Prévision éruptive : où en est-on ?

L’actualité volcanique a été particulièrement riche ces dernières semaines, avec quatre éruptions quasi simultanées sur la péninsule de Reykjanes en Islande, sur l’Etna  en Sicile, sur le Piton de la Fournaise à la Réunion et sur La Soufrière de St Vincent. Comment les scientifiques ont-ils appréhendé ces éruptions qui, pour le moment, n’ont fait aucune victime ? Il est vrai que trois d’entre elles sont effusives, avec un risque relativement faible pour la population. Il faut garder à l’esprit que la prévision éruptive ne revêt réellement de l’importance lorsque des populations sont menacées et qu’il s’agit de définir une stratégie pour les protéger.

Après beaucoup de questions et de tergiversations parmi les scientifiques islandais pour savoir si la sismicité enregistrée sur la péninsule de Reykjanes était due à la présence d’un dyke, et ensuite si le dyke allait donner naissance à une éruption, la lave a enfin percé la surface à 18h45 (heure locale) le 19 mars 2021. La zone de l’éruption, la Geldingadalur se situait loin des zones habitées et il a été relativement facile pour les autorités islandaises de gérer cet événement.

Un très grand nombre d’Islandais sont venus assister au spectacle. Plusieurs sentiers d’accès ont été mis en place au fur et à mesure de l’évolution des coulées de lave. Au bout de quelques jours, les scientifiques ont eu la surprise de voir de nouvelles bouches apparaître le long de la fracture éruptive, mais leur activité ne posait pas le moindre problème. Seuls les gaz auraient pu incommoder les personnes présentes, Il leur a été conseillé de veiller à avoir le vent dans le dos pour éviter tout désagrément. Contrairement au Piton de la Fournaise, « chaleur et toxicité des gaz »  n’ont tué personne en Islande. On a juste recensé quelques blessures (entorses, foulures, etc.) sans gravité.

Très peu de visiteurs étrangers ont pu observer l’éruption jusqu’à présent à cause des interdictions de circuler en vigueur dans de nombreux pays, mais aussi à cause des restrictions d’accès imposées par les autorités islandaises.

Au final, on peut dire que, s’agissant de l’éruption en cours,  la prévision éruptive n’a, pour le moment, qu’une importance très relative en Islande.

Crédit photo : http://www.ruv.is

Le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) nous offre, lui aussi, une éruption effusive depuis le 9 avril 2021. Comme à l’accoutumée, elle se déroule dans l’Enclos Fouqué et aucune population n’est menacée. Là aussi, le prévision éruptive n’a qu’une importance relative. Il en irait différemment si la lave décidait de sortir de l’Enclos et menaçait des maisons, comme cela s’est déjà produit par le passé. Malgré tout, avec une éruption effusive comme celle-ci ou celle en Islande, le risque humain est quasiment nul. On l’a vu en 2018 avec l’éruption du Kilauea (Hawaii) qui a détruit plusieurs centaines de structures, sans faire de victimes.

L’OVPF fournit quotidiennement des informations  qui permettent de bien suivre le déroulement des événements. Deux randonneurs ont perdu la vie ces derniers jours, mais ils se trouvaient dans l’Enclos dont l’accès était interdit. La cause exacte de leur décès reste à déterminer.

Source : OVPF

Après une période calme, l’Etna (Sicile) semble vouloir reprendre du service. Une activité strombolienne anime à nouveau le Cratère SE. Allons-nous assister à une nouvelle série de « paroxysmes » ? L’INGV explique qu’il n’a pas la réponse. Tant que cette activité éruptive restera concentrée dans la zone sommitale du volcan, il s’agira juste d’un beau spectacle pour les yeux. Nous sommes particulièrement gâtés par les webcams dont certaines proposent de superbes images en streaming. La situation serait plus inquiétante si des coulées de lave menaçaient des bourgades sur les flancs du volcan, comme ce fut le cas pour Zafferana Etnea au cours de l’éruption de 1991-1994. Là encore, les dégâts seraient matériels et, sauf imprudence, aucune vie humaine ne serait en jeu.

