Le dessalement de l’eau de mer dans les Îles Canaries (Espagne)

Concentrations de CO2 : 428,59 ppm (17 juillet 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,86 ppb (mars 2026)

Avec le réchauffement climatique et la fonte des glaciers, notre alimentation en eau est en train de décliner à vue d’œil et arrivera le jour où elle deviendra un enjeu majeur pour les populations de notre planète. Elle sera inévitablement source de conflits majeurs si rien n’est fait pour trouver des solutions. L’eau douce est indispensable à notre alimentation et à notre vie.

Afin de continuer à la produire, le développement du dessalement de l’eau de mer et de l’eau saumâtre connait une croissance très importante. La technologie de l’osmose inverse domine, mais reste confrontée à deux défis environnementaux majeurs : la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre associés et la gestion des saumures. Les coûts de production restent élevés même si la tendance est à leur réduction.

Certaines régions du monde sont déjà confrontées au manque d’eau et ont essayé de mettre en place des solutions pour y remédier. Les Îles Canaries font partie de ces contrées où l’eau fait défaut mais est indispensable, tant pour l’agriculture que pour le tourisme.

Situées dans l’océan Atlantique à l’ouest des côtes nord-africaines, à proximité de celles-ci, les Îles Canaries bénéficient d’un climat océanique subtropical, avec des variations très importantes dans le régime pluviométrique. Dans certaines zones de l’île de La Palma, par exemple, les précipitations annuelles dépassent 1 200 mm. Sur les îles orientales, les précipitations sont plus rares que sur celles occidentales. Le manque de pluie a conduit à l’installation d’usines de dessalement pour approvisionner les zones urbaines, comme à Las Palmas de Gran Canaria ou à Santa Cruz de Tenerife.

La première usine de dessalement d’Espagne a été installée sur l’île de Lanzarote en 1964, et actuellement cette île et Fuerteventura sont entièrement approvisionnées en eau de mer dessalée.

Usine de dessalement d’Arecife, sur l’île de Lanzarote (Source: presse espagnole)

Dans les îles occidentales, les aquifères souterrains sont exploités à travers des galeries, à l’exception de l’île d’El Hierro, où les puits et les citernes sont plus importants. Sur cette île, la présence de montagnes près de la côte dans certaines zones provoque la condensation des masses d’air, donnant naissance au phénomène connu sous le nom de mer de nuages, ce qui profite à la végétation grâce à l’humidité obtenue.

Afin de gérer au mieux cette situation climatique très contrastée et les activités économiques qui en dépendent, les Îles Canaries sont devenues la région qui compte le plus d’installations d’usines de dessalement au mètre carré par habitant au monde.

Un excellent documentaire de 52 minutes, réalisé par Yoann Périé en 2024 et diffusé par la chaîne de télévision ARTE présente le dessalement de l’eau de mer dans les Îles Canaries. Le film s’attache à comprendre les dessous du dessalement et de son fonctionnement et à mesurer les conséquences de ce procédé et de son usage. Il est intitulé « Les Canaries, des îles sous perfusion. »

https://www.arte.tv/fr/videos/111671-000-A/les-canaries-des-iles-sous-perfusion/

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Comme on peut le voir dans le documentaire, la fabrication de l’eau douce n’est pas sans conséquences. Elle suppose l’utilisation massive de pétrole pour produire l’énergie nécessaire au dessalement, sans oublier les rejets de saumure qui anéantissent la vie sous-marine et acidifient les océans…

Le dessalement permet d’obtenir une eau de meilleure qualité, a priori exempte de micropolluants. Aujourd’hui, en France, il est considéré comme la solution de dernier recours en cas d’insuffisance de ressources en eau douce. Son développement reste donc très marginal et la définition d’un plan de développement du dessalement au niveau national n’est pas d’actualité.

Le dessalement ne doit pas être considéré comme LA solution de facilité pour répondre au moindre déficit en eau, mais comme l’une des solutions possibles pour répondre à un stress hydrique.

Coup de chaud sur l’Arctique

À voir sur la chaîne ARTE un excellent documentaire d’une durée de 1h22′, intitulé « Coup de chaud sur l’Arctique. » Ses réalisateurs grecs attirent l’attention sur les effets du réchauffement climatique sur cette région du monde qui se réchauffe quatre fois plus vite que le reste de la planète. On a sous les yeux des preuves irréfutables du dégel du pergélisol et de ses conséquences. En plus de son impact sur les infrastructures, le phénomène provoque de colossales émissions de carbone et de méthane qui viennent s’ajouter à celles produites par les activités humaines.

