Hekla (Islande) : Une bombe à retardement ? // Mt Hekla (Iceland) : A time bomb ?

On peut lire dans la base de données de la Smithsonian Institution que l’Hekla, l’un des volcans les plus actifs d’Islande, se trouve près de l’extrémité méridionale de la zone de rift Est. Au cours de son histoire, il a émis des andésites basaltiques, contrairement aux basaltes tholéiitiques que l’on rencontre généralement sur les volcans de zone de rift en Islande. Les tephras de l’Hekla sont généralement riches en fluor qui présente un risque pour les animaux dans les pâturages. Les nombreuses coulées de lave émises pendant les éruptions historiques – qui remontent à 1104 de notre ère – couvrent une grande partie des flancs du volcan.
Certains volcanologues pensent que l’Hekla a un cycle éruptif de dix ans. C’est vrai si l’on prend en compte les éruptions les plus récentes, mais au vu de l’histoire du volcan, un tel cycle n’existe pas vraiment. Comme je l’ai dit à plusieurs reprises, la notion de cycle en volcanologie n’a jamais été vraiment prouvée. Voici le lien vers une liste des éruptions de l’Hekla sur le site web de la Smithsonian Institution:
https://volcano.si.edu/volcano.cfm?vn=372070

Situé dans le sud de l’Islande, l’Hekla attire les touristes. Cependant, gravir ce volcan n’est pas sans risque car les éruptions se déclenchent très rapidement, sans prévenir.
N’importe qui peut l’escalader car l’ascension ne présente pas de difficultés techniques. Une fois au sommet, on a une vue magnifique sur les environs ; elle est appréciée par des foules de gens chaque année, mais très peu d’entre eux sont conscients des risques qu’ils courent en gravissant la montagne.
Comme je l’ai écrit plus haut, l’Hekla est entré assez fréquemment en éruption au cours du 20ème siècle. Les derniers événements ont eu lieu en 1947, 1970, 1980, 1991 et 2000. Ce qui caractérise l’Hekla, c’est le peu de temps – généralement moins d’une heure – qui s’écoule avant une éruption. Cette dernière commence en général par une séquence explosive au sommet, suivie grandes coulées de lave sur les flancs du volcan.
En conséquence, on peut se demander si les randonneurs qui se trouvent près du sommet en cas d’explosion parviendront à se mettre en sécurité à temps. D’importantes retombées de cendre volcanique au début d’une éruption peuvent blesser les touristes. Des avalanches de cendre chaude et de vapeur d’eau peuvent également se produire et dévaler les pentes de la montagne en quelques minutes. Les gaz toxiques qui accompagnent une éruption, peuvent constituer un autre risque majeur pour l’homme et les animaux.
Les mesures actuelles montrent que la pression dans la chambre magmatique de l’Hekla dépasse ce qu’elle était en l’an 2000. Cela donne à penser que le volcan est prêt à entrer en éruption, bien que personne ne sache à quel moment un tel événement pourrait se produire. Ce pourrait être demain…ou dans 50 ans. J’explique au cours de mes conférences que notre capacité à prédire les éruptions est très faible. S’agissant de l’Hekla, tout ce que l’on sait, c’est que les randonneurs n’auront qu’une heure pour quitter les lieux. Personne ne pouvant dire quand aura lieu la prochaine colère du volcan, il reste ouvert à la randonnée. Les touristes doivent juste être conscients du risque qu’ils courent.
La Protection Civile islandaise a installé un panneau au pied de l’Hekla pour rappeler le risque. En outre, un système d’alerte est en place. En cas de danger imminent, un SMS sera envoyé à toutes les personnes présentes dans la zone. La question est de savoir combien de temps il faudra aux gens pour prendre note de leur message et combien de temps il leur faudra pour quitter la zone dangereuse. Il faut juste espérer que personne ne se trouvera sur le volcan la prochaine fois qu’il se réveillera….
Source: Iceland Monitor.

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According to the Smithsonian Institution’s data base, Mount Hekla, one of Iceland’s most active volcanoes, lies near the southern end of the eastern rift zone. It has produced basaltic andesites, in contrast to the tholeiitic basalts typical of Icelandic rift zone volcanoes. Hekla tephras are generally rich in fluorine and are consequently very hazardous to grazing animals. Extensive lava flows from historical eruptions, which date back to 1104 CE, cover much of the volcano’s flanks.

Some volcanologists think that Hekla has a ten-year eruptive cycle. This is true if we take into account the most recent eruptions, but if we look at the volcano’s past history, such a cycle does not really exist. As I have put it several times, the notion of cycle in volcanology has never been clearly proved. Here is the link to a list of Hekla’s eruptions on the Smithsonian Institution’s website:

https://volcano.si.edu/volcano.cfm?vn=372070

Located in South Iceland, Mount Hekla is a great tourist attraction. However, hiking up the mountain comes with a risk, as this volcano’s eruptions are triggered very rapidly, without warning.