La cendre volcanique est le seul problème pour la population qui est contrainte à manier le balai au moment des paroxysmes. C’est aussi un problème pour les agriculteurs car les plantations n’apprécient guère les dépôts de cendre. En fonction de la direction du vent, l’aéroport de Catane est parfois contraint d’arrêter ses activités mais, répétons le, des vies humaines ne sont pas menacées directement par une éruption de l’Etna, donc la prévision prend, là aussi, une importance relative.

Il en va différemment lorsqu’il s’agit d’un volcan explosif situé dans une zone de subduction, comme La Soufrière à St Vincent-et-les-Grenadines. Cela faisait plusieurs semaines que les scientifiques s’inquiétaient car on observait la croissance d’un dôme de lave dans le cratère du volcan, juste à côté de celui laissé par l’éruption de 1979. Personne ne savait comment ce dôme allait évoluer. Allait-il cesser de croître sans autre conséquence ? Allait-il continuer sa croissance et déborder du cratère en déclenchant des coulées pyroclastiques ? Allait-il exploser ? Personne n’avait la réponse. On savait que l’une de ces hypothèses était probablement la bonne, mais laquelle ? Prévision éruptive nulle !

Le 8 avril 2021, les scientifiques de l’Université des Antilles (UWI) en charge de la surveillance du volcan ont observé une très forte intensification de la sismicité. Ils ont alerté les autorités et il a été décidé – en appliquant le principe de précaution – d’évacuer la population dans la zone nord de l’île, celle qui était le plus sous la menace du volcan. La décision était la bonne car le 9 avril, un très volumineux panache de cendre s’échappait du cratère, avec des très importantes retombées de cendre.

On peut dire que les scientifiques de l’UWI ont eu beaucoup de chance car l’éruption aurait pu débuter plus rapidement et différemment, dès le 8 avril, avec des coulées pyroclastiques. La situation aurait alors pris une autre tournure au niveau humain. Par bonheur, les coulées pyroclastiques se sont produites plusieurs jours plus tard , et uniquement sue le versant ouest de La Soufrière.

Les dégâts causés par la cendre sont immenses et il faudra très longtemps pour que St Vincent retrouve une situation acceptable. Heureusement, l’aide internationale et celle des autres îles de la Caraïbe permettent d’amortir le choc.

Cela fait plusieurs jours que le volcan s’est calmé, mais l’UWI prévient que des sursauts d’activité restent possibles et demande à la population de rester très vigilante.

Quelque 13 000 personnes ont été déplacées par l’éruption. Environ  6 200 vivent dans des abris temporaires et doivent faire face aux problèmes habituels de promiscuité et de santé, en sachant que l’épidémie de Covid-19 n’arrange pas les choses.

On peut donc dire que, pour le moment – contrairement à l’éruption de 1902 et ses 1600 victimes – l’éruption de La Soufrière se passe sans perte humaine, en dépit des difficultés de la prévision éruptive sur ce type de volcan. Le principe de précaution a été mis en œuvre et c’est une sage décision.

Source : UWI

White Island (Nouvelle Zélande) : Le bilan s’alourdit // The death toll rises

Un rapport de police indique qu’une femme originaire d’Atlanta qui avait été gravement blessée lors de l’éruption de White Island est décédée dimanche à l’hôpital, ce qui porte le nombre de morts à 17. Elle est la sixième personne à mourir dans des hôpitaux de Nouvelle-Zélande et d’Australie au cours des deux semaines depuis l’éruption. Au total, 25 personnes restent hospitalisées et leur pronostic vital reste engagé. Deux personnes sont toujours portées disparues et sont très probablement mortes elles aussi.

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 A police report indicates that an Atlanta woman who was seriously injured in the White Island volcano eruption died on Sunday in hospital, bringing the number of fatalities to 17. She is the sixth person to die in hospitals in New Zealand and Australia in the two weeks since the eruption. A total of 25 remain hospitalized in critical condition. Two people remain missing and are presumed dead.