Le dégel du permafrost a provoqué de violentes explosions de méthane (Crédit photo: The Siberian Times)

Le documentaire nous montre l’étendue des exploitations pétrolières et gazières en Sibérie et en Alaska. La population doit souvent choisir entre les revenus et les emplois générés par ces industries et la protection de l’environnement. Priorité est, malheureusement, le plus souvent donnée à la première option, en dépit des conséquences sanitaires.

Gazoducs sur la péninsule de Yamal (Source: Total Rnergies)

La conclusion du documentaire n’incite guère à l’optimisme. L’avenir de l’humanité est sacrifié sur l’autel du profit. Les derniers événements en Ukraine et au Moyen-Orient ont largement occulté la crise climatique, mais la hausse des cours du pétrole montre à quel point notre société dépend des énergies fossiles. L’exploitation de nouveaux champs pétrolifères dans l’Arctique, en particulier en Alaska, malgré la promesse du président Biden, montre que la chute de la Courbe de Keeling et des concentrations de CO2 dans l’atmosphère n’est pas pour demain.

Le film m’a particulièrement intéressé car j’y ai retrouvé tout l’argumentaire que je développe dans ma conférences « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique.

Le documentaire a été réalisé en 2025. Vous pourrez le visionner en cliquant sur ce lien :

https://www.arte.tv/fr/videos/110219-000-A/coup-de-chaud-sur-l-arctique/

 Glaciers – Enquête sur une disparition

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous pourrez regarder un documentaire très intéressant, diffusé sur le chaîne ARTE, sur la fonte des glaciers dans le monde et ses conséquences. Il est intitulé « Glaciers – Enquête sur une disparition. » et dure environ 1h 30.

https://www.arte.tv/fr/videos/121278-000-A/glaciers-enquete-sur-une-disparition/

Au fil des images, on assiste aux catastrophes susceptibles de se produire, en particulier à cause des lacs qui se forment à l’avant des glaciers et dont la vidange est catastrophique. Le documentaire débute par une évocation de l’effondrement du glacier Birch en Suisse et un drame évité de justesse grâce à l’évacuation du village de Blatten.

On nous rappelle ensuite l’épée de Damoclès que fait peser le glacier de Planpincieux sur la vallée de Courmayeur, du côté italien des Alpes.

Les innombrables lacs glaciaires de l’Himalaya ne peuvent pas être contrôlés dans leur entièreté et les crues glaciaires – Glacial Lake Outburst Flood ou GLOF – sont une menace permanente.

Le documentaire confirme les messages d’alerte que j’émets régulièrement, à mon petit niveau, sur ce blog. À l’échelle mondiale, il est très difficile de faire comprendre à ceux qui nous gouvernent l’imminence de la catastrophe climatique qui nous guette. Les politiques, quelle que soit leur tendance, font des projections à court terme, rarement à long terme.

En Europe, l’un des glaciers – avec la Mer de Glace – qui montre le mieux l’impact du réchauffement climatique est le Glacier du Rhône, dans le Valais suisse. Il y a 20 000 ans, ce glacier s’étirait jusqu’à Lyon. Dans les années 1980, j’ai photographié (voir ci-dessous) la masse de son front qui dominait la route du col de la Furka. Une vingtaine d’années auparavant, en 1964, a été réalisé le film Goldfinger dans lequel on voit Sean Connery avec le glacier du Rhône à l’arrière-plan. En 40 ans, le glacier a perdu plus de 400 mètres de longueur ! Il est probable que nous assistions à ce que les glaciologues appellent le peak water, un point de bascule où le glacier libère un maximum d’eau. Passé ce pic, son débit diminue, avec des conséquences faciles à imaginer pour les régions en aval. Cette remarque est valable pour les autres glaciers alpins de la taille du glacier du Rhône. Pour les plus petits, la partie est perdue depuis longtemps.

À son embouchure, le Rhône irrigue la Camargue qui subit les assauts des eaux montantes de la Méditerranée et leur salinité. Sans les eaux douces du Rhône, la Camargue serait un enfer pour l’agriculture. On imagine de ce qu’il adviendra de cette région si le débit du Rhône vient à baisser dans les prochaines années. J’ai attiré l’attention sur ce problème dans plusieurs notes comme celles publiées le 10 novembre 2022 et le 22 mars 2025.

