Le pôle Nord a chaud lui aussi // The North Pole is hot too

Il y a quelques jours, j’alertais à propos de la vague de chaleur incroyable qui affecte en ce moment l’Antarctique. Il faut dire qu’elle est phénoménale, et le plus grave, c’est que le pôle Nord connaît lui aussi une vague de chaleur. E

En Antarctique, c’est du jamais vu, avec des températures de plus de 40°C au-dessus de la normale. Le thermomètre affichait il y a quelques jours -11°C seulement près de la station de recherche Concordia, au lieu des -50°C habituels. Le plus inquiétant, c’est que la région entre dans l’hiver austral et les températures devraient donc chuter.

C’est la même chose en Arctique. Au pôle Nord, un air particulièrement doux généré par un cyclone le long des côtes américaines, a poussé les températures à presque 30°C au-dessus des normales. C’est anormal car le pôle Nord se trouve actuellement en fin de sa nuit polaire, avec un ensoleillement très limité qui devrait favoriser le froid.

Ce qui est surprenant avec ces événements exceptionnels, c’est que les climatologues évoquent le réchauffement climatique du bout des lèvres, alors que leur répétition semble prover que quelque chose s’est détraqué dans le climat de la Terre.

On nous raconte que l’air doux qui a remonté vers le pôle Nord est dû à un contexte particulier Au pôle Sud, c’est une masse d’air chaud provenant d’Australie qui aurait provoqué une rivière atmosphérique, autrement dit une grosse quantité de vapeur d’eau s’est retrouvée au-dessus de l’Antarctique et qui a provoqué la hausse des températures.
Il va bien falloir admettre, tôt ou tard que la multiplication récente d’événements intenses (vagues de chaleur, méga-incendies, inondations) est le signe de perturbations climatiques plus globales à mettre en lien avec le réchauffement climatique.

Source: France Info et médias d’information internationaux.

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A few days ago, I alerted about the incredible heat wave that is currently affecting Antarctica. What is incredible is that he North Pole is also experiencing a heat wave.
In Antarctica, it is unheard of, with temperatures more than 40°C above normal. The thermometer showed only -11°C a few days ago near the Concordia research station, instead of the usual -50°C. The most worrying thing is that the region is entering the austral winter and temperatures are therefore supposed to drop.
It is the same in the Arctic. At the North Pole, very mild air generated by a cyclone along the American coasts, pushed temperatures to almost 30°C above normal. This is a real problrm because the North Pole is currently at the end of its polar night, with very limited sunshine which should favor the cold.
What is surprising with these exceptional events is that climatologists pay lip service to global warming, while their repetition seems to prove that something has gone wrong in the Earth’s climate.
We are told that the mild air which travelled towards the North Pole is due to a particular context At the South Pole, a mass of warm air coming from Australia is said to have caused an atmospheric river. This means a large quantity of water vapour ended up over Antarctica and caused the temperature to rise.
Climatologists will have to admit, sooner or later, that the recent multiplication of intense events (heat waves, mega-fires, floods) is the sign of more global climate disturbances to be linked to global warming.
Source: France Info and international news media.

Sale temps pour les glaciers de l’Arctique (Photo : C. Grandpey

Mise au point // Clarification

Ce matin, en écoutant France Info, j’ai entendu que les incendies de végétation avaient « atteint le pôle Nord en Sibérie ». Ma tartine de confiture est restée coincée dans mon gosier en entendant ce scoop géographique ! Je savais que la géographie et l’anglais n’étaient pas les points forts des journalistes français, mais tout de même !

Après vérification, j’ai compris que la journaliste en question avait été victime d’un regrettable raccourci. La réalité est que c’est la fumée émise par les incendies en Sibérie qui a atteint le pôle Nord.

Selon la presse russe, c’est la première fois dans l’histoire qu’une telle situation se produit. Selon le service de surveillance satellitaire Copernicus, les incendies qui affectent en ce moment la Yakoutie dans le nord-est de la Sibérie ont déjà émis 505 mégatonnes de dioxyde de carbone. La fumée a parcouru plus de 3 000 km et a atteint le pôle Nord, ce qui a été confirmé par l’outil de surveillance MODIS de la NASA.

La fumée a par ailleurs assombri le ciel jusqu’en Mongolie, dans l’ouest du Groenland et le Nunavut au Canada. Selon les prévisions, les incendies de forêt en Russie et en Amérique du Nord continueront de se propager dans l’océan Arctique dans les prochains jours.

Source : The Moscow Times.

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This morning, while listening to the French radio France Info, I heard that the wildfires had « reached the North Pole in Siberia ». My toast got stuck in my throat when I heard this geographic scoop! I knew that French journalists were not good at geography and English, but still!

After checking, I understood that the journalist had been the victim of an unfortunate shortcut. The reality is that the smoke from the fires in Siberia that reached the North Pole.

According to the Russian press, this is the first time in history that such a situation has occurred. According to the Copernicus satellite monitoring service, the fires currently affecting Yakutia in northeast Siberia have already emitted 505 megatons of carbon dioxide. The smoke travelled over 3,000 km and reached the North Pole, which was confirmed by NASA’s MODIS monitoring tool.

Smoke also darkened the skies as far as Mongolia, western Greenland and Nunavut, Canada. Forest fires in Russia and North America are forecast to keep spreading into the Arctic Ocean in the coming days.

Source: The Moscow Times.