White Island (Nouvelle Zélande): Les recherches restent vaines // Two persons are still missing

La police a annoncé le 15 décembre que le bilan de l’éruption de White Island  est passé à 18 morts. Les recherches terrestres et en mer menées dimanche n’ont pas permis de repérer les corps des deux dernières personnes portées disparues. Les recherches vont toutefois continuer.

Vingt-six personnes sont toujours hospitalisées en Nouvelle-Zélande et en Australie, dont un grand nombre dans un état qualifié de « critique » par les médecins.

Les scientifiques affirment que l’activité du volcan n’est plus aussi importante que lundi dernier, mais que le risque d’éruption demeure. Une lueur était toujours visible dans la nuit au niveau de la cheminée volcanique, ce qui confirme la présence d’un important flux thermique. Des observations aériennes dimanche matin ont permis de constater que le cratère émettait des gaz volcaniques en grande quantité et à une température supérieure à 200°C.

Une minute de silence a été observée ce lundi en Nouvelle Zélande et en Australie en hommage aux victimes.

Source : Presse néo-zélandaise et australienne.

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Police announced on December 15th that the death toll from the White Island eruption has risen to 18. Land and sea searches conducted on Sunday failed to locate the bodies of the last two missing persons. Research will continue, however.
Twenty-six people are still hospitalized in New Zealand and Australia, many of them in a condition described by doctors as « critical ».
Scientists say activity athe volcano is less intense than last Monday, but the risk of an eruption remains. A glow was still visible at night in the volcanic chimney, which confirms the presence of a significant thermal flux. Aerial observations on Sunday morning revealed that the crater emitted volcanic gases in large quantities and at a temperature above 200°C.
A minute of silence was observed this Monday in New Zealand and Australia in tribute to the victims.
Source: New Zealand and Australian press.

Photo: C. Grandpey

Eruptions 2018: Un lourd bilan // A heavy toll

Selon le Centre de recherches sur l’épidémiologie des désastres (CRED), on a comptabilisé en 2018 281 événements liés au climat et à la géophysique. Ils incluent des séismes et des tsunamis, des tempêtes, des inondations, des éruptions volcaniques, des sécheresses et des températures extrêmes, ainsi que des incendies de forêt. Au total, ces catastrophes naturelles ont causé la mort de 10 733 personnes et affecté 61 millions de personnes dans le monde. Cependant, on constate en 2018 la poursuite de la tendance à la baisse du nombre de décès par rapport aux années précédentes. Cela démontre probablement l’amélioration des niveaux de vie et une meilleure gestion des catastrophes.
L’activité volcanique a été assez élevée en 2018. Cela a entraîné plus de décès que pendant les 18 années précédentes combinées. L’un des événements les plus meurtriers s’est produit en juin, lorsque Fuego est entré en éruption au Guatemala. Le dernier bilan du CONRED le 22 août 2018 était de 169 morts et 256 disparus.
Plus tard en décembre, l’éruption de l’Anak Krakatau en Indonésie a déclenché un tsunami. Le dernier bilan en date du 2 janvier 2019 était de 437 morts, 14 059 blessés et 16 disparus.
Source: CRED, The Watchers..

Ces chiffres montrent que notre capacité à prévoir des événements volcaniques majeurs reste faible. Les volcanologues guatémaltèques ont été critiqués pour ne pas avoir su anticiper le déclenchement de coulées pyroclastiques meurtrières. Leurs homologues indonésiens n’ont pas subi le même sort, mais force est de reconnaître qu’ils n’avaient pas prévu l’effondrement d’un flanc de l’Anak Krakatau et les vagues meurtrières qui ont suivi.

Aujourd’hui, la plupart des rapports d’activité se contentent de résumer l’activité éruptive et ses conséquences. On évacue les populations, mais trop souvent après le déclenchement des éruptions. C’est ce qui vient de se passer à Manam. Il arrive aussi que l’on évacue des populations et qu’il ne se passe rien ; c’est ce qui s’est passé il y a quelques mois quand l’Agung menaçait de se mettre en colère. Certes, la volcanologie a progressé au cours du siècle écoulé, mais il reste beaucoup à faire !

