADN. Les chercheurs ont pu se rendre compte qu’il y avait des regroupements familiaux. Les gens ont voulu se regrouper pour fuir, mais ils ont été littéralement incinérés.

Autre point important : l’analyse des squelettes révèle la structure de la société romaine à Herculanum, en particulier la présence d’esclaves dont certains étaient affranchis. Ils appartenaient à des maîtres très riches pouvant en posséder parfois une vingtaine. Beaucoup de ces esclaves étaient originaires du Moyen Orient, suite aux conquêtes de l’Empire Romain.

Il se pourrait que les 300 squelettes découverts à Herculanum soient les restes des seules victimes de l’éruption du Vésuve. Les scientifiques pensent que la grande majorité de la population a réussi à s’enfuir. Beaucoup d’habitants auraient élu domicile à Naples et surtout à Cumes, à une trentaine de kilomètres à l’ouest d’Herculanum.

Cette hypothèse devra toutefois être confirmée avec la suite des fouilles car seulement le quart de la ville romaine a été extrait de la cendre du Vésuve.

Le documentaire (accessible en rediffusion jusqu’au 26 décembre 2020) donne vraiment envie d’aller visiter Herculanum, Stabies et Pompéi, sans oublier le Musée archéologique de Naples qui est un complément indispensable à ces visites.

 Vue de la Villa dei Papiri (Crédit photo : Wikipedia)

Nouveaux squelettes découverts à Pompéi (Italie) // New skeletons discovered at Pompeii (Italy)

Selon l’agence de presse italienne ANSA, les fouilles de Pompéi ont mis à jour les squelettes intacts de trois personnes qui pensaient être à l’abri de l’éruption du Vésuve en l’an 79 de notre ère. Les ossements sont probablement ceux de deux femmes et trois enfants. Ils ont été découverts dans la maison qui avait déjà révélé l’inscription au charbon de bois prouvant que l’éruption avait eu lieu au mois d’octobre, deux mois plus tard qu’on le pensait initialement. Les archéologues pensent que les cinq personnes s’étaient mises à l’abri dans une petite pièce, mais ont péri suite à l’effondrement du toit ou parce qu’elles ont été brûlées.

Source : ANSA.

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According to the Italian news agency ANSA, new excavations in Pompeii have yielded the intact skeletons of people who took refuge from the eruption of Mount Vesuvius in A.D.79. The bones, believed to be those of two women and three children, were discovered inside the house which had already revealed a charcoal inscription that historians say dates the deadly eruption to October, two months later than previously thought. Archaeologists think the people sought safety in a small room but were either crushed when the roof caved in or burned.

Source : ANSA.

Photo: C. Grandpey

Nouvelle découvertes de victimes à Pompéi // New discovery of victims at Pompeii

drapeau francaisDes fouilles récentes effectuées à la périphérie de Pompéi ont mis à jour de nouvelles victimes de l’éruption du Vésuve en l’an 79. Les archéologues ont découvert les restes de quatre personnes, dont une adolescente, dans les ruines d’un magasin. Il semble que le groupe cherchait à se mettre à l’abri dans l’arrière-boutique quand le volcan est entré en éruption
Les images des fouilles montrent une masse d’os au fond d’une tranchée. Les squelettes semblent avoir reçu la visite de pillards à la recherche d’objets de valeur, peu de temps après l’éruption. Ils ont toutefois oublié trois pièces d’or qui remontent aux années 74 et 78, ainsi qu’une fleur dans une feuille d’or qui faisait probablement partie d’un pendentif. Un four découvert dans la boutique laisse à penser que le bâtiment était un atelier de bronze.
La découverte vient s’ajouter aux centaines de corps qui ont déjà été mis à jour à Pompéi depuis le 19ème siècle. Les squelettes se trouvaient près de la nécropole située à l’extérieur de la Porta Ercolano qui ouvre la route vers Herculanum, autre ville ensevelie par l’éruption de 79.
En outre, les archéologues ont découvert une tombe datant du 4ème siècle avant. J.-C., avec six pots peints en noir autour du squelette de l’occupant de la tombe.
Source: Live Science.