Anyone is allowed to hike up the mountain and technically, it is not a difficult hike. You get a great view from the top and it is enjoyed by many people every year. Most likely, though, very few people are aware of the risk they take by climbing the mountain.

As I put it above, Mt Hekla erupted rather frequently during the 20th century. The last events occurred in 1947, 1970, 1980, 1991 and 2000.What makes Mt Hekla unique is the short time leading up to its eruption, usually less than an hour. An eruption begins with an explosive onset at the top, followed my large lava flows.

As a consequence, one may wonder whether hikers who are standing near the top of the mountain in the event of an explosion will make it to safety in time. Large showers of volcanic ash at the onset of an eruption could injure hikers. Floods of hot ash and water could also occur, flowing down the slopes of the mountain in a matter of minutes. Poisonous gases, which accompany an eruption, would also pose a major risk to people and animals.

Current measurements show that pressure in Mt Hekla’s magma chamber already exceeds what it was in the year 2000, suggesting that the volcano is ready for an eruption, although no one knows when such an event might occur. All we know is that hikers would only get an hour’s notice. It could be tomorrow; it could also be 50 years from now. Nobody knows. I explain during my conferences that our ability to predict eruptions is very low. As nobody can predict Mt Hekla’s eruptions, the volcano is not closed to hikers; they just need to be aware of the risk they take.

Iceland’s Department of Civil Protection has installed a sign at the base of the mountain to point out the risk. Furthermore, a response system is in place, whereby an SMS would be sent to everyone in the area when it is clear that an eruption is imminent. The question is to know how long it takes people to notice their message and how much time they will have to make an escape. Next time Hekla wakes up, let’s hope no one will be on the mountain.

Source : Iceland Monitor.

Vue de l’Hekla (Crédit photo: Wikipedia)

Ours polaires en danger // Polar bears at risk

Suite à des siècles de chasse et de déstabilisation de leur habitat arctique, la survie des ours polaires dans les prochaines années suscite de plus en plus d’inquiétudes. Alors que la chasse est un problème connu depuis longtemps, le réchauffement climatique a profondément affecté l’habitat des ours polaires ces derniers temps. Le World Wildlife Fund (WWF) estime qu’il ne reste plus que 22 000 à 31 000 ours polaires dans le monde.
Depuis les années 1960, les dirigeants des pays dans lesquels vivent les ours polaires – le Canada, les États-Unis, le Danemark, la Norvège et la Russie – ont déployé de véritables efforts pour protéger les populations de plantigrades particulièrement vulnérables et menacées de disparition. En 1973, ils ont mis sur pied l’International Agreement on the Conservation of Polar Bears, accord international sur la conservation des ours blancs, qui réglemente strictement la chasse commerciale.
Malgré ces mesures, les scientifiques restent inquiets quand ils observent les populations d’ours polaires, en particulier au Canada. Selon le WWF, 60 à 80% des ours polaires dans le monde résident dans ce pays et c’est le seul où la population d’ours polaires diminue sensiblement.
Malgré tout, les efforts des protecteurs de la nature ont porté leurs fruits. En 2017, le WWF a signalé que «la plupart des 19 populations [d’ours polaires] dans le monde présentent à nouveau un état sanitaire correct». Les ours polaires restent l’un des rares grands carnivores vivant à peu près dans les mêmes proportions dans son habitat d’origine.
Aujourd’hui, le réchauffement climatique met les ours polaires en péril. Selon une étude publiée dans le numéro d’avril 2018 de la revue Frontiers in Ecology and the Environment, il restera très peu de glace dans le nord-est du Canada et le nord du Groenland en 2040. Selon les biologistes, «si la vitesse de perte de glace de mer et le réchauffement ne diminuent pas, l’habitat de l’ours polaire va subir des effets encore jamais observés au cours des derniers millions d’années ».
Bien que cela soit difficile à prévoir, les scientifiques pensent qu’environ un tiers de la population d’ours polaires sera éradiquée d’ici 2050.
Source: Best Life.

Il y a quelques jours, le 16 février 2019, j’ai écrit un article montrant la modification de comportement des ours polaires qui deviennent de plus en plus agressifs, au point de ne pas hésiter à pénétrer dans des zones habitées du nord de la Russie.

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Because of centuries of hunting and the destabilization of arctic habitats, there have been growing concerns about the future survival of polar bears. While hunting has long been an issue, global warming has deeply affected polar bears’ habitats recently. In fact, the World Wide Fund for Nature (WWF) estimates that there are only 22,000 to 31,000 polar bears left in the world.