Source: NASA

Les caprices du vortex polaire

+4,8°C dans ma campagne limousine à 8 heures ce matin avec un ciel relativement dégagé. Dans le même temps, il fait -4°C à Paris et -6°C à Lille. La France est donc coupée en deux et on se rend parfaitement compte des limites de l’impact du morceau de vortex polaire après son éclatement sous l’effet d’un épisode de réchauffement stratosphérique soudain Sudden Stratospheric Warming – SSW).

Sous l’effet d’un SSW, la température de la stratosphère peut grimper jusqu’à 50°C en seulement quelques jours entre 10 km et 50 km au-dessus de la surface de la terre. Le vortex polaire se trouve perturbé et son éclatement envoie de l’air glacé vers les latitudes moyennes de l’Amérique du Nord, de l’Europe ou de l’Asie. Le phénomène reste encore mystérieux et les scientifiques font des recherches sur l’interaction des facteurs complexes qui provoquent les éclatements du vortex polaire, mais il ne fait guère de doute que le réchauffement climatique fait partie des coupables.

La situation actuelle trouve donc son origine dans l’Arctique. La région se réchauffe plus rapidement que le reste de la planète et les recherches montrent que la hausse des températures affaiblit le jet stream, courant qui encercle le pôle et maintient en place son air glacial.

Début janvier, une vague de réchauffement soudain a frappé la stratosphère polaire et a fortement perturbé le vortex qui s’est brisé en plusieurs morceaux qui ont pris la direction des latitudes inférieures. C’est ce qui explique le froid glacial et la neige dans la moitié nord de la France…et la douceur relative en Limousin.

Source : Météo France

 

Un temps glacial sur la France en février ? Pas si sûr !

Nous sommes au début du mois de février avec des températures douces dans la plupart des régions de France et bien au-dessus des normales pour cette époque de l’année. Les prévisions à long terme font état d’un possible refroidissement d’ici quelques jours, mais aucun froid glacial et durable  n’est vraiment annoncé.

On entend beaucoup parler du vortex polaire en ce moment, avec certains articles fantaisistes qui confondent vortex polaire et réchauffement de la stratosphère. J’ai donné des explications sur le vortex polaire dans des notes écrites le 28 novembre 2016, le 30 janvier 2019 et le 8 janvier 2021.

Il semblerait (le conditionnel est de rigueur) que des masses d’air froid, portées par un segment du vortex polaire soient en train de se déplacer vers le nord de l’Europe et de l’Amérique, mais personne ne peut affirmer qu’une vague de froid glacial va s’abattre sur la France..

Comme je l’ai expliqué précédemment, quand le nord de l’Arctique entre dans la nuit polaire, entre octobre et mars, l’atmosphère au-dessus de cette région du globe se refroidit très vite à cause de l’absence de soleil. En revanche, le reste de la Terre qui est encore éclairé ne se refroidit pas.

Ce contraste de températures est à l’origine d’une volumineuse masse d’air froid qui tourbillonne au-dessus du Pôle nord et se maintient à une trentaine de kilomètres d’altitude dans la stratosphère. C’est le vortex polaire.

Au début du mois de janvier 2021, les climatologues ont observé que le vortex polaire, au lieu de tourner sous l’influence d’un vent d’ouest, s’est mis à tourner en sens inverse. Ce phénomène a eu plusieurs conséquences. On a observé une augmentation de la température de plusieurs dizaines de degrés en quelques jours dans la stratosphère. C’est ce que l’on appelle en anglaise le Sudden Stratospheric Warming ou SSW, réchauffement soudain de la stratosphère. En Sibérie, sous l’effet de ce réchauffement, la température est passée de -69°C à -13°C en quelques jours au début du mois de janvier. Suite à cette instabilité, le vortex s’est rompu et s’est déplacé à la fois vers l’Amérique du Nord et vers l’Europe.

Personne n’est capable de dire si cela signifie qu’un froid glacial va atteindre la France. En se basant sur les modèles mathématiques, on se rend compte que dans ce genre de situation c’est la Laponie qui connaît des températures plus froides que d’habitude. En revanche, en Méditerrannée orientale, le temps est généralement plus doux que d’habitude. Il n’y a pas de signal statistique précis pour la France.

Les caprices du vortex polaire ont été à l’origine de quelques vagues de froid soudaines en France, comme en 1985 ou en 2012. Toutefois, l’hypothèse d’une vague de froid glacial et durable sur le pays reste faible. A côté de cela, les climatologues s’accordent pour dire que notre pays peut connaître un temps très perturbé sur une longue période.

Source : Météo France.

Une question se pose inévitablement : le réchauffement climatique est-il responsable des frasques du vortex polaire ?  Au cours des trois dernières décennies, l’Arctique s’est réchauffé deux fois plus vite que le reste de la planète. Cette « amplification arctique » a provoqué une très forte réduction de la glace de mer dans la région. Cette situation a pu contribuer à déstabiliser davantage le vortex polaire. En effet, la perte de glace à grande échelle a permis à la chaleur du Soleil de réchauffer les eaux arctiques. Cette chaleur est libérée dans l’atmosphère, ce qui crée des poches d’air chaud dans l’Arctique. Il se peut que ces poches provoquent des oscillations plus significatives vers le nord dans le jet-stream, ce qui perturbe le vortex polaire. Mais ce ne sont là que des hypothèses. D’autres recherches seront nécessaires pour comprendre dans quelle mesure le réchauffement climatique influence les phénomènes météorologiques en provenance de l’Arctique.

Source : National Geographic.

Source : Météo France