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According to the Centre for Research on the Epidemiology of Disasters (CRED), there were 281 climate-related and geophysical events in 2018. These include earthquakes and tsunamis, storms, floods, volcanic eruptions, droughts and extreme temperatures, wildfires. Altogether, they caused the deaths of 10 733 people and affected 61 million people across the world. However, the ongoing trend of lower death tolls from previous years continued into 2018, potentially demonstrating the efficacy of improved standards of living and disaster management.

Volcanic activity was quite high in 2018. It resulted in more deaths than in the previous 18 years combined. The most deadly events occurred in June, when Fuego erupted in Guatemala. CONRED’s last toll on 22 August, 2018 was 169 deaths and 256 missing.

Later in December, the eruption of Anak Krakatau in Indonesia triggered a tsunami. The last toll on January 2nd, 2019 was 437 dead, 14 059 injured and 16 missing.

Source: CRED, The Watchers.

These figures show that our ability to predict major volcanic events remains low. Guatemalan volcanologists have been criticized for failing to anticipate the triggering of deadly pyroclastic flows. Their Indonesian counterparts were not criticised, but it is clear that they did not anticipate the collapse of a flank of Anak Krakatau and the deadly waves that followed.
Today, most activity reports simply sum up eruptive activity and its consequences. People are evacuated, but too often after an eruption has started. This is what has just happened in Manam. Authorities sometimes evacuate people and nothing happens; this was the case a few months ago when My Agung threatened erupt. Even though volcanology has progressed in the last century, much remains to be done!

En comparant les images des volcans (ici le Fuego et l’Anak Krakatau) avant et après les éruptions, il est facile de comprendre – mais trop tard – pourquoi ces événements ont tué tant de personnes.

Krakatau (Indonésie): La situation reste difficile // Still a difficult situation

La situation est très difficile dans les régions d’Indonésie touchées par le tsunami provoqué par l’effondrement du flanc sud-ouest de l’Anak Krakatau. Une photo publiée aujourd’hui par l’armée indonésienne est assez impressionnante. Elle donne l’impression que le cratère est maintenant proche du niveau de la mer. La situation pourrait encore s’aggraver car les autorités ont diffusé un message d’alerte le 26 décembre indiquant que des « conditions météorologiques extrêmes et de fortes vagues » allaient apparaître autour du volcan en éruption. Il est demandé aux populations à s’éloigner de la côte déjà dévastée par le tsunami qui a tué plus de 400 personnes.
Aujourd’hui, comme on peut le voir sur la photo, de très volumineux nuages ​​de cendre émanaient d’Anak Krakatau obscurcissaient presque totalement l’île volcanique. L’Agence de climatologie, de géophysique et météorologie (BMKG) a déclaré en fin de journée le 25 décembre que le mauvais temps dans le secteur du volcan pourrait fragiliser encore davantage son cratère. L’Agence a installé un système de surveillance de l’activité sismique de l’Anak Krakatau afin de pouvoir émettre des alertes rapides. Une zone d’exclusion de 2 km a été mise en place autour du volcan.
Le bilan officiel est actuellement de 429 morts, avec au moins 154 personnes disparues. Plus de 1 400 personnes ont été blessées et des milliers d’autres ont été déplacées. Les sauveteurs tentent d’atteindre plusieurs villages encore inaccessibles par la route. Des milliers de personnes séjournent dans des tentes et des abris temporaires tels que des mosquées ou des écoles, et des dizaines d’autres dorment à même le sol ou dans des lieux publics surpeuplés.
Source: The Jakarta Globe.

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The situation is very difficult in the areas of Indonesia that were hit by the tsunami caused by the collapse of the SW flank of Anak Krakatau. A photo released today by the Indonesuian army is quite impressive. Il looks as if the crater is now close to see level. The situation could turn even worse as authorities warned on December 26th of « extreme weather and high waves » around the erupting Anak Krakatau volcano, urging people to stay away from the coast already devastated by a tsunami that killed more than 400 people.