Since the 1960s, yje leaders from the countries where polar bears live – Canada, the United States, Denmark, Norway, and Russia – have been making real efforts to protect the critically endangered and vulnerable polar bear populations. In 1973, they established a treaty called the International Agreement on the Conservation of Polar Bears, which strictly regulates commercial hunting.

Despite those practices in place, scientists are still worried about polar bear populations, particularly in Canada. According to the WWF, 60 to 80 percent of the world’s polar bears reside there and it is the only country where the population of polar bears is actively declining.

However, the conservationists’ efforts have been successful. In 2017, WWF reported that “most of the world’s 19 populations [of polar bears] have returned to healthy numbers.” In fact, polar bears remain one of only a few large carnivores still found in their original habitats in roughly the same numbers.

Today, global warming puts polar bears in a dangerous situation. According to a study published in the Frontiers in Ecology and the Environment in October 2018, very little of the ice in Northeast Canada and Northern Greenland will remain by 2040. According to biologists, “if the rate of sea ice loss and warming continues unmitigated, what is going to happen to polar bear habitat will exceed anything documented over the last million years.”

Though it is hard to predict, scientists believe that approximately a third of the polar bear population will be eradicated by 2050.

Source: Best Life.

A few days ago, on Februery 16th, 2019, I wrote a post showing the changes in the behaviour of polar bears which are becoming more and more agressive. They did not hesitate to visit populated areas in northern Russia.

Photos: C. Grandpey

Les 18 volcans les plus dangereux aux Etats Unis // The 18 most dangerous volcanoes in the U.S.

L’USGS vient de publier la liste des 18 volcans états-uniens représentant une «menace très élevée» en raison de leur activité potentielle et de leur proximité avec les zones habitées. C’est la première fois qu’une telle mise à jour est effectuée depuis 2005.
Le Kilauea (Hawaii) est en tête de liste. Il est suivi du Mont St. Helens et du Mont Rainier dans l’Etat de Washington, du Redoubt en Alaska et du Mont Shasta en Californie.
L’USGS fait remarquer que les États-Unis sont l’un des pays les plus en vue en matière d’activité volcanique. Depuis 1980, il y a eu 120 éruptions sur des volcans américains.
Onze des 18 volcans à « menace très élevée » se trouvent dans l’Oregon, l’Etat de Washington et la Californie.
Les scientifiques de l’USGS prennent en compte divers facteurs pour calculer l’indice de menace global pour chacun des 161 volcans potentiellement actifs des Etats Unis. Cet indice se base sur le type de volcan, son explosivité, son activité récente, sa fréquence éruptive, le nombre de personnes vivant à proximité, les évacuations survenues dans le passé et les risques pour le trafic aérien. Ces volcans sont ensuite classés en cinq niveaux de menace allant de très faible à très élevé.
Selon l’USGS, une douzaine de volcans ont augmenté leur niveau de menace depuis 2005. Vingt autres l’ont diminué. Parmi ceux dont l’indice de menace – mais pas le niveau de menace – est plus élevé figurent le Redoubt en Alaska, le Mont Okmok, l’île Akutan et le Mont Spurr. Les indices de menace ont également été relevés pour le Newberry dans l’Oregon, et le Yellowstone dans le Wyoming.
Aucun des 18 volcans figurant sur la liste n’a changé de niveau de menace, même si 11 ont eu des indices de menace en baisse.
Outre le top 5, les 18 autres sont les suivants: Le Mont Hood, les Three Sisters et Crater Lake (tous trois en Oregon) ; Akutan Island, Makushin, le Mont Spurr et l’Augustine (en Alaska) ; Lassen Peak et Long Valley en Californie; le Mont Baker et Glacier Peak dans l’Etat de Washington; et le Mauna Loa à Hawaii.
Source: USGS.

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The USGS has just classified 18 U.S. volcanoes as « very high threat » because of their potential activity and their closeness to populated areas. It is the first time such an update has been made since 2005.

The danger list is topped by Hawaii’s Kilauea. The others in the top five are Mount St. Helens and Mount Rainier in Washington, Alaska’s Redoubt Volcano and California’s Mount Shasta .

The USGS indicates that the United States is one of the most active countries in the world when it comes to volcanic activity. There have been 120 eruptions in U.S. volcanoes since 1980.

Eleven of the 18 very high threat volcanoes are in Oregon, Washington and California.

Government scientists use various factors to compute an overall threat score for each of the 161 young active volcanoes in the nation. The score is based on the type of volcano, how explosive it can be, how recently it has been active, how frequently it erupts, if there has been seismic activity, how many people live nearby, if evacuations have happened in the past and if eruptions disrupt air traffic. They are then sorted into five threat levels, ranging from very low to very high.