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drapeau anglaisRecent excavations on the outskirts of Pompeii have revealed more victims of Mt Vesuvius eruption in 79 A.D. Archaeologists have discovered the remains of four people, including one teenage girl, in the ruins of a shop. It looks as if the group was trying to take shelter in the backroom of the shop when the volcano erupted

Images from the excavation show a jumbled mass of bones emerging from a trench. The skeletons appear to have been disturbed by looters who went digging through the ash in search of valuables some time after the volcanic eruption. However, they missed three gold coins that date back to between the years 74 and 78, as well as a flower in gold leaf, which probably was part of a pendant from a necklace. A furnace discovered in the shop has led the excavators to speculate that the building was a bronze workshop.

The discovery adds to the hundreds of bodies that have been found at Pompeii since the 19th century. The newly discovered skeletons were found near the necropolis outside of the Porta Ercolano which opened onto a road to Herculaneum, the other city that was buried in the same eruption.

Additionally, the archaeologists uncovered an intact pre-Roman tomb dating back to the fourth century B.C., complete with six black-painted pots surrounding the skeleton of the tomb’s occupant.

Source: Live Science.

Pompei fouilles

Crédit photo :  Soprintendenza Pompeii.

La cendre volcanique révèle l’histoire au Salvador // Ash reveals history in El Salvador

drapeau francaisSelon plusieurs agences de presse, des archéologues japonais et salvadoriens ont découvert au Salvador trois squelettes humains datant de plus de 1600 ans. Ils pourraient apporter un éclairage nouveau sur les premières implantations humaines dans la région.
Les trois squelettes presque complets, conservés dans la cendre volcanique, ont été trouvés près de la côte Pacifique sur le site de fouilles « Nueva Esperanza, » à environ 90 kilomètres au sud-est de la capitale.
La zone a été enfouie sous la cendre pendant des éruptions de grande ampleur entre les 5ème et 6ème siècles, ce qui a permis de préserver les preuves d’un établissement pré-hispanique sur la côte, peut-être dédié à la production de sel et à la pêche.
La nouvelle découverte ouvre de nouvelles perspectives pour les recherches archéologiques salvadoriennes qui, jusqu’à présent, s’étaient essentiellement concentrées sur des centres cérémoniels. De nouvelles découvertes sont attendues sur le site car la couche de deux mètres de cendre dissimule probablement une foule de témoignages sur la vie quotidienne et des moyens de subsistance de ces premiers habitants des zones côtières.
Les trois corps qui ont été découverts sont ceux de deux adultes, âgés de 25 et 35 ans, et un enfant, entre sept et neuf ans, avec deux billes d’argile autour du cou. Deux d’entre eux ont été enterrés avec les jambes croisées, avec des offrandes telles que des pots en argile et d’autres portant des rayures marron et rouge foncé.
Les restes humains sont nettoyés pour être étudiés par de département d’Archéologie du Musée National d’Anthropologie de San Salvador.
Une dent et une partie des côtes seront soumis à une analyse chimique visant à déterminer leur sexe, leur âge, ainsi que des détails concernant le style de vie, l’alimentation et les maladies subies.

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drapeau anglaisAccording to several press reports, Japanese and Salvadoran archaeologists have found three human skeletons in El Salvador from more than 1,600 years ago that could shed new light on early human settlements in the region.

The three nearly complete human skeletons, preserved in volcanic ash, were found near the Pacific coast at a dig called “Nueva Esperanza,” about 90 kilometres southeast of the capital.

The area was buried in ash from gigantic eruptions between the 5th and 6th centuries, which has helped preserve evidence of a the pre-Hispanic coastal settlement, possibly dedicated to salt production and fishing.

The new find opens a new door for Salvadoran archaeological investigations, which had previously focused only on ceremonial centres. More finds are expected at the site as the two-metre layer of volcanic ash probably hides a wealth of evidence about the daily life and livelihood of these ancient coastal residents.

The three bodies that were discovered are those of two adults, aged between 25 and 35 years old, and a child, between seven and nine years old, with two clay beads around the neck. They had been buried, two of them in a cross-legged position, along with offerings including clay pots and jars bearing dark brown and red stripes.

The remains are being cleaned for study by the Archeology Department at the National Museum of Anthropology in San Salvador.

A tooth and a portion of the ribs will be used for chemical analysis aimed at determining their sex, specific ages, as well as details of lifestyle, diet and illnesses suffered.

Salvador-blog

Source:  Ministère de la Culture salvadorien