Today, clouds of ash spewed from Anak Krakatau, almost obscuring the volcanic island. The Meteorology Climatology and Geophysics Agency (BMKG) said late on December 25th that the rough weather around the volcano could make its crater more fragile. The Agency has developed a monitoring system focused specifically on the volcanic tremors at Anak Krakatau so that it can issue early warnings. A 2-kilometre exclusion zone has been imposed.

The confirmed death toll is 429, with at least 154 people missing. More than 1,400 people were injured and thousands have moved to higher ground. Rescuers are trying to reach several villages still inaccessible by road. Thousands of people are staying in tents and temporary shelters like mosques or schools, with dozens sleeping on the floor or in crowded public facilities.

Source : The Jakarta Globe.

Le Krakatau le 26 décembre 2018 au matin (Source: armée indonésienne)

L’éruption du Krakatau a probablement provoqué un tsunami en Indonésie // The Krakatau eruption probably caused a tsunami in Indonesia

9 heures (heure française): Un tsunami a tué au moins 168 personnes (bilan très provisoire) et fait des centaines de blessés dans les îles indonésiennes de Java et de Sumatra à la suite d’un glissement de terrain sous-marin provoqué par l’éruption de l’Anak Krakatau.
Des centaines de maisons et d’autres bâtiments, tels que des hôtels, ont été lourdement endommagés lors du tsunami qui a frappé le littoral du Détroit de la Sonde en fin de journée le samedi 22 décembre 2018..
Les autorités ont demandé aux habitants et aux touristes des zones côtières de rester à l’écart des plages et un avis de marée haute a été maintenu jusqu’au 25 décembre.
Des images de télévision montrent des routes bloquées par les matériaux de maisons endommagées, des voitures renversées et des arbres à terre. La côte ouest de la province de Banten à Java semble être la région la plus touchée. Les secours et les ambulances ont du mal à atteindre les zones touchées car certaines routes sont bloquées par des débris.
Environ 250 employés de l’entreprise de la compagnie d’ »électricité PLN s’étaient réunis à Tanjung Lesung pour un événement de fin d’année. Au moins sept personnes ont été tuées et beaucoup souffrent de fractures. Un autre reportage télévisé a montré le moment où les vagues de tsunami ont frappé un concert et emporté la scène où se produisait le groupe de rock local Seventeen.
Selon l’agence nationale de gestion des catastrophes, le tsunami a été provoqué par « un glissement de terrain sous-marin résultant de l’activité volcanique de l’nak Krakatau et a été exacerbé par une marée anormalement haute en raison de la pleine lune ». Un géologue a déclaré que le tsunami a pu être causé par un « effondrement partiel » de l’Anak Krakatau, qui vomissait de la cendres et de la lave depuis plusieurs semaines (voir mes notes précédentes) et avait montré une hausse d’activité au cours de la semaine écoulée. Une éruption d’une durée de 13 minutes a eu lieu vers 16 heures le 22 décembre.
Les habitants du littoral ont déclaré ne pas avoir ressenti de signes avant-coureurs du tsunami, tels que le retrait de l’eau ou un séisme. Pourtant, des vagues pouvant atteindre deux mètres de hauteur ont frappé la côte. Les autorités indonésiennes ont d’abord déclaré que la vague n’était pas un tsunami, mais un effet de la marée montante, et ont demandé à la population de ne pas paniquer. Elles se sont ensuite excusées pour leur erreur d’appréciation de la situation.
Encore une fois, cette catastrophe montre notre incapacité à prévoir les éruptions, les séismes et les tsunamis.
Source: VSI et médias d’information internationaux.

Le dernier bilan en date du dimanche 23 décembre 2018 est de 222 morts, 843 blessés et une trentaine de disparus. Des centaines de maisons et de bâtiments ont été endommagés. Les données de l’agence de gestion des catastrophes révèlent que cinq des plages de la régence de Pandeglang ont été touchées, à savoir Tanjung Lesung, Sumur, Teluk Lada, Panimbang et Carita. Au moins 43 maisons et 10 hôtels ont été gravement endommagés.