The USGS indicates that a dozen volcanoes have jumped in threat level since 2005. Twenty others dropped in threat level. Among those where the threat score – but not the threat level – is higher are Alaska’s Redoubt, Mount Okmok, Akutan Island and Mount Spurr. Threat scores also rose for Oregon’s Newberry Volcano and Wyoming’s Yellowstone.

None of the Big 18 changed in overall threat levels, even though 11 had overall threat scores dropping.

Besides the top 5, the rest of the Big 18 are: Mount Hood, Three Sisters and Crater Lake in Oregon; Akutan Island, Makushin, Mount Spurr and Augustine in Alaska; Lassen and Long Valley in California; Mount Baker and Glacier Peak in Washington; and Mauna Loa in Hawaii.

Source : USGS.

Le Kilauea, le Mt St Helens, le Mt Rainier, le Mt Redoubt et le Mt Shasta sont censés être les volcans les plus dangereux aux Etats Unis (Photos: C. Grandpey)

Les compagnies aériennes australiennes redoutent une éruption de l’Agung // Australian air companies fear an eruption of Mt Agung

L’activité sismique est encore élevée sur l’Agung et les compagnies aériennes, en particulier en Australie, surveillent de près la situation. Les vacances scolaires ont commencé en Australie et beaucoup de touristes ont choisi Bali comme destination. Les voyageurs ont été invités à s’assurer que leurs coordonnées sont à jour. Plusieurs gouvernements ont averti que les vols vers Bali pourraient être sévèrement affectés par une éruption et que l’aéroport international de Bali a mis en place un centre de gestion de la situation en cas d’urgence. [NB : En cas de problème avec des nuages de cendre à Denpasar, les vols seraient détournés vers Lombok]

Les compagnies d’assurance australiennes ont commencé à mettre en place des restrictions sur les polices d’assurance de voyage. Cela signifie que les personnes qui ont acheté une assurance voyage après une certaine date ne seront pas couvertes pour les pertes liées à une éruption de l’Agung. Les autorités australiennes demandent aux voyageurs à destination de Bali de prendre avec eux des masques et de s’approvisionner en eau embouteillée une fois à Bali.

Source : The West Australian.

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Alors que les compagnies aériennes australiennes envoient des mises en garde à leurs clients qui se rendent à Bali, les autorités indonésiennes parlent d’un «facteur de peur injustifié.» Elles font état de «reportages irresponsables et de commentaires sur les médias sociaux» concernant le mont Agung. Khiri Travel Indonesia signale une baisse globale de 20% des réservations depuis que l’Agung a commencé à montrer une hausse d’activité au cours de la troisième semaine de septembre. Le PDG de la société a déclaré: « Il n’y a pas eu d’explosion et il n’y en aura peut-être jamais. De plus la grande majorité des activités touristiques à Bali se déroulent entre 30 et 60 km du Mont Agung, donc à une distance de sécurité. Les « reportages irresponsables » et les commentaires sur les médias sociaux ont créé un facteur de crainte injustifié alors que la situation sur le terrain à Bali reste calme et que les acteurs du tourisme poursuivent leurs activités normalement. » Il a ajouté: « Nous ne dirions pas à nos clients de venir à Bali si nous ne pensions pas être en sécurité. »
Le tourisme représente environ 40% de l’économie locale à Bali, bien que des statistiques fiables soient difficiles à trouver. Selon les autorités balinaises, la désinformation persistante menace les moyens de subsistance de nombreux acteurs de l’activité touristique, de leur personnel et de leurs familles. Cela nuit également aux fermiers qui fournissent des denrées aux restaurants et aux hôtels.
Source: TravelWeekly.

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Earthquake activity is still high at Mount Agung and all airlines, especially Australian ones, are monitoring the situation closely. School holidays have started in Australia and lots of tourists have chosen Bali as their holiday destination. Travellers have been urged to make sure their contact details are up to date. Various governments have warned that travel to Bali could be severely affected by an eruption and Bali’s international airport has set up an emergency operations centre.

Australian travel insurance companies have started imposing restrictions on their policies. This means people who bought travel insurance after a certain date will not be covered for losses relating to the volcano. Bali travellers are being told by Australian authorities to take face masks with them and stock up on bottled water once in Bali.

Source: The West Australian.

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While Australian air companies are sending warnings to their customers who are travelling to Bali, Indonesian authorities speak of an “unwarranted fear factor.” They accuse “irresponsible reporting and comments on social media” concerning Mt Agung. Khiri Travel Indonesia reports an overall 20% slump bookings since Mount Agung started to show increased signs of activity in the third week of September. The company’s general manager said: “There has been no explosion. There may never be. And the vast majority of Bali’s tourism activities take place between 30 and 60 km from Mt Agung, at a safe distance. Irresponsible reporting and comments on social media have created an unwarranted fear factor while the situation on the ground in Bali remains calm and tourism operators remain fully open for business.” He added: “We would not tell our clients to visit if we thought it was not safe.”