Le plus grave, c’est que la pénurie d’eau douce fournie par les glaciers va inévitablement déboucher sur de graves conflits, voire des guerres. J’ai insisté à plusieurs reprises sur le rôle de château d’eau que jouent les glaciers de l’Himalaya pour les pays asiatiques. Que se passera-t-il si ces pays à très forte densité de population viennent à manquer d’eau ?

En fait, ce sont tous les glaciers de la planète qui sont en train de disparaître, depuis la Cordillère des Andes, jusqu’au Groenland et à l’Antarctique. Sans oublier la conséquence de cette fonte sur l’élévation de niveau des océans. Depuis une décennie, le niveau de la mer est en hausse de 3 à 4 millimètres par an. 18 des plus grandes villes du monde se situent sur les littoraux. Venise, Londres, Shanghai ou la Camargue se retrouveront sous les eaux à la fin de ce siècle.

Dans sa partie finale, le documentaire met l’accent sur l’influence de la fonte de l’Antarctique sur le comportement des courants océaniques dans le monde. Une modification de l’AMOC dans l’Atlantique aura des répercussions sur le Gulf Stream qui nous permet de bénéficier de températures tempérées en Europe. Si un jour l’AMOC se dérègle, nous allons à coup sûr avoir froid…

Voici deux photos illustrant la fonte et le recul spectaculaires du glacier du Rhône. Je les ai prises à quelques années d’intervalle (1981 et 2018) depuis un virage du col de la Furka.

La Villa des Papyrus (Herculanum) : un excellent documentaire sur France 5

Depuis 2015, j’ai écrit sur ce blog plusieurs notes dédiées aux rouleaux de papyrus découverts à Herculanum dans la Villa des Papyrus ayant probablement appartenu à Pison, beau-père de Jules César. Elle a été ensevelie par l’éruption du Vésuve en 79.

Herculanum et la Villa des Papyrus (Photos: C. Grandpey)

La villa contenait une bibliothèque de 1 838 rouleaux de papyrus qui, quoique carbonisés par les boues brûlantes, ont été préservés à l’abri de l’air. On sait aujourd’hui que de nombreux papyrus appartiennent au domaine de la philosophie grecque avec des textes épicuriens.

Les rouleaux de papyrus sont conservés à la Bibliothèque nationale de Naples. Particulièrement fragiles, certains ont pu être déroulés avec plus ou moins de réussite.

Source: Bibliothèque Nationale de Naples

En 2014, une équipe internationale de chercheurs a réussi à déchiffrer quelques mots de certains papyrus sans les dérouler ou les fragiliser davantage. Ils ont pour cela utilisé la tomographie X à contraste de phase, une technique d’imagerie utilisant des rayons X.

En 2023 un étudiant de l’université de Nebraska-Lincoln, Luke Farritor, est parvenu à déchiffrer pour la première fois un mot entier issu d’un des papyrus. Grâce aux travaux du chercheur Brent Seales, à la tomographie X déjà employée précédemment et au développement d’une intelligence artificielle, est apparu le mot πορφύραc (porphyras) qui signifie pourpre, une couleur liée à la richesse vestimentaire à l’époque romaine.

Le mot grec πορφύραc, qui signifie « pourpre », fait partie des caractères et des nombreuses lignes de texte déchiffrés par les lauréats du Vesuvius Challenge.

Début 2024, trois jeunes chercheurs internationaux lauréats du Vesuvius Challenge ont réussi à déchiffrer environ 5 % de l’un des rouleaux extraits de la Villa des Papyrus. Le texte semble aborder des « plaisirs de la vie » et correspond donc à la philosophie épicurienne. Le « Vesuvius Challenge » avait été lancé l’année précédente par Brent Seales et Nat Friedman, fondateur de la plateforme GitHub. Le prix de 700 000 dollars était destiné aux chercheurs capables de déchiffrer au moins 85 % de quatre passages de 140 caractères dans l’image déroulée numériquement proposée par les organisateurs.

C’est ce travail de fourmi, ainsi que l’histoire de la Villa des Papyrus que raconte un excellent documentaire proposé par France 5 dans le cadre de l’émission Science Grand Format. Intitulé « Herculanum, les papyrus décodés », le documentaire explique le défi que s’est fixé le professeur Brent Seales, spécialiste en informatique.

https://www.france.tv/documentaires/documentaires-science/7458158-herculanum-les-papyrus-decodes.html