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20 heures (heure française): Les autorités indonésiennes ont diffusé un document (voir ci-dessous) confirmant que c’est bien l’effondrement d’un flanc du Krakatau qui a déclenché le tsunami meurtrier.

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Cet événement tragique me rappelle ce qui s’est passé à Stromboli (Sicile) le 30 décembre 2002, lorsqu’une partie de la Sciara del Fuoco s’est détachée et a plongé dans la mer. Une dizaine de millions de mètres cubes de roche volcanique se sont précipités dans la Méditerranée. Ce spectaculaire décrochement du flanc du volcan a généré un nuage de vapeur et de cendre et déclenché un tsunami qui a secoué les navires dans des ports situés à plus de 150 km. Sur les pages, la mer s’est retirée puis est revenue sous forme d’une vague de 6 mètres de haut qui a endommagé des maisons sur le littoral de l’île. Heureusement, à cette époque de l’année, il y a peu de touristes à Stromboli et une centaine d’habitants sont allés se réfugier à Lipari.

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9:00 a.m. (French time): A tsunami killed at least 168 people (this death toll will probably increase) and injured hundreds on the Indonesian islands of Java and Sumatra following an underwater landslide caused by the eruption of Anak Krakatau.

Hundreds of homes and other buildings like hotels were heavily damaged in the tsunami which struck along the rim of the Sunda Strait late on Saturday, December 22nd, 2018. .

Authorities warned residents and tourists in coastal areas around the Sunda Strait to stay away from beaches and a high-tide warning remains in place through till December 25th.

TV footage shows roads blocked by debris from damaged houses, overturned cars and fallen trees. The western coast of Banten province in Java is the worst-hit area so far. Rescue workers and ambulances are finding it difficult to reach affected areas because some roads are blocked by debris.

Around 250 employees of the state utility company PLN had gathered in Tanjung Lesung for an end-of-year event. At least seven people were killed and many suffered broken bones. Another TV footage showed the seconds when waves hit a concert and washed away the stage where local rock band Seventeen was performing.

According to the country’s disaster management agency, the tsunami was caused by « an undersea landslide resulting from volcanic activity on Anak Krakatau and was exacerbated by abnormally high tide because of the full moon.” A geologist said the tsunami may have been caused by a « partial collapse » of Anak Krakatau which had been spewing ash and lava for weeks (see my previous posts) and shown increased signs of activity during the past week. An eruption occurred at about 16:00 on December 22nd and lasted 13 minutes. .

Coastal residents reported not seeing or feeling any warning signs, like receding water or an earthquake, before waves of up to two metres washed ashore. Indonesian authorities had first declared the wave was not a tsunami, but caused by the rising tide, and ansked the population not to panic. They later apologised for having been wrong.

Again, this disaster shows our inability to predict eruptions, earthquakes and tsunamis.

Source: VSI and international news media.

The latest death toll as of Sunday, December 23rd. is 222 people, with 843 injured and about 30 reported missing. Hundreds of houses and buildings have been damaged. Data from Disaster Mitigation Agency (BPBD) reveals that a total of five beaches in Banten’s Pandeglang regency were affected by the disaster, namely Tanjung Lesung, Sumur, Teluk Lada, Panimbang and Carita. At least 43 houses and 10 hotels were severely damaged.

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Indonesian authorities have released a document confirming that the tsunami was triggered by a huge collapse of Kraratau’s flank (see below).

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This tragic event reminds me of what happened at Stromboli (Sicily) on December 30th, 2002 when a part of the Sciara del Fuoco detached itself and plunged into the sea. Around 10 million cubic metres of volcanic rock and boiling lava dropped into the Mediterranean, producing a cloud of steam and ash and a tsunami that rocked ships in ports more than 150 km away. The event sucked the sea from the beaches and then drove it back at them in a 6-metre-high wave, wrecking houses on the shores of the island. Fortunately, at that time of the year there are few tourists at Stromboli and around 100 residents sought the safety of neighbouring Lipari.

Activité éruptive sur le Krakatau (Photo: C. Grandpey)

Effets du tsunami du 30 décembre 2002 à Stromboli (Photo: C. Grandpey)