Tourism accounts for around 40% of the local economy on Bali, although reliable statistics are hard to find. According to Balinese authorities, persistent misinformation is threatening the livelihood of many entrepreneurs, their staff and families. It is also a problems for the farmers who supply restaurants and hotels.

Source: TravelWeekly.

A l’attention de ceux qui ont l’intention d’aller passer leurs vacances de Toussant à Bali dans les prochains jours, voici la carte à risque de l’Agung. Cliquer sur ce lien pour une meilleure résolution: https://twitter.com/theofda/status/910516267131523073

 

La menace des volcans de la Chaîne des Cascades // The threat of the Cascade Range volcanoes

Tout au long de la Chaîne des Cascades, jusqu’au sud de la Californie, la côte ouest des Etats-Unis abrite la plupart des volcans les plus actifs du pays, et ils ont été répertoriés par l’United States Geological Survey (USGS). Le Mont Shasta arrive en tête de liste pour la Californie, mais il existe sept autres zones volcaniques dans cet Etat qui sont également susceptibles d’entrer en éruption.
Les huit volcans les plus menaçants se divisent en trois catégories:
– Très haut risque: Shasta, Lassen et Long Valley
– Haut risque: Clear Lake, Medicine Lake et Salton Buttes
– Risque moyen: Ubehebe et Coso
En 2005, une équipe dirigée par un volcanologue de l’Observatoire Volcanologique des Cascades a mis en place un système pour déterminer lesquels, parmi les 169 volcans des Etats-Unis, sont les plus dangereux et nécessitent une surveillance accrue. L’équipe a identifié 57 volcans prioritaires aux États-Unis. Parmi les 18 «volcans à très haut risque», 11 sont situés dans trois états le long de la Chaîne des Cascade (l’Alaska et Hawaï possèdent les autres volcans):
– Californie: Lassen, Long Valley, Shasta
– Oregon: Crater Lake, Mont Hood, Newberry, South Sister (Three Sisters)
– Washington: Mont Baker, Glacier Peak, Mont Rainier, Mont St. Helens
La liste a été créée non seulement pour montrer à la population que la Terre est une planète vivante, mais aussi pour déterminer quels volcans du pays ont besoin d’une surveillance accrue.
L’équipe de volcanologues a pris en compte 25 facteurs pour déterminer le niveau de risque d’un volcan: son passé ; son mode de fonctionnement ; sa fréquence éruptive ; son mode éruptif : Lahars? Coulées pyroclastiques? Son niveau explosif ; l’activité actuelle ;  la sismicité (présence d’essaims sismiques) ; les émissions de gaz volcaniques à haute température ; les déformations de l’édifice, etc.

En plus de la géophysique d’un volcan, l’équipe scientifique a examiné le nombre de personnes vivant ou travaillant à proximité, ainsi que le nombre et le type d’infrastructures (production d’électricité, installations portuaires, etc.)
L’équipe a également examiné les risques pour l’aviation et comptabilisé le nombre de vols   traversant quotidiennement l’espace aérien au-dessus du volcan. Les volcanologues avaient en tête l’éruption de l’Eyjafjallajökull en Islande en 2010. Elle a entraîné la fermeture de l’espace aérien européen pendant plus d’une semaine, avec un impact financier de 10 milliards de dollars.
L’éruption la plus récente en Californie est celle de Lassen Peak qui se trouve au coeur d’une région très active. On sait que ce volcan connaîtra de nouvelles éruptions. En effet, le Lassen Volcanic Center a connu au moins 13 éruptions au cours des 100 000 dernières années. Cela ne semble pas très fréquent. Cela représente un intervalle de récurrence d’environ 7500 ans. Cependant, il y a eu trois éruptions au cours des 1100 dernières années.
Source: The Oregonian.

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Throughout the Cascade Range to southern California, the West Coast is home to most of the United States’ highest-threat volcanoes, as ranked by the United State Geological Survey. Mount Shasta tops the list of very-high threat volcanoes in California, but there are seven other volcanic areas in the state that are also likely to erupt.

The eight threatening volcanoes fall into three danger categories:

– Very-high threat: Mount Shasta, Lassen Volcanic Center and Long Valley Volcanic Region

– High threat: Clear Lake Volcanic Field, Medicine Lake Volcano and Salton Buttes

– Moderate threat: Ubehebe Crater and Coso Volcanic Field

In 2005, a national team led by a volcanologist with the USGS Cascades Volcano Observatory, established a system for deciding which of the United States’ 169 young volcanoes are the most dangerous and most in need of monitoring. The team identified 57 priority volcanoes in the U.S. Among the 18 « very high threat volcanoes, » 11 are along the Cascade Range in three states (Alaska and Hawaii have the others):

– California: Lassen Volcanic Center, Long Valley Caldera, Mount Shasta

– Oregon: Crater Lake, Mount Hood, Newberry, South Sister of The Three Sisters

– Washington: Baker, Glacier Peak, Rainier, St. Helens

The volcano threat list was created not simply to alert people that the Earth is alive but also to set a foundation for determining which of the country’s volcanoes need extensive monitoring.

The team used 25 factors to determine a volcano’s danger status: What has the volcano done in the past? What’s its modus operandi? When does it tend to erupt? What kind of phenomenon does it produce? Lahars? Pyroclastic flows? Is it a highly explosive volcano? How active is the volcano right now? Are there seismic swarms? Is it emitting hot volcanic gases? Is the edifice changing its shape?

In addition to the geophysics of a volcano, the team examined how many people live or work near it, plus the amount and type of infrastructure has been built up around it … power generation, port facilities, etc.

The team also considered the aviation exposure and how many flights a day pass through the volcanic airspace. A good example is the 2010 eruption of Eyjafjallajökull in Iceland which shut down European airspace for over a week and which ran up about a $10 billion impact cost.

The most recent volcano to erupt in California, Lassen Peak, sits in the middle of a region ready to blow. It is active and it will erupt again. The Lassen Volcanic Center has had at least 13 eruptions in the last 100,000 years. That does not sound like very often. It is a recurrence interval of about 7,500 years. However there have been three eruptions in the last 1,100 years.

Source: The Oregonian.

4000 années d’éruptions le long de la Chaîne des Cascades (Source: USGS)

Mont Baker (Photo: C. Grandpey)

Mont Hood (Photo: C. Grandpey)

Mont Rainier (Photo: C. Grandpey)

Mont St Helens (Photo: C. Grandpey)

Lassen Peak (Photo: C. Grandpey)

 

Auckland (Nouvelle Zélande) et le risque volcanique // Auckland (New Zealand) and the volcanic risk

drapeau francaisAvec plus de 1,5 million d’habitants, Auckland est la plus grande ville de Nouvelle-Zélande. Lorsque les Maoris se sont installés dans la région vers 1350, attirés par les terres fertiles, ils ne savaient pas qu’ils se trouvaient à l’intérieur d’une zone volcanique potentiellement active. Rangitoto Island est le plus jeune volcan de la région d’Auckland. En 2013, des études ont montré que Rangitoto avait été beaucoup plus actif dans le passé qu’on ne le pensait précédemment. Le volcan a probablement connu une période éruptive pendant un millier d’années avant les dernières éruptions qui ont eu lieu il y a environ 550 ans.
De nouveaux modèles viennent de révéler la menace que ferait peser une activité volcanique explosive à Auckland. Les quartiers de Three Kings et Mangere seraient probablement parmi les plus exposés.
Les cartes récemment publiées montrent quels secteurs sont les plus à risque d’éruptions phréatiques ou phréato-magmatiques. (voir la carte ci-dessous). Les scientifiques ont montré que plus des trois quarts des 52 volcans présents dans le vaste champ volcanique d’Auckland portent les signes d’une telle activité.
Pour établir les zones de danger, les chercheurs néo-zélandais se sont appuyés sur la combinaison de données géologiques et des résultats de recherches antérieures. Plusieurs sources d’informations ont été mises en commun en utilisant le Systèmes d’Information Géographique, ou SIG, qui leur a permis d’évaluer de 1 à 10 le risque éruptif dans les différentes zones concernées. Ainsi, des quartiers comme Three Kings et Mangere sont plus exposés à l’activité volcanique explosive que d’autres comme les zones de collines de North Shore.
Les nouveaux modèles montrent comment des lignes de failles – dans lesquelles l’eau pourrait s’infiltrer dans des roches poreuses – représentent des foyers potentiels pour de violentes éruptions.
Les scientifiques admettent qu’« il est difficile de prévoir où aura lieu la prochaine éruption. Malgré tout, en créant un modèle basé sur un grand nombre d’informations facilement disponibles, on peut prévoir quel type d’éruption pourrait avoir lieu à Auckland et quel serait son impact sur la ville. »
L’étape suivante a consisté à recueillir des informations sur les objets urbains tels que les bâtiments et les infrastructures et à les ajouter au modèle. La conclusion est que l’impact d’une éruption volcanique à Auckland pourrait être catastrophique. Dans le pire des cas, une éruption près du Central Business District pourrait entraîner une réduction de 47% du produit intérieur brut.
Les responsables de la Protection Civile font remarquer que les signes annonciateurs d’une éruption laisseraient probablement suffisamment de temps pour une évacuation à grande échelle de la population d’Auckland.

Source : New Zealand Herald.

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drapeau anglaisWith more than 1,500,000 inhabitants, Auckland is the largest city of New Zealand. When the Maoris first settled in the area around 1350, lured by the fertile lands, they did not know they were in a potentially active volcanic area. Rangitoto Island is the youngest volcano in the Auckland area.  In 2013, scientists said new studies showed Rangitoto had been much more active in the past than previously thought, suggesting it had been active on and off for around 1000 years before the final eruptions around 550 years ago.

New models have laid bare the threat explosive volcanic activity poses to Auckland, with Three Kings and Mangere among the suburbs most vulnerable to devastating, high-powered blasts (see map below).

Recently published maps show which areas are more at risk from phreatic or phreato-magmatic eruptions. Scientists have shown how more than three quarters of the 52 volcanoes in the vast Auckland Volcanic Field bear ancient evidence of such activity.

To expose potential future danger spots, NZ researchers drew upon a combination of geological data and previous research. Multiple layers of information were combined using a technique called Geographic Information Systems, or GIS, which ultimately allowed them to score susceptibility in different areas from one to 10.

Suburbs including Three Kings and Mangere had a higher chance of explosive volcanic activity than other areas like the elevated areas of North Shore.

The new models show how fault lines – in which more water could flow amid porous rock – were hot spots for violent eruptions.

However, the scientists admit that « forecasting where the next eruption is going to occur is challenging. But by creating a model based on many different types of information readily available, it allows to predict how a potential future volcano in Auckland might erupt and how big an area it would impact. »

The next step was to gather information about the urban objects like buildings and infrastructure and add these to the model. The conclusion is that the impact of a volcanic eruption in Auckland could be catastrophic. A worst-case eruption near the Central Business District could cause a 47% reduction in gross domestic product.

Civil Defence planners say warning signals would likely provide more than enough time for mass evacuation.

Source :  New Zealand Herald.

Auckland-blog

Source:  Massey University.

Réduction du risque volcanique en Indonésie // Reducing the volcanic risk in Indonesia

drapeau francaisL’activité du Merapi signalée ces derniers jours remet à l’ordre du jour la politique de gestion des risques en Indonésie. L’évacuation des millions d’Indonésiens qui vivent près des nombreux volcans actifs du pays est un véritable défi quand se produit une éruption à grande échelle. Le Merapi, le Sinabung ou le Kelut sont de bons exemples de ce problème. Il est souvent très difficile de dissuader les paysans de quitter leurs fermes car ils se réfèrent à des systèmes d’alerte ou des croyances qui sont incompatibles avec les données scientifiques.

Les villageois ont leurs propres systèmes d’alerte qui s’appuient sur la tradition et les indices naturels et ils ne font guère confiance aux données scientifiques. Beaucoup d’habitants près du Merapi sont persuadés que des entités surnaturelles – ou «créatures» – vivent au sommet du volcan et contrôlent son comportement. D’autres pratiquent des rituels tels que l’enfouissement d’une tête de buffle près du sommet. Quand les gens meurent,  il se dit souvent que ce sont les «créatures» qui les ont emportés, ou qu’ils sont morts parce qu’ils n’ont pas suivi les règles ou les tabous nécessaires pour rendre les « créatures » heureuses.
Les signes éruptifs pris en compte localement comprennent « les panaches de fumée  » qui s’échappent du cratère sommital, les petits tremblements de terre, la fuite des singes qui dévalent les collines, ainsi que les orages causés par l’émission de cendre dans l’atmosphère. Les volcanologues disent que ces signes ne représentent qu’une partie de ceux que les gens devraient prendre au sérieux pour leur sécurité. En 2006, bien que les autorités aient demandé aux habitants du village de Nargomulyio, situé à moins de 5 km de Merapi, de partir parce que le volcan avait atteint le niveau d’alerte 5, ils ont refusé, invoquant l’absence de signaux qui leur étaient familiers.

Le bétail constitue un autre obstacle à l’évacuation. Il  est, pour de nombreux agriculteurs, la seule richesse à côté de leur terre et de leur maison. La vache représente souvent tout leur compte en banque ; la mort de cette vache signifierait la perte de tout leur revenu. Alors que les villageois savent avec une totale certitude que, s’ils évacuent, leur terre ne sera pas cultivée et leur vache ne sera pas nourrie, la date et l’importance de l’éruption restent une incertitude, de sorte que les gens sont souvent prêts à prendre ce risque.
Lors de la dernière éruption du Merapi en 2010, les villageois, après avoir quitté leurs fermes, sont souvent revenus furtivement visiter leurs exploitations tandis que l’éruption continuait, pour nourrir les vaches tout en mettant leur vie en danger.
Depuis 2010, afin de répondre à ce dilemme, le gouvernement a intégré l’évacuation du bétail dans les plans d’urgence de plusieurs districts. Les vaches sont transportées par camion en même temps que les gens. Cependant, le défi est de trouver un centre d’évacuation approprié pour le bétail avec des abris disposant de nourriture et d’eau, et que les familles puissent contrôler en toute sécurité, sans risquer leur vie.

Un autre obstacle à l’évacuation est le pouvoir des chefs locaux, comme le « gardien» du volcan. En 2010, certaines communautés autour du Merapi faisaient totalement confiance à Mbah Maridjan qui a refusé de partir après le début de l’éruption, disant qu’il préférait « mourir sur le volcan », et il a incité des dizaines d’autres personnes à faire de même. Mbah Maridjan est mort mais, heureusement, il avait conseillé aux villageois d’obéir aux ordres d’évacuation des autorités, de sorte que le nombre de décès fut moins élevé.
Le gouvernement tente de lutter contre cette influence des chefs locaux en créant des « héros du volcan », des leaders dont la position sociale peut influencer le comportement de la communauté. Bas Surono, responsable du centre de gestion des catastrophes, est devenu l’un de ces héros influents. Il diffuse des informations à la télévision et à la radio et atteint ainsi environ 70 millions de téléspectateurs et d’internautes en Indonésie. Il semble que Surono fasse un bon travail et qu’il ait acquis une certaine influence au sein de la population.
Source : IRIN (Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires)

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drapeau anglaisThe eruptive activity of Mount Merapi during the past days sheds light on the importance of risk management in Indonesia. Evacuating the millions of Indonesians who live near the country’s 130 active volcanoes is a real challenge when a large-scale eruption occurs. Merapi, Sinabung or Kelut are good examples of this difficulty. It is often very hard to deter the villagers from evacuating their farms.

Communities have their own early warning systems based on tradition and natural signs, and they are reluctant to believe scientific monitoring. Many villagers near Merapi believe supernatural entities – or “creatures” – live at the summit of the volcano and control its behaviour. Other residents conduct rituals such as burying a severed buffalo head near the summit. When people die, it is often said that the “creatures” took them, or that it was because they didn’t follow the rules or taboos required to make the “creatures” happy.
As far as the indigenous warning signs are concerned, they include: “Smoke plumes” from the summit crater, small earthquakes, the descent of monkeys from the hills, and lightning storms caused by the emission of ash into the atmosphere. Experts say these represent only some of the signals people need to take seriously in order to stay safe. In 2006, although government officials had warned residents of Nargomulyio village, less than 5 km from Merapi, to evacuate because the volcano had reached the Level 5 alert, they refused to leave, citing the lack of signals they were familiar with.

Another obstacle to the evacuations lies with the livestock which is for many farmers their sole asset with their land and home. The cow is often their entire bank account; if that cow starves to death their entire income is lost. While villagers know with 100 percent certainty that if they evacuate, their land will not be farmed and the cow will not be fed, when and to what extent the volcano will erupt is uncertain, so people are often willing to take that risk.
During the last eruption of Mount Merapi in 2010, farmers, after evacuating, often sneaked back to their farms while the eruption continued, to feed cows, putting their lives at risk.
Since 2010, in order to address this dilemma, the government has incorporated the evacuation of livestock into the contingency plans of several districts. Cows are transported by truck at the same time as people. However, the challenge is finding a suitable evacuation centre for the livestock with shelters that have food and water, and that families can safely check on them without risking their lives.

Another obstacle to the evacuation is the power of local community leaders such as the « gatekeeper” of the volcano.  In 2010, some communities around Mount Merapi had strong faith in Mbah Maridjan who refused to evacuate after the eruption, saying he preferred to “die on the volcano”, and influenced dozens of others to do the same. Mbah Maridjan died but fortunately he had advised the villagers to obey the authorities’ orders to evacuate so that the number of deaths was less high.
The government is trying to combat this influence of local community leaders by creating “volcano heroes” – leaders whose social position can influence community behaviour. Bas Surono, Head of the Volcanology and Geological Disaster Mitigation Centre is becoming one such influential hero. He spreads information on TV and radio, and the reach is good, with roughly 70 million TV and Internet users in Indonesia. It looks as if Surono is doing well and that he has become fairly influential among the population.

Source: IRIN (UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs).

Panache-Semeru

Photo:  C.  Grandpey